Catégorie : Mobilités douces

Retrouvez toute l’actualité des mobilités douces: services de vélos et trotinettes en libre service, pietonisation, aménagements urbains…

  • Regroupement européen pour booster la filière hydrogène

    Regroupement européen pour booster la filière hydrogène

    Lors du salon mondial de la mobilité électrique, EVS32, du 19 au 22 mai à Lyon, l’Union européenne a lancé la plateforme « Hydrogen Valleys » réunissant les quatre régions européennes Auvergne-Rhône-Alpes (Aura), Normandie, Aragón et Pays-Bas du Nord. Ce groupement doit contribuer à la modernisation industrielle de ces régions dans le domaine de l’hydrogène et à l’accélération de la transition des technologies dans le secteur des mobilités. Des objectifs qui, selon la Commission européenne, devraient permettre « de soutenir l’innovation et développer au niveau (trans)régional des écosystèmes entre industries (PME, start-up), centres de recherche et universités ».

    Des partenaires et des fonds européens

    Copilote de l’opération, la région Auvergne-Rhône-Alpes a lancé le système Zero Emission Valley (ZEV) et illustré cette démarche en officialisant la création d’Hympulsion, société dans laquelle elle a investi huit millions d’euros (33 % du capital), aux côtés de Michelin, Engie, la Banque des Territoires et le Crédit Agricole.

    Outre dix millions d’euros de l’Europe, Aura dispose également d’un budget de 40 millions d’euros pour inciter à l’achat de 1 000 véhicules à hydrogène avec un dispositif de subventions (de 2 700 à 8 600 euros/véhicule selon la consommation km/an et H2/an) abondées par des subventions européennes pour le projet ZEV (3 400 euros/vehicule), en plus du bonus écologique (6 000 euros). Objectif : ramener le coût d’un véhicule hydrogène à celui d’un diesel. Auvergne-Rhône-Alpes a aussi lancé un appel d’offres portant sur 200 vélos à hydrogène et dix bornes de distribution pour un montant de six millions d’euros.

    Claude Ferrero

  • Les Renault ZOE équipées d’un logiciel d’autopartage dès la sortie d’usine

    Les Renault ZOE équipées d’un logiciel d’autopartage dès la sortie d’usine

    La start-up niçoise Vulog et le groupe Renault ont signé un accord, le 21 mai, pour installer nativement la solution technologique d’autopartage dans les Zoé électriques, Dès leur sortie d’usine, elles seront donc équipées  du logiciel AiMA (Artificial Intelligence Mobility Applied), ce qui permet au constructeur et loueur « de lancer et exploiter des services de partage partout dans le monde, en moins de trois mois« , promet Vulog dans un communiqué.

    Les citadines électriques de la marque au losange sont aujourd’hui déployées pour des services d’autopartage en free floating en Europe du Nord (à Paris par exemple, sous la marque Moov’in.Paris, mais également devant des centres commerciaux du groupe Klepierre), en Amérique latine et aux Émirats Arabes Unis. Sous la marque blanche Renault Mobility.

    Les fonctionnalités du logiciel préinstallé dans les voitures de série permet une gestion prédictive de la demande, de combiner la gestion d’une flotte en free-floating avec des réservations planifiées, et, à terme de s’adapter à la mobilité partagée autonome, indique Vulog.

    D’autres constructeurs comme PSA qui opère le système d’autopartage Free2Move, ont déjà pré-équipé leurs voitures électriques du logiciel Vulog.

    N.A

  • RATP se place sur le marché de la conversion énergétique des dépôts bus

    RATP se place sur le marché de la conversion énergétique des dépôts bus

    L’appel d’offres géant suivi de la commande pour équiper sa flotte de 800 bus électriques à Paris (lire ici) ouvre de nouveau horizons à la RATP, hors de l’Ile-de-France. Le groupe cherche maintenant à valoriser et monétiser son « expérience accumulée à l’occasion de l’électrification des centres bus en Ile-de-France« , en allant chercher des marchés ailleurs.

    A commencer par Orléans où la filiale immobilière de la Régie, RATP Real Estate, vient de remporter avec Systra (filiale conseil et ingénierie détenue à 50/50 avec SNCF) le marché de la conversion énergétique du parc d’autobus de la métropole. Le réseau des transports urbains TAO  teste depuis mai 2017 une douzaine de bus électriques du constructeur néerlandais VDL, et compte passer au tout électrique en 2024.

    Valorisation immobilière

    Le périmètre de l’appel d’offres attendu en juin couvre l’accompagnement pour l’achat de 180 bus électriques (150 millions d’euros d’investissement), l’étude des technologies « les plus adaptées au réseau orléanais » (géré par Keolis, filiale de SNCF), l’installation de bornes de recharge lente dans les deux dépôts bus existants et la création d’un troisième.

    RATP Real Estate et Systra vont notamment conseiller l’autorité organisatrice de transport Orléans Métropole pour l’adaptation technique des dépôts et, puisque la filiale immobilière de la Régie est aux commandes, la valorisation foncière de ces bâtiments. A Paris, les centres bus jouent la mixité et accueillent d’autres activités. Pour Systra, plus connu pour ses activités de conseil et d’ingénierie de projets complexes de transport (LGV, métros, ponts maritimes, aéroports etc.), « il s’agit là d’une inflexion claire dans l’accompagnement des maîtres d’ouvrage en quête d’une politique de transport durable et plus verte« , indique Thierry Dattin, directeur de la maîtrise d’ouvrage chez Systra.

