Catégorie : Politique des transports

Retrouvez toute l’actualité de la politique des transports: réglementation, législation, rapports d’élus, d’institutions et d’associations des transports

  • Elus et professionnels réclament la nomination d’un ministre des Transports

    Elus et professionnels réclament la nomination d’un ministre des Transports

    Depuis la démission du gouvernement Borne et l’arrivée à Matignon le 9 janvier de Gabriel Attal, c’est l’attente parmi les professionnels du transport public et les élus chargés de ces questions : qui sera le(la) prochain(e) ministre des Transports?

    La déception est perceptible : si le ministre de tutelle, Christophe Béchu, est maintenu au ministère de la Transition écologique (mais sans l’énergie qui passe désormais dans le giron du patron de Bercy, Bruno Lemaire), les transports ne sont pas représentés pour le moment au sein du nouveau gouvernement et ses 14 ministres aux compétences très larges. Et la lutte contre le réchauffement climatique n’apparaît plus en première ligne dans le discours politique. Or, les transports sont responsables de 30 % des émissions de gaz à effet de serre…

    Du côté des associations de défense de l’environnement, on s’inquiète d’un amoindrissement des compétences de l’Hôtel de Roquelaure, tout en notant un « point positif : le maintien de la planification écologique à Matignon« .

    Dans un communiqué du 16 janvier, le Groupement des autorités responsables des transports réclame la nomination d’un « ministre de plein exercice » en rappelant que « la mobilité est un enjeu du quotidien et se déplacer une nécessité pour tous nos concitoyens« . Selon le Gart, « l’absence d’un ministre dédié pour les Transports témoignerait d’une contradiction avec les objectifs affichés, alors même que les défis à relever restent considérables : consolidation du modèle économique des transports publics, accompagnement du verdissement des flottes de bus et de cars, mise en service des réseaux express régionaux métropolitains (SERM), concrétisation du titre unique… »

    Même demande du côté de l’UTP, pour qui le rôle d’un(e) ministre des Transports  « sera déterminant pour mettre en œuvre l’objectif de report modal fixé par le président de la République dans le cadre de la planification écologique et garantir l’accroissement indispensable de l’offre de transport public urbain et de transport ferroviaire de voyageurs et de marchandises sur tout le territoire. A plus court terme, son rôle sera aussi décisif pour contribuer au succès des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024« .

    L’histoire semble se répéter :  la nomination de Clément Beaune au poste de ministre délégué aux Transports (jusqu’ici non reconduit), n’était intervenue que le 4 juillet 2022, soit plus de deux mois après la ré-élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Avec, à l’époque, la même consternation face au peu d’intérêt du pouvoir politique pour le transport public…

    MH P

     

     

  • Valérie Pécresse demande le rétablissement total de l’offre de transport public pour mars

    Valérie Pécresse demande le rétablissement total de l’offre de transport public pour mars

    « L’urgence absolue, c’est de rétablir la qualité de service demandée par IDFM« , a lancé le 16 janvier, lors des voeux d’IDFM, Valérie Pécresse aux opérateurs de transport. Selon la présidente d’Ile-de-France Mobilités, « le rétablissement promis pour 2023 se fait toujours attendre« . Et l’élue de demander le rétablissement de 100 % de l’offre de transport dès le mois de mars.

    Un objectif irréalisable selon plusieurs représentants de transporteurs réunis pour les voeux. « réaliser 100 % d’offre, ça n’existe pas« , tranche l’un d’eux.

    Valérie Pécresse vise plus précisément cinq lignes de métro (les lignes 3, 6, 8, 12 et 13, sous les 85 % de régularité en novembre) , ainsi que trois lignes de RER (les RER B, C et D, tournant autour de 80 % de régularité). Et pointe le manque de conducteurs comme cause principale côté métro. »Si la question du manque de conducteurs était réglée, nous serions à plus de 90 % de régularité sur toutes les lignes de métro« , commente la présidente de région, critiquant notamment l’absentéisme des agents.

    Elle exige aussi un redressement rapide de l’offre sur le RER B et la mise en oeuvre du rapport Ramette, remis l’automne dernier, et qui prône 14 mesures, dont la mise en place d’un centre de commandement unique pour en finir avec l’engorgement du tunnel reliant Châtelet à la gare du Nord. Si les problèmes ne cessent pas sur cette ligne exploitée conjointement par la RATP et la SNCF, « je n’aurai pas d’autre choix que de demander la création d’une société unique de gestion de la ligne« , menace-t-elle…

    MH P

     

  • Strasbourg remporte le Pass d’or du Palmarès des Mobilités 2023

    Strasbourg remporte le Pass d’or du Palmarès des Mobilités 2023

    Le 32e Palmarès des Mobilités a eu lieu le 5 décembre à l’espace Saint-Martin dans le 3e arrondissement de Paris. Après une conférence s’interrogeant sur les conséquences du dérèglement climatique et la nécessité d’inventer un nouveau contrat social pour nos déplacements, puis la tenue de deux ateliers d’experts, les différents prix de ce Palmarès 2023 ont été remis aux collectivités qui ont particulièrement innové ces derniers mois en faveur des transports collectifs. La soirée s’est conclue autour d’un verre de l’amitié.

    Pass d’or

    Eurométropole de Strasbourg

    Remettant : Frédéric Demarquette, directeur général adjoint, VRT (à droite). Alain Jund, vice-président Transports, (au centre avec une écharpe verte), à sa gauche Pierre Des Roseaux (Eurométropole de Strasbourg) et sa droite Emmanuel Auneau (Compagnie des transports du Bas-Rhin).

    Pass d’argent

    Métropole de Toulouse

    Remettant : Annelise Avril, directrice générale France, Grands réseaux urbains, Keolis. Jean-Michel Lattes, vice-président de Toulouse Métropole et président du SMTC Tisséo.

    Pass de bronze

    Métropole de Lyon

    Vincent Monot, président de la commission. déplacements et voirie de la Métropole de Lyon.

    Prix Spécial du jury

    Angers Loire Métropole

    Jacques-Olivier Martin, Adjoint à la voierie, Angers.

    Grand Prix Européen de la Mobilité

    Région Bruxelles

    Andréa Mongbondo, social media manager de Elke Van den Brand, ministre de la Mobilité de la Région Bruxelles.

    Prix Intermodalité

    Bordeaux pour le tramway au pied de l’aéroport

    Remettant : Bastien Soyez, directeur RSE France, Transdev. Béatrice de François, vice-présidente en charge des transports en commun, Bordeaux Métropole.

