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Catégorie : Politique des transports
Retrouvez toute l’actualité de la politique des transports: réglementation, législation, rapports d’élus, d’institutions et d’associations des transports

Des pistes pour soutenir le nouvel élan des trains de nuit
Le dernier rapport de Réseau Action Climat confirme un essor des trains de nuit et dresse des scénarios pour accélérer leur progression.
Après leur quasi-disparition, les trains de nuit jouissent d’un nouvel élan, chaque année depuis 2021. Mais leur succès reste freiné par le manque de trains disponibles et les travaux de nuit sur le réseau. Un changement d’échelle est possible selon le nouveau rapport de l’ONG Réseau Action Climat. La conférence de financement des infrastructures de transports, lancée le 5 mai dernier, constitue, selon elle, une opportunité pour que le train de nuit change d’échelle en France.
Avec plus d’un million de passagers transportés en France, l’année 2024 a permis d’établir un nouveau record de fréquentation, signe d’une forte demande pour ce mode de transport. La ligne entre Paris et Toulouse a attiré près de 100 000 passagers supplémentaires entre 2019 et 2024, soit une progression de 64 %. La clientèle des voyageurs professionnels a même enregistré une hausse de 30%.
Autre satisfaction : le taux de remplissage moyen des trains de nuit s’établit à 76% et même à plus de 80% sur les deux principales liaisons (Paris-Toulouse et Paris-Nice). Sur les deux seules lignes internationales (Paris-Vienne et Paris-Berlin), la fréquentation est également au rendez-vous, malgré de nombreux retards et une suppression de la circulation pendant trois mois en 2024.
Dépasser les 129 voitures actuelles
Réseau Action Climat relève que la relance des trains de nuit reste incomplète pour plusieurs raisons. Toutes les liaisons se font au départ de Paris et les connexions avec le reste de l’Europe sont quasi inexistantes. Surtout, des lignes sont saturées, par manque de voitures couchettes. Résultat : la commande de nouveau matériel, au-delà des 129 voitures actuelles, est indispensable.
Le rapport explore plusieurs « paliers d’expansion » afin de changer d’échelle. La mise en service de 340 voitures, permettrait de renouveler le matériel actuel et de rouvrir des lignes comme Paris-Barcelone ou Nice-Strasbourg. D’après ce scénario, transporter 3,6 millions de voyageurs et économiser 400 000 tonnes équivalent CO2 serait possible. Avec 600 voitures, le volume du parc suggéré par le rapport de référence du ministère des Transports, la relance de lignes comme Paris-Venise ou Bordeaux-Lyon serait envisageable. Ce scénario porterait le trafic à 5,8 millions de voyageurs pour une économise de 800 000 tonnes équivalent CO2.
Enfin, d’ici 2040, un troisième palier de 1200 voitures ouvrirait la voie à des lignes internationales sans passer par Paris (ex : Lyon-Rome, Nantes-Barcelone, Marseille-Londres). Le nombre de 12 millions de voyageurs pourrait être atteint et 2 millions de tonnes équivalent CO2 économisés.
« La conférence de financement des infrastructures de transports est une opportunité de sécuriser les financements pour construire un nouveau centre de maintenance, et pour porter le parc de nuit à 340 voitures au plus vite », note le rapport.
Eviter les correspondances à Paris
Enfin, l’ONG estime que le train de nuit est efficace pour desservir les zones enclavées comme Briançon et connecter les métropoles éloignées sans avoir à réaliser une correspondance à Paris (exemple avec le Bordeaux-Lyon). Sur les trajets internationaux, les six des dix principales liaisons aériennes vers l’Europe, pourraient se faire en train de nuit (Paris-Madrid, Paris-Barcelone, Paris-Milan, Paris-Rome, Nice-Londres, Paris-Venise) d’autant qu’en termes de pouvoir d’achat, les billets de train de nuit sont moins chers que leurs équivalents en TGV, sans compter les économies en nuit d’hôtel.

FlixTrain prépare son entrée dans la grande vitesse
En annonçant une commande de 65 nouveaux trains à grande vitesse, l’allemand FlixTrain dévoile ses ambitions en Europe. L’investissement s’élève à 2,4 milliards d’euros.
Opérateur de trains en Allemagne depuis 2018, le groupe Flix vient d’annoncer une commande de matériel d’un montant de 2,4 milliards d’euros dont 1 milliard « fermement engagé ». Elle comprend 65 nouveaux trains à grande vitesse européens. L’espagnol Talgo fournira des rames de type ICE L et des services de maintenance et l’allemand Siemens ses locomotives Vectron.
L’ICE L de Talgo a déjà été acheté par l’allemand DB dans le cadre d’un contrat de 100 trains, signé en 2019 et confirmé en 2023, présenté à l’époque comme le plus gros contrat de l’histoire pour l’espagnol. Les nouveaux trains Talgo de FlixTrain ont fait l’objet d’un développement spécifique. Ils rouleront à des vitesses allant jusqu’à 230 km/h. Ils comprendront un embarquement sans entrave « ce qui n’est actuellement disponible sur aucun train longue distance en Allemagne », des systèmes d’information des passagers et des solutions Wifi « de pointe », précise Flix,
Une croissance de 45% outre-Rhin
Equipé de ce matériel, Flix entend se positionner sur « l’énorme potentiel » de la grande vitesse en Allemagne et en Europe. Le marché devrait croître outre-Rhin de 45 % d’ici 2030, par rapport à 2021. En Europe, il représentait un chiffre d’affaires d’environ 27 milliards d’euros en 2023, avec une croissance annuelle attendue de 4 à 5 %.
