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Catégorie : Ferroviaire
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Les nouveaux défis d’Alstom
Un peu plus de 16 mois après l’acquisition de Bombardier Transports par Alstom, Henri Poupart-Lafarge a dressé le 15 juin, devant le Club VRT, un premier bilan de ce qui a déjà été réalisé en termes de synergies et d’homogénéisation de la gamme. Le PDG d’Alstom parie sur les atouts du ferroviaire pour aider à la transition énergétique, même s’il reste encore des défis à relever en termes d’approvisionnement, de recrutement ou de réussites industrielles.
Après l’acquisition de Bombardier Transport, c’est l’heure de l’accélération de la transformation pour Alstom. Et des nouveaux défis. L’acquisition de son concurrent, il y a plus de 16 mois, a fait doubler la taille du groupe. Avec 15,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, il se place sur le marché de la construction ferroviaire derrière le Chinois CCRC (20 milliards d’euros), mais loin devant l’Allemand Siemens, (9 milliards d’euros de chiffre d’affaires).
« Alstom compte 75 000 employés, dont 20 000 ingénieurs, répartis dans 70 pays », détaille son PDG, Henri Poupart-Lafarge. Avec 44 000 collaborateurs, l’Europe reste son principal marché et la France représente le coeur historique de son activité : dans l’Hexagone, Alstom emploie 12 500 salariés, dont 5 000 ingénieurs, répartis sur 17 sites.
« Alstom se développe sur l’ensemble des continents, au plus près de ses clients. Ce qui est unique. Aucun de nos concurrents n’a cette proximité », souligne son dirigeant qui poursuit : « La globalisation doit aller de pair avec une proximité des marchés. Notre concurrent CRRC l’a compris et essaie de s’implanter dans différents pays avec plus ou moins de succès. »
Cette proximité permet au constructeur français de répondre aux demandes des Etats qui imposent un quota de productions locales. Le groupe a ainsi pu vendre un métro conçu à 80 % en Inde, avec des fournisseurs locaux, tout comme il peut répondre aux exigences des Etats-Unis imposant que 95 % d’un train soit produit localement. « En France, nous recourons à des fournisseurs français et la grande majorité des pièces proviennent de fournisseurs produisant en France », précise encore Henri Poupart-Lafarge.
“ ALSTOM SE DÉVELOPPE SUR L’ENSEMBLE DES CONTINENTS, AU PLUS PRÈS DE SES CLIENTS. AUCUN DE NOS CONCURRENTS N’A CETTE PROXIMITÉ ”
Plus de 180 milliards d’opportunités commerciales
Alstom, qui a une base installée de plus de 150 000 véhicules et réalise la maintenance de 30 000 d’entre eux, a engrangé pour 81 milliards d’euros de commandes. Selon son patron, le marché du ferroviaire est tiré par la croissance économique, l’urbanisation et la nécessaire transformation écologique. Les politiques environnementales menées à travers le monde, poussent à aller vers une mobilité plus durable, contribuant à la relance du ferroviaire, mode de transport le plus respectueux de l’environnement, que ce soit en matière d’émissions de CO2, de consommation d’énergie ou d’occupation des sols.
Le PDG d’Alstom a identifié plus de 180 milliards d’euros d’opportunités commerciales.
Complémentarité géographique
En intégrant Bombardier, « ce qui s’est fait rapidement », Alstom a amélioré sa couverture géographique. « Notre stratégie est d’être présent sur tous les marchés. Or, il nous manquait des pièces au puzzle. Alstom n’était pas au Mexique, ce que l’intégration de Bombardier Transport a permis de corriger, tout comme cela nous a permis d’atteindre la taille critique en Amérique du Nord et de compléter notre présence en Europe », indique le PDG.
Grâce à Bombardier, Alstom s’est renforcé en Allemagne, où il compte désormais 11 000 collaborateurs. Ce qui le place en position de premier constructeur allemand. « L’acquisition de Bombardier nous a permis d’avoir une couverture géographique plus homogène et d’avoir accès à une technologie qu’on n’avait pas chez Alstom, notamment en ce qui concerne les locomotives de fret », se félicite Henri Poupart-Lafarge, en rappelant qu’Alstom n’avait pas vendu de locomotives de fret en Europe depuis des années.
La complémentarité de Bombardier est aussi notable sur le marché des tramways. Si Alstom est très présent en France, où le groupe va ouvrir une nouvelle ligne de production à La Rochelle, Bombardier l’était davantage sur la partie allemande, avec des gammes différentes qui seront conservées.
Convergence des produits
Le dirigeant assure qu’il n’y a pas de sites redondants, mais qu’une convergence des produits s’impose. « Pour le tramway, la plateforme d’Alstom va couvrir l’ensemble des besoins, aluminium et acier. On va continuer à servir l’ensemble du marché, avec tous les trains, mais avec une plateforme conçue différemment. Pour la signalisation, nous servirons l’ensemble du marché, en proposant prioritairement la solution technique d’Alstom. La convergence des produits va prendre trois à quatre ans. A terme, il y aura une homogénéité de la gamme proposée aux clients », explique-t-il.
