Catégorie : Transports urbains

Retrouvez toute l’actualité des transports urbains: Métro, RER, lignes de bus, constructeurs et opérateurs en France et à l’international

  • Alstom revient sur le marché du tram allemand

    Alstom revient sur le marché du tram allemand

    En signant avec les transports de Francfort (VGF) un contrat pour la fourniture de 38 tramways Citadis de 32 m (plus 15 en option), chiffré à près de 100 millions d’euros, Alstom reprend pied sur le marché allemand du tram, dominé par Bombardier et Siemens, et sur lequel les constructeurs polonais ont effectué quelques percées.

    Le Citadis destiné à Francfort est à plancher bas intégral, avec de larges surfaces vitrées, des éclairages à LED, des sièges individuels « confortables » et de larges écrans pour l’affichage d’informations sur les trajets. Il bénéficie d’innovations telles que des systèmes d’aide à la conduite, des feux de croisement automatiques et des détecteurs de pluie. Il pourra accueillir jusqu’à 197 voyageurs et sera doté de portes doubles uniquement. En outre, « des adaptations ont été faites spécialement pour le marché allemand avec notamment quatre bogies pivotants, qui permettent une flexibilité maximale du véhicule », et des caisses en acier.

    Les deux premiers Citadis pour Francfort seront livrés en 2020 et il serait intéressant de voir en quelle mesure la variante allemande du tram Alstom se distingue de la version originale. Peut-être les trams livrés à la CTS pour la ligne transfrontalière vers Kehl, qui satisfont aux normes allemandes (BoStrab), donnent-ils déjà quelques indices ?

  • CAF fournira 87 tramways à Oslo

    CAF fournira 87 tramways à Oslo

    C’est CAF qui a remporté le marché portant sur 87 trams pour Sporveien, le tramway d’Oslo. Évalué à plus de 200 millions d’euros, ce contrat comprend une option sur 60 trams supplémentaires. Longs de 34,16 m, ces tramways Urbos 100 comporteront six portes doubles et sont conçus pour fonctionner sous les conditions météorologiques norvégiennes. Munis d’espaces pour le transport de voitures d’enfants et de fauteuils roulants, ces tramways pourront transporter 220 personnes environ.Toutes les rames seront équipées d’une connexion Wi-Fi, de chargeurs USB, d’écrans pour le système d’information voyageurs, ainsi que d’un système de prévention des collisions avec les piétons. Deux trams de présérie seront évalués sur le réseau de la capitale norvégienne en 2020, avant une livraison des rames de série, entre 2021 et 2024.
  • L’avenir menacé de CarPostal France

    L’avenir menacé de CarPostal France

    Sur le stand de CarPostal, installé au beau milieu du salon des Transports publics, les visiteurs s’arrêtent, « mais pas forcément pour les raisons que l’on souhaiterait », commente un responsable de l’opérateur de transport public. Le jour même de l’ouverture du salon, le 12 juin, la presse suisse a en effet annoncé que CarPostal France pourrait cesser ses activités dans notre pays du fait d’un scandale qui agite sa maison mère sur le territoire helvétique.

    En cause, la publication de rapports internes démontrant des malversations financières de la part de Car Postal Suisse, qui aurait dissimulé de longue date et de façon systématique les bénéfices réalisés dans le transport régional subventionné de voyageurs, alors qu’elle n’a pas le droit de dégager des bénéfices sur cette activité.

    Selon le journal Le Temps, parmi les indices sur la manière dont ces bénéfices ont été utilisés, des soupçons portent sur le développement de CarPostal France qui s’est lancé en 2004 sur le marché hexagonal et gère aujourd’hui huit réseaux urbains (dont Dôle, ancrage historique de CarPostal France ou encore Bourg-en-Bresse et Mâcon) et exploite des lignes interurbaines et scolaires.

    D’où la demande du conseil d’administration de La Poste suisse de recentrer les activités et « d’examiner un retrait programmé de l’activité du transport de voyageurs en France ». Selon Le Temps, « deux options semblent tenir la corde : une vente de CarPostal France ou une cession différenciée des entités concessionnaires ».

    D’autant que CarPostal France fait aussi l’objet d’une procédure judiciaire pour concurrence déloyale sur plainte de trois sociétés concurrentes iséroises (voir aussi CarPostal condamné dès 2016 par le tribunal de commerce de Lyon), les plaignants se demandant si l’essor de CarPostal en France n’a pas bénéficié de ces transferts financiers illégaux.

