Catégorie : Ferroviaire

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  • Péages ferroviaires 2024-2026  : ce sera bien + 8%

    Péages ferroviaires 2024-2026  : ce sera bien + 8%

    Contesté par huit régions (1), retoqué en mars dernier par le Conseil d’Etat qui avait jugé opaque la procédure de fixation des tarifs de péages de SNCF Réseau, et estimé qu’elle ne prenait pas suffisamment en compte les contributions financières des régions (3,6Mds€ par an, hors Ile-de-France) ), le tarif des péages ferroviaires est finalement validé par le gendarme du rail.

    L’Autorité de régulation des transports (ART) donne son feu vert à la quasi-totalité des tarifs du gestionnaire d’infrastructure ferroviaire pour 2024, 2025 et 2026.  « Les dispositions tarifaires n’ayant pas été remises en cause sur le fond par le Conseil d’État », justifie le régulateur dans son avis publié le 12 septembre dernier.

    Autrement dit, ce n’est pas sur les tarifs que les juges administratifs avaient tiqué mais sur la procédure de fixation des tarifs, estiment les membres du collège de l’Autorité présidée par Thierry Guimbaud. Ils demandent toutefois à SNCF Réseau de corriger les montants des redevances de cinq régions (Normandie, Bretagne, Grand Est, État et Sud Provence‑Alpes‑Côte d’Azur), « certains paramètres de calcul devant être rectifiés »

    Au final, les péages acquittés par les entreprises ferroviaires, les Régions et l’État augmentent d’environ 8 % par rapport à 2023 et s’élèvent en 2024 à plus de 7 milliards d’euros.

    Si ces niveaux de péages demeurent plus élevés que chez nos voisins européens, reconnait le gendarme du rail, « ils s’inscrivent dans un contexte visant à assurer à terme la couverture du coût complet de gestion du réseau par les redevances d’utilisation », modère-t-il. Et « sont cohérents avec les objectifs du contrat de performance 2021-2030 conclu entre l’État et SNCF Réseau et avec l’inflation constatée » », ajoute l’ART qui appelle SNCF Réseau à améliorer ses principes de la tarification. Après la décision des juges administratifs, en mars dernier, la société du groupe SNCF qui gère et entretient le réseau ferré avait promis « d’adapter son processus de consultation pour répondre aux exigences de transparence formulées par le Conseil d’Etat ». Maigre consolation pour les régions contestataires.

    N.A

    (1) Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire, Hauts-de-France, Ile-de-France, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine et Grand-Est.
  • Un appel à l’Etat après une motion de l’Ile-de-France contre le projet de Ligne Nouvelle Paris Normandie

    Un appel à l’Etat après une motion de l’Ile-de-France contre le projet de Ligne Nouvelle Paris Normandie

    La région Ile-de-France a déclenché une série de réactions outrées après son adoption, le 11 septembre, d’une motion contre la future Ligne Nouvelle Paris-Normandie. Un projet estimé à 11,5 milliards d’euros et qui doit mettre Rouen à moins d’une heure de Paris (contre 1h20 actuellement) et Le Havre à 1 h45 (2h05 aujourd’hui). Mais il est jugé « désastreux« par Valérie Pécresse, la présidente de l’Ile-de-France, pour  son impact écologique et économique « pour les communes traversées, notamment dans les Yvelines« .

    Les partisans de la LNPN appellent l’Etat à poursuivre le projet. Dans un communiqué, la Normandie estime « qu’après avoir formulé des exigences qu’elle savait impossibles à financer, Valérie Pécresse tente désormais d’enterrer, frontalement et unilatéralement, ce projet essentiel pour la Normandie« . Selon la région, « la LNPN profitera autant aux Franciliens qu’aux Normands« . Cette posture, « qui réinvente le mépris parisien envers une province fantasmée« , fait « abstraction des nombreuses études déjà menées par les partenaires du projet depuis plus de dix ans, lesquelles représentent plus de 100 millions d’euros, ainsi que des engagement pris par la Région Normandie avec notamment le cofinancement acté des études pour le saut-de-mouton de la gare Saint-Lazare et les segments prioritaires de la ligne« , poursuit-elle. De plus, « la ligne nouvelle libèrera des sillons, c’est-à-dire des capacités, au profit des trains de fret, réduisant ainsi les nuisances liées aux transports routiers, non seulement pour accompagner le développement du port du Havre, mais également pour toute la logistique et les approvisionnements propres à Paris et à l’Ile-de-France« .

