Catégorie : Mobilités douces

Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

  • Keolis renouvelé à Las Vegas

    Keolis renouvelé à Las Vegas

    La filiale de transport public de la SNCF a annoncé le 2 avril avoir vu renouvelé son contrat d’exploitation du réseau de bus situé dans la vallée sud de Las Vegas. L’autorité organisatrice locale (Regional Transportation Commission of Southern Nevada, RTC) a en effet reconduit Keolis pour cinq ans à partir de juillet prochain.

    Présent depuis 2013, le groupe français exploite et maintient localement une flotte de 250 bus sur 17 itinéraires, permettant d’assurer 37 millions de voyages annuels.

  • Deux communes lancent le stationnement payant pour les deux roues motorisés

    Deux communes lancent le stationnement payant pour les deux roues motorisés

    Il n’y a pas que les automobilistes qui doivent payer leur stationnement. C’est aussi le cas pour les utilisateurs de motos et de scooters qui doivent désormais mettre la main à la poche s’ils stationnent dans deux communes du Val-de-Marne : Vincennes et Charenton-le-Pont. Une possibilité offerte par la loi sur la dépénalisation du stationnement mise en œuvre depuis le début de l’année et qui a transféré aux villes la gestion du stationnement sur leur territoire.

    A Vincennes, où la Fédération française des motards en colère est venue manifester à deux reprises ces dernières semaines, 800 places ont été aménagées pour les scooters et motos, « de plus en plus nombreux », a expliqué à l’AFP Charlotte Libert-Albanel (UDI). Selon l’élue, qui se défend de vouloir mettre en œuvre une « mesure anti-deux-roues », il semble au contraire « assez normal de les faire contribuer » et s’assurer « l’équité entre les deux roues et les voitures ».

    Sur son site, la ville explique avoir « investi pour réaliser un nombre croissant de parcs motos, atteignant aujourd’hui plus de 150 parcs totalisant plus de 780 places ».

    Le coût du stationnement appliqué à partir d’aujourd’hui sera environ d’un tiers à celui des voitures, proportionnel à la taille d’un deux-roues par rapport à un emplacement pour voiture. Ainsi, pour deux heures de stationnement, les scooters et motos devront acquitter 1,50 euro contre 4,40 euros pour les automobilistes. Des tarifs résidentiels vont être proposés (70 centimes la journée, 2,70 euros la semaine). Amende encourue en cas de non-paiement : 12 euros contre 35 euros pour les voitures.

    La mairie de Charenton-le-Pont veut de son côté « maîtriser » le stationnement des deux roues qui « depuis trop d’années empiètent sur les espaces réservés aux piétons ». Quelque 500 places ont déjà été créées et d’autres devraient l’être dans le futur. Le tarif, 80 centimes ou 1,33 euro les deux heures en fonction du lieu, correspond aussi à un tiers du prix payé par les automobilistes. Un tarif résidentiel est prévu (2 euros par semaine) et le montant de l’amende fixé à 10 euros, contre 17 euros pour les voitures. Une tendance appelée à se généraliser ?

    M.-H. P.

  • La RATP teste le garage autonome des bus

    La RATP teste le garage autonome des bus

    Sans les mains, ni les pieds ! Au centre-bus RATP de Lagny (Paris XXe), inauguré en 2016 et destiné à devenir le premier doté d’un parc 100 % électrique, un bus hybride Iveco Urbanway se gare désormais tout seul, sans intervention de son conducteur sur le volant ou les pédales. Ce qui est une première mondiale en sous-sol pour un bus de 12 m.

    Outre le fait qu’il libère les conducteurs d’une tâche peu valorisante, ce garage « intelligent » permet également de gagner de l’espace en resserrant les bus une fois garés – « 15 centimètres de gagnés, ce sont 5 % de surface en plus », précise Marie-Claude Dupuis, directrice Stratégie, Innovation et Développement du Groupe RATP. Ce dernier est associé au CEA-List pour ce projet de garage autonome, comme pour l’essai récent des navettes autonomes du site CEA de Saclay.

