Catégorie : Mobilités douces

Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

  • Des Trophées de la mobilité durables décernés par le Stif

    Des Trophées de la mobilité durables décernés par le Stif

     

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    Comme chaque année depuis 4 ans, le Stif a saisi l’occasion de ses Assises de la mobilité le 23 novembre pour le suivi de son PDU 2015 – 2020, pour remettre ses Trophées 2016 à sept lauréats, dans six catégories. p { margin-bottom: 0.25cm; line-height: 120%; }

    C’est Stéphane Beaudet, le vice-président du Stif et chargé des transports à la région Ile-de-France qui les a remis en fin de journée, après avoir le matin même ouvert les débats rappelé la feuille de route du PDUIF pour les trois prochaines années. L’un des volets forts ? L’articulation des documents d’urbanisme (PLU et Scot) avec le plan de déplacements urbains.

    « Comment tirer parti du Grand Paris Express pour densifier les communes desservies ? Comment garder de l’espace autour des gares et dans les rues qui y mènent pour assurer une desserte bus de qualité ? Comment prendre en compte les livraisons dans la conception des opérations d’aménagement ? » a ainsi mis en exergue le VP transports.

    Les Trophées de la mobilité, qui valorisent des projets de transports et de mobilité exemplaires, conformes aux enjeux du PDUIF et reproductibles par d’autres collectivités sont ouverts aux collectivités, entreprises et administrations engagées dans un plan de déplacements, aux exploitants de transports et gestionnaires d’infrastructures ainsi qu’aux associations franciliennes.

    45 projets avaient été été déposés et les 15 membres du jury en ont distingué 7, sur des critères de pertinence, de conformité, d’efficacité etc. les six catégories de prix choisies correspondent à la majorité des actions inscrites au PDUIF.

    Ainsi, dans la catégorie espace public et accessibilité, le département du Val-de-Marne a été récompensé pour son programme global de mise en accessibilité de l’ensemble des points d’arrêt de bus sur son territoire, « quels que soient les gestionnaires de voirie concernés, y compris sur voie communale ». Un projet qui a débuté en 2004 et dont les travaux ont démarré en 2008. A ce jour, 1100 points d'arrêts ont été réhabilités, 900 restent à développer d'ici à 2020.

    Pour la marche et l’espace public, le parc d'affaires Noveos du Plessis-Robinson (Hauts-de-Seine) est primé pour ses 22 panneaux de signalétique piétonne installés dans un environnement initialement très routier. C’est la ville de Sceaux qui remporte le Trophée du vélo pour avoit été la première en France à généraliseer le cédez-le-passage au feu rouge pour les cyclistes, autrement dit le tourne-à-droite autorisé au vélo même au feu rouge.

    Catégorie transports en commun : FlexCité, la filiale de RATP Dev chargée du TAD des personnes à mobilité réduite est lauréate pour son projet d'information voyageur en temps réel par envoi de SMS. « Le voyageur peut ainsi se préparer sereinement et être au point de rendez-vous au moment de l'arrivée du véhicule.La solution facilite son confort d’utilisation », a estimé le jury du Stif.

    Une catégorie s’intéresse aux modes individuels, motorisés, et à la sécurité routière. L’association Pouce d’Yvelines et le Parc naturel régional du Gâtinais français Sont ex-aequo pour la mise en place d'un réseau d'auto-stop organisé sur le modèle de Rezo Pouce. Grâce à des arrêts identifiés par des panneaux, l’auto-stop est rassurant pour les passagers comme pour les conducteurs. Et cette action facilite les déplacements en zone rurale.

    Enfin concernant les Marchandises, l’entreprise Phénix (née en 2015) et son programme Proximité s’est distinguée pour la création de circuits courts de revalorisation des invendus issus d’une centaine des petites surfaces (essentiellement des Franprix). Ses tournées optimisées (dite « en grappe ») entre les différents magasins permettent de récupérer les invendus puis de les redistribuer chaque semaine à des associations caritatives de proximité. Le tout avec des véhicules peu polluants bien sûr.

