Catégorie : Ferroviaire

Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

  • Chat écrasé à Montparnasse : des regrets et des plaintes

    Chat écrasé à Montparnasse : des regrets et des plaintes

    L’affaire a fait grand bruit. Le 2 janvier en gare de Paris-Montparnasse, une mère et sa fille laissent s’échapper leur chat, qui finit par se réfugier sur les voies, sous un train. Ses propriétaires demandent à des agents d’intervenir et d’empêcher le train de partir. En vain, les agents refusent de retarder le train avec toutes les conséquences qui s’ensuivraient. Le train part, écrasant l’animal.

    Après un article le 20 janvier du Parisien relatant « l’exécution du chat » sur une pleine page, les réactions se sont multipliées, pointant le manque d’humanité de la compagnie ferroviaire, avec des propos très souvent excessifs, montés en épingle par les médias, surtout sur le web. La SNCF a indiqué « regretter ce triste incident ». Le 23 janvier, la Fondation 30 millions d’amis annonçait porter plainte contre la SNCF pour actes de cruauté. Citée dans plusieurs journaux, Reha Hutin, sa présidente, précise sérieusement que « c’est un passager de la SNCF qui a été sciemment écrasé »,  l’animal étant « en règle puisque ses maîtresses s’étaient acquittées d’un billet pour qu’il puisse voyager en toute légalité ». 

    Mission impossible

    Au-delà de ce bad buzz, la SNCF aurait-elle pu éviter la mort du chat ? « On aurait pu faire repartir le train au pas, mais sans avoir la garantie que le chat ne se fasse pas écraser. Mais aller sur les voies pour tenter de le récupérer me paraît mission impossible, surtout s’il a peur et qu’il bouge… », explique un conducteur de la SNCF qui tweete régulièrement sous le pseudo BB27000.

    Un agent qui devrait aller sur les voies doit respecter toute une procédure pour obtenir l’autorisation, ce qui peut prendre du temps, poursuit-il. Dans une grande gare, « la hauteur du quai est très souvent à la norme 0,92 cm, voire entre 1 m et 1m10 », rappelle-t-il aussi dans un thread. Avant d’intervenir, un agent devra remplir une demande d’autorisation, recevoir l’accord et, si c’est accepté (ce qui peut prendre du temps), prévenir le conducteur, enfiler des vêtements spéciaux pour ramper sous un train… Une fois l’intervention terminée, il faut « restituer » la PERS, un document rempli par le conducteur avec le poste d’aiguillage, poursuit-il. Une procédure lourde qui met à mal toutes les circulations prévues durant ce créneau avec un effet boule de neige. Et qui pourrait coûter cher aux propriétaires du chat si on lui présente la facture, sans garantie sur une issue heureuse.

    MH P

     

  • Un incendie volontaire crée la pagaille en gare de Paris-Est 

    Un incendie volontaire crée la pagaille en gare de Paris-Est 

    Le trafic a dû être interrompu au départ et à l’arrivée de la gare de Paris-Est, le 24 janvier, après l’incendie de câbles électriques dans les installations du réseau ferroviaire à Vaires-sur-Marne. Survenus dans la nuit, vers 1 heure du matin, l’incendie a provoqué une panne du poste d’aiguillages de Vaires qui commande une grande partie des circulations de la gare parisienne. Toutefois, le trafic TER de la ligne 4 Paris – Troyes – Mulhouse, n’était pas impacté, pas plus que le RER E, ni la branche sud de la ligne P, vers Provins.
    « L’acte de malveillance est avéré », indiquait dès le début de la matinée la SNCF sur une page de son site spécialement dédiée. « Un incendie volontaire sur des gaines de câbles d’alimentation électrique des installations de signalisation et d’aiguillage est à l’origine de l’interruption des circulations. Le diagnostic est toujours en cours. » 
    Quelques heures plus tard, le ministre des Transports, Clément Beaune, qui s’est rendu à la gare de l’Est, précisait : « Une cinquantaine de câbles a été incendiée en deux points précis, ciblés, à quelques dizaines de mètres l’un de l’autre en Seine-et-Marne ». Le ministre a ensuite évoqué « une intention délibérée de nuire » et dénoncé « un acte de vandalisme odieux, scandaleux qui doit être condamné ». Commentant le dépôt de plainte de l’opérateur ferroviaire, le ministre a abondé dans ce sens. « La SNCF a eu raison de porter plainte, quand on met en cause le service public, c’est inacceptable ».
    En fin de matinée, la SNCF annonçait que « les équipes SNCF Réseau [étaient] actuellement en cours d’intervention pour effectuer les réparations. Plus d’une vingtaine d’experts sont mobilisés, une équipe sur la partie électrique et une équipe sur l’identification des câbles endommagés à remplacer. »
    Après des perturbations de circulations notamment sur l’axe TGV Paris-Strasbourg,le 25 janvier, la compagnie espérait une reprise normal du trafic, le 26 janvier. Le plan de transport devait être annoncé en début de soirée.
    Yann Goubin 
  • Le Train va commander dix rames à l’Espagnol Talgo

