Catégorie : Industrie

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  • Jérôme Wallut quitte Alstom pour « une nouvelle phase » professionnelle

    Jérôme Wallut quitte Alstom pour « une nouvelle phase » professionnelle

     « Après 22 ans chez Alstom, j’entame la prochaine phase de ma vie professionnelle, enthousiaste [à l’idée] de continuer à soutenir le développement des personnes et des entreprises de l’industrie. Je tiens à remercier chaleureusement tous ceux avec qui j’ai eu la chance de collaborer : clients, partenaires, fournisseurs et collègues, de l’Asie, de l’Europe à l’Amérique du Nord. Ce fut une expérience humaine fantastique de travailler avec vous en déployant des solutions de transport ferroviaire efficaces, en développant l’entreprise et l’industrie.
    Je vous souhaite bonne chance et j’espère que nos chemins se croiseront à nouveau bientôt. »

    C’est par ces quelques phrases rédigées en anglais que Jérôme Wallut, qui occupait le poste de directeur commercial d’Alstom jusqu’en janvier, après sept années à la tête des activités du constructeur ferroviaire en Amérique (2014-2021), a annoncé sur Linkedin, le 1er février, son départ pour de nouvelles activités. En l’occurrence, la direction de son cabinet de conseil JW Management, spécialisé dans la stratégie d’entreprise, la gestion de projets et les achats publics.

    Diplômé d’ingénierie aérospatiale et de l’école de commerce INSEAD, Jérôme Wallut a commencé sa carrière chez Airbus, où il a occupé diverses fonctions dans la division après-vente, au sein du département des essais en vol, puis au sein du département des programmes et du centre de livraison. Il a rejoint Alstom Transport en 2000 comme directeur des Méthodes de management de projets, et a été promu directeur des Opérations en Asie au sein du département signalisation. En 2003, il est devenu directeur Grands comptes pour la RATP et RFF, et a peu après été nommé vice-président de la joint-venture Casco Signal Ltd. en Chine. De 2007 à 2009, il a occupé les fonctions de directeur Grands comptes pour la SNCF, avant de devenir vice-président senior d‘Alstom Transport France en 2010. C’est en 2014 qu’il a été nommé vice-président senior d‘Alstom Transport en Amérique du Nord, puis président pour les Amériques après la reprise de Bombardier Transport en 2021.

    P. L.

  • La Fnaut met en garde contre l’hydrogène

    La Fnaut met en garde contre l’hydrogène

    La Fnaut a fait part de ses réserves quant à l’utilisation de l’hydrogène pour la mobilité, dans une position publiée fin 2022, rédigée par Gilles Laurent, président de la Fnaut Hauts-de-France, avec l’appui de Fabien Laurent, de KCW. L’hydrogène, « souvent présenté comme la source d’énergie du futur » n’est en fait, rappelle la Fnaut , « qu’un vecteur d’énergie et non une source». Et, « qu’il s’agisse des ressources en « hydrogène vert », du mauvais rendement de sa fabrication, ou de la cherté des véhicules qui l’utilisent, l’usage massif de l’hydrogène pour la mobilité n’optimise pas du tout ni nos ressources énergétiques ni nos finances. L’utilisation directe de l’électricité, de deux à trois fois plus efficace, est de loin préférable, y compris par recharge de batteries».

    Cette position est, selon la Fnaut, confirmée par les études privilégiant les trains à batteries plutôt que des trains à hydrogène.

    L’usage d’hydrogène dans les transports devrait donc logiquement être limité à des usages très spécifiques. Exemple d’aberration manifeste : « Pour les bus destinés à Créteil, l’hydrogène sera produit par un électrolyseur alimenté en électricité par l’incinération d’ordures ménagères. Non seulement la production de l’électricité nécessaire aura été génératrice de CO2 , mais en plus, au lieu d’être envoyée directement dans le réseau électrique, elle sera captée par l’opération d’électrolyse ! Pour utiliser 1 kWh à bord du bus, il sera nécessaire de produire 4 kWh en amont ! »
    Dans le ferroviaire, une étude d’octobre 2022 concernant 16 lignes du Bade-Würtemberg ne recommande un passage à l’hydrogène pour aucune des lignes étudiées.

