Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Le gouvernement confirme ses choix en faveur des transports du quotidien

    Le gouvernement confirme ses choix en faveur des transports du quotidien

    Un chiffre et encore beaucoup d’inconnues. C’est ce qui ressort du projet de programmation des investissements de transport dévoilé le 11 septembre par le gouvernement. Elisabeth Borne a indiqué que 13,4 milliards d’euros devraient être consacrés aux infrastructures de transports durant la période 2018-2022. Ce qui représente une hausse de 40 % par rapport au quinquennat précédent, rappelle la ministre des Transports. Puis 14 milliards sont envisagés les cinq années suivantes. Soit 27 milliards sur les dix prochaines années.

    Ces investissements dans le rail, la route et les autres modes de transport doivent figurer dans la future Loi d’orientation des mobilités (LOM) qui doit être présentée en octobre en conseil des ministres, avant d’être débattue par les parlementaires. Auparavant, le projet LOM (qui comprend aussi tout un volet pour favoriser la mobilité) aura fait l’objet d’un avis du Conseil d’Etat.

    Pour faire ses choix d’investissements, le ministère des Transports s’est appuyé sur le rapport du comité d’orientation des infrastructures présidé par Philippe Duron, qui avait remis son rapport en février dernier et établi trois scénarios possibles sur la période 2018-2022 : le premier envisageait 12,3 milliards d’investissements publics, le second scénario, médian, allait plus loin avec 14,6 milliards (et était jugé raisonnable par Philippe Duron) et le troisième, le plus ambitieux, s’élevait à 16,6 milliards.

    « On est entre le scénario 1 et le 2 », reconnaît-on au ministère, en expliquant qu’il faudra trouver des ressources nouvelles pour le financer : 300 millions supplémentaires en 2019, puis 500 millions d’euros par an à partir de 2020. Lesquelles ? Le gouvernement renvoie sa décision à plus tard, sachant que l’hypothèse de taxes nouvelles, notamment une vignette sur les poids lourds, risque encore d’échauffer les esprits.

    En attendant, le ministère des Transports a décliné les projets retenus, même s’il reste encore vague sur le calendrier pour chacun d’eux. Deux grands principes ont guidé ses choix, explique-t-il : la priorité aux réseaux existants et aux déplacements du quotidien.

    Après l’audit qui a mis en évidence la dégradation du réseau routier national non concédé (et montré que 7 % des ouvrages d’art nécessitent une intervention d’urgence) et après la catastrophe du pont de Gênes en Italie cet été, il a été décidé de porter l’effort sur l’entretien des routes, en se focalisant plus particulièrement sur les ouvrages d’art. Ces dernières années, le budget des routes atteignait 670 millions d’euros. Il va passer progressivement à 850 millions d’ici à 2022, puis à 930 millions sur la période suivante. Le gouvernement compte aussi consacrer pas loin un milliard d’euros dans les dix ans qui viennent à des opérations de désenclavement routier des villes moyennes et des territoires ruraux.

    Dans le transport ferroviaire, les budgets consacrés à la régénération du réseau ont triplé depuis 2005, atteignant 3,6 milliards sur dix ans. L’effort va être amplifié, augmenté de 200 millions d’euros par an à partir de 2022. Cela permettra de financer par exemple des projets de signalisation ferroviaire, précise le ministère.

    Côté fluvial, l’effort de l’Etat va être doublé, passant de 273 millions à 530 millions d’euros par an entre 2018 et 2022. Et pour favoriser le transport de marchandises, 2,3 milliards seront investis par l’Etat sur dix ans, visant notamment à soutenir les ports et leurs accès.

    Très attendu par les élus, le chapitre « Développement des infrastructures » risque de faire des déçus. Certes, un quatrième appel à projets va être lancé pour développer les mobilités propres et partagées. « Il y aura des moyens pour le vélo », ajoute-t-on, en indiquant que des annonces sont attendues très prochainement. Une enveloppe globale de 1,2 milliard est prévue sur dix ans.