    Le Train va commander dix rames à l’Espagnol Talgo

    Une étape importante a été franchie par la société Le Train qui veut lancer des trains à grande vitesse dans le Grand Ouest : le 23 janvier, elle a annoncé avoir choisi, au terme d’un appel d’offres européen, le constructeur espagnol Talgo pour lui commander dix rames. En souhaitant à l’avenir aller encore plus loin, au gré des besoins et des développements, car « lancer une compagnie ferroviaire uniquement avec dix rames n’aurait aucun sens », commente Alain Getraud, cofondateur et directeur général de la compagnie ferroviaire privée.

    En attendant, la commande représente quelque 300 millions d’euros, selon Alain Getraud, qui refuse toutefois de donner le montant précis du contrat.

    Les rames seront issues de la plateforme Avril développée par Talgo. Elles seront aménagées de façon à pouvoir embarquer des pièces de grande taille, par exemple des planches à voile, et disposeront de 40 places de vélo par rame. « Nos ingénieurs travaillent avec les ingénieurs de Talgo sur un aménagement intérieur complètement différent de celui qu’on connaît en France et en Espagne », précise le dirigeant du Train.

    Le partenariat signé avec Talgo s’entend sur le « long terme » : il comprend la maintenance de la flotte pour 30 ans. « Nous visons une pénétration du marché ferroviaire du Grand Ouest en 2025 », ajoute Alain Getraud, qui espère toujours conclure les négociations engagées avec la SNCF sur la cession de dix rames qui pourraient ensuite être rétrofitées, même si des discussions ont également lieu avec d’autres opérateurs.

     

    « Nous souhaitons travailler avec des acteurs financiers engagés » Alain Getraud, directeur général de la société Le Train

    © DR Alain Getraud.

    L’idée de lancer Le Train vient d’un contexte local : les attentes de dessertes insatisfaites dans le Grand Ouest. Alain Getraud, son directeur général, qui a notamment passé une quinzaine d’années chez SNCF Réseau, vise le marché de la grande vitesse et de l’intersecteur. Il nous a accordé une interview en fin d’année dernière que nous publions aujourd’hui sur notre site.

     

    Ville, Rail & Transports. Pourquoi avoir lancé la société Le Train ?

    Alain Getraud : C’est en fait la réponse à une problématique. La société est née en Nouvelle Aquitaine parcourue par SEA (Sud Europe Atlantique), une infrastructure fantastique mais qui crée beaucoup de frustrations, avec un retour sur investissement très faible. La Charente a de très grandes attentes, mais il y a peu de dessertes sur Angoulême notamment. Les élus ont manifesté leur mécontentement. Ce qui a poussé l’entrepreneuriat local à s’intéresser au sujet.

    VRT. Sur quels marchés souhaitez-vous vous positionner ?
    A. G. Nous visons le marché ferroviaire à grande vitesse et l’intersecteur entre les villes principales et secondaires. Les études préliminaires que nous avons menées ont permis de découvrir un potentiel. Le réseau français est bien maillé mais sous-utilisé, avec un modèle en radial. Mais il y a peu d’interrégional. C’est ce qui a nous a poussé à donner naissance à un nouvel opérateur.

    VRT. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
    A. G. Aujourd’hui, Le Train est un groupe avec une société de tête et des filiales : ce sont des sociétés d’exploitation activées au gré des besoins, qui vont de la détention du matériel roulant à la maintenance.Le certificat d’entreprise ferroviaire est plutôt un dossier de capacité financière et le certificat de sécurité représente un travail de certification ISO. Il faut avoir écrit tous les process et acquérir une culture de la sécurité. Ce gros travail a été fait et a duré un an et demi. Nous continuons à avoir des discussions avec l’EPSF. Il a fallu acquérir des compétences, largement recruter et pas seulement dans le ferroviaire. On s’est notamment beaucoup inspiré de ce qui se fait dans l’aérien et dans d’autres entreprise qui ont travaillé avec des constructeurs. Nous disposons d’un vivier de conducteurs prêts à être recrutés. Nous visons une trentaine de conducteurs. J’ai pris l’engagement de ne pas les prendre à la SNCF. Ils viendront du monde du fret, de l’étranger, du RER… mais il y aura aussi des novices. Et nous avons l’objectif de féminiser la profession avec des conductrices.

    VRT. Et du côté financier ?
    A. G. S’attaquer à la grande vitesse ferroviaire est complexe. Nous avons lancé un fond d’amorçage en 2019 pour déflorer le sujet. Ce fond d’amorçage de plusieurs millions d’euros a ensuite été complété.
    Ce qui est important pour nous, c’est d’agréger nos partenaires financiers et les acteurs du territoire. Notre projet est entrepreneurial. Nous souhaitons travailler avec des acteurs financiers engagés. Les investisseurs sont venus avec des solutions bancaires pour le financement volet corporate. Le Crédit Mutuel Arkea et le Crédit Agricole sont entrés au capital et ont apporté un package financier.