    Interrogée par VR&T, Nathalie Courant, la directrice générale de CarPostal France, estime que « des élus regrettent l’expansion de CarPostal en France. C’est un vrai débat en Suisse ». Mais pour l’heure, ajoute-t-elle, « rien n’est décidé, rien ne change ». La directrice générale assure que « même si CarPostal France souffre aujourd’hui en termes d’image, l’entreprise continuera à répondre aux appels d’offres ». Rappelons que CarPostal est actuellement en position défensive sur l’appel d’offres de Bourg-en-Bresse.

    M.-H. P.

  • Los Angeles mise sur les PPP

    Los Angeles mise sur les PPP

    Vaste comté avec 10,1 millions d’habitants, le plus peuplé des Etats-Unis, Los Angeles est depuis longtemps considérée comme la ville de la voiture. Désireuse de mettre fin aux gigantesques embouteillages qui la classent pour la sixième année consécutive parmi les villes les plus congestionnées du monde, Los Angeles est en train de changer de visage. En 2016, les habitants ont voté à 71 % en faveur d’une taxe locale (une hausse d’un demi-point de TVA), qui devrait rapporter 860 millions de dollars annuels pour financer de nouveaux projets de transports.

    « Contrairement à la plupart des autres taxes qui sont créées sur des périodes déterminées (de 30, 40 ou 50 ans), la taxe approuvée par référendum n’a pas de fin. Ce qui est logique car la forte demande en transport ne devrait pas non plus s’arrêter à l’avenir », a expliqué Phillip A. Washington, le directeur général de Los Angeles County Metropolitan Transportation Authority (LA Metro), au cours du Salon des Transports publics, où Los Angeles était mise à l’honneur.

    L’objectif est de moderniser en profondeur les transports locaux, en jouant sur tous les modes qu’il s’agisse du rail (train de banlieue, métro et métro léger), de la route ou des pistes cyclables. Pour cela, il est prévu d’investir 120 milliards d’euros sur 40 ans. « Nous lançons le plus grand chantier d’infrastructures des Etats-Unis : nous allons réaliser 40 projets sur 40 ans. Mais nous avons aussi un autre calendrier en tête : réaliser 28 projets en 28 ans pour être prêts en 2028, au moment des JO », précise Phillip A. Washington. « La voiture n’est pas l’ennemi. Nous voulons promouvoir la mobilité dans toutes ses formes et favoriser la complémentarité entre les modes », ajoute-t-il.

    Projet prioritaire, une liaison ferrée connectée à l’aéroport devrait ouvrir l’an prochain. Autres priorités, le projet West Santa Ana branch (métro léger), la Purple Line du métro vers Beverly Hills et l’UCLA ou encore le Regional Connector, qui ne s’étend que sur quelques kilomètres mais permettra de connecter des liaisons entre elles via le centre-ville.

    Pour accélérer le mouvement, Los Angeles compte recourir à des PPP. « Nous demandons au secteur privé d’investir dans le financement, conception, la construction, l’exploitation et la maintenance. Cela va nous permettre d’accélérer la réalisation de nos projets et de transférer le risque sur le privé. En contrepartie, nous lui assurons un retour sur investissement sur une durée d’environ 30 ans à un taux raisonnable », précise encore le dirigeant de LA Metro.

    Sur le salon, les industriels et opérateurs français n’ont pas manqué de venir le saluer car, raconte le responsable américain, ils connaissent parfaitement les projets ambitieux de la cité des Anges.
    Le comté espère ainsi faire passer la part des transports publics d’un peu moins de 10 % aujourd’hui à 25 % dans 15 à 25 ans. Et devenir demain un modèle pour la mobilité en Amérique du Nord.

    Marie-Hélène POINGT

  • Les transports de Saint-Malo font peau neuve

    Les transports de Saint-Malo font peau neuve

    Le réseau de transports publics de l’agglomération de Saint-Malo évolue : dans le cadre de la délégation de nouveau attribuée à Keolis, il a été rebaptisé MAT (Malo Agglo Transports), au lieu de KSMA (Keolis Saint-Malo Agglomération) et la nouvelle livrée des véhicules a été dévoilée le 1er juin.