    Mais dans le domaine ferroviaire, on n’est plus à l’époque du tout-TGV et les nouveaux choix portent plus que jamais la marque de la priorité donnée aux transports du quotidien. Le gouvernement s’engage ainsi à renouveler tout le matériel TET pour 3,7 milliards. Il va également orienter ses investissements essentiellement dans des projets permettant d’augmenter la capacité des principaux nœuds ferroviaires. Le but, explique-t-on à l’Hôtel de Roquelaure, est de doubler la part du train dans les déplacements du quotidien autour des grands pôles urbains. Ce programme de traitement des nœuds saturés représente un effort de 2,6 milliards dans les dix ans à venir (hors Ile-de-France), associant l’Etat, les collectivités et la SNCF. L’Etat y contribuera à hauteur de 1,3 milliard.

    Quant aux grands projets de LGV réclamés par les élus, le gouvernement confirme les lignes retenues par le comité d’orientation des infrastructures qui avait déjà réalisé une sérieuse sélection : liaisons à grande vitesse Bordeaux – Toulouse, Montpellier – Perpignan, Marseille – Nice, Paris – Normandie et Roissy – Picardie. Mais ces projets se feront très progressivement, par « phasage », précise le ministère des Transports. Le gouvernement refuse pour le moment d’entrer dans le détail du calendrier tant qu’il n’en aura pas discuté avec les élus concernés. L’idée, c’est que la première phase consiste à commencer par désaturer les grands nœuds ferroviaires. Tout particulièrement autour des gares. Globalement, l’enveloppe prévue par le gouvernement s’élève à 3,4 milliards d’euros entre 2017 et 2022. Mais sur ce total, 1,5 milliard doivent être payés aux concessionnaires des LGV mises en service l’an dernier (principalement à Lisea).

    Quant aux projets de liaisons Lyon – Turin et du Canal Seine – Nord, ils sont, comme toujours, traités à part. Le premier dépend des intentions du gouvernement italien, aujourd’hui tiraillé sur le sujet entre les deux composantes de sa coalition, la Ligue d’extrême droite et le Mouvement 5 Etoiles. « On se cale sur les engagements européens et les discussions en cours avec nos partenaires », commente le ministère des Transports. Quant au second, son tour de table financier est encore incertain.

    Marie-Hélène Poingt

  • SNCF Réseau considéré comme une administration publique

    SNCF Réseau considéré comme une administration publique

    Partant du constat que la part des coûts de production de SNCF Réseau couverte par des recettes marchandes est passée en 2016 sous la barre de 50 %, l‘Insee a expliqué le 6 septembre avoir décidé de reclasser SNCF Réseau en tant qu’administration publique. De ce fait, le déficit d’exploitation de SNCF Réseau a été intégré à celui de l’Etat français, majorant le déficit public de 3,2 milliards d’euros en 2016 et de 2,2 milliards en 2017.

    Ce nouveau traitement comptable a également conduit à revoir à la hausse la dette publique française pour y intégrer celle du gestionnaire des infrastructures ferroviaires, soit 37 milliards d’euros fin 2016 et 39,5 milliards fin 2017. « Ces montants sont inférieurs à la dette brute de SNCF Réseau, dans la mesure où une fraction de la dette de l’entreprise, d’environ 10 milliards d’euros, était déjà inscrite au passif de l’Etat », explique l’institut de statistiques.

  • La CGT Cheminots cherche à relancer la mobilisation

    La CGT Cheminots cherche à relancer la mobilisation

    Malgré l’inaudibilité de la grève qu’elle a lancée en juillet, la CGT Cheminots ne désarme pas. Après avoir proposé le 30 août aux trois autres organisations syndicales représentatives de la SNCF de lancer une nouvelle grève le 18 septembre (proposition repoussée par l’Unsa Ferroviaire et la CFDT Cheminots, SUD Rail se retranchant derrière la consultation de ses structures régionales), la CGT-Cheminots a finalement opté pour des rassemblements régionaux.