    VRT. Quelles lignes visez-vous prioritairement ?
    A. G. Nous essayons d’élaborer un plan de transport intelligent. Le service commencera dans le sud-ouest où il y a vraiment un besoin. Nous envisageons entre 8 et 10 lignes, avec des origines-destinations (OD) assez courtes comme Bordeaux-Angoulême en 34 minutes, ou des OD plus longues comme Bordeaux – Nantes, Bordeaux – Rennes, Bordeaux – Tours, Bordeaux – Poitiers, Bordeaux – La Rochelle, avec des extensions de lignes au-delà de Bordeaux, comme par exemple jusqu’à Arcachon. Nous n’ouvrirons pas tout en même temps. Nous allons d’abord nous concentrer sur Bordeaux – Angoulême, Bordeaux – Nantes, Bordeaux – Rennes et Bordeaux – Tours. Puis nous étendrons nos liaisons au gré de l’activité et au gré des livraisons des trains.

    VRT. Quel type de matériel roulant souhaitez-vous utiliser ?
    A. G. Nous souhaitons disposer de matériel d’occasion (c’est intéressant, c’est du matériel amorti que l’on peut moderniser) et du matériel neuf avec des assets qui vont durer longtemps : 30 ans contre peut-être 10 ans pour du matériel d’occasion. Il s’agira d’un matériel à un étage, car sur l’intersecteur, nous n’avons pas besoin de trains très capacitaires.Nous discutons avec la SNCF pour lui acheter du matériel d’occasion mais c’est compliqué. Il est difficile de trouver des trains maintenus en suffisamment bon état, même si nous avons des partenaires et de l’argent pour du rétrofit.De plus, ces matériels ne disposent pas des équipements de sécurité nécessaires.La crainte de la SNCF, c’est de se retrouver en concurrence frontale avec nous et son ancien matériel. Nous pouvons sécuriser juridiquement ce point. Nous discutons aussi avec d’autres compagnies. C’est un sujet évolutif. Nous voulons aussi du matériel neuf pouvant rouler à 320 km/h. Nous avons retenu un constructeur européen avec un contrat-cadre portant sur dix rames totalement adaptées au marché français. L’investissement, autour de 35 millions d’euros la rame, porte donc sur 350 millions d’euros au total. Les délais de livraison en Europe en ce moment sont de 24 à 36 mois. Nous essayons de réduire ces délais.

    VRT. En quoi vos services différeront-ils de ceux proposés par la SNCF ?
    A. G. Nous revisitons la façon dont on voyage et nous travaillons sur le confort. Deux ou trois espaces seront aménagés dans les trains, qui proposeront entre 350 places et 450 places, avec du service à bord. Nous allons revoir la distribution et l’espace, avec un bar en l’adaptant à l’intersecteur et aux temps de parcours. Il sera aussi possible d’embarquer au moins 40 vélos et objets de loisirs (comme des planches par exemple) par rame.

    VRT. Avec quelle politique tarifaire ?
    A. G. Nous ne sommes pas une compagnie low cost mais il y aura des prix d’appel. Nous serons au-dessus de Ouigo en prix et en confort. Le service sera très centré clients. Nous voulons favoriser les abonnements (pour les étudiants, les navetteurs…)
    VRT. N’y a-t-il pas un risque de concurrence avec les TER ?
    A. G. Nous travaillons avec les collectivités pour ne pas entrer en concurrence avec les TER. Nous arrivons à bâtir un plan de transport très intéressant, qui joue sur la complémentarité. Nous sommes un opérateur en open access donc nous ne recevrons pas de subventions. Ce qui ne veut pas dire que nous ne regarderons pas les appels d’offres publics.
    VRT. Quels sont les principaux obstacles à lever selon vous ?
    A. G. Nous sommes tributaires de la situation de monopole de certains équipementiers. Je vois principalement deux obstacles, d’une part les équipements de signalisation ne sont pas open source, d’autre part le retard pris par la France en matière d’ERTMS.

    VRT. Quel est votre calendrier ?
    A. G. Le calendrier sera conditionné aux possibilités de financement et aux livraisons de matériels roulants. Nous avons décalé le lancement de la fin 2023 à 2024. Nous disposons de l’argent pour acquérir les rames et du crédit-bail pour financer le matériel d’occasion. Nous aurons le matériel neuf en 2025. Si nous ne parvenons pas à acheter du matériel d’occasion avant, on ne pourra pas démarrer avant 2025. Nous avons besoin de matériel d’occasion pour densifier notre offre.

