Catégorie : Ferroviaire

Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

  • « L’ouverture à la concurrence ne profite qu’aux opérateurs ferroviaires historiques »

    « L’ouverture à la concurrence ne profite qu’aux opérateurs ferroviaires historiques »

    Hervé Le Caignec, le président de Lisea, a expliqué à VRT pourquoi la société concessionnaire de la liaison à grande vitesse Tours-Bordeaux veut construire un centre de maintenance. Selon lui, les difficultés d’accès au matériel roulant et à des centres de maintenance bloquent l’ouverture à la concurrence.

    Ville, Rail & Transports : Vous n’avez pas encore réussi à attirer un autre opérateur que la SNCF sur la liaison Tours-Bordeaux. Comment l’expliquez-vous?

    Hervé Le Caignec : Aujourd’hui, ce que l’on constate, c’est que la concurrence ne profite qu’aux opérateurs historiques dans le cadre de l’ouverture des services librement organisés. C’est vrai pour les TGV, mais aussi pour les Intercités et les trains de nuit. Car lorsque de nouvelles sociétés se créent pour exploiter des trains de nuit ou des Intercités, elles se heurtent à deux grosses barrières : l’accès au matériel et la maintenance.

    Dans la grande vitesse, l’exemple le plus abouti se trouve en Espagne, où le gestionnaire des infrastructures a décidé d’ouvrir son réseau à d’autres opérateurs que la RENFE. La SNCF a ainsi pu lancer des services ferroviaires et un autre opérateur, issu d’un partenariat entre une compagnie aérienne et Trenitalia, va arriver très bientôt. On voit déjà qu’en Espagne, la concurrence a permis le développement de l’offre de façon très significative, avec une baisse des prix. La demande est au rendez-vous et il y a un très fort taux de remplissage des trains. Mais, à la différence de la France, les péages sont peu élevés car les contributions publiques en faveur du financement des infrastructures sont plus élevées en Espagne.

    En France, l’axe Paris-Lyon (desservi depuis décembre par Trenitalia) ne dispose que de peu de capacités disponibles. Pourtant Trenitalia va proposer à très court terme deux allers-retours supplémentaires par jour, soit un total de 5 allers-retours quotidiens. Cela montre que l’arrivée de nouveaux opérateurs est possible même en France où les péages sont plus élevés. On voit donc, avec ces deux exemples, qu’un péage n’est pas un repoussoir car tout le monde est sur un pied d’égalité. Mais ce n’est possible qu’avec des opérateurs historiques qui disposent de matériels roulants importants. Et si cela ne les oblige pas à aller dans le centre de maintenance d’un opérateur concurrent.

    VRT : Toutes ces conditions sont-elles réunies en Espagne ?

    H.L.C. : En Espagne, des constructeurs de matériel roulant ont des centres de maintenance, ce qui n’est pas le cas en France.

    Pour faire rouler des Ouigo en Espagne, la SNCF n’a pas acheté de matériel mais a fait le choix d’en prendre en France. Elle a donc réduit son activité dans notre pays.

    De son côté, sur la ligne Paris-Lyon, Trenitalia peut faire rentrer ses rames tous les jours en Italie pour accéder à ses centres de maintenance. On voit bien que l’accès au matériel et à des centres de maintenance sont les deux conditions permettant d’ouvrir le marché à la concurrence. Nous avons fait ce constat depuis longtemps. C’est pourquoi, il y a deux ans, nous avons décidé de construire un centre de maintenance que nous mettrons à la disposition des opérateurs.

    VRT : Avez-vous choisi le lieu d’implantation du centre de maintenance que vous voulez ouvrir ?

    H. L. C. : Nous avons commencé par regarder toute la zone de Bordeaux pour voir si la SNCF pouvait mettre à notre disposition une parcelle qui serait raccordée au réseau ferroviaire. Aujourd’hui nous cherchons un site par nous-mêmes. Nous avons quelques pistes. Il faut que le site soit le plus près possible d’une extrémité de la desserte pour que le trajet de la rame soit le plus court possible. Donc soit en Ile-de-France, ce que nous avons finalement exclu car la région est totalement saturée. Soit dans la zone de Bordeaux. Marcheprime est une des options. Ce centre de maintenance pourrait servir par exemple à Railcoop ou à un autre opérateur voulant aller vers Marseille, Toulouse ou le Massif Central.

