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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

Jean-Cyril Spinetta chargé de repenser le transport ferroviaire
L’Etat voit avec frayeur la dette de SNCF Réseau croître de trois milliards d’euros par an. 70 % des relations à grande vitesse de la SNCF sont déficitaires. Le TER est en difficulté, et Elisabeth Borne ministre souhaite qu’il « transporte beaucoup plus de monde ». Ce qui sera sans doute le cas s’il accompagne la métropolisation des territoires et se recentre sur les flux massifs de passagers. Autre échéance à prévoir, le transport de passagers doit se préparer à la concurrence. De plus, le fret aussi va mal, et, comme le dit Elisabeth Borne, « ce n’est pas parce que nos voisins ont aussi des difficultés que cela doit nous consoler ». Tel est le constat du gouvernement. Le modèle économique du transport ferroviaire doit donc être repensé. En lançant le 19 septembre les Assises de la mobilité au Palais Brongniart, le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé avoir confié à Jean-Cyril Spinetta la mission d’imaginer un nouveau modèle pour le transport ferroviaire. Jean Cyril Spinetta (73 ans) a été directeur de cabinet de Michel Delebarre (1988-1990), notamment quand il était ministre de l’Equipement, puis, successivement, PDG d’Air Inter, PDG du groupe Air France, PDG d’Air France-KLM. Il remettra ses conclusions au gouvernement au premier trimestre 2018.

A Casablanca, RATP Dev transforme l’essai
12 ans. C’est la durée du contrat que vient de remporter RATP Dev à Casablanca. Le premier contrat était de cinq ans. 2012 – 2017. En mai 2016, Elisabeth Borne, alors PDG de la RATP, était allée à Casablanca, y fêter le cent-millionième passager… et discuter de la suite, un mois avant le lancement de l’appel d’offres [voir VR&T n° 589 de juillet 2016]. Catherine Guillouard, qui lui a succédé, vient de conclure, mi-septembre, le nouveau contrat avec Casa Transports, l’autorité organisatrice. En douze ans, RATP Dev, via sa filiale Casa Tram va être chargée de la mise en service et de l’exploitation de quatre nouvelles lignes de tramway et de deux BHNS. C’est, à une ligne près, ce à quoi on s’attendait, selon le plan de développement 2015-2022 arrêté par le Grand Casablanca. Mais on évoquait alors un contrat de cinq ans renouvelable cinq ans, alors que le dispositif donne à l’exploitant l’avantage de la durée. Ce renouvellement vient confirmer un succès. 140 000 voyageurs transportés par jour, 95 % de taux de satisfaction, une régularité remarquable, un taux de fraude quais nul grâce aux stations fermées et surveillées par du personnel.
Et, précise Laurence Batlle, présidente du directoire de RATP Dev, le groupe a « l’ambition d’accompagner Casa dans sa volonté de devenir la première Smart City d’Afrique ». Cela commence à vrai dire de façon assez traditionnelle par l’achat de pièces détachées auprès de fournisseurs marocains, qui suppose d’accompagner ceux-ci jusqu’à l’homologation. Mais cela passe aussi par un développement du big data. A Casa RATP Dev avait ouvert la voie en travaillant avec une start-up californienne, Urban Engine, sur les entrées et les sorties de voyageurs à chaque station du tram. Le groupe persévère et implante au Maroc son data innovation center : le big data, pour RATP Dev, c’est à Casa. Enfin, le groupe entend persévérer dans le développement de talents locaux, en créant une véritable filière de formation aux métiers du transport, afin de rayonner en Afrique ou au Moyen-Orient. Cela tombe bien : le Maroc joue de plus en plus le rôle de base arrière pour l’activité de groupes internationaux, particulièrement en Afrique subsaharienne.
Les ambitions de RATP Dev ne se limitent pas au Maroc ou à l’Afrique. La croissance attendue du marché accessible des tramways est de 60 % en cinq ans, souligne Laurence Batlle. RATP Dev épouse le mouvement et se fixe une croissance de 60 % dans la période dans le tramway mondial. Une partie est déjà dans les tuyaux, avec la continuation du programme algérien. Le tram de Sidi bel Abbès vient d’ouvrir, ceux de Setif et Ouargla sont prévus l’an prochain, et seront suivis de Mostaganem et du prolongement de Constantine. Exploitant en Europe de la ligne 1 du tramway de Florence, RATP Dev compte se positionner sur les prochaines lignes 2 et 3. Et depuis les Etats-Unis, où il exploite à la fois Tucson et Washington DC, le groupe regarde l’Amérique du Nord s’intéresser au développement du tram. Au Canada, des projets devraient sortir, sur un mode PPP.
