Catégorie : Infrastructures

Retrouvez toute l’actualité des infrastructures de transports:  travaux, maintenance des lignes, gares, ouvrages d’art, viaducs et ponts ferroviaires.

  • La Gare du Nord a ouvert son centre d’affaires

    C’était le salon impérial de Napoléon III. C’est devenu le salon grand voyageurs de la Gare du Nord. Et, tout à côté, le centre d’affaires juxtaposant, dans d’anciens bureaux des étages, des salles de réunions, petits bureaux ou…

    espaces de coworking. L’ensemble a ouvert ses portes le jeudi 8 juin, après avoir été inauguré la veille par Mark Dixon, directeur général et fondateur de Regus et Guillaume Pepy, président du directoire de SNCF. Regus, a rappelé Mark Dixon se veut le spécialiste du travail nomade, et gère 3000 espaces dans le monde, dont une centaine en France. Le partenariat signé par Regus et Gares & Connexions a donné lieu à la création de centres d’affaires dans les gares du Mans, de Bordeaux, de Nancy. Paris-Nord est le quatrième. Lille et Amiens doivent suivre à la fin de l’année.

    L’inauguration tombait le jour même où le conseil d’administration de la SNCF autorisait Patrick Ropert, le directeur général de Gares & Connexions, à lancer un mode inédit de partenariat public-privé. Une Société d’économie mixte à opération unique (Semop) va être créée pour mener à bien la transformation de la gare. Le projet présenté par Jean-Michel Wilmotte en 2015 comportait une passerelle couverte enjambant les voies en arrière du tympan de la verrière. La SNCF y a renoncé. Trop cher, trop compliqué à construire. Cependant le principe d’une fluidification est conservé, avec la création d’une entrée latérale. Il en coûtera pour l’ensemble des travaux quelque 300 millions. La SNCF, qui vient de publier un avis de concertation publique, devrait choisir son coactionnaire dans la Sempo fin 2018. La gare devrait être métamorphosée fin 2023 ou début 2024, à temps pour les JO…

    F. D.

  • Le trafic des Intercités repart à la hausse

     

     

    Après des années de baisse autour de -5 ou -6 % par an, le trafic reprend des couleurs sur les Intercités. Sur les cinq premiers mois de 2017, la hausse atteint 4,1 % comparé à la même période de l’année précédente (et +2,2 % de chiffre d’affaires).

    Selon la direction Intercités, c’est la politique des petits prix qui explique principalement ce retournement de tendance qualifié « d’historique ». 73 % des voyageurs (Intercités en a transporté 29 millions l’an dernier) bénéficient d’un tarif réduit, affirme-t-elle. Les seuls trains 100 % Eco, ces trains qui ont été lancés en 2015 et permettent de voyager à des tarifs très compétitifs du vendredi au lundi, affichent une progression de trafic de 14 % (et 82 % de taux de remplissage). «C’est une vraie réussite. Nous répondons à la première attente de nos clients qui porte sur le prix », estime Jean Ghedira le directeur Intercités. « Sur le trajet Paris-Bordeaux, que l’on parcourt en 4h20 avec un Intercité, vous pouvez bénéficier d’un prix garanti qui ne dépassera pas 35 euros. On peut même obtenir un billet à 15 euros en anticipant. Nous sommes dans le marché, car en face, le covoiturage coûtera environ 38 euros », précise Caroline Chabrol, la directrice marketing et commercial.

    Toutefois, cette politique de réduction tarifaire atteint ses limites : « Si nous continuerons à offrir un grand nombre de petits prix, nous allons arrêter de baisser nos tarifs», prévient Jean Ghedira, en indiquant que le prix moyen des Intercités est de 26 euros, de 30 euros sur les lignes à réservation obligatoire et de 18 euros sur les trains sans réservation.

    Parmi ses projets, la direction Intercités étudie la possibilité de lancer d’autres trains 100 % Eco sur d’autres destinations, notamment les villes balnéaires comme Le Croisic, Saint Nazaire…Mais rappelle que les Intercités 100 % Eco ne représentent que 3 % du chiffre d’affaires.

    Les horaires de certains trains ont aussi été revus pour permettre de faire des excursions à la journée de bout en bout avec des partenariats (au Mont Saint Michel par exemple), et de nouveaux services sont envisagés comme la possibilité d’avoir à bord des conférenciers pour faire découvrir un site ou une région.