    VRT. Quand pensez-vous être rentable ?
    A. G. Il nous faudra entre trois et cinq ans pour être rentable. Dans un premier temps, nous devrions transporter 3 millions de passagers annuels, puis atteindre 5 millions de passagers par an au bout de cinq ans sur le périmètre Grand Ouest avec une dizaine de lignes. Notre modèle repose sur l’équation moins de capacité mais plus de fréquences. Les trajets peuvent être assez courts mais ils permettent de couvrir une journée de travail avec un déplacement le matin avant 9 heures et le soir après 20 h. Ces nouvelles opportunités de déplacements doivent nous permettre de prendre des parts de marché à la route. Nous souhaitons accélérer l’ouverture du marché. On a trop tendance à mettre en opposition les acteurs existants et les nouveaux projets. Les nouveaux opérateurs vont exister, c’est un fait. Il faut les entendre.

    Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt
  • «Le gouvernement a fait des promesses intenables sur les LGV», selon Yves Crozet

    «Le gouvernement a fait des promesses intenables sur les LGV», selon Yves Crozet

    Dans sa lecture « entre les lignes » du rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI), le spécialiste de l’économie des transports y voit une interrogation des choix de l’Etat. Autrement dit, le COI met le gouvernement face à ses responsabilités après le revirement politique de Jean Castex puis d’Emmanuel Macron en 2021, en faveur des nouvelles LGV.

    Villes, Rail & Transports : Vos premières réactions à la lecture du rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) ?
    Yves Crozet :
    Je vais emprunter une formule suisse : je suis déçu en bien !

    VRT : Si l’on traduit, cela signifie que vous êtes agréablement surpris par les choix d’investissements préconisés au gouvernement ?
    Y. C : Oui, car au nom des grandes orientations stratégiques, le risque était de donner l’impression d’écrire une lettre au Père Noël ! Comme l’avait d’ailleurs fait le COI en mars 2022, en interpelant le gouvernement sur le « mur d’investissements » qui devait être surmonté en France. Il était alors retombé dans la logique du SNIT [Schéma national directeur des infrastructures de transports, remplacé par le COI en 2021, ndlr], c’est-à-dire une liste des courses intenable budgétairement. J’étais donc méfiant avant la sortie du rapport censé orienter l’Etat sur presque deux quinquennats. Et au final très surpris. Car les élus du COI prennent nettement leur distance avec eux-mêmes en disant que leur document de mars 2022 n’était pas raisonnable. Et ils sont assez cash en écrivant que le scénario d’investissements le plus ambitieux, le troisième à 98 milliards d’euros sur quatre quinquennats, n’est pas raisonnable et n’emporte pas la majorité des membres du COI, dont les élus.

    VRT : Vous y devinez la plume du ministère ?
    Y.C :
    A mon avis, cette prise de conscience vient à la fois de tous ceux qui, au ministère des Transports, ont encadré le travail du COI : les membres du conseil général de l’environnement et du développement durable (CGEDD) autour de Pierre-Alain Roche, et de la DGITM qui a rédigé la revue de détail des projets. Il suffit de lire entre les lignes…

    VRT : Qu’est-ce que vous y lisez ?

    Y.C : Une sorte de critique interne. Je m’explique : le COI confie sa préférence pour le scénario 2, à 84,3 millions d’euros sur 2023-2027, tout en soulignant que la marche financière est trop haute. Au final, la réalité sera donc sans doute proche du cadrage budgétaire à 54,8 milliards d’euros [c’est le choix de Bercy, ndlr], avec une petite rallonge au profit de la régénération du réseau ferré et des transports du quotidien. En écrivant cela, il glisse discrètement que le gouvernement a fait des promesses intenables sur les LGV. Le COI dit aussi au gouvernement que s’il en reste au scénario 1, dit de « cadrage budgétaire » alors il faudra repousser de cinq ans les travaux sur tous les projets de lignes à grande vitesse.

    VRT : Allusion au revirement d’Emmanuel Macron en 2021 sur les LGV, et des promesses budgétaires de Jean Castex, son premier ministre d’alors ?
    Y.C : Ce rapport met le gouvernement face à ses responsabilités. Il dit : vous avez changé de logique et avez renoué avec les vieilles traditions des grands élus en donnant votre feu vert sur des projets qui dévorent tous les fonds. A la lecture des chiffres du rapport, on voit bien que les coups partis et les grands projets LGV aspirent tout. C’est sidérant ! Sur les 54,8 milliards d’euros budgétairement cadrés, il y en déjà 17 pour le métro du Grand Paris. Sur les 14 milliards dévolus au réseau ferré, une grosse partie va aux LGV. Et si on ajoute les coups déjà partis, on s’aperçoit que 10 milliards de l’Afit France vont au tunnel Lyon-Turin, au canal Seine-Nord, au nœud ferroviaire lyonnais. Les subventions de l’Europe pour les grands projets et les LGV sont des pousse-au-crime. C’est ce qu’on appelle le rendement décroissant de la dépense publique (lire l’encadré ci-dessous).
    Dans son rapport courageux, le COI souligne entre les lignes que si l’on veut répondre aux besoins de sobriété, de transports du quotidien, alors il faut en finir avec cette logique bien française de courir après les grands projets. Les fonds disponibles vont principalement au métro du Grand Paris et aux transports collectifs d’Ile-de-France.

