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Catégorie : Ferroviaire
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Adieu l’Expo, à quand la 18 ?
Va-t-on reporter la ligne 18 du Grand Paris après avoir abandonné l’Expo ? Le report et le retrait semblent bien faire la paire. Cependant, après avoir fait part dimanche de sa décision de renoncer à la candidature française à l’Expo 2025, le Premier ministre devait prendre encore un peu son temps avant d’annoncer un éventuel report du premier tronçon de la ligne 18 au-delà de 2024. Tronçon desservant allant d’Orly jusqu’au cluster de Saclay, où devait prendre place le « village global » de l’Exposition universelle.
Jean-Christophe Fromantin (député UDI des Hauts-de-Seine), le grand promoteur de la candidature française à l’Expo, a aussitôt dénoncé la « lâcheté sans nom » de la décision du Premier ministre. La plupart des élus concernés sont déçus mais ils ont vite fait d’oublier l’Expo pour en revenir à l’essentiel : la ligne 18. Luc Carvounas (député PS du Val-de-Marne), accuse le gouvernement de s’éviter de « chercher les fonds pour le métro du Grand Paris que la technostructure ne sait pas financer ». Des élus de l’Essonne emmenés par Grégoire de Lasteyrie, maire de Palaiseau, disent « craindre le pire : une annulation ou un report de la ligne 18 qui doit relier le plateau de Saclay et Orly d’ici 2024. Nous rappelons que le projet de ligne 18 existait avant la candidature de la France à l’Exposition universelle, et que sa nécessité lui survit aujourd’hui. Nous, élus du territoire, redisons avec force la nécessité d’une desserte lourde en transport en commun d’ici 2024 ».
Valérie Pécresse dit de même au Parisien : « J’espère que la messe n’est pas dite. Mais je ne suis pas optimiste. Pourtant, on ne peut pas prendre le prétexte d’abandonner le projet de l’Expo universelle pour abandonner celui de la ligne 18. L’Etat n’a pas fait d’économie dans son budget de fonctionnement, il n’a pas fait cet effort, et il se met à sacrifier des projets d’investissements. Saclay va devenir le moteur scientifique de la France, il doit être desservi et a besoin d’une nouvelle ligne de métro. »A priori, cette nouvelle ligne n’est pas menacée dans son existence. Le schéma d’ensemble du Grand Paris, Elisabeth Borne l’a dit, ne sera pas remis en cause. C’est le calendrier qui peut bouger. De plus, s’agissant toujours de la ligne 18, la loi Grand Paris indique qu’un métro doit être construit. Pas de tramway, donc… Mais un métro, cela peut désigner aussi bien un matériel à grand gabarit type ligne 15, un prolongement d’Orlyval, comme le métro de type parisien aujourd’hui décidé. Sur la ligne 18, pas mal de choses peuvent donc changer, même si cela conduit à refaire des études et donc à retarder le projet. Après tout, cela pourrait être un des cas-écoles du gouvernement, dans sa recherche de solutions de mobilité moins coûteuses que prévu en infrastructure.
A l’idée du report, les élus poussent les hauts cris. Selon l’union des élus pour la ligne 18, « compte tenu de l’état d’avancement du projet [du cluster de Saclay] et des conditions de circulation actuelles sur le plateau, 2024 c’est déjà tard ! » Tard, oui… mais, au-delà des effets de manche, est-ce possible ? Dans le rapport rendu le 21 septembre au gouvernement par le préfet d’Ile-de-France, Michel Cadot, la mise en service de la ligne 18 d’Orly jusqu’au CEA – Saint Quentin est prévue au premier trimestre 2024. Tout juste, donc. Mais il s’agit du calendrier des « échéances opérationnelles au plus tôt »… alors que le génie civil n’a pas commencé. Or, le prolongement de la ligne 14 Nord ou la réalisation de la ligne 15 le montrent, la phase travaux réserve des surprises. Rarement bonnes.
F. D.

Décès de Claude Gressier
Nous avons appris avec tristesse le décès de Claude Gressier, survenu le 7 janvier. Né en 1943, polytechnicien, ingénieur de l’Ecole nationale des ponts et chaussées, Claude Gressier avait notamment été directeur des Transports terrestres (1988-1993), directeur général adjoint de la SNCF (1993-1994), président de CTT Sceta (1994-1997), PDG de Geodis (1995-1997), directeur du Transport maritime, des Ports et du Littoral au ministère des Transports (1998-2001), vice-président de la commission des comptes des transports de la nation (2001-2009), administrateur d’Air France KLM (2004-2013) et de la SNCF (2006-2013).
Ces dernières années, au sein du Cercle des Transports, avec d’autres personnalités comme Jean-Noël Chapulut, Olivier Paul-Dubois-Taine, ou encore Philippe Essig, Claude Gressier avait invité à mettre l’accent sur la rénovation des réseaux existants et à décélérer sur les grands projets (Transports et dette publique, 2012, Réorienter les priorités du réseau du Grand Paris, 2014, Moderniser le réseau ferroviaire francilien, 2015). Il avait de ce fait joué un rôle essentiel dans la définition de la nouvelle doctrine de l’Etat sur les grandes infrastructures exprimée par Emmanuel Macron dans son discours de Rennes, le 1er juillet 2017.
