Catégorie : Transports routiers

Retrouvez toute l’actualité des transports routiers et urbains : Bus, voitures électriques, politiques d’aménagements urbains

  • Les syndicats de cheminots choisissent la grève perlée deux jours sur cinq

    Les syndicats de cheminots choisissent la grève perlée deux jours sur cinq

    Après deux heures et demie de réunion le 15 mars, l’intersyndicale a annoncé par la voix du secrétaire général de la CGT-Cheminots, Laurent Brun, une grève de deux jours sur cinq à compter des 3 et 4 avril. Un mouvement reconductible et qui pourrait durer trois mois (voir calendrier en photo). « Face à un gouvernement autoritaire, il faudra tenir un conflit intensif sur une très longue durée », a indiqué Laurent Brun. Signe de dissensions entre les syndicats qui ont eu du mal à s’aligner sur un calendrier commun, Sud Rail a fait part de sa différence : si le syndicat s’inscrit dans la grève dès le 3 avril, en revanche, il n’est pas d’accord sur le calendrier, optant pour la grève reconductible chaque 24 heures après décision en AG. L’intersyndicale a donc décidé de se réunir encore une fois le 21 mars pour donner de nouveaux détails sur la mobilisation.

    Les modalités annoncées représentent 36 jours d’action pendant trois mois, a indiqué de son côté Didier Aubert, le secrétaire général de la CFDT Cheminots. « C’est une formule innovante pour tenir compte non seulement des cheminots mais aussi des usagers » car, selon lui, « ce n’est pas une grève corporatiste mais pour l’avenir du ferroviaire. » Cette formule inédite pourrait avoir des effets « redoutables » selon Bernard Aubin, le secrétaire général de First, un syndicat non représentatif à la SNCF : « il faut compter grosso-modo 48 heures pour remettre sur pied l’organisation de la circulation des trains après une grève. Ce qui veut dire que sur toute la période du 3 avril au 28 juin, le service sera allégée ou dégradé », écrit-il sur son blog.

    Annoncer la grève en avril, par roulements, permettra de tenir sans s’épuiser physiquement et financièrement. C’est aussi un moyen de remettre la balle dans le camp du gouvernement. « D’ici là, il y a des marges de négociation. Nous attendons que le gouvernement les ouvre sérieusement», a souligné Didier Aubert.

    De son côté, interrogé dans le journal de 20h sur TF1, Guillaume Pepy a estimé que c’était « une mauvaise nouvelle pour les 4,5 millions de Français qui prennent le train tous les jours ». Le PDG de SNCF Mobilités a annoncé que l’entreprise allait se mobiliser pour accompagner ses clients les jours de grève. D’une part en publiant chaque jour à 17h la liste précise des trains du lendemain, d’autre part en trouvant des solutions d’acheminement. « Il faut que nous aidions le covoiturage et que nous mobilisions des bus, des cars, des VTC ».

    D’ici là, une première manifestation de force s’organise le 22 mars. « Les prévisions ont été revues à la hausse avec plus de 25 000 participants cheminots», a annoncé Laurent Brun.

    M.-H. P

  • Flixbus va lancer un autocar électrique entre Paris et Amiens

    Flixbus va lancer un autocar électrique entre Paris et Amiens

    Flixbus a annoncé le 12 mars vouloir lancer, pendant les vacances de Pâques, « la première ligne longue distance du monde en autocar 100 % électrique ». L’opérateur s’est associé avec le Français B.E. Green pour faire circuler deux cars sur la liaison Paris – Amiens. Les deux véhicules auront une autonomie suffisante pour couvrir les 150 km de la liaison, assure l’opérateur allemand. « FlixBus proposera un aller-retour quotidien, le car rechargeant ses batteries après chaque trajet », précise-t-il.

  • Le cadre social des futurs cheminots de la SNCF devrait être discuté dans la convention collective de branche

    Le cadre social des futurs cheminots de la SNCF devrait être discuté dans la convention collective de branche

    En présentant le 15 mars les grands axes qui guideront le futur projet d’entreprise de la SNCF attendu avant la fin juillet, Guillaume Pepy, le président du directoire, a expliqué qu’une concertation allait s’ouvrir en interne sur « un cadre commun d’entreprise » qui « fédère ». Celui-ci devra favoriser la montée des compétences des salariés (avec des investissements de l’entreprise) et organiser un droit à la mobilité dans le groupe. La question de la participation des salariés devra être posée, « et il pourra y avoir d’autres sujets », a ajouté Guillaume Pepy. Tout ce qui en ressortira s’appliquera à tous les salariés de l’entreprise, ceux au statut et les autres (sous contrat). Aujourd’hui, l’entreprise compte 15 000 contractuels. Le but, a expliqué le patron de la SNCF, est de rendre « plus attractif le cadre contractuel car un nouveau marché du ferroviaire va se mettre en place et il faudra savoir retenir nos salariés ».

