Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Patrice Vergriete proposé à la présidence de l’Agence de financement des infrastructures de transport

    Patrice Vergriete proposé à la présidence de l’Agence de financement des infrastructures de transport

    L’Elysée a annoncé le 2 décembre qu’Emmanuel Macron envisage de nommer, sur proposition de la Première ministre, Patrice Vergriete, le maire de Dunkerque, à la présidence du conseil d’administration de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France. Maire divers gauche et président de l’agglomération de Dunkerque, il s’est fait connaître pour avoir appliqué la gratuité sur le réseau de bus de la ville. Il sera appelé à remplacer Jean Castex parti diriger la RATP.

    La procédure prévoit que Patrice Vergriete soit entendu par les commissions compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui devront valider ce choix.

    Créée en 2004, l’Afit France (ex Afitf) est un établissement public qui a pour mission de financer des projets de transport. Son financement est assuré par une part de la TICPE (taxe intérieure sur la consommation de produits pétroliers), un versement des sociétés concessionnaires d’autoroutes, une partie des amendes de radars automatiques et des dotations de l’Etat.

  • Vols de moins de 2h30 : le train remporte le match

    Vols de moins de 2h30 : le train remporte le match

    Une victoire pour les écologistes ! Saluée comme telle par Clément Beaune qui s’est félicité, le 2 décembre, de la décision européenne de valider le projet de décret du gouvernement français d’interdire les liaisons aériennes quand il existe une alternative de faire le même trajet en train en moins de 2h30. « C’est une avancée majeure et je suis fier que la France se montre pionnière en la matière » a déclaré le ministre des Transports, cité dans un communiqué.

    Cette mesure avait été proposée par la Convention Citoyenne pour le Climat et reprise dans la loi Climat et Résilience pour lutter contre les effets de serre engendrés par les transports qui représentent en France 30 % des émissions totales. « A la suite de cette décision favorable, le gouvernement soumettra le décret à la consultation du public, puis au Conseil d’Etat, avant son adoption, le plus rapidement possible« .

    Si la mesure validée par la Commission européenne devra être réexaminée au bout de trois ans, elle devra aussi s’appliquer aux vols en correspondances, précise le texte, allant encore plus loin que ce que souhaitait le gouvernement. Un double revers pour plusieurs associations (Association des aéroports européens, Union des aéroports français (UAF) et association de compagnies aériennes françaises (le Scara), qui avaient porté l’affaire à Bruxelles.

    MH P

  • La fréquentation des TER en forte hausse

    La fréquentation des TER en forte hausse

    « Il n’y a jamais eu autant de voyageurs dans les TER« , a indiqué Jean-Aimé Mougenot, qui était le 2 décembre l’invité de l’Association des journalistes des transports et des mobilités (AJTM). Depuis le début de l’année, la fréquentation des TER en France est en hausse de 10 %, comparé à la même période de 2019, année de référence.

    Plus précisément, après un début d’année en recul (durant les trois premiers mois, une baisse de 20 % a été enregistrée), il y a eu une accélération, avec un taux de croissance du trafic voyageurs de 30 %. « Nous avons réussi à gérer cette situation« , a poursuivi le directeur TER délégué à SNCF Voyageurs, en reconnaissant que les trains peuvent être bondés à certaines heures et le week-end. La fréquentation des TER avait déjà augmenté de 60 % entre 2002 (date de la prise en main des TER par les régions) et 2019.

    D’où la nécessité de  « dégager un peu plus de matériel », ajoute Jean-Aimé Mougenot, en rappelant que les régions, autorités organisatrices des TER, ont investi 8 milliards d’euros ces dix dernières années pour disposer des trains neufs (Regio 2N de grande capacité et Régiolis) qui sont régulièrement livrés.

    Le dirigeant explique cette attractivité des TER par le retour à la normale après la crise sanitaire, la montée de la préoccupation écologique et les tarifs pratiqués dans les TER moins chers que la voiture, soumise à la hausse des prix du carburant. Et il dit s’attendre à la poursuite de la progression de la fréquentation.

    Jean-Aimé Mougenot se félicite aussi du taux de ponctualité moyen (92,3 %) qui met l’activité TER « dans le peloton de tête des pays européens comparables« . L’offre, elle, est revenue quasiment à 100 %.