Claude Gressier était venu exposer ses conceptions devant le Club Ville, Rail & Transports, et nous le contactions souvent pour connaître son analyse sur les grands dossiers actuels. C’est d’ailleurs en cherchant à le joindre pour parler avec lui du rapport de la Cour des comptes sur la Société du Grand Paris que nous avons appris son décès.
Nous présentons à sa famille nos condoléances attristées.
F. D.
Gilles Carrez : « Maintenant, à la tête de la SGP, il faut un chef de chantier »
Député (Les Républicains) du Val-de-Marne, Gilles Carrez connaît sur le bout des doigts les questions de financement du Grand Paris et des transports en Ile-de-France. En 2009, son rapport a ouvert la voie au financement du futur réseau. Président de la commission des Finances lors de la précédente législature, il avait commandé il y a un an à la Cour des comptes le rapport sur la SGP qui vient d’être rendu public. Et qui fait apparaître une énorme dérive de 13 milliards par rapport aux coûts d’objectif fixés par le gouvernement en 2013.
Gilles Carrez répond aux questions de VR&T.Ville, Rail & Transports. Pourquoi aviez-vous demandé à la Cour des comptes un rapport sur la Société du Grand Paris ?
Gilles Carrez. Je me doutais de ce que l’on est en train de découvrir et je voulais une opération vérité sur les coûts. Elle est indispensable, parce que c’est un projet magnifique, auquel la population adhère et qui répond à des besoins. Lors de mon rapport de 2009, il y avait deux projets concurrents, la double boucle de Christian Blanc, pour relier les clusters, et le plan de mobilisation de la région, tout aussi légitime, voire plus, du fait des besoins de la population. On a ajouté les deux, et cela a été entériné lors d’un conseil interministériel de mars 2013. Cela faisait une addition salée, et on s’est un peu voilé la face. Et pourtant, c’est bien connu, dans l’histoire des grands projets, les coûts réels dépassent les estimations.VR&T. Votre modèle de financement ne suffit plus ?
G. C. Le modèle que j’avais proposé reposait sur un fonds de roulement venu de taxes affectées, d’environ 500 millions par an, que nous avons levées très vite, pour retarder le plus possible le moment où il faudrait recourir à l’emprunt. Mais, ce qu’on n’avait pas vu venir, c’est que la SGP s’est retrouvé tout de suite avec une cagnotte. En période de manque d’argent, tout le monde s’est précipité dessus… A commencer par l’Etat pour sa participation au CPER, la RATP pour des véhicules de maintenance. Et on s’en est servi pour Eole, on a commencé par un milliard d’euros, on est arrivé à un milliard et demi ! Et je ne parle pas des demandes des élus qui ont fait en plus gonfler la facture. Chacun voulait sa gare ! On additionne tout cela, la facture explose, et ce n’est pas la faute de Philippe Yvin…
Mais, il y a eu un défaut tout de même de la SGP, qui n’a pas fait de provisions suffisantes pour aléas et risques identifiés. Au bout du compte elle l’a fait, mais elle aurait dû inscrire ces provisions il y a deux ou trois ans.
Les opérations commencent, il fallait cette opération vérité. Ce qui est gênant, c’est que dans cet exercice, il y a toujours un côté moralisateur, et cela retombe sur un dirigeant, Philippe Yvin, qui a pourtant fait un travail remarquable.VR&T. Comment adapter le calendrier selon vous ?
G. C. Aujourd’hui, en tout état de cause, il faut faire face aux échéances opérationnelles. C’est 2024. Les JO. Or, le fait d’être prêt pour 2024, cela représente en soi un défi colossal. Il faut le dire, parce que je crois que tout le monde n’en est pas trop conscient, on pense qu’il suffit d’appuyer sur un bouton. Non ! Aujourd’hui, il va falloir mobiliser 17 à 18 milliards d’euros entre 2018 et 2022, la SGP va être obligée d’emprunter de façon massive. Par ailleurs, d’un point de vue technique, on va forer un peu partout dans la région, avec la ligne 15 Sud, les prolongements nord et sud de la 14, sans oublier Eole… On ne peut pas se planter. Je suis très sensible aux aspects techniques et opérationnels. Il est nécessaire d’étoffer la SGP pour assurer une maîtrise d’ouvrage très forte. Il faut donner à la SGP des moyens humains suffisants, en quantité et en qualité. On commence à creuser, on commence à passer les marchés système. Or, aujourd’hui, pour une personne à la maîtrise d’ouvrage, il y en a 10 à 15 en assistance à maîtrise d’ouvrage. Cela ne va pas. Certes, il y a la question des coûts et, je l’ai dit, il fallait une opération vérité. Mais il ne faut pas oublier les moyens humains.Donc, les JO d’abord, mais ça n’est pas gagné, et ensuite, après 2024, il va falloir phaser. En commençant par répondre à la demande en fonction des fréquentations attendues des tronçons. Selon les besoins actuels des transports, avant les besoins futurs.