Et de rappeler que certains contrats récupérés auprès de Bombardier étaient déficitaires, « en raison de difficultés opérationnelles solubles. Nous avions une vision claire de la situation, les problèmes étaient identifiés et nous allons travailler sur le fond à les résoudre ».
Si Henri Poupart-Lafarge admet que l’investissement nécessaire pour la remise à niveau de Bombardier a été plus important que prévu, le dirigeant préfère mettre en avant le fait que 90 % des clients de Bombardier sont satisfaits de la façon dont Alstom a intégré les projets du constructeur : « Nous avons un outil industriel que nous avons remis à niveau et nous regardons l’avenir. » Le groupe a par ailleurs saisi la Cour de Justice pour obtenir un arbitrage sur les conditions de rachat de Bombardier Transport, estimant que le vendeur s’était rendu coupable de manquement à certaines dispositions contractuelles de l’accord de vente. Mais Henri Poupart-Lafarge refuse de s’épancher : « Cela fait partie de la vie des affaires. »
Reste un mot d’ordre : l’excellence opérationnelle pour continuer à se développer. « Il nous faut à présent travailler pour que toutes les usines et tous les centres de développement fonctionnent de manière homogène, avec le même niveau d’exigence et de performance », poursuit le dirigeant. A propos des sites de Bombardier, il y a, ajoute-t-il, « énormément de travail de mise à niveau à réaliser. »
Pour autoriser la reprise de Bombardier, la Commission européenne a exigé la cession du site de production de Reichshoffen en Alsace, où sont construits les trains Régiolis. « Le site sera cédé, mais nous nous assurerons que la SNCF aura une continuité du service de Régiolis. »
“ LE SITE DE REICHSHOFFEN SERA CÉDÉ, MAIS NOUS NOUS ASSURERONS QUE LA SNCF AURA UNE CONTINUITÉ DU SERVICE RÉGIOLIS ”
Conflit ukrainien
L’invasion en Ukraine n’est pas sans conséquences pour Alstom, qui a cherché avant tout à « mettre en sécurité » ses salariés (une trentaine) avec leurs familles.
Le groupe voudrait aussi se défaire de sa participation de 20 % dans le constructeur russe TMH, qui dessert principalement le « marché local ». Mais pas facile dans le contexte actuel. En attendant, cela l’a obligé à déprécier dans ses comptes cette participation à hauteur de 441 millions d’euros.
Le conflit en Ukraine a aussi eu des effets en France, en particulier pour le site de Belfort. Alors que les salariés comptaient sur un contrat d’un montant de 880 millions d’euros, qui leur aurait permis de construire 130 locomotives à livrer en Ukraine, la guerre a suspendu le projet et brouillé la visibilité sur l’avenir. Henri Poupart-Lafarge explique : « Le site de Belfort est fragile, parce qu’il travaille à la fois sur le fret et le TGV. Or, si le TGV a une continuité de production assurée avec la nouvelle génération du TGV M, le fret est malade en France. Ce qui contraint Belfort à vivre avec des contrats exports. C’est moins confortable. »
Crise des approvisionnements et inflation
A ces difficultés s’ajoute la crise des approvisionnements. Un défi, qui « se concentre sur les composants électroniques, dont la pénurie existait déjà avant le début du conflit », précise Henri Poupart-Lafarge. « Bien que le ferroviaire n’utilise que 1 % de composants dans le monde, il est stratégique d’en avoir, car leur pénurie peut fragiliser de grands projets », même si « jusqu’à présent, nous avons peu d’impact ».
Et de poursuivre : « On pensait que la crise serait résolue en 2022. Désormais on table plutôt sur 2023, voire 2024. Nous nous battons quotidiennement pour trouver les composants dont nous avons besoin. »
Les conséquences de l’inflation représentent un autre défi à relever. « Au-delà de l’inflation, c’est son irruption rapide et brutale qui nous conduit à un changement de paradigme. Dans des pays comme l’Inde où l’inflation existait déjà, on vivait avec. En Europe personne n’avait prévu son retour et tous nos contrats n’étaient pas outillés pour y faire face. Nous vivons une période d’ajustement et devons instaurer des clauses d’indexation pour nous protéger », explique le patron d’Alstom, en précisant toutefois que « la plupart des pays sont couverts », dont la France.
7 500 postes à pourvoir
Le secteur reste un gros pourvoyeur d’emplois. Alstom a prévu 7 500 embauches en 2022, dont plus de 1 000 en France, « des ingénieurs, mais pas seulement », précise son PDG. Le groupe est à la recherche de talents, notamment dans le numérique.
Pour attirer les candidats, le groupe table sur la quête de sens des salariés. « Cela fait 25 ans que je suis chez Alstom et je vois de plus en plus d’ingénieurs choisir de nous rejoindre, plutôt que de s’orienter vers le secteur de l’automobile. Parce ce qu’ils veulent aider à relever l’enjeu environnemental en allant travailler dans une entreprise qui cherche à trouver des solutions. »
Le groupe s’efforce de faire connaître ses métiers.
