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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

Des résultats semestriels « encourageants » pour la SNCF
Encourageant. C’est, en résumé, le commentaire de la SNCF qui a présenté le 28 juillet ses résultats des six premiers mois de l’année. Le chiffre d’affaires, qui atteint 20,3 milliards d’euros, représente une progression de 27 % par rapport à la même période de l’année dernière (et de + 14 % comparé à 2019, année de référence puisqu’avant la pandémie).
La profitabilité est également à la hausse : + 3 % par rapport au premier semestre 2019. D’où un résultat net positif à 900 millions d’euros. D’où également la perspective, pour le groupe, de tenir ses engagements financiers pris lors de la réforme ferroviaire de 2018 d’arriver à un cash flow libre positif à la fin 2022.
Ces résultats confirment la stratégie engagée, « basée sur la diversité du portefeuille d’activités », note la direction. Plus précisément, le début de l’année a été marquée par la bonne performance de Keolis, puis, à partir de mars, par la reprise très rapide de l’activité TGV (+ 30 % par rapport au premier semestre 2021, + 15 % par rapport à 2019). « A chaque fois que nous sortions d’une période de restrictions due au Covid, nous allions chercher des clients », note-t-on à la SNCF.
Geodis, qui a poursuivi son développement à l’international, apporte aussi une forte contribution au chiffre d’affaires du groupe. Enfin, la SNCF a poursuivi sa politique d’économies : 360 millions d’euros au cours du premier semestre.
« La situation financière de l’entreprise est assainie », souligne la SNCF. Si le groupe se montre « raisonnablement confiant » pour le reste de l’année (l’été devrait être particulièrement réussi pour la SNCF), la prudence est de mise pour la suite, compte tenu du contexte géo-politique marqué par la hausse des prix de l’énergie et par l’inflation. « Est-ce que les clients auront toujours les moyens de voyager ? », s’interroge-t-on.
Pour le moment, l’entreprise, qui a levé de nombreux emprunts obligataires à taux fixe, s’estime couverte pour faire face à la hausse des taux d’intérêt. Elle a également anticipé ses achats d’électricité, ce qui lui permet de sécuriser 90 % de sa facture cette année et une large part l’année 2023. Enfin, elle s’apprête à vendre sa filiale Akiem, un actif jugé non stratégique et bien valorisé aujourd’hui. Si la vente aboutit, elle devrait se retrouver dans les comptes 2022 et accroître très sensiblement le bénéfice de la SNCF, comme cela avait le cas l’année dernière avec la vente d’Ermewa.
M.-H. P.

Comment la Société du Grand Paris gère les déblais de ses chantiers
47 millions de tonnes de déchets sortiront d’ici 2030 des chantiers du Grand Paris Express. La question des déblais est un sujet sérieux pour les promoteurs du futur métro qui doit entourer Paris dans quelques années sur 200 km (avec 68 gares). Un peu moins de six ans après le début de travaux Grand Paris Express en juin 2016, sur la ligne 15, 24, 7 millions de tonnes exactement avaient été extraits, fin mars 2022, des différents chantiers disséminés en Île-de-France.La Société du Grand Paris (SGP), s’est fixée comme objectif de transporter au moins 15 % de ces déblais grâce à des modes alternatifs à la route, permettant d’éviter 280 000 camions sur les routes. « On est à 16,2 %, dont 14,2 % par le fluvial » , précise Bernard Cathelain, membre du directoire de la SGP.Compliqué pour le ferroviaire« Le ferroviaire, c’est plus compliqué. En Ile-de-France, les sillons sont surtout utilisés par le trafic voyageurs. Très peu sont disponibles pour le fret ».La SGP a tout de même expédié 1,5 % des déblais par le fer, notamment grâce à une plateforme ferroviaire proche du chantier de la gare de Bry-Villiers-Champigny, d’où sont parties 370 000 tonnes venant des tunneliers Abby et Malala. Les trafics multimodaux, incluant une partie du trajet par la route, ne sont pas pris en compte dans le calcul des transports alternatifs. C’est le cas de l’activité de la plateforme de transit installée sur le port de Bonneuil-sur-Marne après la signature en 