Pourquoi les nouveaux trains à grande vitesse d’Alstom ont séduit les Américains

La nouvelle n’aura pas surpris les spécialistes du secteur ferroviaire américain. Mais depuis l’annonce faite par le vice-président Joe Biden, c’est officiel : le 26 août, Amtrak et Alstom ont annoncé avoir signé un contrat en vertu duquel…
l’industriel concevra et construira 28 trains à grande vitesse destinés au Corridor nord-est (Northeast Corridor – NEC) entre Boston et Washington D. C. via New York et Philadelphie (730 km). S’ajoute à ce contrat un deuxième, à long terme, par lequel Alstom fournira à Amtrak un support technique et les pièces détachées et composants pour la maintenance des nouveaux trains. Au total, ces contrats s’élèvent à 2 milliards de dollars, soit 1,8 milliard d’euros.

Attendue dans les années 2021-2023, la nouvelle génération de trains à grande vitesse du Corridor nord-est, remplacera les actuels trains Acela, construits par le consortium Alstom-Bombardier et mis en service à la fin de  l’an 2000. De plus, les nouvelles rames augmenteront la capacité de transport de voyageurs, avec des dessertes plus fréquentes, des temps de trajets raccourcis et une optimisation des frais d’exploitation et de l’efficacité énergétique, précise Alstom. Un investissement de la part d’Amtrak dans un contexte de hausse de la fréquentation, passée de 2,4 millions de voyageurs en 2002 (année fiscale) à 3,5 millions en 2014. Mais aussi une mise de deux milliards de dollars qui survient précisément au cours des derniers mois de la présidence Obama, jusque-là décevante en matière d’investissements pour les trains à grande vitesse, malgré l’intérêt affiché pour le transport ferroviaire par le vice-président.

Comme l’Acela qu’il remplacera, le train commandé par Amtrak, désigné Avelia Liberty, sera pendulaire. Mais conçu vingt ans plus tard, il mettra en œuvre une technologie pendulaire Tiltronix différente, basée sur l’anticipation des courbes pour les franchir plus confortablement à grande vitesse. Mais surtout, par rapport à l’Acela, l’Avelia Liberty se distingue par son architecture articulée, largement éprouvée sur les trains de la famille TGV. Composée d’une motrice compacte (avec structure anticollision CEM « innovante ») et de neuf voitures, avec la possibilité d’en ajouter trois en cas d’augmentation de la demande, la nouvelle rame pourra transporter jusqu’à un tiers de voyageurs en plus que les trains actuels. Côté performances, le train pour le Corridor nord-est n’aura pas grand-chose à envier aux TGV d’Europe ou de Corée, étant capable d’atteindre la vitesse de 300 km/h. Toutefois, l’Avelia Liberty ne dépassera pas « dans un premier temps » les 257 km/h, limite de vitesse permise par les voies actuelles du Corridor, faute de voies dédiées à grande vitesse.

Législation américaine oblige, les rames Avelia Liberty destinées au Corridor nord-est seront à 95 %  produites aux États-Unis, l’assemblage étant réalisé sur le site historique d’Alstom à Hornell (Etat de New York). Leur maintenance sera réalisée dans les dépôts d’Amtrak à Boston, New York et Washington D. C., « dans le cadre d’un contrat de fourniture de pièces de rechange et d’assistance technique avec le soutien des sites Alstom de New York, du Delaware et de l’Illinois pendant une période de 15 ans, avec une option pour 15 années supplémentaires », précise le constructeur.

 

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