    VRT : Comment fonctionnera ce site ?

    H. L. C. : Ce centre de maintenance devra être conçu de façon à être multi-opérateurs, prenant en compte les différents besoins d’opérateurs partageant le même site. Autrement dit, il devra proposer des voies dédiées à chacun d’entre eux, voire des voies pour stationner dans l’enceinte. Et l’accès au centre devra être géré par le gestionnaire d’infrastructure et non pas par un des opérateurs. Dans un premier temps, il y aura un bâtiment et le centre sera modulable. Notre atelier devrait avoir la capacité de recevoir au minimum une vingtaine de rames. Plus tard, un second bâtiment pourra être ajouté. Aujourd’hui, rien n’est figé. Nous réalisons des études de faisabilité avec différentes options.

    Nous ne voulons surtout pas devenir opérateur de maintenance, nous voulons simplement construire le site. La maintenance pourra être effectuée par un opérateur lui-même, ou un constructeur, ou encore un loueur de trains. Nous regardons d’ailleurs s’il est possible que des ROSCO se créent en France (sociétés de location de matériel roulant, ndlr). Les ROSCO représentent sûrement une des clés pour développer à l’avenir la concurrence.

    Nous ne sommes pas les seuls à chercher des solutions pour lever les barrières. C’est aussi le cas par exemple de Getlink qui souhaite créer une Rosco pour louer des rames à des opérateurs. C’est aussi ce qu’on nous avons dit dans le plaidoyer signé fin février lors du sommet européen du rail, visant à développer le report modal. Le fait de pouvoir mettre à disposition un centre de maintenance va dans ce sens.

     

    VRT : Quel est votre calendrier et quel est l’investissement prévu ?
    H. L.
    C. : Notre site de maintenance devrait être disponible en 2026 car il faut compter le temps d’acquérir le terrain, de suivre la procédure environnementale, de finaliser la conception, de lancer les appels d’offres pour la construction, puis de réaliser les travaux du bâtiment ainsi que ceux du raccordement au réseau (ceux-ci ne peuvent être réalisés que par Réseau qui doit l’inclure dans la programmation de ses chantiers).

    L’investissement tournera autour de 80 millions d’euros. Nous souhaiterions trouver des partenaires. Pour l’instant, nous sommes seuls.

    Nous discutons avec tous les opérateurs qui soulignent bien toute la difficulté de venir desservir l’ouest de la France sans disposer de centre de maintenance. Et nous discutons avec des investisseurs qui se montrent intéressés car ils voient que le marché français est attractif même si les péages sont plus chers.

    Nous prenons un risque mais nous sommes persuadés qu’il y a beaucoup d’utilisateurs potentiels, qu’il y a un marché. Si on veut doubler le trafic ferroviaire, il faut pouvoir acheter du matériel et accéder à des sites de maintenance. Tous les signaux sont au vert. Il faut aussi espérer que l’Etat mette plus d’argent dans la rénovation du réseau. Car les trains doivent rouler sur des voies ferrées en meilleur état.

    VRT : Combien d’opérateurs espérez-vous sur Tours-Bordeaux?

    H.LC.: Je ne pense pas qu’on puisse voir rouler 5 ou 6 opérateurs sur cette ligne. De façon réaliste, je pense qu’un seul opérateur (en plus de la SNCF) pourrait desservir notre ligne. Quand on regarde de près ce qui s’est passé en Italie, on voit que seul NTV s’est risqué à venir en proposant un plan de transport assez substantiel. Ce devrait être la même chose sur notre ligne : l’opérateur qui viendra devrait proposer une offre assez substantielle. On peut aussi envisager la venue d’un opérateur proposant des dessertes saisonnières comme celles qui avaient été lancées par Thalys entre Bruxelles et Bordeaux. Ou encore imaginer des lignes jusqu’aux stations de ski des Pyrénées.