VR&T. Il faudra trouver des ressources supplémentaires ? Combien ? Lesquelles ?
G. C. Le schéma que j’avais proposé, avec 500 millions de taxes affectées par an, correspondait aux quelque 25 milliards qu’on avait en tête. Aujourd’hui à 38 milliards, il faut phaser et trouver d’autres ressources, peut-être aller à 700 ou 800 millions d’euros par an. Peut-être le rapport de la Cour aurait-il pu aller plus loin sur le sujet.VR&T. Il y a bien la redevance d’infrastructure d’environ 200 millions, que devrait acquitter Ile-de-France Mobilités, l’ex-Stif.
G. C. Je vois que pour l’instant le sujet n’est pas à l’ordre du jour. Mais il faudra bien arriver à payer à la SGP une redevance pour l’usage de son infrastructure.VR&T. Vous faites de 2024 une échéance à ne pas manquer. Mais quand on regarde la liste prévisionnelle des mises en service dressée en novembre par le préfet Michel Cadot, et qui figure dans le rapport de la Cour des comptes, on se dit que ce n’est pas gagné du tout. Comment y arriver ?
G. C. Si on est prêt en 2024, ce sera une prouesse mondiale. On a fait de la politique, aujourd’hui il faut faire de l’opérationnel, avec des ingénieurs aux commandes, responsabilisés sur des coûts. Quand je dirigeais les Villes nouvelles, j’ai vu comment on a réussi à faire Disneyland, avec la desserte du RER et la gare TGV. C’était une gageure. Il fallait un grand ingénieur pour faire tout cela. Sans Jean Poulit, on n’y arrivait pas. Regardez ce que font les Anglais pour Crossrail. Les patrons, ce sont des ingénieurs. Maintenant, à la SGP, il nous faut des chefs de chantier.Propos recueillis par François Dumont

Transport ferroviaire. Comment mettre la France à l’abri d’une régression
Par Yves Crozet, professeur émérite à l’Université de Lyon (IEP) et membre du Laboratoire Aménagement Economie Transports (Laet).
L’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), dans le cadre de son Observatoire des transports et de la mobilité, a mis en ligne en novembre 2017 un document intitulé Le marché français du transport ferroviaire de voyageurs 2015-2016. En 45 pages, plus 41 pages d’annexes, une foule de données statistiques est soumise à la sagacité du lecteur. Plusieurs thèmes sont abordés : les trafics, l’état du marché, la qualité de service, les données économiques et financières, etc. Le document se veut informatif, il n’est pas accompagné d’analyses ou de recommandations. Mais on ne peut s’empêcher de lire entre les lignes, de rapprocher les indicateurs produits de la mission confiée récemment par le Premier ministre à Jean-Cyril Spinetta. Le 2 octobre 2017, ce dernier a été chargé rien moins que de « préparer une stratégie d’ensemble pour refondre le système ferroviaire ». Son rapport doit être remis en janvier 2018 et aborder : la stratégie de desserte, la stratégie économique et financière, la tarification de l’infrastructure et l’ouverture à la concurrence. Excusez du peu !
Chacun aura compris que l’ancien patron d’Air France a été chargé des travaux d’Hercule. Pour mesurer l’ampleur de la tâche rappelons d’abord qu’il n’y a pas un mais des marchés ferroviaires, divers et problématiques. Pour que se dessine une nouvelle cohérence stratégique intégrant l’ouverture à la concurrence, un changement de paradigme serait nécessaire mais il heurte des habitudes solidement ancrées ?
Les marchés ferroviaires : disparates et problématiques
L’excellent travail de l’Arafer doit être salué. Avec la Cour des comptes, le régulateur est en France une de seules entités publiques à aborder sans tabou les difficultés que connaît notre « modèle » ferroviaire. Une de ces difficultés réside dans l’utilisation du singulier, dans le fait de parler d’un marché ferroviaire alors qu’il en existe plusieurs, très spécifiques et, chacun à leur façon problématiques car ils posent la question de la zone de pertinence des services ferroviaires.
Les services commerciaux et l’indispensable péréquation
Le transport ferroviaire de voyageurs a représenté en France en 2015 un chiffre d’affaires de 13,4 milliards d’euros. Dans cet ensemble, les activités commerciales, celles qui ne sont pas subventionnées, ont représenté un peu moins de la moitié, 5,7 milliards, les services TGV représentant la majeure partie de ce total (4,6 milliards). Compte tenu du trafic TGV domestique (45,7 milliards de passagers-km), cela représente une recette moyenne de dix centimes par Pkm. Notons d’abord la modestie de ce chiffre. Contrairement à l’idée répandue selon laquelle le TGV serait hors de prix, cela donne par exemple un prix de 50 euros pour 500 kilomètres à grande vitesse. A titre de comparaison, de Paris à Bordeaux en voiture par l’autoroute, il faut compter au moins 85 euros, rien que pour l’autoroute et le carburant, sans compter l’amortissement du véhicule.