  • European Sleeper ajoute une voiture-restaurant et vise Venise

    European Sleeper ajoute une voiture-restaurant et vise Venise

    Pas à pas, la coopérative belgo-néerlandaise European Sleeper étend la gamme de ses services, tant qualitativement que géographiquement. Après avoir prolongé à Dresde et Prague son premier train de nuit tri-hebdomadaire, lancé en mai 2023 entre la Belgique, les Pays-Bas et Berlin, le nouvel entrant avait lancé au printemps dernier un appel à un financement participatif de 100 000 euros pour ajouter, à partir du 1er octobre, une voiture-restaurant à sa rame composée de voitures-lits et voitures-couchettes (« standard » pour six personnes ou « confort » climatisées, pour cinq), mais aussi de voitures à compartiments proposant six places assises.

    À réservation obligatoire, le restaurant de la nouvelle voiture-restaurant sera ouvert de 19 h 30 à 22 h 30 vers Prague et de 18 h 30 à 22 h vers Bruxelles. Le bar ouvrira aux mêmes heures, pour fermer à minuit. Quant au petit-déjeuner, il sera proposé à partir de 6 h 30, jusqu’à 10 h vers Prague, contre 9 h vers Bruxelles. Pour commencer, la nouvelle voiture sera ajoutée une à deux fois par semaine jusqu’au 4 novembre. Si le projet pilote donne satisfaction, la voiture-restaurant pourrait être pérennisée entre Bruxelles et Prague.

    La voiture-restaurant devrait également entrer dans la composition d’un autre train de nuit, qu’European Sleeper compte lancer l’hiver prochain. Toujours au départ de Bruxelles, cette nouvelle relation a pour destination les Alpes bavaroises, tyroliennes ou italiennes et Venise comme terminus. Mais cette fois, il s’agirait d’un train saisonnier, autour des vacances d’hiver 2025 et destiné à une clientèle du Benelux voulant se rendre aux sports d’hiver, voire au carnaval de Venise. Deux départs par semaine devraient être proposés de début février à la mi-mars. Plus précisément, « le voyage inaugural partira de Bruxelles le 5 février 2025 », annonçait European Sleeper fin août, les prix des billets et les heures définitives étant attendues pour l’ouverture des réservations, prévue le 24 septembre. « Le nouveau service de train de nuit sera également disponible à la réservation via le partenaire Green City Trip, ce qui souligne leur ambition commune d’innover dans le voyage en train européen et de le rendre plus accessible à un public plus large. »

    En attendant, « un horaire provisoire a été établi alors qu’European Sleeper travaille en étroite collaboration avec les autorités compétentes pour finaliser les heures de départ et d’arrivée ». Partant de Bruxelles-Midi vers 19 h, le train desservirait le sud des Pays-Bas (Bréda, Tilbourg, Eindhoven et Venlo) en soirée et de prendre ses derniers voyageurs à Cologne vers 23 h 30. Le lendemain matin, le convoi arriverait à Munich vers 6 h 30 du matin, avant de desservir sept arrêts intermédiaires dans les Alpes, puis Bolzano vers 11 h, avant de gagner Vérone (Porta Nuova, 12 h 30) et Venise (Mestre, et enfin Santa Lucia vers 14 h). De la Cité des Doges, le train repartirait après deux heures d’arrêt, desservant le nord de l’Italie en fin d’après-midi et les Alpes en soirée. Le passage à Cologne se ferait vers 6 h 30 du matin, le retour aux Pays-Bas à des heures idéales (vers 7 h 30-9 h 30), avant d’arriver en fin de matinée à Bruxelles (gare du Midi vers 11 h 30).

    Trajet du train de nuit European Sleeper vers Venise

    La liaison vers les Alpes et Venise n’est pas la seule en cours de préparation pour European Sleeper, qui travaille également sur un train de nuit entre Amsterdam, Bruxelles et Barcelone. Une relation quotidienne, cette fois, et « soutenue par la Commission européenne », ajoute European Sleeper. Un Barcelone – Milan serait également à l’étude, pour un lancement vers 2025 ou 2026.