    La Fnaut relève également l’abandon de la Métropole de Montpellier du déploiement d’une flotte de 50 bus à hydrogène pour s’orienter vers des bus électriques à batterie, conformément aux choix généralement opérés dans l’industrie du bus européenne.

    F.D.

  • Une « chambre climatique » à Valenciennes pour tester les conditions extrêmes sur les trains

    Une « chambre climatique » à Valenciennes pour tester les conditions extrêmes sur les trains

    Dans l’industrie ferroviaire, lorsqu’il s’agit de réaliser des essais climatiques sur un matériel roulant en cours de développement, une adresse s’imposait jusqu’à présent : les « tunnels » de Rail Tec Arsenal (RTA) à Vienne, en Autriche. Mais désormais, le centre d’essais ferroviaires CEF 1, dit « de Valenciennes », permet également de réaliser une large gamme de tests dans sa nouvelle chambre climatique.

    Inaugurée le 20 janvier, celle-ci a été construite à quelques minutes à pied du site Alstom de Petite-Forêt, qui pourra y tester le confort climatique de ses trains. Cet outil d’essai sera également ouverte aux autre sites industriels, y compris ceux de la concurrence ! Et pour ce qui est d’Alstom, qui détient 96,1 % du capital du CEF, son site de La Rochelle dispose déjà d’une installation similaire, mais plus petite et moins performante qu’à Petite-Forêt… et cette installation travaille à plein régime, au point de nécessiter des envois chez RTA, à Vienne.

    De +70 à -45°C

    Pour ce qui est des performances, la nouvelle chambre climatique du CEF 1 permet de soumettre les matériels roulants aux conditions les plus extrêmes de température (de +70° C à -45° C) mais aussi d’humidité (5 à 95 %) et d’ensoleillement (1 250 W/m2, soit l’équivalent d’un plein soleil au zénith). Sa longueur totale de 45 m, choisie pour pouvoir accueillir deux caisses, est divisible en trois zones indépendantes (15 m, 7,5 m et 22,5 m), qui peuvent être combinées de cinq façons différentes afin de s’adapter au plus juste à la longueur des véhicules testés… et de limiter ainsi la consommation d’énergie !

    Ces cinq longueurs possibles, de 7,5 m à 45 m, « représentent 95 % de la demande », selon Emmanuel Chouffier, directeur général du CEF, qui a inauguré la chambre climatique avec Olivier Baril, directeur du site Alstom de Valenciennes Petite-Forêt (les 5 % restants devront continuer d’aller à Vienne, où le grand tunnel atteint une longueur de 100 m, dont 60 m sous les spots pour simuler l’ensoleillement). Avec sa largeur de 6 m et sa hauteur de 6,50 m, la nouvelle chambre d’essais peut accueillir, outre les trains, des bus, cars et autres véhicules routiers ou militaires, pour mettre au point leurs systèmes de chauffage, de climatisation et d’isolation en vue de leur homologation, et ce, quelles que soient les conditions météorologiques extérieures.

    4,4 millions d’euros d’investissement

    Moins de trois ans auront suffi pour réaliser ex nihilo cet équipement, qui représente un nouvel atout pour la filière ferroviaire française dans les Hauts-de-France en général et pour le CEF en particulier, avec l’embauche de trois ingénieurs en CDI. Les travaux ont porté sur quatre lots : voirie (renforcement de l’ancienne voie de stockage à l’emplacement de la chambre climatique, pose des réseaux de câbles), énergie (installation d’un transformateur), charpente de couverture (qui protège des intempéries) et enfin la chambre en elle-même, avec le local technique attenant.

    Chiffré à 4,4 millions d’euros, ce projet a bénéficié d’une subvention de 800 000 euros octroyée par Bpifrance (la Banque Publique d’Investissement) au nom de l’Etat, dans le cadre du plan de relance gouvernemental France Relance. Le total peut sembler élevé en absolu, mais vu les avantages compétitifs offerts par la nouvelle chambre climatique, ainsi que les économies de temps et d’argent qu’elle autorisera en évitant de longs voyages, le CEF et ses clients – tant du secteur ferroviaire qu’automobile ou de la défense – devraient être largement gagnants pour effectuer des projets de recherche, de développement et d’innovation dans des domaines aussi variés que la qualité de l’air intérieur, la consommation d’énergie ou encore la résistance et le vieillissement des matériaux.