    Distances réglementaires

    Pour s’y retrouver dans la jungle des règles de sécurité imposées aux exploitants de bus électriques qui, comme la RATP, utilisent des batteries lithium-ion- ou lithium-métal-polymère, lesquelles présentent des risques d’incendie, un arrêté du ministère de la Transition écologique du 15 août 2018 clarifie la situation.  En contrepartie, sont nées de nouvelles exigences dans la conception des dépôts équipés de bornes de recharge.

    En zone urbaine, le texte impose une distance d’éloignement de 15 mètres des dépôts bus par rapport aux habitations et aux d’établissements recevant du public. Distances négociables si les opérateurs installent des parois coupe-feu ou un système d’extinction automatique d’incendie, type sprinklers.

    Le texte oblige également à équiper les dépôts d’un dispositif permettant de couper la charge électrique sur chaque borne, de détecteurs d’incendie, d’alerte pompiers et de moyens de lutte contre le feu : extincteurs, colonnes sèches, désenfumage, etc. Les contraintes sont plus draconiennes encore si des locaux occupés par des tiers surmontent les ateliers de recharge, des bureaux par exemple.

    Nathalie Arensonas

  • Elections européennes, la taxe sur le kérosène revient en force

    Elections européennes, la taxe sur le kérosène revient en force

    Taxer le kérosène en Europe, c’est l’idée défendue par Emmanuel Macron dans un entretien à la presse régionale lundi 20 mai (boycotté par La Voix du Nord et Le Télégramme de Brest), sur les enjeux des élections européennes. Quelques jours plus tôt, le 14 mai à la Maison de la Mutualité à Paris, le think tank TDIE (Transport, développement, intermodalité, environnement) invitait les principales listes (1) à présenter leur projet de politique commune des transports.

    Voici compilées un certain nombre de propositions des listes candidates qui ont répondu au questionnaire de TDIE avant le scrutin du 26 mai, sur la question des transports et de l’environnement. La taxe sur le kérosène est en bonne place.

    • Taxe sur le kérosène : LREM veut « taxer le transport aérien » pour financer les investissements pour la transition écologique, EELV, LFI, PS-Place publique mentionnent également cette mesure fiscale. EELV veut aussi taxer le carburant des navires.


    Pendant ce temps, à l’Assemblée nationale où la loi Mobilités est en cours d’examen, un amendement adopté le 20 mai flèche le surplus des recettes de la « taxe Chirac » (taxe de solidarité sur les billets d’avion), vers l’Agence de financement des infrastructures de France (AFITF) pour les transports ferroviaires, routiers, et fluviaux.


    • Taxe carbone : la liste PS veut instaurer une taxe carbone européenne, durcir les seuils d’émissions des véhicules et interdire la vente de motorisation diesel en 2030, et tous les véhicules à moteur thermique en 2040  (même proposition pour LREM).
    • Ouverture à la concurrence des transports ferroviaires de voyageurs : seules deux listes y restent hostiles, LFI veut abroger les paquets ferroviaires, le PCF défend l’idée d’un moratoire.
    • Politique industrielle : l’échec de la fusion Alstom-Siemens amène les candidats à souhaiter une évolution de la politique de concurrence qui favorise l’émergence de champions européens dans les industries liées aux transports. Le PS et le RN proposent d’octroyer la priorité aux entreprises européennes dans la commande publique de matériel de transport. A l’inverse, LREM défend l’idée de réciprocité dans les marchés publics et, avec Les Républicains, se déclarent en faveur de l’émergence de champions continentaux en se positionnant contre la politique de concurrence (LR) ou pour sa refondation, (LREM), LFI défend le maintien des monopoles publics.
    • Politique d’investissement : LREM souhaite investir 1 000 milliards d’euros d’ici à 2024 pour développer les énergies et les transports propres (et rénover les logements). EELV veut créer une banque européenne du climat et de la biodiversité pour financer un plan d’investissement de 100 milliards d’euros. LFI veut utiliser la BCE pour financer un plan de relance écologique et solidaire. PS-Place publique souhaite engager 400 milliards d’euros par an dans un pacte finance-climat-biodiversité. Génération.s veut créer un « Green New Deal » à hauteur de 500 milliards d’euros pour se libérer des énergies fossiles.
    • Intervention budgétaire de l’UE : une part importante des listes met en avant la possibilité d’une intervention budgétaire de l’Union accrue dans le désenclavement des espaces périphériques, ruraux et dans la mobilité du quotidien. Toutes les listes, et c’est nouveau, souhaite une intervention communautaire dans l’entretien des réseaux de transport existants.
    • Travailleurs détachés : le récent accord sur le travail détaché dans le transport routier de marchandises afin de limiter les abus dans un secteur exposé au dumping social est majoritairement rejeté. Debout la France, LFI et le RN veulent abroger la directive. Le PCF, abolir le statut même de travailleur détaché, Génération.s propose de le taxer. Tandis que LR veut « une vraie révision » du texte, LREM prône un « acte 2 » de la réforme du travail détaché et avec le PS, il souhaite renforcer l’inspection du travail et la lutte contre les fraudes.

    Les 10 réponses des listes candidates au questionnaire TDIE : ici

    N.A

    Europe Ecologie Les Verts, Les Républicains, La France insoumise, Debout la France, Parti socialiste-Place publique, Génération.s, Parti communiste, Rassemblement national, Renaissance (La République en marche-Modem).

    Les représentants transport de 6 listes au scrutin européen (LR et RN avaient décliné). De g. à dr : Jean-Marc Germain (PS-Place publique.), Noël Chuisano (DLF), Karima Delli (EELV, actuelle présidente de la commission Transports au Parlement de Strasbourg), Pascale Le Néouannic (LFI), Pierre Serne (Génération.s) et Dominique Riquet (PPE). Entourés de Philippe Duron et Louis Nègre, coprésident de TDIE et Gilles Dansart, animateur du débat, mi-mai à la Mutualité à Paris.