    Prix Ville connectée & automobile

    Dijon Métropole pour l’abonnement à tarif préférentiel pour les petits rouleurs

    Nicolas Bourny, vice-président de Dijon Métropole, délégué à l’alliance des territoires et maire de Magny-sur-Tille. Laurent Calvalido, directeur général de Keolis Dijon. Nolwenn Leguillon, directrice marketing de Keolis Dijon.

    Prix Innovation

    Perpignan Méditerranée Métropole pour le transport sur réservation à la ZAC Saint-Charles 

    Séverine Collomb, directrice à la direction des mobilités Perpignan Méditerranée Métropole. Fabrice Mayer, directeur de Keolis Perpignan Méditerranée.

    Prix Mobilité numérique

    Métropole Aix-Marseille et Transdev pour l’appli Umay qui cherche à rassurer les voyageurs

    Remettant : Thomas Sanchez, responsable d’investissement énergie, écologie et numérique,
    Banque des Territoires – Groupe Caisse des dépôts.
    Julien Réau, directeur innovation France – Transdev. Thibault Loneux, manager innovation – Transdev. Thibault Auboeuf, responsable contrôle/régulation – Transdev. François Morival, directeur général, Umay.

    Prix Mobilité durable

    Niort Agglomération pour le « Savoir rouler » qui généralise sur une tranche d’âge l’apprentissage du vélo

    Alain Lecointe, vice-président mobilités, Niort Agglomération. Caroline Gasche, cheffe de projet mobilité durable en charge du projet SRAV au sein de la direction mobilités, Niort Agglomération. Sébastien Forthin, directeur transports et mobilités, Niort Agglomération.

    Prix Modernisation

    Dunkerque pour les nouveaux services de l’application DK Bus

    Remettant : Nicolas Ruffenach, président, Fortal. Grégory Bartholoméus, conseiller communautaire délégué transports et à la mobilité,
    maire délégué de Fort-Mardyck.
    Laurent Mahieu, directeur général DK Bus et directeur territorial Côte d’Opale. Nourredine Hajadj, responsable SI DK Bus et responsable digital région GE-HDF.

    Prix de la Mixité-Inclusion

    Réseau urbain de Cholet pour avoir embauché un conducteur sourd

    Remettant : Arnaud Coiffard, directeur Stratégie, innovation et nouveaux marchés, SNCF Connect & Tech. Pierre-Marie Cailleau, vice-président Mobilités de la Communauté d’agglomération du Choletais. Marc Delayer, directeur général, Transports publics du Choletais. Romuald Poupard, conducteur.

  • Ce qui nous attend en 2024

    Ce qui nous attend en 2024

    Comme chaque année, l’actualité des transports s’annonce riche, peut-être encore un peu plus en 2024, qui verra les Jeux olympiques et paralympiques se dérouler en Ile-de- France et dans quelques autres villes de notre pays. Les transports publics seront un des éléments clés de leur réussite.

    Retrouvez ci-dessous, mois par mois, quelques grandes dates qui rythmeront l’année et les thèmes qui devraient faire l’actualité.

     

    JANVIER

    – 9 janvier : Alain Rousset, président du Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine, et Alain Anziani, président de Bordeaux Métropole, inaugureront la ligne de car express qui reliera Blaye à Bordeaux.

    – 19 janvier : Inauguration de la ligne 4 automatisée du métro parisien. Les nouvelles navettes ont été intégrées l’année dernière progressivement jusqu’à l’automatisation complète de la ligne. Celle-ci est effective depuis la fin 2022. 52 navettes automatiques circulent désormais sur l’ensemble de la ligne 4.

    – 20 janvier : Visite du chantier des travaux de la ligne Montréjeau-Luchon. Désormais gestionnaire de la ligne ferroviaire, la Région a lancé les travaux début décembre dans la perspective d’une réouverture courant 2024.

    Et aussi :

    – Présentation du plan de l’Etat sur les cars express. Après IDFM qui a annoncé vouloir lancer 45 lignes de cars express d’ici à 2030, le gouvernement présente son projet pour mieux relier les périphéries aux centres-villes.

    – Démarrage des travaux d’infrastructures pour l’extension du tramway de Brest. La nouvelle ligne de tram reliera la gare SNCF et La Cavale-Blanche, et une nouvelle ligne de BHNS desservira Lambézellec. Huit pôles d’échanges multimodaux sont prévus. La livraison est prévue pour 2026.

    – Inauguration de la restructuration du centre bus Belliard de la RATP en Ile-de-France. Ce centre de bus est destiné à accueillir une flotte de bus entièrement électrique.

    – Présentation par SNCF Transilien d’une étude menée avec l’Institut Paris Région sur les jours de pointe liés au développement du télétravail et sur le lissage des heures et jours de pointe.

    FEVRIER

    – 4 février: “Votation“ sur les SUV à Paris. Le référendum demandera aux Parisiens s’ils sont d’accord pour mettre en place d’un tarif spécial pour le stationnement lié au poids des véhicules en raison de leurs nuisances (pollution, encombrement de l’espace public…)

    Et aussi :

    – Assises du transport à la demande organisées par IDFM.
    – Inauguration de la nouvelle Halle grand voyageurs de la gare Paris-Austerlitz et de la petite Halle voyageurs Paris Gare de Lyon.

    MARS

    – 4 mars : Début du procès de l’accident de TGV à Eckwersheim, qui avait fait 11 morts et 21 blessés le 14 novembre 2015, lorsqu’une rame d’essai avait déraillé à une dizaine de km de Strasbourg. Une vitesse excessive dans une courbe serrée a été évoquée parmi les causes principales de l’accident.

    – Inauguration du nouveau Centre de commandement unique de Vincennes de la ligne A du RER. Le CCU gérera 109 km de voies principales (76 dans le domaine RATP et 33 dans le domaine SNCF), 46 gares (35 gares gérées par la RATP, 11 par la SNCF), un tronçon central et de 5 branches, 3 à l’0uest et 2 à l’Est.

    AVRIL

    – Début de la mise en service (partielle) du RER E (Eole) jusqu’à Nanterre (Hauts-de-Seine) avec l’arrivée progressive des nouvelles rames NG 20 d’Alstom (14 sur les 30 commandées). Trois nouvelles stations sont prévues : Porte-Maillot, La Défense et Nanterre-la-Folie, soit 8 km de tunnel. Le prolongement de la ligne jusqu’à Mantes La Jolie (Yvelines) attendra 2026.

    – Prolongement du T3B, de la Porte-d’Asnières à la Porte- Dauphine (3,2 km supplémentaires). Il permettra de mieux desservir l’ouest parisien et offrira des correspondances avec le métro et le RER, notamment à la Porte Maillot avec le RER C et le futur prolongement du RER E.