Car dans ce secteur la concurrence est rude et des entreprises comme Google viennent parfois débaucher les salariés du digital. « C’est nouveau. Recruter et fidéliser est un défi, mais nous avons des atouts : une couverture mondiale offrant des opportunités de mobilité et un power branding », détaille Henri Poupart-Lafarge qui reconnaît que sur des marchés où il y a pénurie de main-d’oeuvre, comme en France, le groupe peine à trouver les effectifs nécessaires. Selon lui, cela fait partie des défis d’aujourd’hui.
Technologies plus vertes
Le train doit être un acteur de la décarbonation. Alstom y travaille. « Nous sommes persuadés que le rail est la solution aux problèmes environnementaux. Mais pour favoriser le transfert modal, il faut être attractif pour les passagers et il faut améliorer les performances des trains. Il faut aussi chercher à optimiser les infrastructures qui sont très coûteuses, en ayant recours au digital dans un but d’optimisation. »
Le groupe cherche aussi à améliorer l’efficacité énergétique de ses trains. « On s’assure que chaque nouvelle génération de nos produits permet des économies par rapport aux précédentes, en travaillant sur l’écoconception. »
Le constructeur travaille sur des solutions électriques, notamment dans le fret qu’Alstom veut contribuer à développer. Non seulement en Europe, mais aussi au-delà : l’Inde par exemple veut tripler son trafic fret et a un projet d’électrification des lignes. Ou l’Amérique du Nord, où Alstom veut accompagner la transition énergétique du fret ferroviaire. « Un défi, car 99 % du réseau n’est pas électrifié. Les trains sont tractés par des locomotives à diesel », rappelle le président d’Alstom.
En Europe, où 50 % du réseau ferré n’est pas électrifié, Alstom veut proposer des trains à batterie permettant d’assurer la partie du trajet non électrifié, avec une autonomie d’une centaine de kilomètres. Pour des trajets plus longs « il faudra recourir à l’hydrogène », ajoute le président d’Alstom qui précise que moins une ligne est dense, plus l’hydrogène fait sens, car cela ne nécessite pas d’investissements lourds.
Les promesses de l’hydrogène
Pour faciliter la migration du diesel vers des technologies plus vertes, Alstom, a mis au point un train à hydrogène, le Coradia iLint, et devrait faire circuler des trains à hydrogène en Allemagne cette année. Il a noué un partenariat avec Engie, prévoyant l’approvisionnement en hydrogène renouvelable d’un système de piles à combustible pour des locomotives destinées au fret ferroviaire en Europe.
Henri Poupart-Lafarge insiste sur la nécessité de réduire le prix de l’hydrogène vert, qui coûte encore trois fois plus cher que le diesel. « C’est le défi de la transition écologique. L’économie du futur sera à l’hydrogène ou ne sera pas. Il ne faut pas prendre de retard là-dessus », prévient-il, avant de pointer tout ce qui va dans le bon sens. « Il y a des milliards d’investissements réalisés dans la transformation écologique en hydrogène. Le monde se prépare à une économie à l’hydrogène. »
“ C’EST LE DÉFI DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE. L’ÉCONOMIE DU FUTUR SERA À L’HYDROGÈNE OU NE SERA PAS ”
Armé pour affronter l’avenir
« Avec la reprise de Bombardier, nous avons la fondation d’un groupe extrêmement solide, présent partout dans le monde. Ce qui lui permet de s’adapter à la géopolitique et d’équilibrer ses différents pôles en faisant preuve de résilience », assure avec confiance Henri Poupart-Lafarge, déterminé à faire de son groupe un acteur contribuant à rendre possible la suppression des voitures thermiques d’ici à 2035. « Si on remplace la flotte automobile actuelle par une flotte de véhicules électriques, on ne parviendra pas à atteindre l’objectif de zéro carbone. Pour y arriver, il faut un transfert modal et augmenter considérablement la part du ferroviaire », prévient-il. « Ce qui implique que l’industrie ferroviaire accélère l’innovation pour rendre le train plus attractif, en continuant à améliorer et développer les réseaux et les services pour répondre à l’enjeu de transition énergétique. Il y a un énorme chantier en jeu. » Et de conclure : « A nous d’être au rendez-vous ! »
Les révolutions technologiques, du TGV M aux métros
Deux catégories de produits fournis par Alstom sont à la veille d’un changement de génération : les trains à grande vitesse, avec les premières rames de TGV M, et les applications du CBTC (contrôle des trains basé sur la communication) aux métros automatiques, avec la solution Urbalis Fluence.
Pour Henri Poupart-Lafarge, le TGV M représente « une révolution technologique développée avec la SNCF, en partant d’une feuille blanche ». Et Fluence, que le groupe va déployer à Lille avant la ligne 18 du Grand Paris, est « une solution sans personne à bord, avec une révolution du système de signalisation, qui met de l’intelligence dans le train et lui permet de communiquer avec d’autres trains pour gagner en efficacité et faire passer davantage de trafic ».
