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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

SNCF Voyageurs veut un accord-cadre de 15 ans pour aller ferrailler sur le marché de la grande vitesse italienne
Christophe Fanichet veut accélérer le tempo sur le marché italien. Dans une interview accordée au journal La Repubblica, le PDG de SNCF Voyageurs a rappelé il y a quelques jours vouloir lancer progressivement, à partir de la fin 2027, neuf allers-retours entre Turin et Naples et cinq allers-retours entre Turin et Venise. D’où plusieurs déplacements de l’autre côté des Alpes pour réclamer aux pouvoirs publics « des règles claires » et un accord-cadre de longue durée (15 ans) avec RFI (Rete Ferroviaria Italiano) de nature à amortir les lourds investissements que devra consentir la compagnie française. Le dirigeant français demande également à bénéficier de tarifs de péages réduits de 20 %.
Or, les engagements proposés jusqu’à présents par RFI ne seraient pas suffisants. Par ailleurs, la compagnie française serait freinée dans ses ambitions sur le marché de la grande vitesse transalpine par la compagnie nationale Ferrovie dello Stato (FS, maison mère de Trenitalia), ce qui a conduit l’Autorité italienne de la concurrence à ouvrir en mars une enquête pour abus de position dominante à l’encontre du groupe ferroviaire.
Pour aller ferrailler sur le marché italien, SNCF Voyageurs a déjà commandé 15 rames de TGV nouvelle génération qui auront l’avantage d’être à deux niveaux et permettront d’offrir 40 % de sièges en plus comparé aux matériels actuellement en circulation sur le réseau par ailleurs saturé, a expliqué Christophe Fanichet. Il vise entre 7 et 10 millions de voyageurs par an avec des tarifs en moyenne 20 % plus bas que ceux actuellement pratiqués chez nos voisins.

SNCF Réseau et Fnaut: « Nous nous sommes compris »
Trains supprimés, mise en place de bus pour assurer les liaisons, retards, correspondances manquées… L’année 2026 offrira son inévitable lot de perturbations pour les usagers. SNCF Réseau dévoilera le 9 décembre, à l’issue de son conseil d’administration, le programme de travaux pour l’année à venir. En attendant, le gestionnaire d’infrastructures a opéré un rapprochement avec la fédération des usagers, la Fnaut, pour améliorer ce qui peut l’être : la communication. « Les usagers comprennent l’enjeu mais ils attendent de la clarté et de l’anticipation », souligne François Delétraz, président de la Fnaut.
Ces explications vont s’avérer d’autant plus nécessaires que la prochaine décennie s’annonce comme chargée en travaux de régénération et de maintenance. Le réseau français compte 120 000 ouvrages d’art, 600 000 poteaux caténaires et 200 postes d’aiguillage. Une grande partie de ces équipements datent de 1970. « On doit s’habituer à des volumes de travaux plus importants. C’est une réalité à laquelle on ne peut plus échapper. Retarder l’entretien, c’est creuser une dette technique aujourd’hui et financière demain », rappelle Yves Putallaz, PDG d’IMDM (Infrastructure Management & Decision Making).
Les usagers sont logiquement assez peu concertés ou consultés sur les choix industriels de SNCF Réseau et de ses partenaires. La gêne occasionnée est, elle, difficilement chiffrage, même si Clément Beaune, haut-commissaire à la Stratégie et au Plan est en train de mener une étude qui pourrait apporter des réponses sur « la valeur du temps ».
Une programmation cinq à six ans avant de lancer les travaux
« Nous sommes amenés à gérer un faisceau de contraintes, pour décider où l’on commence des travaux, quand, et comment on les séquence. Cela revient à trouver en permanence un point d’équilibre« , justife Matthieu Chabanel, PDG de SNCF Réseau. Nous essayons de programmer les chantiers au moins cinq ou six ans à l’avance, pour permettre une concertation en amont, pour définir un plan d’exploitation de référence, puis la construction du service. C’est un processus très échelonné dans le temps ».
