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La rame Oaris de CAF bientôt en essais
Début février, des sources internes au constructeur ferroviaire ibérique CAF ont indiqué que leur unité Oaris va, « dans les semaines qui viennent », sortir de l’usine de Beasain (Pays basque) pour entamer des essais puis des tests grandeur nature sur les voies à grande vitesse du réseau espagnol de l’Adif. Oaris est une rame faite maison, capable de dépasser les 300 km/h, polyvalente pour s’adapter aux écartements, signalisations et courants européens. CAF a investi 50 millions d’euros dans ce projet qui a le soutien du ministère de l’Industrie espagnol et du programme technologique Cenit AVI 2015.
Ansaldo remporte la rénovation de Turin – Padoue
Un consortium emmené par Ansaldo a remporté le contrat de signalisation de la ligne classique Turin – Padoue. Un contrat de 486 millions d’euros (part d’Ansaldo : 200 millions d’euros). La ligne Turin – Padoue est une part du corridor D, Lisbonne – Kiev, du réseau transeuropéen, qui requiert l’ERTMS niveau 2. Le contrat comprend la fourniture de deux postes de contrôle commande.
La SNCF et les CFF renforcent leur partenariat dans Lyria
Les CFF et la SNCF ont signé le 16 février à Paris un nouvel accord commercial pour 12 ans, destiné à renforcer et à développer leur partenariat dans l’offre à grande vitesse entre la France et la Suisse, exploitée sous la marque TGV Lyria. En 2010, Lyria a transporté 4 millions de voyageurs et enregistré un chiffre d’affaires de 260 millions d’euros, en progression de 17 % par rapport à 2009. Les deux opérateurs ont décidé de transférer 19 rames interopérables en décembre 2012 à leur structure commune Lyria SAS, chargée de la gestion commerciale et opérationnelle de l’offre.
Paris – Normandie : Philippe Duron veut que Caen fasse jeu égal avec Le Havre
A l’issue du comité de pilotage de la ligne nouvelle Paris – Normandie, le 16 février, Philippe Duron, député et maire de Caen, après avoir rappelé que « les Bas-Normands subissent un service ferroviaire dégradé », demande qu’avec la ligne nouvelle, « Caen soit, comme Le Havre, à 1 h 15 de Paris. » Selon le projet actuel, Paris et Caen devraient être à « moins de 1 h 30 ». Pour leur part, les élus d’Europe Ecologie s’élèvent contre un projet dont le coût oscille, selon les scénarios, « entre 7 et 12 milliards d’euros » Pour eux, « la mobilisation de tels moyens dans ce projet passe clairement à côté des enjeux urgents du transport ferroviaire. »
Le tunnel AVE sous Madrid totalement foré
Le vendredi 11 février, a été donné sous Madrid le dernier coup de pioche : le gros œuvre du tunnel de 6,8 km entre les gares de Chamartin au nord et d’Atocha au sud est ainsi terminé. Longue de 7,3 km, la liaison aux standards européens (écartement, courant monophasé, signalisation) permettra de relier à 45 m sous terre les réseaux à grande vitesse du Sud (Séville), du Levant (Valence) et de Catalogne avec ceux du nord et du nord-ouest du pays (de San Sebastián à La Corogne). Les trains pourront passer ainsi directement sous la capitale, qui deviendra de la sorte également le point névralgique du nouveau maillage ibérique à grande vitesse. Un investissement de 206 millions d’euros (pour l’aménagement, la plate-forme et les voies) a été engagé sur ce projet.
Thales fournira le système de contrôle du métro de Panama
A Panama, le consortium Alstom/Thales/CIM-TSO/Sofratesa a été sélectionné pour fournir le système de contrôle des trains de la première ligne de métro de la capitale. Thales en assurera la supervision et les télécommunications. Celle-ci, orientée nord-sud, d'une longueur de 13,7 km, dont 7,2 km en tunnel et 6,5 km de viaducs, sera jalonnée de 13 stations. Elle sera opérationnelle fin 2013.
Projet chinois de canal sec en Colombie pour doubler Panama
« C’est une vraie proposition, et elle est bien avancée », a déclaré Juan Manuel Santos, président de la République de Colombie, au Financial Times le 13 février. Un chemin de fer de 220 km, qui serait construit par la Chine, relierait la côte Pacifique jusqu’à une nouvelle ville proche de Cartagena (Colombie), sur l’Atlantique, d’où les produits chinois seraient assemblés et expédiés sur le continent américain. Un autre projet, très avancé, consiste à développer le port de Buenaventura, sur le Pacifique, et à construire une ligne de 791 km jusqu’au cœur économique de la Colombie et aux mines de charbon. Ce chemin de fer (coût : 7,6 milliards de dollars), financé par la Chinese Development Bank et exploité par China Railway Group, connaîtrait un trafic annuel de 40 millions de tonnes.