L’aventure Aptis
Alstom qui avait contribué au design d’Aptis, un autobus 100 % électrique, a décidé de le retirer du marché. « Nous en étions très fier, mais il n’a pas trouvé son marché. On ne nous en achetait pas suffisamment. Le bus électrique n’a pas décollé aussi vite qu’on pensait. Notre véhicule était peut-être trop révolutionnaire. C’est un échec et une déception. On a perdu de l’argent, mais la page est tournée », explique Henri Poupart-Lafarge.
Des retards à relativiser
Initialement prévus pour la mi-2021, les RER NG pour les lignes D et E qu’Alstom devait livrer n’arriveront finalement pas avant mi-2023. Henri Poupart-Lafarge refuse de commenter : « C’est un terrain de discussion commercial avec les clients. » Il relativise : « Nous avons 800 projets, soit 80 milliards de carnets de commandes à travers le monde sur les trois à quatre ans. Notre but est de fournir le meilleur matériel en termes d’économie, d’énergie, le plus tôt possible, avec la qualité requise en prenant en compte la vie des affaires qui a ses complexités : le Covid, les problèmes d’approvisionnement… »

La rive droite du Rhône rouvrira fin août pour les voyageurs
Fermée au trafic voyageurs depuis un demi-siècle, la ligne de la rive droite du Rhône entre Avignon (Vaucluse) et Pont-St-Esprit (Gard) rouvrira le 29 août prochain avec 5 allers-retours par jour. Le trajet durera 30 mn, avec un arrêt à Bagnols-sur-Cèze. Il en coûtera 3 euros jusqu’à 20 km, 6 euros entre 21 et 40 km et 9 euros au-delà.
Mise en service au 19 ème siècle, la ligne dite de la rive droite du Rhône, reliant la région lyonnaise à Nîmes, a constitué pendant plus d’un siècle un axe ferroviaire nord-sur important, desservant 17 gares sur plus de 250 km. Mais, avec le développement de la liaison Lyon-Marseille, empruntant la rive gauche du Rhône, et avec le développement de la voiture, la décision avait été prise en 1973 de la réserver aux voyageurs. Sa réouverture au trafic voyageurs était envisagée depuis une quinzaine d’années. Elle avait été portée au rang de priorité lors d’une large concertation organisée en 2016 par l’Occitanie.

CAF livrera 25 trains régionaux ou interrégionaux en Suède
L’annonce avait été faite à l’automne dernier par le client SJ AB (SJ), l’entreprise ferroviaire « historique » suédoise, mais c’est le 11 juillet que CAF a confirmé la commande en Suède de 25 rames automotrices en tranche ferme. A cette tranche ferme, d’un montant de près de 300 millions d’euros selon CAF, s’ajoutent 60 rames en option.
Destinées à circuler en unités, simples, doubles ou triples, à une vitesse maximale de 200 km/h, ces rames de cinq voitures devraient entrer en service en 2026. Leur commande s’inscrit dans le plan de renouvellement et d’augmentation de la capacité du parc SJ, en vue de faire face à la hausse de fréquentation attendue sur les services régionaux ou interrégionaux. Selon SJ, les nouvelles rames CAF sont destinées aux relations Stockholm – Västerås – Örebro – Skövde – Göteborg, Stockholm – Uppsala et Linköping – Norrköping – Stockholm – Arlanda – Uppsala – Gävle – Ljusdal. Elles devraient également remplacer les actuelles rames tractées par locomotives entre Kalmar et Göteborg.
Les rames commandées par SJ sont une déclinaison de la plateforme Civity Nordic de CAF, conçue pour faire face aux conditions climatiques de la Suède. Une unité triple devrait offrir « environ 1 000 sièges disponibles, ainsi qu’un accès facile et une flexibilité pour tous les types de passagers ». Le coût de possession des nouveaux trains devrait être inférieur aux matériels actuels, grâce à leur consommation énergétique et leurs coûts de maintenance réduits.
A l’occasion de cette commande, CAF a rappelé ses récents succès sur le marché nordique, où l’industriel ferroviaire a renforcé sa position avec l’acquisition d’EuroMaint, spécialiste suédois de la maintenance du matériel roulant. Sur ce marché ouvert où de nombreux appels d’offres devraient être lancés dans les années à venir, CAF a développé des trains à grande vitesse pour la Norvège, des rames de métro pour Helsinki, ainsi que des tramways en Suède (Stockholm et Lund) et en Norvège (Oslo). En outre, le groupe CAF produira 20 automotrices régionales électriques et 8 bimodes (biodiesel-électrique) pour la société de matériel roulant AB Transitio, tout en obtenant, par l’intermédiaire d’EuroMaint, deux contrats de service pour SJ. L’un couvre la maintenance pendant 12 ans du parc de trains régionaux Krösatågen et interrégionaux Kustpilen (qui comprendra entre autres les 28 automotrices commandées à CAF par AB Transitio citées plus haut), alors que l’autre porte sur la modernisation, jusqu’en 2025, de 57 voitures de trains de nuit (voitures-lits et couchettes).