    VRT : La SNCF a réduit ses dessertes et se plaint de perdre de l’argent sur cette ligne. Est-ce un risque pour Lisea ?
    H. L. C. :
    Dans les années 2017, 2018 et 2019, la SNCF a augmenté son offre  et annoncé une hausse du trafic passagers. Donc cette liaison marchait bien. Puis il y a eu la crise sanitaire en 2020 et 2021. Aujourd’hui, les signes du marché montrent que, lorsque nous serons totalement sortis de la crise sanitaire, le trafic reviendra. Le nombre d’allers-retours est actuellement un peu en baisse. Mais nous sommes convaincus que la SNCF va augmenter ses fréquences. Paris-Bordeaux est la deuxième ligne la plus fréquentée de France

    Les habitudes de déplacement vont changer avec le télétravail. Mais ce qui compte, c’est la demande globale. Les experts pensent que la demande globale de mobilité va continuer à augmenter sur le long terme.

    Nous ne sommes pas inquiets car, même si nous assumons le risque trafic complet, nous avons une concession longue. Il y a des moments où il y a moins de trafic. Nous continuons à travailler avec SNCF Réseau mais aussi avec SNCF Voyageurs pour que la ligne soit plus performante. Le potentiel est important.

    Nous nous intéressons également au retour d’expérience avec l’AGIFI (Association française des gestionnaires d’infrastructures indépendants) et SNCF Réseau. Nous avons ainsi développé des outils sur les données de l’infrastructure et faisons appel à l’intelligence artificielle pour arriver à mieux comprendre les éléments de l’infrastructure et son comportement après des opérations de maintenance, dans le but d’être plus performant et de réaliser des économies.

    VRT : Proposez-vous des péages moins élevées aux nouveaux opérateurs qui voudraient desservir Tours-Bordeaux ?

    H. L. C.  : Oui. Nos tarifs sont publiés dans le document de référence du réseau, qui est validé par SNCF Réseau. Nous envisageons d’ailleurs de diminuer encore ces frais de péages d’un peu plus de 20 % pour les nouveaux opérateurs car il y a un vrai coût de démarrage.

    SNCF Voyageurs pourra aussi en profiter si, demain, une de ses entités décide de lancer une nouvelle desserte. Par exemple, si Eurostar propose une desserte entre Bordeaux et Londres, la compagnie bénéficiera de cette aide au démarrage non seulement de la part de Lisea, mais aussi de celle de Getlink et de SNCF Réseau, chacun pour le tronçon qu’il gère.

    Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Selon Patrick Jeantet, le contrat de performance Etat-Réseau aboutira à réduire de 12 % l’effort de régénération

    Selon Patrick Jeantet, le contrat de performance Etat-Réseau aboutira à réduire de 12 % l’effort de régénération

    L’ancien PDG de SNCF Réseau, Patrick Jeantet, aujourd’hui senior adviser pour le fonds d’investissement Vauban Infrastructure Partners (groupe Natixis) était l’invité du Club VRT le 6 avril dernier. Au cours de cette rencontre, il a estimé les besoins de régénération annuelle du réseau ferroviaire à plus de 3,5 milliards d’euros. Et critiqué le contrat de performance Etat-Réseau en cours de négociation. « S’il est signé, il consistera à réduire les investissements. En effet, il fixe la somme de plus de 2 milliards d’euros par an pour la rénovation, mais sans prendre en compte l’inflation. Or, avec une inflation de l’ordre de 4%, l’effort de régénération sera réduite de 12% en trois ans», a-t-il expliqué.

    Outre cet effort accru, il faut, selon lui, pour que le réseau ferroviaire progresse en productivité, davantage recourir à la digitalisation, déployer le système de signalisation ERTMS ainsi que la commande centralisée des postes d’aiguillage. Il se prononce aussi pour l’indépendance du gestionnaire de l’infrastructure actuellement dans le giron du groupe SNCF car « les nouveaux entrants ont besoin d’un climat de confiance qui pourrait être malmené par des liens trop étroits avec l’opérateur historique ». Il balaie l’argument selon lequel un groupe unifié permet d’être plus efficace et réactif. Et critique aussi l’hyper-centralisation de la SNCF et les strates administratives « loin du terrain » que cela suppose.

    V.C.

    Retrouvez l’intégralité des propos tenus par Patrick Jeantet lors de ce Club VRT dans le numéro de mai de Ville, Rail & Transports

  • Alstom livrera jusqu’à 40 rames Coradia Stream en Roumanie

    Alstom livrera jusqu’à 40 rames Coradia Stream en Roumanie

    Alstom et l’Autorité roumaine pour la réforme ferroviaire (Autoritatea pentru Reformă Feroviară, ARF) ont signé un contrat pour la livraison de 20 rames automotrices de long parcours Coradia Stream et pour les services de maintenance associés pendant 15 ans. Le montant de ce contrat est de 1,3 milliard de lei (263 millions d’euros), la valeur des 20 rames représentant 71 % du total. « Ce seront les premiers trains de voyageurs livrés par Alstom en Roumanie », précise le constructeur.