    Ce jour-là, 18 septembre, aura lieu la prochaine réunion de la commission paritaire qui se penchera sur les questions de rémunérations et de classifications des métiers dans le secteur ferroviaire dans le but de construire une convention collective du rail. Ces rassemblements permettront de « porter à la connaissance de l’opinion publique les menaces sur le service public et le droit au transport », explique le syndicat dans un communiqué du 5 septembre.

    La fédération appelle également à une grève, le 9 octobre, à l’appel de l’intersyndicale confédérale.

  • La RATP se rapproche de Régions de France

    La RATP se rapproche de Régions de France

    Rappelant que, dans la continuité de précédentes loi, le projet de LOM (loi d’orientation des mobilités) renforce le rôle des régions, la RATP et Régions de France ont annoncé le 5 septembre avoir noué un partenariat pour « coopérer sur l’évolution des mobilités de demain au niveau régional ».

    Concrètement, la RATP sera associée aux réunions de travail sur les politiques de mobilité et d’innovation, les navettes autonomes, les gares, le numérique quand il touche aux transports ou encore sur la préparation de l’ouverture à la concurrence dans les TER.

    Le ferroviaire, domaine dans lequel « la RATP ne s’interdit rien » selon ses dirigeants, fait partie des axes de développement pour l’entreprise. Une équipe ferroviaire est en train d’être constituée au sein de sa filiale, RATP Dev.

  • Un rail cassé dans un aiguillage à l’origine du déraillement du TGV à Marseille-Saint-Charles

    Un rail cassé dans un aiguillage à l’origine du déraillement du TGV à Marseille-Saint-Charles

    Un événement exceptionnel et aux causes indétectables. C’est, en résumé, ce qui ressort des premières conclusions de l’enquête menée par la SNCF pour expliquer le déraillement du TGV Duplex n° 6145 (venant de Paris) à l’entrée de la gare de Marseille-Saint-Charles, le 24 août peu après 18 heures. Six voitures et la motrice de la rame de queue – c’était une UM – avaient déraillé au passage d’un appareil de voie, heureusement sans faire de blessés, alors que 350 passagers étaient à bord.

    Un rail cassé dans un aiguillage est à l’origine de ce déraillement, a expliqué le 4 septembre la SNCF. Plus précisément, un défaut oxydé sous l’aile de patin de rail à l’intérieur de l’appareil de voie n’a pas pu être détecté. Ce défaut, avec l’oxydation, s’est transformé en fissure. Et cette fissure a évolué en rupture.

    Particularité : la fissure a évolué très rapidement, ce qui l’a rendue indétectable malgré les opérations de maintenance faites correctement , assure Olivier Bancel, le directeur général Opération et Production. Tout cela a provoqué la rupture du rail au passage de la rame. « Une rupture ne conduit pas forcément à un déraillement, mais dans ce cas, la discontinuité importante en termes de niveau de part et d’autre de la rupture a provoqué la montée de la roue qui est passée de l’autre côté du rail », explique un expert ferroviaire.

    D’où vient ce défaut ? D’un choc, qui peut être récent ou ancien, et on risque bien de ne jamais connaître son origine. L’âge du rail n’est pas mis en cause. Il date de 1986, ce qui est tout à fait acceptable compte tenu des vitesses limitées à 30 km/h. Selon Olivier Bancel, la maintenance n’est pas non plus en cause. Le fait de n’avoir pas détecté cette fissure, n’est-ce pas une faute? « Nous avons respecté les normes. Mais si nous constatons qu’il faut renforcer la maintenance, nous le ferons », répond Olivier Bancel. Le dispositif de surveillance des voies comprend des inspections à pied et avec des engins. Une fois par an, un train mesure les défauts du rail grâce à un équipement à ultra-sons. Le système ferroviaire peut aussi être alerté des ruptures de rail grâce au circuit de voie si celui-ci est installé.