  • Le passe Navigo sur smartphone dès septembre, sauf sur iPhone

    Le passe Navigo sur smartphone dès septembre, sauf sur iPhone

    « Un dossier encalminé. » Valérie Pécresse n’a pas boudé son plaisir de pouvoir (enfin) annoncer la révolution billettique qui attend les usagers des transports publics en Ile-de-France. Le moment n’avait pas été choisi au hasard : la présidente de la région capitale et d’Ile-de-France Mobilités s’exprimait dans le cadre du salon VivaTech, le rendez-vous mondial de l’innovation, vendredi 17 mai, porte de Versailles à Paris.

    « Les sujets de blocage sur les technologies sont levés, fin septembre 2019, les Franciliens pourront acheter et valider leurs titres de transport sur smartphone, dans les bus, le métro et le RER intra-muros pour commencer, puis en 2021, sur tout le réseau des transports de la région », a indiqué l’élue. Tous les Franciliens, quel que soit leur opérateur téléphonique, sauf ceux qui ont un iPhone, puisque Apple n’a toujours pas rejoint le club des constructeurs qui ont rendu compatible leur téléphone avec la puce NFC d’Orange. En permettant d’établir une communication entre deux appareils compatibles à courte distance, cette technologie ouvre la voie à la dématérialisation des titres de transport. Seulement voilà, la marque à la pomme ne reconnaît que sa propre puce NFC.

    En septembre prochain, seuls les utilisateurs des nouveaux smartphones Samsung (où l’application est préinstallée), et les autres utilisateurs de smartphones Android pourront donc acheter et valider leur ticket ou passe Navigo sur leur smartphone. Même éteint, même si la batterie est à plat. 3 500 testeurs l’utilisent depuis l’automne 2018, 80% se disent satisfaits, selon l’autorité organisatrice des transports franciliens. 88% envisageraient de la garder si elle se généralise.

    Paris ne sera pas la vitrine d’Apple ?

    « Android représente 80% du parc de smartphones en France », insiste Valérie Pécresse, mais en réalité, ses équipes négocient pied à pied avec Apple dans l’optique d’intégrer le passe Navigo à l’application Wallet dès cet été. Apple donne la possibilité aux réseaux de transport public d’utiliser la puce NFC de l’iPhone et de l’Apple Watch au cas par cas. La firme de Cupertino va-t-elle se risquer à louper le coche à Paris ?  Selon nos informations, un point d’entente serait sur le point d’aboutir entre Apple et Ile-de-France Mobilités.

    Fin 2021 signera « la disparition du ticket de métro magnétique qui se démagnétise, n’est pas intelligent, ne sait pas calculer des tarifs personnalisés, ne répond pas aux nouveaux besoins », a également annoncé Valérie Pécresse. Dès l’été 2020, les carnets de tickets physiques seront remplacés par deux types de cartes : Navigo Easy et Liberté+.

    Liberté+ et Navigo Easy

    Ces deux nouveaux passes s’adressent à des publics différents. Liberté+ vise le public des voyageurs occasionnels, qui n’ont pas besoin d’un passe Navigo mensuel ou annuel. Correspondant à une demande forte des usagers, et à un engagement de Valérie Pécresse, Liberté+ permettra de passer du RER ou du métro au bus sans avoir à repayer. Un système mis en place dans de nombreuses métropoles de province. Ce sera la fin d’une exception francilienne et du paiement aux correspondances dont le coût pour Ile-de-France Mobilités est estimé à environ 40 millions d’euros par an. Que l’on fasse un voyage ou dix, le ticket reviendra à 1,49 euros (prix du ticket acheté en carnet de 10 aujourd’hui) au lieu de 1,90 euros (prix à l’unité). Les achats seront débités en fin de mois. C’est la tarification à l’usage.

    La carte Navigo Easy permettra de charger des titres de transport comme les tickets,  Orlybus, Roissybus, le forfait Navigo jour, etc . C’est l’équivalent de l’Oyster card dans les transports en commun londoniens. Elle s’adresse aux voyageurs réguliers mais qui n’ont pas de smartphone, ou n’en veulent pas. Elle sera vendue deux euros, pour éviter que les détenteurs ne la jettent après usage.

    Nathalie Arensonas


    Vélos électriques en location longue durée

    Valérie Pécresse et Phillipe Wahl, pdg du groupe La Poste, ont aussi annoncé à Vivatech le lancement le 4 juin des pré-réservations pour Véligo Location en Ile-de-France : 10 000 vélos (20 000 à terme) à assistance électrique et en location longue durée (6 mois). Démarrage du service en septembre 2019, coût : 40 euros par mois, entretien et assistance inclus. 

    Ile-de-France-Mobilités a désigné le groupement La Poste, Transdev, Velogik, Cyclez qui a créé la société Fluow pour exploiter ce nouveau service.


     

  • Bientôt des navettes et taxis autonomes sur le campus de Paris-Saclay

    Bientôt des navettes et taxis autonomes sur le campus de Paris-Saclay

    Le cluster Paris-Saclay, 20 kilomètres au sud de Paris, future Silicon Valley à la française qui regroupe organismes de recherche (CNRS, CEA), grandes écoles (Polytechnique, CentraleSupélec, etc.), universités et entreprises privées (Renault, Danone) n’en finit pas de sortir de terre, sur un immense plateau fertile à cheval sur les départements des Yvelines et de l’Essonne, où se construit aussi la ville nouvelle.