    Reste que, dans le futur, coexisteront deux catégories de salariés avec des droits distincts, le gouvernement ayant clairement indiqué que l’embauche au statut allait disparaître. Les agents au statut le garderont et conserveront notamment tout ce qui touche à la garantie de l’emploi et au déroulé de carrière. « Mais cela n’empêchera pas des évolutions : par exemple sur les processus de notations », a prévenu Guillaume Pepy. Pour les futurs embauchés, « il y aura un cadre à construire », a-t-il rappelé.

    La solution retenue est de renvoyer au niveau de l’UTP (Union des Transports Publics) les discussions permettant de bâtir ce nouveau cadre. Les négociations devraient contribuer à achever la convention collective du ferroviaire qui existe déjà sur plusieurs chapitres.

    Actuellement, des discussions sont menées au sein de l’UTP sur la classification des filières ferroviaires. « La classification des filières vise à définir des niveaux de rémunération, et non pas à définir des métiers », explique un des négociateurs. En théorie. Car il reconnaît qu’il pourrait être possible d’introduire des dispositions sur les missions et donc indirectement sur la polyvalence. Une possibilité défendue par la SNCF qui souhaiterait depuis des années pouvoir demander à ses agents d’effectuer des tâches polyvalentes et d’élargir leurs champs d’interventions (ce qui lui permettrait de gagner en productivité) mais qui fait l’objet de fortes oppositions syndicales.

    Hasard du calendrier, le 10 mars, le Journal officiel a publié la liste des organisations syndicales habilitées à négocier dans la branche ferroviaire : désormais, il n’y en a plus que cinq au lieu de sept, la CFTC et la CFE-CGC n’étant plus considérées comme représentatives, se situant bien en deçà de la barre des 8 % des suffrages. Une évolution qui devrait – relativement – faciliter les négociations au sein de l’UTP, estime un membre de l’organisation patronale. Rappelons que la CGT représente 34,4 % des suffrages, suivie de l’Unsa avec 24 % des voix, de SUD-Rail (16,87 %), de la CFDT (15,39 %) et de FO (9,25 %).

    Marie-Hélène Poingt

     

     

  • Après la présentation du projet de loi sur un nouveau pacte ferroviaire, place à la concertation

    Après la présentation du projet de loi sur un nouveau pacte ferroviaire, place à la concertation

    Elisabeth Borne a présenté le 14 mars, en Conseil des ministres, un projet de loi « pour un nouveau pacte ferroviaire ». La ministre des Transports a rappelé que ce texte « s’inscrit dans une transformation globale de notre politique des transports », qui passe notamment par la lutte contre la fracture territoriale et par une offre de transports alternatifs à la voiture individuelle. « Elle précède la future loi sur les mobilités que je compte présenter au printemps », a ajouté la ministre.

    Selon elle, la méthode retenue, le recours aux ordonnances, permettra de mener « une large consultation ». Les premières réunions ont commencé début mars. Deux mois de concertation sont prévus avec les organisations syndicales et l’ensemble des acteurs, trois mois avec le Parlement, d’avril à juin. « A chaque fois que la concertation aura permis d’avancer suffisamment sur un sujet, le gouvernement pourra introduire les mesures correspondantes sous forme d’amendements au projet de loi, à la place des ordonnances », a précisé Elisabeth Borne.

    Le projet de loi s’articule autour de deux grands volets (l’évolution du groupe ferroviaire et l’ouverture à la concurrence) et comporte 8 articles. « L’article 1er prévoit les dispositions à prendre en ce qui concerne les missions, l’organisation, la gouvernance et la forme juridique du groupe public ferroviaire, sans remettre en cause son statut public, de même que la gestion de l’emploi et du dialogue social, pour lui donner les moyens d’une plus grande efficacité et lui permettre de s’adapter, dans le même temps, à la concurrence de nouveaux opérateurs« , explique le texte gouvernemental.