    – La région Grand Est devrait choisir officiellement Transdev pour l’exploitation de la liaison Nancy-Contrexéville partiellement suspendue depuis 2016. L’exécutif régional devrait aussi choisir en 2024 ses délégataires pour sept liaisons transfrontalières, réparties deux autres lots, l’un au départ de Metz, l’autre au départ de l’Alsace, et desservant des villes allemandes.

    MAI

    – Inauguration du prolongement sur 6 km de la ligne 11 du métro parisien vers l’est: de Mairie des Lilas à Rosny-Bois- Perrier (Seine-Saint-Denis). Six nouvelles stations seront créées ainsi qu’un nouvel atelier de maintenance des trains.

    – Fin des travaux de la gare du Nord, à Paris. Le projet Horizon 2024, défini en concertation notamment avec la Ville de Paris et IDFM, cherche avant tout à s’adapter à la hausse prévisible du trafic de la première gare d’Europe en terme de trafic: 700 000 voyageurs par jour actuellement, 900 000 attendus à l’horizon 2030. Et, d’ici là, un nombre accru de visiteurs au moment des JO.

    JUIN

    9 juin: Elections européennes en France.

    – Prolongement de la ligne 14 qui doit relier au nord la gare de Saint-Denis Pleyel en Seine-Saint-Denis et, au sud, l’aéroport d’Orly dans le Val de Marne. C’est une des rares infrastructures qui sera prête à temps pour les JO.

    – Le contrat de DSP de Keolis à Lyon s’achève. Le Sytral choisira ses nouveaux délégataires pour les transports publics de la métropole de Lyon, en dissociant plusieurs lots: un pour les modes lourds sur une durée de dix ans, un pour les bus, trolleybus, bus et contrôle des titres sur six ans.

    – Après avoir lancé en juillet dernier des trains à grande vitesse, d’abord entre Barcelone et Lyon, puis vers Marseille, la compagnie ferroviaire espagnole Renfe espère pouvoir relier Paris pour les JO.

    – Inauguration de la nouvelle gare de Lyon Part Dieu. La gare s’agrandit et de nouvelles enseignes ouvriront : d’ici 2024, 43 commerces doivent arriver contre une dizaine actuellement.

    Et aussi:

    -L’expérimentation avec des taxis volants est censée démarrer en juin en Ile-de-France. Ce qui donnerait une belle visibilité à ces taxis nommés « VoloCity » (mix entre le drone et l’hélicoptère) au moment des JO… à condition qu’ils obtiennent auparavant leur certification par les autorités de l’aviation civile.

    -A partir de l’été, mise en service du TZen4 reliant Viry- Châtillon et Corbeil-Essonnes.

    – Le titre unique sera-t-il lancé à l’été comme le souhaite Clément Beaune le ministre délégué aux Transports?

    JUILLET-AOÛT

    – Du 26 juillet au 11 août : JO Paris 2024.

    Des voies seront réservées sur le périphérique parisien aux transports des athlètes, aux transports publics, au covoiturage… Des parkings géants pour les vélos seront mis en place et des pistes cyclables ouvertes, certaines provisoires, une partie pérenne. 415 km de pistes cyclables seront ainsi réalisées pour relier des sites olympiques.

    SEPTEMBRE

    – 28 août au 8 septembre : Suite des Jeux paralympiques

    – Après leur déploiement sur le RER E, les nouveaux RER NG doivent arriver au second semestre sur la ligne D.

    – 24 au 27 septembre: Le Salon Innotrans, la plus grosse manifestation dans le domaine du transport et de l’industrie ferroviaire, ouvre ses portes à Berlin.

    OCTOBRE

    – Du 1er au 3 octobre : Le Salon European Mobility Expo, qui se tient habituellement porte de Versailles à Paris, se délocalise exceptionnellement à Strasbourg en raison des JO.

    NOVEMBRE

    -L’actuel métro de Marseille doit céder progressivement sa place à un métro automatique, après des essais.

    – Lancement des premières lignes de cars express en Ile-de-France.

    DECEMBRE

    -15 décembre : La nouvelle société SNCF SUD Azur commencera l’exploitation de l’étoile de Nice, dans le cadre d’un nouveau contrat lié à l’ouverture à la concurrence des TER.

    – 31 décembre : Fret SNCF doit disparaître avant la naissance en janvier 2025 de deux nouvelles sociétés, une pour le fret SNCF avec 3850 salariés, une autre pour la maintenance, Techni Fret avec 500 agents.

    Et aussi :

    – Lille choisira son nouveau délégataire pour ses transports publics.

    – Appel d’offres d’Ile-de-France Mobilités pour le prolongement du tram-train T12 jusqu’à Versailles, et du T13 entre Saint-Germain et Achères.

    – Le train à grande vitesse entre Paris et Berlin est attendu à la fin de l’année 2024. Il devrait franchir la frontière franco-allemande du côté de Forbach plutôt que sur le Rhin. En passant par la Lorraine, mais pas par l’Alsace.

    – La mise en service TER à batteries est attendue en Occitanie, Nouvelle Aquitaine, Aura Paca et Hauts-de-France.

    – Début des travaux tram ligne 5 à Nice. Cette ligne de 7,5 km avec 17 stations, reliera le palais des Expositions à la vallée du Paillon, en passant par l’Ariane dès 2026 et La Trinité en 2028.

    – Retour du tramway de Genève à Saint-Julien (France) : Côté suisse, la nouvelle ligne de tramway permettra de compléter le réseau actuel via les communes de Lancy (Palettes), Plan-les-Ouates (route de Base) et Perly-Certoux (route de Saint-Julien). Côté français, l’axe de tramway longera l’avenue de Genève jusqu’à la sous-Préfecture puis la place du Crêt et la rue Bertholet avant d’atteindre son terminus, au pôle multimodal de la gare.

    – Cinq nouvelles lignes de Noctilien ouvriront en 2024 : N147 (Gare de l’est – Persan Beaumont), N123 (Chatelet – Arpajon), N160 (Montparnasse – Plaisir Grignon), N161 (Montparnasse – Gare de La Verrière), N162 (Montparnasse – Rambouillet).


    L’ERTMS sur la LGV Paris – Lyon

    Déjà en place dans d’autres pays européens, l’ERTMS (European Rail Traffic Management System) sera mis en

    place fin 2024 sur la ligne grande vitesse reliant Paris à Lyon, une première pour une ligne en service et sans interruption du trafic.
    Ce sera aussi la première fois qu’un système « Niveau 3 Hybride », dans sa version la plus évoluée, sera lancé, per-mettant de rapprocher davantage les trains sans modifier l’infrastructure.

    Il fait partie du projet LGV + visant à augmenter la capacité de la ligne de 13 trains par heure (en heure de pointe) à 14 trains par heure dès 2025 et 16 trains par heure à horizon 2030, tout en apportant une meilleure régularité.