    Le succès semble être au rendez-vous, car malgré un nombre encore réduit de départs (trois par semaine de Bruxelles, plus trois de Prague), la barre des 100 000 voyageurs a été officiellement franchie le 30 août, après 15 mois d’exploitation. Ce qui équivaut à plus de 250 voyageurs par train en moyenne.

    P. L.

  • La SNCB pérennise le train classique entre Bruxelles et Paris

    La SNCB pérennise le train classique entre Bruxelles et Paris

    Avec la clôture des Jeux paralympiques de Paris prend également fin la desserte Bruxelles – Paris par train classique,expérimentée à l’occasion par la SNCB, du 24 juillet au 11 août avec deux allers-retours par jour, puis du 28 août au 8 septembre avec cette fois un aller-retour quotidien. Rattaché à l’offre Eurocity (EC), ce train, à réservation obligatoire, reliait Bruxelles-Midi et Mons à Paris-Nord en quelque trois heures.

    Deux jours avant la fin de cette expérimentation grandeur nature qui aura permis aux supporters belges de gagner Paris durant les Jeux 2024, le Conseil d’administration de la SNCB a annoncé que cette « liaison ferroviaire classique vers Paris » figurerait parmi les nouvelles dessertes approuvées dans l’offre de trains 2025, qui doit entrer en vigueur au changement d’horaire du 15 décembre 2024. « Une nouvelle liaison ferroviaire entre Bruxelles et Paris sera également mise en place à partir de décembre 2024. Il s’agit d’un train classique qui reliera les deux capitales, via Mons » : rien de très neuf par rapport au service de cet été, alors que « les nouveaux horaires seront disponibles dans quelques semaines via le planificateur de voyages en ligne de la SNCB ». Ce qui, dans le fond, est conforme à ce qui avait été annoncé par la SNCB et la SNCF il y a plus d’un an !

    Cette desserte classique mettra donc fin au monopole d’Eurostar (ex-Thalys) sur les trains entre Paris et Bruxelles, mais de façon très limitée, tant par la fréquence que par la desserte côté français : Compiègne, Saint-Quentin ou Aulnoye ne retrouvent pas leurs dessertes perdues il y a près de trente ans, lors de la mise en service des relations Thalys. En comparaison, 16 allers-retours en trains IC classiques relient chaque jour les gares de Bruxelles-Midi et Rotterdam-Centraal avec des arrêts à Bruxelles-Central, Bruxelles-Nord, Brussels Airport, Malines, Anvers-Berchem, Anvers-Central, Noorderkempen et Breda… en plus des trains à grande vitesse, dont la desserte doit s’étoffer entre Bruxelles-Midi et Amsterdam-Zuid en décembre prochain.

    Ce dernier accroissement sera également mis en œuvre dans le cadre de l’offre 2025 de la SNCB, en hausse de près de 2 % (comptée en trains-km) par rapport au service actuel, qui présentait déjà 1 % d’offre supplémentaire. Enfin, à cette hausse générale s’ajoute la remise en service « de 220 trains qui avaient été temporairement retirés de l’offre depuis 2022, en raison d’une importante pénurie de personnel à la suite de la crise du covid ».

    P. L.

  • La Cour des comptes d’Auvergne-Rhône-Alpes pointe un nombre insuffisant de trains régionaux

    La Cour des comptes d’Auvergne-Rhône-Alpes pointe un nombre insuffisant de trains régionaux

    La chambre régionale des comptes Auvergne-Rhône-Alpes, saisie début 2023 par l’ex-président Laurent Wauquiez, vient de livrer son rapport d’évaluation de la politique du matériel roulant ferroviaire. Ses conclusions mettent en évidence les principales faiblesses qui aboutissent à des annulations et des retards de trains mais aussi à de l’inconfort. Une situation dénoncée par les usagers. « Notre enquête auprès des abonnés du TER fait ressortir que 53 % des usagers se disent satisfaits ou très satisfaits contre 87 % en moyenne pour les enquêtes de la SNCF », souligne Bernard Lejeune, président de la chambre régionale des comptes.