Le panorama mondial ne serait pas complet sans la France, où RATP Dev exploite le tramway de Valenciennes. Demain, en Ile-de-France, dans les lignes soumises à la concurrence, T9 et T10, c’est le groupe RATP qui se portera candidat. Le groupe, c’est-à-dire l’Epic et RATP Dev. Selon quelle formule ? « On ne peut se prononcer avant de connaître les appels d’offres », remarque Philippe Martin, DGA Opérations de maintenance et transport de la RATP. Mais ce sera « la formule pour gagner », ajoute Laurence Batlle. On s’en serait douté.
F. D.

La CGT Cheminots lance la bataille de l’info
La CGT Cheminots veut parler en direct aux Français. Diffuser ce qu’elle appelle « la vraie info ». Un clin d’œil au magazine de communication Les Infos que diffuse en interne le groupe SNCF récemment relayé par Le Monde pour révéler les plans d’Emmanuel Macron pour la retraite des cheminots ? En tout cas, lors d’une conférence de presse le 18 septembre, Laurent Brun, le patron de la fédération des cheminots, annonce que son syndicat va « s’adresser directement aux populations, aux usagers ». A cette fin, la CGT va distribuer un nouveau journal, La Vraie Info, avec un tirage de 500 000 exemplaires, « pour que les usagers se réapproprient le chemin de fer ». Pour la centrale syndicale, « Il y a convergence avec les intérêts des usagers ». Toutefois, cette « communication à sens unique pour amorcer le débat » n’est pas pour l’instant destinée à devenir périodique. Et malgré son titre et sa présentation, La Vraie Info « ne fait pas référence aux Infos », selon Cédric Robert. Et les usagers en sont « la première cible », ils n’en sont pas les seuls destinataires.
« Qui veut la peau de la SNCF ? » demande le syndicat. Il considère que la question se pose avec cette « brutalité » alors que « de nouvelles attaques contre le service public ferroviaire se dessinent ». Notamment la proposition de loi que leurs porteurs, les deux sénateurs Louis Nègre (LR) et Hervé Maurey (UDI-UC) espèrent voir au palais du Luxembourg dès octobre prochain.Un projet qui selon le syndicat conduit « tout droit la SNCF sur la voie de la privatisation » alors que « la question de la dette n’est toujours pas réglée » et que « la production ferroviaire subit les assauts répétés d’une direction pro business », écrit-il dans le communiqué pour annoncer les explications de textes qu’elle entend désormais livrer elle-même à l’adresse des citoyens. Parce que « Le service public ferroviaire, qui appartient à la nation, […] doit faire l’objet d’un débat public sérieux à partir des besoins des populations ». Et parce qu’il redoute « l’opprobre » et la « stigmatisation » des cheminots si les usagers ignorent des enjeux qui les concernent. Le syndicat considère aussi qu’est resté jusqu’ici trop discret le travail de contre-propositions qu’il fournit depuis 2014 pour une autre réforme du système ferroviaire. Laurent Brun indique que la CGT enverra une délégation aux Assises de la mobilité, même si « pour l’instant, ce n’est pas prévu que les organisations syndicales y soient intégrées ». Avec une assertion : « La concurrence n’apporte aucun bénéfice et elle n’est globalement pas demandée par les usagers. »
Une conférence de presse de la fédération des cheminots qui, donnée en direct du siège de la CGT à Montreuil, a été annoncée à la presse dès le lendemain matin de la première journée de mobilisation du 12 septembre contre la nouvelle loi travail. Annoncer l’intention de la CGT de parler elle aussi aux gens semble bien s’inscrire dans la stratégie d’ensemble du syndicat pour occuper toute sa place sur le terrain d’une contestation sociale nationale plus large.