    Pour l’expérimentation au centre-bus de Lagny, effectuée dans le cadre du dispositif de recherche European Bus System of the Future (EBSF), cofinancé par l’Union européenne, tout est embarqué dans le véhicule : quatre caméras, cinq lidars de détection et une centrale inertielle assurent la localisation à l’intérieur du site RATP, préalablement reconnu et synthétisé sous forme de carte 3D. Ici, au 3e sous-sol, « pas de GPS », rappelle Philippe Watteau, directeur du CEA-List. En revanche, le Wi-Fi du centre bus couvre la zone de garage et permet une supervision du véhicule. Ce dernier se déplace à l’intérieur du site RATP jusqu’à 8 km/h, avec arrêt d’urgence en cas de détection d’obstacle, en marche avant comme en marche arrière.

    P. L.

  • La Nouvelle-Aquitaine se dote d’un syndicat mixte intermodal

    La Nouvelle-Aquitaine se dote d’un syndicat mixte intermodal

    Les élus du conseil régional ont validé lundi la création du Syndicat mixte intermodal de Nouvelle-Aquitaine, le Smina, qui sera officiellement installé le 4 juin. Il a pour ambition d’améliorer l’offre de transport et l’intermodalité sur l’ensemble du territoire régional.

    La première action visible de cette nouvelle instance, qui vise à réunir la région et l’ensemble des 27 autorités de la mobilité, est d’ores et déjà connue. « Ce sera la mise en ligne dès septembre 2018 du projet de système d’information multimodal. Concrètement, un site internet va répertorier des informations claires et exhaustives en matière d’itinéraires, d’horaires et de tarifs. Il délivrera aussi de l’information trafic en temps réel », explique Renaud Lagrave vice-président du conseil régional en charge des Transports.

    Viendra ensuite le temps de la discussion entre les différentes autorités de la mobilité afin de coordonner les offres. Enfin, cette nouvelle instance planchera sur la mise en place d’un titre de transport unique. « Si on réussit à améliorer tout ça, ce sera déjà une belle avancée », reconnaît Renaud Lagrave. Pour y parvenir, le Syndicat mixte intermodal de Nouvelle-Aquitaine sera doté d’un budget prévisionnel de 1,7 million d’euros en année pleine, dont 50 % en provenance de la région.

    Une fois créé, le Smina constituera le plus grand syndicat mixte de France au regard de son étendue géographique et du nombre de réseaux de transport concernés. Les 27 autorités de la mobilité de Nouvelle-Aquitaine ont jusqu’à la fin du mois d’avril pour y adhérer. L’arrêté du préfet devrait lui être pris début mai.

    Hélène Lerivrain

  • Systra retenu sur un projet de téléphérique à Marseille

    Systra retenu sur un projet de téléphérique à Marseille

    Systra a annoncé fin mars avoir remporté une mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage sur un projet de téléphérique reliant le Vieux-Port à Notre Dame-de-la-Garde, pour le compte de la ville de Marseille.

    La solution d’un téléphérique comportant deux stations distantes d’environ un kilomètre, et avec un dénivelé de près de 150 mètres, est apparue comme la plus pertinente pour relier ces deux sites touristiques et améliorer les conditions d’accessibilité à la « Bonne Mère » qui reçoit chaque année deux millions de visiteurs, explique Systra dans un communiqué.

    Systra est le mandataire d’un groupement composé de l’ingénierie TIM, spécialiste du transport par câble, de Transitec Ingénieurs Conseils, spécialiste en étude de trafic, et du cabinet d’avocats MCL.

    Ce groupement est chargé de rédiger le dossier d’appel d’offres pour la conception-réalisation. « Il mènera en parallèle les démarches administratives, juridiques et financières nécessaires à la réussite de l’opération. Dans un second temps, le groupement assurera le suivi des études, et supervisera les travaux avec pour objectif une mise en service en 2021 », précise la société d’ingénierie.

  • Dijon se lance dans l’« open payment »

    Dijon se lance dans l’« open payment »

    C’est une première en France, annonce Keolis qui a présenté le 27 mars le dispositif d’open payment mis en œuvre dans le tramway de Dijon, en partenariat avec Worldline, acteur du secteur des paiements : lorsqu’il monte à bord, l’usager peut désormais directement payer son titre de transport avec sa carte bancaire sans contact, sans qu’un ticket soit délivré. En cas de contrôle, la carte bleue est vérifiée grâce à des appareils spécifiques dont ont été équipés les agents. Le paiement est plafonné chaque jour : en cas de validation avec la CB plusieurs fois dans l’heure, seul 1,30 euro (prix du ticket horaire) sera débité. Et s’il y a plusieurs voyages différents dans la journée, le montant maximum sera de 3,90 euros (ticket journalier) afin de facturer le titre le plus avantageux. Pour obtenir un justificatif, on peut se rendre sur un site internet où on accède à son profil.