    C. N.

  • Fermeture des voies sur berge : lettre ouverte à Anne Hidalgo

    168 élus de la région parisienne ont écrit le 29 novembre une lettre ouverte à Anne Hidalgo, dévoilée par Le Figaro, pour soutenir Valérie Pécresse contre la piétonnisation des voies sur berges. Ils dénoncent l’aggravation des embouteillages dans Paris suite à la décision de la maire de Paris de fermer à la circulation les voies sur berge rive droite.

  • Retard. La SNCF réhausse ses conditions d’indemnisation

    Retard. La SNCF réhausse ses conditions d’indemnisation

    « Ce sera la meilleure garantie d’Europe ! », a affirmé Rachel Picard, la directrice de Voyages SNCF, en présentant le 29 novembre les nouvelles modalités de remboursement de l’entreprise en cas de retard A partir du 1er décembre, la SNCF va rembourser tout retard de TGV ou d’Intercités à partir d’une demi-heure quel que soit le motif de la perturbation. Jusqu’à présent, elle ne s’estimait pas tenue de le faire lorsqu’un événement extérieur était en cause.
    La SNCF va donc plus loin que le demande la réglementation européenne qui impose une compensation à partir d’une heure de retard. « Aucun autre de nos concurrents ne va aussi loin », se félicite Rachel Picard.
    Cette nouvelle garantie ne concerne toutefois pas Ouigo, Ouibus ou iDTGV pour lesquels la réglementation européenne s’applique.
    Autre nouveauté, pour simplifier les démarches, le parcours pourra être totalement digital : pour être indemnisé, le voyageur pourra demander un bon voyage sur Internet, puis l’utiliser sur n’importe quel canal de vente. Le montant remboursé, fixé au minimum à 25 % du prix du billet, augmente avec la durée du voyage.
    « C’est notre façon de dire notre considération pour nos clients et de montrer que la ponctualité représente une priorité pour nous, commente la patronne de Voyages SNCF. Aujourd’hui, neuf trains sur 10 sont à l’heure. Nous sommes déjà parmi les meilleurs d’Europe. »
    Elle estime que cela va pousser l’entreprise à faire davantage d’efforts en faveur de la ponctualité. Mais cet engagement risque d’être coûteux. Rachel Picard, qui refuse d’en dévoiler le coût, se borne à préciser que l’entreprise devrait rembourser chaque année 30 % de voyageurs en plus.
    « Pour l’usager c’est une bonne mesure, a réagi Bruno Gazeau, le président de la Fnaut. Pour une fois, la SNCF va au-devant de nos desiderata », a-t-il ajouté.
    M.-H. P.

  • La tarification intégrée enfin adoptée à Strasbourg

    La Compagnie des transports strasbourgeois (CTS) offrira à partir du 11 décembre à ses abonnés bus et tram une intégration tarifaire sur les trajets effectués en TER. L'intégration concerne 13 gares sur…  le territoire de l'Eurométropole (28 communes). Elle permettra, sur certains trajets depuis la deuxième couronne, de gagner 20 minutes de temps de trajet vers Strasbourg. "1500 personnes vont bénéficier de ce dispositif. L'abonnement intégré devrait se traduire par 726 000 voyages supplémentaires par an sur les trains régionaux", calcule Alain Fontanel, président de la CTS. La convention signée le 28 novembre entre l'Eurométropole de Strasbourg et le Conseil régional du Grand Est prévoit le versement d'une indemnité compensatoire annuelle d'1,2 million d'euros à la région.

    "Le projet d'utilisation de l'étoile ferroviaire pour le transport urbain date d'une quinzaine d'années. Les autorités organisatrices sont toujours craintives quand il est question de leurs ressources financières", reconnaît Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg. Malgré sa longue gestation, l'intégration tarifaire n'est pas encore entière : les titres de transport à l'unité ne sont pas couverts. La carte d'abonnement Badgeo n'est pas équipée de l'interface qui permet l'interopérabilité du contrôle. Les abonnés de la CTS devront donc se procurer une contremarque pour voyager en train. "Il n'y aura plus de contremarque d'ici un an", promet Roland Ries.