En 2024, FlixTrain a déjà élargi son offre de 40 % pour une croissance « significative » du nombre de passagers (non communiqué par l’opérateur). Son réseau couvre 50 villes et dessert 650 destinations grâce aux connexions avec des trains régionaux. Avec ses autocars Flixbus, il propose 300 arrêts en Allemagne. L’ambition de Flix est de proposer une offre de voyages intermodaux longue distance de services de bus internationaux et de liaisons ferroviaires à grande vitesse.
Soutien du gouvernement
« Nous allons ouvrir une nouvelle ère du voyage en train en Allemagne et en Europe », promet André Schwämmlein, PDG du groupe, qui se satisfait du soutien du gouvernement allemand. « Il a compris l’importance d’un cadre favorable pour les services ferroviaires et que la mise en œuvre rapide de certaines mesures pourrait conduire à des investissements plus importants ». Pour le ministre fédéral des Transports Patrick Schnieder, le fait qu’une entreprise technologique allemande investisse à cette échelle représente « un signal fort pour le marché ferroviaire ».
Présente sur le réseau ferroviaire allemand depuis 2019. la compagnie n’a pour le moment déployé son offre à l’étranger qu’en Suède entre 2021 et 2024. Elle a cherché à s’implanter en France mais y a finalement renoncé en 2020 après étude du marché, notamment en raison du coût trop élevé des infrastructures. FlixBus est présent dans notre pays uniquement dans le transport passager par route, avec une flotte de 350 autocars en haute saison.

Grand Paris Express : Jean-François Monteils ne juge pas « impossible » que la ligne 18 ouvre avant la 15 Sud
Le calendrier de mise en service des premières lignes du métro automatique du Grand Paris Express est décidément extensible : la ligne 18 du Grand Paris Express va peut-être finir par doubler la 15, a indiqué, lors d’une rencontre ce matin avec des journalistes, Jean-François Monteils. Le président du directoire de la Société des grands projets (SGP, ex-Société du Grand Paris) a en effet jugé que cette hypothèse n’était « pas impossible ».

Section de viaduc de la ligne 18. ©Grand Paris Express L’entrée en service du premier tronçon de la ligne 18, qui desservira cinq stations sur le plateau de Saclay dans les Yvelines, est prévue entre octobre et décembre 2026, selon le rapport d’avancement publié le 22 mai dernier par la SGP. Tandis que l’ouverture aux voyageurs de la ligne 15 Sud, premier vrai tronçon du métro autour de Paris (Pont de Sèvres à Noisy-Champs), est calée au premier trimestre 2027, conformément aux conclusions des deux experts mandatés, Didier Bense et Yves Ramette. « Avec la possibilité de capturer les capacités d’optimisation », veut rassurer Jean-Francois Monteils. Comprendre : tenir le cap pour une inauguration fin 2026, comme annoncé avec fracas en début d’année. A cette date, sera-t-il encore aux commandes de la SGP ? Son mandat s’achève en mars 2026, et il se dit « ultra motivé » pour rempiler.
« Nous décidons de faire état des risques qui entourent le calendrier, mais nous sommes persuadés de pouvoir les maîtriser », insiste-t-il. Cette transparence dont se pare le patron de la SGP n’avait pas semblé convaincre Valérie Pécresse, à l’annonce en février dernier de l’ampleur des retards annoncés. « On nous interroge au trimestre près. Que sont quelques mois de retard sur un projet de cette ampleur ? Nous réalisons en 15 ans l’équivalent du métro historique de Paris qui s’est fait sur 100 ans », reprend-il.
Le nouveau calendrier du métro du Grand Paris prévoit également l’achèvement du premier tronçon de la ligne 16 (Saint-Denis Pleyel-Clichy-Montfermeil) au deuxième trimestre 2027, de même que celui de la 17 (Saint-Denis Pleyel-Le Bourget Aéroport).
« Argutie juridique »
Interrogé par ailleurs sur l’avis de la Direction des affaires juridiques de Bercy récemment rendu public dans le cadre de la conférence de financement des transports (dans l’atelier consacré aux Serm), qui juge que la SGP aurait dû être mise en concurrence sur les marchés d’études de ces RER métropolitains déjà signés avec 14 collectivités locales, et plus largement sur ses missions à venir de maîtrise d’ouvrage, Jean-François Monteils répond que cette « argutie juridique » est « une hypothèse », un faux problème » et que « tout dépend de la façon dont sera organisée localement la gouvernance des projets ». « Si c’est l’arme [des opposants aux Serm] qui cache la forêt, ce serait dommage » conclut-il.

Le fonctionnement des transports publics s’améliore en Ile-de-France malgré les grands chantiers
Le bilan dressé par la présidente d’Ile-de-France Mobilités et de ses deux principaux opérateurs, la RATP et la SNCF est globalement positif. Mais le trafic reste perturbé par des dizaines de chantiers et des points d’amélioration sont encore attendus.
