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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

SNCF Transilien vise 900 recrutements en 2023
900 recrutements, c’est l’objectif que s’est fixé Transilien, la direction régionale de la SNCF-en Île de-France, pour cette année. Majoritairement des conducteurs.rices de RER, de trains et de tram-trains : 400 au total. Autres fonctions visées, 200 chargé(e)s de la relation clients en gare, 150 technicien.nes de maintenance des trains et agent.es de manœuvre dans les centres de maintenance, 40 à la production, 110 à la maîtrise et 50 sur des postes de cadres avec des profils d’ingénieurs ou systèmes d’information (projets, développeurs).Pour Transilien, il s’agit de « rattraper les moindres recrutements dus à la crise, sanitaire et aux confinements », mais aussi de répondre au « contrat ambitieux 2020-2023, prolongé à fin 2025, avec Île-de-France Mobilités », de préparer « les Jeux olympiques et paralympiques, […] la mise en service d’Eole » ou encore « le renouvellement des matériels roulants, nécessitant de forts besoins en compétences techniques » et compenser « les mobilités internes […] et les départs en retraite ».
En 2022, Transilien était déjà l’œuvre sur le front des recrutements : 770 agent.es, au lieu des 600 prévus. Parmi eux, des chargé(e)s de la relation client en gare (330), des conductrices et conducteurs (220), et des techniciennes et techniciens de maintenance et agentes-agents de manœuvre (130).Y.G
Ronan Bois rejoint la SNCF pour gérer les TER de Bourgogne Franche-Comté
Après avoir quitté fin 2022 la présidence de Régionéo (coentreprise formée par RATP Dev et Getlink pour répondre à des appels d’offres dans le transport ferroviaire régional de voyageurs), Ronan Bois est devenu mi-février 2023 le directeur des TER de la région Bourgogne Franche-Comté. Il remplace Eric Cinotti devenu directeur national des opérations chez SNCF Réseau.
Diplômé d’une école de commerce et d’un MBA du Boston College, Ronan Bois apporte une expérience de 25 ans dans le secteur du transport de voyageurs (il a notamment travaillé pour Veolia Transport, Thello avant de rejoindre RATP Dev). Un marché essentiel pour la SNCF dont le monopole est remis en cause avec les appels d’offres lancés par plusieurs régions désireuses de tester la concurrence.
C’est Bertrand Gaillard, directeur Exécutif Stratégie & Performance et membre du Comité de Direction de RATP Dev, qui devient président de Régionéo.
Les syndicats de la SNCF appellent à une grève reconductible à partir du 7 mars contre la réforme des retraites
L’intersyndicale avait déjà annoncé vouloir « faire du 7 mars la journée la plus forte » depuis le début du mouvement social contre le projet de réforme des retraites. Le projet de loi du gouvernement sera, le 28 février, en commission au Sénat, puis examiné à partir du 2 mars par la haute assemblée. Précédemment, les députés n’avaient pas pu aller au bout des débats après deux semaines parlementaires calamiteuses.
Après avoir consulté ses adhérents les 24-25 et 26 février, la CFDT-Cheminots, quatrième syndicat représentatif de la SNCF, a annoncé lundi : « Plus de 80 % sont favorables à une grève reconductible » , et lancé un appel en ce sens à partir du 7 mars, sixième journée de mobilisation. Rejoignant alors la CGT-Cheminots, l’Unsa-Ferroviaire et SUD-Rail. « C’est une bonne chose pour le front unitaire et ce n’était pas gagné : mercredi dernier, en réunion intersyndicale, la CFDT ne voulait pas de grève reconductible« , rapporte Didier Mathis, secrétaire général de l’Unsa-Ferroviaire.
Le 22 février en effet, l’ensemble des syndicats de la SNCF s’était réuni pour envisager la possibilité d’un mouvement reconductible unitaire. La CGT et SUD militaient pour, mais l’Unsa et la CFDT avaient fait savoir qu’elles souhaitaient consulter leurs adhérents d’abord. « C’est toujours comme cela que nous procédons. Et nous avons ainsi mesuré que la détermination des salariés est très forte », commente Thomas Cavel de la CFDT-Cheminots.