    Jusqu’à la fin 2024, de nombreux travaux se dérouleront avec la mise en exploitation de 58 nouveaux postes d’aiguillage, du Poste de Commande à Distance LGV+, des équipements ERTMS niveau 2 et du Centre de supervision de l’alimentation électrique ne pourra se réaliser sans impact. Le trafic sera interrompu 4 jours (101 heures) à la fin des travaux.

  • Le Parlement repousse jusqu’à fin 2026 la libéralisation des lignes de bus RATP

    Le Parlement repousse jusqu’à fin 2026 la libéralisation des lignes de bus RATP

    La date butoir pour ouvrir les bus de la RATP à la concurrence est décalée de deux ans, à fin 2026. Au lieu de fin 2024. Après les députés, les sénateurs ont validé le 18 décembre à 242 voix contre 98 la proposition de loi soutenue par le gouvernement et qui fixe ce nouveau calendrier. Lequel permet d’enjamber les Jeux olympiques de l’été 2024, pour tenter d’éviter le risque de grèves pendant l’événement sportif international à Paris et en Ile-de-France.

    Outre l’étalement jusqu’à la fin 2026 des appels d’offres pour les 308 lignes de bus concernées, la loi précise les modalités de transfert des salariés de la RATP à leur nouvel employeur, en cas de transfert. En maintenant leurs garanties sociales. 19 000 agents sont concernés, dont environ 15 000 conducteurs de bus, sur 308 lignes et 4 500 bus. Les transferts des ex-agents de la Régie se feront selon le critère des centre-bus (dépôts) et non des lignes de bus, pour éviter de les éloigner de leur lieu de travail. Mais, pour résoudre le problème de pénurie de conducteurs, ces derniers devront renoncer pendant quinze mois à la réduction du temps de travail de 13 heures à 11 heures pour les journées « en double service » . Une demande d’Ile-de-France Mobilités.

  • Covoiturage : la prime de 100 euros prolongée en 2024 pour les trajets courte distance

    Covoiturage : la prime de 100 euros prolongée en 2024 pour les trajets courte distance

    Un an après le lancement de son plan pour accélérer la pratique du covoiturage sur les trajets du quotidien, et alors que les premières amendes sur les voies réservées aux covoitureurs sont tombées sur l’A1 près de Lille, le gouvernement dresse le bilan. Et utilise les mêmes recettes, ou presque, pour 2024. Tout d’abord, il renouvelle la prime de 100 euros versée aux nouveaux automobilistes inscrits sur les plateformes de court-voiturage, type Karos, Ecov, Ynstant, Covoit, BlaBlaCar Daily(qui a racheté Klaxit). Pour la toucher, il faut réaliser au moins dix trajets partagés sur l’année.

    En revanche, la prime disparait pour les covoitureurs de la longue distance. Pour rappel, ce bonus est financé dans le cadre du dispositif des certificats d’économies d’énergie.

    « Le bilan est encourageant avec 400 000 trajets court-distance réalisés en covoiturage intermédiés [via une plateforme internet] en 2023 : deux fois plus en un an. Et 200 000 nouveaux conducteurs inscrits sur un site de covoiturage« , se félicite-t-on au cabinet du ministre de la Transition écologique, Christophe Béchu. Deux fois plus en un an, mais encore loin des trois millions de trajets espérés pour 2027. En ciblant tout particulièrement les salariés des entreprises, et les grands événements sportifs ou culturels.

    Quant au cofinancement des projets de covoiturage portés par les collectivités locales, il est lui aussi reconduit en 2024 pour les aider à payer les aires de covoiturage, les arrêts d’auto-stop pour les services qui reposent sur des lignes régulières de covoiturage comme le propose l’opérateur Ecov. Ces fonds proviennent des 2,5 milliards d’euros mobilisés dans le Fonds vert des ministères de la Transition écologique et énergétique.

    Le gouvernement annonce le lancement d’une « grande enquête annuelle » afin, entre autres, de ne pas passer à côté de tous les covoitureurs informels qui échappent aux intermédiaires, les plateformes numériques. Ce qui vaut dès demain au site de l’Observatoire national du covoiturage une refonte totale pour mieux appréhender, promet-on au cabinet de Clément Beaune, la réalité du covoiturage du quotidien.

    Outre la voie réservée au covoitureurs sur l’autoroute A1 près de Lille, huit nouveaux kilomètres de voies dédiées devraient voir le jour en 2024 sur l’A7, selon le ministère des Transports. Elles seront équipées de système de contrôle automatique du nombre de passagers à bord.

    N.A

  • Les priorités de Jean-Marc Zulesi

    Les priorités de Jean-Marc Zulesi

    Jean-Marc Zulesi est arrivé avec une bonne nouvelle le 9 novembre, jour de son intervention devant le Club VRT : la veille, la commission mixte paritaire au Parlement s’était entendue sur un texte commun sur les services express régionaux métropolitains, ouvrant une adoption rapide de la loi. Loi qui devait être votée avant la fin de l’année. L’idée de lancer des services express régionaux métropolitains (Serm) dans une douzaine de métropoles, à l’image du RER francilien, a été portée au plus haut niveau par Emmanuel Macron en novembre 2022. Reprise par Jean-Marc Zulesi, dans le cadre d’une proposition de loi, le processus a ainsi pu avancer vite.

     

    Un cadre large pour les RER métropolitains

    Le député s’est réjoui des nouveaux principes définis par les parlementaires qui fixent un cadre juridique à ces grands projets, permettant leur déploiement dans les dix prochaines années. Le texte donne une définition large des Serm, incluant non seulement des TER mais aussi des cars à haut niveau de service, des pistes cyclables, du covoiturage… Bref, tout ce qui peut contribuer à la mobilité dans les territoires dans une logique d’intermodalité, a résumé le président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire à l’Assemblée nationale.

    Il prévoit aussi le renforcement du rôle des collectivités territoriales dans le processus de déploiement. « La priorité de la loi est de créer une ossature ferroviaire mais aussi de favoriser la multimodalité. Si les collectivités souhaitent s’appuyer sur des solutions décarbonées comme les cars express, des transports fluviaux, une offre de pistes cyclables pour compléter l’offre ferroviaire, c’est positif car cela permet de désenclaver les territoires et d’aller dans le bon sens », explique l’élu. Les députés souhaitent une tarification spécifique pour les péages ferroviaires qui seront appliqués aux circulations des Serm afin de soutenir leur lancement. « Il faut parvenir à réduire les redevances, tout en veillant à ne pas obérer la capacité d’investissement de SNCF Réseau », souligne Jean-Marc Zulesi.