    Reste que dans les Hauts-de-France, la SNCF vit une situation de crise qu’elle ne nie pas. En cause : le manque de quelque 65 conducteurs de trains, un taux d’absentéisme en hausse et des tensions sur le matériel. Le plan de transport régional a donc été allégé dans l’attente de mesures de corrections, au grand dam des élus locaux.

    « Nous avions des problèmes de disponibilité du matériel (certains sont un peu vétustes). Nous avons renforcé le travail de nuit et le week-end. Ça a payé : nous avons divisé par deux cette raison« , indique Jean-Aimé Mougenot. Les recrutements et les formations sont accélérés et un appel aux conducteurs retraités a également été lancé. « Quelques dizaines ont répondu et quelques dizaines travaillent déjà sur nos lignes. En général, ils restent chez nous quelques mois« . Des conducteurs ont été réaffectés dans les Hauts-de-France. Le patron de l’activité TER de la SNCF affirme « ne pas avoir d’inquiétude sur un retour à la normal » prochainement. Il estime que la compagnie ferroviaire aura recruté plus de 900 conducteurs cette année. Globalement, selon lui, il manque aux TER une centaine de conducteurs sur 5500 en France.

    En attendant, la SNCF va dédommager les abonnés du TER des Hauts-de-France, à hauteur de 30 % sur leurs achats réalisés entre septembre 2022 et février 2023. « Assumé intégralement par SNCF Voyageurs, ce dédommagement représente par exemple 245,50 euros de réduction pour un abonné annuel Compiègne-gare du Nord« , explique dans un communiqué la compagnie. Ce qui doit permettre de compenser les nombreuses suppressions de trains et les retards accumulés. « Un juste dédommagement par rapport à la souffrance que connaissent les usagers depuis septembre »‘, confrontés à un « service déplorable« , a réagi auprès de l’AFP Franck Dhersin, le vice-président du conseil régional chargé des Transports.

    MH P

  • Un nouveau technicentre à Orléans pour les Regio 2N Omneo

    Un nouveau technicentre à Orléans pour les Regio 2N Omneo

    « Une réalisation exemplaire ». C’est en ces termes que Clément Beaune, le ministre des Transports, a présenté le nouveau technicentre d’Orléans inauguré le 29 novembre. Par sa présence, aux côtés de Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, et de François Bonneau, le président de la région Centre-Val-de-Loire, le ministre a cherché à démontrer, face à 200 agents SNCF, l’importance pour l’Etat des trains du quotidien.

    L’ouverture de ce nouvel établissement de 6700 m2 prépare le remplacement, durant l’année 2023, des voitures Corail par un parc de 32 Regio 2N Omneo. Pour les agents, c’est une réelle avancée : les opérations de maintenance autrefois réalisées en gare des Aubrais, sont désormais effectuées dans de meilleures conditions de confort et de sécurité. Une attention particulière a été portée à la qualité du travail, avec des postes ergonomiques facilitant les tâches. Les voies, non plus en fosses mais sur pilotis, tout comme les accès en toiture, évitent les mauvaises positions causant des traumatismes de répétition. Le bâtiment de 142 m de long en compte 4 de 110 m, de quoi abriter l’ensemble d’une rame Omneo. Dans un coin de l’atelier, un vérin en fosse permet la dépose des essieux. A l’extérieur, huit voies sont réservées au remisage des trains. 4 autres de « station-service » permettent les petites opérations de logistique, alimentation des lave-glace, vidange etc… Une machine à laver et une voie couverte pour le détagage et le nettoyage technique, complètent les installations.

    Déjà 4 rames Regio 2N Omneo sont en service. Sur Paris – Orléans, Christophe Fanichet annonce pour le mois de décembre, une desserte au quart d’heure aux pointes du matin et du soir. Une première application concrète de la nouvelle convention signée pour 10 ans entre la région et SNCF Voyageurs. Les nouvelles Omneo Premium permettront des pointes jusqu’à 200 km/h sur Paris – Orléans – Tours et Vierzon.

    Au total sur la région, 420 trains seront engagés chaque jour pour transporter 70 000 voyageurs. Le contrat prévoit aussi une arrivée progressive de la concurrence sur les trois dernières années. Elle portera sur un tiers de l’offre début début 2030, un autre tiers en 2031, et le reste en 2032. 