    Ce même article prévoit aussi l’arrêt des recrutements au statut des nouveaux agents. Il y aura des discussions pour voir quelles garanties apporter aux salariés de la branche, a expliqué Elisabeth Borne. « Nous allons prendre le temps de lister ce qu’est le statut. Les organisations syndicales nous disent que c’est la contrepartie liée aux métiers de la SNCF. Or, ces contraintes doivent être reconnues au niveau de la branche dans la convention collective du secteur », a indiqué la ministre des Transports, qui devait recevoir le 15 mars de la part des dirigeants de la SNCF la feuille de route du groupe, et attend un large débat en interne pour construire un nouveau projet d’entreprise.

    Les articles suivants traitent de l‘ouverture à la concurrence. La ministre a expliqué quelques principes qui guideront les choix dans quelques domaines : pour ouvrir les grandes lignes à la concurrence, ce sera l’open access. En clair, la SNCF continuera à faire circuler ses TGV sur les lignes et d’autres opérateurs auront aussi la possibilité d’offrir leurs services s’ils le souhaitent. « Il y aura donc plus de trains », a affirmé Elisabeth Borne.

    Pour les TER, le gouvernement compte proposer de maintenir l’attribution directe à la SNCF jusqu’en 2023, tout en permettant aux régions qui le veulent de recourir dès décembre 2019 à des opérateurs concurrents. Toutefois, il pourra exister une possibilité d’exception qui « figurera dans la loi et les régions qui le souhaiteront pourront s’en servir dans des cas très précis et encadrés, dans l’esprit des textes européens« . Quant à l’Ile-de-France, le rythme d’ouverture à la concurrence reste encore à discuter, a ajouté Elisabeth Borne.

    En revanche, la ministre a repoussé à plus tard la question du désendettement, tout en rappelant la position du gouvernement : « Ce n’est pas un sujet législatif. Comme l’a déjà dit le Premier ministre, l’Etat prendra sa part au cours du quinquennat. Avant, il faut qu’on s’assure que cette dette ne va pas être reconstituée ».

    M.-H. P.

    Le gouvernement rogne les pouvoirs de l’Arafer

    L’article 6 du projet de loi habilite le gouvernement à recourir à une ordonnance en vue de « sécuriser l’établissement des redevances d’infrastructure et renforcer leur prévisibilité, en modifiant les conditions de fixation des péages et celles de leur examen par le régulateur, y compris la portée de l’avis qu’il rend« . En clair, c’est le gouvernement qui fixerait les tarifs des péages et l’avis de l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières ne serait plus que consultatif, alors que par le passé, il a plusieurs fois retoqué la grille de tarifs de SNCF Réseau et obligé à la revoir.

    Interrogé par Les Echos du 15 mars, Bernard Roman, le président de l’Arafer, a estimé que l’avis obligatoire dit « avis conforme » est « une mission centrale de l’Arafer. Vouloir le supprimer, c’est une erreur, une faute et même un contresens historique (…). L’affaiblir serait un signal désastreux envoyé aux nouveaux entrants« . Même inquiétude du côté de l’Association française du rail (Afra) qui y voit « un mauvais signe visant à réduire l’équité en matière d’accès au réseau pour les opérateurs ferroviaires » et réclame « un régulateur fort« , seul à même de garantir un fonctionnement efficace et équitable du système ferroviaire.

    Interrogée sur le rôle du régulateur, Elisabeth Borne a indiqué qu’elle avait bien entendu l’inquiétude du gendarme du rail. « Mon objectif n’est pas de l’affaiblir, son rôle est très important et mon souhait est que l’Arafer ait toute sa place dans le système ferroviaire demain« , a-t-elle affirmé.

  • Pau dévoile son bus à hydrogène

    Pau dévoile son bus à hydrogène

    Pau, qui se veut pionnière en France en lançant la première ligne de bus à hydrogène, a présenté le 28 février son futur véhicule à haut niveau de service baptisé Fébus, en honneur à la lignée des Gaston, comtes de Foix et vicomtes de Béarn. Attendu en septembre 2019, ce bus propre circulera sur une voie dédiée actuellement en chantier sur six kilomètres de rues.

    Il ira de la gare à l’hôpital, soit 14 stations, un parcours de 17 minutes et à un cadencement toutes les huit minutes. Long de 18 mètres, le bus fonctionnera « sans aucune nuisance » avec des batteries à hydrogène garantissant une autonomie de 240 km : les huit unités dessinées par Julien Gaubert (un ancien de Courrèges) sont en construction chez le belge Van Hool avec le concours de l’énergéticien Engie. Chacun pourra accueillir 125 passagers, et 1,2 million de voyageurs par an sont attendus pour démarrer.