    L’open payment est pour l’heure déployé dans les deux lignes de tramways dijonnaises. A partir de septembre prochain, les principales lignes de bus suivront, et l’ensemble du réseau sera équipé avant la fin de l’année. 400 000 euros ont été investis par la collectivité à travers la DSP confiée à Keolis. 300 000 pour le système global et 100 000 pour l’achat des équipements. 200 000 euros sont mobilisés pour la campagne de communication (affichage dans les rames, en gare, achats d’espaces sur les réseaux sociaux…) et financés par les partenaires (Visa et le groupe BPCE avec la Caisse d’Epargne et Natixis). D’autres villes ont des projets similaires dans les mois à venir : Bordeaux en 2019, et Paris en 2020.

    Frédéric Baverez, le directeur exécutif France de Keolis, a listé les raisons qui l’ont poussé à choisir Dijon. Notamment le fait que la ville représente un « laboratoire » pour les innovations de l’opérateur, la première DSP de mobilité globale ayant d’ailleurs été signée à Dijon. Frédéric Baverez a aussi vanté le dynamisme du réseau et l’importance du nombre de voyageurs occasionnels. Ce sont eux les premiers visés par la solution de l’open payment. Keolis vise 700 000 utilisateurs de l’open payment en un an (soit 5 % des visiteurs annuels accueillis par Dijon). Une incertitude demeure : combien de détenteurs de passe vont-ils en profiter pour basculer sur le système par carte bancaire ? Keolis compte scruter les comportements des voyageurs ainsi que les éventuels freins à l’usage.

    Camille Selosse

  • Deux nouvelles nominations à la RATP

    Deux nouvelles nominations à la RATP

    Le Groupe RATP a annoncé le 26 mars deux nominations : celle d’Hiba Farès (40 ans) qui deviendra directrice en charge de l’Expérience clients, des Services et du Marketing. Ancienne élève de HEC et de Harvard, elle a commencé sa carrière chez Air France-KLM en 2001. Elle a rejoint en 2008, le groupe Accor pour lequel elle était depuis 2015, directrice générale des marques Mercure et Novotel Paris Ile-de-France, poste dans lequel elle a porté le projet de transformation de la marque Novotel centré plus particulièrement sur l’expérience clients.

    L’autre nomination annoncée est celle de Frédéric Lambert au poste de directeur des Services et espaces multimodaux (SEM). Agé de 49 ans, titulaire d’un DESS Finance et fiscalité internationale de l’Ecole supérieure des affaires de Lille, Frédéric Lambert a effectué toute sa carrière à la RATP, où il est entré en 1992. Depuis 2012, il était directeur de la ligne 5 et précédemment avait été directeur de la ligne 11. Il a également occupé plusieurs postes dans le domaine du contrôle de gestion.

    Ces deux nominations prendront effet le 2 mai prochain.

  • Thierry Dallard proposé pour prendre la tête de la Société du Grand Paris

    Thierry Dallard proposé pour prendre la tête de la Société du Grand Paris

    On savait depuis la mi-janvier que le gouvernement cherchait un successeur à Philippe Yvin. Son choix s’est finalement arrêté sur Thierry Dallard : son nom devrait être proposé au prochain conseil de surveillance de la Société du Grand Paris comme président du directoire.

    Ancien élève de Normal Sup et ingénieur des Ponts et Chaussées, Thierry Dallard (52 ans) est un professionnel reconnu des grands projets d’infrastructures. Aujourd’hui cadre dirigeant au sein du fonds Méridiam Infrastructures et président d’Oc’Via, il a notamment été maître d’ouvrage ou associé à des projets majeurs comme la LGV Tours – Bordeaux, la LGV Nîmes – Montpellier, ou encore le boulevard périphérique de Marseille dit rocade L2.

    Après l’avis du Conseil de surveillance de la SGP, Thierry Dallard devra être auditionné par les commissions compétentes de l’Assemblée nationale et du Sénat avant d’être nommé par décret.