    65 000 étudiants, plus de 10 000 enseignants chercheurs, des milliers de logements et leurs habitants qui devront être acheminés sur les différents sites de Paris-Saclay. Cruciale, la question des transports pour desservir finement ce futur monstre urbain reste entière. L’arrivée en 2026-27 de la ligne 18 du métro automatique Grand Paris Express comporte encore des inconnues, les bus d’Ile-de-France Mobilités assurent de leur mieux les liaisons entre le plateau et la gare du RER B et C de Massy-Palaiseau mais ils sont saturés aux heures de pointe. De quoi nourrir les ambitions de certains acteurs de la mobilité autonome.

    Le Paris-Saclay Autonomous Lab inauguré le 15 mai, vise à tester un système complet de transport autonome.

     

    La veille du salon Vivatech à Paris, rendez-vous annuel mondial de l’innovation, les constructeurs Renault et Lohr, l’opérateur Transdev et l’institut Vedecom (véhicule décarboné communicant et sa mobilité) ont présenté à la presse deux projets de mobilité autonome, électrique et partagée : un service de desserte de nuit en navette autonome (lorsqu’il n’y a plus de bus à la sortie du RER), et des taxis partagés et à la demande en journée sur le campus, les ZoéCab.

    Deux projets menés dans le cadre du Paris-Saclay Autonomous Lab qui vise à tester un système complet de transport autonome (véhicules, système de contrôle centralisé, infrastructure connectée et applications clients)  « en vue de définir les conditions de déploiement d’un service de mobilité autonome à plus large échelle », explique Patrick Vergelas, directeur de Renault Mobility Services.

    Le jour et la nuit

    En cours de test final, la navette autonome i-Cristal construite par l’Alsacien Lohr, circulera uniquement de nuit de 23 heures à 3 heures du matin, sur trois kilomètres, soit quatre arrêts entre la gare RER de Massy-Palaiseau et le plateau de Saclay à partir du deuxième semestre 2019 (aucune date précise n’est encore avancée). Si l’expérimentation se déroule bien, une deuxième navette i-Cristal pourrait venir compléter ce dispositif à partir de 2020.

    Les taxis à la demande ZoéCab sont déjà testés par Renault et Transdev à Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen, mais sur voie dédiée. A Saclay, c’est un nouveau cas de figure, puisque le campus devrait les voir circuler au milieu du trafic (modeste) des bus, des voitures et des piétons (nombreux, par la force des choses).

    Les trois ZoéCab (puis 4) sont annoncées à l’automne 2019 sur un circuit d’une dizaine de kilomètres enregistré à l’avance, loin du concept de robot-taxi allant d’un point A à un point B : 15 points de rencontre à proximité des lieux les plus fréquentés. Elles peuvent atteindre 30 km/h et pour l’instant, ne peuvent pas dépasser un cycliste ou une personne qui marcherait sur le bord de la route. Un « superviseur de conduite » à bord, peut reprendre le commandement à tout moment, et effectuer ces dépassements. Mais c’est le passager qui donne le top départ en appuyant sur le bouton « Go », situé sur les places arrière de la voiture autonome (pas de passager autorisé à l’avant). Si besoin, la voiture s’arrête en route pour faire monter un autre passager effectuant tout ou partie du même trajet. Objectif, desservir finement le territoire du campus. Pour y accéder et commander une ZoéCab, il faudra passer par une application basée sur celle de Marcel, l’entreprise de VTC électrique rachetée par Renault.

    La suite de cette première étape de Paris-Saclay Autonomous Lab fait partie des expérimentations du projet SAM (Sécurité et acceptabilité de la conduite et de la mobilité autonome) retenues le 24 avril dernier par le gouvernement dans l’appel à projets « Expérimentation du véhicule routier autonome » (Evra) : lire ici notre précédent article.

    Infrastructure connectée et poste de commande centralisé

    Sur leur circuit, Les ZoéCab et les i-Cristal autonomes peuvent croiser trois feux connectés et 25 unités de bord de route : caméras classiques, thermiques et Lidar. Une infrastructure connectée pour que les véhicules autonomes aient une perception augmentée : par exemple, les feux de signalisation leur indiquent s’ils sont rouges ou verts. Objectif poursuivi : définir le niveau d’interaction nécessaire entre l’infrastructure et les véhicules autonomes.

    Les navettes comme les taxis autonomes sont supervisées depuis un même poste commandement centralisé (PCC) géré par Transdev. « L’opérateur peut arrêter la flotte ou un seul véhicule depuis cet écran, explique Michel Delhom, directeur technique chez Transdev. A gauche, il peut voir l’état des véhicules jusqu’aux capteurs et calculateurs embarqués ainsi qu’une vidéo de l’intérieur du véhicule autonome. A droite, superviser l’ensemble des infrastructures connectées et visualiser les obstacles sur la route », ajoute-t-il.

    Nathalie Arensonas

  • La Bretagne gagne le Grand Prix TER 2019

    La Bretagne gagne le Grand Prix TER 2019

    Ville, Rail & Transports a remis le 16 mai ses Grands Prix des Régions, lors d’une cérémonie organisée à l’Assemblée nationale. Le Grand Prix TER a été décerné cette année à la Bretagne pour sa politique globale des transports. Profitant de l’arrivée de la LGV, la région a en effet réussi à jouer sur la complémentarité des modes en renforçant l’accessibilité des territoires les plus éloignés. 

     

    Pari réussi. En accueillant la LGV en juillet 2017, la Bretagne a su remettre à plat son réseau TER pour en tirer un meilleur parti. Avec une donnée fondamentale en toile de fond : la Bretagne est une région péninsulaire et périphérique où les besoins de mobilité s’entendent sur la longue distance explique Gérard Lahellec, le vice-président régional communiste chargé des Transports.