    Philippe-Enrico Attal

  • La Société du Grand Paris veut convaincre de l’utilité de sa filiale SGP Dev

    La Société du Grand Paris veut convaincre de l’utilité de sa filiale SGP Dev

    Invité le 1er décembre 2022 du Club VRT, le président du directoire de la Société du Grand Paris, Jean-François Monteils, a notamment fait le point sur l’avancée des travaux. « Un peu plus de la moitié des lignes du Grand Paris a été creusée. Le creusement de la ligne 15 est achevé et la voie est posée sur la moitié. La ligne 16 est achevée aux deux tiers. Et nous avons plus de 110 marchés en cours d’exécution », a indiqué Jean-François Monteils, reprenant les termes de son prédécesseur, Thierry Dallard, sur l’irréversibilité du projet.
    Le patron de la SGP a également évoqué la création de deux  filiales, SGP Immobilier et SGP Dev, avant l’été 2023. La première sera chargée de valoriser la patrimoine immobilier autour des gares (68 gares sont prévues dans le projet du Grand Paris Express et ses 200 km de métro automatique), la seconde est appelée à conduire des études en vue de réaliser d’autres infrastructures que celle du Grand Paris Express. Eventuellement en intervenant sur le réseau ferroviaire national, actuellement chasse gardée de SNCF Réseau. Mais auparavant, il faudra faire évoluer la loi.
    « Il ne serait pas concevable,que nous travaillions sur d’autres projets avec de l’argent destiné au Grand Paris Express », a expliqué Jean-François Monteils en justifiant le lancement de ces filiales : « La SGP a développé un savoir-faire dans la maîtrise d’ouvrage, qu’il serait dommage de voir se perdre avec la fin du projet du Grand Paris». Réponse d’ici à l’été prochain, espère le président, pour savoir si la SGP a convaincu les pouvoirs publics du bel avenir promis à sa filiale SGP Dev. Et pour pouvoir commencer à lever les obstacles juridiques et techniques qui se dressent encore sur son chemin.
  • Transdev va exploiter la première ligne de métro de Quito

    Transdev va exploiter la première ligne de métro de Quito

    Transdev a annoncé hier avoir remporté avec son partenaire colombien Metro de Medellín, le contrat d’exploitation de la première ligne de métro de Quito. Ce contrat, signé avec l’entreprise publique métropolitaine du Metro de Quito (EPMMQ), représente une valeur de 186 millions de dollars sur six ans.

    « La première ligne de métro de la capitale équatorienne, d’une longueur de 22 kilomètres, desservira 15 stations – dont cinq multimodales, permettant l’interconnexion avec les autres transports publics de Quito« , indique l’opérateur français dans un communiqué, en rappelant que la capacité totale d’emport de la ligne est de 400 000 passagers par jour. 450 personnes seront embauchées pour assurer l’exploitation de cette ligne qui sera inaugurée fin décembre, puis mise en service progressivement au cours du premier semestre 2023.

  • Les nouveaux appels d’offre imaginés par les régions pour prendre le contrôle des TER

    Les nouveaux appels d’offre imaginés par les régions pour prendre le contrôle des TER

    Les autorités régionales souhaitent de plus en plus prendre la main sur l’ensemble de l’activité TER. En plus des lots de lignes dont elles souhaitent confier l’exploitation à des transporteurs, elles réfléchissent aussi à mettre en concurrence leurs systèmes d’information voyageurs et leur dispositif de distribution et de vente des billets de TER, en les séparant de l’exploitation des trains.

    La région Sud par exemple a lancé un avis de pré-information sur le sujet. Dans le cadre de ces appels d’offre d’un type nouveau, on devrait voir apparaître tous les fournisseurs (dont la SNCF bien sûr ou d’autres transporteurs mais aussi des groupements d’industriels ou des groupements spécialisés dans les systèmes d’information et des intégrateurs de services) pour faire de la distribution ou de l’intégration ou le développement d’applis spécifiques.

    «C’est très récent, cela va bouleverser l’écosystème », commente un représentant d’un opérateur ferroviaire. Le match commence à s’ouvrir. Tout le back office exploité aujourd’hui par la SNCF pourrait être concerné. Première visée, la SNCF devrait répondre à ce type d’appel d’offres via une société dédiée comme elle fait lorsqu’elle répond à des marchés pour l’exploitation de lignes de TER.