Les usagers du TGV ne vont pas se reconnaître dans ce prix moyen. Ils pourront aisément montrer que même en seconde classe, ils ont souvent payé deux fois plus, voire au-delà. Une première explication à cette différence entre recette moyenne et prix payé nous est donnée par l’Arafer. 5 % des clients du TGV circulent gratuitement ! Ce ne sont pas les bénéficiaires de promotions commerciales, mais les agents de la SNCF et leur famille. C’est un détail révélateur des spécificités, des charges que génère l’organisation, le monopole produisant les services ferroviaires.
Pour le client, ces « facilités de circulation » sont problématiques car pour que les TGV soient rentables, il est indispensable de pratiquer le yield management, c’est-à-dire une modulation tarifaire très fine. Sur certains trains, des billets Prem’s sont vendus à 25 euros, alors que quelques semaines plus tard il faut débourser trois ou quatre fois plus pour le même service. Cette modulation des tarifs dans l’espace et dans le temps est indispensable car, comme le rappelle la SNCF, près de 70 % des services TGV ne sont pas rentables. Les 30 % restants doivent donc dégager des marges substantielles, au grand dam des voyageurs qui circulent en période de pointe. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas fini de contribuer à l’équilibre du système comme l’a montré la récente vague de contestation des tarifs pratiqués pour Noël et le jour de l’an. Les principaux plaignants dans cette affaire étaient les jeunes bénéficiaires de la formule TGV Max. Mais ces derniers doivent comprendre qu’avec leur abonnement, certains de leurs trajets rapportent à la SNCF moins de 10 euros, à peine 2 centimes du km. Les prix cassés ont une contrepartie sous forme de prix majorés. Ainsi, pendant l’été, les billets TGV coûtent en moyenne 20 à 25 % de plus qu’en hiver.
La tarification des TGV est donc une mécanique très élaborée organisant une gigantesque péréquation entre les clients. Cette réalité est problématique et mal acceptée. Beaucoup de clients verraient d’un bon œil un système tarifaire proche de celui des trains de la vie quotidienne où les subventions remplacent la modulation.
Des services conventionnés coûteux
Les subventions publiques sont indispensables pour les services conventionnés que sont les TER, les TET et les Transiliens de la région parisienne. Pour assurer ces services, la SNCF a perçu en 2015 plus de 7,6 milliards d’euros de recettes dont près de 65 % (4,9 milliards) provenaient de subventions publiques. En 2016, pour chaque kilomètre parcouru par passager dans un service régional conventionné, l’usager a payé en moyenne 6,5 centimes d’euros, et l’autorité organisatrice a payé le complément de 17,7 centimes d’euros soit un coût total de 24,2 centimes par Pkm.
Selon la définition de l’Insee, ces services peuvent ainsi être qualifiés de non marchands puisque les recettes couvrent moins de 50 % du coût et même beaucoup moins.
L’Arafer nous apprend que les situations varient très fortement d’une région à l’autre (voir graphique 1). Dans l’ancienne région Limousin, les recettes commerciales du TER couvrent seulement 10 % du coût contre 35 % en Alsace, 31 % en Rhône-Alpes et 30 % en Ile de France.
Cette disparité est à mettre en relation avec deux autres constats
– Le premier concerne la fréquentation, en baisse en 2016 dans toutes les régions à l’exception de l’Alsace, de la Picardie et de l’Ile-de France. Le nombre de Pkm a ainsi diminué de 10,3 % en Poitou-Charentes, de 9,3 % en Auvergne, de 7,5 % en Bourgogne et de 7,3 % en Champagne-Ardenne… Les débuts de l’année 2017 ont marqué un redressement qui n’est pour l’heure qu’un rattrapage partiel.
– Il existe des explications conjoncturelles à ces mauvais résultats (grèves du printemps, faible prix des carburants) comme au rebond de 2017 (reprise économique). Mais des facteurs structurels jouent en défaveur des TER, au premier rang desquels se trouve la réduction de l’offre, -3,7 % pour les TER (de 43,3 à 41,7 millions de trains-km par trimestre) et -2,7 % pour les Transiliens. Un autre élément péjorant est la médiocre qualité du service. 5 % des trains programmés ont été supprimés et 11 % des trains sont arrivés à destination avec un retard d’au moins six minutes. La fréquentation baisse donc plus que l’offre. Les clients se détournent des TER où l’on retrouve de plus en plus les seuls abonnés, ceux qui contribuent le moins. Un abonné rapporte en moyenne 4,1 centimes par Pkm contre 10,7 pour un non abonné.Les régions sont ainsi confrontées à un effet de ciseaux : une baisse des recettes commerciales (-5,2 % en 2016) associée à une hausse des coûts (+3,4 % pour le train-km). C’est pour cela qu’elles ont réduit leur offre au cours des dernières années, un plafond ayant été observé en 2012. Le coût élevé du train a conduit à supprimer des services ou à les transférer sur l’autocar, près de cinq fois moins cher. Nous retrouvons à nouveau ici la question de la pertinence des dessertes ferroviaires. L’Arafer le fait de façon indirecte mais explicite en rappelant que les taux d’occupation des trains sont très faibles : 28 % pour les Transiliens, 25 % pour les TER avec là encore des disparités importantes entre régions : 15 % en Limousin, 16 % en Bourgogne, 18 % en Champagne-Ardenne contre 31 % en Midi-Pyrénées ou 30 % en Bretagne, Pays de la Loire ou Alsace. L’Arafer enfonce le clou dès le début de son rapport en rappelant que sur 31 % du réseau ne circule que 1 % des trains. On ne pouvait poser de façon plus claire la question des dessertes !