    Michel Garicoix

  • Des bus au bioGNV sur l’aéroport Lyon-Saint Exupéry

    Des bus au bioGNV sur l’aéroport Lyon-Saint Exupéry

    L’aéroport Lyon-Saint Exupéry met en service des bus roulant au bioGNV (gaz naturel produit à partir de déchets organiques agroalimentaires) pour assurer les navettes entre parkings et terminaux. Selon le transporteur prestataire Berthelet, qui a écarté les bus électriques, le bioGNV est mieux adapté au service 19h/24 avec une autonomie de 600 km. Berthelet a également acquis un Navya autonome pour ses grands clients industriels en 2018.

    C. F.

  • WayzUp devient Klaxit et lève des fonds

    WayzUp devient Klaxit et lève des fonds

    WayzUp veut franchir un nouveau cap et créer « le champion européen du covoiturage quotidien ». L’occasion de changer de nom : la start-up se rebaptise Klaxit. « Pendant cinq ans, WayzUp a été un laboratoire de ce nouveau type de transport et a testé de nombreuses solutions avec les entreprises et les collectivités », explique Julien Honnart, le président-fondateur de Klaxit, en affirmant que la formule mise au point fonctionne.

    « C’est une fusée à trois étages : le premier repose sur notre appli spécifiquement conçue pour les itinéraires domicile – travail. Le deuxième a été édifié avec les entreprises qui sont nécessaires pour atteindre la masse critique. Le troisième, c’est le cofinancement des trajets par les entreprises et les collectivités », ajoute Julien Honnart.

    Selon lui, le cofinancement du covoiturage par les entreprises ou les collectivités permet de multiplier par quatre le nombre des utilisateurs. « Le trajet devient gratuit pour le covoituré qui comprend tout de suite l’avantage de la formule », résume le fondateur de Klaxit.

    Pour aller plus loin, Klaxit vient de réaliser une levée de fonds de trois millions d’euros avec cinq partenaires, Sodexo, RATP, Via ID, Maif et Inco. « Aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de plus de trois millions. Mais si on regarde qui sont nos cinq partenaires, on comprend que ce partenariat vaut beaucoup plus que trois millions d’euros ! », souligne Julien Honnart.

    Dans l’immédiat, cela va lui permettre d’embaucher dix personnes pour accélérer le développement. Actuellement la start-up compte 18 salariés. L’objectif dans deux ans est de se déployer dans les 50 plus grosses agglomérations françaises, puis d’aller à la conquête de l’Europe, en commençant par les pays frontaliers ainsi que par les trajets transfrontaliers.

  • Les grandes ambitions de Heetch

    La plateforme VTC française a annoncé le 23 janvier avoir levé 20 millions de dollars auprès de Felix Capital, Via ID, Alven, Idinvest Partners et InnoAllianz. Avec ces fonds, elle souhaite renforcer ses équipes techniques et son développement en France et à l’international.

    L’objectif de la start-up est de détrôner Uber en France et « de devenir, à terme, le Lyft européen (premier concurrent américain d’Uber, qui a réussi à s’imposer avec un positionnement plus humain et plus accessible et dans lequel Google a investi 500 millions de dollars en 2017) », explique-t-elle dans un communiqué.

    Cet objectif est déjà bien engagé, puisque selon elle, elle propose déjà l’application la plus utilisée et téléchargée, après celle d’Uber. Présente dans dix villes et cinq pays, Heetch a réussi à rebondir et affirme être d’une taille supérieure à celle d’avant sa condamnation (il y a un an, la justice l’avait condamnée pour exercice illégal de la profession de taxi, alors qu’elle se présentait comme un service de covoiturage de nuit). L’appli devrait être lancée dans deux ou trois nouveaux pays cette année.

  • A quoi ressemblera la ville de demain ?

    A quoi ressemblera la ville de demain ?

    Les villes sont confrontées à de multiples défis, liés à l’environnement, qui incitent de plus en plus d’élus à restreindre la circulation. Et des défis liés à la révolution numérique. Quelles opportunités peuvent-elles saisir pour se transformer ? Lors de la deuxième table ronde le 6 décembre, VR&T a questionné quatre acteurs, qui chacun à leur manière sont des partenaires de la ville de demain, intelligente et durable.

     

     

    Mohamed Mezghani.