Matthieu Chabanel estime que le dialogue est aussi nécessaire avec les entreprises ferroviaires qu’avec les usagers. La Fnaut qui est aujourd’hui beaucoup moins centralisée, grâce à ses fédérations régionales, estime pouvoir jouer le rôle de partenaire privilégié.

La Fnaut regrette la part croissante prise par les TGV Ouigo au détriment des Inoui
La Fédération nationale des associations d’usagers des transports n’en démord pas : selon elle, la montée en puissance des TGV Ouigo se fait au détriment des TGV Inoui. En effet, indique-t-elle, l’offre Inoui a baissé, en dix ans, de 24% en sièges/kilomètres offerts. « La plupart des liaisons opérées par Ouigo ont remplacé des circulations faites en TGV Inoui », écrit-elle dans un communiqué publié le 1er décembre, reprenant des arguments qu’elle avait déjà développé dans un passé récent.
Or, les avantages des cartes commerciales SNCF ne s’appliquent pas aux TGV à bas coûts de la compagnie, alors que 4,5 millions de personnes ont acheté à SNCF Voyageurs des cartes Avantage et des centaines de milliers des cartes Liberté, selon les chiffres avancées par la fédération. De plus, les deux catégories de TGV sont gérées de façon séparée, ce qui participe « à la balkanisation du système ferroviaire français, qui souffre déjà de la multiplication de marques régionales et nationales incompatibles entre elles. (Exemple : un aller en Ouigo et retour en TGV Inoui n’est pas considéré comme un aller-retour pour les titulaires de cartes week-end) », déplore encore la Fnaut. De ce fait, le prix moyen du billet de TGV Ouigo se rapproche de celui d’Inoui, toujours selon la fédération, puisqu’en dernière minute, le tarif n’est pas plafonné comme il l’est sur Inoui pour les porteurs de cartes commerciales
Enfin, les utilisateurs des TGV low cost de SNCF Voyageurs ne peuvent pas se faire rembourser leurs billets au cas où ils devraient annuler leur déplacement, rappelle la Fnaut, qui pointe aussi des dessertes « de point à point » sans prise en compte d’éventuelles correspondances avec les TER.

Ikos achète une société espagnole d’ingénierie informatique et de cybersécurité
La société de conseil en ingénierie ferroviaire Ikos a annoncé début octobre avoir acquis Sica, une entreprise espagnole d’expertise en logiciels, systèmes de gestion de l’énergie électrique et cybersécurité.
Ikos compte plus de 1 700 ingénieurs répartis dans 33 bureaux à travers 15 pays dont la France, l’Espagne, la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, le Royaume-Uni, l’Italie, la Suède, les États-Unis, le Canada et récemment l’Irlande. Le groupe met la main sur une société créée en 1995, employant 40 personnes et qui accompagne les grandes entreprises du secteur ferroviaire, de l’énergie, de l’industrie et de la cybersécurité en leur fournissant des systèmes de contrôle et de supervision électriques de nouvelle génération. Cette société bénéficie d’une forte présence en Amérique du Sud notamment au Brésil dans le cadre d’un projet sur le métro de Sao Paulo.

Prime de partage de la valeur, table ronde sur les salaires, prolongement d’accords… les premières annonces de Jean Castex pour satisfaire les syndicats
Après une première prise de contact dans le cadre de réunions bilatérales, Jean Castex a rencontré hier, ensemble, les quatre organisations syndicales représentatives de l’entreprise. Le PDG du groupe SNCF a fait part de ses priorités (sécurité, financement, accompagnement de l’humain, fret) et annoncé quelques décisions qui répondent à des demandes syndicales. Parmi celles-ci, une table ronde sur les salaires (Négociations annuelles obligatoires) est programmée dès le 13 janvier. Dans le cadre des AO, le PDG a déjà annoncé qu’une prime de partage de la valeur (PPV) sera versée « le plus rapidement possible » aux salariés de SNCF Holding, SNCF Voyageurs, SNCF Réseau, SNCF Gares & Connexions et SNCF Optim’services pour « reconnaître » leur « contribution » aux bons résultats de la SNCF, Par ailleurs, « l’éventualité d’une PPV pourra être examinée par Hexafret, Technis et les filiales de SNCF Voyageurs, en fonction de leurs résultats et spécificités« , ajoute le groupe SNCF.