    Reste que malgré ces projets tous azimuts, l’activité des Intercités est appelée à fondre. Sur les 25 liaisons exploitées actuellement, 18 liaisons vont être transférées aux régions et devenir des TER d’ici à 2020 selon les accords passés entre les régions et l’État, actuel autorité organisatrice.

    En interne, cela se traduira par le transfert chez TER de 1700 personnes sur les 2700 qui travaillent actuellement pour Intercités.

    Mh P

  • Stéphane Cougnon nommé directeur du Programme Gare du Nord – Transformation 2024

    Stéphane Cougnon nommé directeur du Programme Gare du Nord – Transformation 2024

    Stéphane Cougnon a rejoint SNCF Gares & Connexions le 2 mai 2017 en qualité de directeur du Programme Gare du Nord – Transformations 2024.
    Diplômé de l’Ecole Supérieure des Travaux Publics (1993), il a successivement occupé les postes d’ingénieur travaux au sein de Colas, de senior manager Infrastructures chez Eurodisney Développement et de directeur de l’Aménagement au sein du BET Gaudriot. De 2007 à 2013, il a exercé les fonctions de directeur du Développement chez Icade Promotion.
    En 2013, il intègre Espaces Ferroviaires, la filiale de développement immobilier du Groupe SNCF comme directeur de l’Aménagement, avant de devenir directeur général adjoint entre 2015 et 2017.
    Stéphane Cougnon aura pour mission d’accélérer les réalisations et de coordonner les projets de transformation de la gare du Nord et de la gare de l’Est.
    Stéphane Cougnon rejoint ainsi l’équipe de Benoît Brunot à la direction du Développement de SNCF Gares & Connexions. L’ambition finale du programme qu’il portera à ses côtés sera de faire émerger la Gare du Nord comme nouveau lieu de vie ouvert sur la Ville de Paris.

  • Le Stif vote trois milliards d’euros pour les gares

    Le conseil du Stif du 30 mai a approuvé les grands principes d’un plan de développement des gares d’Ile-de-France, à la fois intermodales et multiservices. L’ensemble de ces programmes représente un budget de trois milliards d’euros d’ici à 2025 pour moderniser les 455 gares ferroviaires traversées quotidiennement par les RER et Transilien. Dans la continuité, le conseil a également entériné un plan de rénovation des gares routières pour un montant de 250 millions d’euros sur dix ans. « La rénovation de nos gares est essentielle dans le cadre de la révolution des transports que j’ai lancée, car la gare d’aujourd’hui et de demain n’est plus seulement un lieu où l’on vient prendre son train. Elle doit évoluer pour offrir toujours plus d’intermodalité, de services et faire gagner du temps aux Franciliens », a expliqué Valérie Pécresse, présidente de la région et du Stif. La priorité est donnée aux grandes gares de grande couronne et l’effort de rénovation est engagé dans plus de 150 gares où des travaux sont en cours ou à l’étude. Priorité aussi, la mise en accessibilité pour laquelle 1,4 milliard d’euros sont prévus afin que 266 gares soient accessibles en 2025. Le Stif a aussi décidé d’investir dans la création dès cette année de 150 espaces connectés et chauffés en gare, équipés de prises électriques et d’une connexion Wi-Fi gratuite. Enfin, 10 000 places de stationnement supplémentaires en parcs-relais seront créées pour 2021.

  • Un tramway qui se gare tout seul

    Avec le développement récent des véhicules autonomes et alors que le métro automatique se généralise, comme on le verra sur le stand Alstom à Montréal, quid des trams autonomes ? Depuis… style= »margin-bottom: 0px; font-size: 14px; line-height: normal; font-family: ‘Times New Roman’; color: rgb(50, 51, 51); -webkit-text-stroke-color: rgb(0, 0, 0); -webkit-text-stroke-width: initial; »>
    le 27 avril, nous savons que c’est chose faite, mais en dépôt. Avec la RATP, Alstom a réalisé une première expérimentation de garage autonome d’un tramway, sur le site de Vitry-sur-Seine dédié à la ligne T7. Un projet de six mois au total, dont trois au dépôt, qui devrait être suivi d’une phase d’études et de tests complémentaires à partir du deuxième semestre de cette année.