Cohérence stratégique vs préférence pour la dépense publique
Les chiffres diffusés par l’Arafer rappellent que le ferroviaire est proche en France d’une spirale de déclin. Cette situation était assez générale en Europe il y a 25 ans. C’est pour y faire face que l’Union européenne a engagé les différents paquets ferroviaires au cœur desquels se trouve l’ouverture à la concurrence. L’arrivée de nouveaux opérateurs est un remède contre la baisse de la fréquentation et la hausse des coûts. La diversité des marchés va de pair avec la pluralité des transporteurs et l’aiguillon de la concurrence est indispensable face à l’inertie des anciens opérateurs. Mais comme la concurrence vise surtout à maîtriser les dépenses publiques, cela suscite en France plus de méfiance que d’adhésion.
Les services conventionnés : concurrence, fermeture ou… gratuité ?
L’ouverture à la concurrence pour les passagers est déjà une réalité dans de nombreux pays d’Europe, le plus souvent sous la forme d’une concurrence « pour le marché » dans le cadre de délégations de service public. Dans un pays comme l’Allemagne, le résultat le plus notable a été la baisse sensible des coûts. Les subventions publiques qui étaient, en euros constants de 2010, proches de 16 par train-km en 1996 sont aujourd’hui inférieures à dix (-37,5 %). Cela a permis de développer l’offre. La taille du marché a augmenté au point que l’opérateur historique a perdu des parts de marché mais n’a pas subi de pertes significatives de chiffre d’affaires. Une telle configuration « gagnant-gagnant » est-elle possible en France ?
Il faudrait pour cela que l’ouverture à la concurrence conduise vraiment à une baisse des coûts stimulant l’offre.
Une baisse pour les nouveaux entrants d’une part, ce qui signifie qu’il ne faudra pas trop charger la barque en leur imposant des contraintes qui relèvent des coûts de structure ou des conventions collectives propres à la SNCF. La façon dont le futur texte de loi organisera les choses sera décisive.
Une baisse pour l’opérateur historique d’autre part grâce à des gains de productivité. L’Etat actionnaire doit faire pression en ce sens. La concurrence n’est pas une baguette magique. Comme l’a montré l’exemple du fret elle conduira à de piètres résultats si la productivité de l’opérateur historique restait médiocre.Si, malgré l’ouverture à la concurrence les coûts restaient orientés à la hausse, la conséquence logique serait la fermeture progressive des services les moins fréquentés. Comme l’a indiqué la Fnaut en 2014 à propos de 25 lignes menacées de fermeture, l’appel à de nouveaux opérateurs est une solution pour redonner au ferroviaire une pertinence dans les zones peu denses. Il existe donc bien une alternative qui se résume ainsi : baisse des coûts versus fermetures de lignes. Il n’est pas certain que la première branche l’emporte d’autant que nous sommes en France, un pays qui cultive une passion pour la dépense publique. Certains élus pourraient être tentés de transformer l’échec en mesure démagogique. Plusieurs villes françaises (plus de 25) n’ont-elles pas décidé la gratuité des transports collectifs urbains en considérant qu’elle était plus simple qu’une tarification qui ne couvre que 10 à 20 % des coûts ? Comme plusieurs sous-ensembles régionaux sont dans ce cas (voir graphique 1), la tentation existera de faire de même pour les TER, notamment lors des campagnes électorales pour les prochaines élections régionales (2021).
La grande vitesse à tout prix ?

Il n’y a pas que les TER qui peuvent servir de marqueur et d’étendard politique. Les TGV sont ainsi devenus des sujets de conflits entre acteurs territoriaux et pouvoir central. La région Occitanie vient d’en faire la démonstration, mais elle n’est pas la seule. Beaucoup d’élus locaux, y compris ceux qui réclament à l’échelon national la baisse des dépenses publiques, expliquent que le TGV est indispensable au développement économique et à l’équité entre les territoires. Mais l’extension du réseau doit se traduire dans les trafics. En 2016-2017, le réseau de LGV s’est agrandi de 32,8 %. Le trafic sur les lignes domestiques progressera-t-il dans la même proportion, soit de 15 milliards de Pkm ? La concurrence peut y contribuer mais elle ne peut se résumer à un écrémage autorisant le nouvel entrant n’assurer que les services profitables.