Pour veiller « à l’unité du groupe« , le dirigeant a aussi décidé de prolonger de neuf mois (passant de 15 à 24 mois), l’application des accords et règles actuels au sein des trois premières filiales créées dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des TER. L’objectif est de « prendre le temps de négocier de manière approfondie les nouvelles règles appelées à s’y substituer ». Les accords concernant l’organisation du temps de travail devront ainsi aboutir à la fin du premier semestre 2026 pour être appliqués à partir de la mi-décembre de la même année.
Côté syndicats, les réactions sont partagées. Si le prolongement de l’application des accords actuels dans les sociétés dédiées exploitant des TER était par exemple très attendu, la CFDT-Cheminots juge que les annonces de Jean Castex sont avant tout « des orientations« . Thomas Cavel, son secrétaire général, estime qu’il reste encore du travail et des discussions à mener et attend désormais « des actes« .
Pour Julien Troccaz, la rencontre avec Jean Castex a été « décevante ». Le secrétaire fédéral du syndicat estime que le PDG du groupe se contente de poursuivre purement et simplement l’action de Jean-Pierre Farandou. « Or, lorsqu’il est arrivé à la tête de l’entreprise, Jean-Pierre Farandou avait décidé d’une pause dans la réforme alors mise en oeuvre par son prédécesseur, avant de trancher« , rappelle le responsable syndical qui réclame lui aussi « des actes« .

Large victoire de Sud Rail aux élections professionnelles de Transdev Rail Sud Inter-Métropoles
La stratégie de Sud Rail a été payante : le syndicat a remporté 49 % des voix lors des élections professionnelles organisées du 27 au 27 novembre chez Transdev Rail Sud Inter-Métropoles (TRSI). Avec six titulaires et sept suppléants au CSE, il devient le premier syndicat de la filiale de Transdev, première société privée à exploiter des TER en France après appel d’offres. La CFDT prend la deuxième place avec 30,19 % des voix (3 élus titulaires et 2 élus suppléants), suivie de la CGT avec 20,75 % des voix (un élu). La mobilisation des salariés a été très forte, supérieure à 90 %.
« Le message est clair, face à l’ouverture à la concurrence, les cheminotes et cheminots veulent un syndicat de lutte », commente Julien Troccaz, secrétaire fédéral Sud Rail. Le syndicat a déjà donné le ton en lançant, début novembre, un mouvement de grève sur fond de revendications salariales chez TRSI qui exploite depuis juin dernier les TER de l’axe Nice-Toulon-Marseille.
La direction de Transdev, qui affirmait vouloir attendre les résultats des élections avant de lancer les négociations dans sa filiale, sait maintenant à quoi s’attendre mais précise qu’aucune des trois organisations syndicales représentatives ne détient la majorité absolue.
Selon La Provence, qui a dévoilé une note interne, Transdev « revoit déjà l’organisation » de sa filiale et plusieurs départs sont prévus parmi les membres de la direction de TRSI ; la directrice générale adjointe et la responsable des ressources humaines, indique le journal régional du 21 novembre. Selon l’opérateur de transport public, si ces changements interviennent maintenant, c’est une coïncidence, l’une des salariées voulait changer d’orientation professionnelle et la responsable RH souhaitait rejoindre « la direction ferroviaire » au siège du groupe.