L’occasion de voir Jean-Pierre Farandou et Jean Castex presque côte à côte alors que la succession du premier pourrait être confiée au second, valait à elle seule le déplacement à Saint-Ouen, pour la traditionnelle audition des opérateurs d’Ile-de-France Mobilités par l’autorité organisatrice des transports. Interrogé sur son intérêt supposé pour le poste de son collègue de la SNCF, Jean Castex s’est dit satisfait de son poste actuel. « Un journal m’avait promis l’enfer sous terre, je suis bien où je suis », a déclaré l’ex-Premier ministre. Jean-Pierre Farandou a juste commenté laconique qu’il n’était pas encore parti…
Ces quelques commentaires n’ont pas manqué d’amuser Valérie Pécresse, malgré la sensibilité du thème du jour : la qualité de service dans les transports franciliens. La présidente d’IDFM s’est déclarée globalement satisfaite de la prestation de ses deux opérateurs, la RATP et la SNCF. Elle s’est félicitée de la remontée des taux de régularité, de l’amélioration de la satisfaction client. Elle a bien sûr appelé à la vigilance sur certaines lignes, d’une fragilité réelle et pour lesquelles elle attend « une réaction rapide ». Avec plus de dix milliards d’euros mis sur la table d’ici à 2035, le renouvellement du matériel commandé et la modernisation du réseau va devenir une réalité, promet l’élue. « Nous avons saturé les usines d’Alstom », se réjouit-elle.
Valérie Pécresse a surtout souligné les deux sujets sur lesquels elle entend reprendre la main : la programmation des travaux et la communication et l’information des voyageurs sur lesquels « un cap doit être franchi », estime-t-elle.
Sur le premier point, l’ajustement des travaux en fonction du trafic peut, selon elle, être amélioré. La présidente de la région souhaite aussi une homogénéisation de l’information fournie aux voyageurs quand des incidents interviennent. « Ce sont encore des jeux de pistes qui ne sont plus acceptables », a-t-elle martelé, en réclamant plus de réactivité et une prise de parole plus fréquentes des contrôleurs.
La vidéo surveillance attend toujours le décret d’application
Côté RATP, Jean Castex « très en verve » selon Jean-Pierre Farandou, se satisfait lui aussi des progrès de régularité, face à une offre réhaussée, à l’exception de celle des bus, qui souffrent encore des difficultés de circulation. Il a confirmé l’augmentation très progressive de la circulation de métros, sur certaines lignes, le week-end et en soirée, comme l’a réclamée la présidente.
Le patron de la régie estime avoir pris la mesure des difficultés de recrutement de son groupe et tient une comptabilité des CV reçus (350 000 à ce jour) comme de celui des démissions. Le président Castex assure aussi continuer de lutter contre l’absentéisme et d’améliorer le présentéisme, selon le jargon RATP. Il s’est également réjoui de la signature par les partenaires sociaux des négociations annuelles obligatoires « même si elles ne sont pas aussi favorables que dans d’autres entreprises au regard du niveau de vie élevé en région parisienne ». Une réflexion qui n’a pas manqué de faire lever les yeux de Jean-Pierre Farandou de son téléphone.
Parmi les mesures qui permettent de limiter les retards, la prise en charge des malaises voyageurs sur le quai et non plus dans la rame, constitue selon l’opérateur un vrai changement de paradigme. La gestion des objets délaissés est toujours problématique malgré le renforcement d’équipes cynophiles. Enfin, le problème de l’utilisation de la vidéo surveillance reste entier tant que le décret d’application de la loi qui en permet l’utilisation n’est pas promulgué.
La SNCF mobilisée par des centaines de chantiers
Jean-Pierre Farandou a donc lui aussi dressé un bilan positif de l’activité en Ile de France, même si la régularité ne progresse que d’un point et que tous les problèmes du RER B notamment ne sont pas réglés. « Mais cranter ne serait-ce qu’un point, c’est beaucoup de travail », a rappelé le cheminot en chef pour qui l’Ile-de-France représente deux clients sur trois de la branche SNCF Voyageurs. Avec 3,5 millions de personnes à acheminer chaque jour, le réseau de Paris et sa banlieue représente le deuxième au monde derrière Tokyo mais devant Londres.
Le patron de la SNCF est aujourd’hui mobilisé par le suivi de grands travaux. Les interconnexions avec le Grand Paris Express représentent à elle seules huit chantiers. L’arrivée de nouveau matériel roulant entraine aussi l’adaptation de nombreux ouvrages, d’infrastructures, et la multiplication des chantiers de nuit, qui se comptent par centaines. Ils représentent une bonne partie des investissements du groupe ferroviaire. A ce sujet, la présidente de la région espère que la conférence de financement permettra de trouver le milliard et demi d’euros supplémentaire par an dont a tant besoin SNCF Réseau.

Une proposition de loi veut corriger les « impensés » de l’ouverture à la concurrence ferroviaire
Concilier l’attractivité du business ferroviaire, l’aménagement du territoire, l’entretien du réseau ferré. Une proposition de loi portée par le sénateur socialiste Olivier Jaquin vise à mieux « réguler l’ouverture à la concurrence ». Elle n’est pas encore déposée.