    VRT : La route est moins bien servie.
    Y.C : C’est sûr, on ne lit pas un soutien particulier à la route. Des passages du rapport expriment clairement qu’il faut arrêter de vouloir construire des deux fois-deux voies. L’heure n’est pas à la générosité mais, le plus intéressant, c’est la volonté du COI de revoir les modèles économiques de financement des transports : celui des transports collectifs comme celui des concessions autoroutières. Même si, pour les concessions, la réflexion ne me semble pas assez poussée.

    VRT : Comment ça ?
    Y.C :
    Le COI réfléchit à périmètre constant. Que dit le rapport ? Soit on renouvelle les concessions en réduisant leur taille et leur durée pour ne plus se faire avoir. Et c’est en gros ce que va pointer l‘Autorité de régulation des transports dans son prochain rapport quinquennal sur les concessions d’autoroutes qui doit être publié fin janvier. Soit on crée une société d’Etat pour les gérer. De mon point de vue, la fin des concessions autoroutières doit être l’occasion de repenser la tarification du réseau routier, au-delà des 10 000 kilomètres d’autoroutes concédées. C’est la tarification des 25 000 kilomètres de réseau routier à gros trafic qu’il faut repenser entièrement, dans la logique de l’Eurovignette. Plutôt que de se polariser uniquement sur le réseau autoroutier concédé.

    Propos recueillis par Nathalie Arensonas

    La mobilité, un bien commun

    Dans son étude « Engagements climatiques et mobilités : à la recherche du bien commun », rédigée pour le laboratoire d’idées TDIE (transports, développement intermodalité, environnement) et présentée mi-janvier à la presse, Yves Crozet décortique le concept de « rendement décroissant » des grands projets d’infrastructures de transport. L’économiste spécialiste des transports constate qu’au cours des quinze dernières années, et malgré les nouvelles lignes ferroviaires à grande vitesse (LGV Est, Sud-Europe Atlantique, Bretagne-Pays-de-la-Loire, Méditerranée), la part du train a très peu progressé – elle est passée de 10 à 11% des déplacements en France, et a cédé deux points pour le fret, reculant de 10 à 8%. En ligne avec ses voisins européens, puisque le réseau de LGV a triplé en Europe, alors que le trafic a seulement doublé.
    Yves Crozet qui préside aussi l’Union routière de France, un autre think tank, défend la mobilité sur route, qui représente entre 75% et 85% des usages. Sans se focaliser sur la voiture électrique car, compte tenu de son prix, le renouvellement du parc automobile sera encore modeste à l’horizon 2030, selon lui. Avec cette étude, TDIE, commanditaire de l’étude, s’interroge sur l’avenir du droit à la mobilité dans le contexte du changement climatique, des impératifs de décarbonation des transports et de sobriété. Ce droit à la mobilité instaurée il y a 40 ans par la loi d’orientation sur les transports intérieurs (Loti) et rappelé avec force en 2019 par Elisabeth Borne, alors ministre des Transports, dans sa loi d’orientation des mobilités (LOM). Le mouvement des gilets jaunes contre le projet de taxe sur les carburants a montré combien la taxation de la route est un sujet explosif, l’entrée en vigueur à tâtons des zones à faible émissions le rappelle aujourd’hui. Pour Yves Crozet, qui fait partie du conseil scientifique de TDIE, les mobilités doivent aujourd’hui être pensées par les citoyens et les politiques comme un bien commun qu’il faut préserver, économiser. Et payer plus ? La mobilité ne peut plus être considérée comme un droit individuel et sans limites : « L’ambition des engagements climatiques est telle que la valeur mobilité doit désormais s’inscrire dans une nouvelle logique : celle du bien commun qui donne la priorité à l’intérêt général sur les intérêts particuliers », s’attache à souligner le rapport de TDIE.
    N.A

    Lire la note en détail : « Engagements climatiques et mobilités : à la recherche du bien commun »

  • Jean-Pierre Farandou prend la présidence de Fer de France

    Jean-Pierre Farandou prend la présidence de Fer de France

    Jean-Pierre Farandou a été élu pour trois ans à la tête de Fer de France, l’association qui fédère les acteurs de la filière (autorités organisatrices, gestionnaires d’infrastructures, industriels, opérateurs et sociétés d’ingénierie). Le PDG de la SNCF succède à ce poste à Jacques Gounon, le président de Getlink.