    Ce contrat pourra faire l’objet d’une extension si l’ARF passe une commande d’un maximum de 20 rames supplémentaires. Le montant total estimé du projet pourrait alors dépasser 3,7 milliards de lei (750 millions d’euros), montant correspondant à la commande de 37 rames au total (soit 17 rames supplémentaires), à livrer d’ici fin 2024, selon l’ARF. Un délai de livraison assez court, mais envisageable pour un matériel roulant déjà commandé en Italie (où il circule depuis la mi-2019), aux Pays-Bas (livraison en cours) et au Danemark.

    Composées de six caisses, les rames Coradia Stream pour l’ARF offriront 351 places assises. Question accessibilité, les deux caisses d’extrémité présenteront une porte par côté chacune, contre deux pour les quatre caisses intermédiaires. Destinées aux grands axes électrifiés du réseau ferré roumain, ces rames conformes aux STI européennes devront atteindre une vitesse maximale de 160 km/h et devraient avoir un équipement ERTMS de bord.

    L’aménagement comprendra un système d’information voyageurs sonore et visuel (à affichage dynamique), alors que chaque voiture sera équipée de grands compartiments pour les bagages volumineux. L’ensemble de la rame disposera de « quatre cabinets de toilette écologiques équitablement répartis sur toute la longueur, dont un conçu pour les personnes à mobilité réduite », selon Alstom. Ces rames Coradia Stream seront aussi équipés « d’un système informatique et de capteurs de grande précision pour le comptage des voyageurs ».

  • Lancement du pont au-dessus des voies d’Austerlitz pendant le week-end de Pâques

    Lancement du pont au-dessus des voies d’Austerlitz pendant le week-end de Pâques

    Un nouveau pont pour enjamber les sept voies de la gare d’Austerlitz a été lancé, entre le 16 et le 17 avril. D’une largeur variable de 19 à 32 mètres sur 87 m de longueur, et 21 tonnes de masse, il reliera le boulevard de l’Hôpital à l’avenue Pierre Mendès-France, et deux quartiers de Paris Rive-Gauche, en franchissant le faisceau ferroviaire de la gare d’Austerlitz.
    Après une première étape le 11 novembre, le lançage en deux phases s’est poursuivi pendant le long week-end de Pâques. Par sécurité, le trafic ferroviaire a été complètement interrompu.
    Les équipes d’Arcadis, maître d’œuvre mandataire du groupement d’entreprises qui a remporté le concours lancé en 2016 par la Semapa et la Ville de Paris, ont dû travailler dans un tissu urbain contraint (voies ferrées, ligne 10 du métro, hôpital de la Salpêtrière) sans en perturber le fonctionnement quotidien. Elles ont dû aussi composer avec la crue du Rhin en juillet 2021 qui a ralenti le transport fluvial de la charpente métallique, pré-assemblée dans l’usine de Lauterbourg en Alsace, et acheminée sur site pour y être finalisée. Le chantier, qui a démarré en juin 2020, devrait prendre fin courant 2023.
  • L’impression 3D pour optimiser la maintenance des trains