    MH P

  • Un centre à Aulnay pour entretenir les trains du Grand Paris Express

    Un centre à Aulnay pour entretenir les trains du Grand Paris Express

    « Le cœur et le cerveau des lignes 16 et 17 ». C’est ainsi que Bernard Cathelain, membre du directoire de la Société du Grand Paris, présente le centre d’exploitation des futures lignes 16 et 17 du Grand Paris Express, situé à Aulnay en Seine-Saint-Denis. « Les bâtiments sont à 95 % achevés », précise la Société du Grand Paris (SGP), maître d’ouvrage.
    Le site, gigantesque, s’étend sur 50 000 m2. A cheval sur les communes d’Aulnay-sous-Bois (Seine Saint-Denis) et de Gonesse (Val-d’Oise), il est implanté sur une partie de l’ancien site de PSA, où la fabrication d’automobiles s’est arrêtée en 2013. Sur les 180 hectares que comptait le site de PSA, la SGP en a racheté 20 en 2017 dans la partie nord-ouest, sur 1,6 km le long de l’autoroute A3 et A1.
    Le site d’Aulnay est l’un des deux seuls centres d’exploitation du métro du Grand Paris, avec celui de Palaiseau, sur la 18, à accueillir, à la fois des ateliers de maintenance du matériel, des ateliers de maintenance de l’infrastructure et Poste central de commandement (PCC). C’est depuis ce poste que seront exploitées les lignes 16 (Saint-Denis Pleyel – Noisy-Champs) et 17 (Saint-Denis Pleyel – Le Mesnil-Amelot), qui fonctionneront tous les jours de la semaine, 24 heures sur 24.
    47 trains pourront être accueillis en même temps sur les huit voies de l’atelier. cinq permettront la maintenance courante jusqu’au niveau 3 (le contrôle et la sécurité des équipements : freins, climatisation, mobilier intérieur…) .
    Deux autres voies, spécifiques à la maintenance dite renforcée, permettront d’intervenir sur toutes les parties du train. Elles sont pour cela équipées d’une fosse pour l’une et de moyens de levage pour l’autre. La dernière voie est aménagée pour faciliter l’entretien des bogies.
    Cet atelier est flanqué d’un second atelier de cinq voies, destiné au nettoyage des trains, de jour comme de nuit. Quatre voies permettront l’entretien intérieur des rames, tandis qu’une cinquième voie sera dédiée au nettoyage extérieur des trains à l’aide de nettoyeurs haute pression. Les opérations régulières de lavage seront effectuées par une machine à laver, installée dans un troisième bâtiment. Cette machine, équipée de rouleaux, comme ceux utilisés pour les véhicules routiers, et complètement automatisée permettra de nettoyer l’extérieur du train en moins de 10 minutes. L’eau utilisée sera recyclée à 80 % au minimum.
    Au sud du site, on peut déjà voir le long et haut atelier (540 m sur 23 m de haut) destiné à la maintenance des infrastructures. « Le cahier des charges demandait de très nombreux accès, pour apporter les différentes pièces. C’est donc cette forme très allongée qui s’est imposée », explique Baptiste Pagneux, responsable unité centre exploitation et maintenance à la Société du Grand Paris. Le bâtiment servira en effet de magasins pour abriter des pièces imposantes comme des redresseurs qui peuvent peser 5 tonnes, ou les ventilateurs utilisés pour le désenfumage.
    Ce bâtiment servira également d’atelier de maintenance pour les véhicules ferroviaires de maintenance de L’infrastructure. Il comprendra trois voies accessibles par le nord du bâtiment. Deux pour la maintenance courante mais de différentes longueurs selon les types de train (une de 130 m, une de 80 m), équipées d’une fosse et de passerelles mobiles afin de s’adapter aux différents modèles de véhicules. Une troisième voie, plus courte (30 m), servira à la dépose des bogies.
    Même s’il s’agit de bâtiment industriel, l’aspect esthétique n’a pas été oublié. L’architecte Mark Wilson a imaginé une toiture à pans coupés, qui donne un effet plissé, vu du ciel. Cela fait référence aux sheds, ces toits en dents de scie typiques des ateliers industriels du XIXe siècle qui laissaient entrer la lumière naturelle.
    Le long de la facade nord-ouest, le plasticien Yann Kersalé, qui travaille la lumière comme une matière, a installé des panneaux de couleur jaune visibles de jour depuis l’autoroute, et encore plus de nuit, grâce à des rubans de Led.
    L’installation des équipements des ateliers (plateforme, pont roulant, machine à laver) et des voies ferrées du site, avec leur alimentation électrique, et leur signalisation vont se poursuivre jusqu’à l’été 2024. C’est alors que les essais du site pourront commencer, puis les essais avec les trains et les marches à blanc pour une mise en service en 2026 de la ligne 16 pour sa partie Saint-Denis-Pleyel – Clichy-Montfermeil et de la 17, pour la section Saint-Denis-Pleyel – Le Bourget-Aéroport. La SGP annonce un investissement de 500 millions pour la construction du centre d’exploitation d’Aulnay.
    Yann Goubin
  • Une grève de trois jours à la SNCF ce week-end… et des menaces pour Noël