    A la manière d’une navette autonome d’Easymile, mais sur ses rails cette fois, le Citadis expérimental de la ligne T7 se déplace de manière autonome et roule à la vitesse requise en ligne droite ou en courbe et s'arrête à une position de garage pré-commandée. Et grâce à des capteurs (lidars), détecte les obstacles et réagit en conséquence : ralentissement, freinage maximum de service ou freinage d’urgence… Utilisant en partie les technologies développées par EasyMile, le tram « sait » également se localiser sur le site et reconnaître sa position de garage. Selon Alstom, les résultats obtenus confirment la faisabilité de l’utilisation de ces nouvelles technologies dans le contexte d’un dépôt.

    P. L.

  • Cure de jouvence pour l’axe Nîmes – Toulouse

    Une série d’opérations lourdes pour 120 millions d’euros sur fonds propres SNCF Réseau sont programmées pour le week-end de l’Ascension sur l’axe Nîmes – Toulouse. class= »Texte-courant–VR-T-« >
    Nîmes – Montpellier sera fermé du vendredi 26 mai à 14h au dimanche 28 à 14h (48 heures) ; Montpellier – Narbonne le 27 (24 heures) ; Narbonne – Toulouse du 25 à 6h au 28 à 15h30 (81 heures 30 minutes). « Tout le service voyageurs est suspendu dans ce creux de long week-end, avec substitution par autocars, mais sur réservation », explique Frédéric Guichard, directeur adjoint Occitanie de SNCF-Mobilités. Les lignes vers Alès et Quillan ne sont pas impactées, seule l’amorce de celle du Grau-du-Roi est portée de Nîmes-Ville à Saint-Césaire.

    Pour 200 agents SNCF et 180 du privé, l’Ascension sera longue. « Dix-sept aiguillages trentenaires sont remplacés, à 400 000 euros l’unité, livrée posée », précise Hilaire Hautem, directeur adjoint Occitanie de SNCF Réseau : cinq (plus neuf appareils de dilatation) à Nîmes-Ouest, les autres à Marcorignan, Lézignan, Moux (Aude). A Aigues-Vives, Saint-Brès, Les Mazes, les quais sont rabotés pour dégager le gabarit des engins qui en 2018 renouvelleront les voies Nîmes – Montpellier.

    A Sète, le pont-rail basculant Foch, dit « de la Bordigue », construit en 1932 (150 trains/jour, trois levées/jour l’été), recevra des appareils de dilatation et appuis neufs pour éviter le signalement par les capteurs d’alignement de mauvaises positions à l’impact commercial massif. A Narbonne, le faisceau ouest sera neutralisé pour la consolidation par la ville des piles du pont de la RN113, fermé depuis décembre 2014, et la voie C rectifiée. A Toulouse-Matabiau, un drain entre les voies 4 et 5 avec renouvellement partiel est prévu.

    Viendront en novembre d’autres échanges d’aiguillages à Montpellier, Port-La-Nouvelle et Castelnaudary. Après fermeture en mars de Villefranche – Latour-de-Carol pour travaux de voies, c’est en mai-juin au tour d’Alès – Langogne et La Bastide – Mende pour consolidation d’ouvrages. Fin 2017 sera renouvelée Bon-Encontre – Saint-Christie (Agen – Auch, fret). Avant mise en service du contournement Nîmes – Montpellier (CNM) en décembre 2017, des opérations nocturnes finaliseront ses jonctions à Lattes et Jonquières.

    Côté RVB, après Narbonne – Montpellier en 2015, l’Occitanie a vu de janvier à mars ceux de Carcassonne – Castelnaudary et de la VU vers Limoux. Suivront début 2018, grâce au report du fret sur le CNM, le RVB de nuit Nîmes – Montpellier, en 2019 de Narbonne – Perpignan. En Haute-Garonne, Boussens – Saint Gaudens sera traité fin 2017.

    Michel Gabriel LEON

  • Keolis recense trois attentes universelles en matière de mobilité digitale

    A l’occasion du forum Netexplo, événement annuel sur l’innovation digitale, Keolis a révélé les résultats de son premier Observatoire international des mobilités digitales. En partenariat avec l’observatoire placé sous l’égide des Nations-Unies, le groupe de transport a scruté les pratiques numériques dans 13 smart cities des 5 continents. Et ce dans la pure tradition des enquêtes de marketing territorial, les Keoscopies. « Notre secteur d’activité – pas seulement le transport collectif, mais tout l’écosystème de la mobilité individuelle et partagée – est fortement impacté par le numérique », a rappelé Jean-Pierre Farandou, président de Keolis. Soulignant que « l’innovation est dans l’ADN » du groupe, il estime : « Notre rôle est aussi de donner aux collectivités une compréhension fine des attentes des voyageurs en la matière ».