    « Nous avons travaillé sur l’offre TER à partir de la mise en service de la LGV et cherché à privilégier les gains de temps pour les territoires les plus lointains », poursuit-il. Un exemple : à partir de Brest ou de Quimper, il n’y a plus d’arrêt intermédiaire entre Rennes et Paris. « Ainsi, plus on est loin, plus on va vite », explique l’élu. Conséquence, en juillet 2017, l’offre ferroviaire a globalement augmenté de 21 % (+10 % grâce aux TGV et +11 % pour les TER) comparé à la même période de l’année précédente.

    L’offre ferroviaire a globalement augmenté de 21 % entre juillet 2016 et juillet 2017.

    Selon Gérard Lahellec, « tout cela a constitué un véritable bouleversement. Tous les horaires de tous les trains ont changé. Nous avons joué à fond sur la complémentarité entre le TGV et le TER ». Il a fallu toutefois demander aux voyageurs de changer leurs habitudes. Cela n’a pas toujours été facile. « Nous avons continué à travailler pour faire au mieux pour les voyageurs. Je pense que nous avons réussi à régler 95 % des cas », affirme l’élu.

    La région cherche aussi à attirer les voyageurs occasionnels. Elle a lancé depuis trois ans la gamme « prix ronds », qui, selon elle, donne de bons résultats. Les résultats sont appréciables : le trafic TER a fait un bond de quasiment 10 % depuis juillet 2017. Le taux de régularité reste très élevé : 95 %.

    Pour favoriser l’intermodalité, de multiples chantiers ont été lancés dans ses gares et haltes pour les rendre plus accessibles et leur permettre d’accueillir d’autres modes. 11 pôles d’échanges multimodaux sont soit en chantier soit déjà rénovés. 60 millions d’euros ont été budgétés par la région. S’y ajoutent plus de 40 haltes TER où sont menés des travaux.

    Parmi les autres mesures engagées, la région, qui a récupéré la compétence du transport interurbain et du transport maritime interîles, travaille sur la billettique et sur un mode de distribution qui facilite l’achat des titres de transport. La carte KorriGo, qui regroupe les titres de paiement, permet aux autres collectivités qui le souhaitent d’adhérer à cette démarche de simplification. « La région joue son rôle et essaie de fédérer. La coopération entre les collectivités est aussi un peu le secret de la réussite », commente encore Gérard Lahellec.

    Reste toutefois maintenant à réussir la future convention TER avec la SNCF. Lorsque nous mettions sous presse, elle était encore en discussion mais la région s’attendait à la signer vers la fin avril. Particularité, la Bretagne ne prévoit pas de lots à ouvrir à la concurrence mais demande « un service maximum » et un engagement sur les recettes et non pas sur des économies. Un nouveau pari…

    Marie-Hélène Poingt

    Des prix thématiques ont également été décernés par un jury constitué de sept personnes (experts, représentants d’associations et journalistes de VRT). Voici les lauréats de cette édition :

    Notoriété : Bretagne 

    Innovation : Centre-Val de Loire

    Service routier : Grand Est 

    Offre intermodale : Provence-Alpes-Côte d’Azur

    Pôle d’échanges : Pays de la Loire

    Usagers : Nouvelle-Aquitaine

    Gare TER du futur : Pays de la Loire

    Train touristique : Grand Est

    Retrouvez le détail de ces prix dans le dernier numéro de Ville, Rail & Transports : ici.

  • La LOM sous les regards croisés de Dominique Bussereau et Gilles Savary

    La LOM sous les regards croisés de Dominique Bussereau et Gilles Savary

    Ils ont longtemps débattu dans nos colonnes des grandes questions de transport. L’un est de droite, l’autre de gauche, mais tous deux, grands connaisseurs des questions de transport et responsables exigeants, savent échanger sans s’affronter. Au moment où le projet de loi Mobilités était examiné au Sénat, Dominique Bussereau et Gilles Savary ont analysé le texte pour le Club VR&T. Inquiets du manque de moyens financiers, tous deux pointent des impasses sur les questions de gouvernance. Avertissements à lire avant que le texte n’arrive devant les députés, le 14 mai.

     

    Pour décortiquer la loi d’orientation sur les mobilités (LOM), le club VR&T avait convié deux incontournables experts : Dominique Bussereau et Gilles Savary. Le premier fut ministre des Transports (mais aussi de l’Agriculture et du Budget), préside aujourd’hui le département de Charente-Maritime et l’Assemblée des départements de France (ADF), le second est consultant, après avoir été député et eurodéputé, rapporteur à l’Assemblée nationale de la réforme ferroviaire de 2014 et vice-président de la commission Transports du Parlement européen. Tous deux estiment que le projet de LOM, dont l’élaboration était prometteuse, a subi de fâcheuses transformations. « Il a été émasculé par le Conseil d’Etat et beaucoup modifié à Matignon puis rogné par les “gilets jaunes“. Depuis novembre, beaucoup de ce qui était novateur a été supprimé pour ne pas apparaître comme une provocation, ce qui en diminue l’intérêt, je suis déçu par l’absence de moyens financiers », lance Dominique Bussereau en guise d’introduction, espérant que les discussions parlementaires feront évoluer le texte.

    « C’est une loi extrêmement importante », tempère Gilles Savary qui y voit un outil pour adapter les politiques de mobilités aux bouleversements des usages et à l’accélération des progrès techniques. « Il y aura forcément des retouches ultérieures, car la LOM apporte un début de régulation dans des domaines tout juste émergents promis à des développements que l’on ignore encore. La LOM, c’est la Loti de notre temps ! Il est injuste d’en minimiser la portée au prétexte qu’elle est passée de 200 articles fourre-tout à une cinquantaine, déjà très foisonnants ! »

    Elle poursuit surtout l’objectif de couvrir les 80 % de notre territoire qui n’en disposent pas, essentiellement les territoires ruraux, d’autorités organisatrices des mobilités (AOM). « La ministre a raison de dire que c’est en la matière “une loi de tous les possibles“, mais elle pourrait être aussi celle de toutes les démissions », prévient-il, en rappelant que l’Etat s’efface au profit du bon vouloir inégal des collectivités locales et des régions et que la crise des « gilets jaunes » a fait disparaître l’ensemble des dispositions pour financer ses ambitions.