    Par ailleurs, l’agglo a adopté la carte régionale KorriGo, la même que Rennes, Brest ou Quimper… « Avec ce système billettique, le téléphone mobile peut aussi être utilisé comme support pour les titres de transport », explique l’agglomération dans un communiqué, en rappelant aussi que pour les voyageurs qui ne sont pas abonnés, des tickets sans contact rechargeables sont disponibles. Une campagne d’échange des anciens tickets doit avoir lieu jusqu’au 31 août.

     Photo : Gérard Lahellec, vice-président de la région Bretagne chargé des Transports, et Claude Renoult, président de Saint-Malo Agglomération, ont présenté la carte Korrigo et la nouvelle livrée des bus malouins le 1er juin.

     

  • Transdev revient en République Tchèque

    Transdev revient en République Tchèque

    Transdev a annoncé aujourd’hui avoir remporté quatre appels d’offres en République Tchèque pour exploiter des lignes de bus interrégionaux dans la région de Moravie-Silésie, dans l’est du pays. « Ces contrats prévoient la mise en service – en décembre 2018 – de 125 bus, dans les régions de Bruntál, Krnov, Nový Jičín [photo] et Rýmařov, pour une période de dix ans. Ces nouveaux services de bus représentent une capacité totale de 7,7 millions de kilomètres annuels », souligne le groupe de transport public français dans un communiqué.

    Pour Transdev, qui va investir 20 millions d’euros dans une nouvelle flotte de bus, c’est un retour en République Tchèque que l’entreprise avait quitté en mai 2013,  après avoir lancé un vaste plan de restructuration pour redresser les comptes. Pour favoriser ce retour et remporter le marché, Transdev République Tchèque a été créée en janvier 2018. L’effectif devrait dépasser les 200 employés, explique encore Transdev qui compte « intensifier sa croissance dans le domaine des bus et – à plus long terme –dans celui du ferroviaire » en République Tchèque.

     

     

  • Le Havre va proposer un service de transport public 24 heures sur 24

    Le Havre va proposer un service de transport public 24 heures sur 24

    A partir du 1er juin, la Communauté de l’agglomération havraise (Codah) va proposer un service de transport public y compris la nuit, de 0h30 à 5h du matin (jusqu’à 6h15 le dimanche), via au dispositif baptisé LiAdeNuit qui devient un service de transport nocturne à la demande tout au long de l’année. « Grâce à cette nouveauté, la Codah devient la première agglomération de France à disposer d’un réseau de transport en commun sans interruption de service », indique la collectivité dans un communiqué.

    « J’ai souhaité que ce service devienne permanent parce qu’il est tout aussi utile aux noctambules qui rentrent en sécurité qu’aux salariés qui travaillent la nuit ou se lèvent tôt », explique Luc Lemonnier, maire du Havre et président de la Codah.

    « Le nouveau service LiAdeNuit est mis en place dans le cadre de la nouvelle délégation de service public 2018-2023 du réseau LiA, confiée à CTPO-Transdev, opérateur historique de la mobilité dans l’agglomération havraise », explique encore la Codah. Les réservations se feront en ligne (www.transports-lia.fr) entre 24 heures et 30 minutes à l’avance. Le service LiAdeNuit sera assuré par des véhicules de neuf places et les usagers seront pris en charge et déposés aux arrêts identifiés par un pictogramme « LiAdeNuit » dans huit communes suivantes (Le Havre, Fontaine-la-Mallet, Gainneville, Gonfreville-l’Orcher, Harfleur, Montivilliers, Octeville-sur-Mer, Sainte-Adresse).

    A partir de septembre, des évolutions sont prévues pour améliorer progressivement le service avec des lignes de bus plus directes et aux fréquences et amplitudes horaires élargies. Un nouveau service de transport à la demande sur la zone industrialo-portuaire, Flexi’LiA, et un nouveau service de location de vélo dans l’agglomération doivent aussi être lancés.

    Actuellement, LiA transporte 100 000 voyageurs par jour sur les 14 lignes de bus, deux lignes de tramway, un funiculaire, une ligne express régionale (LER) de train et un service de transport pour les personnes à mobilité réduite.