    Et déjà la chambre climatique de Petite-Forêt affiche « des pré-réservations sur les trois-quatre années à venir », annonce Emmanuel Chouffier. Alstom, dont la locomotive Prima 2 était présente dans la chambre lors de son inauguration, cite entre autres le métro pour la Métropole Aix-Marseille-Provence, un train régional pour LNVG (Basse-Saxe, Allemagne), le métro pour la ligne 1 du Caire, le MI20 pour le RER B en Île-de-France, le métro pour la ligne 18 du Grand Paris Express, ainsi que le futur métro parisien MF19.

    P. L.

  • Commande record de locomotives pour Siemens en Inde

    Commande record de locomotives pour Siemens en Inde

    C’est la plus grande commande de locomotive jamais reçue par Siemens Mobility et le contrat le plus important signé par la filiale indienne du groupe allemand. Conclu avec les Indian Railways, ce marché record de 3 milliards d’euros « hors taxes ni modifications des prix » porte sur la livraison, les essais et la mise en service, sur une période de 11 ans, de 1 200 locomotives électriques destinées à la remorque de trains de fret. Le contrat comprend aussi la maintenance de ces machines « de 9 000 ch» (6,6 MW) pendant 35 ans.

    Le montage de ces locomotives devra avoir lieu aux ateliers Indian Railways de Dahod (État du Gujarat), en coopération avec les agents de l’entreprise ferroviaire, alors que la maintenance sera effectuée dans quatre dépôts Indian Railways (Visakhapatnam, Raipur, Kharagpur et Pune). Les chaînes de traction seront quant à elles produites en Inde par Siemens Mobility, qui mettra en œuvre sa plateforme Railigent pour garantir la fiabilité et la disponibilité des locomotives.

    Cette commande de locomotives de grande puissance, qui pourront remorquer des trains de fret de 4 500 t à 120 km/h maximum, s’inscrit dans la stratégie d’électrification à 100 % du réseau ferré indien, dans une perspective de faire passer la part modale du rail de 27 % à une fourchette de 40 à 45 % du volume de marchandises transportées dans le pays.

    P. L.

  • La ligne N du Transilien à 100 % équipée de Regio 2N

    La ligne N du Transilien à 100 % équipée de Regio 2N

    Le 17 janvier, Grégoire de Lasteyrie, vice-président d’Île-de-France Mobilités (IDFM) et Sylvie Charles, directrice Transilien (SNCF Voyageurs), ont accueilli en gare de Paris Montparnasse la 73e et dernière rame Regio 2N destinée à la ligne N. Cette dernière, qui regroupe les dessertes assurées par les trains de banlieue au départ de la Gare Montparnasse, transporte quelque 132 000 voyageurs par jour. Avec la livraison de la dernière rame Regio 2N qui lui était destinée, la ligne N est désormais exploitée avec un seul type de matériel roulant (désignation officielle : Z 57000), dont le financement a été assuré à 100 % par IDFM, à hauteur de 1,06 milliard d’euros.

    Sur les lignes de banlieue de la Gare Montparnasse, les automotrices Z2N du milieu des années 1980 et les rames VB2N tractées par des locomotives BB 27300 ou BB 7600 ont été remplacées en deux ans par les 73 rames Regio 2N. IDFM précise que « les rames VB2N et certaines locomotives ont été radiées, et seront démantelées, pour recyclage, un lot de locomotives a été vendu aux enchères, une première pour les deux acteurs du transport ». L’autorité organisatrice ajoute que ces nouvelles ressources lui permettront de financer les nouveaux trains destinés à la région.

    Pour autant, la livraison par Alstom (en tant que repreneur de Bombardier Transport) du total de 145 rames Regio 2N commandées par IDFM et Transilien SNCF Voyageurs n’est pas terminée : aux 73 rames de la ligne N s’ajoutent 72 rames destinées à la ligne R (banlieue de Paris Gare de Lyon) et au RER D. Sur ce deuxième parc, 61 rames sont actuellement en service, la livraison des 11 rames restantes étant prévue pour 2023/2024, selon IDFM.