    L’impression 3D pour optimiser la maintenance des trains

    Accélérer l’industrialisation des technologies de fabrication additive, l’équivalent industriel de l’impression 3D, pour optimiser la maintenance des trains. Tel est l’objectif du consortium Additive4Rail dont la création a été annoncée le 5 avril et qui réunit la SNCF, l’école Centrale Nantes, VLM Robotics, une PME spécialiste du « manufacturing 4.0 », et 4D Pionneers, qui développe des procédés industriels et des matériaux pour la fabrication additive.
    Additive4Rail fait partie des 7 premiers lauréats de l’Appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé en 2021 par le Comité d’orientation de la recherche et de l’innovation ferroviaires (Corifer) pour améliorer la performance, l’exploitation et la maintenance des trains et du réseau ferré. Le consortium est aussi soutenu via le Programme d’investissements d’avenir PIA4 et France 2030, piloté par le Secrétariat général pour l’investissement et géré par Bpifrance et l’ADEME. Tous participeront à l’augmentation de la qualité de service de la filière ferroviaire et de sa compétitivité.
    La fabrication additive associe conception numérique et fabrication rapide de pièces mécaniques, par ajouts successifs de couches de matière, comme peuvent le faire les imprimantes 3D grand public. Les procédés par “dépôt de filament thermoplastique” (Fused Deposition Modelling) et par “dépôt de fil métallique“ (Wire Arc Additive Manufacturing) seront particulièrement étudiés par le consortium.
    Grâce à la fabrication additive, les délais de prototypage, d’outillage et d’approvisionnement sont réduits ce qui offre une meilleure disponibilité des pièces et donc des trains pour l’exploitation. Cette technologie permet de réaliser des pièces qui ne sont plus fabriquées alors que le matériel auquel elles sont destinées est, lui, encore en service, sa durée d’exploitation pouvant atteindre une quarantaine d’années. Ainsi, le stock des pièces de rechange peut être réduit, tout comme les coûts qu’il représente. La maintenance des trains compte en effet 150 000 références, dont de nombreuses petites séries.
    Au-delà de la réalisation de pièces, la fabrication additive ouvre de nouvelles perspectives pour améliorer les composants et la personnalisation des pièces mais aussi pour les rendre plus fiables, légers ou silencieux que leurs originaux.
    Dès le mois d’avril 2022, une équipe dédiée de trois personnes va commencer les tests sur les matériaux et les machines développées par 4D Pioneers, VLM Robotics et l’École Centrale de Nantes, dans un bâtiment de 150 m2 au Technicentre industriel SNCF de Charente-Périgord, situé à Saintes. Le consortium va également réaliser des “démonstrateurs ferroviaires“ comme un bogie de train qui pourrait être fabriqué à l’horizon 2026.
    Additive4Rail représente un investissement de 10,7 millions d’euros sur 4 ans, réparti entre la SNCF (4,8 millions d’euros), Centrale Nantes (2,7 millions d’euros), VLM Robotics (2,47 millions d’euros) et 4D Pioners (890 000 euros).
    Yann Goubin
  • La Couronne se dote d’un pôle d’échange multimodal

    La Couronne se dote d’un pôle d’échange multimodal

    La communauté d’agglomération de Grand Angoulême (Charente) profite du projet de réouverture d’une halte ferroviaire sur La Couronne pour créer une plateforme d’échange multimodale. Ce chantier de 8,1 M€ permettra, notamment, la construction d’une passerelle piétonne de 50 m donnant accès aux quais ainsi que d’un parvis de 5 000 m2 qui offrira une mixité de stationnement avec un parking de 67 places et des stationnements longue et courte durée. L’aménagement d’une station BHNS du réseau Möbius est également annoncé. Livraison de l’ensemble prévue l’année prochaine.

    JS.T.

     

     