Les quatre syndicats représentatifs du groupe ferroviaire public qui demandent « le retrait pur et simple » du projet de réforme des retraites se sont donc mis d’accord pour durcir le mouvement, comme l’avait déjà annoncé le 11 février dernier l’ensemble des organisations syndicales représentatives de la RATP qui ont elles aussi appelé à un mouvement reconductible.
Le 2 mars, la CGT-Cheminots doit se réunir avec les autres fédérations professionnelles de la CGT actives dans le mouvement (chimie, énergie, ports et docks) pour préparer la journée « France à l’arrêt » du 7 mars et des jours suivants.
N.A

Le tramway de Mostaganem, septième nouveau réseau algérien
Située entre Oran (à quelque 80 km) et Alger (à 360 km), la ville côtière de Mostaganem est la septième d’Algérie à mettre en service un nouveau réseau de tramway en douze ans, après Alger, Oran, Constantine, Sidi Bel Abbès, Ouargla et Sétif. L’inauguration s’est déroulée en présence de Kamel Beldjoud, ministre algérien des Transports, accompagné du Wali de Mostaganem, Aissa Boulahia, et des autorités locales de la région.
Deux lignes constituent le réseau de Mostaganem, dont la longueur atteint 14 km, pour 24 stations. La ligne 1 relie Karouba, au nord de la ville, à La Salamandre, non loin de la Cité administrative et du front de mer, en 20 arrêts via les cités universitaires et la gare SNTF. De cette dernière part la courte ligne 2 (4 arrêts) vers la Nouvelle gare routière, au sud-est du centre-ville. Quelque 10 000 voyageurs peuvent être accueillis chaque jour sur ce nouveau réseau.
L’Entreprise du Métro d’Alger (EMA) avait attribué le contrat du projet du tramway de Mostaganem à Alstom et Cosider. Alstom s’est chargé de la fourniture du système intégral, des systèmes de télécommunication et de signalisation, des sous-stations, de la billettique, des équipements de dépôt ainsi que des 25 tramways Citadis 402, qui ont été montés par sa joint-venture Cital (détenue à 51 % par des partenaires algériens et à 49 % par Alstom). De son côté, le groupement Cosider (travaux publics/ ouvrages d’art) a réalisé le génie civil, le système voie ferrée, la ligne aérienne de contact et la signalisation lumineuse.
A l’occasion de l’inauguration du tram de Mostaganem, Alstom rappelle sa présence en Algérie depuis plus 30 ans via sa filiale Alstom Algérie et Cital, qui emploient environ 670 personnes. Outre les sept nouveaux tramways algériens, Alstom a fourni 17 trains régionaux Coradia (similaires aux Régiolis) à la SNTF, électrifié la ligne de la banlieue d’Alger et « mené divers projets de signalisation ».
P. L.

Le chantier de génie civil pour connecter le futur tunnel Lyon-Turin s’engage à Saint-Jean-de-Maurienne
SNCF Réseau a annoncé, le 15 février, l’attribution de 215 millions d’euros pour la réalisation de l’interconnexion ferroviaire entre le tunnel de base sous le Mont-Cenis (construit par le promoteur public franco-italien Tunnel euralpin Lyon-Turin – TELT) et le réseau existant. Le 8 décembre 2022, on avait pu assister au démarrage du creusement du tunnel de base à partir de sa future entrée à Saint-Julien-Montdenis, sur la rive ouest de l’Arc, en face de Saint-Jean-de-Maurienne.Sur les 215 millions, la presque totalité de ce montant (189,5 millions) concerne la création de nouvelles plateformes ferroviaires (soit 1,5 million de m3 de remblais issus des déblais et matériaux excavés du tunnel, et 100 000 m2 de béton), de 10,5 km de murs de soutènement de 2 à 13,5 m de haut et de 8 km de murs antibruit de 4,5 m de haut.Le contrat comprend également la construction des infrastructures de la future gare internationale de Saint-Jean-de-Maurienne (1 700 m de quais et trémies d’accès), de deux ponts-rail sur l’Arvan et de divers réaménagements routiers (RD1006, RD906, RD77, rue des Chaudannes). Il concerne aussi les travaux hydrauliques de franchissement de la plate-forme ferroviaire, et la création