Chantal Blandin avec Patrick Laval

RATP Dev renouvelé à Casablanca
Ce n’est pas une surprise, mais c’est fait. La RATP s’est vu renouveler la confiance de Casa Transports, l’autorité organisatrice de Casablanca, pour l’exploitation, la maintenance et le développement du réseau de tramway de l’Agglomération de Casablanca à partir du 13 décembre 2017, pour une durée de 12 ans.
Casa Tram, filiale de RATP Dev, a mis en service et opère depuis 2012 la ligne de tramway T1 de Casablanca. La ligne a fêté son 100 millionième voyageur en 2016, en présence d’Elisabeth Borne, alors PDG de la RATP, venue célébrer l’événement et discuter de la suite des opérations. Le nouveau contrat comprend la mise en service, l’exploitation et la maintenance de 4 nouvelles lignes de tramway et 2 lignes de BHNS. RATP Dev Casablanca – nouveau nom de l’entité locale – sera l’opérateur du projet de transport urbain présenté par la RATP comme « le plus ambitieux du continent africain ».

Lucknow inaugure un métro Alstom
Lucknow, capitale de l’Uttar Pradesh (Inde), a inauguré le 5 septembre sa première ligne de métro. C’est la phase A de cette ligne nord – sud (ou Red Line) qui vient d’être mise en service. La Red Line une fois complétée sera longue de près de 23 km et comprendra 22 stations, dont 19 aériennes et trois souterraines, pour un investissement total de deux milliards de dollars. Une Blue Line est – ouest doit ensuite être réalisée. La première ligne, qui doit être achevée en 2019, devrait transporter environ 430 000 voyageurs par jour dans un premier temps, et plus d’un million de voyageurs d’ici 2030. Le métro est exploité par LRMC (Lucknow Métro Rail Corporation Limited), JV à 50/50 entre le gouvernement indien et le gouvernement d’Uttar Pradesh. Les rames de type Metropolis, fournies par Alstom, ont été conçues à Bangalore et fabriquées dans les usines de Sricity et Coimbatore, conformément à la campagne « Make in India » lancée par le gouvernement indien de Narendra Modi.
C’est en septembre 2015 qu’Alstom avait remporté ce marché d’un montant de 150 millions d’euros. LRMC lui a confié la fourniture de 20 rames pour la phase A, chacune composée de quatre voitures. Les rames Metropolis pour Lucknow offrent 186 sièges en configuration longitudinale et deux espaces destinés aux personnes à mobilité réduite. Dans le cadre de ce marché, Alstom a équipé la ligne de son système de signalisation CBTC (contrôle des trains basé sur la communication en réseau) Urbalis ; fourni par les sites Alstom de Bangalore et de Saint-Ouen. Un premier déploiement du système CBTC a déjà eu lieu à Kochi, en juin 2017.
Des projets de métro Alstom sont en cours d’exécution dans d’autres villes indiennes, notamment Chennai, Kochi. Alstom a également entrepris des projets de signalisation et d’infrastructure urbaines à Kochi, Lucknow, Bangalore, Chennai, Jaipur et Delhi.

Et l’on reparle d’un rapprochement Alstom – Siemens…
Dans le feuilleton de la consolidation ferroviaire européenne, on en était resté, au début du mois d’août, aux réunions de conseils d’administration de Bombardier et de Siemens que l’on annonçait décisives… et qui ne l’ont pas été. L’hypothèse d’un rapprochement n’est pas enterrée, mais celle d’un accord Alstom – Siemens refait parler d’elle. D’autant qu’à la fin octobre l’actionnariat d’Alstom va évoluer. L’Etat a, rappelons-le, conditionné en 2014 son approbation de l’alliance entre General Electric et Alstom à un accord lui garantissant les « droits de gouvernance » nécessaires pour « garantir l’intérêt de long terme d’Alstom ». L’accord a consisté à donner des droits de vote à l’Etat, par le biais d’un prêt que lui a fait Bouygues de 20 % des actions du groupe. Ce qui fait de l’Etat le premier actionnaire d’Alstom, Bouygues étant le second avec les 8,3 % dont il continue à disposer totalement. Ce bail vient à échéance fin octobre. Trois solutions se présentent. L’Etat peut acheter (à 35 euros l’action), mais il cherche plutôt à céder ses participations, afin d’alimenter un fonds de soutien à l’innovation de dix milliards d’euros. Bouygues peut récupérer ses actions et redevenir actionnaire de référence. Mais Bouygues peut aussi céder ses actions à un acquéreur. Ce sera sans doute sous le regard vigilant de l’Etat. Après s’être donné les moyens de veiller à l’intérêt à long terme d’Alstom, il ne va pas s’en désintéresser du jour au lendemain. Mais quel acquéreur ? Emmanuel Macron veut renforcer les liens avec l’Allemagne, le premier ministre, Edouard Philippe, se dit germanophile, le ministre de l’Economie et des Finances, Bruno Le Maire, est germanophile et phone à la fois… et la rumeur Siemens repart de plus belle. On ne sait pas quel en sera le résultat mais tout montre que, dans le contexte de montée en force de la concurrence asiatique, les groupes occidentaux ne peuvent pas rester en l’état. Comme le disait en juin Guillaume Pepy à Berlin, selon Les Echos : « S’il doit y avoir un rapprochement entre Siemens et Bombardier, entre Bombardier et Alstom, ou entre Alstom et Siemens, nous y serons favorables parce que nous pensons qu’il faut un industriel européen qui ait une taille suffisante pour faire face aux concurrents chinois, coréen, et demain indien. »