  • Un lobbying européen pour relancer le rail entre la France et l’Allemagne

    Un lobbying européen pour relancer le rail entre la France et l’Allemagne

    Les élus français et allemands de dix mairies et collectivités territoriales du Rhin supérieur ont présenté le 19 janvier un manifeste en faveur du transport ferroviaire à l’échelle transfrontalière. Ce groupe de lobbying, dans lequel figurent notamment les maires de Strasbourg, Colmar, Fribourg et Karlsruhe, entend faire pression sur les gouvernements nationaux, sur les institutions européennes et les opérateurs ferroviaires pour « intensifier les dessertes entre les villes du Rhin supérieur« , « créer des itinéraires continus entre les grandes villes » tels que Paris-Berlin ou Luxembourg-Barcelone et « créer de véritables itinéraires transcontinentaux« , captés par le transport aérien. « Les opérateurs ferroviaires ne doivent plus décider à la place des instances démocratiques que nous sommes« , plaide la maire écologiste de Strasbourg Jeanne Barseghian.

    Dans leur manifeste de deux pages, transmis dès cette semaine au ministre des Transports Clément Beaune, les élus déplorent « la persistance d’effets frontières » entre la France et l’Allemagne en matière d’offres, de tarifs et d’itinéraires. Ils pointent des « ruptures de correspondance anachroniques et dissuasives » et demandent « des moyens financiers appropriés et des procédures accélérées » pour créer un seul chemin de fer européen, « à l’instar de ce qui a été mis en place voilà deux siècles avec la Commission centrale pour la navigation du Rhin », qui siège à Strasbourg.

    Le manifeste constitue aussi un appel à l’accélération des chantiers ferroviaires en projet entre la France et l’Allemagne. Martin Horn, maire de Fribourg observe « des dizaines de milliers d’automobilistes« , qui franchissent chaque jour les ponts entre Fribourg et Colmar et se déclare persuadé du potentiel d’une desserte ferroviaire. « La réouverture de cette ligne et la reconstruction du franchissement du Rhin sont des sujets émotionnels pour toute notre région, depuis la destruction de l’infrastructure en 1945« , rappelle l’élu. Plus au nord, le maire de Karlsruhe Frank Mentrup milite pour la réouverture de la ligne vers Haguenau et Sarrebruck. En Alsace, les élus demandent la modernisation et l’électrification de la ligne régionale Strasbourg-Lauterbourg, également prolongée vers Karlsruhe.

    Olivier Mirguet

  • Le projet Spacetrain finit devant la justice 

    Le projet Spacetrain finit devant la justice 

     C’est un projet futuriste de transport qui a mal fini. Les dirigeants de Spacetrain ont été condamnés le 12 janvier par le tribunal correctionnel d’Orléans : le patron de l’entreprise, à un an de prison avec sursis et l’interdiction de gérer toute entreprise pendant cinq ans, et, le directeur technique, à trois ans de prison ferme. Ils étaient accusés d’avoir détourné 257 000 euros de chômage partiel pendant la crise sanitaire en 2020. L’entreprise devra rembourser à l’État les sommes détournées et payer 30 000  euros d’amende.
    Retour en arrière : en 2017, une start-up spécialisée dans la recherche et développement de systèmes robotiques autonomes pour les industries aéronautiques (la société Jacques Vaucanson), annonce pouvoir créer un train ultra-rapide capable d’effectuer le trajet Paris – Orléans en 15 minutes. Ce train, allant à des vitesse de 500 à 700 km/h, roulerait dans un tube basse pression, sur un coussin d’air pour réduire le frottement. Des caractéristiques proches d’Hyperloop pour le tube, un autre projet de transport inspiré par Elon Musk, le “père“ des voitures électriques Tesla, et nouveau propriétaire du réseau social Twitter. Spacetrain s’inspire aussi du projet de l’Aérotrain, imaginé par l’ingénieur Jean Bertin. Salué pour son avance technologique, l’Aérotrain a atteint le stade du prototype mais n’a pas été plus loin. Ses partisans ont regretté un manque de soutien de l’État qui avait préféré investir dans le développement du TGV.
    Pour tester son futur prototype Spacetrain veut réutiliser une partie de l’infrastructure de 18 km que l’Aérotrain avait construit en 1969 pour éprouver son propre concept. La voie en béton, en forme de T renversé, existe encore entre Saran et Ruan, même si elle est abandonnée depuis 1974 et désormais discontinue. Pour se rapprocher de “sa“ future voie d’essai l’entreprise conceptrice du Spacetrain va s’installer à Cercottes. Florent Montillot, actuel adjoint au maire d’Orléans, avait même créé une association de soutien à ce projet en 2018. Mais l’État, propriétaire de l’ancienne voie de l’Aérotrain, refuse en 2020 de la concéder, la loi l’obligeant à lancer un appel d’offres pour cela. L’état de l’infrastructure vieillissante aurait sans doute interdit une utilisation… De son côté, le préfet du Loiret, met en doute « la solidité financière de l’entreprise », alors qu’un an auparavant, en février 2019, il avait émis un avis positif au projet. Faute de pouvoir lancer les essais, l’entreprise périclite, après avoir tenté une reconversion dans les masques pendant la crise sanitaire. Elle est également expulsée de son entrepôt de Cercottes faute d’avoir payé le loyer, avant de se faire rattraper par la justice…
    Yann Goubin
  • Bruxelles enquête sur de possibles aides illicites attribuées à Fret SNCF