    Pour être labélisés (sésame pour obtenir des financements), les projets devront faire l’objet d’une concertation entre l’État, la région, les autorités organisatrices de la mobilité, les départements et, le cas échéant, les gestionnaires d’autoroutes et de voies routières express du périmètre. « Le statut de Serm sera conféré par arrêté du ministre des Transports, après délibération des conseils régionaux concernés », explique le député.D’où l’intérêt d’un billet unique permettant de combiner facilement les différents modes de transports collectifs publics dans le périmètre d’un Serm.

    Un défenseur des transports publics et de l’aménagement du territoire

    Député des Bouches-du-Rhône depuis 2017 spécialiste reconnu des mobilités, Jean-Marc Zulesi a été rapporteur, entre autres, du volet innovation de la loi d’Orientation des mobilités (LOM), du volet transport de la loi Climat-Résilience ou encore auteur d’un rapport sur les mobilités actives, il est devenu coordinateur du groupe LREM au sein de la commission du Développement durable et de l’aménagement du territoire en 2020, puis a pris la présidence de cette commission en juin 2022. Il est à l’origine de la proposition de loi sur les RER métropolitains

    Un nouveau rôle pour la SGP

    La loi prévoit de s’appuyer sur l’expertise de la société du Grand Paris, rebaptisée Société de Grands Projets (SGP). Il s’agit de faire bénéficier les territoires de son expérience et notamment de son analyse technique et financière, a expliqué Jean-Marc Zulesi. La SGP sera ainsi chargée de participer à la conception, à la maîtrise d’ouvrage et au financement des infrastructures nécessaires aux futurs Serm mais uniquement s’il s’agit d’infrastructures nouvelles. Ou sur des infrastructures existantes si et seulement si elles sont ouvertes à l’exploitation mais non circulées depuis au moins cinq ans. Dans les autres cas, c’est SNCF Réseau qui a compétence.

    Le Sénat souhaitait aussi conditionner le contrôle des ZFE-m (Zones à faibles émissions de mobilité) à l’existence des Serm, Jean-Marc Zulesi a préféré une autre formulation, « de manière à ce qu’on puisse déployer des Serm là où il y a des ZFE, mais pas uniquement. Les Serm doivent être un argument pour accompagner les citoyens dans l’acceptabilité des ZFE-m et un argument supplémentaire pour les élus pour faire labelliser leurs projets ».
    Pour atteindre l’objectif de créer au moins une dizaine de Serm dans les dix prochaines années, des mesures de simplification ont été décidées, notamment pour les déclarations d’utilité publique. « Cela devrait permettre de gagner quelques mois à quelques années dans les déploiements. Un projet comme celui des Hauts-de-France par exemple, nécessitant des infrastructures nouvelles, demandera du temps. Mais pour d’autres, où il “suffit“ d’augmenter la cadence, les mises en service pourraient se faire à des échéances plus courtes. Le temps d’améliorer les infrastructures existantes et de disposer des trains pour répondre à la demande. On pourrait ainsi voir les premiers résultats de la loi d’ici deux à cinq ans », estime le parlementaire. Interrogé sur les débuts difficiles d’un des premiers Serm, celui de Strasbourg, où 600 trains de plus circulent autour de la métropole, Jean-Marc Zulesi relativise : « Les critiques ont été sévères. Mais après quelques difficultés au départ, liés à des problématiques d’organisation et de ressources humaines, la cadence est intéressante et les citoyens sont satisfaits. C’est un exemple à suivre en évitant de reproduire les mêmes erreurs dans les projets à venir. »

    Le contrat de performance Etat- SNCF Réseau doit être révisé

    Du côté du ministère des Transports, on confirme les propos de Jean-Luc Zulesi selon lesquels le contrat de performance État-SNCF Réseau sera révisé sans doute avant la fin de l’année. L’objectif est de passer progressivement de 3,2 milliards d’euros dépensés en 2024 pour régénérer le réseau à 4,5 milliards d’euros en 2027. Puis de rester sur cette tendance. Le but est non seulement d’arrêter le vieillissement du réseau (pas avant 2030 si tout va bien) mais aussi de donner de la visibilité aux entreprises (cinq ans est un minimum) pour qu’elles puissent investir des sommes importantes dans des outils de renouvellement des infrastructures ferroviaires. Toutefois, pour le moment, ce n’est pas l’Etat qui va mettre la main à la poche. En 2024, c’est la SNCF qui apportera, via son fonds de concours, les 300 millions d’euros supplémentaires permettant de passer à plus de 3 milliards. Le ministère rappelle d’une part que la situation financière de la SNCF le permet, d’autre part que l’Etat renonce ainsi à des dividendes. Et les années suivantes ? On verra…

    L’épineuse question du financement

    Reste à régler la question du financement. Le coût total des Serm est estimé entre 15 et 20 milliards d’euros par le conseil d’orientation des infrastructures. Le Président de la République a annoncé qu’il mettrait quelques 800 millions sur la table pour amorcer la pompe et contribuer notamment à des études. Pour trouver de nouvelles ressources, Jean-Marc Zulesi dit avoir accepté la proposition sénatoriale d’une conférence nationale de financement, qui sera organisée avant le 30 juin 2024. Elle réunira l’État, les régions, les métropoles, SNCF Réseau, la SGP… Sans s’avancer sur les conclusions, le député évoque des pistes et rappelle que la SGP est une société publique capable de lever de la dette pour financer des projets d’infrastructures. « Le modèle a marché sur le Grand Paris et mérite d’être déployé localement. » Mais seulement une fois que la SGP aura achevé sa mission sur le périmètre parisien, selon Jean-Marc Zulesi.

    De plus, poursuit-il « au regard des ressources humaines dont elle dispose, la SGP ne pourra pas aller sur tous les projets, sur tous les territoires. » Il rappelle que son souhait de lever le plafond d’emplois de l’entreprise a reçu un avis défavorable du gouvernement. Il a depuis déposé un amendement permettant d’augmenter de 20 ETP (équivalent temps plein) les effectifs de l’entreprise en 2024. « Cela ne suffira pas pour répondre aux sollicitations dans les années à venir », prévient-il, avant d’imaginer que la SGP pourrait prendre 20 % de la maitrise des premiers projets, puis pourra monter en puissance sur des projets de plus long terme, en fonction de la volonté des collectivités territoriales. Pour trouver les moyens supplémentaires, Jean-Marc Zulesi évoque également le recours à une fiscalité locale, à l’instar de la taxe annuelle sur les bureaux en Île-de-France qui permet de financer des infrastructures. Et il plaide pour la modulation du versement mobilité (VM) pour financer l’exploitation. « Les sources de financement sont nombreuses. Ce n’est pas une équation impossible à résoudre. On peut y arriver en donnant de la perspective et de la visibilité dans les offres de transport qui seront proposées localement », affirme-t-il.