d’une voie dédiée à la desserte ferroviaire de l’usine d’aluminerie Trimet.Attribué au groupement Eiffage Génie-Civil/Eiffage GC Infra Linéaires/Eiffage Rail, le contrat doit débuter en février 2023, pour une durée de neuf ans. Le chantier sera exécuté en quatre phases entrecoupées d’arrêts pour permettre d’alterner phases de construction des infrastructures ferroviaires, phases d’aménagement des voies, signalisation et caténaire, et basculements de circulations entre les différentes configurations. La livraison finale est planifiée pour le printemps 2032.L’équipement de ces voies nouvelles et les différentes connexions, font l’objet d’un second contrat de 24 millions d’euros pour la réalisation d’études et de travaux sur les voies et la ligne aérienne de contact. Attribué au groupement TSO SAS/TSO Caténaires/Offroy/Sages Rail, il comprend la construction de 26 aiguillages, 11 km de voies et l’installation de 19 000 traverses et 52 000 tonnes de ballast. Les travaux sur la caténaire consistent à installer de 210 pylônes, 16 km de caténaire, 7 km de câbles aériens de protection et 23 km de feeder ces câbles qui renforcent la caténaire.Les travaux préparatoires à l’interconnexion entre la voie classique et la future ligne qui empruntera le tunnel ont été commencés dès la fin du confinement, par l’élargissement d’un pont ferroviaire sur la rue René Cassin à l’entrée nord de Saint-Jean-de-Maurienne, la construction d’une base travaux, à l’ouest de cette entrée nord de la ville, et par le déplacement de la gare historique, transformée en Pole d’échange multimodal (PEM), provisoire, sur le côté ouest des voies, en avril 2022.La future gare internationale sera construite à l’emplacement du PEM provisoire. Sont aussi prévus la construction d’un bâtiment ferroviaire pour la ligne classique (FSA FH), d’un Poste aiguillage informatisé (PAI) pour la future ligne, d’une sous-station en 1,5 kV et le confortement des digues sur la rive ouest de l’Arc, près de la future entrée.Yann Goubin
2022, année de reprise pour Getlink
Pour Getlink, l’année 2022 confirme les tendances de son premier semestre : pour le groupe qui gère le tunnel sous la Manche, la relance a été au rendez-vous dans presque tous les domaines. Et c’est en proclamant « un chiffre d’affaires record en 2022 » que Yann Leriche, directeur général de Getlink, a présenté le 23 février les résultats annuels. Pour chacune des entités du groupe, 2022 a également été une année record… y compris pour la nouvelle activité ElecLink : mais pour le transport d’énergie transmanche, dont les activités ont débuté le 25 mai dernier, il s’agissait du premier exercice !
40 millions d’euros d’économies réalisées
Ainsi, le chiffre d’affaires de Getlink 2022 a été supérieur au milliard d’euros, 1,6 milliard de CA (consolidé pour être précis), en progression plus rapide (106 %) que les charges d’exploitation (+50 %). En effet, Géraldine Périchon, directrice administrative et financière de Getlink, qualifie 2022 d’année de transition, avec une reprise du trafic, alors que l’inflation a touché les postes liées à l’énergie, aux salaires et aux autres coûts externes. Des surcoûts contrebalancés par « 40 millions d’économies réalisées sur l’année, qui nous permettent de faire face ». C’est ainsi que le résultat net de Getlink, de 252 millions d’euros, a été supérieur à la perte (229 millions d’euros) lors de l’exercice précédent et que le désendettement a été « significatif » en 2022, la dette nette passant sous la barre des 4 milliards d’euros.
Cinq fois plus de voyageurs sur Eurostar
Pour ce qui est de l’activité historique de Getlink, le tunnel sous la Manche, les trafics sont revenus, avec cinq fois plus de voyageurs sur Eurostar en 2022 qu’en 2021 (8,295 millions, soit 75 % de la fréquentation de 2019) et des parts de marchés très élevées sur les navettes (63 % sur les véhicules de tourisme et 42 % sur les camions).