    Le « Nirvana » départemental » de Dominique Bussereau

    A propos de la gouvernance : « En France, il y a deux types d’intercommunalités. Les historiques, et celles qu’au fil des ans, le gouvernement a promues en obligeant les communes à fusionner. Le résultat ? Certaines ont les moyens d’investir et d’autres, pourtant aussi grandes, disposent de petits budgets de fonctionnement et n’ont pas d’équipes d’ingénierie », constate Dominique Bussereau. Il s’interroge : « Comment vont-elles pouvoir organiser une offre de transport ? Je ne crois pas que les régions viendront à leur secours, elles n’en n’ont pas les moyens et on risque d’avoir des zones blanches de transport. » A l’opposé des objectifs de la loi mobilités.

    « Je partage cette analyse », reprend Gilles Savary qui rappelle que dans le rural profond, là où il y a le moins de mobilités organisées et innovantes, il est difficile de ne pas être prisonniers de l’autosolisme. « C’est cette disparité que la ministre des Transports veut combler, mais ce sera difficile. Car plus une communauté de communes est rurale, moins elle a de moyens techniques et financiers à la hauteur des enjeux. Certes les régions doivent s’y substituer par défaut, mais leurs budgets transports, comme leur expertise en matière de mobilités sont excessivement embolisées par le chemin de fer. » Elles y consacrent des financements énormes pour des projets pas toujours raisonnables : « Les TER, ce sont trois milliards de subventions pour 18 % des déplacements, en moyenne, sachant que tous les TER de province transportent moins de passagers que la seule ligne A du RER », rappelle Gilles Savary, avant de critiquer la faiblesse du projet de loi sur le périurbain. « C’est l’angle mort de la LOM… Pourtant, ce sont les déplacements périurbains qui posent le plus de problèmes socio-économiques et environnementaux et qui sont aussi les plus favorables à des réorientations très significatives des usages et des comportements de mobilités. Mais encore faut-il qu’on leur offre des solutions innovantes et que l’on libère les moyens de les mettre en œuvre. La LOM en donne la boîte à outils, mais sans mode d’emploi adapté au périurbain. Aujourd’hui par exemple, les emplois sont trustés par les métropoles qui bénéficient du versement transport, alors que les problèmes de déplacements domicile – travail se déportent en périphéries sans moyens ni coopérations suffisantes entre villes et campagnes pour y faire face ! », regrette-t-il.

    L’ex-député de Gironde déplore que l’Etat soit un « fantôme » : « Il n’est engagé sur rien et laisse la région définir les bassins de mobilité, dans un monde où les problèmes de transport domicile – travail deviennent intenables », déplore-t-il.

    Moquant gentiment le « Nirvana départemental » de Dominique Busserreau, Gilles Savary milite plutôt pour l’extension du périmètre des autorités organisatrices urbaines afin de régler l’angle mort du périurbain. « Si on veut gérer le périurbain, il faut que les élus ruraux et urbains débattent ensemble des problèmes et pour cela, l’autorité organisatrice de mobilité doit s’étendre au-delà du territoire de la seule métropole, de façon obligatoire, plaide-t-il. Aujourd’hui, le prix du foncier refoule les classes moyennes travailleuses à plus de 50 kilomètres des métropoles, là où les déplacements sont difficiles et la massification impossible. Et les agglomérations continuent de monopoliser le versement transport sans le moindre ruissellement périphérique, sauf dans les agglomérations qui se sont volontairement étendues à leur espace rural comme Reims ou Rouen, ou en Ile-de-France et à Lyon où la loi a réorganisé d’autorité l’AOM. Dans les périphéries le covoiturage le plus efficace envisageable, c’est le covoiturage de rabattement vers un parking de TER ou de gare routière. Encore faut-il que l’ensemble des autorités publiques concernées se mettent autour de la même table pour l’organiser. Idéalement, il faudrait un syndicat mixte, autorité organisatrice des mobilités rattachée à l’agglo, permettant de couvrir les territoires du grand périurbain. Ce serait un lieu de délibération entre élus, indispensable pour faire émerger des solutions “sur mesure“ pour chaque territoire, susceptibles de s’inscrire dans les contrats de mobilité introduits par les sénateurs dans la LOM. Sinon, je crains que tout ne soit financièrement siphonné par le coût considérable du chemin de fer qui n’irrigue qu’une petite part des territoires et des populations rurales ».

    Le ferroviaire, « un tropisme sain » ?

    L’ancien rapporteur de la réforme ferroviaire de 2014 met en cause l’attitude passée de la SNCF avec les régions. « La SNCF a réussi à faire discrètement un transfert de personnel dans la perspective de l’ouverture à la concurrence ferroviaire. Cette belle maison a profité de la naïveté des présidents de régions. Et comment expliquer que le matériel vendu par Alstom soit payé 30 % plus cher par les régions qu’à l’étranger ? », s’emporte-t-il. Sur la question des petites lignes et des gares : « Tout le monde pense que c’est facile de rouvrir des gares. Mais faire rouler des trains à vide, cela coûte très cher, par rapport à ce qu’on pourrait faire avec d’autres modes de transport plus légers et avec une meilleure rentabilité. Quand on finance une ligne de train, il faut calculer à combien de personnes l’on rend service et avec combien d’argent public. », rappelle Gilles Savary.