  • La SNCF vise 2000 caméras-piétons pour ses agents d’ici la fin de l’année

    La SNCF vise 2000 caméras-piétons pour ses agents d’ici la fin de l’année

    L’usage des caméras-piétons ne cesse de se développer au sein de la SNCF. L’entreprise a commencé, depuis janvier 2020, à équiper ses agents de la Suge, et depuis le deuxième semestre 2021, les salariés de SNCF Voyageurs sont aussi concernés. « Nous avons déjà 1000 caméras en service mais notre intention est d’atteindre 2000 à la fin de l’année », précise Valérie Boismartel, responsable de la division Sûreté à SNCF Voyageurs.
    Ces caméras-piétons sont destinées aux agents qui sont volontaires mais aussi assermentés. A SNCF Voyageurs, ils représentent potentiellement près de 12000 agents : ce sont des contrôleurs mais aussi des agents “au sol“ qui participent aux opérations d’accueil-embarquement des trains par exemple.
    Depuis le mois de septembre dernier, SNCF Voyageurs équipe progressivement ses agents dans toute la France. « On s’appuie sur des chefs de projets locaux, mais le déploiement est piloté au niveau national pour garantir une unité dans la mise en place », poursuit Valérie Boismartel. « Plus qu’une formation, il s’agit d’une sensibilisation à l’usage de l’appareil et à sa prise en main, pour la recharge et la collecte des enregistrements s’ils ont eu lieu ». C’est aussi l’occasion de lever les inquiétudes des agents sur l’utilisation des enregistrements. La hiérarchie n’y a jamais accès. « Seul le PC national de Suge peut les récupérer sur réquisition judiciaire et l’intervention d’un officier de police judiciaire ».
    Comme la Suge, SNCF Voyageurs a retenu les caméras Axon, après un appel d’offres européen mené par le groupe pour l’ensemble de ses entités (Suge, SNCF Voyageurs, Keolis, etc.). « Nous avons choisi ce modèle parce qu’il est facile d’usage. Les caméras se clippent sur un support qui s’adapte bien aux différentes tenues que portent nos agents », souligne la responsable Sûreté. L’autre avantage de ce matériel, c’est le dispositif associé qui permet de recueillir les données des caméras en cas de nécessité. La solution retenue permet de télécharger les données lors de la dépose des caméras dans les stations d’accueil, avec possibilité de recharge. Les enregistrements numériques sont alors automatiquement transférés vers un centre de stockage de données sécurisées pour une durée de 30 jours selon la loi.
    97 enregistrements ont été déclenchés depuis que les caméras ont été installées à SNCF Voyageurs, en septembre 2021. Lorsqu’une situation dégénère, l’agent doit annoncer aux voyageurs qu’il va déclencher l’enregistrement. Pour les aider dans la formulation, SNCF Voyageurs leur propose une phrase type « “Pour votre sécurité et pour la mienne, je vais déclencher la caméra qui va filmer notre échange”. Mais ils sont évidemment libres de la modifier s’ils le souhaitent pour mieux se l’approprier. »
    Pour SNCF Voyageurs les résultats sont positifs « Dans « 90% des cas les caméras apaisent la situation », indique Valérie Boismartel. Mais cela n’empêche pas parfois de devoir passer la main à des équipes de la Suge, lorsque la situation ne s’apaise pas. Reste une autre évolution positive, selon la responsable de la Sûreté, « le sentiment de sûreté des agents augmente de 17 % lorsqu’ils portent une caméra-piéton » .
    Yann Goubin
  • Amtrak présente son nouvel Acela à grande vitesse… qui sera retardé d’un an

    Amtrak présente son nouvel Acela à grande vitesse… qui sera retardé d’un an

    C’était un des grands événements attendus pour 2022 aux Etats-Unis, mais la mise en service de la deuxième génération de trains à grande vitesse Acela d’Amtrak – alias Avelia Liberty pour Alstom, son constructeur – a été encore repoussée d’un an, alors qu’elle était initialement prévue en 2021. Des modifications devront être apportées au nouveau matériel roulant, qui a été testé en 2020 sur le circuit d’essais de Pueblo (Colorado), puis sur les voies du corridor nord-est (NEC), où il est appelé à circuler jusqu’à 257 km/h (160 mph) entre Washington, Philadelphie, New York et Boston. Il faudra ainsi revoir la répartition des masses et la suspension, tout en respectant les nouvelles réglementations américaines liées à la sécurité passive et en assurant la compatibilité entre l’informatique embarquée et la signalisation. C’est donc désormais en 2023 (sans plus de précisions) que la première des 28 nouvelles rames pendulaires devrait accueillir ses voyageurs.

    En attendant, Amtrak a présenté à Philadelphie l’aménagement de ses prochaines rames à grande vitesse, qui comprendront initialement, entre deux motrices (qui ressemblent fort à celles du TGV M,) trois voitures Business Class, une voiture Café, quatre autres voitures Business Class et une voiture First Class. Si cette dernière est aménagée à 1+2 places assises de front, les autres présenteront 2+2 sièges dans la largeur. A l’occasion, Michael Keroullé, président de la région Amériques d’Alstom, a rappelé que les Avelia Liberty sont construits par son site de Hornell (Etat de New York), en partenariat avec le syndicat AIM (Association internationale des machinistes, International Association of Machinists en anglais), en faisant appel à près de 250 fournisseurs dans 27 États américains.