2018 d’une convention entre la SGP, Haropa – Ports de Paris, la Ville de Paris, Voies navigables de France et l’État. Certes, les 2,3 millions de tonnes déjà triées sur place sont arrivées et reparties par la route, en provenance notamment des terrassements et des tunneliers de la Ligne 15 Sud (lot T2B) entre Bry-Villiers- Champigny et Créteil l’Échat. Mais une partie a tout de même pu emprunter la voie fluviale sans être comptabilisée dans les transports alternatifs.Motorisations alternativesEn revanche, trois plateformes fluviales ont été installées à proximité immédiate des sites d’excavation. À Aubervilliers, près du site Canal Saint-Denis (456 645 tonnes de déblais issues du tunnelier Sarah sur la ligne 16) ; à Vitry-sur-Seine à proximité du site Les Ardoines (943 182 tonnes de déblais extraits par les trois tunneliers Aby, Marina et Dieneba de la ligne 15 sud), et à Sèvres sur le site Ile de Monsieur – Pont de Sèvres (399 999 tonnes de déblais du tunnelier Laurence (ligne 15 sud). Deux autres plateformes purement fluviales ont été identifiés pour expédier les futurs déblais de la ligne 15 : à Bondy, sur le site Canal de l’Ourcq – Pont de Bondy (15 Est) et à Gennevilliers sur le site Les Grésillons (15 Ouest).Malgré tout, les camions règnent encore en maîtres pour les expéditions. Le groupe Effiage qui a remporté de nombreux marchés du Grand Paris Express, a testé l’utilisation de camions roulant au gaz. « Nous avons 30 camions qui roulent actuellement, développés avec Scania et Volvo. Cela permet une baisse de 20 % d’émissions de gaz à effet de serre », détaille Pascal Hamet, directeur de projet lot 16.1 pour Eiffage. « On poursuit les tests avec des camions électriques. Mais ils ont un temps de circulation plus court, puisqu’ils sont immobilisés 12 h environ par jour pour la charge. Un camion thermique peut pratiquement tourner 24 h sur 24 ». Et l’hydrogène ? « On le teste aussi mais, le problème, c’est que les camions sont très secoués dans les chantiers. Et pour l’instant, ce n’est pas concluant », regrette Pascal Hamet.Yann Goubin
Deux nouveaux directeurs d’Axes à la SNCF
Franck Dubourdieu et Benjamin Huteau ont été nommés respectivement directeur de l’Axe TGV Atlantique et directeur de l’Axe TGV Sud Est.
Le premier, qui était depuis 2018 directeur commercial, marketing et services de l’Axe TGV Atlantique, remplace Agnès Ogier. Agé de 52 ans et diplômé de l’Institut commercial de Nancy, il avait rejoint le groupe SNCF en 2000 comme responsable de la desserte de TGV Paris-Lyon.
De son côté, Benjamin Huteau va succéder fin août à Jean Rouche qui part à la retraite. Ce polytechnicien et ingénieur des mines de 39 ans a commencé sa carrière dans l’administration avant de rejoindre la société d’ingénierie Systra. Il était depuis 3 ans directeur des opérations industrielles de TGV.
Premières marches à blanc des rames automatiques sur la ligne 4
La RATP a commencé les marches à blanc pour le matériel automatique sur la ligne 4 du métro. Depuis le 13 juillet, deux rames MP14 CA à 6 voitures circulent sur la ligne, marquant l’arrêt à chaque station, sans toutefois prendre de voyageurs. Ces marches sont introduites dans les circulations commerciales, mais de façon aléatoire, sans horaire précis.Ce matériel sera progressivement intégré sur la ligne, jusqu’à la fin de l’année 2023.
Des véhicules rail-route pour les petites lignes
C’est sur les rails. Dans deux ans, deux lignes de desserte fine du territoire, où ne circulent plus de trains, pourraient renaître grâce à des véhicules automatisés électriques. Dans un second temps, entre 2024 et 2030, ce sont près de 90 lignes qui pourraient être exploitées avec un nouveau système baptisé Flexy. « C’est de cet ordre-là, puisque le réseau ferré national compte 5700 kilomètres de voies non “circulées”. Cela dépendra aussi de l’adhésion des collectivités locales et des régions », explique David Borot, le directeur des Programmes d’innovation Mobilités émergentes SNCF et directeur de Tech4Mobility, qui travaille sur plusieurs expérimentations concernant des transports ferrés et/ou autonomes (Train léger innovant, Draisy, etc.).