    « Dans toutes les villes du monde on observe une hausse de la demande de mobilités. Ce qui nécessite un développement du mass transit », constate Mohamed Mezghani, secrétaire général de l’UITP. Ce qui implique de pouvoir investir dans des infrastructures lourdes à l’instar du Grand Paris. Autre tendance du moment : la digitalisation. « L’économie du partage favorise de nouvelles solutions de mobilité plus flexibles, à la demande et l’émergence de nouveaux acteurs. » D’où la nécessité de repenser la place donnée à chaque mode en prenant en compte des préoccupations de santé ou d’environnement. « La voiture en solo doit céder la place. L’autopartage se développer. Il faut augmenter l’usage du vélo. Et il faut anticiper le développement des véhicules autonomes partagés à la demande », résume Mohamed Mezghani avant de donner quelques exemples permettant d’aller dans le bon sens. « Pour diminuer la place de la voiture, Barcelone a créé des îlots urbains limités à 10 km/h. Cela a permis de faire baisser la circulation de 26 %. A Londres on construit des autoroutes à vélos et on interdit la construction de nouveaux parkings dans les nouveaux bâtiments. »

    Arthur Nicolet.

    « Il faut expérimenter », confirme Arthur Nicolet, président de Transdev Rouen, en rappelant que des véhicules autonomes à la demande seront testés l’année prochaine dans la ville normande, avec quatre Renault ZOE. Une opération qui coûtera 11 millions d’euros.

    Jean-Louis Houpert.

    A Paris, Jean-Louis Houpert, directeur Valorisation immobilière, Achat et Logistique de la RATP cherche à contribuer à l’édification d’une ville « inclusive et mixte ». « Comme le terrain est rare, nous cherchons à construire en superposant. Avec une ville du dessous utilisée pour de la maintenance, du remisage des bus et une ville du dessus avec des logements, des crèches. Et on essaye de financer la ville du dessous avec les droits à construire de la ville du dessus ». C’est ainsi que le centre de Montrouge qui a coûté 56 millions d’euros a été financé à 80 % par les droits à construire des bâtiments logés sur la plateforme.

    Nathalie Leboucher.

    Pour répondre aux besoins croissants de mobilité et au souhait des citoyens de pouvoir disposer de services personnalisés, Nathalie Leboucher, vice-présidente Europe de l’Ouest et Maghreb Kapsch trafficCom mise sur les possibilités offertes par la révolution digitale. « Pour contribuer à une mobilité intelligente, Kapsch peut mettre en place des péages urbains contribuant à une meilleure fluidité, organiser des voies gérées pour encourager le covoiturage ou les transports collectifs, équiper les parkings de capteurs permettant d’identifier les places libres, ou encore fournir des solutions permettant de lisser des pointes et d’avoir un meilleur paiement de la valeur temps. » Ce qui a été fait sur l’A14 avec des péages différenciés selon les horaires. Nathalie Leboucher constate que « les collectivités sont friandes de ces solutions parce que la mobilité est le problème numéro 1 des citoyens ».

    Jacques Van Wittenberghe.

    « En concevant la ville de demain, il ne faut oublier de prendre en compte la logistique urbaine », rappelle de son côté Jacques Van Wittenberghe, cofondateur d’Electric road, association qui se positionne comme une interface permettant d’accélérer le déploiement d’une mobilité propre pour tous les types de transports. Son projet E-Way a remporté un appel à manifestation d’intérêt de l’Ademe pour l’électrification des poids lourds sur l’A13. L’association travaille aussi sur un projet de livraison urbaine en électrique pour Carrefour et Monoprix. « On a besoin de 19 ou 26 tonnes pour livrer en ville, car si on limite l’accès aux centres-villes au VUL, on multipliera par quatre le nombre de camions nécessaires », affirme Jacques Van Wittenberghe. Enfin, ajoute-t-il en guise de conclusion, « construire la ville de demain implique de dialoguer et de n’oublier personne ».

     

    Valérie Chrzavzez-Flunkert

  • Comment préparer l’après pétrole ?

    Comment préparer l’après pétrole ?

    A partir de 2020, les collectivités devront opter obligatoirement pour des motorisations considérées comme propres pour au moins la moitié de leurs achats lorsqu’elles renouvelleront leurs flottes, conformément à la législation sur la transition énergétique. Quels pourraient être leurs choix ?  Eléments de réponse lors de notre troisième table ronde.

     

    Jean-Michel Lattes.