    Cette démarche d’exploration internationale – passant par Hongkong, Dubaï, Hyderabad, Tokyo, Sao Paulo ou Lyon, notamment – a permis d’analyser 400 innovations et de constater qu’il existe trois attentes universelles, partout sur la planète. « L’impératif du temps réel, l’hyperpersonnalisation et le coaching pas à pas d’un bout à l’autre de son déplacement, a énuméré Bernard Tabary, directeur International de Keolis. On ne peut plus considérer un agrégat de voyageurs, géré comme un flux dans sa globalité parce qu’ils ont une attente d’un traitement individualisé ». Ces trois attentes, la filiale transports urbains de la SNCF estime qu’elles font partie des « dix fondamentaux de l’expérience client de la smart mobility », qui démarre par l’organisation du déplacement, et se poursuit lors du trajet que l’on souhaite réaliser en toute quiétude et de manière humanisée.

    A cet égard, l’information en temps réel « est devenue un basique, estime Kara Livingstone, directrice marketing groupe. Elle se doit d’être sur des supports diversifiés, conceptualisés – indiquant par exemple “tournez devant le Mac Do“ plutôt que “dirigez-vous vers le nord“ et collaborative grâce au crowdsourcing ». 67 appli, allant de l’indispensable au plus disruptif ont été identifiées, dont « email my boss » au Cap en Afrique du Sud, qui permet d’envoyer automatiquement un message de retard à son patron ou sa nounou en cas d’imprévu.

    En matière de sécurité, les 32 solutions examinées ont permis de remarquer la montée en puissance des fonctionnalités anti-agression et particulièrement du bouton “Help !“ qui géolocalise le voyageur et lui permet de dialoguer en visioconférence (à Hyderabad notamment) ou le shake my phone à Singapour qui permet d’appeler à l’aide en secouant le smartphone. « On a même vu à Netexplo, une application à Pékin qui utilise les poignées de bus comme détecteur de votre pouls, et de son évolution au fil des jours afin de faire de la prévention santé…», raconte encore Bernard Tabary

    Troisième domaine, la collaboration. Ou « comment garder une mobilité humanisée à l’ère de la digitalisation, de la robotisation et de la désintermédiation ? » interroge Kara Livingstone. Cette fois, 59 solutions ont été recensées, avec par exemple le bouchomètre à Abidjan, « un Waze local qui s’est créé sans aucune cartographie », relate le directeur international. Ou encore Kappo à Santiago du Chili qui utilise les cyclistes volontaires pour analyser la qualité de l’air et dresser la carte de la pollution atmosphérique. Après avoir dressé un panorama mondial des attentes en matière de mobilité digitale, le groupe estime que ces outils permettent de « réussir la simplification, le sentiment de bien être, la personnalisation et l’humanisation », affirme la directrice marketing.

    Face à la digitalisation croissante, on observe diverses attitudes dans les territoires. Allant de ceux qui ont leur application institutionnelle et propriétaire et souhaitent qu’elle soit une référence absolue – à l’instar de Dubaï ou Hong Kong qui ont des appli très riches – à ceux préférant déléguer aux “pure players“ via une politique d’open data, comme Londres, Montréal ou Melbroune. « Plus de 500 appli utilisent les données de TfL, souligne Bernard Tabary. D’où une confusion sur leur pertinence pour les voyageurs… ». Mais partout, un constat : « l’imagination est sans limite ».

    C. N.

  • Une chapelle pour les fidèles du Grand Paris

    La chapelle de l’ancien couvent des Récollets était bondée. Mercredi 5 avril, à la Maison de l’Architecture en Ile-de-France, la SGP lançait son cycle de conférences, les Architectes du Grand Paris Express. Chaque premier mercredi du mois, les architectes présenteront leurs projets de gares. Premiers à plancher devant un public pour l’essentiel très jeune : Elisabeth de Portzamparc, Philippe Gazeau et, pour l’agence Scape, Ludovica di Falco.