Un consortium pour le projet
Le projet Flexy consiste à faire circuler des véhicules électriques automatisés sur les rails, mais aussi sur les routes pour rejoindre par exemple un village proche de la voie. C’est également un mode d’exploitation avec des plateformes d’enraillement aux passages à niveau et des zones de croisement permettant de réutiliser des voies qui n’ont pas été empruntées par des trains depuis des années.Pour réunir toutes les compétences nécessaires, la SNCF a créé un consortium qui rassemble notamment Milla pour les mobiles et Railenium pour l’interface homme-machine. « Notre objectif, c’est de proposer des solutions de transport local aux collectivités, aux départements, aux régions, en utilisant au maximum la voie ferrée qui propose très souvent le meilleur tracé pour relier deux villes, et le plus sûr en termes de sécurité », explique David Borot. « La facture est de 40 à 50 % moins élevée que pour un TER, en termes de coût voyageur-kilomètre. »9 places dans le « Flexy »Les territoires ruraux desservis par ces lignes (correspondant à des voies classées UIC 7 à 9) sont en effet très peu peuplés. « Flexy est destiné à des lignes de 10, 15, 20, voire 30 km, dans des territoires qui ont un potentiel de moins de 500 voyageurs par jour », poursuit le responsable SNCF. Envisager une remise à niveau des voies coûterait trop cher. D’autant plus que la fermeture de ces lignes au trafic voyageurs ou fret remonte souvent à plusieurs années, et qu’il s’agit en très grande partie de voies uniques dont l’exploitation interdit les croisements, sauf aménagements en ligne ou dans les gares quand elles existent encore. « Le plus petit des matériels TER, c’est le X73500 qui peut transporter 90 personnes minimum. Les mobiles Flexy de Milla, eux, offriront neuf places. Nous cherchons à proposer un transport adapté à la demande, mais avec des coûts moins élevés », rappelle David Borot.Conçus pour être autonomes, les mobiles Milla seront dans un premier temps seulement automatisés, même s’ils posséderont les mêmes caractéristiques que la version autonome. Les conducteurs recevront des informations leur permettant de stationner sur les plateformes de croisement ou quitter la voie ferrée pour reprendre la route. « C’est la seule possibilité pour être prêt en 2024. On ne pouvait pas attendre la mise en place d’un cadre législatif bien défini. Mais les mobiles sont conçus pour être autonomes, et il ne sera pas nécessaire de les changer lorsque la loi et la technologie permettront aux véhicules autonomes de rouler sur les routes ».Une roue à mettre au pointLa SNCF, qui souhaitait un système simple permettant aux modules de circuler sur rail comme sur route, a fait appel à Michelin, un autre membre du consortium Flexy. « Nous avons d’abord pensé à une roue qui fonctionnerait sur les rails comme sur la route. Mais Michelin nous a expliqué que cela demanderait trois à quatre ans de R&D et autant d’homologation, non seulement française, mais européenne », raconte-t-on côté SNCF. Une solution plus simple a été décidée : un pneu accolé à une roue de chemin de fer, d’un diamètre légèrement plus petit pour ne pas gêner le roulement ni sur la route, ni les rails. A Michelin maintenant de la mettre au point.Yann Goubin
Des véhicules rail-route conçus par Milla
Avant d’être choisis par la SNCF, les Milla Pod ont déjà tracé leur chemin sur la route. L’entreprise Milla exploite en effet des navettes autonomes sur routes ouvertes, c’est-à-dire que les navettes se mêlent à la circulation urbaine. « Nous avons plusieurs expérimentations en cours, comme à À Vélizy-Villacoublay depuis 2019, à Carroz, à côté de Nice, depuis 2021, à Saint-Rémy-lès-Chevreuse avec la RATP depuis l’été dernier », explique Frédéric Mathis, le président de Milla Group. Ces navettes du « dernier kilomètre » permettent de desservir des quartiers sans transports en commun. L’entreprise vise surtout les zones périurbaines, voire rurales. Elle vient de lancer un service de transport à la demande dans un territoire à côté de Châteauroux, la communauté de communes du Coeur de Brenne (5000 habitants), pour relier quelques-unes des communes du territoire vers les commerces ou les services.
La SNCF explique son choix par les performances des véhicules. « Les mobiles Milla peuvent atteindre une vitesse de 60 km, ce qui suffisant pour les dessertes auxquelles il sont destinés, compte tenu des lignes, à parcourir entre 10 et 30 km », commente David Borot. « Ils présentent aussi l’avantage de ne pas nécessiter d’homologations supplémentaires, ce qui prendrait du temps et alourdirait les coûts. On a toujours en tête l’idée d’un transport frugal ».
Avec moins de 1,5 tonne – celui qui circule actuellement sur route affiche 1250 kg mais la version rail-route sera plus lourde –, les Milla Pod, comme les appellent leurs concepteurs, n’ont rien à voir avec les masses en jeu dans le ferroviaire. Si bien que, même si elles n’ont plus bénéficié d’un entretien depuis quelques années, ou si elles subissent des limitations temporaires de vitesse, les voies ferrées pourront tout de même être empruntées par les Milla Pod, sans nécessiter de RVB qu’exigerait un train. « Avec Flexy, on veut diviser par deux le coût d’entretien des voies », assure David Borot.
Y. G

Les travaux de l’interconnexion TGV sud commencent à l’ouest
C’était un véritable serpent de mer depuis plus de 20 ans : l’aménagement de la ligne Massy-Valenton, partagée en RER C et TGV inter-secteurs, La partie Est (Orly- Villeneuve-le-Roi) a toutefois déjà été mise en service en 2021, mais cela ne s’est pas fait sans mal (3 ans d’arrêt du chantier après l’incendie des Ardoines)
La partie ouest faisait l’objet d’une forte opposition de certains riverains et de la municipalité d’Antony. La suppression du passage à niveau de Fontaine-Michalon a été financée et les travaux se sont achevés récemment.
Restaient donc les travaux ferroviaires proprement dits, notamment pour supprimer la voie unique à la sortie de Massy TGV.