P. L.

La RATP propose une augmentation générale des salaires de 2,2 %
La RATP, qui a reçu le 7 juillet les organisations syndicales représentatives, a proposé d’augmenter les salaires de 2,2 % à partir du 1er juillet afin de prendre en compte « les conséquences de l’inflation pour les salariés et prendre des mesures immédiates en faveur du pouvoir d’achat, en plus des mesures déjà mises en place ces derniers mois« .
Elle annonce aussi une prime défiscalisée « pour les salaires les moins élevés » qui sera versée sur la fiche de paie du mois d’août. Plus précisément, les 16500 salariés dont la rémunération est inférieure à 1,5 SMIC bénéficieront d’une prime de 300 euros.. Et les salariés dont la rémunération est comprise entre 1,5 et 2 SMIC, soit 17800 personnes, auront une prime de 200 euros.
Ce projet d’accord a été soumis aux organisations syndicales jusqu’au 13 juillet, annonce la RATP dans un communiqué.
La direction estime que, pour l’année 2022, l’augmentation moyenne des rémunérations dans l’entreprise atteindra 5,2 % car, rappelle-t-elle, dans le cadre des NAO (négociations annuelles obligatoires), il avait déjà été décidé d’une hausse moyenne de 2,7 % au 1er janvier. En plus de plusieurs mesures prises pour soutenir le pouvoir d’achat des salariés, une prime d’intéressement versée en mai avait été augmentée de 30 % par rapport à 2021, souligne encore la RATP.

Jean Castex appelé à prendre la présidence de l’Afitf
Emmanuel Macron envisage de nommer l’ancien Premier ministre à la présidence de l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (Afitf). Pour être effective, cette nomination faite « sur proposition » de la Première ministre Elisabeth Borne, doit d’abord être soumise à l’avis des commissions parlementaires dédiées, selon les dispositions prévues par la Constitution, a rappelé le 7 juillet l’Elysée.
Cette agence est actuellement présidée par Christophe Béchu, devenu, depuis le 4 juillet, ministre de la Transition écologique et de la cohésion aux territoires. L’Afitf est un établissement public qui a pour mission de financer les infrastructures ferroviaires, routières, fluviales et portuaires. Ses ressources proviennent d’une part de la TICPE, d’un versement des sociétés concessionnaires d’autoroutes ou encore d’une part des amendes des radars sur les routes.
Jean Castex, qui s’est toujours montré très intéressé par les transports, en particulier par le rail (c’est un lecteur régulier de La Vie du Rail), est prêt à prendre la présidence de l’Afitf, indique l’AFP.
SGP Dev, la future filiale de la Société du Grand Paris qui pourrait concurrencer SNCF Réseau
A l’occasion d’une rencontre organisée le 7 juillet par l’AJTM (Association des journalistes des transports et des mobilités), Jean-François Monteils est revenu sur la décision de la Société du Grand Paris (SGP) de créer une filiale pour conduire des études en vue de réaliser d’autres infrastructures que celle du Grand Paris Express. Eventuellement en intervenant sur le réseau ferroviaire national, actuellement chasse gardée de SNCF Réseau.
Il s’agit, a expliqué le président du directoire de la SGP, de donner de nouvelles perspectives à cet établissement public qui devrait avoir achevé, dans 8 ans, sa mission avec la construction de 200 kilomètres de ligne de métro automatique (et 68 gares) autour de Paris. Il s’agit aussi d’utiliser la concentration de compétences « d’une qualité exceptionnelle » rassemblées par la SGP, que ce soit dans le domaine technique, juridique ou administratif, a-t-il souligné.
« Nous avons déjà fait un pas en avant avec la validation de cette idée et avec la validation du Premier ministre (lorsque Jean Castex était à Matignon, ndlr) », a poursuivi l’ancien président de la chambre régionale de la Cour des comptes Nouvelle-Aquitaine. Depuis, une filiale baptisée SGP Dev est en cours de création, avec une équipe déjà dédiée sur la question. « Nous en avons le droit. Le juge administratif l’accepte dès lors qu’il s’agit d’exercer une mission connexe à notre mission principale. C’est le cas« , a assuré le dirigeant. Et de justifier l’intérêt de cette nouvelle filiale : « Combiné à notre stratégie de financement, le modèle de la SGP est intéressant, il donne beaucoup de souplesse« .