    Sur ce point, les deux comparses sont d’accord : « Il ne faut pas concentrer tous les moyens sur la SNCF, abonde Dominique Bussereau. Ces dernières années, les régions ont beaucoup investi dans le matériel, sans regarder de près les infrastructures. Certaines ont fait preuve de légèreté en achetant des AGC neufs qui circulent sur des voies lamentables. Pour gagner en coûts, on pourrait avoir des critères d’exploitation plus réduits et des exploitations en navettes, inventer des choses nouvelles, transférer la propriété du réseau ferré à des collectivités pour trouver des solutions intelligentes de gestion de l’infrastructure. »

    Sur l’ouverture à la concurrence : « Je regarde ce qui va se passer en région Sud. On peut faire baisser les coûts de 20 % pour les régions et regagner de l’argent sur des lignes en augmentant leur trafic », préconise Dominique Bussereau qui dit partager l’avis de Gilles Savary sur le coût trop élevé du matériel.« Les Rosco [rolling stock operating companies, NDLR] permettront de louer le matériel ferroviaire au lieu de l’acheter. Des facteurs de baisse des coûts arrivent sur le marché », ajoute l’ex-ministre des Transports. « Je ne vois pas comment les nouveaux entrants vont trouver une marge de différenciation, s’interroge Gilles Savary. Si l’on additionne le sac à dos social (légitime par ailleurs), un décret de transfert des personnels qui est un décret de dégraissage unilatéral de ses effectifs imposé par la SNCF aux nouveaux entrants, le marché de dix ans d’approvisionnement en matériel Alstom, la maintenance monopolisée par les technicentres SNCF financés par les régions et l’état très dégradé du réseau hors TGV, il n’y aura pas grand-chose à attendre de la concurrence, sauf à revenir très vite sur certains points de la réforme de 2018. Pourtant le chemin de fer a une dimension de service public irremplaçable et il existe des marges de manœuvre importantes pour faire baisser les coûts du train dans notre pays, encore faut-il en avoir la volonté et avoir le courage d’affronter tous les conservatismes politiques qui y font obstacle au détriment des usagers et des contribuables français. Il faut surtout être sélectif dans les investissements en fonction de leur impact socioterritorial. De ce point de vue la LOM ne manque pas de courage vis-à-vis des surenchères permanentes des élus locaux. »

    « Il existe un tropisme du ferroviaire en France, mais c’est un tropisme sain, lui répond Dominique Bussereau. Il ne faudrait pas faire la même erreur que certains pays qui ont détruit leur outil ferroviaire. Même si c’est coûteux, c’est un pari de service public et de développement durable. » Gilles Savary se dit « ravi que l’on relance le ferroviaire en France, car même si l’on développe des bus, on se heurtera à un problème de places en villes. Il faut mettre le paquet pour régénérer le ferroviaire, mais ce qui me fascine, c’est l’absence de rupture technologique. On faisait Saintes – Bordeaux en une heure, maintenant il faut 1 heure 20… Avec l’autoroute, qui prendra le train ? » « La situation actuelle est le résultat d’un sous-investissement sur le réseau ces 30 dernières années, admet Dominique Bussereau, mais je n’aime pas la facilité qui consiste à mettre cela sur le dos des LGV. Si on n’avait pas fait le choix de réaliser les axes Paris – Marseille, Paris – Bordeaux, ou vers le Nord et la Grande-Bretagne, il n’y aurait plus de SNCF. Le TGV a entraîné des dépenses, mais sans lui, il y aurait moins de TER sur les petites lignes. Ce n’était pas un mauvais choix. Il ne faut pas opposer le TGV aux transports de proximité, l’un et l’autre font partie de l’équation ferroviaire française », affirme Dominique Bussereau en conclusion du débat sur le « trop-plein ferroviaire ».

    « Le compte n’y est pas »

    La grande inconnue de la LOM, c’est le financement des ambitions affichées, d’autant que la crise des “gilets jaunes“ a signé la mort (provisoire ?) du péage urbain et de la vignette poids lourds. « Je reste convaincu qu’il n’y avait rien de mieux que l’écotaxe et le péage urbain, persiste Dominique Bussereau. Anne Hidalgo ne veut pas faire payer les banlieusards, mais je continue de penser que ce serait une bonne solution, en l’accompagnant d’une tarification sociale, comme pour les transports publics. La ressource carburant n’est pas la bonne solution, car lorsque Bercy se bat pour la non-affectation, il finit toujours par gagner et in fine le transport est victime de ce genre d’affectation fictive. On ne réglera pas les choses par une taxe sur le carburant, car cela équivaut à taxer un mode de transport, la voiture, qu’on souhaite réduire. Le seul outil intelligent, c’est l’écotaxe poids lourds. Cette ressource affectée aux infrastructures pourrait aussi l’être aux nouveaux périmètres des agglomérations semi-rurales. »

    « Sur le financement, le compte n’y est pas, abonde Gilles Savary. On a cru que la taxe carbone serait indolore parce que l’offre de pétrole serait abondante et les prix bas. Ces prévisions se sont montrées fausses et on a vu ce que cela avait donné. Je pense que le gouvernement va se diriger vers une TICP flottante pour éviter de réactiver la crise des “gilets jaunes“. L’écotaxe n’était pas si bien ficelée que ça, c’était une usine à gaz qu’on a eu peur de généraliser aux véhicules légers. Or, les meilleurs impôts ont une très large base et un très faible taux. Aujourd’hui l’Etat cherche à taxer les poids lourds… mais à rembourser discrètement les transporteurs français par un tour de passe-passe bureaucratique dont notre pays a le secret pour un rendement financier et environnemental finalement anecdotique. Ce qui pourrait donner lieu à des recours devant la Cour de Justice européenne pour discrimination.