SNCF Réseau ayant bouclé le financement de la première phase du chantier, la phase préparatoire aux travaux de la ligne Massy-Valenton ouest a pu commencer le 6 juin. Les travaux doivent permettre de fluidifier l’insertion des TGV Province-Province – contournant Paris – sur les voies du RER C.Plus précisément, il s’agit de créer une voie qui passera sous les voies du RER C pour permettre au TGV de rejoindre la voie du RER au nord, sans cisaillement. Il faudra pour cela, creuser un second ouvrage sous les voies du RER C, déplacer les voies du RER B dans ce nouveau tunnel, et réutiliser l’ouvrage sous voies du RER B pour faire passer les TGV intersecteurs, dans le sens province ouest vers province nord, est et sud-est.Une attention particulière devrait être portée au futur chantier de l’insertion des TGV, qui va se dérouler en plusieurs phases. D’abord, l’aménagement, cette année, d’un terrain SNCF jouxtant les voies. C’est là que seront construits, sans gêner les circulations, les passages sous voies en béton, qui seront ripés à leur emplacement définitif, au cours d’une “opération coup de poing“.Du 15 au 21 juillet 2023, le talus sur lequel reposent les voies du RER C sera creusé pour installer à la place les caissons préfabriqués. Cette étape devrait être achevée e en septembre 2023. SNCF Réseau profitera aussi de l’été 2023 pour riper les voies du RER C entre le 24 juillet et le 20 août. L’année suivante, en 2024, la future plateforme du RER B sera aménagée entre mars et juillet. Et le transfert des circulations aura lieu en août 2025.Pourra alors commencer l’aménagement du raccordement de la LGV qui va se poursuivre jusqu’en 2028. Entre-temps, la construction d’écrans acoustiques aura été réalisée. Il y aura tantôt des remblais, tantôt des murs, en fonction des lieux et des nuisances émises. Les recours des riverains et de la commune, ont permis ces aménagements de protections phoniques, non seulement pour se protéger les chantiers mais également des circulations de TGV.Une fois terminé, l’ensemble du projet, partie est et ouest, devrait permettre de gagner 22 sillons supplémentaires sur une trame horaire ERTMS, soit 2 à 3 TGV par heure et par sens, l’équivalent de 52 à 74 TGV par jour. « Pour l’année 2022, 34 TGV par jour dans les deux sens », annonce SNCF Réseau. Pour les RER C, le gain devrait être de 2 à 4 RER C par heure et par sens. « Mais la SNCF prévient qu’elle ne pourra pas atteindre une fréquence au quart d’heure, à cause des infrastructures limitées à la gare de Massy qui n’est équipée que de deux quais», précise la Fnaut.L’aménagement de la partie ouest du raccordement TGV est chiffré à 130 millions d’euros selon Marc Pélissier. Or, « l’ensemble du barreau entre Massy et Valenton, avait été chiffré à 100 millions, il y a une dizaine d’années ». Depuis, le projet a été phasé en deux parties. Et la suppression du passage à niveau de Fontaine-Michalon a été financée à part. Quant à l’ensemble Massy – Valenton, il devrait coûter 400 millions d’euros annonce la SNCF sur le site du projet.Yann Goubin
Getlink renoue avec les bénéfices et tire profit de ses innovations
« Back to business », a proclamé Jacques Gounon en ouvrant la présentation des résultats du premier semestre 2022 de Getlink, dont il est président du conseil d’administration. Pour autant, ce semestre n’était pas si « normal » : le président de Getlink a rappelé à l’occasion que des contraintes sanitaires étaient encore en vigueur au début de l’année… Bref, ce semestre qui s’achève sur des résultats financiers supérieurs à ceux de la même période en 2019 (EBITDA de 309 millions d’euros, soit 49 millions d’euros de plus) se traduit par un résultat redevenu positif, de 52 millions d’euros. Pour autant, la fréquentation du lien fixe transmanche reste en retrait par rapport à 2019, mais Jacques Gounon assure qu’il y a un « appétit des personnes pour circuler, en particulier les Britanniques ». Ceci alors que l’entreprise ferroviaire du groupe, Europorte, continue à se développer et que l’interconnexion électrique transmanche ElecLink a été mise en service le 25 mai.
Yann Leriche, directeur général de Getlink, précise de quelle manière « les choses reviennent à la normale pour notre groupe », même si l’on se doute qu’une comparaison avec le premier semestre 2021, au cours duquel un troisième confinement est entré en vigueur en France, n’est pas des plus pertinents, en particulier pour le transport de voyageurs. Car si, par rapport à la même période l’an passé, le fret par camion a connu une reprise de 19 %, la croissance du trafic voyageurs est tellement énorme (d’un facteur 3,5 pour les navettes, voire 16 pour Eurostar !) que l’on peut se demander si une telle comparaison a vraiment un sens… S’ajoute une ombre au tableau : le nombre de trains de fret, qui était stable aux premiers semestres des deux années précédentes, a baissé cette année de 13 % (754 trains en six mois).