  • A Montréal, le consortium Alstom/SNC-Lavalin signe pour le REM

    A Montréal, le consortium Alstom/SNC-Lavalin signe pour le REM

    Il s’appelle REM – prononcer « rème » – pour Réseau express métropolitain et doit être le projet majeur des prochaines années dans le domaine des transports publics à Montréal. Son premier tronçon devrait entrer en service commercial à l’été 2021 et lorsqu’il sera achevé, le REM constituera l’un des métros automatiques les plus étendus au monde, avec 67 km de lignes et 26 stations, dépassé seulement par le réseau de Dubaï et le SkyTrain de Vancouver. Le centre-ville de Montréal, où des correspondances seront offertes avec le métro et les trains de banlieue, sera alors relié d’un côté avec la Rive-Sud. De l’autre côté, au-delà du Mont-Royal, trois branches partiront vers la Rive-Nord, l’Ouest-de-l’Ile et l’aéroport international Pierre-Elliott-Trudeau. Sur ces trois branches, celle vers Deux-Montagnes reprend le tracé de la ligne de banlieue du même nom, ainsi que son tunnel sous le Mont-Royal, le reste du parcours étant majoritairement aérien.

    Pour réaliser, équiper et exploiter un tel réseau, CDPQ Infra, la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec qui a financé et défini ce projet, a procédé à deux appels d’offres, l’un pour l’ingénierie, l’approvisionnement et la construction des infrastructures, l’autre pour le matériel roulant, les systèmes et services d’exploitation et de maintenance. Les noms des entreprises retenues circulaient déjà depuis plusieurs semaines, mais depuis la signature intervenue le 12 avril, en même temps que la première pelletée de terre symbolique (photo), ils sont officiels. SNC-Lavalin grands projets, Dragados Canada, Groupe Aecon Québec, Pomerleau et EBC, ainsi que SNC-Lavalin inc. et Aecom consultants ont été choisis pour le premier contrat, alors que le groupe des Partenaires pour la Mobilité des Montréalais (PMM), un consortium créé avec SNC-Lavalin et dirigé par Alstom, a remporté le second. « C’est la première fois dans l’histoire du transport public qu’un projet d’une telle ampleur est attribué en moins de deux ans », rappelle Jérôme Wallut, vice-président senior d’Alstom pour l’Amérique du Nord.

    Ce deuxième contrat couvre la fourniture d’un système complet de métro léger automatique et sans conducteur (GoA4), qui comprend le matériel roulant et la signalisation ainsi que les services d’exploitation et de maintenance. Le contrat total s’élève à environ 2,8 milliards de dollars canadiens (1,8 milliard d’euros), dont 2,2 milliards de dollars canadiens (1,4 milliard d’euros) pour Alstom, producteur des 212 voitures de métro de type Metropolis (106 rames de deux voitures), du CBTC (contrôle de trains basé sur la communication) Urbalis 400 et du centre de contrôle Iconis à fournir par PMM. Ce groupe fournira aussi les portes palières et le Wi-Fi, ainsi que 30 ans de services d’exploitation et de maintenance. Le groupe PMM est également chargé des essais d’intégration des trains et du système complet, ainsi que de l’équipement des dépôts pour la maintenance des trains.

    « C’est une confirmation de notre compétence de systémier, qui nous permet d’entrer sur un marché québécois et canadien en pleine croissance », souligne Jérôme Wallut, qui précise qu’Alstom « capitalise sur l’expérience des métros de Riyad et Panama », et ajoute que les rames du REM seront « winterisées ». Quant à l’autre membre du groupe, SNC-Lavalin, il est déjà présent sur le SkyTrain de Vancouver depuis les années 1980. Durant la phase de construction et la période d’exploitation et de maintenance de 30 ans, « le Groupe PMM créera de nouveaux emplois permanents de qualité dans le secteur technologique », indique Alstom, « notamment des postes de spécialistes des systèmes automatisés, de mécaniciens de matériel roulant, de régulateurs de centres de contrôle, d’opérateurs de maintenance et de spécialistes des systèmes de contrôle ». Durant toutes ces phases, l’emploi local devrait être favorisé avec « 250 emplois directs à long terme au Québec et 350 emplois locaux pendant la période la plus chargée », selon Jérôme Wallut, d’autant plus que « 67 % des investissements seront effectués au Québec » selon le groupe PMM. « La production locale exigée est de l’ordre de 25 % au Québec », rappelle le vice-président senior d’Alstom pour l’Amérique du Nord. Si l’on est ici largement au-dessus, c’est en grande partie parce que nombre de tâches du contrat ne peuvent pas être effectuées ailleurs ! En revanche, la décision d’attribuer la construction des trains à Alstom a fait grincer des dents au pays d’origine de Bombardier. D’autant plus que les journaux québécois soulignent que les voitures seront produites en Inde, ce qu’a confirmé Henri Poupart-Lafarge lors d’une conférence de presse.