    Une grève de trois jours à la SNCF ce week-end… et des menaces pour Noël

    Les circulations des trains grandes lignes (TGV et Intercités) vont être fortement perturbées durant trois jours, du 2 au 5 décembre, en raison d’une grève des contrôleurs. La direction de la SNCF annonce notamment un TGV sur deux sur la LGV Nord, un sur trois sur les LGV Est et Sud-Est, un sur quatre sur la LGV Atlantique et un TGV Ouigo sur quatre. Impossible en effet de laisser partir des trains si ces agents (également appelés chefs de bord ou ASCT dans le jargon SNCF) sont absents car ils assurent une fonction essentielle pour la sécurité des circulations.

    Le mouvement, à l’appel des quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF, s’explique avant tout par des revendications salariales, même si les syndicats évoquent aussi « des questions de reconnaissance, de conditions de travail et d’emploi« , comme le dit Thomas Cavel, le secrétaire général de la CFDT-Cheminots.

    « Nos revendications portent sur le déroulement des carrières :  les contrôleurs demandaient à revenir à un système de notation séparé, qui avait été remis en cause dans le cadre de la réorganisation des établissements. Ils l’ont obtenu. De même, ils ont obtenu de revenir à la situation antérieure sur leur promotion d’une classe à une autre. En revanche, nous continuons à demander une hausse de la prime de travail qui doit être intégrée dans le salaire pour qu’elle puisse être prise en compte dans la pension de retraite » , explique de son côté Didier Mathis, le secrétaire général de l’UNSA-Ferroviaire.

    Or, une première réunion sur les négociations annuelles obligatoires (et donc sur les salaires) est prévue le 7 décembre, concernant l’ensemble du groupe SNCF. Un préavis de grève unitaire est également déposé ce jour-là par les organisations syndicales, à l’exception de l’UNSA-Ferroviaire.

    Dans un communiqué, la SNCF regrette que le mouvement de grève soit « maintenu alors que des mesures concrètes et importantes ont été proposées aux organisations syndicales à l’issue de plusieurs semaines de négociations« . Pour Didier Mathis, « la SNCF propose une prime de travail de 40 euros par mois, c’est insuffisant », tandis que Thomas Cavel estime que « les calendriers se sont intercalés : nous avons déposé une alarme sociale le 27 octobre sur la question des ASCT. Mais effectivement nous aurons de grandes attentes le 7 décembre. La balle est dans le camp de l’entreprise ».

    La direction est sous la pression d’autres préavis de grève, déposés du 1er décembre au 2 janvier par la CGT-Cheminots, et les week-ends de Noël et du jour de l’an par les autres trois organisations syndicales. La perspective de la réforme des retraites que s’apprête à présenter le gouvernement pourrait bientôt représenter une autre menace…

    MH P

  • Railcoop toujours en quête de financements

    Railcoop toujours en quête de financements

    La coopérative Railcoop qui vise la relance d’une relation entre Bordeaux et Lyon, sans changement mais en desservant des territoires intermédiaires, a relancé une nouvelle campagne de levée de fonds. Même si elle vient de franchir le cap des 13 000 sociétaires, Railcoop doit encore renforcer son capital qui s’élève aujourd’hui à près de 8 millions d’euros. Or, pour lancer son service, il lui faudrait près de 43 millions.