    La juridiction s’est d’abord penchée sur l’adéquation entre le matériel roulant et le niveau de qualité de service arrêté par convention entre la Région et la SNCF. Force est de constater que l’offre de trains n’est pas à la hauteur. Entre 2017 et 2022, l’offre est restée constante avec 418 rames alors que la fréquentation des TER a progressé de 11 %. « Les voyageurs s’entassent dans des trains surchargés qui affichent en moyenne 104 voyageurs en 2022 contre 90 en 2017 », indique Bernard Lejeune.

    30 trains de plus seraient nécessaires

    Cette offre insuffisante impacte également la capacité à faire face aux aléas. « Il n’y a que 2,5 trains en réserve alors qu’il en faudrait 12 », précise le président. Pour assurer le plan de transport dans de bonnes conditions, la chambre régionale des comptes estime qu’il faudrait dès aujourd’hui 30 rames supplémentaires et 3,4 Md€ d’investissement jusqu’en 2035 pour moderniser et étendre le parc de matériel. Quelques années difficiles sont donc encore promises aux voyageurs. « Cinq à sept ans s’écoulent entre les commandes et les livraisons. De plus, les vieux Corail devront être remplacés ou subir une maintenance lourde avec 6 mois d’immobilisation », explique Bertrand Lejeune.

    C’est le résultat d’un manque d’anticipation dans le remplacement des matériels et d’une mauvaise appréciation de l’augmentation de fréquentation, estime l’institution. « Il y a eu un jeu d’acteurs et un manque de confiance et de dialogue entre la Région et la SNCF. Au final, c’est l’usager qui paie les pots cassés », analyse Bernard Lejeune.

    La maintenance souffre, elle aussi, de nombreuses faiblesses et nécessiterait 400 M€ d’investissement. Outre la concentration des technicentres sur le nœud ferroviaire lyonnais saturé, la polyvalence des ateliers est insuffisante alors que le parc compte une quinzaine de séries différentes. De plus, les équipements sont vieillissants et sous-dimensionnés, estime le rapport qui s’interroge sur les périodes de maintenance. « Seulement 35 % des opérations sont réalisées la nuit ou le week-end alors que c’est à ce moment-là que les TER circulent moins », s’étonne Bernard Lejeune.

    La chambre régionale des comptes relève toutefois un point positif : l’efficacité industrielle de la SNCF. En effet, le taux de matériel disponible pour l’exploitation atteint 84 %, soit + 5 points en 5 ans, et dépasse de 7 points la moyenne nationale des TER.

    Pour gagner en efficacité, la chambre régionale des comptes recommande à la Région de reprendre la propriété du matériel ferroviaire et des ateliers de maintenance pour avoir la maîtrise complète de sa politique d’acquisition et de maintenance lourde. Elle préconise aussi de lancer une étude sur la mise en place du cadencement qui permettrait d’optimiser l’utilisation du matériel.

    Séverine Renard

     

  • Acheter son billet TGV dans les gares régionales : mission impossible ?

    Acheter son billet TGV dans les gares régionales : mission impossible ?

    En janvier 2025, Nouvelle-Aquitaine pourrait arrêter de vendre des billets TGV et Intercités dans ses gares non desservies par une ligne spécifique. Pas de quoi inquiéter la SNCF qui dit ne vendre que 10% de ses billets TGV aux guichets. Derrière cette décision, les bisbilles entre la région dirigée par le socialiste Alain Rousset avec le groupe ferroviaire public : « La SNCF refuse d’ouvrir à la vente notre billettique « Modalis », billet unique qui regroupe toute l’offre et tous les opérateurs de transport de la région, TER, autocars, urbains, autopartage, covoiturage, vélos en libre-service », indique Renaud Lagrave, vice-président en charge des transports de Nouvelle-Aquitaine.

    Mesure de rétorsion à l’égard de SNCF Voyageurs? La compagnie est aussi critiquée par Trenitalia et Renfe qui ne sont pas vendus aux guichets ou sur SNCF Connect, par les plateformes privées de distribution, Trainline en tête, qui accuse le transporteur public de position dominante avec son agence de voyages numérique. « Les discussions sont en cours avec la région et elles sont très constructives« , affirme de son côté la SNCF sans plus de commentaire.