    Il rappelle que la loi Climat et résilience donne la possibilité aux régions de lever une contribution spécifique sur le transport routier de marchandises (TRM). C’est cette mesure, également appelée écotaxe, que l’Alsace compte mettre en vigueur en 2024. « Son objectif est de limiter le report de camions européens dans la région, ces reports étant effectués pour contourner la fiscalité sur le TRM existant en Allemagne et en Suisse », explique l’élu des Bouches-du-Rhône, en rappelant que toutes les régions peuvent le faire et affecter les recettes à la décarbonation des transports.

    Pour une loi de programmation

    Plus généralement, Jean-Marc Zulesi se dit convaincu de la nécessité d’une loi de programmation des infrastructures, perspective attendue de longue date. Sur ce sujet, il se veut optimiste : « En 2024, nous aurons sans doute une loi pour décliner le plan de 100 milliards annoncé par la Première ministre. C’est le rôle de l’Etat pour les infrastructures. » Mais il prévient qu’il faudra aussi « compter sur les collectivités territoriales pour financer à la fois les infrastructures et donner des perspectives sur les services à proposer. »

    L’invité du Club VRT est aussi revenu sur le contrat de performance État-SNCF Réseau, adopté en avril 2022 et beaucoup critiqué pour l’insuffisance de ses moyens. Le député dit regretter que des financements supplémentaires n’aient pas été accordés au gestionnaire des infrastructures ferroviaires dans le cadre du projet de loi de finances en cours de discussion au Parlement. Il rappelle être monté au créneau, avec d’autres parlementaires, pour demander des fonds supplémentaires pour la régénération du réseau. « Ce n’est pas faute d’avoir essayé. Mais la volonté de l’Etat c’est de demander à la SNCF de s’appuyer sur le fonds de concours déployé depuis la réforme du pacte ferroviaire. En gros, les dividendes générés par SNCF Voyageurs arrivent dans le fonds de concours et participent à la régénération du réseau. » Il poursuit : « Je ne vois pas pourquoi on ne changerait pas le contrat de performance pour répondre aux exigences à la fois des Serm et de la régénération du réseau. Je pense que courant 2024 on aura de bonnes nouvelles pour le contrat de performances de Réseau. Ce serait bien normal vu les enjeux à venir. »

    Un soutien nécessaire au fret ferroviaire

    A ceux qui s’inquiètent du démantèlement programmé de Fret SNCF et craignent en conséquence un report des marchandises vers la route, Jean-Marc Zulesi rappelle les faits : la France a versé 5,3 milliards d’euros à l’entreprise entre 2007 et 2019. Aides qui font l’objet d’une enquête à Bruxelles. Pour éviter un remboursement par Fret SNCF, qui conduirait à sa liquidation, l’entreprise va devoir céder 20 % de ses activités à ses concurrents. « C’est la moins mauvaise solution proposée », assure l’élu. Il faut, estime-t-il, continuer à soutenir le développement du fret ferroviaire pour atteindre l’objectif de doublement de sa part modale, en la portant de 9 % à 18 % d’ici 2030, comme le demande la loi Climat. 170 millions d’euros d’aides annuelles sont prévues jusqu’en 2024 pour soutenir les opérateurs. Ces aides permettront la prise en charge à hauteur de 50 % des péages dus par les opérateurs à SNCF Réseau, le versement de 70 millions aux wagons isolés, 47 millions pour le transport combiné via une aide supplémentaire au coup de pince et 15 millions pour des projets d’autoroutes ferroviaires. L’élu compte aussi sur l’Europe pour aller chercher des moyens destinés à développer des corridors européens et entend travailler au rééquilibrage des coûts entre le ferroviaire et routier. « Soit en augmentant les coûts de la route ou en baissant ceux du fer afin d’équilibrer les conditions de concurrence entre ces deux modes. »

    A l’origine du leasing social

    Pour décarbonner les transports, le gouvernement mise sur le véhicule électrique, mais pas seulement, affirme le député. Le projet de loi de finances prévoit 1,5 milliard d’euros destinés à la prime à la conversion, au bonus écologique et au leasing social qui permettra de proposer un véhicule électrique pour 100 euros par mois aux plus modestes. Pour limiter l’impact de la voiture électrique sur l’environnement, il a aussi été mis en place un malus pour les véhicules de plus de 1 800 kilos. Pénalité qui s’ajoute au malus CO2, destiné à inciter les constructeurs à revoir la conception de leurs véhicules, afin de limiter leur emprise sur l’environnement.

    Le Club VRT s’est tenu le 9 décembre dans nos locaux de la rue de Clichy, à Paris.

    Et demain ?

    L’agenda est encore chargé pour les mois à venir. « Nous allons travailler sur l’ouverture à la concurrence des bus transiliens sur le périmètre parisien. Nous aurons à discuter de la proposition de loi relative à la prévisibilité de l’organisation des services de la navigation aérienne en cas de mouvement social et à l’adéquation entre l’ampleur de la grève et la réduction du trafic. » Il faudra aussi évaluer la loi d’orientation des mobilités (LOM) à laquelle il a contribué il y a quelques années. C’est prévu pour 2024. Jean-Marc Zulesi prévoit aussi de réaliser un tour de France des Serm.

    « Nous irons expliquer aux élus et aux acteurs locaux la volonté du législateur, afin que cette loi puisse accompagner la dynamique ». Selon lui, l’enjeu, en 2024, sera de donner « de la visibilité sur les investissements ». Et de résumer : « Nous souhaitons donner aux collectivité les moyens de développer leurs ambitions, au plus proche des territoires. »

    Valérie Chrzavzez

  • Les trains de nuit Paris-Aurillac et Paris-Berlin de retour

    Les trains de nuit Paris-Aurillac et Paris-Berlin de retour

    Par certains côtés, on se croirait revenu il y a exactement deux ans, avec deux relances de trains de nuit coup sur coup, entre Paris et Aurillac, parti le 10 décembre dernier au soir, et entre Berlin et Paris, avec une arrivée prévue le matin du 12. Dans les deux cas, la relance est symbolique, vu qu’il s’agit d’ajouter de nouvelles tranches à des trains déjà en service, et ce, un nombre de jours limité par semaine. Le progrès n’en est pas moins réel. Déjà, le spectre du Covid ne plane plus avec la même intensité que fin 2021 et les restrictions ne sont plus qu’un souvenir (comme le port du masque, pour la plupart des voyageurs). Ensuite, ces deux nouvelles relations confirment la relance des trains de nuit amorcée au début de la décennie. Enfin, ces offres devraient passer à un rythme quotidien à partir de 2025 pour Paris – Aurillac, voire en octobre 2024 pour Paris – Berlin.