Les services rentables doivent équilibrer les autres fautes de quoi, il est nécessaire de réduire l’offre déficitaire. Déjà, en 2016, le nombre de trains-km TGV a baissé de 5,5 %. Doit-on en conclure que l’offre TGV a atteint sa taille optimale ? Ou peut-on étendre encore le réseau de LGV en espérant des gains de productivité et de trafic pour les services TGV ? C’est une première question à laquelle devra répondre M. Spinetta.
D’autres ont déjà répondu pour lui en évoquant non pas des gains de productivité mais la mobilisation de fonds publics.
– D’abord une baisse des péages compensée par des dotations publiques plus importantes de l’Etat à SNCF-Réseaux.
– Ensuite des montages juridiques, sur la base du modèle de la Société du Grand Paris, permettant de lever des impôts nouveaux pour financer de nouvelles LGV.
– A cela s’ajouteront ultérieurement des subventions de fonctionnement pour les TGV.
Ces trois solutions correspondent à une augmentation des impôts. Alors que la lettre de mission du Premier ministre évoque un modèle économique maîtrisé c’est une autre musique qui monte des territoires, celle de l’accroissement de la dépense publique. C’est une autre question à laquelle devra répondre M. Spinetta. Le TGV, pour étendre sa toile, doit-il devenir à terme un service non plus commercial, mais subventionné ? Et si oui, à quel niveau ?
Dans le domaine du ferroviaire, comme dans d’autres, la France n’est jamais à l’abri d’une régression. Ainsi, en 2014, alors que l’Union européenne préparait un quatrième paquet ferroviaire centré sur l’ouverture à la concurrence et la recherche d’efficience, la France engageait une réforme ferroviaire bâtie sur la nostalgie du monopole(1). Nouvelle illustration de la préférence pour le statu quo, les négociations du printemps 2016 sur la convention collective propre à la SNCF ont sanctuarisé le fameux RH077. La loi d’ouverture à la concurrence annoncée en 2018 pourra-t-elle se garder de tels écueils ? M. Spinetta trouvera-t-il les bons arguments pour aider le gouvernement à éviter trois solutions de facilité.Celle qui ferait de l’ouverture à la concurrence une réforme cosmétique, simplement destinée à donner le change à Bruxelles.
Celle qui ferait que cette réforme ne soit pas accompagnée d’objectifs clairs en matière de gains de productivité pour l’opérateur historique.
Celle qui accepterait de transformer le TGV en service conventionné sur le modèle que nous connaissons : toujours plus d’argent public !
Hercule a mis 12 ans pour réaliser ses douze travaux. Disposons-nous d’un tel laps de temps pour refondre du système ferroviaire ? Ou faut-il aborder plusieurs tâches en même temps ?
Yves Crozet
(1) Voir Champion national ou nostalgie du monopole ?, VR&T n° 555, P.57-59.

Grand Paris : un préfet pourrait succéder à un préfet…
François Philizot, c’est un nom que l’on entend pour succéder à Philippe Yvin – qui est tout de même toujours président en titre du directoire de la SGP. Né en 1957, ancien élève de l’ENA, François Philizot, a été préfet de l’Indre, du Tarn, du Morbihan, de la Saône-et-Loire. Ancien DGA de la Datar, il connaît l’aménagement du territoire et les transports. Il a été nommé en 2013 délégué interministériel au développement de la vallée de la Seine. Il a été chargé en 2015 d’une mission de concertation sur les TET (trains d’équilibre du territoire).
Le successeur de Philippe Yvin quel qu’il soit, que l’appel de Gilles Carrez (voir l’article Gilles Carrez : « A la tête de la SGP, il faut un chef de chantier ») soit entendu ou pas, devra porter la nouvelle feuille de route de la SGP, avec le futur calendrier de réalisation. Elle est attendue pour le milieu de la semaine prochaine. Le dernier état des lieux de ce qui est faisable à telle ou telle échéance a été dressé le 13 novembre dernier par le préfet d’Ile-de-France Michel Cadot. Reste à passer d’un constat à des objectifs. En espérant que, cette fois, ils seront tenables.
F. D.

Il faut sacrifier le soldat Yvin
Selon notre confrère Mobilettre, le sort de Philippe Yvin, le président du directoire de la SGP, serait scellé. L’Etat aurait lancé la procédure de recrutement d’un successeur. Ce n’est pas une surprise, et depuis des mois le petit Paris des transports bruissait de la rumeur du départ du président du directoire de la SGP. En cause, bien sûr, les dérapages de quelque huit milliards d’euros dans le coût estimé de réalisation du projet (35 au lieu de 27). On attendra qu’un Pascal Auzannet [voir aussi Grand Paris : Auzannet dit tout (ou presque)] se penche sur les épisodes les plus récents de l’histoire du Grand Paris Express pour voir la part de chacun dans les dérives. On attendant, les langues se délient et les commentaires sont assez sévères.