Actuellement, la SGP tire une grande partie de ses recettes de taxes sur les bureaux, de taxes sur les locaux commerciaux et de stockage ainsi que sur des surfaces de stationnement en ile-de-France. Le patron de la SGP veut rassurer les élus, à commencer par Valérie Pécresse, la présidente de l’Ile-de-France qui s’interrogeait récemment du risque que la SGP utilise les recettes versées par les contribuables franciliens pour aller prospecter en dehors du périmètre de sa région. En particulier dans les Hauts-de-France intéressés par des études sur l’axe Lille-Hénin-Beaumont. « J’espère que personne ne pense que l’on va utiliser l’argent de la SGP pour intervenir ailleurs qu’en Ile-de-France. Il faudra trouver du financement dédié« , affirme Jean-François Monteils, se bornant à ajouter : « On va voir si on peut faire bouger le modèle de la SGP, ce qui nous permettra d’intervenir ailleurs que sur le Grand Paris Express ».
Il devra aussi rassurer les dirigeants de SNCF Réseau, avec qui il « discute », et qui pourraient s’émouvoir à l’idée de voir une autre société vouloir effriter le monopole public. « Il est probable qu’on finira par comprendre que l’on aura besoin d’un opérateur capable de faire la synthèse entre l’exploitation, la technique, le juridique, la politique et l’administratif », tranche-t-il.
Jean-François Monteils avoue « quelques idées précises » : « Nous avons déjà réussi à prouver que nous disposons d’une vraie compétence en matière de réseau de transport en commun de proximité. Nous ne nous intéresserons pas à ce qui est simple mais seulement à des projets très compliqués. Si on ne met pas en place ce type d’outil, les 12 projets de RER métropolitains resteront à l’état de statu quo. Nous avons démontré que nous sommes capables de contribuer au désenclavement du territoire. Il y a, face à nous, un énorme sujet de transport de proximité« .
Le président du directoire rappelle que des possibilités de diversification de la SGP sont prévues par la loi. D’ailleurs, l’établissement public, qui doit contribuer à la construction de logements, est aussi en train de constituer un autre filiale : SGP Immobilier pour être « un aménageur« , participer au développement urbain autour des gares, et « pouvoir ouvrir un autre chapitre« .
Marie-Hélène Poingt

Succès des TER en Nouvelle-Aquitaine
Les TER de Nouvelle-Aquitaine connaissent un bel engouement. « On a dépassé de 10 % la fréquentation de 2019 », a annoncé le 4 juillet Hervé Lefèvre, le directeur régional TER Nouvelle Aquitaine, en présentant les offres de l’été avec Renaud Lagrave, le vice-président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine chargé des Mobilités. L’élu précise : « Malgré tous les “sachants” qui ont défilé dans mon bureau pour m’expliquer que “ce ne serait plus jamais comme avant“, nous avons retrouvé la même fréquentation qu’en 2019, dès le début d’année, puis dépassé de 10 % à partir du mois de mars et même atteint + 12 % au mois de juin. Et c’est bien parti pour dépasser ces chiffres pour les mois de juillet et août ».Une cinquantaine de trains sont en « sur-occupation », explique Hervé Lefèvre. « Toutes ces relations sont sous observation, et nous avons trouvé une solution pour les trois quarts, en mettant du matériel supplémentaire. Reste une quinzaine de trains pour lesquels nous demandons l’intervention de nos agents d’accompagnement. Concrètement, nous mettons du personnel à quai pour, par exemple, essayer de persuader des voyageurs de prendre le train suivant. »Le vice-président chargé des Mobilités assure pourtant mettre des moyens à disposition. « Nous avons demandé à la SNCF de mettre plus de trains ou d’augmenter la fréquence. Les TER Bordeaux – Dax sont composés de trois voitures au lieu de deux. Mais ce n’est pas possible partout, parce que les quais ne sont pas assez longs dans toutes les gares. Et pour la fréquence vers Arcachon, nous avons toujours le problème de capacité au sud de Bordeaux. Malgré nos efforts, il arrive un moment où on atteint nos limites ». Et Renaud Lagrave de poursuivre : « La région ne reçoit aucune aide de l’État. Nous faisons ces efforts à moyens constants, alors que les villes et les agglomérations reçoivent le versement mobilité. Nous, rien ! Au moment où les Français ont envie de prendre le train, il faut que l’État fasse quelque chose, soit par un élargissement du Versement mobilité, soit par une baisse de la TVA. Ce doit être la préoccupation du nouveau ministre des Transports enfin nommé. »Néanmoins, cette hausse de la fréquentation, hormis sur quelques dessertes, reste supportable. « Il reste des places libres dans de nombreux TER. Rassurez-vous, ce n’est pas le RER parisien. » C’est pourquoi la Région a mis en place plusieurs offres. Cette année encore, elle a renouvelé pour la troisième année consécutive le Pass Escapades, un billet aller-retour sur 1 ou 2 jours (8 à 20 euros selon la distance parcourue), offrant la gratuité pour les enfants jusqu’à 