Grands travaux du réseau francilien : l’été 2026 sera chaud
2026 s’annonce comme une année décisive pour la rénovation du réseau de transport francilien, avec une intensité de travaux conséquente pendant la période estivale. Au total, près de 3,8 milliards d’euros seront mobilisés – contre 3,7 milliards en 2025. Cette enveloppe recouvre notamment deux milliards d’euros investis par SNCF Réseau pour l’infrastructure ferrée – dont 800 millions pour la seule régénération du réseau -, 1,4 milliard consacrés par la RATP et un effort soutenu de la Région Île-de-France, qui investit en parallèle quelque 1,8 milliard d’euros sur la période 2023-2027. « D’ici 2030, le réseau francilien, actuellement quatrième mondial en termes de taille, deviendra le deuxième plus grand réseau mondial après Tokyo. Pour atteindre ce niveau d’exigence, nous devons régénérer en profondeur des infrastructures parfois très anciennes», explique Grégoire de Lasteyrie, vice-président d’Île-de-France Mobilités (IDFM).
Métro : une modernisation accélérée
Le métro parisien connaîtra en 2026 une séquence dense de modernisation. La ligne 4 bascule vers un nouveau système d’exploitation, entraînant plusieurs fermetures partielles au printemps, puis de nouveau courant juillet. L’arrivée du nouveau train MF19 impose aussi d’importants travaux d’adaptation, notamment des quais, sur la ligne 13, qui sera régulièrement interrompue au printemps : un week-end et des matinées de coupure au printemps, ainsi que 18 jours en août, tandis que la ligne 8 sera coupée partiellement ce même mois.
La station République, en rénovation, ne sera plus desservie sur cette ligne à partir de fin juillet et jusqu’en avril 2027. La ligne 12 fermera certains soir au premier semestre et en partie en juillet pour accueillir un nouveau système d’exploitation.
RER : d’importants travaux de régénération
La ligne A sera concernée par des travaux de régénération, avec une fermeture entre Vincennes et Noisy-le-Grand – Mont d’Est durant deux semaines en août afin de renouveler plusieurs appareils de voie, des traverses et du ballast. Le remplacement de quatre aiguillages en gare de Maisons-Laffitte interviendra également cet été et des travaux de rénovation de la gare de Nation seront également menés.
Les chantiers prévus sur le RER B sont particulièrement importants avec la modernisation du poste de signalisation de Bourg-la-Reine, qui va imposer des fermetures au sud durant trois week-ends de Pâques à juin. Le tronçon central sera ensuite fermé pas moins de trois semaines pendant l’été, afin de procéder au renouvellement d’appareils de voie, du ballast et finalisation. « En 15 ans, le remplacement des rails et de la caténaire sur cette ligne ont permis de diminuer les incidents de 35 % », rappelle Gilles Gautrin, directeur de la Modernisation et du développement du réseau Île-de-France chez SNCF Réseau.
Au nord, la connexion du CDG Express et des installations de La Plaine et Aulnay entraînera une coupure totale entre la gare du Nord et Mitry-Claye le week-end de Pentecôte. La ligne D vivra aussi un temps fort avec le remplacement des postes d’aiguillage de Paris-Gare-de-Lyon souterrain et Villeneuve-Saint-Georges du 1er au 3 mai, ce qui nécessitera l’interruption des circulations entre Paris, Combs-la-Ville et Juvisy.
D’importants travaux nocturnes de régénération se dérouleront également entre Champagne-sur-Seine et Vernou début janvier, puis entre Corbeil-Essonnes et Mennecy d’avril à juin. Enfin, le RER C connaîtra une fermeture majeure du tronçon central entre Austerlitz et l’ouest du 15 juillet au 22 août, pour installer des protections anti-inondation dans le tunnel et renouveler la caténaire.
Réseau Transilien : un vaste programme de renouvellement
Les travaux de régénération s’intensifient sur l’ensemble du réseau Transilien. La caténaire entre Aulnay et Mitry-Claye sera remplacée sur une série de week-ends de février à mi-juin. À Ermont-Eaubonne, cinq aiguillages seront renouvelés de mars à mai, avec une coupure totale du 4 au 6 avril.