  • La RATP veut élargir son champ de bataille

    La RATP veut élargir son champ de bataille

    Une année de croissance rentable et de renforcement de la structure financière du groupe. C’est en résumé ce que retient Catherine Guillouard de 2017. La PDG de la RATP qui a pris les commandes l’été dernier a pointé un chiffre d’affaires en progression à +0,7 % (1,2 % hors effet devises), représentant plus de 5,486 milliards d’euros, et un quasi-doublement du résultat net à 339 millions.

    L’activité est tirée par la hausse du trafic voyageurs de 1,3 % avec une accélération à la fin de l’année (+2,6 %). Bonne nouvelle, les touristes sont de retour ! Et le passe unique Navigo contribue aussi à la progression. « Nous avons transporté 44 millions de voyageurs supplémentaires. Dont 34 millions acheminés par le métro et le RER. Ce sont donc ces deux modes qui tirent le trafic », a souligné la patronne de la RATP. Le trafic réalisé par le tramway augmente de 2,7 %, tandis que les bus affichent une très modeste hausse de 0,2 %, pénalisés notamment par les difficultés de circulation et les travaux de voirie à Paris.

    Comme chaque année, le niveau d’investissement est élevé : 1,5 milliard d’euros ont été investis l’an dernier en Ile-de-France, dont 8 712 millions sur fonds propres. Les deux volets essentiels ont été consacrés à la modernisation et à l’entretien du réseau (pour 720 millions d’euros) et au prolongement des lignes de métro et de tram (700 millions d’euros).

    La contribution des filiales à l’activité du groupe représente 20,7 %, un niveau stable comparé à l’année précédente. L’année est qualifiée « d’exceptionnelle » en termes de développement pour les filiales qui affichent une croissance de leur activité de 1,3 %.
    Parmi elles, RATP Dev a remporté l’appel d’offres de Lorient pour l’exploitation du réseau de bus et de navettes maritimes et a vu son contrat renouvelé à Bourges, Charleville-Mézières ainsi que pour le service PAM 91 (transport de personnes à mobilité réduite).

    A l’international, citons le contrat de 20 ans remporté au Qatar avec la joint-venture RKH qui inclut aussi Keolis et Hamad Group pour le métro automatique de Doha et le tramway de Lusail. Ou encore la gestion du réseau de transport d’Asheville en Caroline du Nord ou celle des bus à Lake County en Floride, qui permet de poursuivre le développement aux Etats-Unis.

    Tout cela permet d’être « raisonnablement confiant et en ordre de marche pour réaliser les objectifs de l’entreprise », a souligné Catherine Guillouard. L’objectif est d’atteindre un chiffre d’affaires de 7 milliards d’euros en 2025 (mais l’année dernière, Elisabeth Borne qui était alors aux commandes évoquait cette perspective en 2020) avec une contribution des filiales supérieure à 35 %.

    Parmi les perspectives évoquées pour le groupe, la RATP va continuer à chercher à se développer en France (à Angers, Brest ou Chambéry et Nîmes où des réponses sont attendues en 2018 et 2019), et tout particulièrement en Ile-de-France où elle est candidate avec Keolis à l’exploitation de CDG Express. A l’international, elle aimerait mettre un pied au Canada et voit de belles perspectives en l’Algérie, au Maroc (Casablanca) et en Argentine (Buenos Aires).

    « Le groupe ne s’interdit rien », affirme Catherine Guillouard, faisant allusion à l’ouverture à la concurrence qui va bientôt devenir effective dans le transport ferroviaire. RATP Dev a d’ailleurs répondu à l’appel à manifestation d’intérêt lancé en début d’année par la région Paca pour trois lignes de TER (voir Dix candidats sur les rangs pour l’exploitation des TER de Paca… et une surprise).
    A l’avenir, le groupe veut aussi accélérer dans le digital et l’innovation (notamment les véhicules autonomes) et continuer à investir dans les start-up (15 millions d’euros sont prévus pour cette année).

    Côté matériel, RATP poursuit son plan bus, qui passe avant tout par la transformation de ses dépôts, avant même d’avoir tous les nouveaux bus, pour lesquels les choix sont faits (les deux tiers devant fonctionner à l’électricité, le reste au biogaz).