    A Marseille-Saint-Charles, les tournées de surveillance se font toutes les deux semaines. La dernière visite a eu lieu en août, rappelle Olivier Bancel. « En général, quand il y a un défaut avec une fissure, elle est détectée par la surveillance. Cela n’a pas été le cas, mais en général, une fissure n’évolue pas en rupture de manière aussi rapide sans raison complémentaire. Il faudra expliquer l’enchaînement qui s’est produit : le défaut sur le rail, suivi d’une fissure, puis la fissure génère une rupture qui conduit au déraillement », ajoute-t-il.

    Il estime toutefois que si la fissure a évolué si rapidement, c’est parce qu’elle est survenue dans une zone de gare très sollicitée, qui comporte des successions d’appareils de voies et des successions de courbes et de contre-courbes. A leurs passages, les trains exercent des efforts dynamiques très importants sur les deux fils de rail, liés au caractère très sinueux de cet itinéraire d’entrée de gare.

    L’événement est exceptionnel, indique encore la SNCF qui s’apprête à mener deux types d’investigations d’ici novembre. D’une part des investigations complémentaires sur le matériel roulant pour s’assurer qu’il n’y a pas de défaut au niveau des organes de roulement et de suspension. Ce qui paraît peu probable.

    D’autre part, l’entreprise va simuler des interactions entre le type de rame qui a circulé et la géométrie particulière de l’appareil de voie concerné pour mieux comprendre ce qui s’est passé.

    Philippe Hérissé et Marie-Hélène Poingt

  • Le fonctionnement complet de Vélib’ reporté à 2019

    Le fonctionnement complet de Vélib’ reporté à 2019

    Il faudra attendre l’année prochaine pour que les 20 000 Vélib’ et leurs 1 400 stations fonctionnement normalement. Soit avec pas loin d’un an de retard sur le calendrier initial. C’est ce qu’a annoncé hier sur France Info Arnaud Marion, le nouveau président exécutif de Smovengo qui a pris les commandes en juin pour tenter de sauver l’entreprise du naufrage.

    Le service sera pleinement effectif « dans les premières semaines de 2019 », a-t-il indiqué. L’entreprise ayant auparavant assuré tenir cet engagement pour le 1er mars 2018. Malgré la série de déboires enregistrées par le concessionnaire du vélo en libre service francilien depuis qu’il a remporté le contrat au détriment de JCDecaux, des progrès ont été réalisés, a assuré le nouveau patron de Smovengo en indiquant qu’on compte aujourd’hui 10 000 vélos disponibles (dont 3500 vélos à assistance électrique), contre 2000 début juillet, et 820 stations. Le taux de disponibilité des vélos est passé de 20% en juillet à 70% aujourd’hui, a-t-il ajouté, reconnaissant toutefois que ce taux pouvait baisser durant les heures de pointe.

    Remonté contre la « défaillance du prestataire », Christophe Najdovski, l’adjoint au maire chargé des Transports qui était l’invité de notre club VR&T en juillet, nous avait indiqué que le syndicat mixte Autolib’ et Vélib’ Métropole (SMAV) déciderait en septembre s’il confirme ou pas le contrat signé avec Smovengo. Décision attendue à la fin du mois. Interrogé sur ce point, Arnaud Marion s’est voulu optimiste. « Très honnêtement, s’il y avait une résiliation aujourd’hui je ne la comprendrais pas, vu le travail et les investissements qui ont été faits et le degré de progression au cours de l’été », a-t-il commenté.