    Affichage du premier départ de nuit entre Paris-Austerlitz et Aurillac.

    Pour ce qui est de la relation Intercités de nuit Paris – Aurillac, la desserte de base est de deux départs par semaine, en dehors des périodes de vacances des zones A et C, les vendredis et dimanches soir dans chaque sens. Cette desserte sera en revanche d’un aller-retour quotidien pendant les périodes de vacances. En principe, les trois voitures de la tranche Paris – Aurillac seront couplées avec celles du train pour Rodez, le départ de Paris-Austerlitz ayant lieu à 19h27, pour une arrivée à Aurillac à 7h30, après arrêts à Saint-Denis-près- Martel, Bretenoux-Biars et Laroquebrou. Dans l’autre sens, le départ d’Aurillac aura lieu à 22h42, pour une arrivée à Paris à 8h31. Mais pour ce qui est du départ inaugural, les trois voitures rénovées de l’Intercités de nuit 3789 se sont retrouvées en tête de l’Intercités 3685 pour Brive-la-Gaillarde, le train pour Rodez étant annoncé avec un retard de 25 minutes. En partant de la locomotive (BB 26053, pour le premier départ de Paris), ces trois voitures proposent 58 places assises à 2+1 de front (voiture type A10tuh), 36 couchettes de première classe à quatre par compartiment (A9c9ux) et une de 60 couchettes de deuxième classe (B10c10ux).

    Premier intervenant avant le départ inaugural, Christophe Fanichet, PDG de SNCF Voyageurs a souligné le volontarisme de l’Ėtat, autorité organisatrice des trains Intercités, après la relance de Paris – Nice et Paris – Lourdes en 2021 et la rénovation de 129 voitures de nuit pour 152 millions d’euros. Le dirigeant a également souligné la mobilisation des acteurs sociaux et économiques du Cantal et du Lot, ainsi que du personnel de SNCF Voyageurs, SNCF Réseau et SNCF Gares & Connexions. « Le train de nuit n’est pas un effet de mode, mais une tendance solide et durable, une réponse à l’envie de voyager loin et à petit prix, tout en préservant la Planète », a proclamé Christophe Fanichet, qui a ajouté que la fréquentation des Intercités de nuit est passée de 400 000 voyageurs en 2019 (avec deux lignes seulement) à près de 700 000 à la fin de l’année dernière, tout en espérant 750 000 voyageurs fin 2023. Dans le même temps, le taux de remplissage a « bondi », passant de 40 % à plus de 65 % actuellement.

    Prenant la parole ensuite, Clément Beaune, ministre chargé des Transports, a salué la présence de Jean Castex, dont la promesse de relancer le Paris – Aurillac après 20 ans d’interruption a donc été tenue, de Stéphane Sautarel, sénateur du Cantal, et de Karima Delli, eurodéputée et présidente de la commission Transport et Tourisme au parlement européen, qui a été invitée à prendre le premier Berlin – Paris, avec arrêt à Strasbourg. Rappelant que les trains Corail ont souvent été oubliés, le ministre a annoncé le retour des trains Intercités « au cœur de la politique ferroviaire », annonçant un gel des tarifs l’an prochain.

    Aurillac ayant été proclamée « capitale du mime », c’est donc un mime qui a rejoint les deux intervenants sur le podium, avant de guider les premiers voyageurs, les hôtes de marque et les invités vers les trois voitures de tête du convoi, le long desquelles étaient distribués pour l’occasion des boissons chaudes, des trousses de voyage (avec savon, brosse à dents…) et des chocolats de la maison Riol (d’Aurillac, évidemment !) À l’occasion, la présence de membres du collectif « Oui au train de nuit », qui souhaite un prolongement du Paris – Aurillac jusqu’au Lioran, Saint-Flour et Saint-Chély-d’Apcher, a été remarquée. Le seul vrai hic de ce départ inaugural était sans doute que les trois voitures de la tranche pour Aurillac avaient beau être plus propres que les sept voitures pour Brive-la-Gaillarde, de gros graffiti étaient visibles sur leurs flancs côté quai d’embarquement…

     

    Avec les trois voitures de nuit pour Aurillac en tête, l’Intercités 3685/3789 quitte Paris-Austerlitz comme prévu à 19 h 27.

    En matière de trains de nuit, le changement d’horaire du 10 décembre est également marqué par une modification des dessertes en raison de travaux autour de Bordeaux et de Toulouse pour les Intercités de nuit Paris – Tarbes et Paris – Cerbère. En effet, le premier dessert désormais Dax, Bayonne, Orthez, Pau et Lourdes, alors que le deuxième passe par le golfe du Lion au lieu de Toulouse, via Nîmes Centre, Montpellier Saint-Roch, Sète, Agde et Béziers, qui bénéficieront ainsi d’une nouvelle desserte. En revanche, les gares de Saint-Gaudens, Carcassonne, Castelnaudary, Lézignan ainsi que Saint-Jean-de-Luz – Ciboure, Biarritz et Hendaye sont désormais desservies par correspondance TER.

    Et à l’international, le grand événement est la relance du Paris – Berlin de nuit, par adjonction d’une tranche de six voitures Nightjet (deux offrant 132 places assises au total, deux équipées de 108 couchettes au total et deux voitures-lit pour 72 personnes au total) au Paris – Vienne relancé il y a deux ans. Jusqu’en octobre prochain, les départs seront proposés trois fois par semaine : les mardis, jeudis et samedis dans le sens Paris – Berlin et les lundis, mercredis et vendredis dans le sens Berlin – Paris. C’est ainsi que le premier départ de Berlin Hbf est fixé à 20h18 le 11 décembre, pour une arrivée à 5 h 50 à Strasbourg et à 10 h 24 à Paris-Est le matin du 12. Et en soirée de même jour, le premier départ de Paris-Est est prévu à 19h12, pour quitter Strasbourg à 23 h 42 et arriver à Berlin Hbf à 8h26 le 13 au matin.

     

    Patrick Laval

  • A la RATP et à la SNCF, la prime JO est toujours en discussion

    A la RATP et à la SNCF, la prime JO est toujours en discussion

    Les élus d’Ile-de-France Mobilités ont voté le 7 décembre un avenant au contrat qui lie l’autorité organisatrice des transports de la région à la RATP. Soit, un chèque de 285 millions d’euros sur deux ans (125 M€ en 2023, 160 M€ en 2024) pour absorber une partie de la hausse des salaires de 5,7% consentie par Jean Castex peu de temps après son arrivée aux commandes de l’opérateur public il y a un an. En volant à l’aide de la Régie, Ile-de-France Mobilités (IDFM) sauve non seulement les comptes de la RATP qui menaçaient d’être à nouveau dans le rouge cette année, mais aussi l’intéressement des agents en 2023 et la prime qui sera accordée aux 19 000 salariés mobilisés pendant les Jeux olympiques et paralympiques (JOP) de l’été 2024. Deux mille volontaires se sont déclarés à ce jour, précise la RATP.