    On n’a pas échappé aux charmants petits travers des architectes, qui aiment parfois décrire leurs projets à l’aide d’images moins rares qu’ils ne semblent le croire ou de concepts déjà polis par les années. Ludovica di Falco baptise les futures salles de la gare de Bondy des stanze, soulignant que le mot italien désigne la salle et la strophe. C’est un lieu commun depuis Dante. Au moins est-il beau. Cela fera-t-il de sa gare un poème ? Espérons-le. Elle promet des matériaux doux et chaleureux, et compte utiliser des briques faites, naturellement, de matériaux recyclés. Cela tombe bien, l’un des lauréats du récent appel à projets de la SGP sur la gestion des déblais propose cette technique. La solution conduira les matériaux de l’enfer du déchet au paradis mobile et lumineux du Grand Paris Express.

    Au Bourget, Elisabeth de Portzamparc souhaite « produire une signalétique inconsciente ». Le voyageur sera naturellement guidé là où il veut aller. Programme maintes fois exposé depuis bien des années. Souhaitons qu’il soit réalisé. Elle promet une gare conçue, certes, d’abord pour le Grand Paris Express mais assez flexible pour abriter au fil du temps les autres moyens de transport. La gare sera « total-flex ».

    Quant à Philippe Gazeau, il annonce, à Fort d’Issy-Vanves-Clamart une véritable plongée dans le monde souterrain. L’espace sera piranésien, image que l’on récusera pas, pour l’avoir utilisée. Gazeau souligne le contraste avec la gare plus petite de Villejuif-Aragon, que signalera dans la ville une halle vitrée.

    Des gares et non des stations, chacune dotée de sa personnalité, selon le lieu, selon la ville. C’est depuis le début le choix de la SGP, qui va donner au Grand Paris Express une allure nouvelle, différente du métro classique. Au-delà des gares, il y a une idée que Philippe Gazeau expose inlassablement. Fermer le périphérique aux voitures et l’habiter enfin. Aucune autre métropole, souligne-t-il, n’a eu l’idée de bâtir un « égout à voitures » si près du centre : 5 km de Notre-Dame ! Une fois le périph revisité, les pénétrantes A4 et A6 sont promises à un avenir peu radial, plus radieux : piétons, végétation, habitations. Gazeau voudrait que le périphérique soit prêt pour les JO. On peut en douter, d’autant que le projet n’est pas sorti des cartons… A suivre. En tout cas, alors que les politiques en campagne font peu rêver (mais parfois cauchemarder), au moins, les images que présente Philippe Gazeau, Elisabeth de Portzamparc ou Ludovica di Falco donnent envie d’y être. Vivement demain ! On ne se le dit pas tous les jours.

    Cette effervescence – au moins ce frémissement – donne raison à Philippe Yvin, le président du directoire de la SGP. Sa conviction est faite : après Haussmann et les grandes percées, après Delouvrier et les villes nouvelles, la capitale vit sa troisième grande révolution urbaine. Le Grand Paris a traversé victorieusement une alternance politique, de Sarkozy à Hollande. Il est à l’abri de prochains aléas électoraux. Le projet fait l’objet d’un consensus, exception faite, remarque-t-il, d’un seul parti qui veut l’arrêter (parti qu’il ne nomme mais qui n’est tout de même pas le plus mal placé). La DUP de la ligne 18 signée le 28 mars a dû conforter Philippe Yvin dans ses certitudes. Le réseau tout entier est maintenant d’utilité publique. Et c’est le réseau tout entier qu’il faut selon lui réaliser pour en tirer les bienfaits.

    Un signe parmi d’autres, au-delà des Récollets, de l’engouement suscité par le projet grand-parisien : le succès de l’appel à idées « Inventons la métropole du Grand Paris ». Lancé au pavillon Baltard de Nogent, dans la foulée du « Réinventer Paris » d’Anne Hidalgo et Jean-Louis Missika, il a reçu quelque 400 propositions pour les 57 sites retenus et va mobiliser 6 milliards d’euros d’investissements, soit 1 % de la richesse produite chaque année dans la région. De quoi densifier l’espace compris entre le périphérique et l’A86. Lauréats à la rentrée.

    F. D.

  • Les gares RERA labellisées pour l’accueil des voyageurs à handicap mental

    La RATP a signé le 3 avril une convention S3A (symbole d’accueil, d’accompagnement et d’accessibilité) avec l’Urapei (Union régionale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis) d’Ile-de-France symbolisant la capacité du personnel des stations de la ligne A du RER à prendre en charge de manière personnalisée les personnes ayant un handicap mental et, par extension, toute personne ayant des difficultés de compréhension ou d’orientation. Dès avril, un agent ayant reçu la formation à cette démarche sera présent en permanence dans chaque gare de la ligne, comme c’est déjà le cas sur la ligne B. La ligne 10 avait été en 2016 la première du réseau RATP labellisée S3A, les lignes 1, 11 et 14 devraient également se lancer dans cette certification en 2017.