  • Le trafic voyageurs de la RATP toujours en progression

    Le trafic voyageurs de la RATP toujours en progression

    Le trafic de la RATP continue de progresser : +1 % durant les six premiers mois de l’année, ce qui représente 1,736 milliard de voyages. Un dynamisme porté par la reprise économique et la fréquentation touristique en Ile-de-France, a indiqué la RATP le 31 août en présentant ses résultats semestriels. Les tramways tirent particulièrement la croissance, avec un trafic en hausse de 6,6 %. Le métro enregistre une progression de 1 %. « Le trafic du RER est stable malgré l’impact des grèves sur le RER B. Le RER A a connu quant à lui une dynamique remarquable de +5 % », note encore la RATP dans un communiqué.

    En revanche, le nombre de voyageurs qui ont emprunté les bus franciliens régresse de 1 %, ce qui est expliqué par « les difficultés persistantes de circulation dans Paris et la petite couronne ».

    Côté recettes, elles sont en hausse de 2,2 %, générant une hausse de 1 % du chiffre d’affaires de l’Epic (2,787 milliards d’euros). Quant aux investissements, ils restent soutenus à 575 millions d’euros, consacrés principalement au développement des infrastructures, notamment 240 millions d’euros pour le prolongement des lignes de métro et tramway 4, 11, 12 14 nord et sud et 285 millions pour l’entretien et la modernisation des équipements (déploiement du pilotage automatique sur le RER A, automatisation de la ligne 4 du métro…).

  • L’Europe teste une nouvelle technologie d’autopartage à Lyon

    L’Europe teste une nouvelle technologie d’autopartage à Lyon

    Sur les bords de Saône, les voitures électriques en autopartage circulent à l’unité, mais elles ont aussi la particularité inédite de s’encastrer les unes dans les autres pour former un train routier : c’est la principale innovation du projet Européen Esprit (pour Easily DiStributed Personal Rapid Transit) arrivé au terme de trois ans de conception et aujourd’hui en phase de démonstration dans trois villes. Après Lyon le 30 août, Esprit sera présenté à Glasgow et à Barcelone en septembre. Le concept a nécessité huit millions d’euros d’investissement et la mobilisation de 18 partenaires* pour développer un prototype réalisé en six exemplaires destinés à valider les études d’oscillation sur le train routier.

    Selon ses promoteurs, le système Esprit a l’avantage de garantir un taux de disponibilité à 90% des véhicules en station ainsi que sa fiabilité économique là où d’autres dispositifs, dont Autolib’, montrent leurs limites. C’est ce qui justifie d’ailleurs l’attelage des véhicules : « le train routier permet à un seul opérateur de redistribuer la flotte de véhicules jusqu’à huit voitures attelées en fonction des besoins. On assure ainsi un équilibre de l’offre disponible en station sur la zone considérée. La logistique de redistribution est cruciale pour l’autopartage de type one way » explique Valery Cervantès, chercheur au CEA-Liten de Grenoble et coordinateur du projet Esprit. Autres intérêts de l’attelage : la compacité du stationnement des véhicules et la présence d’une seule borne d’alimentation pour le rechargement mutualisé des véhicules connectés. Un rechargement rapide en raison du principe de fonctionnement : les véhicules sont destinés en priorité à apporter une réponse au problème du premier/dernier kilomètre, et jusqu’à 3 à 5 km au maximum. Prévues pour une autonomie de 50 km, les batteries sont donc peu déchargées au retour en station. La connexion des véhicules à l’approche s’effectue automatiquement par un fil de guidage au sol.

    Pour l’heure, le projet envisage des véhicules au confort « minimaliste », justifié par ses qualités pratiques, et disponibles en deux versions : deux places sans permis avec une vitesse maximale de 45 km/h et trois places avec permis (65 km/h). Le système Esprit se veut comme une solution multimodale complémentaire des transports collectifs en zone périurbaine aussi bien qu’en centre-ville. La notion du premier/dernier kilomètre en fait aussi un système de transport propice aux déplacements dans les parcs d’entreprises. « Le projet Esprit peut faire partie des solutions diversifiées et complémentaires que nous offrons sur la Métropole de Lyon », analysent Fouziya Bouzerda, présidente du Sytral, et Louis Pelaez, président de Lyon Parc Auto qui gère deux systèmes d’autopartage en stations et en free floating (Citiz et Yea !). Il reste à peaufiner le projet avec l’étape suivante, une expérimentation grandeur nature d’ici début 2020 que Lyon pourrait accueillir sur le Parc Technologique de Saint-Priest.