    Mais l’emploi local devrait être gagnant à terme, du moins l’emploi qualifié. En effet, le REM doit amener l’implantation à Montréal d’un Centre d’expertise mondial d’Alstom dans la recherche et le développement des systèmes intégrés de contrôle en mobilité urbaine, regroupant environ 100 professionnels « qui auront pour mission de faire avancer notre expertise en s’appuyant sur le savoir-faire montréalais en technologies numériques avancées et en intelligence artificielle », ajoute l’industriel. « C’est dans ce centre que seront développées les technologies de pointe qui serviront à de nombreux projets d’Alstom à travers le monde. »

    Ceci alors qu’Alstom emploie déjà plus de 400 personnes sur ses sites canadiens de Montréal, Sorel-Tracy, Toronto et Ottawa, avec des projets en cours comme les nouvelles rames de métro Azur pour la Société de transport de Montréal (STM) avec Bombardier ou les tramways Citadis Spirit pour Toronto et Ottawa côté matériel roulant. Alstom fournit également les nouveaux centres de contrôle pour la STM et GO Transit (Toronto), d’une nouvelle signalisation pour l’Union Station de Toronto, d’un CBTC Urbalis pour la ligne 1 de la Commission de transport de Toronto (TTC), ainsi que d’une solution complète de signalisation pour le tramway de Waterloo. De plus, les sites canadiens d’Alstom travaillent également pour l’exportation : spécialisé dans les bogies, le site de Sorel-Tracy produit également pour des projets au Chili et aux Etats-Unis.

    Et si l’on ajoute le projet REM, « Alstom a atteint une taille critique au Canada, avec de nombreux ingénieurs de haute qualité », juge Jérôme Wallut, qui ajoute que « la ville de Montréal a une stratégie de développement digital », où la solution de supervision multimodale Mastria proposée par Alstom trouverait toute sa place. « Alstom est durablement canadien », conclut le vice-président senior d’Alstom pour l’Amérique du Nord, pouvant fournir « toute la gamme » de ce que demandent les transports publics américains, marché où « les projets se réalisent rapidement ».

    Patrick LAVAL

  • Transdev attend son heure dans le ferroviaire

    Transdev attend son heure dans le ferroviaire

    Avec un chiffre d’affaires quasiment stable à 6,6 milliards d’euros et un résultat net en hausse de 15 % (76 millions d’euros), Transdev a amélioré sa performance globale en 2017, a indiqué Thierry Mallet en présentant ce matin les résultats enregistrés l’an dernier par son groupe. La dette baisse régulièrement et atteint désormais 528 millions d’euros. Ces résultats, en ligne avec la feuille de route assure le PDG du groupe, traduisent un accroissement des marges financières. Ce qui doit permettre au groupe contrôlé par la Caisse des Dépôts de poursuivre sa stratégie de développement de ses activités et de ses ambitions dans le domaine de la mobilité électrique et autonome.

    L’an dernier a été marqué par plusieurs acquisitions, en particulier en Suède, où Transdev a acheté une société ferroviaire réalisant un chiffre d’affaires annuel de 16 millions d’euros. Le groupe a aussi mis la main sur une compagnie de ferries dans la région de Stockholm pour pouvoir répondre à plusieurs appels d’offres prévus cette année.

    Parmi les contrats gagnés l’an dernier, citons ceux remportés aux Etats-Unis, où le groupe souhaite renforcer sa présence : Transdev a été retenu à Phoenix pour le Valley Metro (100 millions de dollars sur cinq ans) et dans l’Etat de New York pour un BHNS (125 millions sur 12 ans). En Nouvelle-Zélande, le groupe français a vu allongé de deux ans et demi son contrat d’exploitation des trains de banlieue d’Auckland.

    Aux Pays-Bas, Transdev vient de démarrer le contrat Amstelland-Meerlandern dans la région d’Amsterdam où il exploite 300 bus dont une bonne partie roule à l’électricité (100 % prévus en 2021). Au chapitre des échecs, citons le métro de Doha, remporté notamment par RATP Dev-Keolis alors que Transdev a inscrit l’Asie parmi les zones stratégiques de développement.