    En 2022, 209 millions de billets ont été vendus sur SNCF Connect, dont 93 millions de billets TER. Mais aujourd’hui, certaines autorités régionales de transport qui développent leur propre billettique s’agacent. « Si demain, la SNCF joue la réciprocité et vend nos billets multimodaux Modalis, je peux ajouter TGV et Intercités sur notre appli. Ça se fait partout en Europe, tout le monde vend tout le monde, sauf la SNCF. C’est une mesure de bon sens », reprend Renaud Lagrave.

    Les effets de la régionalisation des TER

    En France, la régionalisation des transports ferroviaires, depuis 2002, a entraîné la disparition de nombreux guichets dans les gares situées hors des agglomérations; seuls des automates permettent d’acheter et d’éditer un titre de transport. Résultat d’un jeu de dupes entre les régions et SNCF. « Depuis plus de cinq ans, la SNCF qui mise sur le tout numérique, s’est retirée du financement des guichets, sauf en gare de Bordeaux et Poitiers. Elle refile la patate chaude à la région. Nous n’avons quasiment pas fermé de guichets mais adapté les horaires d’ouverture, fermé ceux où ne se vendaient quasiment plus de billets », affirme l’élu aquitain.

    Avec l’arrivée de services MaaS, imposés par la loi Mobilités de 2020 et en cours de développement dans plusieurs régions (Normandie, Bretagne, Auvergne-Rhône-Alpes, Sud Paca) qui permettent de planifier, réserver et payer de nombreux moyens de transport sur une même plateforme numérique avec une billettique associée, les régions veulent maintenant avoir la main sur les canaux de distribution.

     Une gare sur trois équipée de guichets de vente TGV ou Intercités

    Carte des gares SNCF équipées ou non de guichets de vente de billets TGV et trains Intercités. ©Fnaut

    « Dans une région dont je ne peux pas citer le nom, l’émission d’un billet TER coûte 13 euros, souvent plus que le prix du billet ! », avance François Delétraz, président de la Fédération nationale des associations des usagers des transports (Fnaut) qui milite pour que la SNCF soit le distributeur de tous les opérateurs ferroviaires et que « SNCF Connect ne soit plus une agence de voyages mais un distributeur national, comme la Deutsche Bahn en Allemagne ou le CFF en Suisse », relève le représentant de l’association de défense des voyageurs.

    La Fnaut a d’ailleurs publié juste avant l’été une étude montrant que seulement une gare sur trois dispose d’un guichet avec agents pour acheter des billets TGV ou Intercités. Sur les 3023 gares du réseau ferré, seulement 753 ont un guichet permettant l’achat de ces billets. Et dans certains départements franciliens, les Yvelines, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine Saint-Denis, il n’y en a tout simplement pas. Pas toujours possible non plus d’acheter un billet TGV dans les gares situées sur les lignes à grande vitesse : la Fnaut en recense 11 dépourvues de guichet de vente, Montpellier Sud-de-France TGV ou Besançon Franche-Comté TGV, par exemple (cliquer pour agrandir la carte ci-dessus).

    Globalement, la SNCF justifie la baisse du nombre de guichets physiques par le report vers l’achat de billets en ligne. La part globale des ventes au guichet des billets TGV a été divisée par deux depuis 2016, et ne dépasse pas les 10%. « 30% des citoyens sont exclus du numérique », rétorque la Fnaut. Certes, la vente de billets peut se faire par téléphone sur le 3635, dans des maisons communales de services ou dans des commerces partenaires, chez les buralistes par exemple. Mais ce que demandent les usagers , c’est plus de présence humaine en gare. Lors d’une récente conférence de presse, Xavier Wattebled, responsable CGT des cheminots Nord-Pas-de-Calais, affirmait que tous les petits guichets vendant moins de 20 billets par jour seraient menacés de fermeture dans les Hauts-de-France.

    Nathalie Arensonas

  • Systra se glisse sur les lignes à grande vitesse en Californie et au Maroc

    Systra se glisse sur les lignes à grande vitesse en Californie et au Maroc

    Systra a annoncé fin août avoir remporté deux nouvelles missions dans deux projets de lignes à grande vitesse (LGV), l’un en Californie, l’autre au Maroc. Le spécialiste de l’ingénierie et du conseil dans les transports publics a souligné au passage être « présent dans la conception de la moitié des LGV en service et en construction dans le monde ».