    Claude FERRERO

    *dont les français Institut Vedecom, CEA, Citiz/LPA, Keolis, Lyon Smart Design et Technical Studio pour la conception/réalisation du prototype.

  • La SNCF déploie ses usines du futur

    La SNCF déploie ses usines du futur

    L’atelier historique d’Hellemmes, à Lille, qui s’est considérablement dégradé (il date de 1873), est en train d’être rasé. À la place, d’ici le mois de juin 2019, une « usine du futur » devrait ouvrir ses portes. Les travaux préparatoires ont commencé et, en octobre, le chantier proprement dit débutera.

    Alors que le site comprend plusieurs bâtiments, il ne comportera plus qu’un seul bâtiment sur 27 000 m² lorsque les travaux seront achevés.

    Particularité, il ne disposera plus de rails. À la place, des mouveurs permettront de déplacer les rames et de s’adapter à tous types de matériels, alors qu’aujourd’hui Hellemmes est spécialisé dans les TGV (actuellement, il reçoit des Transmanche et des Thalys). « Ces équipements permettront de s’adapter à toutes les évolutions de matériel car on ne sait pas de quoi demain sera fait… », commente Bruno Baudry, le directeur adjoint du site. Et il ajoute : « Ce dispositif existe déjà ailleurs, comme à Amsterdam, mais en France, c’est une première ».

    Autres évolutions, la documentation va être digitalisée et l’utilisation des objets connectés, se multiplier. Les techniciens pourront aussi recourir à des drones, comme c’est déjà le cas à Hellemmes où, dans le cadre des rénovations mi-vie des matériels, un drone permet de prendre des images de la toiture des trains, évitant à des chaudronniers de monter sur la rame. Ces changements devraient apporter des gains de productivité de 15 à 20 %, selon Bruno Baudry.

    850 agents travaillent actuellement sur la partie industrielle, 150 autres sur la partie ingénierie. Combien seront-ils à terme ? La SNCF refuse d’avancer des chiffres, tout en reconnaissant que les effectifs devraient diminuer.

    Le renouveau d’Hellemmes s’inscrit dans le programme de modernisation des dix technicentres de la SNCF, qui a été lancé en 2013 et qui prévoit 250 millions d’euros d’investissement. Celui de Rennes, spécialisé dans la maintenance des organes de freins, a été inauguré en avril 2015. L’année prochaine, en plus d’Hellemmes, deux nouveaux technicentres devraient voir le jour à Vénissieux (à la place des ateliers d’Oullins en bordure du Rhône, pour 40 millions d’euros d’investissement) et Romilly-sur-Seine (20 millions). Les deux seront spécialisés dans la maintenance de pièces. À Hellemmes, l’investissement tourne autour de 35 millions d’euros. Toutes les usines du futur devraient avoir été mises en service en 2022.

    M.-H. P.

  • Toyota et Uber s’allient dans le véhicule autonome

    Le constructeur automobile japonais Toyota, qui avait déjà investi en 2016 dans Uber, a annoncé le 28 août un nouvel investissement (500 millions de dollars) dans la plateforme américaine de VTC pour développer ensemble des véhicules autonomes.

    Les deux sociétés, qui vont combiner leurs technologies respectives dans des véhicules spécifiquement conçus par Toyota, prévoient «le début des déploiements pilotes en 2021», selon un communiqué du géant nippon. «Des centaines de voitures» seront concernées dans un premier temps, a précisé un porte-parole à l’AFP.