Sept ans après le vote de la loi sur le nouveau pacte ferroviaire en juin 2018, censée préparer le secteur, et la SNCF, à l’ouverture à la concurrence, certains observateurs estiment qu’il y a des « angles morts » et des « effets de bord » qu’il convient aujourd’hui de corriger. Dans le court moment où il fut ministre des Transports en 2024, le LR François Durovray avait considéré que c’était à l’Etat de refixer les règles du jeu de la concurrence et notamment, d’inciter les opérateurs à desservir des territoires qu’ils tendent à négliger pour des raisons évidentes de rentabilité.
Aujourd’hui, le sénateur PS de Meurthe-et-Moselle Olivier Jaquin, spécialiste du sujet, lui emboîte le pas et devrait déposer dans les prochaines semaines, ou prochains mois, une proposition de loi visant à réguler les effets de cette ouverture à la concurrence. En particulier sur le marché des lignes à grande vitesse. Mais pas seulement.
Olivier Jaquin avance une dizaine de propositions qui touchent aux obligations de service public, mais aussi au prix des péages, et donc des billets de train, et à la régulation de la Suge, le service de la sûreté ferroviaire.
« L’aménagement du territoire est l’un des impensés de la réforme ferroviaire de 2018 », juge le parlementaire qui s’exprimait mi-mai dans le cadre d’une conférence de la CFDT Cheminots sur le financement du rail, à laquelle participait également Jean-Pierre Farandou. Certaines propositions avaient déjà été esquissées, comme la modulation du tarif des péages ferroviaires, moins élevés lorsqu’il s’agit de dessertes d’aménagement du territoire. Avec des obligations de desserte et des conventions de dessertes signées avec les régions, notamment pour les bouts de lignes. En revanche, le parlementaire ne s’est pas avancé sur l’idée d’attribuer aux opérateurs des lots combinant lignes rentables et liaisons d’aménagement du territoire.
Fonds de concours à SNCF Réseau
Autre sujet qui ne pouvait que sonner favorablement aux oreilles du pdg la SNCF : la contribution de tous les transporteurs ferroviaires de voyageurs au « fonds de concours » qui finance SNCF Réseau pour l’aider à entretenir les installations ferroviaires. Ce fonds est abondé par SNCF Voyageurs mais avec l’arrivée de la concurrence, ce cercle vertueux instauré par la loi de 2018 (l’argent du ferroviaire reste dans le ferroviaire), pose question. SNCF Voyageurs y reverse une partie de ses bénéfices, pas ses concurrents. Après une contribution d’1,7 milliard d’euros en 2024, elle devrait se porter à 1,5 milliard d’euros cette année et rester à ces niveaux jusqu’en 2028. Olivier Jaquin propose de contraindre l’ensemble des opérateurs qui font circuler leurs trains de voyageurs à verser leur obole dans le « fonds de concours ».
Autre proposition, le plafonnement du prix des billets de train. Mais comme ils sont corrélés au prix des péages ferroviaires (à hauteur de 40%), Olivier Jaquin, qui porte la croix de Ségolène Royal (dixit), invite l’Etat à avoir le courage de l’écotaxe poids lourds et d’en flécher une partie vers le rail. En 2013, face à la fronde des Gilets rouges, l’ancienne ministre de la Transition écologique avait cédé et la taxe sur les camions de plus de 35 tonnes a été abandonnée. Selon Jean-Pierre Farandou, l’écotaxe poids lourds pourrait rapporter 4 à 5 milliards par an, « on en prendrait un pour le rail« , évalue l’ex-futur pdg de la SNCF qui « espère que Dominique Bussereau [il préside l’actuelle conférence de financement des transports] aura l’audace de la relancer« .

Paris, élue meilleure ville européenne pour la mobilité des enfants
Paris, ville des enfants ? Un récent classement établi par le collectif d’ONG Clean Cities sacre la capitale meilleure ville européenne pour la mobilité des enfants. Devant Amsterdam et Anvers.
Expérimentées au moment du déconfinement post Covid pour respecter la distanciation physique et par la même occasion, lutter contre la pollution et sécuriser les trajets des enfants vers les établissements scolaires, les « rues aux écoles » se sont multipliées dans la capitale. Elle en compte plus de 200 aujourd’hui et les équipes d’Anne Hidalgo comptent en aménager 300 d’ici à 2026, l’année des élections municipales.
822 km de pistes cyclables sécurisées
Mais ce n’est pas seulement pour ces aménagements qui limitent la circulation automobile et favorisent la marche et le vélo chez les enfants que la capitale se hisse sur la première marche du podium des villes les mieux adaptées à la mobilité des moins de 12 ans. Les 822 km de pistes cyclables sécurisées sur lesquels les enfants (et les cyclistes en général) se sentent plus en sécurité, ont incité Clean Cities à élire Paris au premier rang des villes européennes pour la mobilité des enfants, dans son classement dévoilé mi-mai. Juste devant Heksinki, en Finlande.