    Carte de la LGV californienne : le tronçon central est souligné en violet.

    Aux États-Unis, Systra, en groupement avec son homologue espagnol Typsa, a remporté le contrat pour l’ingénierie du tronçon central du projet de ligne à grande vitesse californienne reliant Merced à Bakersfield (section soulignée en violet sur la carte ci-contre). Attribué par la California High-Speed Rail Authority (CHSRA) ce contrat a une valeur de 131,2 millions de dollars (118,7 millions d’euros). Les équipes de Systra « seront responsables des études des voies et de la caténaire » de cette section de LGV longue de 275 km qui constituera l’épine dorsale du futur réseau à grande vitesse californien. À ne pas confondre avec l’autre projet de LGV en Californie, lancé par Brightline, la section de Merced à Bakersfield est « la première ligne nouvelle complète lancée aux États-Unis »… mais ne sera peut-être pas la première en service. Toujours est-il que ce nouveau contrat californien s’ajoute pour Sysyta à un précédent, signé en novembre 2022 par l’intermédiaire de Stantec pour la réalisation des études d’exécution des infrastructures de cette LGV entre Merced et Madera.

    Carte du réseau ferré marocain : le prolongement de la LGV vers Marrakech figure en jaune sous la ligne de Tanner à Kenitra, en vert.

    Au Maroc, en groupement avec Egis et Novec, Systra a signé avec l’ONCF un contrat d’assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO) pour le prolongement de la LGV entre Tanger et Kenitra jusqu‘à Marrakech. Le projet consiste à assister l’ONCF dans la réalisation de 430 km de ligne nouvelle à grande vitesse, 130 km de quadruplement de ligne classique autour de Casablanca et des nouvelles gares. Ces nouvelles infrastructures permettront la circulation de trains à 320 km/h sur le nouveau tronçon de LGV du seul réseau ferré africain à compter actuellement de telles lignes. Le prolongement vers Marrakech devrait être inauguré fin 2029, « avant le lancement de la Coupe du monde de football », ajoutent les signataires. Les trois sociétés du groupement avaient déjà été partenaire de la première LGV marocaine, mise en service en 2018. Systra rappelle en particulier avoir été maître d’œuvre du plus long tronçon de génie civil et assistant à maîtrise d’ouvrage pour la conduite des opérations de l’ensemble des équipements ferroviaires et électromécaniques.

    P. L.

  • Pourquoi la Renfe tarde à lancer ses trains à grande vitesse jusqu’à Paris

    Pourquoi la Renfe tarde à lancer ses trains à grande vitesse jusqu’à Paris

    Les pannes subies depuis plusieurs mois par les trains à grande vitesse Avril de la Renfe n’entrainent pas seulement des incidents à répétition sur tout le réseau. Ils pourraient également gêner la stratégie de développement de la compagnie espagnole en France.

    En effet, depuis leur livraison, en mai, les trains Avril (série 106) du constructeur Talgo enchaînent les pannes de manière anormale. Très remonté, le ministre des Transports, Oscar Puente, a annoncé le 29 août, lors d’une audition au Congrès des députés, que deux nouvelles réclamations contre Talgo pour le préjudice subi étaient actuellement à l’étude. Elles viendraient s’ajouter aux 166 millions d’euros que la compagnie Renfe réclame déjà au constructeur espagnol suite au retard de plus de deux ans pour la livraison de ces trains.

    Les Avril suscitaient pourtant de grandes attentes. Une commande pour 15 unités avait été passée en 2016, avec la possibilité de l’élever à 30, option confirmée par la suite. Talgo avait remporté l’appel d’offre avec des trains capables de dépasser les 300 km/h et, surtout, de faire varier l’écartement de leurs roues pour s’adapter à l’ensemble de réseau espagnol, où coexistent trois types d’écartement des voies ferrées : métrique, ibérique et européen. La proposition de l’entreprise était enfin 43 % moins chère que le prix envisagé dans l’appel d’offre. Une économie estimée à 1,15 milliard pour la Renfe.