Pas sur la personne de Philippe Yvin. Sur le fonctionnement de la SGP, décrit comme une administration, qui ne sait pas refuser grand-chose aux élus. Une société faite pour porter le projet, pas pour le réaliser. Pas une entreprise. Cette faiblesse dans la maîtrise d’ouvrage, est-ce sa faute ? Evidemment pas. L’Etat maintient la SGP dans un état de sous-effectif constant, avec 210 personnes. (A titre de comparaison, le prolongement d’Eole, de 3,8 milliards, représente une soixantaine de personnes en maîtrise d’ouvrage ; voire 130 en MOA et MOE confondues, dont seulement 20 % d’experts externes ; et on ne sache pas que la direction d’Eole se tourne les pouces). Surtout l’Etat, aujourd’hui comme hier, a mis à la tête de la SGP un préfet. Etienne Guyot, nommé en 2011, débarqué en 2013 et alors remplacé par Philippe Yvin. Pour que la SGP grandisse, il serait bon que l’Etat en fasse autant, sache ce qu’il veut (gouvernance, métro, il paraît que c’est pour bientôt), et mette à la tête de la Société du Grand Paris un dirigeant ou une dirigeante connaissant la maîtrise d’ouvrage.
Cela dit, il y a tout de même un point sur lequel la communication de la SGP a été calamiteuse. Celle qui a consisté à dire, dès qu’on a pointé les surcoûts, « qu’on ne pourrait parler de dérapage budgétaire que lorsque les coûts d’objectifs auront été fixés ». Autrement dit que les estimations sur lesquels la communication publique avait été faite et sur lesquels étaient calibrés les financements, n’avaient qu’une valeur indicative. Même raisonnement quasiment pour les délais. On espère que, avant le 3 février, date retenue pour la descente du premier tunnelier dans le puits de Champigny, on aura un vrai calendrier du métro et un devis qui tiennent.

La communication interne passe par le tout-digital à la SNCF
La SNCF a cessé, fin décembre, de publier son magazine Les Infos. Mathias Vicherat, le directeur général adjoint de SNCF, chargé du Projet d’entreprise et de la Communication, explique à Ville, Rail & Transports, le choix du groupe en faveur du digital.
Ville, Rail & Transports. Pourquoi avoir arrêté, fin décembre, le journal papier Les Infos ?
Mathias Vicherat. Nous étions convaincus qu’il fallait faire évoluer notre modèle de communication interne pour plusieurs raisons : d’abord parce qu’en arrêtant la diffusion papier (entre 80 000 et 90 000 exemplaires distribués chaque mois), nous réduisons notre empreinte écologique. Ensuite, parce qu’en passant au tout-digital, nous allons également réaliser une économie de l’ordre de 700 000 euros annuels.
Enfin, nous souhaitons que la nouvelle appli les Infos que nous avons lancée en octobre dernier, soit interactive et personnalisable, ce que ne permet pas le papier.
VR&T. Qu’attendez-vous de ces évolutions ?
M. V. Désormais, il est possible de télécharger Les Infos, mais aussi d’avoir un moteur de recherche avec des notifications push adaptés aux centres d’intérêt de chacun. Toutes les autres composantes de communication peuvent d’ailleurs être intégrées dans l’appli. Comme par exemple Temps réel.
D’ores et déjà nous constatons des résultats intéressants puisque le nombre de téléchargements est passé de 72 000 en octobre à plus de 86 000 aujourd’hui. La bascule dans le digital est importante. Notre intention est de multiplier le nombre de salariés équipés de smartphone. Aujourd’hui on en compte 95 000. L’idée est d’avoir une couverture digitale.
VR&T. Quels sont vos autres projets pour renforcer la communication interne ?
M. V. Nous comptons intégrer, dans notre appli, le projet de groupe que nous avons finalisé et envoyé aux IRP (instances représentatives du personnel). Avec cette démarche, nous souhaitons lui donner une dimension interactive et digitale. Dans les semaines et les mois qui viennent, le projet de groupe va devenir central. Nous voulons essayer de susciter les commentaires, le dialogue.
Dans cet esprit, Guillaume Pepy a désormais un compte Linkedin, où il publie régulièrement des commentaires. Celui sur l’affaire Weinstein par exemple a été téléchargé près de 60 000 fois.
L’appli peut aussi être téléchargée en externe. Nous voulons favoriser les échanges entre l’interne et l’externe.
Enfin, nous ne nous interdisons pas de recourir à une diffusion papier si nous souhaitons par exemple communiquer sur des sujets de fond. Mais ce sera de façon homéopathique.
Propos recueillis par Marie Hélène Poingt

CRRC confirmé pour les rames du futur RER de Buenos Aires
Dans le Boletín Oficial argentin du 29 décembre, le ministre des Transports Guillermo Dietrich a annoncé avoir passé une commande directe et exclusive auprès du constructeur chinois CRRC Qingdao Sifang pour la fourniture de 200 voitures destinées à entrer dans la composition d’automotrices électriques sur la ligne de banlieue dite du General Roca (Línea Roca). Le montant de cette commande est estimé à 316,5 millions de dollars (260 millions d’euros). Cette nouvelle tranche fait suite à deux commandes totalisant 709 voitures, passées début 2013 pour trois lignes de banlieue de Buenos Aires, dont la Línea Roca (42 rames). D’une valeur approchant le milliard de dollars (près de 820 millions d’euros), cette commande précédente était alors « la plus importante commande étrangère d’automotrices passée à la Chine » selon CRRC.