    P. L.

  • Pourquoi la Nouvelle-Aquitaine commande 15 trains supplémentaires

    Pourquoi la Nouvelle-Aquitaine commande 15 trains supplémentaires

    A nouveaux services, nouveaux trains, dans un contexte général de hausse de la fréquentation. Mis en service progressivement depuis deux ans, au gré des diamétralisations et densifications de dessertes, le RER Métropolitain de Bordeaux va bientôt disposer de 5 nouvelles rames, sur le total de 15 dont l’acquisition a été votée par les élus régionaux de Nouvelle-Aquitaine, réunis les 15 et 16 décembre. « La région sera propriétaire des rames dès leur livraison », a précisé Renaud Lagrave, vice-président du Conseil régional en charge des mobilités.

    D’un montant total de 160,3 millions d’euros (répartis sur cinq ans), cette commande porte sur 11 Régiolis et 4 Regio 2N, dont les livraisons sont respectivement attendues en 2025 et 2026. Elle s’inscrira dans les contrats-cadres portant sur ces deux matériels afin d’en disposer dans les meilleurs délais et de profiter des conditions économiques avantageuses négociées au début des années 2010. Une participation de Bordeaux-Métropole est attendue à hauteur de 50 % pour financer l’acquisition des 5 rames destinées au RER Métropolitain, par le biais d’une convention spécifique.

    Sur les 11 Régiolis aménagés avec 208 places, de type bimode et adaptables en biocarburation et pour l’hybridation, 2 iront sur le périmètre du RER Métropolitain, alors que sur les 4 Regio 2N de 331 places, 3 seront déployées sur ce nouveau réseau bordelais. Ces rames rejoindront celles que la Nouvelle-Aquitaine et les anciennes régions qui la composaient avaient déjà commandé entre 2014 et 2019, soit 24 Regio 2N de 330 places et de 42 Régiolis de 220 places.

    La Nouvelle-Aquitaine justifie l’acquisition de 15 rames supplémentaires, dont 10 sont donc destinées aux dessertes TER d’intérêt régional, par la croissance importante du trafic sur ces dernières au cours de la décennie précédente (en particulier entre 2016 et 2019), par la surcharge des rames constatée depuis la rentrée 2022 (notamment sur le périurbain bordelais et sur les trains de pointe hebdomadaire, les vendredis et dimanches), et par une réponse à apporter aux besoins des usagers et aux contraintes d’exploitation du parc dans les années à venir. Et la région de préciser que l’étude « Plan de Transport Matériel Roulant », conduite par le cabinet suisse SMA et destinée à déterminer les besoins en matériel roulant jusqu’en 2030, chiffre à 15 rames le besoin à court terme (2025). Cette étude se base sur une hausse de la fréquentation située dans une fourchette de 2 à 6 %, jugée cohérente avec la fréquentation constatée et le développement de l’offre de transport par la région.

    P. L.

  • La RATP accélère ses formations de conducteurs de métro

    La RATP accélère ses formations de conducteurs de métro

    Pour mettre fin au manque de conducteurs qui l’a obligée à réduire ses services, la RATP met désormais les bouchées doubles en matière de recrutements et de formations. « Il s’agit d’assurer le plus rapidement possible l’offre de service commandée par IDFM et l’offre à 100 %. La situation devrait donc s’améliorer progressivement » explique Ludovic Ablin, le responsable de l’unité spécialisée formation et réglementation du transport. « Nous nous préparons aussi à l’augmentation de la fréquentation liée aux prochains grands événements sportifs qui vont se dérouler en Île-de-France : la Coupe du monde rugby en 2023, puis les JO et les Jeux Paralympiques en 2024».
    Côté métro, alors que dix sessions de formation de conducteurs étaient initialement prévues en 2022, la Régie en a finalement organisé 23. « Nous avons formé un total de 180 conducteurs», détaille Ludovic Ablin. Pour y parvenir, des formations supplémentaires ont été lancées en soirée, entre 16 h 30 et une heure du matin, et le nombre de candidats est passé de 9 à 10 agents par session.