Entre Mitry et Crépy-en-Valois (ligne K), près de 26 km de voies seront remplacés jusqu’à la mi-mars, avec des week-ends d’interruption début février.
Sur l’axe Versailles–Rambouillet, un train-usine renouvellera 17 km de voies du 26 janvier au 29 mai, exclusivement la nuit.
Deux autres opérations majeures toucheront la ligne P : 20 km de rails seront remplacés entre Noisy-le-Sec et Lagny-Thorigny de mars à juin, et 17 km de ballast et traverses seront renouvelés entre Nogent-sur-Marne et Gretz-Armainvilliers de janvier à avril.
Gares : dans l’attente du Grand Paris Express
Les travaux d’adaptation aux futures lignes 15, 16, 17 et 18 se poursuivent dans 28 gares. À Saint-Cloud, les travaux de nuit se dérouleront de janvier à juin, avec une coupure en continu le 23 mai. Aux Grésillons, plusieurs week-ends seront mobilisés entre janvier et avril pour construire la future correspondance. Mais l’opération la plus sensible de l’année se déroulera du 25 juillet au 16 août à Paris-Gare-du-Nord et Paris-Gare-de-Lyon : 34 aiguillages, dont certains âgés de plus de 45 ans, seront remplacés dans les gares souterraines.

Ouigo étend sa toile en France
SNCF Voyageurs affiche deux grands objectifs : occuper le terrain pour dissuader la concurrence et conquérir de nouveaux clients pour mieux remplir ses trains en jouant sur la tarification, entre prix élevés et bon marché. Ouigo, l’une des armes de cette stratégie lancée il y a plus de dix ans, est en train de passer un nouveau cap. Dans un premier temps, au printemps dernier, le renforcement du parc de TGV Ouigo, a été annoncé : il doit passer d’ici à 2027 de 38 à 50 rames grâce à la transformation de rames Inoui en Ouigo (en espérant que le TGV M arrive bien en 2026 comme prévu par le nouveau calendrier). Le nombre de places augmentera alors de 30 %. Suite logique, le service à bas coûts de SNCF Voyageurs s’apprête désormais à étendre le nombre de liaisons desservies. En particulier entre Paris et l’ouest de la France.
Un aller-retour va ainsi être lancé, à partir du 14 décembre, entre Paris et Hendaye, via Dax, Bayonne, Biarritz et Saint-Jean de Luz. Un troisième aller-retour entre Paris et Rennes est aussi programmé. A partir de l’été 2026, il est également prévu de renforcer l’axe Paris-Montpellier avec un troisième aller-retour, via Lyon-Saint-Exupéry. Puis, en décembre 2026, une troisième liaison sera lancée entre Paris et Lyon le « week-end » s’étalant sur quatre jours, du vendredi au lundi. La direction envisage enfin un troisième aller-retour Paris-Strasbourg et au-delà de 2027, une liaison Paris-Lille.
Autre grande nouveauté, la ligne Lyon-Bordeaux, qui avait été abandonnée en 2013, va être relancée. « C’est une attente forte de nos clients et des collectivités », rappelle Jérôme Laffon, le directeur général de Ouigo. Mais la nouvelle version retenue, un TGV reliant les deux villes, via Massy TGV, Saint-Pierre-des-Corps, Poitiers et Angoulême au plus tard mi-2027, mécontente déjà les élus du Massif central car leur territoire n’est pas desservi. « Nous ne pouvons pas répondre à la demande des élus avec un TGV », affirme Alain Krakovitch, le directeur des TGV-Intercités, rappelant que la desserte du Massif central relève de l’aménagement du territoire et donc de la décision de l’autorité organisatrice des Intercités, autrement dit de l’Etat.
Avec ce tracé plus rapide, qui répond à la vocation d’un TGV, le trajet Lyon-Bordeaux prendra environ cinq heures. Les dirigeants visent, grâce à des petits prix, les automobilistes et les utilisateurs des bus, nombreux sur cet axe, qui pourraient passer au train. Le prix d’entrée sur Ouigo est à 19 euros et un billet sur deux est vendu mois de 30 euros, rappelle encore Jérome Laffon qui prévoit un million de voyageurs annuels sur cette ligne.