Côté fret ferroviaire, Europorte a affiché un chiffre d’affaires en croissance de 5 % dans un marché difficile, tout en poursuivant sa modernisation : « Nous sommes les premiers avec des trains fonctionnant au carburant Oléo 100, et montons un équipement ETCS dans nos locomotives », rappelle Yann Leriche.
ElecLink, la plus récente activité du groupe, en représente « déjà un quart du chiffre d’affaires », indique le directeur général de Getlink, avec 420 millions d’euros. Lancé alors que la France a manqué d’énergie, le nouveau câble d’interconnexion électrique permet d’alimenter « l’équivalent d’1,6 million de personnes, soit l’agglomération de Lyon » et fin 2022, 58 % des capacités pour 2023 étaient déjà vendues ! « Ce câble sera encore plus nécessaire à l’avenir, avec la décarbonation : en effet, l’intermittence de l’éolien, en développement en Grande-Bretagne, nécessite une connexion dans les deux sens », pour suppléer l’apport en énergie, mais aussi pour écouler cette dernière…
Le lancement d’ElecLink est une des manifestations du développement de Getlink dans une période de changements. Changements en particulier perceptibles dans les habitudes de la clientèle, avec de nouvelles tendances, dont les séjours longs.
Changements d’habitude
Autre changement, qui concerne directement le trafic transmanche, : le Brexit, avec une question : comment en faire une opportunité ? En déclarant que le Brexit « a surtout ajouté des formalités douanières », la direction de Getlink se félicite d’avoir mis sur pied « la frontière la plus intelligente », grâce au traitement numérique des documents et à « de bonnes relations avec les deux gouvernements ». Et dans un contexte de pénurie de chauffeurs routiers, Getlink veut se distinguer par les services offerts à ces derniers dans son Truck Village : toilettes, douches, machines à laver, supermarché automatique, télévision, baby foot…
En période d’inflation, Getlink affiche une volonté de maintenir une discipline financière sur le temps long, avec une modernisation continue des équipements : statcom pour autoriser plus de trains dans le Tunnel, rénovation à mi-vie des navettes passagers… Et alors que l’environnement est de plus en plus pris en compte, Getlink rappelle que son empreinte carbone est très faible et annonce qu’une chaire a été lancée avec la Toulouse School of Economics pour explorer et anticiper les impacts de la transition climatique sur les entreprises.
Voyants au vert pour les années à venir
Pour la direction de Getlink, les perspectives devraient encore être meilleures dans les années à venir : « les voyants sont au vert malgré le très court terme, avec une croissance britannique molle ». Car « nos clients plébiscitent nos nouveaux services » et, même si le marché est exposé à la concurrence des ferries, le « dumping social » pratiqué par certains acteurs du secteur maritime « devrait changer » grâce à la coopération entre France et Royaume-Uni pour de meilleures conditions d’emploi des marins.
Par ailleurs, l’évolution du marché transmanche des trains à grande vitesse, avec la fusion entre Eurostar et Thalys dans un objectif de croissance, est « très bon pour nous », car « Eurostar est notre principal client ». La direction de Getlink voit d’ailleurs des opportunités en Allemagne, avec des relations de Cologne ou Francfort à Londres et, avec un péage par voyageur transporté, le gestionnaire du tunnel sous la Manche souhaite encourager le lancement de nouveaux services, qui ne sont pas toujours très remplis initialement, que ce soit par les transporteurs historiques ou d’éventuels nouveaux entrants.
Enfin, toujours sur les rails, reste le potentiel des trains de fret, largement sous-exploité en 2022 avec 1 488 passages (au lieu de 1 654 en 2021), mais en principe soutenu par les stratégies de verdissement des transports, en Europe comme en Grande-Bretagne…
P. L.

Le RER NG aux essais sur le RER E
C’est dans la nuit du 18 au 19 février que le RER Nouvelle Génération (RER NG) a commencé ses essais en conditions réelles sur la ligne E du RER francilien, à laquelle ce nouveau matériel est destiné, en version à six voitures, alors qu’une version à sept voitures est quant à elle destinée à la ligne D. Ces essais d’intégration, avant la mise en service progressive du RER NG prévue à partir d’octobre prochain, ont pour objectif de confirmer sa compatibilité avec les infrastructures de la ligne E, destinée à être prolongée à l’ouest (projet Eole), vers Nanterre-la-Folie via la Porte Maillot et La Défense en 2024, puis vers Mantes-la-Jolie.