    P. L.


    Photos Amtrak

  • L’UTP demande plus d’équité entre les modes de transport face à la crise de l’énergie

    L’UTP demande plus d’équité entre les modes de transport face à la crise de l’énergie

    Tour à tour, organismes professionnels et associations des transports montent au créneau pour demander l’aide de l’Etat pour faire face à l’envolée des prix de l’énergie. D’autant que dans le cadre de son plan de résilience, présenté le 16 mars, le gouvernement a dit vouloir soutenir les entreprises de transport. « Or seul le transport routier de marchandises et de voyageurs bénéficie d’une aide sectorielle de 400 millions d’euros mais le transport par autobus n’est pas inclus dans ce dispositif« , rappelle l’UTP qui pointe « les conséquences pour les entreprises de transports publics et ferroviaires, grandes consommatrices d’énergie, touchées de plein fouet par une hausse inédite des prix de l’énergie qui met en danger leur équilibre économique fragile« .

    Selon l’organisme patronal, ces entreprises ont déjà supporté 250 millions d’euros de charges supplémentaires en 2021. Le surcoût pour les seuls opérateurs de fret ferroviaire est estimé à 55 millions d’euros sur 2022, ce qui risque de «mettre en péril la Stratégie nationale du gouvernement qui vise à doubler la part du fret ferroviaire d’ici à 2030″, selon Marie-Ange Debon, la présidente de l’UTP. « L’enveloppe de 170 millions d’euros/an prévue dans le cadre du plan de relance est déjà largement amputée ». De son côté, l’Alliance 4F (rassemblant le secteur du fret ferroviaire) s’inquiète aussi de « la fin de non-recevoir à sa demande de soutien de 55 millions d’euros« . Et les opérateurs de fret ferroviaire de déplorer d’être les « oubliés de la crise ».

    D’où l’interpellation de l’Etat par l’UTP pour bénéficier « d »actes forts pour soutenir les opérateurs de transport public et ferroviaire« . Et d’ajouter : « Il est paradoxal que les opérateurs de transport public et ferroviaire soient les grands oubliés de la crise énergétique alors qu’ils permettent de transporter chaque jour des millions de voyageurs et de tonnes de marchandises et qu’ils apportent la solution à la transition écologique et préservent le pouvoir d’achat ».

    MH P

  • En Ukraine, la voie diplomatique passe aussi par les chemins de fer

    En Ukraine, la voie diplomatique passe aussi par les chemins de fer

    Un mois et demi après le début de l’attaque russe en Ukraine, les chemins de fer apparaissent plus que jamais comme une artère vitale pour le pays, les connexions aériennes étant interrompues et les routes bloquées par de nombreux points de contrôle. La société ferroviaire Ukrzaliznytsia (UZ) indique avoir acheminé 3,5 millions de réfugiés, dont de nombreux femmes, enfants et personnes invalides. Cela, malgré les bombardements qui détruisent les voies ou des installations comme cela été le cas le 8 avril lors de la frappe par un missile de la gare de Kramatorsk dans l’est de l’Ukraine faisant 52 morts et plus d’une centaine de blessés. La communauté cheminote n’est pas épargnée. 88 travailleurs du rail ont été tués lors des attaques (dont 2 dans la gare de Kramatorsk) et 93 blessés selon la UZ.

    Les chemins de fer ukrainiens offrent aussi une voie diplomatique aux dirigeants européens qui viennent rencontrer le président Volodymyr Zelensky. Mi-mars, les Premiers ministres de la Pologne, de la République Tchèque et de la Slovénie ont pris le train pour rencontrer le président ukrainien et son Premier ministre Denys Shmyhal à Kiev, capitale du pays alors assiégée. Le 31 mars, c’était au tour de Roberta Metsola, la présidente maltaise du Parlement européen de faire le voyage en signe de soutien. Puis d’Ursula von der Leyen, la présidente de l’Union européenne, accompagnée de Josep Borrell, le chef de la diplomatie européenne, et d’Eduard Heger, le Premier ministre slovaque, qui ont aussi été à Boutcha, lieu de massacre de civils au nord-ouest de Kiev. Le chancelier allemand Karl Nehammer s’est aussi rendu sur les lieux.

    Citons enfin Boris Johnson qui a effectué le trajet en train entre la Pologne et l’Ukraine lors du week-end du 10 avril. L’occasion pour le Premier ministre britannique de rendre un vibrant hommage sur une vidéo aux « travailleurs du fer » en leur faisant part de la « solidarité » des Britanniques et de leur admiration pour tout ce qu’ils font.

    MH P

    Visionner la vidéo :