F. D.

L’Unife se félicite des nouvelles orientations de la commission Juncker
Le discours sur l’état de l’Union de Jean-Claude Juncker, prononcé mercredi devant le Parlement européen de Strasbourg, a marqué une inflexion dans la politique industrielle de la Commission. Le président de la Commission européenne a insisté sur l’adoption d’une stratégie industrielle innovante. Le même jour, la Commission publiait une communication intitulée : « Investir dans une industrie intelligente, innovante et durable » et sous-titrée : « Une stratégie revisitée pour la politique industrielle de l’UE ».
Le fait que la Commission Juncker parle pour la première fois de stratégie industrielle est bien reçu par les professionnels. Ce n’avait pas été le cas depuis Antonio Tajani, alors commissaire à l’Industrie dans la commission Barroso II. Philippe Citroën, le directeur général de l’Unife, a, dans un communiqué, salué « une étape importante vers l’adoption d’une politique industrielle ambitieuse ». Ajouté que la fédération européenne des industriels du ferroviaire est prête à travailler avec la Commission pour construire une véritable vision à long terme et un plan d’action. Et s’est réjoui que la Commission veuille rééquilibrer les conditions de concurrence sur les marchés mondiaux.Dans la communication de la Commission, l’Unife relève avec intérêt l’injonction faite aux Etats membres d’appliquer les règles d’ouverture des marchés aux industriels d’autres états membres. Ainsi que le souhait d’un rééquilibrage des conditions de concurrence dans le marché mondial. Si la Chine n’est pas désignée, il est clair qu’elle est la première cible. Comme elle l’est d’ailleurs dans la proposition de règlement présentée le lendemain sur les contrôles des investissements étrangers. Pas la seule et, comme le dit en privé un grand industriel du secteur : « Il est temps qu’on arrête d’être les idiots de la bande. »
Si les dispositions de Juncker vont dans le sens souhaité, il faut dire qu’il y a été fortement incité. En février, 130 fédérations industrielles, dont l’Unife, ont demandé l’adoption d’une « stratégie industrielle ambitieuse ». Le 29 mai le Conseil compétitivité réunissant les ministres de l’Economie a approuvé à l’unanimité des « conclusions sur une stratégie pour l’avenir de la politique industrielle de l’UE » allant dans le sens des industriels. Et le 5 juillet le Parlement a adopté une « résolution sur l’élaboration d’une stratégie industrielle ambitieuse de l’UE ».
D’ailleurs, si Jean-Claude Juncker a surpris, mercredi dernier, c’est en allant plus vite que ne l’avait demandé le Conseil compétitivité qui souhaitait une décision en ce sens pour le Conseil européen de mars 2018.
Reste que certains observateurs attendent de voir comment les belles intentions vont se traduire dans les faits, quels objectifs chiffrés va se fixer l’Union pour le long terme. Et comment cela va se concrétiser dans les textes préparant l’après 2020.