Autre mesure saluée par le collectif d’ONG dont Transport & Environnement et Réseau Action Climat, la limitation de la vitesse maximale autorisée à 30 km/h. Une mesure qui a du mal à être respectée mais qui concerne une grande partie des axes parisiens et a la mérite de réduire « à la fois la pollution et les accidents, et qui fait consensus auprès de l’ensemble des villes l’ayant adopté », selon Clean Cities. Avec 89 % des ses rues concernées, Paris se classe à nouveau en tête du classement. Lyon s’installe à la cinquième place.
Dans un précédent classement dévoilé juste avant la votation citoyenne de mars 2025 à laquelle les Parisiens étaient appelés à se prononcer sur la piétonisation et la végétalisation de 500 nouvelles rues, Clean Cities estimait en revanche que la capitale est encore en retard sur la marche et les espaces verts.

Grand Prix des Régions 2025 : les lauréats.
La cérémonie de remise des Grands Prix des Régions s’est tenue le 15 mai à l’Espace Saint-Martin à Paris. Elle a été précédée par une table ronde ayant pour thème la transformation du paysage ferroviaire régional avec l’ouverture à la concurrence. Elle a donné lieu à d’intéressants échanges entre les principaux acteurs du secteur et mis en lumière l’accélération de l’ouverture à la concurrence du marché.
Le Grand Prix TER a été remporté par la Nouvelle-Aquitaine pour ses efforts en faveur du report modal et plus particulièrement sa démarche visant à cadencer la fréquence de ses trains (lire ci-contre). Sept prix thématiques ont également récompensé des régions pour leurs politiques en faveur des transports publics. Le jury mis en place par VRT a eu la délicate mission de trancher entre de nombreuses initiatives particulièrement intéressantes que nous avons présentées dans notre numéro de mai. Il s’est montré particulièrement sensible aux politiques d’accroissement de l’offre, d’intermodalité et de simplification de l’usage. Un Grand Prix du Tourisme Ferroviaire a également été décerné par l’Unecto, la fédération des chemins de fer touristiques et des musées à caractère ferroviaire de France, dont l’objectif est notamment de promouvoir la filière.
La cérémonie s’est achevée avec un moment convivial au cours du cocktail qui a suivi.

GRAND PRIX TER
DÉCERNÉ À LA RÉGION NOUVELLE AQUITAINE
Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué SNCF
Voyageurs a remis le Grand Prix
à Didier Duchier, directeur général adjoint en charge
des mobilités pour la région Nouvelle-Aquitaine.La Nouvelle-Aquitaine remporte le Grand Prix TER
La Nouvelle-Aquitaine s’est vue décerner le 15 mai à Paris le Grand Prix des Régions. Le jury a particulièrement apprécié la démarche baptisée Optim’TER pour cadencer les trains.
La démarche Optim’TER a été lancée avec SNCF Voyageurs pour améliorer les dessertes et proposer des horaires plus adaptés aux besoins de mobilité, que ce soit pour des déplacements domicile-travail, domicile-étude ou occasionnels.
De 2020 à 2024, un travail de fond a ainsi été mené pour optimiser les moyens existants en programmant plus de fréquences, plus de correspondances et des horaires plus pratiques. La région a cherché à catégoriser les trains en fonction de leur trafic avec l’objectif qu’il n’y ait jamais un « trou » de desserte de plus de deux heures.
De nouvelles circulations ont été créées, notamment depuis le 15 décembre dernier sur certaines lignes régionales et sur celles des RER métropolitain et basco-landais. « Nous avons augmenté l’offre de près de 14 % en l’espace de trois ou quatre ans. Il n’y a pas eu de grand soir mais un travail régulier pour combler les trous d’offres », souligne Renaud Lagrave, le vice-président chargé des transports de la région.
La feuille de route du RER métropolitain 2018-2028 prévoit une densification de l’offre ferroviaire pour atteindre à terme une fréquence systématique à la demi-heure. Pour faire face à l’affluence, la région a aussi engagé un programme de rénovation des trains, ainsi que l’achat de 18 rames neuves Régiolis et Regio2N et la location de rames en renfort.
Les premières rames Regiolis devaient être mises en circulation dès avril 2025 à raison de deux rames par mois. Les Régio2N seront quant à eux livrés à partir d’avril 2026.
Les premières rames TER rénovées ont été inaugurées le 7 février au Technicentre Industriel Charente Périgord à Périgueux. D’ici à 2030, 62 rames – des AGC comme Autorail grande capacité, âgées d’une vingtaine d’années – vont bénéficier du programme OPTER de révision et de rénovation, financé pour près de 180 millions d’euros par la Nouvelle-Aquitaine.Selon Renaud Lagrave, les résultats de cette politique d’offre, ainsi que les nouvelles rames, le billet unique avec Modalis ou encore l’intermodalité assurée avec les transports urbains et interrégionaux produisent des effets visibles : la fréquentation des trains a augmenté de 16 % en cinq ans. « Les trains sont de plus en plus pleins mais en pleine journée. Plus on ajoute d’offre, plus il y a d’usagers », conclut l’élu régional.
PRIX SERVICE ROUTIER
DÉCERNÉ À LA RÉGION NORMANDIE
Pour les navettes D-Day en Normandie
Frédéric Demarquette a remis le prix à Cécile Rémy Bastit, conseillère régionale Normandie.