Reste qu’avec 863 000 passagers dans les navettes Voitures et 3,3 millions sur Eurostar au premier semestre 2022, le trafic voyageurs est indéniablement reparti. Mieux: « nous sortons renforcés de la crise, dont nous avons profité pour innover ou apporter de nouveaux services », ose le DG de Getink, comme « le passage de frontière le plus intelligent du monde ». Avec succès : « plus des deux tiers des clients utilisent nos services digitaux ». Et Yann Leriche de se réjouir que 7 voitures sur 10 traversent aujourd’hui la Manche par Eurotunnel, dont la part de marché est moins importante sur le trafic poids lourds (44 %), mais fait quand même du lien fixe le premier opérateur sur ce marché.
Et « pour mieux connaître nos clients, dont les habitudes de voyage changent », Getlink a conclu un partenariat en marketing et innovation avec Salesforce. Car le contexte est plus instable qu’au cours de la décennie précédente. Non seulement on n’a pas vu une telle inflation depuis longtemps, mais les indices des prix à la consommation varient différemment des deux côtés de la Manche : la hausse est en effet beaucoup plus élevée en Grande-Bretagne (+14 % depuis le premier semestre 2019) qu’en France (+6 %). S’y ajoute la crise énergétique, mais sur ce point, Eurotunnel, qui marche à l’électricité, est mieux loti que les traversées maritimes : « jamais l’écart de prix n’a été aussi faible par rapport aux ferries ».
Avec ElecLink, Getlink se lance dans un troisième métier, après Eurotunel et Europorte, « toujours de gestionnaire d’infrastructure, mais pour transporter des électrons ! ». Le goupe, qui vend la capacité du câble par enchères, constate qu’il y a une différence de coût de l’électricité, que les professionnels appellent « spread », entre la France et la Grande-Bretagne. Et « plus le spread est élevé, plus nous sommes intéressants », explique Yann Leriche.
Dans ce contexte, le DG de Getlink considère que chacune des activités du groupe sont solides. En outre, pour son entreprise ferroviaire Europorte, le train de fret au colza est une réalité, alors que ses locomotives Euro 4000 sont équipées du système européen ETCS pour circuler en Belgique. Pendant ce temps, chez Eurotunnel, la première génération de navettes camions (Breda), qui approche les trente ans d’âge dont près de 28 de service intensif, est progressivement retirée de service. Six navettes doivent être réformées d’ici la fin 2023 (trois l’ont été actuellement), ce qui représente 221 wagons qui doivent être « 100 % recyclés ou valorisés ».
En attendant, Getlink affiche un objectif immédiat : « réaliser un bel été » !
P. L.

« Sur le ferroviaire, le gouvernement n’a pas pris la mesure de la situation », affirme Bernard Roman
A la fin du mois, Bernard Roman quittera l’Autorité de régulation des transports après six années passées à sa tête. L’ancien député socialiste du Nord, aujourd’hui 70 ans, part avec le sentiment du devoir accompli. Sous son mandat, l’ART a accru ses champs d’intervention et est devenue une « référence », un des plus grands régulateurs multimodaux européens, souligne-t-il.
Bernard Roman a livré à Ville, Rail & Transports le bilan qu’il dresse de son mandat. Et de ce qu’il laisse sur la table à son successeur. Plusieurs candidats se sont déjà déclarés. Mais la nomination d’un nouveau président ne devrait pas être effective avant la rentrée, le temps de suivre toute la procédure notamment devant l’Assemblée nationale et le Sénat appelés à donner leur avis.
Ville, Rail & Transports. Quel bilan dressez-vous après six années passées à la tête de l’ART ?
Bernard Roman. Quand j’ai été nommé président de l’Autorité en 2016, cela faisait seulement un an que l’Araf (Autorité de régulation des activités ferroviaires, ndlr) avait été rebaptisée Arafer (Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières, ndlr) suite à la loi Macron du 6 août 2015. Alors que le champ d’intervention de l’Araf était limité au seul secteur ferroviaire, cette loi a élargi les compétences du régulateur aux autocars et aux autoroutes.
A ce moment-là, beaucoup d’observateurs et d’acteurs du monde ferroviaire pensaient que l’ouverture à la concurrence était très lointaine, voire improbable. Aujourd’hui, l’ouverture à la concurrence est actée. Cela ne s’est pas toujours fait sans mal. Il y a eu un travail important mené par l’Autorité pour créer les conditions de l’ouverture à la concurrence et permettre à de nouveaux opérateurs d’arriver sur le marché. Je pense à la séparation comptable et à la mise en place d’un catalogue d’offre de maintenance régulée par l’opérateur historique, sous l’action du régulateur.
Nous avons avancé avec SNCF Réseau pour obtenir une plus grande transparence des conditions d’accès au réseau et aux installations de service. Une démarche d’amélioration de la segmentation des péages plus adaptée au marché a également été réalisée par le gestionnaire de l’infrastructure, même si des efforts restent à faire.