    Bruxelles enquête sur de possibles aides illicites attribuées à Fret SNCF

    Coup dur pour Fret SNCF! La Commission européenne a annoncé le 18 janvier avoir ouvert « une enquête approfondie » concernant des aides d’Etat à la filiale fret de la SNCF, afin de déterminer si ce soutien, apporté dans le passé, n’est pas illicite.

    Plus précisément, Bruxelles « craint« , à ce stade et après un examen préliminaire, que « certaines mesures en faveur de Fret SNCF, octroyées pendant la période 2007-2019, ne soient pas conformes aux règles de l’UE en matière d’aides d’État ». La Commission rappelle que pendant cette période, Fret SNCF a été constamment déficitaire et que ses pertes ont été « continuellement couvertes par sa société mère SNCF au moyen des avances de trésorerie intra-groupe, qui constituent des ressources publiques en raison de l’actionnariat et du contrôle étatiques » .

    Elle estime à 5,3 milliards d’euros ces avances de trésorerie effectuées de 2007 à janvier 2020 par le groupe SNCF au profit de Fret SNCF ainsi que lannulation de la dette financière de Fret SNCF. Auxquels elle ajoute l’injection de capital de 170 millions d’euros effectuée à l’occasion de sa transformation en société anonyme (SAS) en janvier 2020.

    Des risques importants

    Réagissant, la CGT-Cheminots craint que cette procédure « scandaleuse » conduise à terme à « réattribuer cette dette de 5,2 milliards dans les comptes de Fret SNCF et l’oblige à céder une partie importante des contrats de fret actuels aux opérateurs privés« . Le syndicat rappelle qu’en 2018, la loi avait instauré la création de la société anonyme et que sa dette avait été logée dans la holding SNCF (SA SNCF). Repartie sur ces nouvelles bases, Fret SNCF ne devait désormais plus compter sur sa maison-mère pour éponger ses pertes. Comme n’importe quelle société commerciale. L’enquête européenne fait aujourd’hui peser un risque très lourd sur l’avenir de cette l’entreprise, estime le syndicat. De son côté, la CFDT Cheminots pointe un risque de liquidation de la SAS. Cela impliquerait que la Commission demande à Fret SNCF de reprendre cette dette.

    Une entreprise redevenue viable

    Ce scénario catastrophe n’est pas écrit. La Commission pourrait-elle prendre le risque de faire disparaître une entreprise qui emploie 5000 personnes et dessert 200 clients grâce à 800 sites répartis sur tout le territoire avec un mode réputé vertueux sur le plan environnemental, remplaçant un million de camions sur les routes, ce qui évite les rejets dans l’atmosphère de 770 000 tonnes de CO2? Une entreprise de surcroît redevenue viable : elle est repassée dans le vert en 2021 et devrait l’être encore en 2022, à peu près dans les mêmes proportions malgré un contexte compliqué avec la guerre en Ukraine et la flambée des prix de l’énergie.

    La Commission pourrait aussi, autre option, demander une nouvelle transformation de Fret SNCF, suffisamment importante pour que la société ne soit plus redevable des 5 milliards. Ou bien lui demander de remettre des contrats sur le marché, comme le soulignent les syndicats.

    Un choix délibéré

    Si c’est aujourd’hui un coup dur pour l’entreprise, ce n’est toutefois pas une surprise. En décidant de cantonner la dette de Fret SNCF dans la holding de tête, le groupe ferroviaire et le gouvernement savaient qu’ils prenaient un risque, se plaçant une épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Bruxelles a ouvert le dossier en 2018. La crise Covid a fait gagner du temps à la France, et depuis, la crise climatique met en évidence la nécessité de développer les modes de transport les plus vertueux.

    C’est d’ailleurs la ligne de défense adoptée par le gouvernement, qui a indiqué dans un communiqué, prendre « prend acte de l’ouverture de la procédure » sur ces aides « remontant à plusieurs années, avant la création de la filiale Fret SNCF en 2020 dans le cadre de la réforme ferroviaire« . Assurant vouloir coopérer, il se dit « confiant dans la volonté mutuelle de garantir l’avenir du développement du fret ferroviaire » et rappelle que  » l’État a accompagné la poursuite de la transition d’un acteur clé dans la réponse à l’urgence climatique et au développement d’une solution de transport décarbonée« . Reste à savoir dans quelle mesure l’argument de la lutte contre le changement climatique et le green deal affiché à Bruxelles joueront dans cette enquête qui devrait s’étaler sur plusieurs mois.