PRIX GARE DE L’ANNÉE
DÉCERNÉ À LA RÉGION NOUVELLE-AQUITAINE ET SNCF GARES & CONNEXIONS
Pour la cure de jouvence réussie pour la gare d’Agen
Renaud Lagrave, vice-président en charge des mobilités pour la région Nouvelle-Aquitaine et Eliane Barbosa, directrice exécutive des gares parisiennes et régionales à SNCF Gares & Connexions, ont reçu ce prix.
PRIX NOTORIÉTÉ
DÉCERNÉ À CENTRE-VAL DE LOIRE
Pour le guide touristique Remi
Remis par Frédéric Demarquette à Philippe Fournié, vice-président de la région Centre-Val de Loire délégué aux mobilités, aux transports et aux intermodalités.
PRIX DÉVELOPPEMENT DURABLE
DÉCERNÉ À LA RÉGION BRETAGNE
Pour le renfort d’offres TER de l’étoile rennaise
Antonin Roques, directeur d’offres, responsable du développement ferroviaire chez RATP Dev a remis le prix à Marie Lecuit-Proust, directrice générale adjointe Mer, canaux, mobilités à la région Bretagne et à Caroline Kehr, chargée des relations externes et de la concertation Pôle Concertation, Animation, Usagers (POLCAU)
PRIX PÔLE D’ÉCHANGES
DÉCERNÉ À LA RÉGION SUD
Pour la nouvelle gare SNCF à Cagnes-sur-Mer
Eliane Barbosa, directrice exécutive des gares parisiennes et régionales à SNCF Gares & Connexions a remis le prix à Jean-Pierre Serrus, vice-président en charge des transports et de la mobilité durable à la région Sud.
PRIX INNOVATION
DÉCERNÉ À LA NOUVELLE-AQUITAINE ET L’OCCITANIE
Qui lèvent 1,1 milliard pour la gestion et l’achat de trains dans leur SPL
Pascal Lemonnier, directeur commercial transport France a remis le prix à Renaud Lagrave, vice-président en charge des mobilités pour la région Nouvelle-Aquitaine et David Taupiac, député de la 1ère circonscription du Gers, conseiller régional, région Occitanie.
PRIX OFFRE INTERMODALE
DÉCERNÉ À LA RÉGION SUD
qui s’entend avec la métropole de Nice pour faciliter l’accès aux transports publics
Remis par Edouard Henaut, directeur général France de Transdev, à Jean-Pierre Serrus, vice-président en charge des transports et de la mobilité durable à la Région Sud.
PRIX UNECTO DU TRAIN TOURISTIQUE
DÉCERNÉ À LA RÉGION GRAND-EST
Avec association pour la restauration des forts d’Uxegney et de la place d’Epinal (AFURPE)
Remis par Dominique Bussereau, administrateur de l’Unecto et Claude Steinmetz, président de l’Unecto à David Valence, président de la commission Transport, déplacement et infrastructure, région Grand Est et Pascal Durand, président de l’Association pour la Restauration des Forts d’Uxegney et de la Place d’Epinal (AFURPE).
L’Association pour la Restauration du Fort d’Uxegney et de la Place d’Epinal (AFURPE) œuvre depuis 1989 pour la remise en état d’ouvrages dans la région d’Epinal.
Après le départ des militaires dans les années 60, le fort d’Uxegney est abandonné. L’association a débuté les travaux de remise en état du site d’Uxegney dans les années 1990. Après de gros travaux de nettoyage et de recherche, les pièces d’artillerie retrouvent leur place. Les locaux de vie et de casernement sont restaurés. Le Fort d’Uxegney a été construit de 1882 à 1884 dans le cadre de la constitution de la place forte d’Epinal. Son implantation permettait la protection de la ligne ferroviaire Epinal Mirecourt.Du fait des progrès de l’artillerie, le fort fut modifié de 1910 à 1914. Durant la première guerre mondiale, les pièces d’artillerie sont transférées vers les forts du front. Le site est prévu pour accueillir des militaires en cas de repli et pour stocker des munitions. Durant le conflit de 39-45, le site conserve cette fonction d’appui et les forces d’occupation laissent le fort intact. Puis, l’armée française quitte le site dans les années 1960.
En complément de la restauration du Fort d’Uxegney, l’AFURPE procède à la restauration du Fort de Bois l’Abbé se trouvant à proximité. Sur le second site, les visiteurs peuvent découvrir les évolutions de la conception des forts. Lors de la construction de la Place fortifiée d’Epinal, un réseau de 120 kilomètres de voies ferrées (écartement de 60 cm) avait été construit et permettait les transports de munitions et de marchandises entre les forts.
En 2009 après 18 ans de travaux, l’AFURPE a remis en service la voie ferrée de liaison entre les deux forts afin de permettre la visite des deux sites. Cette nouvelle activité ferroviaire permet la circulation des trains transportant des voyageurs en traction diesel ou vapeur. Le Train des Forts est membre de l’UNECTO et accueillera son congrès annuel en novembre prochain.
ILS ONT DIT
Eliane Barbosa, directrice exécutive des gares régionales & parisiennes chez SNCF Gares & Connexions, lors de la remise du Prix Gare de l’année…
La gare d’Agen a reçu le prix de la « gare de l’année », récompensant un chantier « complexe et sur lequel Gares & Connexions a travaillé avec la Ville et la Région », indique Éliane Barbosa.