    Valérie Pécresse peut se permettre cette largesse depuis qu’elle a arraché un accord au gouvernement pour combler les 800 millions d’euros de budget nécessaires à IDFM en 2024, dont 200 millions pour les JO. En contrepartie, « j’exige l’amélioration sans délai de l’offre de transport », répète la patronne de la région et de son autorité chargée des transports. C’est qu’en octobre, la qualité de service sur le réseau de la RATP s’est dégradé avec notamment, une rechute de la ponctualité sur les lignes 3, 6, 7, 8 et 13 du métro, passée sous la barre de 85% aux heures de pointe. En cause, l’absentéisme et la pénurie de conducteurs et de mainteneurs. « Objectif, remotiver les troupes « , justifie Valérie Pécresse.

    15 euros, 50 euros

    Le montant de la prime pour compenser le surcroît de travail et le renoncement aux vacances estivales sur les deux fois 15 jours des olympiades (26 juillet-11 août puis 28 août-8 sept) n’est pas encore fixé. La négociation entre la direction et les syndicats a commencé sur la base d’une prime de 15 euros par jour, mais tant à la RATP qu’à la SNCF les attentes sont grandes. D’autant plus que la prime qui sera accordée aux 700 soignants par l’AP-HP (Assistance Publique-Hôpitaux de Paris) est déjà connue : 2 500 euros brut pour les médecins, 1 200 euros brut pour les infirmiers, 1 000 euros pour les techniciens hospitaliers, 800 euros brut pour les aides-soignants.

    Du côté de la SNCF, après deux rendez-vous en novembre, l’un sur l’organisation des transports pendant les JO (nombre de personnels, régions concernées, surplus de trains etc.), l’autre sur le volet social (prime JO, frais de déplacements, logement, garde d’enfants), la direction et les syndicats cheminots ont convenu de se revoir en janvier prochain pour trouver un accord.

    Dans un communiqué, Sud Rail indique que la direction a proposé 50 euros par jour pour ceux qui travailleront pendant les Jeux olympiques mais sans répondre à ses questions : « Qui est concerné? (…) Quid de ceux qui ne travailleront pas ce jour-là mais auront préparé le service (matériel, équipement…)« , écrit le syndicat, ajoutant que « la direction renvoie vers les SA, les activités, voire les établissements de production pour obtenir des réponses« . Selon lui, le taux de volontaires est « très faible » alors qu’il faudrait 4500 trains de plus pour assurer le plan de transport en Ile-de-France. La direction doit donc « revoir sa copie« .  De son côté la SNCF refuse à communiquer tant que des discussions sont en cours.

    N.A et M-H.P.

     

  • Thierry Guimbaud en passe de prendre les commandes de l’Autorité de régulation des transports

    Thierry Guimbaud en passe de prendre les commandes de l’Autorité de régulation des transports

    Il a réussi son grand oral. Auditionné ce matin par les commissions parlementaires du Sénat puis de l’Assemblée nationale, Thierry Guimbaud, le candidat proposé par Emmanuel Macron pour présider (enfin) l’Autorité de régulation des transports (ART) a reçu le feu vert du Parlement. Sa nomination officielle devrait intervenir dans les prochaines semaines, soit un an et demi après le départ de Bernard Roman dont le mandat s’était achevé en août 2022. L’intérim était assuré par l’un des deux vice-présidents de l’autorité, Philippe Richert.

    Jusqu’à présent, la fonction avait échu à des élus, l’ancien maire centriste de Chanteloup-les-Vignes (Yvelines) Pierre Cardo, de 2010 à 2016, puis le député socialiste Bernard Roman les six années suivantes.

    A 66 ans, Thierry Guimbaud, énarque, affiche une carrière 100% transports, ou presque. Après avoir œuvré sur les questions de concurrence au ministère de l’Economie, il a travaillé sur la question du financement des autoroutes et les concessions autoroutières au ministère de l’Equipement (le sujet va le rattraper s’il prend les commandes de l’ART), avant de rejoindre Aéroports de Paris. Pour se tourner ensuite vers le transport urbain, au Syndicat des transports d’Ile-de-France (ex-Ile-de-France Mobilités). En 2011, il avait pris la direction des services de transports à la DGITM au ministère de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer et piloté la réforme ferroviaire d’août 2014, qui avait d’ailleurs élargi les compétences de l’autorité de régulation ferroviaire (alors Araf) au secteur des autocars longue distance et aux autoroutes. Depuis 2017, il dirigeait Voies navigables de France.

    L’ART « menacée » ?

    Interrogé par les parlementaires sur les défis qui attendent le gendarme des transports, Thierry Guimbaud considère que l’ART est « menacée car elle commence à manquer de façon préoccupante de moyens budgétaires ». Dans le projet de loi de Finances pour 2024, les dotations allouées à l’autorité administrative indépendante s’élèvent à 15 millions d’euros. Pour le candidat pressenti, il en faudrait 18.

    Une autorité menacée, mais aussi « inaboutie », selon les termes de celui qui devrait en prendre les commandes pour Noël ou le début 2024. Inaboutie parce que l’extension progressive et « en tâches de léopard » de ses compétences (ferroviaire, aéroports, autoroutes, autocars longue distance, RATP, données), font que « son périmètre d’intervention n’est pas toujours très clair », estime Thierry Guimbaud. Sans refonder l’ART, il recommande de compléter et préciser son champ d’intervention. Et surtout, « de mettre très rapidement au cœur de ses missions la question de la transition écologique ». En régulant le tarif des péages ferroviaires « pour qu’ils soient le plus modérés possible », le gendarme du rail œuvre, selon son futur président, à ce qu’il y ait plus de trains et donc, à la décarbonation des transports.  « Ça doit être dit, pensé et écrit », a insisté Thierry Guimbaud. Devant les parlementaires, il a plaidé pour une proposition de loi en ce sens.

    Début 2023, un autre haut fonctionnaire, Marc Papinutti, avait renoncé au poste « pour des raisons personnelles », après que sa candidature eut été très critiquée pour son manque d’indépendance en raison de ses précédentes fonctions. Il est depuis devenu président de la Commission nationale du débat public (CNDP). Sauf coup de théâtre, cette fois, ce devrait être la bonne.

    Nathalie Arensonas