    Jacques Weill, directeur régional adjoint de SNCF Mobilités, souligne les fréquences élevées des TER dans la banlieue de Strasbourg, aux heures de pointe : "A Fegersheim et à Vendenheim, nous proposons jusqu'à quatre trains par heure le matin", indique-t-il. L'Association strasbourgeoise des usagers des transports urbains (Astus) ne partage pas cet enthousiasme. "La SNCF prévoit dès cet hiver une desserte allégée des gares périphériques de Strasbourg. Le week-end, il ne subsiste qu'un train sur quatre", déplore  son porte-parole Hervé Diebold. L'intégration dans l'abonnement CTS-TER de la gare de Kehl, sur la rive droite du Rhin, figure parmi les doléances de l'Astus. La voisine allemande de Strasbourg sera desservie par le réseau tram dès avril 2017, "mais le train restera plus rapide, en 10 minutes contre 30 minutes en tramway", rappelle Hervé Diebold. Pour Roland Ries, l'abonnement régional transfrontalier constitue le prochain objectif. Mais il ne s'engage pas sur la durée des négociations à mener avec les AOT du Bade-Wurtemberg.

     Olivier Mirguet

  • L’Ile-de-France inaugure sa première station-service au GNV

    L’Ile-de-France inaugure sa première station-service au GNV

    Moins 20 % d’émissions de gaz à effet de serre et beaucoup moins de particules fines, c’est la promesse du GNV et du bio GNV, une énergie d’avenir que la région Ile-de-France souhaite promouvoir. « Nous allons construire plusieurs nouvelles stations d’avitaillement au GNV comme celle-ci, cela s’inscrit dans notre vision de la smart région et entre dans le cadre du plan régional pour la qualité de l’air "Changeons d’Air" adopté en juin dernier », a dit Catherine Primevert, conseillère régionale (LR) membre de la commission permanente et chargée des questions environnementales lors de l’inauguration de la première station-service de gaz compressé pour véhicule. Située à Bonneuil-sur-Marne dans l’emprise portuaire, cette station de 4 000 m² et deux pistes (quatre à terme) dispose de trois compresseurs (660 Nm3/h) et est ouverte 24h/24 aux particuliers comme aux entreprises (y compris aux poids lourds de 44 tonnes) ou même aux opérateurs de transport depuis le 24 novembre.

    Elle a coûté 1,8 million d’euros, dont 190 000 euros ont été apportés par le conseil régional. Confiée en gestion par une DSP de trois ans au groupe espagnol Endesa, elle a vu le jour grâce au partenariat signé en décembre 2014 entre le Syndicat intercommunal pour le gaz et l’électricité en Ile-de-France (Sigeif), la Ville de Paris, GRDF et La Poste. Elle préfigure le réseau que la SEM locale Sigeif Mobilités, créée tout spécialement pour développer l’approvisionnement en gaz et biogaz, entend construire. Alors que « plus des deux tiers des villes de plus de 100 000 habitants l’utilisent déjà pour les bus ou les bennes à ordures », affirme Edouard Sauvage, DG de GRDF, chacun s’accorde sur le fait que le GNV constitue l’alternative crédible au diesel pour les poids lourds et utilitaires, à court terme.

    C. N.

  • La sous-station de la Castelle est prête pour le contournement Nîmes – Montpellier

    La sous-station de la Castelle est prête pour le contournement Nîmes – Montpellier