« Il s’agissait de re-toiletter une vieille dame de plus de 150 ans, la Grande Halle voyageurs, en travaillant à 7 mètres de hauteur, tout en maintenant l’exploitation de la gare qui accueille 4 000 voyageurs par jour ».
Gares & Connexions a investi 9 millions d’euros dans ce projet, en parallèle des 40 millions d’euros annuels engagés par la Région pour régénérer son patrimoine ferroviaire.…puis lors de la remise du Prix Pôle d’échange intermodal à la gare de Cagnes-sur-Mer
« Depuis 2019, Gares & Connexions n’a pas arrêté de transformer cette gare », souligne Eliane Barbosa.
Tout a commencé par la création d’un parking-relais, puis d’une gare routière, avant l’aménagement d’un parvis végétalisé de 2 000 m². Mais l’évolution majeure reste la reconstruction complète de la gare, qui a été « désenclavée du viaduc » et repensée pour devenir plus intermodale.
Un nouveau bâtiment voyageurs plus accueillant a été créé, intégrant des services et un espace de vente. Des travaux sont en cours pour rendre l’ensemble pleinement accessible, notamment les quais. « Tout cela n’aurait pas été possible sans le financement de l’Union européenne, de l’État, de la région, de la métropole et du département », ajoute-t-elle.Pascal Lemonnier, directeur commercial Transport France d’EGIS pour le Prix Innovation
« L’innovation constitue le cœur de notre métier d’ingénieriste, rappelle Pascal Lemonnier, directeur commercial Transport France d’Egis. Le groupe consacre chaque année 75 millions d’euros à la recherche et développement, avec une volonté très forte d’accompagner les territoires, les collectivités locales et l’État dans la mise en œuvre de solutions innovantes. Ces innovations visent autant la transition digitale que la transition climatique, tout en préparant les transports de demain ».
Édouard Hénaut, directeur général France, Transdev pour le Prix Offre intermodale
« En tant qu’opérateur et acteur des mobilités du quotidien sur les territoires, notre premier souci, c’est la simplicité du voyage pour l’usager : passer d’un mode à l’autre le plus simplement et efficacement possible.
C’est ce que nous avons mis en œuvre sur la ligne régulière intermodale Caen–Valognes, où nous avons multiplié par huit la fréquentation », explique Édouard Hénaut.
Le dirigeant souligne que l’intermodalité englobe les cars express, les lignes régulières, le transport à la demande ou encore l’autopartage.
« Ce qui est important, c’est de comprendre la demande de l’usager, de s’aligner sur ses besoins et de créer l’offre nécessaire, en développant un service de qualité », insiste-t-il.Antonin Roques, directeur d’offres, responsable du développement ferroviaire chez RATP Dev pour le Prix Développement durable
« Le transport ferroviaire contribue au développement durable et permet de décarboner massivement la mobilité. Les régions doivent prendre ce sujet à bras-le-corps pour renforcer l’offre. Pas seulement durant les heures de pointe, mais aussi tout au long de la journée. Cette approche globale permet de conquérir durablement les voyageurs et peut les inciter à délaisser la voiture. »
Jean-Aimé Mougenot, Directeur TER délégué, SNCF Voyageurs pour la remise du Grand Prix TER
« C’est l’occasion de saluer les efforts réalisés en matière de report modal.
La région Nouvelle-Aquitaine a enregistré une hausse de fréquentation de 30 %, dans la moyenne des régions, et surtout de plus de 60 % sur les huit dernières années grâce au programme Optim’TER.
C’est une approche pragmatique qui a été valorisée, et pour laquelle SNCF Voyageurs a apporté son appui technique afin de maîtriser les coûts. »
David Valence reconduit à la présidence du Conseil d’orientation des infrastructures
Alors que la conférence sur le financement des transports est lancée aujourd’hui à Marseille par le Premier ministre, le gouvernement redonne une impulsion au Conseil d’orientation des infrastructures en nommant ses membres. Des nominations attendues depuis un an puisque le précédent bureau avait été désigné en janvier 2021 pour un mandat de trois ans.
David Valence, président de la commission « Transports, Mobilités et Infrastructures » du conseil régional Grand Est, reste président pour un nouveau mandat de trois ans. Il continuera donc d’animer cette structure, entérinée par la loi d’orientation des mobilités (LOM) et dont la mission est de formuler des propositions d’investissements dans les transports et sur leurs financements.
Huit autres personnes sont désignées « en raison de leurs compétences en matière de transport et de mobilité, d’évaluation économique, d’aménagement du territoire, d’environnement et de financement public« , comme le rappelle l’arrêté du 3 mai publié au journal Officiel. Parmi elles, Alain Grizaud, président de la fédération nationale des travaux publics, est nommé vice-président.
Deux autres personnalités intègrent le COI « en raison de leurs compétences en matière de politiques européennes, avec voix consultative » : les députées européennes Isabelle Le Callennec (PPE) et Fabienne Keller (Renew Europe).