    Le péage urbain serait une bonne solution, mais comment dire à ceux qui vont habiter à 50 km des centres-villes parce qu’ils n’ont plus les moyens d’y vivre, qu’ils doivent payer pour y entrer ? Il y a eu un avant et un après “gilets jaunes“. On entre dans une ère de plus grande tolérance politique vis-à-vis de la voiture périurbaine et rurale. C’est pourquoi il faut mettre le paquet sur la décarbonation des véhicules, le déploiement des prises de recharge haute puissance et des carburants alternatifs, le développement de voies autoroutières dédiées, le covoiturage pour qu’il y ait moins de voitures et l’amélioration de l’offre de transports publics. En ce sens, la LOM ouvre le champ des mobilités moderne à une foule de possibilités nouvelles. Mais ce qu’il manque au dispositif, c’est un Etat garant, pour éviter les inégalités territoriales. Aujourd’hui, le gouvernement est écartelé entre le peuple rural qui dit : “ les taxes, ça suffit“ et les urbains qui, urgence climatique oblige, attendent une révolution des comportements de déplacements par la coercition financière », énonce Gilles Savary. L’ancien député pense que « l’on peut concilier les deux par des aides directes aux déplacements sous conditions de ressources. Il faudrait laisser les entreprises payer le versement mobilité (VM) sous forme d’aides directes au salarié qui vient travailler le matin en ville et repart le soir en périphérie. » propose-t-il.

    Bassins de mobilité ou bassins politiques ?

    « Si j’étais (encore) parlementaire, je réintroduirais l’Etat parmi les parties prenantes », reprend Gilles Savary. « Il faut que les préfets aient leur mot à dire sur la définition des bassins de mobilité, de manière à éviter que ces derniers n’épousent les bassins politiques. L’idéal serait la fusion des départements et des EPCI, mais ce n’est pas possible, alors, ruraux et urbains doivent délibérer dans les mêmes assemblées sur ces sujets. Aujourd’hui, les métropoles puisent la richesse et le département assure les soins palliatifs, il faut casser ce jeu de rôles stérile dans la loi mobilités. », préconise Gilles Savary.

    Si la LOM est bien une boîte à outils, comme se plaît à le dire Elisabeth Borne, « l’épreuve de vérité sera la manière dont les régions vont s’en saisir, avec qui elles vont construire des contrats opérationnels de mobilité. Ce qui me préoccupe le plus, c’est que la crise des “gilets jaunes“ a percuté le problème de financement des infrastructures et qu’on se retrouve face à une équation difficilement soluble. », conclut Gilles Savary.

    Valérie Chrzavzez

  • RATP Dev renouvelé à Tucson et Charlotte

    RATP Dev renouvelé à Tucson et Charlotte

    Tucson, en Arizona, et Charlotte, en Caroline du Nord, viennent de renouveler les contrats d’exploitation des réseaux de transport confiés à RATP Dev.

    A Tucson, RATP Dev continuera à gérer les réseaux Sun Tran Fixed Route Bus (lignes de bus régulières), Sun Van ADA Paratransit (transport de personnes à mobilité réduite), et Sun Link Streetcar (tramway). RATP Dev gère le réseau de Tucson depuis 2013, après avoir mis en service le premier tramway de la ville. La durée du nouveau contrat est de cinq ans, suivie d’options de renouvellement supplémentaires de trois et deux ans.

    Charlotte Area Transit System (CATS), l’autorité organisatrice de mobilité de Charlotte, vient également de renouveler RATP Dev, pour l’exploitation et la maintenance de son réseau de bus. La durée de ce nouveau contrat est de trois ans, suivis de deux options de renouvellement supplémentaires d’une année. Depuis 2003, RATP Dev gère ce réseau de transport de 65 lignes, transportant 15 millions de voyageurs par an.

    RATP Dev, filiale du groupe RATP, transporte plus de 78 millions de passagers dans plus de 30 lieux à travers les Etats-Unis et compte plus de 6 000 collaborateurs.

  • Les Lyonnais pourront payer leurs transports sur smartphone et par carte bancaire

    Les Lyonnais pourront payer leurs transports sur smartphone et par carte bancaire

    Le Syndicat des transports de l’agglomération lyonnaise (Sytral) est en train de remettre à plat toute la billettique du réseau TCL : métro, tramway, trolleys, bus, funiculaire, Rhônexpress. « Nos distributeurs et valideurs datent des années 2000, ils sont à bout de souffle, le système n’avait pas été conçu pour absorber la volumétrie actuelle », décrit Jean Chaussade, directeur des Equipements et du Patrimoine du Sytral, l’autorité organisatrice des transports qui investit 50 millions d’euros dans le projet. Chaque jour, 1,7 million de voyages sont réalisés dans les transports en commun lyonnais (chiffres 2018).

    Premier acte, en octobre 2019 avec le déploiement du paiement sur smartphone pour les détenteurs d’Android, quel que soit leur opérateur de téléphonie. Les détenteurs d’iPhone attendront, la firme de Copertino n’ayant toujours pas ouvert la puce NFC de ses téléphones portables, sauf pour l’Apple Pay. Les voyageurs occasionnels pourront ainsi télécharger des billets à l’unité sur leurs mobiles. En 2018, les ventes à l’unité ont représenté 54 000 tickets sur le réseau TCL, contre 500 000 abonnements.

    Deuxième acte, en 2022 avec la généralisation de l’open payment, c’est-à-dire la possibilité de payer ses titres de transport avec une carte bancaire sans contact, à chaque passage (le tarif sera plafonné au prix du billet journalier en cas de passages multiples au cours de la même journée,  correspondances comprises). Le Sytral a lancé un appel d’offres en avril 2019 pour attribuer le marché en fin d’année.

    N. A.