La confirmation de CRRC comme fournisseur des trains de banlieue destinés aux lignes électrifiées en 25 kV autour de Buenos Aires permettra d’y disposer d’un parc techniquement uniforme, avec des rames de même longueur. Ce choix permettra aussi de réformer 20 automotrices Toshiba datant de 1983, soit « largement plus que leur durée de vie utile de 30 ans », selon le ministère argentin des Transports. Enfin, ce parc uniforme formerait celui du futur RER (Red de Expresos Regionales) de Buenos Aires, projet de grande ampleur qui nécessitera la création de 16 km de nouveaux tunnels entre les trois principales gares de Buenos Aires (Retiro, Once et Constitución). Afin d’en élaborer les spécifications pour les appels d’offres à venir, Guillermo Dietrich a signé en avril dernier un contrat d’assistance technique avec le groupe FS Italiane (voir notre Lettre confidentielle du 24 avril 2017).

La Fnaut réclame la fin du « malthusianisme ferroviaire »
Si la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut) se montre farouchement opposée « à de nombreux grands projets coûteux et inutiles ou surdimensionnés » (aéroport Notre-Dame-des-Landes, Canal Seine – Nord, autoroutes urbaines comme par exemple la rocade de Rouen, ou même certains projets de transport collectifs comme les lignes 17 et 18 du Grand Paris), elle réclame toutefois la sortie de la « pause » annoncée en juillet dernier par le gouvernement et l’arrêt du « malthusianisme ambiant » dans le ferroviaire.
Selon elle, en effet « on ne cesse de réduire les fréquences et les dessertes. Or, si on se fie aux prévisions qui montrent une hausse des besoins de mobilité à l’avenir, il faudrait se mettre en position d’accueillir 3 à 4 % de voyageurs par an en plus dans les prochaines années », estime Bruno Gazeau, le président de la Fnaut.
« Ce qui est à la mode aujourd’hui, c’est d’attendre tout des nouvelles mobilités, du véhicule autonome… Mais ce n’est pas parce que ces nouvelles technologies arrivent qu’elles changeront à elles seules fondamentalement la donne. Seuls les grands investissements provoquent des basculements vers le ferroviaire ou les transports collectifs urbains », affirme Jean Sivardière, vice-président, en plaidant pour un réseau bien maillé où transports du quotidien et grands projets se complètent et s’alimentent. Un exemple selon la Fnaut : les lignes nouvelles Bordeaux – Toulouse, Montpellier – Perpignan et Marseille – Nice visent à augmenter la capacité du rail au bénéfice des TER, des Intercités et du Fret et pas seulement à augmenter la vitesse des déplacements sur LGV. Il faut aussi prendre en compte les effets bénéfiques du TGV qui émet 36 fois moins de gaz à effet de serre par voyageur-km que l’avion court-courrier et 16 fois moins que la voiture. Et Jean Sivardière de s’interroger : « Partout ailleurs, en Grande-Bretagne, en Allemagne, au Luxembourg, en Suisse ou en Chine, on investit massivement dans les systèmes ferroviaire et urbain. Pourquoi cela s’arrêterait-il en France ? »
Si la priorité donnée à la rénovation du réseau existant lui va bien, la Fédération demande aussi un examen des grands projets « au cas par cas » et un tri « rationnel », se basant sur une analyse des besoins actuellement « sous-estimés ».
Pour renforcer les possibilités de financements, à un niveau insuffisant aujourd’hui, elle revendique de longue date une hausse de la TICPE d’un centime par litre de carburant routier qui permettrait de financer les grands projets et tout particulièrement ceux qu’elle juge prioritaires : le quatrième appel à projets de mobilité urbaine durable (TCSP urbains, RER, vélo), la ligne nouvelle Montpellier – Perpignan et les LGV Bordeaux – Toulouse et Marseille – Nice pour desservir les aires urbaines (avec respectivement 1,3 million et 1 million d’habitants) et gagner du trafic face à l’avion ou la route.
M.-H. P.

Mike Cooper nouveau directeur général d’Eurostar
Eurostar, le train à grande vitesse qui relie l’Europe continentale au Royaume-Uni, annonce ce 9 janvier la nomination de Mike Cooper, actuellement DG de l’entreprise de service de livraison Yodel, au poste de directeur général. Mike Cooper succédera à Nicolas Petrovic qui quittera Eurostar à la fin du mois de février pour prendre la présidence de Siemens France.
Avant de prendre la direction générale de Yodel, Mike Cooper était directeur général adjoint de l’entreprise européenne de transport Arriva, en charge du segment chemins de fer, bus et tramways à travers 13 pays. Auparavant, il a occupé les postes de directeur commercial d’EasyJet entre 2000, année de l’introduction en Bourse de l’entreprise, et 2005 et de Managing Director de Portland Travel, partie du groupe Thomson Travel.