Conférence de financement des transports : la « dette grise » en débat
Le rendez-vous est donné à la préfecture de Marseille lundi 5 mai à tous les participants de la conférence de financement des mobilités. L’ouverture officielle d’Ambition France Transports se déroulera quelques heures plus tard, dans l’après-midi, toujours à Marseille, animée par François Bayrou, entouré de plusieurs de ses ministres du Transport, de l’Aménagement du territoire et du Budget. Le chef du gouvernement va rappeler que la priorité de l’action gouvernementale est de trouver les moyens de « réduire la fracture territoriale ». Le point de départ de la conférence est le constat d’une inadéquation entre les besoins de mobilités et les capacités de leur financement.
Le message de Matignon est clair, l’objectif n’est pas de revenir sur des arbitrages déjà faits, ni sur les engagements pris, mais de trouver des solutions pour les honorer. La priorité sera clairement donnée à la régénération des réseaux existants pour éviter leur vieillissement et leur dégradation. Autre thème brûlant qui sera au centre de l’un des quatre ateliers : l’avenir des concessions autoroutières. « La conférence sera l’occasion de reposer les bases d’un système robuste et pérenne, en tenant compte de la fin de concession, et d’envisager les alternatives possibles au financement de la route », confirme Matignon.
Le gouvernement promet d’arriver à Marseille avec un ensemble de données inédites, récoltées auprès des différentes directions et ministères, pour être sûrs de partir sur de bonnes bases, et disposer d’un diagnostic commun. Les travaux seront partagés entre quatre ateliers réunissant une quinzaine d’experts, d’élus, de fédérations professionnelles, d’associations d’usagers.
Le 20 mai, une réunion se tiendra au Conseil économique et sociale, le Cese, avec plusieurs « oubliés » de la manifestation : les syndicats et des représentants de la société civile et certaines associations, comme celle du vélo. Le 26 mai, c’est au ministère de l’Economie et des finances « le cœur du réacteur », que les débats se poursuivront avant un dernière rendez-vous au ministère des Transports, le 23 juin.
Début juillet, un séminaire de convergence devra permettre d’enclencher une dynamique commune, de ré-aligner les briques et de préparer des scénarios de financement. Ce rapport de synthèse devrait se présenter comme une matrice prenant en compte d’un côté une stratégie nationale bas carbone, au sein de laquelle le transport passe pour le dernier de la classe, et de l’autre, un cadre budgétaire contraint.
« Encore une fois, l’idée n’est pas de passer en revue les grands projets, mais d’aborder la problématique dans son ensemble. L’idée n’est pas non plus de lancer de nouveaux projets quand nous ne savons pas comment financer ceux qui sont déjà lancés », rappelle le gouvernement. En clair, la conférence doit répondre à la question, comment financer le panier de grands projets déjà lancés, ce que Bercy appelle la « dette grise ».

Plus de métro à Paris la nuit et le week-end
La hausse de la fréquentation du métro, en soirée et en fin de semaine se fait fortement sentir en Ile-de-France. Une étude a même démontré qu’elle était supérieure de plus de 20% par rapport à 2019. Après un premier renfort initié en mars sur la ligne 12, avec une augmentation des fréquences de +4%, la mesure va s’étendre aux lignes 5, 9 et 12, au cours des semaines prochaines.
La 5 et la 9 vont voir leur offre progresser de 5% à 8%, les dimanche à partir de mai et les samedi dès le mois de juin. La ligne 9 va également proposer le samedi après-midi des fréquences supplémentaires « sur une plage étendue« .
En semaine, la ligne 5 sera renforcée à partir d’octobre 2025 après 18h. Sur la ligne 11, plus de trains pourraient circuler le week-end dès la rentrée 2025. Par ailleurs, une étude sur les lignes 2, 3, 7 et 8 pourrait aboutir à plus de trains à horizon 2026.
La réserve de conducteurs pérennisée
Par ailleurs, Ile-de-France Mobilités a voté lors de son conseil d’administration d’avril la pérennisation de plusieurs mesures mises en place durant les JO Paris 2024. L’autorité francilienne a ainsi décidé du maintien d’un effectif important de conducteurs, notamment sur les lignes 6 et 8, et pour la desserte de sites événementiels comme l’Aréna Bercy (Ligne 6), ou le Stade de France (Ligne 13).
Côté Transilien, la réserve de conducteurs mobilisée pendant les J0 va être renforcée d’ici courant 2026 avec l’intégration des vingt conducteurs supplémentaires qui conduisent déjà sur d’autres lignes du réseau.
Renforcement de la vidéoprotection
La décision a aussi été entérinée de renforcer le nombre de régulateurs de flux à la gare du Nord et à Châtelet-les-Halles sur le RER B. Une équipe de maintenance supplémentaire d’intervention mixte signalisation-voie va être ajoutée à Necker, afin de prendre en charge les pannes survenant à la reprise d’exploitation du métro.
De son côté, SNCF Réseau s’est engagé à pérenniser un centre de supervision en Île-de-France pour analyser de manière systématique et opérationnelle les alertes remontées par les capteurs prédictifs de vidéoprotection aux heures de pointe, pour mieux sécuriser les infrastructures du réseau.
Enfin, Transilien SNCF Voyageurs augmentera ses stocks de pièces sensibles dans ses technicentres.