Nous sommes donc arrivés au bout d’un chapitre : l’ouverture à la concurrence est devenue une réalité que nous pouvons d’ailleurs observer sur la liaison Paris-Lyon, sur laquelle Trenitalia propose 5 allers-retours. Je précise que ces allers-retours ont été lancés sans que SNCF Voyageurs ait à renoncer à une seule de ses circulations. C’est donc une offre ferroviaire supplémentaire. Et Transdev a été sélectionné par la région Sud pour exploiter dans quelques années des trains entre Marseille et Nice. L’ouverture à la concurrence est donc le vecteur d’un nouveau souffle pour l’ensemble du système ferroviaire et de ses acteurs.
D’autres secteurs sont également entrés dans le champ d’intervention du régulateur : l’aéroportuaire, la RATP, les données et services numériques de mobilité. Sous mon mandat, l’Arafer est donc devenue un régulateur multimodal.
C’est même aujourd’hui l’un des plus grands régulateurs multimodaux européens. Nous siégeons à l’IRG-Rail, où nous sommes considérés comme un régulateur de référence. En devenant l’ART, l’Autorité contribue chaque jour avec ses plus de 90 collaborateurs à construire une régulation plus performante au service des usagers et de la mobilité.
VRT. Comment abordez-vous l’ouverture à la concurrence côté RATP ?
B.R . La mise en place concrète de la régulation dans le secteur des transports guidés en Ile-de-France a vu le jour en 2021. Il a fallu évaluer la trajectoire de rémunération mise en place par la RATP, en tant que gestionnaire des infrastructures, jusqu’en 2024, sur le réseau de métro et il faudra encore faire ce travail sur le réseau du Grand Paris Express. Nous avons un peu de temps pour les services de transport de métro qui doivent être ouverts à la concurrence fin 2039. Mais pour le Grand Paris Express, c’est imminent, puisque l’ouverture à la concurrence sera une réalité dès le lancement du service. La RATP a dû procéder à la séparation comptable entre les activités d’exploitation de services de transport et les activités de gestion de l’infrastructure. Le travail sur la rémunération de l’activité de gestionnaire d’infrastructure du réseau historique du métro et du RER a été réalisé avec la RATP et IDFM qui est le payeur.
VRT. Comment voyez-vous votre rôle sur les autres secteurs dont l’ART a la charge ?
B.R. Nous veillons au bon fonctionnement des marchés de six secteurs des transports. Il y a souvent des interrogations sur les cars Macron. Nous avons réalisé une étude deux années de suite, qui a montré que les cars Macron ont permis à près de 2 millions de personnes supplémentaires de voyager (sur plus de dix millions de passagers transportés en 2019), ce qu’elles n’auraient pas pu faire sans ce nouveau service. De plus, les cars Macron ont permis d’économiser 15 300 tonnes de CO2, soit l’équivalent de 400 000 trajets Paris-Lille en voiture. Ce sont des chiffres intéressants qui permettent de mieux évaluer ces services de transport.
Dans le domaine aéroportuaire, nous validons les redevances versées par les compagnies aériennes. Dans un contexte marqué par la crise sanitaire, nous avons fait baisser le montant de ces redevances de 43 millions d’euros après 11 saisines. C’est un domaine très judiciarisé et notre intervention est très technico-financière, basée sur l’examen de la réalité des coûts
VRT. Et dans le domaine autoroutier ?
B. R. La loi Macron nous a donné la mission de lutter contre l’asymétrie d’information et de négociation entre l’Etat et les sociétés concessionnaires, en faisant de nous un tiers de confiance. Il nous appartient de valider les modalités de financement de nouveaux investissements à travers les péages payés par les usagers, de contrôler les marchés de travaux et leurs montants, et de veiller à la conformité des procédures d’attribution des contrats passés pour l’exploitation des aires de service, en recherchant, notamment, la modération des prix de vente du carburant pour les usagers. Nous devons aussi évaluer le taux de rentabilité interne des concessions d’autoroutes.
Nous avons publié en 2020 un rapport sur l’économie générale des concessions autoroutières et fait le bilan du contrôle effectué par l’ART sur les avenants. Les effets de l’action du régulateur sont très concrets. Depuis 2016, nous avons permis à la collectivité de réaliser une économie de près de 300 millions d’euros sur les contrats de concession. S’agissant des aires de services, nous avons contribué à faire économiser plus de 200 millions d’euros aux usagers sur la distribution de carburant.
VRT. Avez-vous commencé à intervenir sur les données numériques ?
B. R. Nous en sommes au début. Nous sommes en train de prendre contact avec les fournisseurs et réutilisateurs de données. L’objectif est de permettre à tout citoyen d’avoir accès aux meilleurs itinéraires et aux meilleurs coûts possibles. Ce n’est pas un travail facile en raison de la multitude et surtout la diversité des fournisseurs et réutilisateurs, qui vont de la petite autorité organisatrice des transports à Google.