    Conséquence, la part de l’activité réalisée en France a augmenté (elle atteint 39 %), malgré les revers subis notamment à Lille et à Besançon, où le groupe n’a pas réussi à décrocher le contrat d’exploitation des transports publics dans la compétition qui l’opposait à son principal concurrent Keolis. Mais il a été renouvelé pour six ans au Havre (pour 340 millions d’euros) et à Niort où il a remporté une DSP de 66 millions d’euros sur six ans, « totalement multimodale ». Après l’acquisition d’Urbis Park fin 2016, Transdev a aussi remporté plusieurs contrats de contrôle du stationnement payant en voirie à Paris (six arrondissements), Bordeaux et Nice, via la société Moovia.

    Parmi les perspectives de développement fortes en France : l’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire que « nous soutenons vivement », souligne Thierry Mallet. « Si on veut une amélioration globale du ferroviaire en France, il est indispensable d’ouvrir vraiment le marché », insiste-t-il.

    L’ouverture à la concurrence dans le ferroviaire, qui devrait devenir effective pour les TER à partir de la fin 2020-début 2021, devrait concerner dans un premier temps 10 % du marché global des TER, estime Thierry Mallet. « Si Transdev réussit à en conquérir la moitié, soit environ 200 millions d’euros, cela pourrait représenter l’équivalent de la taille de quatre à cinq beaux marchés urbains. Ce n’est pas anodin pour nous », commente-t-il.

    L’appel d’offres en cours pour choisir l’exploitant de la future liaison ferrée CDG Express, qui oppose Transdev au tandem RATP-Keolis, sera un premier test permettant de voir si la compétition est loyale, estiment les dirigeants de Transdev.

    Pour réussir la réforme ferroviaire, il faut toutefois une seconde condition indispensable, ajoutent-ils : « Il ne faut pas rigidifier le modèle social ». Pour le PDG de Transdev, qui est aussi le président de l’UTP (Union des transports publics) en première ligne dans les négociations de branche collective pour le ferroviaire, l’un des éléments clés touche à l’organisation du travail, qui devra être plus souple qu’aujourd’hui. « Le travail sera différent avec plus de responsabilisation et de la polyvalence pour les équipes sur le terrain. L’enjeu, c’est de pouvoir travailler différemment », souligne Thierry Mallet.

    C’est ce qui permettra aussi de faire revivre certaines petites lignes aujourd’hui menacées. « Il faut faire en sorte par exemple que le chef de train puisse être aussi le conducteur. C’est typiquement le cas sur la ligne Carhaix – Paimpol que nous exploitons : une seule personne dans le train s’occupe de tout, y compris de la propreté du train. C’est presque un autocar sur rail, » rappelle-t-il.

    Selon lui, « l’ouverture du marché ferroviaire va également forcément impacter l’activité des cars. Un des moyens de régénérer les lignes passera par la complémentarité entre ces deux mondes. Il faut de la fréquence mais il faut aussi du rabattement par car. Les régions commencent à avoir une vision multimodale de cette question ».

    Marie-Hélène POINGT

     

    Transdev prêt à payer plus les cheminots

    Opération séduction vers les cheminots : interrogé sur la question du transfert d’agents SNCF chez un nouvel opérateur ferroviaire en cas de perte de contrat par l’opérateur historique, Thierry Mallet a expliqué que «chez Transdev, on souhaite accueillir des volontaires. Nous voulons faire en sorte qu’ils aient envie de venir chez nous. Je suis prêt à les payer plus, pour autant qu’ils soient prêts à travailler différemment. Nous allons introduire de l’innovation dans la manière dont ils vont travailler. La SNCF a d’ailleurs aussi déjà commencé à réfléchir en interne à la façon dont elle va réorganiser le travail ».

  • Keolis renouvelé à Las Vegas

    Keolis renouvelé à Las Vegas

    La filiale de transport public de la SNCF a annoncé le 2 avril avoir vu renouvelé son contrat d’exploitation du réseau de bus situé dans la vallée sud de Las Vegas. L’autorité organisatrice locale (Regional Transportation Commission of Southern Nevada, RTC) a en effet reconduit Keolis pour cinq ans à partir de juillet prochain.

    Présent depuis 2013, le groupe français exploite et maintient localement une flotte de 250 bus sur 17 itinéraires, permettant d’assurer 37 millions de voyages annuels.