    Le cœur énergétique du Contournement de Nîmes et Montpellier (CNM) va commencer à battre : la sous-station de la Castelle, à Lattes au sud de Montpellier, s’apprête à délivrer les 2×25 kV monophasés pour une mise sous tension fin mai 2017. La livraison à l’exploitation des 80 km de liaisons nouvelles mixtes est fixée au 5 octobre 2017. Tandis que sur le faisceau de la gare de Montpellier la Mogère s’achève le déroulement des dernières caténaires, Oc’Via, constructeur du CNM pour SNCF Réseau, a présenté la sous-station flambant neuve de la Castelle. Branchée sur la boucle sud de Montpellier en 225 kV triphasé du réseau RTE, elle est dotée de deux transformateurs de 116 tonnes chacun, dont 70 t de cuivre, circuits magnétiques et acier, et 50 t d’huile. D’une capacité de 60 MVA, ces géants ont été manufacturés à Malines en Belgique par CG Global et acheminés par route. Leur montage a nécessité deux semaines. L’un sera actif et l’autre en réserve. Capteurs et disjoncteurs amont et aval les protègent.
    RTE a détourné sa ligne voisine de 225 kV pour la faire transiter par le site, partagé en deux espaces (RTE et Oc’Via) séparés par une clôture intérieure. RTE a achevé la construction de ses barres et disjoncteurs, essais compris, le 29 septembre dernier. Ses installations atteignent 16 m de haut. Oc’Via a pris le relais avec des essais en interne en novembre pour mise sous tension fin mars 2017. Le coût de l’ensemble avoisine dix millions d’euros.
    La sous-station de la Castelle couvrira les besoins de la section courant de Vergèze (PK 51) à la jonction de Lattes. La partie est du CNM, de Manduel à Vergèze, ainsi que le lien Manduel – Saint-Gervazy (ligne de la rive droite du Rhône) et la jonction vers Tarascon, seront alimentés par la sous-station existante de Biscarrat sur la LGV Méditerranée. A Vergèze, un commutateur permettra d’assurer un secours par la sous-station restant en service en cas de défaillance de l’autre, moyennant une baisse de tension. Par ailleurs, la sous-station de la Castelle est dimensionnée pour alimenter la section est d’une future ligne nouvelle Montpellier – Perpignan.
    Pour la partie RTE, le centre de contrôle de l’alimentation est situé à Toulouse, pour SNCF Réseau à Lyon. Quatre postes de mise en parallèle sont installés le long du CNM pour éviter les chutes de tension. La consommation ferroviaire est exigeante : deux rames TGV qui se croisent exigent sans délai 50 MW, « soit la consommation d’une ville comme Sète », note Jean-Philippe Bonnet, délégué Méditerranée de RTE. Le CNM ne comptera que deux sous-sectionnements : à Vergèze et au droit de la Castelle. La partie 25 kV de la Castelle est construite par Oc’Via mais, contrairement aux voies et signalisation qui seront entretenues par Oc’Via Maintenance, son entretien reviendra à SNCF Réseau.
    Sur la ligne, la pose de voie du CNM a été achevée fin août. Les équipes signalisation achèvent l’installation des deux systèmes superposés BAL et ERTMS 1, ce dernier couvrant la ligne, ses antennes et toutes les voies de la gare de la Mogère. L’ERTMS 1 est adapté à la vitesse limite du CNM : 220 km/h dans un premier temps.
    « Les essais en ligne, commencés en octobre, dureront six à huit mois, explique Thierry Parizot, directeur général d’Oc’Via. D’abord des essais statiques, puis sur les raccordements aux extrémités », soit cinq jonctions dont une à voie unique (la « virgulette » vers le sud de la rive droite du Rhône). « La montée en vitesse est prévue sur six semaines, en juillet et août 2017 », précise-t-il. La fin des essais est fixée au 5 septembre 2017, laissant place à la formation des conducteurs des divers opérateurs, le fret devant être archidominant en première phase. SNCF Réseau prévoit sur le CNM une tarification fret identique à celle de la ligne historique, permettant ainsi de libérer sur cette dernière une belle quantité de sillons, bienvenus tant pour les TER et Intercités que pour… les TGV.
    Porter la vitesse de 220 à 320 km/h sur les 60 km Manduel – Lattes n’est pas prévu avant l’extension vers Perpignan. Sur le CNM, cela exigera la requalification informatique de l’ERTMS de 1 à 2, la reprise des dévers et la surtension de la caténaire. Quant à la gare de la Mogère, le passage de six à huit voies est ménagé mais hypothétique : les appareils de voies qu’il exigerait n’ont pas été posés par anticipation. Il faut dire que cette gare en compte déjà… 26 sur les 52 du CNM. A la mise en service, elle ne recevra que deux TGV par sens et par jour. Son faisceau permettra surtout la régulation du fret.    