Des résultats records pour la SNCF (qui ne doivent pas masquer les besoins du ferroviaire)
C’est le retour aux années d’avant-Covid, en mieux ! Malgré un contexte encore compliqué, la SNCF affiche un bilan record en 2022 en enregistrant 2,4 milliards d’euros de bénéfices. L’année précédente, elle affichait déjà un bénéfice de 900 millions d’euros mais il était alors principalement dû à la cession de sa filiale Ermewa.
La SNCF, qui a su profiter du regain d’appétit des Français pour le train, a également enregistré un chiffre d’affaires de 41,4 milliards d’euros (en hausse de 18 % comparé à 2019, année de référence). Toutes les activités y participent mais deux d’entre elles jouent les moteurs : SNCF Voyageurs (+ 27 % de hausse du chiffre d’affaires comparé à 2021, +3,4 % par rapport à 2019) et Geodis (+68 % par rapport à 2019). « Les taux d’occupation des TGV sont très importants, autour de 85 %. Un TGV sur trois est plein« , commente Jean-Pierre Farandou. « Ces activités connaissent une croissance rentable« , poursuit le PDG du groupe, en précisant que Geodis, qui représente désormais le tiers de l’activité du groupe, « a progressé en profitabilité« . Le chiffre d’affaires est désormais constitué à 50 % par l’activité ferroviaire et 50 % non ferroviaire (autrement dit par Geodis et Keolis). Et 37 % vient de l’international. Ce qui conforte le choix du groupe en faveur de ces deux actifs stratégiques, estime son patron.
830 millions d’euros d’économies
Le fret reste dans le vert pour la deuxième année consécutive. « Et SNCF Réseau et Gares & Connexions suivent la trajectoire du redressement« , ajoute-t-il.
Ces bons résultats ont aussi été rendus possible par les importants efforts du groupe pour tailler dans les coûts : 830 millions d’euros d’économies ont encore été réalisées en 2022, soit 25 % de plus qu’attendu. La reprise de la dette par l’Etat à hauteur de 35 milliards d’euros au total contribue aussi au bon résultat ( le groupe n’a plus à supporter 1,2 à 1,3 milliard de frais financiers annuels) ainsi que la cession d’Akiem (elle a rapporté 600 millions d’euros en résultats nets). La dette atteint un niveau soutenable : 24,4 milliards d’euros. Enfin, le plan de relance (1,6 milliard en 2022) a aussi un impact sur le résultat net, permettant d’investir dans le ferroviaire. Conséquence, le groupe public intégré affiche pour la première fois un cash flow libre positif, conforme aux engagements pris auprès de l’Etat.
Le profit restera dans le système ferroviaire, indique la SNCF, qui craint les réactions de voyageurs sur ses prix jugés trop élevés, celles des syndicats qui pourraient réclamer de nouvelles hausses de salaires, ou celles des régions qui pourraient être tentées de revoir leurs contrats TER. « Tout le résultat généré au sein du groupe sert à financer le ferroviaire. C’est-à-dire à investir massivement dans la rénovation du réseau et à assurer les opérations de développement que nous souhaitons faire. Donc à préparer l’avenir« , insiste Laurent Trevisani , le directeur général délégué Stratégie et Finances du groupe SNCF. Près de dix milliards d’euros ont ainsi été investis l’année dernière dans le ferroviaire. Dont le tiers financé par le groupe.
10 000 recrutements cette année
Cette année, la seule SNCF s’apprête à recruter 10 000 personnes en 2023, dont 7200 CDI. En espérant régler la pénurie de personnels pour certains postes, notamment les conducteurs et les mainteneurs.
Mais elle reste floue sur ses autres prévisions, compte tenu des incertitudes liées à l’inflation, à la hausse des coûts de l’énergie (le surcoût est évalué à un milliard cette année), à la géopolitique internationale (qui peut influencer l’activité de Geodis) ou encore aux mouvements sociaux qui s’annoncent en mars. Reste aussi à connaître les décisions de l’Etat, qui doit recevoir demain officiellement le rapport du Conseil d’orientation des infrastructures sur les grands choix d’infrastructures à prévoir dans les dix ans à venir. Des choix déterminants pour l’avenir du transport ferroviaire.