    Il y a tout juste un an, la Commission avait annoncé lancer une enquête sur des aides de l’opérateur ferroviaire public allemand Deutsche Bahn (DB AG) à sa filiale de fret DB Cargo, un acteur majeur en Europe. Elle avait également précisé craindre que « certaines mesures en faveur de DB Cargo ne soient pas conformes aux règles de l’UE en matière d’aides d’État« .

    L’enquête approfondie devait concerner notamment « un accord de transfert à durée indéterminée » des résultats financiers par lequel Deutsche Bahn couvre les pertes de DB Cargo depuis 2012. Et porter aussi sur la fourniture par la maison mère de services et de prêts « à des conditions potentiellement favorables« , ainsi que sur la couverture partielle par un fonds public allemand de la rémunération de certains salariés de DB Cargo. On attend toujours de connaître le verdict.

    Marie-Hélène Poingt

     

     

  • Le ministre des Transports souhaite une « conférence nationale des transports »

    Le ministre des Transports souhaite une « conférence nationale des transports »

    Intervenant le 18 janvier à l’occasion des vœux du Gart (Groupement des autorités responsables de transport), Clément Beaune a proposé de mettre sur pied une « sorte de conférence nationale des transports » afin que les différentes autorités politiques chargées des questions transports puissent se réunir et discuter, « pour diffuser les bonnes pratiques, ou pour se voir tout simplement« .

    Le ministre délégué chargé des Transports, qui s’inspire du système allemand, souhaite lancer cette nouvelle instance d’ici la fin du trimestre. « Les Etats fédéraux ont l’habitude de travailler ensemble. En France, la compétence transport est très décentralisée, entre les régions qui s’occupent des TER, les AOM qui gèrent les transports urbains… Et il n’y a pas de lieu pour se réunir et discuter« , souligne-t-on dans son entourage. Les régions, le Gart ou encore les associations d’élus France Urbaine et Intercommunalités de France devraient être approchées prochainement pour participer à la création de cette instance.

    Billet unique national

    Parmi les sujets qui pourraient être abordés, Clément Beaune défend l’idée d’un billet de transport unique, valable sur tout le territoire français. Ce n’est pas une mince affaire, ni sur le plan technique, ni sur le plan financier. Ses services lui ont indiqué qu’il faudrait huit à dix ans pour le lancer, raconte-t-il. Avec cette instance, qu’il veut « informelle« , il espère accélérer. le mouvement…

    Il donne déjà rendez-vous début février, lors d’un forum organisé par l’Agence pour l’innovation qui portera notamment sur ce thème. Le Gart y sera, répond Louis Nègre, son président, en regrettant toutefois le silence du ministre sur la nécessité d’un financement « fléché, stable et pérenne » pour les transports publics.

    Le Gart, qui souhaite la révision « en profondeur » du modèle de financement, a demandé à son conseil scientifique de travailler sur la question. Les conclusions définitives seront dévoilées lors des RNTP (Rencontres nationales du transport public) qui se tiendront du 17 au 19 octobre à Clermont-Ferrand. D’ici là, Ile-de-France Mobilités aura aussi réfléchi à la question, ayant programmé le 23 janvier « les Assises du financement des transports franciliens pour la période 2024-2030 ».

    Marie-Hélène Poingt

  • Commande record de locomotives pour Siemens en Inde

    Commande record de locomotives pour Siemens en Inde

    C’est la plus grande commande de locomotive jamais reçue par Siemens Mobility et le contrat le plus important signé par la filiale indienne du groupe allemand. Conclu avec les Indian Railways, ce marché record de 3 milliards d’euros « hors taxes ni modifications des prix » porte sur la livraison, les essais et la mise en service, sur une période de 11 ans, de 1 200 locomotives électriques destinées à la remorque de trains de fret. Le contrat comprend aussi la maintenance de ces machines « de 9 000 ch» (6,6 MW) pendant 35 ans.

    Le montage de ces locomotives devra avoir lieu aux ateliers Indian Railways de Dahod (État du Gujarat), en coopération avec les agents de l’entreprise ferroviaire, alors que la maintenance sera effectuée dans quatre dépôts Indian Railways (Visakhapatnam, Raipur, Kharagpur et Pune). Les chaînes de traction seront quant à elles produites en Inde par Siemens Mobility, qui mettra en œuvre sa plateforme Railigent pour garantir la fiabilité et la disponibilité des locomotives.

    Cette commande de locomotives de grande puissance, qui pourront remorquer des trains de fret de 4 500 t à 120 km/h maximum, s’inscrit dans la stratégie d’électrification à 100 % du réseau ferré indien, dans une perspective de faire passer la part modale du rail de 27 % à une fourchette de 40 à 45 % du volume de marchandises transportées dans le pays.

    P. L.