    Michel Gabriel LEON
     

  • Des visuels pour se repérer dans le métro toulousain

    En 2017, les 37 stations des deux lignes de métro de Toulouse bénéficieront chacune d’un visuel spécifique destiné à améliorer leur identification par les personnes en situation de handicap cognitif ou mental, les passagers étrangers, analphabètes ou malvoyants, mais aussi les enfants. Un projet unique pour un réseau de transport urbain en France, avec un budget prévisionnel de 100 000 euros.

    Ce projet est parti d’une étude de besoins réalisée en 2010 par Tisséo avec le soutien de l’Adapei (association départementale de parents et amis des personnes handicapées mentales). L’élaboration d’un cahier des charges de recherche et de conception de visuels avec des psychologues et des historiens en 2013 a débouché en 2014 et 2015 sur un partenariat avec des classes de BTS design graphique et du diplôme d'arts appliqués du lycée toulousain des Arènes intitulé « Dessine-moi une station ». Différents acteurs locaux ont aussi été réunis au sein d'un comité de suivi technique et d'un comité scientifique. C’est le projet « anecdote » de deux étudiantes en BTS, Lara Clerc et Jessica Paradis, qui a finalement été retenu. A chaque station est associé un symbole lié à une anecdote propre à son quartier, à son patrimoine remarquable, aux personnages célèbres qui ont marqué les lieux ou aux références occitanes : une péniche pour la station Canal du Midi, un avion pour la station Mermoz (en référence à l’aviateur pionnier de l’Aéropostale) ou un écureuil pour la station Esquirol (signification du mot en occitan)… L’ensemble des visuels devrait être mis en œuvre d’ici novembre 2017.    

    Catherine Sanson-Stern

  • Les habitants des grandes villes recourent davantage aux transports publics

    La part des Français utilisant régulièrement les transports publics continue sa progression. Entre 2014 et 2015, elle est en hausse de deux points passant à 69 % contre 67 % en 2015 et 63 % en 2014, et concerne ceux qui habitent dans des agglomérations de 50 000 habitants et plus, nous apprend l’observatoire de la mobilité 2016, présenté le 17 novembre par l’Union des transports publics.
    « La hausse de fréquentation concerne les réseaux de toutes tailles, souligne Marc Delayer, un des vice-présidents de l’UTP. Elle est liée au développement qualitatif de l’offre qui a augmenté de 60 % en 20 ans et à sa très forte progression qualitative. A titre d’exemples, 70 % des réseaux sont équipés en systèmes billettiques, la totalité propose des services numériques : site Web, applications… », précise-t-il.

  • Pour Alstom et Carbone 4, le tram est plus « vert » que le BHNS

    A l’heure de la COP22, Alstom et le cabinet parisien Carbone 4 ont présenté une étude comparative sur l’empreinte carbone des tramways et des bus à haut niveau de service (BHNS). Deux solutions qui se retrouvent souvent en concurrence lors de la création de nouveaux réseaux de transport en commun en site propre. Jusqu’à présent, ce sont surtout les questions de coût (investissements, exploitation, cycle de vie) qui ont présidé au choix en faveur d’un mode ou de l’autre. Mais l’impact sur l’environnement de ce choix modal n’a jusqu’à présent pratiquement pas été pris en compte, faute d’évaluations de l’empreinte carbone sur l’ensemble du cycle de vie, et non seulement sur l’exploitation. En effet, pour ce qui est de cette dernière (et particulièrement sur le poste énergie), le tram possède a priori un avantage certain. Mais est-ce vraiment le cas ? Et qu’en est-il de la phase de construction ? Autant de questions qui trouvent dans l’étude conjointe d’Alstom et de Carbone 4 une première réponse.