    400 recrutements en 2023

    L’effort doit se poursuivre cette année, et même s’amplifier. 500 nouvelles places de formation sont prévues qui devraient donner lieu à 400 recrutements, la différence s’expliquant par le taux de réussite à l’issue de la formation qui est de 80 %.
    Dès qu’elle lance un appel à candidatures — ce qu’elle a fait deux fois en 2022 —, la RATP reçoit en moyenne 1 300 candidatures. « Environ 1 000 viennent d’agents RATP, et 300 de l’extérieur », précise le responsable formation. En interne, les agents doivent avoir 5 ans d’ancienneté pour postuler. Il y a, parmi les candidats, des conducteurs de bus mais aussi des agents qui travaillent en station.
    Pour les candidats externes, l’âge minimum a été abaissé à 18 ans au lieu de 21 ans auparavant. Dans les faits, ils ont entre 20 et 21 ans, selon Ludovic Ablin (l’âge moyen des stagiaires se situe entre 30 et 35 ans si on prend en compte l’ensemble des postulants).
    Être trop diplômé est aussi un obstacle. « Nous ne prenons pas au-delà de Bac+2. Pour eux, nous proposons d’autres postes, d’encadrement notamment », ajoute Ludovic Ablin
    En revanche, il n’y a pas de limite d’âge. A condition que le candidat franchisse l’étape de la visite médicale. Tous les candidats devront aussi passer le barrage de l’enquête administrative. « Nous envoyons les dossiers à la Préfecture de Police, qui les examine et peut écarter un candidat sans avoir à fournir d’explications», indique la Régie.

    Six mois avant de prendre les commandes

    Il faudra compter en moyenne 6 mois avant que le candidat puisse prendre les commandes d’un métro Après une formation initiale de 4 mois qui se passe la plupart du temps sur un simulateur. Les élèves peuvent en effet s’entraîner sur dix postes de conduite à cabine simplifiée (PCCS) qui retranscrivent dans les grandes lignes une cabine de MF01. Il s’agit de simples bureaux équipés des manipulateurs et des commandes comme celles d’une cabine, complétés par un écran d’ordinateur qui déroule le parcours d’une ligne fictive où les stations prennent le nom des capitales européennes. Installés depuis 2013, ces simulateurs simplifiés représentent un progrès dans la formation. « Auparavant, on circulait avec une rame sur un tronçon spécial de 1,8 km seulement. Et il y avait un seul apprenti conducteur aux commandes et huit autres qui regardaient ! », raconte le responsable de l’unité formation. Aujourd’hui, avec les PCCS, chacun est aux commandes.
    La RATP s’est également dotée d’un simulateur lourd, à l’image de ceux qu’utilise l’aérien. Cette véritable cabine de MF01 est montée sur des vérins pour reproduire les mouvements d’un métro en ligne : accélérations, freinages, virages, etc. L’immersion est totale, renforcée par l’immense écran placé devant la cabine, ainsi que par des écrans plus petits, en hauteur et placés sur les côtés, qui retransmettent la vue des quais lorsque le conducteur se penche à la fenêtre. Le simulateur lourd est notamment utilisé pour les évaluations en cours de formation.
    « On peut créer 250 scénarios », précise Éric Dugardin, responsable du pôle Formation département Métro à la RATP. Ils correspondent à toutes les situations que les conducteurs peuvent rencontrer sur des lignes au profil très divers qui mêlent tunnel et portions aériennes. « On introduit différents paramètres météo, comme la pluie, la neige, le brouillard, ou le soleil éblouissant en sortant du tunnel »  explique Éric Dugardin.
    Les candidats sont rapidement mis dans le « bain », en ligne, avec des conducteurs formateurs, et en service normal. Trois journées au cours de la première phase (17 jours), et 9 autres au cours de la deuxième phase (33 jours).
    À l’issue de leur formation, les jeunes conducteurs vont devoir faire leurs preuves pendant une année, en s’intégrant dans le service. « Ils gagneront 21900 euros brut par an à l’embauche, au début de la formation », précise Ludovic Ablin. Et, passeront à 26000 euros bruts par mois, plus les primes,  liées notamment au travail en horaires décalés, soit 30000 euros brut par an environ lorsqu’ils commenceront à conduire en ligne.
    Yann Goubin
  • Traverser la Suisse sans changer de train

    Traverser la Suisse sans changer de train

    C’est un vieux rêve que réalise le réseau ferré suisse MOB (Montreux Oberland bernois) : depuis le 11 décembre 2022, une desserte par jour et par sens sur sa ligne à voie métrique entre Montreux et Zweisimmen, via Gstaad, est prolongée par emprunt de la voie normale du réseau BLS jusqu’à Interlaken.