    Les premiers trains devaient arriver sur les rails en janvier 2021. Ils n’ont été livrés qu’en mai dernier. Pis, entre leur entrée en service, le 21 mai, et le 8 août, 479 incidents ont été enregistrés, dont 28 ont provoqué un retard supérieur à une heure, et 14 ont nécessité le transfert des passagers sur un autre train. Sur cette période, la ponctualité des trains Avril a été inférieure à 50 %, contre plus de 76 % sur l’ensemble du service grande vitesse et longue distance en Espagne.

    Pannes moteur

    Depuis la mise en marche des séries 106, les incidents ont augmenté de façon substantielle dans tous les couloirs, produisant des contretemps importants et affectant la qualité du service”, accusait Oscar Puente, le 6 août, au lendemain de l’incident qui a fait déborder le vase : une panne d’électricité sur l’ensemble d’un convoi, dans un tunnel, proche de la station Madrid Chamartin. Il a laissé autour de 500 passagers bloqués dans les wagons durant plus de deux heures, sans air conditionné. Certains ont même brisé la vitre d’une rame pour faire diminuer la chaleur suffocante dans le compartiment. Le blocage a également provoqué le chaos dans l’ensemble de la station de Chamartín.

    Selon la Renfe, ces pannes sont la conséquence d’une série de problèmes identifiés de manière récurrente sur les trains Avril. Certains sont de simples défauts de fabrication des sièges. Mais 57 % de ces problèmes affectent le matériel moteur.

    Ces contretemps font monter la pression sur la Renfe, déjà mise en difficulté par l’arrivée en Espagne des opérateurs Iryo et Ouigo, qui ne cessent de grignoter des parts de marché. De son côté, l’opérateur espagnol peine à faire sa place sur le marché français. Il opère déjà entre Madrid, Barcelone, Marseille et Lyon. L’Espagnol rêve maintenant d’arriver jusqu’à Paris, mais rencontre une série d’obstacles pour obtenir les homologations nécessaires. Son projet était de faire rouler jusqu’à Paris, au moment des JO, les trains Avril, dont la capacité importante est essentielle pour rendre la ligne rentable. Voici un obstacle de plus sur sa route.

    Alban Elkaïm

     

  • 1,1 milliard pour la gestion et l’achat de trains en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie

    1,1 milliard pour la gestion et l’achat de trains en Nouvelle-Aquitaine et en Occitanie

    La Société publique locale SPIIT, créée en juillet 2023 par les régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie pour financer et gérer leur matériel roulant ferroviaire, a annoncé, fin juillet, avoir levé 1,1 milliard d’euros d’emprunt.
    Chacune des régions vient de mettre en place un contrat de concession de 42 ans avec la SPL SPIIT, qui va s’occuper notamment du rachat du parc existant, des opérations de rénovation à mi-vie des AGC bimodes des deux régions et de l’acquisition de matériels.
    Le financement à long terme a été apporté par un pool bancaire comprenant la Banque Européenne d’Investissement, la Banque des Territoires, le Crédit Agricole Corporate & Investment Banking, Nord LB, Crédit Industriel et Commercial et La Banque Postale. Le crédit-relais TVA est assuré par BPCE / BRED.
  • Le loueur Alpha Trains choisit Siemens Mobility pour la fourniture de 70 locomotives

    Le loueur Alpha Trains choisit Siemens Mobility pour la fourniture de 70 locomotives

    Alpha Trains a retenu Siemens Mobility pour la fourniture de locomotives Vectron pouvant aller jusqu’à 70 unités. La première commande porte sur 35 locomotives.

    L’accord-cadre, annoncé le 2 septembre et signé en juillet 2024, prévoit la fourniture de plusieurs variantes de locomotives Vectron, y compris des unités multi-systèmes et bimodes, indique le loueur de matériels roulants en Europe. « Les Vectrons seront fabriquées dans l’usine Siemens Mobility de Munich-Allach et la première livraison est prévue pour la fin de l’année 2026« , précisent dans un communiqué commun les deux entreprises. « La commande comprend la livraison des premières locomotives multi-systèmes Vectron pour la France, capables de circuler sur le corridor Nord-Sud à travers l’Allemagne, l’Autriche, la Suisse, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas, la France et éventuellement le Luxembourg« .