  • Le Grand Paris se projette en 2030

    Le contexte électoral ne s’y prête pas. Pourtant, des responsables politiques promettent de dépasser les clivages qui les opposent afin de réfléchir ensemble à ce que seront les mobilités en 2030 à l’échelle de la Métropole du Grand Paris. L’annonce en a été faite lors du Salon des maires d’Ile-de-France par Stéphane Beaudet, président de l’Association des maires d’Ile-de-France (Amif) et vice-président transports (LR) au conseil régional, Jean-Louis Missika, adjoint à la maire de Paris (PS) chargé de l’Urbanisme, des Projets du Grand Paris, du Développement économique et de l’Attractivité, ainsi que Patrick Ollier, président (LR) de la Métropole du Grand Paris et député-maire de Rueil-Malmaison.
    De quoi s’agit-il ? D’une démarche – dénommée « Mobilités 2030 » – qui partira d’un « diagnostic partagé, dit Jean-Louis Missika. Car si l’on trouve un consensus et une feuille de route, cet accord s’imposera à tous : Etat, Europe, organismes techniques… Même les élus sont capables d’intelligence partagée, d’économie collaborative ! »
    Pas question pour autant de réinventer les mobilités, ni de faire une resucée du PDUIF. Le forum tout frais lancé s’attellera à réfléchir aux mobilités de demain afin d’anticiper les adaptations nécessaires pour la Métropole du Grand Paris. Avec l’objectif d’écrire un livre blanc d’ici à la fin de l’année. Quatre axes de travail ont été retenus, précise Jean-François Vigier, président du Forum métropolitain du Grand Paris (ex-Paris Métropole) : « Les infrastructures, l’intermodalité avec l’arrivée des gares du Grand Paris Express, les mobilités innovantes, autonomes et les mobilités partagées. »
    Des sujets tels que le rabattement autour des gares du Grand Paris, l’autopartage et le covoiturage, la logistique urbaine et l’e-commerce, le partage de données et l’open data feront l’objet d’ateliers dédiés dans le cadre de comités technique et de pilotage, en partenariat avec tous les acteurs publics et privés de la mobilité franciliens. Pour Patrick Ollier, « il faut aller aussi vite que les nouvelles technologies, une course contre la montre s’impose ». Et selon Stéphane Beaudet, « malgré tous les investissements actés, y compris avec le Grand Paris Express, la problématique du mass transit en heure de pointe n’est pas réglée ». Il préconise donc de revoir les usages, lutter contre l’étalement urbain, investir massivement dans les politiques vélos. Elles constituent un important réservoir de report modal, sachant que « 70 % des déplacements en Ile-de-France sont inférieurs à 5 km ». Et le VP transports prévient que le plan vélo de la région, qui sera dévoilé en mai, prévoira des mesures « qui vont frapper fort ». Sans oublier les Vélib’ deuxième génération qui arrivent à la rentrée sur l’ensemble de la métropole. Patrick Ollier pour sa part enjoint aux communes de se manifester en masse dès juin, afin de faire baisser le coût de la station de VLS en grande couronne : « plus nombreuses elles seront, moins ce sera cher » assure-t-il en réponse à une inquiétude des maires.
    Jean-Louis Missika explique que les élus locaux « doivent prendre des décisions dans des délais très courts », alors que tout un modèle économique est destiné à s’effondrer. « Notre régulation repose sur la tarification du stationnement, or le véhicule autonome ne stationnera plus, rappelle-t-il. Il nous faut inventer en moins de dix ans un système radicalement différent que celui que nous connaissons depuis un siècle ! »
    Stéphane Beaudet estime, lui, qu’il faut aussi mieux utiliser une ressource existante, la route, qui ne pollue pas : « Demain, nous pouvons imaginer ce que nous voulons sur ces axes : des vélos, des véhicules propres, partagés, autonomes… Et ce n’est pas de la science-fiction, insiste-t-il. Il est déjà prévu qu’aux JO de Tokyo en 2020, des taxis sans conducteur transportent les gens de l’aéroport à leur hôtel !»
    Cécile NANGERONI