Dans le secteur ferroviaire, le mouvement avait été lancé par l’adoption au Parlement européen de la résolution de Martina Werner, en faveur d’un rééquilibrage des conditions de concurrence sur le marché mondial. La résolution, non contraignante, demandait la mise en place d’un dialogue à haut niveau, rassemblant les parties prenantes, pour suivre les évolutions de la politique européenne. Mais la Commission a donné jusqu’à présent l’impression de ne pas se presser. Une réunion organisée le 5 octobre, permettant l’audition d’industriels, pourrait permettre d’avancer.
F. D.

Pour MTR, l’open access ne paye pas encore en Suède
Déjà deux ans et demi que face à l’opérateur historique SJ, les trains MTR Express relient en open access Stockholm et Göteborg, les deux premières villes suédoises. La filiale de l’opérateur venu de Hongkong peut maintenant tirer un bilan de ses activités sur ses deux premières années. Et de 2015 à 2016, la vente de billets a quasiment doublé, passant de 85 à 190 millions de couronnes (de 8,9 à 19,9 millions d’euros). Mais d’une année sur l’autre, le résultat d’exploitation se solde toujours pour MTR Express par une perte : 86 000 couronnes (9 000 euros) pour 2016, soit 5 000 de moins qu’en 2015. Des pertes relativement légères et « attendues » selon la direction de MTR Express, qui les impute à des frais fixes importants. Et vu que le premier semestre 2017 s’est traduit par une augmentation du chiffre d’affaires et de la fréquentation de 50 % par rapport au premier semestre 2016, soit plus que ce qui était budgété par la direction, cette dernière pense que l’équilibre sera atteint cet été, malgré un service perturbé par des travaux. Et dans cette perspective, 2018 devrait être le premier exercice positif. Toutefois, il faudrait attirer davantage de voyageurs d’affaires, plus rentables.
Tous opérateurs confondus, la fréquentation des trains entre Stockholm et Göteborg est en hausse depuis l’introduction de la concurrence. Cette relation a en effet accueilli 15 % de voyageurs en plus en 2016 qu’en 2015, alors que la fréquentation des avions baissait de 1 %. Entre Stockholm et Göteborg, MTR Express affiche une meilleure ponctualité que SJ et que les avions, mais exprime le souhait que Trafikverket, le gestionnaire d’infrastructure, soit « plus réactif et plus flexible » en situation perturbée, pour que le train soit compétitif vis-à-vis de la voiture et de l’avion. Enfin MTR Express envisage d’ouvrir une nouvelle ligne pour le service annuel 2019 ; mais avant de se lancer, l’exploitant va vérifier la qualité des sillons disponibles et la capacité de la deuxième ligne, ainsi que l’état de la concurrence intermodale et intramodale.

Un duo pour améliorer la robustesse ferroviaire et l’information voyageurs
Comme le demandait le sévère rapport sur la dégradation de la robustesse ferroviaire remis début juillet à Guillaume Pepy et à Patrick Jeantet, la SNCF a mis en place une équipe, une « task force » pour reprendre les mots des experts, afin de suivre leurs recommandations. Les présidents de SNCF Mobilités et de SNCF Réseau ont aussi décidé de revoir tout le processus de l’information voyageurs, également pointé du doigt par ce rapport et gravement mis en cause lors de la panne de la gare Montparnasse, qui avait obligé à stopper la circulation des TGV en plein chassé-croisé des juillettistes et des aoûtiens (panne due à un incident du poste de commande de signalisation de Vanves).
Le 11 septembre, ils ont présenté à 400 managers l’ensemble du dispositif baptisé ROBIN (pour ROBustesse et INformation voyageurs) ainsi que l’équipe qui l’animera.
La mission « robustesse » a été confiée à Guillaume Marbach, jusqu’alors directeur industriel du Matériel. Il travaillera sous la responsabilité d’Alain Krakovitch, directeur général SNCF Transilien, et de Claude Solard, directeur général délégué Sécurité, Innovation et Performance industrielle de SNCF Réseau.
Leur objectif est « de faire baisser le nombre d’aléas sources d’irrégularité et d’augmenter la qualité de production et les services associés au « produit train » », explique la SNCF.
De son côté Benjamin Huteau va piloter la mission « Information voyageurs ». Précédemment directeur d’Etablissement à Paris-Saint-Lazare, il est placé sous la responsabilité de Patrick Ropert, directeur SNCF Gares & Connexions.