11 ans (3 enfants maximum). Le tarif Tribu offre une réduction en fonction du nombre de co-voyageurs (2 pers – 20 %, 3 pers -30 %, 4 pers -40 %, 5 pers -50 %). Les usagers réguliers du TER détenteurs de la Carte+ (- 25 %) bénéficient de 50 % de réduction pendant les vacances scolaires, les week-ends et jours fériés en solo ou en duo. Les nouveaux bacheliers, fraîchement diplômés, ont droit à un Billet Jeunes offert (un aller-retour sur une journée) pour la destination de leur choix en TER pour un voyage effectué entre le 8 juillet et le 31 août. Et ceux qui n’auront pas eu le Bac, auront tout de même droit à ce Billet Jeunes, mais devront le payer entre 4 euros et 20 euros selon la distance parcourue. Il est valable toute l’année sur les TER Nouvelle-Aquitaine en région et vers les régions limitrophes.De plus, avec la mise en place du RER métropolitain, esquissée fin 2020 et renforcée en décembre 2021, la Région propose cette année, des dessertes Libourne – Arcachon en 1 h 30, sans changement à Bordeaux.Cet été sera aussi l’occasion pour les usagers réguliers du TER, de tester le paiement à l’usage avec FlexTER. Imaginée et mis en œuvre par la direction TER de Nouvelle-Aquitaine, cette nouvelle application permet d’enregistrer chaque mois les déplacements des voyageurs inscrits sur l’application FairTIQ, ses montées et ses descentes du train par géolocalisation (données anonymisées) et de lui facturer l’abonnement le plus avantageux pour lui (Abonnement 20/30 voyages, hebdo, mensuel…). Testée pendant un an, sur les relations Bordeaux – Arcachon, et Bordeaux – Mont-de-Marsan, elle s’applique pour l’ensemble des TER de la région depuis mars 2022. Déjà plus de 700 usagers utilisent FlexTER.Yann Goubin
Grève. Les salaires des cheminots vont être augmentés de 3,1 % en moyenne
Pendant qu’une grève perturbait les circulations de trains, sur fond de revendications salariales, mobilisant 20 % des agents de la SNCF (selon l’entreprise) , la direction recevait longuement ce matin les organisations syndicales pour leur faire part de ses décisions. La SNCF a décidé de procéder à une augmentation générale des salaires de 1,4 %. La hausse atteint 3,1 % en moyenne si l’on prend en compte les différents éléments annoncés, basés sur le principe de favoriser les rémunérations les plus basses. La SNCF va ainsi augmenter de 500 euros sur un an les salaires (comprenant une prime de 400 euros et 100 euros de gratification pour les vacances). Au bout de compte, les salaires versés aux cheminots du premier collège exécution seront augmentés de 3,7 % tandis que ceux des cadres le seront de 2,2 %. Globalement, estime François Nogué, le directeur des Ressources humaines de la SNCF, « 70 000 cheminots bénéficieront d’une hausse de salaire supérieure à 3,1 %« .
Les salaires à l’embauche vont aussi être revalorisés pour les collèges exécution où on trouve les salaires les moins élevés : + 4 %. « Jusqu’à présent, ces salaires à l’embauche s’élevaient à 20100 euros, juste au-dessus du Smic qui atteint 19747 euros. Avec cette revalorisation, ils se situeront à 6 % au-dessus du Smic« , commente François Nogué. Cette revalorisation devrait aussi permettre à l’entreprise d’être plus attractive pour attirer des candidatures face à la pénurie de main d’oeuvre pour certains métiers.
Des indemnités de production, liées aux conditions de travail, vont aussi être revalorisées de 4 %. Trois d’entre elles, considérées comme particulièrement « importantes« , bénéficieront d’un coup de pouce supérieur (+ 7 %) : les indemnités de travail de nuit, les indemnités de travail les dimanches et fêtes et celles liées aux sorties d’astreinte.
Ces revalorisations salariales, décidées de façon unilatérale par la direction, auront un effet rétroactif au 1er avril 2022. Mais elles pourraient n’apparaître sur les feuilles de paie qu’à partir du mois d’août, au plus tard en octobre.
« Ces mesures sont encourageantes même si nous demandions une hausse de 5,8 % compte tenu de l’inflation », commente Didier Mathis, le secrétaire général de l’Unsa-Ferroviaire, en précisant que la gratification pour vacances, qui sera versée fin juin, va passer de 400 à 500 euros. Thomas Cavel, le secrétaire général de la CFDT Cheminots, se montre plus sévère, reconnaissant « des mesures« , mais « pas suffisantes » car elles ne « permettent pas de couvrir l’impact de l’inflation« . Pour Sud-Rail, « le compte n’y est pas« , tandis que la CGT-Cheminots juge le dispositif « pas à la hauteur« . Et appelle à la poursuite du « processus unitaire« .
La SNCF sait qu’elle n’en a pas fini avec les revendications salariales. De nouvelles discussions seront ouvertes dès décembre (au lieu de janvier) pour préparer la NAO (négociations annuelles obligatoires) sur les salaires de 2023, indique François Nogué, en rappelant qu’une enveloppe de 2,7 % avait déjà été accordée via des primes en début d’année. Ce qui représente au total une hausse globale de 5,8 %, calcule-t-il.