Ainsi, au fil du temps, les distances proposées sur Ouigo s’allongent sans que les voyageurs se détournent. « Alors qu’initialement, Ouigo était lancé sur des liaisons plus courtes, le service se développe désormais aussi sur des liaisons plus longues dès lors que le marché loisirs est important », souligne Alain Krakovitch, le directeur des TGV-Intercités, pariant sur l’engouement pour le train et les petits prix, et se disant confiant sur les taux de remplissage à venir.
Ouigo a déjà transporté 25 millions de voyageurs l’année dernière et affiche un taux d’occupation moyen de 90 %. Le service low cost de SNCF Voyageurs devrait représenter 30 % de l’offre grande vitesse en 2030, selon l’entreprise.
Pas de restauration à bord même sur les longues distances
La vente ambulante de restauration avec un trolley a été testée cet été à bord des Ouigo sur les lignes Paris-Brest et Paris-Quimper. « Les clients ont beaucoup apprécié mais d’un point de vue économique, nous n’avons pas trouvé la solution », reconnaît Jérome Laffon. Le service ne va donc pas être retenu car trop coûteux.
Succès de Ouigoswap
La revente des billets est possible depuis 2022 grâce à une bourse d’échanges. Elle n’était initialement possible que sur les TGV Ouigo complets. Elle est désormais acceptée sur tous les trains depuis juillet dernier. « Le taux de revente atteint 40 % », indique Jerome Laffon. « Si on se projette sur l’ensemble de l’année, 500 000 billets devraient avoir été remis dans le circuit et 200 000 rachetés », précise le directeur général de Ouigo.

Comment Bruxelles veut mieux utiliser le réseau ferré européen
L’Europe entend décidément accélérer dans le ferroviaire. Quelques jours après l’adoption d’un plan pour la grande vitesse, son exécutif vient d’aboutir à un accord « politique » pour améliorer la gestion du réseau ferroviaire européen. Les négociateurs du Conseil et du Parlement se sont mis d’accord le 19 novembre pour « harmoniser, simplifier et rationaliser » les capacités disponibles sur le réseau ferroviaire de l’UE.
L’accord doit permettre une utilisation plus efficace de l’infrastructure pour augmenter les fréquences et la fiabilité du transport de voyageurs et de fret. En pratique, il va entrainer la mise en place d’un nouveau cadre, commun à tous les Etats-membres, pour faire rouler plus de trains sur des horaires uniques à horizon décembre 2030. Cela correspond à l’un des principaux objectifs de la stratégie de mobilité de l’Union. Elle prévoit que le trafic ferroviaire à grande vitesse double d’ici à quatre ans et triple à l’horizon 2050, tandis que le trafic de marchandises doit augmenter de 50 % d’ici à 2030 et doubler d’ici à 2050.
Pour atteindre ces objectifs, le transport ferroviaire doit devenir plus abordable, fiable et accessible. Cela passe par une augmentation de l’utilisation de son infrastructure. Aujourd’hui, chaque gestionnaire répartit les capacités de son réseau selon un cadre national et un modèle d’horaire qui lui sont propres, et sur une base annuelle. La tâche n’est pas simple, les trains de voyageurs et de marchandises partageant les mêmes voies, mais circulant à des vitesses différentes, selon des plans d’arrêts différents. Mais dans ces conditions, programmer des services internationaux est difficile. Or, Bruxelles constate que le trafic ferroviaire transfrontalier est en hausse et nécessite des capacités.
L’accord européen doit ainsi permettre de mieux planifier les trains au-delà de l’horaire de service annuel national, tout en facilitant les services supplémentaires à plus court terme.