VRT. De nombreuses voix se sont élevées ces derniers temps pour demander au gouvernement de faire plus pour le ferroviaire. Vous-même, comment jugez-vous la politique actuelle vis-à-vis du ferroviaire ?
B. R. Mon mandat de six ans à la tête de l’ART a renforcé ma conviction : la façon dont on considère la mobilité, les transports et les déplacements dans notre société est essentielle. Sur le ferroviaire, le gouvernement n’a pas pris la mesure de la situation.
Le réseau ferré français est un des réseaux les plus denses d’Europe avec 28 000 km de lignes, mais c’est aussi l’un des moins utilisés et l’un des plus dégradés. A l’heure où la dimension environnementale doit être au cœur de toutes les politiques publiques, ne pas saisir l’occasion de moderniser le transport ferroviaire, et ne pas donner à nos concitoyens les moyens d’avoir plus facilement accès aux services de transport ferroviaire en toute sécurité et dans de bonnes conditions, est une erreur.
C’est pourquoi le contrat de performance Etat-SNCF Réseau n’est pas à la hauteur. Il va dans le sens d’une attrition du réseau. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’avais qualifié ce document de contrat « de contre-performance industrielle ».
Si on se contente, comme cela est prévu dans ce contrat, de 2,8 milliards d’euros chaque année pour régénérer le réseau ferré, on ne pourra plus compter sur 28 000 km de ligne utilisables dans dix ans. Le contrat de performance prévoit 200 000 euros par km de ligne et par an pour l’entretien et le renouvellement de l’infrastructure. L’Allemagne consacre plus de 250 000 euros par km de ligne et par an, le Royaume-Uni près de 400 000 euros. Or, notre réseau est plus dégradé que les autres. Si le contrat de performance n’est pas amendé, il ne permettra pas d’avoir un transport ferroviaire de qualité.
Je suis également étonné que ce contrat ne prévoie pas de moderniser les 2200 postes d’aiguillage dont certains datent des années 30, alors qu’on pourrait passer à la commande centralisée du réseau avec une quinzaine de postes. Au rythme prévu par le contrat de performance, on n’y arrivera pas avant 2040 ou 2050. Je pourrais dire la même chose du système de signalisation ERTMS (permettant d’augmenter les intervalles entre deux trains, et donc la fréquence ndlr). Sur ce sujet de la signalisation, nous venons de formuler 18 recommandations concrètes afin de lever les freins à l’entrée en matière d’accès aux équipements de sécurité embarqués. On ne fait pas du rail un vrai vecteur de déplacement. Le rail ne représente que 10 % de part modale. Et il plafonne à ce niveau depuis dix ans.
Si rien n’est fait, nous pourrions donc ne jamais être au rendez-vous pour tenir les engagements européens de la France.
Pourtant le volontarisme politique donne des résultats comme on a pu le voir il y a quelques années avec la décentralisation des TER : on avait alors réussi à faire passer la part des TER de 7 à 10 % en 5 ans. Je vais insister sur ce point auprès du ministre des Transports avant de partir.
VRT. Quels principes vous ont guidé tout au long de ces six années ?
B. R. Nous prônons un dialogue permanent et contradictoire. C’est sans doute dû à ma vision de juriste. Et cela n’empêche ni la fermeté, ni le respect des règles qui s’imposent.
L’Autorité a acquis une légitimité et une crédibilité auprès de l’ensemble des acteurs du secteur des transports et des pouvoirs publics, notamment grâce à son expertise.
Toutes les décisions de l’ART sont publiques. Nous fonctionnons selon le principe de la transparence. D’ailleurs, lorsque nous publions des rapports, des avis, des décisions, nous aimerions parfois être mieux informés des suites que l’Etat compte donner à ceux-ci.
Enfin, et c’est fondamental, nous sommes indépendants. Notre Autorité ne serait pas reconnue par les acteurs régulés si nous n’affirmions pas en permanence notre indépendance. En six ans, je n’ai jamais été sollicité, ni par l’exécutif ni par les régulés, sur les missions qui sont les nôtres.
VRT. Quels conseils donneriez-vous à votre successeur ?
B. R. Je ne sais pas si je peux lui donner des conseils. Mais il y a une certitude : mon successeur devra cultiver son indépendance. C’est fondamental pour la reconnaissance de la place de l’ART dans le dispositif.
J’ai aussi lancé quelques chantiers qu’il trouvera sur la table. J’ai notamment demandé aux équipes de travailler sur ce que sera le réseau ferré dans dix ans si l’investissement annuel continue d’être de 2,8 milliards d’euros dans la régénération. Combien restera-t-il de km dans dix ans ? Sur combien de km de lignes devra-t-on limiter la vitesse de circulation ? Le rapport devrait être publié à l’hiver prochain car un travail de réactualisation du contrat de performance devrait commencer à ce moment-là pour aboutir en 2024. Nous voulons éclairer le débat. Nous comptons aussi publier, vers la fin 2022 ou au début 2023, un une nouvelle édition du rapport sur l’économie générale des concessions autoroutières dans lequel nous nous interrogerons sur la fin des concessions et sur leur avenir. Quels travaux restera-t-il à lancer ? Qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans les concessions actuelles ? Quelle durée et quelle la taille envisager pour les concessions ? Là encore, nous souhaitons éclairer le débat, sachant que la première concession d’autoroutes s’achèvera en 2031.