    La moitié est nécessaire pour financer les actifs comme le matériel roulant, mais aussi des outils billettiques pour la vente de billets par exemple. Et l’autre moitié sous forme de garantie, est demandée par les organismes prêteurs, en cas de difficultés pour atteindre les objectifs que la coopérative s’est fixée. À défaut de disposer d’une telle somme, impossible de fixer une date de mise en service même approximative.

    Les dirigeants affirment ne pas se décourager et poursuivre leur quête de financement. Notamment à travers l’émission de 5 000 titres participatifs, qui contrairement aux parts sociales (100 euros) jusque-là proposées, sont rémunérés à 3 % fixes par an (mais versés au bout de 10 ans). S’y ajoutera une rémunération variable calculée sur la base du nombre de voyageurs fréquentant les trains Railcoop chaque année. D’où, selon Railcoop, une rémunération totale de 3 000 € (hors imposition) au bout de 10 ans, pour 10 titres participatifs (10 000 €). « À titre de comparaison, 10 000 € détenus sur un livret A (taux au 1er février 2022 : 1,0 %) procurent des intérêts annuels de 100 € nets d’impôt », indique un porte-parole.

    Avec ces titres participatifs, Railcoop vise un public plus large. « Désormais, nous sommes connus dans le monde ferroviaire, et dans l’économie sociale et solidaire, mais pas dans le grand public », explique Nicolas Debaisieux, le directeur général de la coopérative « Or, la liaison Bordeaux – Lyon transportera environ 2 millions de voyageurs. Rapporté à nos 13000 sociétaires actuels, c’est un beau potentiel ».

    Le directeur reconnaît que le projet est ambitieux.,. « Il n’y a pas de modèle sur lequel les financeurs peuvent s’appuyer. De plus, les banques se demandent comment nous pourrons réussir à exploiter la liaison Bordeaux-Lyon que la SNCF a laissé tomber », explique Nicolas Debaisieux.  « Notre projet est plus sociétal, avec la volonté de désenclaver des territoires mal desservis par les transports en commun ».

    Et le dirigeant de rappeler que  « Railcoop a déjà fait la preuve de son sérieux et de son professionnalisme, en obtenant sa licence pour exploiter une ligne de fret entre Capdenac et Saint-Jory ». Trois nouvelles dessertes, vers Mazamet et Tarbes, vont pouvoir s’ajouter au service effectué par la compagnie qui prospecte aussi pour des expéditions jusqu’à Bordeaux ou Narbonne.

    « Nous nous repositionnons comme opérateur fret de proximité. Il y a un potentiel, et aucun OPF n’est présent dans notre région » le centre de l’Occitanie, explique Nicolas Debaisieux, qui reconnaît s’être «un peu trompé sur les perspectives de marché de la relation Capdenac – Saint-Jory. Même si les entreprises de Mecanic Vallée autour de Figeac et Decazeville, étaient et sont toujours intéressées, on se heurte à livraison du dernier kilomètre pour laquelle nous ne sommes pas équipés. »

    L’activité fret de Railcoop, qui n’était au départ qu’un étape pour montrer son savoir-faire, devrait donc se développer en attendant…

    Yann Goubin

    Un « bon état technique » pour la première rame d’occasion achetée par Railcoop

    Six mois après l’arrivée pour expertise, dans les ateliers d’ACCM, de deux rames X72500 achetées par Railcoop, le diagnostic final a été rendu public le 29 novembre.  « La conclusion s’avère plus qu’encourageante« , affirme la société coopérative, évoquant un « bon » état technique de la première rame expertisée.

    « L’enjeu de l’audit était de taille pour Railcoop. Il s’agissait d’évaluer la faisabilité de la rénovation et de la remise en exploitation de sa flotte acquise auprès de SNCF Voyageurs dans les conditions de sécurité, de fiabilité requises et de confort attendu« , rappelle la société dans un communiqué, en précisant que ACCM préconise désormais une opération mi-vie, « soit la norme pour tout matériel roulant après 20 ans de circulation« .

    Un an après le lancement du premier service fret de Railcoop, la coopérative estime qu’elle va pouvoir continuer à « franchir des étapes essentielles au lancement du service voyageurs Bordeaux-Lyon« .