    En 2001, le dépôt de bus de Toulouse a été rasé par l’explosion d’AZF qui a détruit 300 véhicules. Pour les renouveler, la ville a décidé de passer au gaz. « Les débuts n’ont pas été simples », se souvient Jean Michel Lattes, premier adjoint au maire et vice-président de Toulouse Métropole, « mais aujourd’hui cela fonctionne bien ». La moitié des bus de la ville sont au gaz, et la flotte est complétée par des bus hybrides et quelques électriques. « Nous continuons à commander des bus au gaz, mais nous allons lancer une ligne électrique en test. Car nous estimons que le gaz reste

    Catherine Brun.

    une technologie polluante. On s’oriente vers un mix électrique/hydrogène à un horizon lointain. » Catherine Brun, directrice Commerciale de GRTgaz, rappelle que « même s’il reste des émissions de CO2 avec le gaz, c’est moins qu’avec le diesel. Et l’intérêt de passer en électrique dépend de la façon dont l’électricité est produite. Si c’est à partir de charbon, ce n’est pas solution pertinente écologiquement. » Ce qui n’est bien sûr pas le cas en France.
    Catherine Brun ajoute que l’utilisation de biométhane permet de réduire encore les émissions, et que produire du biogaz à partir des traitements des déchets est un moyen pour les collectivités de mettre en place une économie circulaire.
    Après des débuts difficiles, la filière gaz connaît un décollage depuis deux ans. Tirée par la filière poids lourds qui a fait du marché français le plus dynamique d’Europe, avec un doublement du nombre de véhicules chaque année ces deux dernières années. Quant aux stations, malgré leur coût (compter un million d’investissement), le réseau se développe. De 40 aujourd’hui on devrait passer à 100 l’an prochain et plus de 250 en 2020.

    Richard Dujardin.

    Richard Dujardin, directeur général France de Transdev, précise que pour qu’une station soit rentable, il faut une flotte de 40 véhicules. D’où la nécessité, « en matière de transition énergétique, de penser à long terme ». Parvenir à passer 50 % de sa flotte en véhicules propres d’ici 2020 n’est pas aisé sachant que l’électrique et l’hydrogène ne sont pas des techniques mûres et demandent des investissements conséquents. « Il ne faut pas se tromper sur la filière. On est là pour conseiller, mais c’est avant tout un choix politique structurant pour des collectivités qui ont des budgets contraints. »
    A Eindhoven, Transdev exploite des bus électriques. « En termes d’accueil des clients et des conducteurs c’est une réussite », assure Richard Dujardin qui précise qu’un autre paramètre est fondamental : la recharge. « A Eindhoven, la charge lente de nuit n’était pas satisfaisante. Cela nous a obligés à investir dans 43 bus articulés électriques pour remplacer 26 bus articulés diesel de manière à pouvoir les recharger entièrement la nuit et en partie dans la journée. » Soit un doublement de l’investissement. « Cela n’a été possible que parce qu’il y avait une volonté politique. »

    Xavier Hubert.

    Pour Xavier Hubert, directeur Industriel de Keolis, le gaz présente l’avantage d’être une solution mature tandis que l’électrique est appelée à progresser. « Avec le gaz les problèmes techniques et de maintenance sont derrière nous. On a une bonne vision du coût d’exploitation. On sait que la maintenance revient 30 % plus cher, tandis que les véhicules coûtent 15 % de plus. Mais on a une énergie deux fois moins cher au kilomètre. On peut donc faire le calcul pour savoir où est l’équilibre. » Mais si des clients ont la volonté de réduire plus fortement les émissions polluantes et disposent de moyens financiers conséquents, ils peuvent s’orienter vers l’électrique. « On travaille avec 11 constructeurs, on apprend beaucoup en expérimentant et on est capable de conseiller les autorités organisatrices », assure-t-il.
    Selon lui, si la RATP semble revoir à la baisse ses objectifs d’équipement en véhicules électriques, « c’est que leurs expérimentations ont permis de se rendre compte que la technique n’était pas adaptée immédiatement. Mais d’ici cinq ans, cela pourra évoluer ».
    Richard Dujardin ajoute que « la RATP n’avait peut-être pas anticipé les besoins d’autorisation des dépôts électriques et la difficulté de les obtenir quand il y a des habitats autour ». On retiendra qu’en matière de transition énergétique, « les transports publics doivent être exemplaires. L’appel d’offres de la RATP a bouleversé le marché. Le mouvement est en route. On va encore progresser », conclut Xavier Hubert.

    Valérie Chrzavzez-Flunkert