VRT. Les chantiers sont encore nombreux…
B. R. Entre 2016 et 2022, nous avons écrit l’acte I de la régulation sectorielle des transports. Alors que l’action de l’Autorité atteint aujourd’hui un haut niveau de maturité dans les grands secteurs de son champ d’intervention que sont le ferroviaire, l’autoroutier et l’aéroportuaire, il reviendra à mon successeur d’écrire l’ « acte II ». Dans le bilan des six années de mon mandat qui sera publié, j’esquisse quelques pistes de réflexions sur ce que pourrait être cet « acte II ».
En particulier, comme nous l’avons indiqué dans l’édition 2022 de l’étude de l’ART sur l’ouverture à la concurrence, le gestionnaire d’infrastructure doit conduire un travail important sur la structure des péages en vue du prochain cycle tarifaire, afin que leur niveau élevé ne compromette pas l’utilisation effective et optimale du réseau. Il semblerait notamment approprié de mettre en place, en ce qui concerne les services conventionnés TER, une tarification binomiale pour l’utilisation du réseau ferroviaire, comprenant une part fixe et une part variable payable à chaque circulation : par rapport à la situation actuelle, cela permettrait de réduire fortement les péages pour les trains supplémentaires que souhaiterait lancer ultérieurement une région.
Au-delà, les gestionnaires d’infrastructures essentielles doivent être plus efficaces et proposer les coûts les plus objectivés possibles. C’est au régulateur qu’il appartiendra de les inciter à être plus performants comme le demandent les textes européens.
Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

En Espagne, le torchon brûle entre Renfe et Talgo autour du train Avril
Rien ne va plus entre Renfe et Talgo. L’opérateur public comptait sur ses rames à grande vitesse S 106 pour son service d’été 2022. Aujourd’hui, il parle de pénalités et d’indemnités à l’égard du constructeur ferroviaire espagnol. Au terme d’un contrat d’un montant de 1,28 milliard d’euros, Talgo doit en effet fournir à Renfe 30 trains à grande vitesse et à forte capacité. Le fabricant l’avait emporté en juillet 2016 sur Alstom, CAF, Hitachi et Siemens, et il a baptisé ce train « Avril » pour (train à) grande vitesse à roue indépendante et léger. La première mise à disposition devait avoir lieu en janvier 2021, rappelle Renfe.
Les essais ont bien commencé (notamment entre Burgos et Valladolid jusqu’à 363 km/h), mais toutes les livraisons ne sont pas encore arrivées. Si bien que la compagnie ne peut avoir à ce jour la totalité de ces éléments dont 15 sont à écartement variable. Fâcheuse péripétie au moment où elle est prête à renouer avec tous ses services estivaux, en particulier pour les jours de grands départs. La Renfe comptait sur les Avril pour offrir plus de places et des dessertes plus rapides sur sa nouvelle ligne entre Madrid et la Galice (La Corogne, Saint-Jacques de Compostelle). Si l’industriel reste muet, le transporteur annonce « calculer de possibles pénalités » au vu des termes du contrat initial. En attendant, il doit bouleverser la ventilation de ses rames sur ses liaisons AVE.
Autre conséquence, les projets de Renfe sur le marché français sont affectés puisque ce sont justement des convois Avril que l’opérateur a prévus pour concourir sur les rails de l’Hexagone.
M. G.

L’Orient-Express bientôt remis sur les rails
Alors que 2023 marquera les 140 ans du lancement de l’Orient-Express, le groupe hôtelier Accor, qui détient désormais la marque « Orient-Express », annonce la remise sur les rails du Nostalgie-Istanbul-Orient-Express en 2024, perpétuant ainsi le mythe du train le plus célèbre du monde qui reliait Paris aux portes de l’Asie.
Accor a confié à l’architecte Maxime d’Angeac la mission de faire renaître la légende du train de luxe en décorant les dix-sept voitures (douze voiture-lits, un restaurant, trois salons et un fourgon) datant des années 1920-1930 et dont certaines ont été retrouvées en Pologne en 2015 par Arthur Mettetal (la SNCF avait chargé celui-ci de faire un inventaire mondial de l’Orient Express). Le design des voitures, qui sera révélé au dernier trimestre 2022, apportera des touches contemporaines au style Art Déco originel. « La renaissance du train sera confiée à des artisans français et à des maisons de luxe françaises. Nous voulons en faire une vitrine du savoir-faire tricolore », explique Guillaume de Saint-Lager, vice-président d’Orient-Express.