    Quoique ses nouvelles solutions de captage (APS, SRS) et de stockage d’énergie permettent à Alstom d’équiper aussi bien des trams que des bus, l’industriel est nettement plus présent sur le premier de ces deux modes. Il n’est donc pas très étonnant qu’Alstom ait choisi de communiquer sur une étude comparative dont les résultats sont globalement en faveur du tramway pour ce qui est de l’empreinte carbone. Une étude qui tombe à point nommé : Alstom a montré à cette occasion que son nouveau système de tramway intégré Attractis présentait une empreinte encore plus faible. Un résultat obtenu par l’optimisation des moyens mis en œuvre pour la réalisation de nouveaux réseaux. Une optimisation pour ce qui est des délais (temps de construction réduits, perturbations limitées), puisque Attractis a pour objectif de réaliser un réseau de 10 km opérationnel en 30 mois. Optimisation aussi pour les investissements mis en œuvre, réduits de 20 %. Moins gourmand en béton, en acier ou en câbles, Attractis devrait également – et assez logiquement – permettre une réduction d’émissions de gaz à effet de serre de l’ordre de 20 %. Une estimation basée sur le retour d’expérience de 17 réseaux de tram intégrés équipés de rames Citadis.

    Dans le modèle de calcul retenu, les émissions de gaz à effet de serre sont le produit de quatre facteurs : le besoin de mobilité, le mode de transport, l’efficacité énergétique et le contenu en dioxyde de carbone de la source d’énergie utilisée.

    L’étude porte sur le cycle de vie d’une ligne fictive mais représentative de 10 km en Belgique, comprenant sa construction et son exploitation pendant 30 ans. La Belgique a été retenue pour son mix électrique moyennement favorable, entraînant l’émission de 240 g de CO2 par kWh. Une valeur très « européenne », mais supérieure à celle en vigueur en France (où le nucléaire assure plus des trois quarts de l’approvisionnement électrique) et très inférieure à la valeur chinoise (800 g de CO2 par kWh). L’étude a été réalisée à fréquentation égale, de 6 400 voyageurs par heure et par sens en heure de pointe, soit un ordre de grandeur qui est bien celui d’une ligne de tram, mais pratiquement le double de la capacité des liaisons actuellement assurées en BHNS (même si les promoteurs de ces derniers annoncent bien plus).

    Dans le cadre de l’étude, cinq alternatives ont été étudiées : trois variantes du BHNS (diesel classique, hybride rechargeable et électrique) et deux solutions de tramway (classique et Attractis d’Alstom). Pour ce qui est des BHNS, les chiffres sont basés sur les publications d’institutions françaises (Ademe) ou internationales (école Chalmers de Göteborg, BHNS de Bogotá) – d’autant plus qu’un bus électrique de 18 m, « c’est de la science-fiction actuellement », selon l’un des auteurs ! En revanche, les données concernant les tramways sont réelles et proviennent du retour d’expérience d’Alstom.

    Lors de la phase de construction, les émissions de CO2 liées à l’établissement d’une ligne nouvelle sont nettement en défaveur du tramway pour ce qui est des matériaux de construction, l’écart étant plus faible pour les équipements de construction et l’énergie liée à la construction proprement dite. Globalement, construire une infrastructure tramway représente 2,2 fois plus d’émissions qu’une infrastructure BHNS. Rien de très surprenant : un tram exige des détournements de canalisations, puis la pose de rails et de lignes aériennes de contact.

    Côté matériel roulant, il faut déjà tenir compte du fait qu’un tram dure 30 ans, contre 15 ans pour un bus. Cependant, construire les 20 trams nécessaires sur la ligne étudiée émet plus de CO2 que de produire les 90 bus diesel qui assureraient le même service. En revanche, les 20 trams sont plus avantageux que les 98 bus hybrides rechargeables ou les 102 véhicules électriques équivalents. Pour deux raisons, liées aux batteries : la production de ces dernières est loin d’être « verte » et leur masse réduit d’autant le nombre de voyageurs acceptables à bord des bus.

    En effectuant la somme des émissions issues des constructions de l’infrastructure et des véhicules, le tram classique se situe au double du niveau du BHNS diesel. Entre ces deux solutions, les BHNS hybrides et électriques se rapprochent du tram, au point de rattraper presque le niveau d’émissions d’Attractis (le tram optimisé d’Alstom n’émet que 14 % de CO2 en plus qu’un BHNS électrique).