Le rôle clé du réseau européen des gestionnaires de l’infrastructure
Les gestionnaires de chaque Etat vont ainsi conserver la coordination et la planification de leurs capacités ferroviaires. Mais un réseau européen en charge de l’infrastructure jouera un rôle clé en élaborant trois cadres. Le premier définira la gestion des capacités. Le deuxième assurera la coordination de la gestion transfrontière du trafic, des perturbations et des crises, Enfin, le troisième permettra l’évaluation des performances et le suivi de l’évolution du transport ferroviaire.
En attendant la finalisation de l’accord, les États membres sont invités à fournir des orientations stratégiques pour que les particularités de leurs réseaux nationaux soient prises en compte. Le gestionnaire européen s’y réfèrera en cas d’arbitrage entre Etats, par exemple si un trop grand nombre de demandes sont introduites pour une même section du réseau.
Selon les règles de l’UE, un accord politique est provisoire: il doit être confirmé par les représentants des États membres au sein du Conseil (Coreper), ainsi que par le Parlement européen. Adopté formellement par les deux institutions, il entre en vigueur 20 jours après sa publication au journal officiel de l’UE. Le secteur ferroviaire commencera immédiatement à mettre en œuvre le nouveau cadre réglementaire en lançant sa planification stratégique pluriannuelle afin que le premier horaire entre en vigueur en décembre 2030.

Le chantier de la gare de Lyon à Paris enfin lancé
Ancien de Bercy où il a passé plus de sept ans à la direction de l’immobilier de l’Etat, Alain Resplandy-Bernard, nouveau patron de SNCF Gares & Connexions, connaît parfaitement cette rue qui longe la Seine sans en voir la couleur et permet d’accéder à la gare on ne sait pas vraiment par où. Habitué des lourds travaux de rénovation, il arrive à point nommé pour lancer un chantier indispensable : celui de l’accès à la gare de Lyon par la rue de Bercy.
Il a fallu des années pour s’entendre
SNCF Gares & Connexions, l’Etat, la Région Île-de-France, le ministère de l’Économie et des Finances et la mairie de Paris ont mis des années à s’accorder sur cette transformation ambitieuse qui va prendre au minimum quatre ans. Le chantier s’étend en effet sur 400 mètres, « la longueur de deux rames de TGV », précise-t-on à l’agence Arep qui participe au projet.
Pour améliorer la lisibilité et l’accès de la gare qui accueille 145 millions de voyageurs par an, deux nouvelles entrées vont être refaites et deux nouvelles liaisons « verticales » (un escalier fixe et un double escalier mécanique) vont raccorder la gare de surface au hall RER/Métro. Pour remplir sa vocation d’interconnexion, 850 places de stationnement vélos, dont un parking à vélos de 600 places sécurisées vont être créées. Derrière une façade qui ira jusqu’au trottoir, une quinzaine de nouveaux commerces, services et des enseignes de restauration vont ouvrir pour une clientèle de voyageurs, de riverains et de bureaux.
Un coût de 64 millions d’euros
Le réaménagement le plus spectaculaire sera celui de l’allée de Bercy. Cette véritable promenade urbaine végétalisée, en surplomb de la rue, offrira 2000 m² transformés en espaces plantés.
Pour la nouvelle façade, le choix a été fait de privilégier des matériaux de construction issus de l’économie circulaire. 500 m² de traverses ferroviaires de la SNCF, du parquet de chêne de récupération pour les 1400 m² de marquise extérieure et des briques de terre crue géo-sourcées vont ainsi être utilisées. La complexité du chantier de 20 000 m² reste bien de maintenir l’accès à la gare pour garantir l’exploitation ferroviaire.
Le projet a été coconstruit avec les riverains et voyageurs pendant une phase de concertation publique menée par SNCF Gares & Connexions à l’été 2023. Le montant des travaux s’élève à 64 millions d’euros, porté par SNCF Gares & Connexions (64 %), la Région Île-de-France (18 %), l’Etat (8 %) et Île-de-France Mobilités (2 %). Le ministère de l’Economie et des Finances est également impliqué pour l’aménagement et la végétalisation de son périmètre foncier.