    Le bogie à écartement variable du GoldenPass Express permet de rouler sur voies métriques et normales, ce qui est une première mondiale.

    Cet emprunt consécutif de voies ferrées dont l’écartement diffère de 43,5 cm et dont les hauteurs de quais varient de 20 cm représente en soi une première mondiale, même si d’autres trains à écartement variable existent déjà (comme ceux conçus par Talgo, mais le passage de la voie normale à la voie large ibérique ne représente qu’une différence d’écartement de 23,3 cm, donc moindre qu’entre voies normale et métrique). Une telle performance a été rendue possible par la mise en service des nouvelles voitures du GoldenPass Express, produites par Stadler et équipées de bogies à écartement variable fournis par Alstom.

    Le nouveau train GoldenPass Express à écartement variable.

    A bord de ces nouvelles voitures, les voyageurs peuvent choisir entre trois classes : première, deuxième et Prestige dont les 18 sièges grand confort sont toujours dans le sens de la marche ! Le trajet n’est pas des plus rapides – 115 km en 3 h15, à travers les paysages alpins aux confins des cantons de Vaud, de Fribourg et de Berne – mais les touristes venus du monde entier n’ont plus à quitter leur siège entre le lac Léman et les lacs de Thoune ou de Brienz, le changement d’écartement s’effectuant en quelques secondes. Actuellement, « en raison de la pandémie et de la situation géopolitique », le service de bout en bout est limité à un train par jour et par direction (les deux rames en circulation se croisent à Gstaad et ne permettent pas d’effectuer un aller-retour dans la même journée), mais à partir du 11 juin prochain, quatre allers et retours seront proposés chaque jour entre les gares de Montreux et d’Interlaken Ost.

    P. L.

  • Présentation du train prototype à hydrogène coréen

    Présentation du train prototype à hydrogène coréen

    Alors que le « train urbain à grande vitesse » à hydrogène chinois sortait d’usine, le ministère coréen de la Terre, de l’Infrastructure et des Transports présentait le prototype de son automotrice bimode, alimentée en électricité par caténaire sur les lignes équipées et par pile à combustible à hydrogène sur les autres sections. Développé depuis 2018 en partenariat avec l’Institut gouvernemental de recherche ferroviaire de Corée du Sud, ce train destiné aux lignes partiellement électrifiées a été fabriqué par le constructeur coréen Woojin Industrial Systems, en coopération avec l’entreprise ferroviaire nationale Korail.

    Le système intelligent de gestion de l’énergie, censé fournir une puissance 1,2 MW, allie une pile à combustible à hydrogène et une batterie secondaire. Ce système est censé permettre au train de parcourir plus de 600 km sur un seul ravitaillement et d’atteindre une vitesse maximale « de plus de 110 km/h ».

  • Un train à hydrogène « urbain à grande vitesse » en Chine

    Un train à hydrogène « urbain à grande vitesse » en Chine

    Le 28 décembre, « le premier train à hydrogène urbain à grande vitesse du monde », développé conjointement par CRRC Changchun et le gestionnaire du réseau ferré chinois de la région de Chengdu, a été présenté sur le site de production CRRC Changchun de Xinjin, à Chengdu. Cette rame de quatre caisses, aux extrémités aérodynamiques mais dont l’agencement des portes d’accès rappelle celui d’une rame de métro, reprend certaines solutions techniques du train à grande vitesse Fuxing, à motorisation répartie.

    Tirant son énergie de traction d’une pile à combustible à hydrogène associée à des super condensateurs, ce train « urbain à grande vitesse » est censé parcourir 600 km avec un seul ravitaillement, à une vitesse maximale de 160 km/h. D’une capacité maximale de 1 502 voyageurs, ce train est doté de plusieurs fonctions automatiques que l’on retrouve dans les métros à assistance à la conduite (veille, départ, arrêt et garage au dépôt). Largement équipé de capteurs, ce train dispose en outre de plusieurs systèmes de surveillance intelligents, ainsi que d’un système de communication sol-train 5G de grande capacité pour l’intégration multi-réseau et l’analyse des mégadonnées, afin d’évaluer son état de fonctionnement en temps réel.