    En revanche, du côté de l’exploitation, Attractis ne représente qu’un gain marginal par rapport à un tram « classique ». Quel que soit le tram, le niveau d’émissions de ce dernier est sans commune mesure avec celui des BHNS, même électriques, en dépit d’un mix électrique médiocre dans ce cas d’étude belge. Pour ce qui est de la traction, un BHNS diesel émet en effet 4,6 fois plus de gaz à effet de serre qu’un tram ! Ce dernier est également très performant en matière de fuites de gaz réfrigérants (normes drastiques, contrairement aux bus) et d’énergie utilisée dans les dépôts. En revanche, quel que soit le tram ou le BHNS, la maintenance est aussi peu « verte ». En additionnant tous ces éléments, exploiter un tram permet toujours de diviser les émissions d’un facteur 1,5 à 3,3.

    Intéressante par sa couverture intégrale du cycle de vie d’un projet, cette étude fait toutefois l’impasse sur deux catégories de bus réputés « verts », pour leur absence d’émissions de particules : le trolleybus – tout électrique depuis toujours – et le bus au biogaz. Ce qui est dommage, car ces bus sont – eux – déjà disponibles en version articulée de 18 m

    Recontacté au sujet de ces deux types de bus, le cabinet Carbone 4 nous a apporté quelques précisions qui ne faisaient pas partie de l’étude initiale, mais qui méritaient des chiffrages approfondis pour déterminer les éventuels avantages du trolleybus ou du biogaz sur 30 ans.

    Pour le trolley, en phase construction, « l’infrastructure devrait être plus légère que le tramway et plus lourde que le BHNS, ce qui devrait se retrouver dans les émissions ». Et en phase exploitation, à l’électricité, « il faudrait comparer l’efficacité énergétique du trolley par rapport à un tramway », vu les frottements plus importants que présente le roulement pneu sur route du trolley que le roulement fer sur fer du tram.

    Pour le biogaz, « on est sensiblement sur du BHNS » en phase construction, même si l’on « peut imaginer des différences sur la taille du réservoir – et donc la capacité unitaire des bus – si l’on veut le même contenu énergétique : [pour] la même taille, on devra faire le plein plus souvent, donc peut-être plus de kilomètres haut le pied ». Et sur la phase exploitation, « le facteur d’émission du biogaz peut varier beaucoup en fonction de son mode de production », alors que l’efficacité énergétique est notoirement moindre que celle du diesel.

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  • Bus électriques de la RATP : rebelote pour Bolloré

    Le Stif et la RATP ont annoncé le 8 novembre une nouvelle commande de bus électriques de 12 mètres à Bluebus (Lettre confidentielle du 24 octobre). Les bus seront commandés dans le cadre du contrat pour l’expérimentation des bus électriques signé en décembre 2014 avec cette filiale du groupe Bolloré, qui avait remporté l’appel d’offres. Le montant du contrat se situe dans une fourchette de 10 à 40 millions d’euros, selon le nombre de bus qui seront commandés. 23 bus sont en cours de livraison pour la ligne 341. Deux autres lignes franciliennes vont permettre de tester le comportement des bus selon leurs caractéristiques.

    Ils permettront surtout de tester deux autres types de chargement. D’une part un dispositif de type pantographe inversé. De l’autre l’utilisation d’une prise électrique normalisée. Les deux types de recharge se font au terminus, dans le cours de l’exploitation, au lieu de se faire au dépôt, de nuit, selon le dispositif aujourd’hui testé. Dispositif qui reste le « modèle de référence » selon le Stif et la RATP. Autre point : le chauffage sera assuré par l’énergie de traction, et non pas comme c’est le cas jusqu’à présent avec un biocarburant, le GTL. Ce qui va représenter une sollicitation importante pour les batteries.

    Le Plan Bus 2025 et son partage (80 % de bus électriques et 20 % de bus au biogaz) concerne la RATP et ses 4 500 bus. En s’appuyant sur ce plan d’entreprise, mais sans s’y limiter, l’autorité organisatrice veut regarder l’ensemble des technologies pour les 9 000 bus dont elle a la responsabilité. La pile à combustible devrait être essayée. Une technologie très peu déployée en France, mais qu’Air Liquide, leader mondial, entend promouvoir. Le groupe a installé fin 2015 une première station d’hydrogène à Paris, près du pont de l’Alma, qu’utilise la flotte Hype, constituée de cinq taxis de l’entreprise Step.

    F. D.