« Actuellement, la SNCF ne dispose pas d’un système d’informations intégrées comme c’est le cas dans d’autres grandes entreprises, comme la DB ou Air France. Chaque acteur est responsable de l’information qu’il donne. C’est un système qui laisse une part très grande à l’interprétation. Il arrive même que le centre de crise, quand il est ouvert, n’ait pas toute l’information… », raconte-t-on en interne. « L’idée est de passer à une unité de source avec une logique multicanal ». Une véritable révolution culturelle, reconnaît-on encore. L’objectif est de présenter d’ici la fin novembre un programme de réforme et de le mettre en œuvre dans la foulée, pour changer les process de telle façon que l’amélioration de l’information soit vraiment perceptible par les voyageurs.
Guillaume Marbach et Benjamin Huteau travailleront ensemble sur un même plateau, installé au siège du groupe à Saint-Denis. Les deux sujets sont liés et considérés comme une priorité pour l’entreprise.
M.-H. P

Circulez y a rien à voir
Après Le Monde du 7 septembre c’est Le Parisien du lundi 11 qui remettait de l’huile sur le feu. Comme pour ne pas paraître en reste de sujet « exclusif » à la veille du rififi social annoncé.Et confirmer que décidément les avantages cheminots sont bien dans le collimateur de la direction comme du gouvernement. Le quotidien faisait état de la volonté de la SNCF de « raboter » les fameuses facilités de circulation accordées aux cheminots au statut.
Une publication qui déclenchait pour le coup aussitôt un communiqué de désarmorçage de la SNCF, visiblement consciente que ce n’était pas moment d’en rajouter. « La compagnie prépare en coulisses depuis plusieurs mois une autre réforme explosive, celle des facilités de circulation », assurait Le Parisien. « Contrairement à ce que publie ce matin un quotidien national SNCF ne prévoit aucune modification des bénéficiaires actuels », jurait l’entreprise. Et d’expliquer que « seule la question de la digitalisation des pièces nécessaires » à l’établissement des permis de circuler est bien « inscrite à l’ordre du jour des discussions avec les organisations syndicales ». Lesquelles, poursuit le communiqué de Saint-Denis, seraient déjà dûment informées que cette dématérialisation se ferait « à périmètre constant des bénéficiaires ». Chaud devant.
Reste que – et ce n’est pas nouveau – le rabotage du nombre de ces bénéficiaires est depuis bien longtemps envisagé. Avec prudence. Des billets gratuits sont actuellement accordés non seulement au cheminot, à son conjoint et à ses enfants mais aussi (à raison de quatre par an) à ses parents. Comme le rappelle Le Parisien, la SNCF est visée par l’Agence centrale des organismes de sécurité sociale pour qui ces avantages en nature devraient être soumis à cotisation.
L’entreprise s’est aussi vu épingler à répétition depuis 2010 par la Cour des comptes. Qui a évalué à la louche leur coût à 100 millions d’euros par an en 2014. Déclenchant déjà les titres des journaux. 21 millions, reconnaissait seulement l’entreprise avouant une difficulté d’évaluation. Et on se souvient que Guillaume Pepy, conscient de l’attachement des cheminots à leurs permis comme ils les appellent, avait alors déjà temporisé. Tout en concédant à la Cour que « des ajustements sont toujours possibles », il défendait : « les facilités de circulation constituent un sujet identitaire étroitement lié à l’entreprise ». Elles sont le « fruit d’une histoire sociale » que l’on retrouve « au sein de toutes les entreprises ferroviaires européennes ».Il n’en annonçait pas moins la fameuse dématérialisation qui arrive concrètement sur la table aujourd’hui.
Rappelons que les facilités de circulation des retraités et des ex-conjoints en cas de divorce ont d’ailleurs déjà été revues discrètement. Ce chaud-là du Parisien ne sent pas non plus complètement le réchauffé. La digitalisation permettrait d’installer pour chaque utilisateur des facilités un suivi individuel. Ce qui aiderait l’entreprise à y voir plus clair dans son chiffrage. Un préalable sûrement au dépoussiérage redouté par certains syndicats. Mais qu’il n’y a surement pas urgence non plus à mettre en place en cette rentrée à risques.
Chantal Blandin