Les mesures salariales décidées aujourd’hui représentent un surcoût d’environ 280 millions d’euros pour la SNCF, elle aussi confrontée à la hausse de ses coûts. Ce qui va rendre encore plus compliqué son objectif d’économies tous azimuts engagé depuis quelques années.
Bien que les syndicats ne comptent pas relâcher la pression, François Nogué estime avoir déminé le sujet « à court terme« . Mais il n’exclut pas, ici ou là, « des conflits locaux sur telle ou telle ligne« .
Selon le DRH, depuis plus de deux ans, l’entreprise n’avait connu que des conflits limités avec des taux de participation tournant autour de 10 %. Le taux de grévistes de 20 % comptabilisé aujourd’hui par l’entreprise (mais 35 à 40 % de grévistes parmi les conducteurs) s’explique, indique-t-il, d’une part par l’appel unitaire à la grève des quatre organisations syndicales représentatives de l’entreprise. D’autre part par le sujet de la mobilisation, très mobilisateur dans le contexte inflationniste actuel.
Marie-Hélène Poingt

Le tram T13 entre en service entre Saint-Cyr et Saint-Germain
18,8 km, 12 stations, 30 minutes de trajet : ce sont les caractéristiques du nouveau tram T13 qui relie, à partir d’aujourd’hui, Saint-Germain-en-Laye à Saint-Cyr-l’École. 21 000 passagers sont attendus chaque jour à bord.L’une des particularités de ce tram est de pouvoir circuler à la fois sur les voies spécifiques aux tramways et sur le réseau ferré national (RFN). Ainsi son tracé, après avoir contourné Saint-Germain-en-Laye par une voie nouvelle “tramway“, entre le château et l’ancienne gare de Saint-Germain Grande Ceinture (GC), à l’ouest, se poursuit vers le sud en empruntant l’ancienne Grande Ceinture ouest (GCO) au gabarit RFN.En 2004, une portion de cette GCO, fermée en 1939 au trafic voyageurs, avait été rouverte entre les gares de Saint-Germain GC et de Noisy-le-Roi. Mais ce tronçon n’avait qu’une correspondance avec le réseau ferré, à Saint-Nom-la-Bretêche. Désormais prolongée au nord et au sud, la ligne offre un nouvel intérêt, grâce à ses correspondances avec le RER A, à Saint-Germain, et avec les lignes C, N, et U, à Saint-Cyr-l’École.11 trams-trains Citadis Dualis, construits par Alstom, circuleront sur la ligne. Ile-de-France Mobilités, qui finance à 100 % ce matériel, avait choisi Alstom en 2018 pour fournir 34 trams-trains Citadis Dualis, pour un montant de plus de 170 millions d’euros, dont 23 destinés à la ligne T12 (Massy – Evry). La livraison des trams-trains de la ligne T13, démarré en novembre 2020, s’est achevée en septembre 2021, conformément au calendrier initialement prévu.Quant aux rames destinées au T12, leur livraison se poursuit : la moitié a déjà été fournie dans les temps en vue de préparer leur exploitation. Alstom a également installé 3,6 km de ligne aérienne de contact sur le tronçon entre la gare du RER A de Saint-Germain-en-Laye et la Gare Camp des Loges, ainsi que 700 mètres de caténaires sur le tronçon entre Saint-Cyr ZAC et la gare RER C de Saint-Cyr, en groupement avec TSO.Yann Goubin
En Suède, la DB vend Arriva aux chemins de fer finlandais
Le recentrage de la Deutsche Bahn sur ses activités ferroviaires en Allemagne se concrétise avec la vente d’Arriva Sverige AB, filiale suédoise de sa filiale Arriva International Ltd, à VR Group, les chemins de fer de Finlande. Signé le 24 mars dernier, le contrat de vente est entré en vigueur le 1er juillet et marque le départ de la DB du marché suédois des transports publics urbains et régionaux. Arriva Sverige AB s’appelle désormais VR, comme sa maison-mère, et ses 3 200 salariés ont changé d’employeur. Pour VR Group, qui comptait jusqu’alors 6 200 salariés, essentiellement en Finlande, cette étape s’inscrit dans une stratégie de développement dans les pays nordiques.
Avec le rachat des activités suédoises d’Arriva, VR se retrouve exploitant de plusieurs réseaux de trains régionaux, tramways et bus. En Scanie, dans le sud de la Suède, VR reprend les trains régionaux Pågatåg pour le compte de l’autorité régionale Skånetrafiken. Dans la même région, VR récupère les bus de Helsingborg et Kristianstad. Plus au nord, dans l’Östergötland, VR est désormais l’opérateur des trains régionaux Östgötapendeln pour le compte de l’autorité organisatrice Östgötatrafiken. Et dans la capitale Stockholm, VR exploite désormais cinq groupes de lignes de bus, deux lignes de tramway (Nockebybanan et Tvärbanan), ainsi qu’un train de banlieue (Saltsjöbanan) pour le compte de SL. Au total, VR gère désormais un parc de 740 bus, 122 trains et 65 tramways en Suède.
P.L.