Marie-Hélène Poingt

Rénover les gares par du mécénat ?
Rénover les 72 grandes halles voyageurs des gares françaises (carte), ces cathédrales de métal et de verre plus que centenaires et inscrites à l’inventaire des monuments historiques, est un gouffre financier pour Gares & Connexions qui a hérité de ce patrimoine ferroviaire en 2020, après la réforme du rail.
Les rénover parce qu’elles sont attaquées par la corrosion et présentent des dangers pour le public, est « un devoir patrimonial », pour David Valence. Le 21 février, équipé d’un casque, d’un baudrier et de chaussures de sécurité, le député des Vosges qui préside le Conseil d’orientation des infrastructures (COI, lire) est parti à l’assaut des verrières et charpentes des grandes halles voyageurs de deux gares parisiennes : celles d’Austerlitz, puis dans la soirée, celle de Saint-Lazare. Toutes deux désossées pour être remises à neuf.
La rénovation de la grande halle voyageurs d’Austerlitz (7500 m2 de verrières, 8000 m2 de toiture) coûte 136 millions d’euros au gestionnaire des gares, celles de la gare Saint-Lazare 130 millions, indique Marlène Dolveck, la dirigeante de Gares & Connexions. Elle accompagnait les aventures du député dans les charpentes métalliques de ces deux bâtiments ferroviaires historiques.
En 2022, David Valence avait déposé des amendements lors de l’examen du projet de loi de finances pour 2023 pour que le gestionnaire des gares puisse bénéficier du mécénat pour les travaux conduits dans les gares dont le patrimoine est dit remarquable . Ils avaient été retoqués.
Dons d’entreprises

La structure métallique de la gare d’Austerlitz avant et après rénovation. Il récidive en 2023 et veut « porter ce projet d’évolution législative au service du patrimoine du quotidien que représentent, pour nos concitoyens, les grandes halles voyageurs ». Ces amendements pourraient « offrir aux organismes publics dont la principale activité est la gestion de gares et la valorisation de ce patrimoine appartenant au domaine public de l’État, la possibilité de percevoir les dons d’entreprises. Selon le régime fiscal applicable en matière de mécénat », explique l’entourage du député.
Bref, que Gares & Connexions puisse financer la rénovation de certaines parties des gares, celles inscrites à l’inventaire des monuments historiques, par du mécénat.
« Aujourd’hui, le modèle économique de Gares & Connexions n’est pas suffisant pour en financer leur réfection », assure le président du COI. Dans le rapport sur les infrastructures de transport qu’il devrait remettre vendredi à Matignon concernant les investissements nécessaires sur la prochaine décennie, les gares ont d’ailleurs aussi voix au chapitre.
Nathalie Arensonas
Carte de France des grandes halles voyageurs

La première partie de la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan déclarée d’utilité publique
Les travaux de la ligne nouvelle entre Montpellier et Béziers ont été déclarés d’utilité publique par un décret du 16 février.Ce chantier, qui comprend la construction d’une section LGV mixte, voyageurs et fret, longue de 52,3 km et de 7 km supplémentaires pour deux raccordements, s’intègre dans le projet global de la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP). Soit au total 150 km de ligne nouvelle en partie mixte voyageurs-fret, 30 km de raccordement au réseau existant, ainsi que deux gares nouvelles et des sections de ligne mixte.L’objectif est de soulager la ligne classique d’une partie du trafic et de réduire le temps de parcours de 18 minutes dès la première phase. Les travaux devraient être engagés à l’horizon 2030 pour une mise en service en 2034.Une seconde phase est prévue vers 2040, avec 97,7 km de ligne, à laquelle s’ajouteront plus 30 km de raccordements.Le coût global de la LNMP est estimé à 5,52 millions d’euros, dont 1,855 pour la phase 1.« Maintenant, je souhaite que la Première ministre retienne un scénario volontariste, qui confirme le calendrier du projet, dans le cadre des conclusions à venir du rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) », a déclaré dans un communiqué Carole Delga, la présidente de la région Occitanie.