    M.-H. P.

  • Hidalgo joue la carte de la gratuité

    Hidalgo joue la carte de la gratuité

    Anne Hidalgo vient de lancer un pavé dans la mare, en demandant que soit étudiée la gratuité dans les transports à Paris. Trois de ses adjoints, Christophe Najdovski (écologiste, Transports), Jean-Louis Missika (socialiste, Développement économique), et Emmanuel Grégoire (socialiste, Finances), sont chargés de piloter une étude à laquelle seront associés des experts français et étrangers, ainsi que les groupes politiques du Conseil de Paris. Anne Hidalgo entend, « sans a priori et sans dogmatisme », « objectiver le débat, en particulier en analysant s’il existe un modèle économique viable ».

    Le communiqué de la maire se réfère à certains exemples européens. Le gouvernement allemand a proposé en février d’étudier la mise en place de la gratuité dans cinq villes : Essen (600 000 habitants), Bonn (300 000 habitants), Mannheim (300 000 habitants) et, plus petites encore, Reutlingen et Herrenberg. A Tallinn, en Estonie (450 000 habitants), la gratuité est en place depuis 2013. Mais, reconnaît la mairie, « aucune agglomération de la taille de Paris n’a mis en place à ce jour un tel dispositif ».

    Or, « la gratuité pour l’usager implique forcément d’identifier d’autres sources de financement ». De ce fait, Anne Hidalgo, jusqu’à présent opposée au péage urbain, a avancé ce matin sur France Bleu que, « si le péage vient financer la gratuité des transports, il devient non pas un élément de discrimination sociale, mais au contraire un élément qui peut accompagner ».

    Interrogée sur la proposition de la maire de Paris, Valérie Pécresse, en visite ce matin sur le chantier de prolongement du métro de la ligne 4, dont le génie civil est achevé, se dit  « ouverte à toute proposition » mais pose « deux conditions ». L’une, que « les trois milliards d’euros de recettes apportés par les tickets et le passe Navigo soient compensés à l’euro près ». L’autre, qu’il n’y ait « pas de discrimination » entre Parisiens et banlieusards. Propos du péage, la présidente du Conseil régional rappelle qu’elle est favorable à une «taxe sur les poids lourds entrant en Ile de France, mais que celle-ci, selon les études devrait rapporter environ 100 millions d’euros pas an ». Loin des 3 milliard de recettes à compenser. Et elle refuse catégoriquement un péage au sein de la région, pour entrer dans le cœur de l’agglomération : ce serait, dit-elle, de la « discrimination entre riches et pauvres ».

    Pour l’AUT-IDF, association d’usagers réservée sur le sujet de la gratuité, l’urgence, c’est « l’amélioration des services, la résolution d’impasses financières, à la fois dans le Grand Paris et dans le CPER », nous dit son président, Marc Pélissier. Pas vraiment le moment de se priver de recettes. L’association considère de plus – position partagée par la plupart des professionnels – que la gratuité convient bien à de petits réseaux.

    La proposition d’Anne Hidalgo a été reçue comme une annonce politicienne par Emmanuel Griveaux, dans la perspective des municipales de 2020. Le porte-parole du gouvernement, très souvent donné comme futur candidat de La République en marche à la mairie de Paris, refuse de parler de candidature mais dit que LREM aura un « projet ». Clairement pas celui d’Anne Hidalgo. Rappelant qu’il faudra quoi qu’il en soit financer les services de transports, Benjamin Grivaux a conseillé à Anne Hidalgo de s’adresser au Stif [Ile-de-France Mobilités], compétent en la matière. De fait, les mesures tarifaires prises par un département doivent avoir l’aval d’Ile-de-France Mobilités.

    La proposition d’Anne Hidalgo est présentée alors que ce mardi le Conseil de Paris doit adopter la gratuité des transports pour les personnes de plus de 65 ans, sous conditions de ressources (plafond de 2 200 euros). Cette mesure intervient après l’adoption du demi-tarif pour tous les seniors du Val-de-Marne, en vigueur depuis le 1er janvier 2018. On dit que Valérie Pécresse, avant de signer la convention en tant que présidente d’IDFM, aurait voulu, mais en vain, qu’un autre département, de droite, soit candidat pour une mesure d’ailleurs inscrite à son programme.

    F. D.