Des hélicos pour traquer les voleurs de métaux
Contre les vols de cuivre en pleine recrudescence, au rythme de l’envolée des cours du cuivre, la gendarmerie et la SNCF font opérations communes et lancent les hélicoptères. C’est l’enjeu essentiel du protocole d’accord signé — discrètement — entre les deux partenaires le 14 février. Selon cette convention, la gendarmerie accorde un crédit de cent heures de vol de ses 48 hélicoptères disponibles en métropole. Parmi ces appareils, des EC-135 dotés d’une puissante caméra. Si les grands moyens sont déployés, c’est parce que le phénomène prend une ampleur inédite. Les vols de cuivre, une cinquantaine par jour, auraient coûté l’an passé, selon la SNCF, près de 35 millions d’euros, une facture réglée par Réseau Ferré de France. Au-delà du préjudice, il y a l’impact sur les trains et les retards à répétition évalué, en 2010, à 350 000 minutes, soit 5 833 heures, perdues par les voyageurs. Et sans réactions particulières, la situation semble vouer à s’aggraver.
Des études exploratoires pour rapprocher Brest et Quimper de Paris
La région Bretagne et Réseau ferré de France (RFF) ont réaffirmé le 8 février leur volonté de mettre Brest et Quimper à 3 heures de Paris, mais aucune date n’a été fixée. Les deux villes du Finistère, aujourd’hui à environ 4 heures de la capitale, seront à 3 heures 08, en 2016, après la réalisation de 182 km de ligne à grande vitesse (LGV) entre Le Mans et Rennes et l’amélioration des lignes existantes Rennes – Quimper et Rennes – Brest. Pour gagner de nouvelles minutes, il faudra construire des tronçons à grande vitesse supplémentaires, le président de région, Jean-Yves Le Drian (PS), les chiffrant à « environ 40 km » pour chacune des lignes Rennes – Quimper et Rennes – Brest. Des études exploratoires ont été lancées avec le souhait de pouvoir « organiser un débat public à l’horizon 2013 », ont annoncé RFF et la région.

Penser le bus comme un système, plus seulement comme un produit
Le projet EBSF, pour European Bus System of the Future, reprend le travail commencé au début des années 2000 par huit entreprises françaises de transport urbain, des opérateurs et quelques villes européennes sur le « bus du futur ». Moins axé sur les matériels, le nouveau programme, élargi à l’Europe, coordonné et géré par l’UITP, plus ambitieux que son aîné, travaille à la définition de concepts, à la génération de spécifications et de recommandations. Et une première conclusion a pu être rapidement dégagée : « l’absolue nécessité d’une vision globale pour la mise en œuvre coordonnée de tous les vecteurs du déplacement urbain ». UN PROJET INABOUTI
Vers le tournant du siècle, huit entreprises de transport urbain européennes ont lancé un groupe de travail sur le « bus du futur ». Ce groupe, à forte coloration française (d’abord engagé par la RATP, il comprenait aussi Keolis, Connex, Transdev, et associait Genève, Copenhague, Lisbonne et la Wallonie), travailla de 2002 à 2004 sous l’égide de l’UITP. L’idée était de diriger les réflexions des constructeurs de bus en fonction des besoins des transporteurs et non au gré de la créativité technique…
L’approche était de toute évidence pertinente, et l’analyse rigoureuse permit de dégager l’essentiel des fonctionnalités propres à servir cet objectif. Une approche d’innovation design fut aussi lancée, car depuis l’apparition des bus à plancher bas, les transporteurs jugeaient que le design des bus avait très peu évolué.
Mais le projet ne déboucha en fait sur rien de concret, pour au moins deux raisons :
• les constructeurs, peu ou pas associés à la réflexion, considéraient que ce travail, exclusivement centré sur le produit, empiétait sur leur zone de compétences et interférait avec le champ compétitif
• la Commission, sollicitée, rejeta le projet à cause de l’absence des constructeurs, et aussi parce qu’à l’époque ils ne considéraient pas le bus, produit local, comme porteur d’innovation à l’échelle européenne.
Toutefois, le besoin demeurait, et le travail accompli a pu être capitalisé et réinvesti par la suite dans le projet EBSF.
LA GENÈSE DE EBSF
L’année 2005 fut celle du tournant :
• l’apparition des systèmes de type BHNS montrait que le bus pouvait quitter son statut de produit (ou sous-produit !) de complément et devenir à son tour structurant
• la DG recherche et la DG Tren de l’Union européenne décidèrent d’inclure les bus dans les grands projets de développement européens du transport public
• les autorités responsables de transport virent, comme les opérateurs, dans l’organisation des systèmes bus une importante source d’attractivité et d’efficacité économique
• les grands constructeurs, qui avaient pris conscience de l’opportunité promotionnelle, acceptèrent de revenir dans le jeu coopératif, à condition de le centrer sur le « système » et non exclusivement sur le « produit ».Le mouvement pouvait s’accélérer :
• la DG Recherche lança un appel à projets en mai 2006 dans le cadre du 7e PCRD
• l’UITP coordonna la réponse
• le programme EBSF fut évalué favorablement en octobre 2007 et approuvé en décembre.
L’objectif général était l’analyse et la caractérisation d’une solution intégrée, labellisable, compétitive, prenant appui sur l’approche systémique (véhicules, infrastructures, systèmes d’information).
LE PROGRAMME EBSF
Ce programme se déroulera sur quatre ans, de 2008 à 2012. Il bénéficie d’un budget global de 26 millions d’euros, financé à hauteur de 16 millions d’euros par l’Europe, soit un des budgets les plus importants de recherche pour le 7e PCRD.
Coordonné et géré par l’UITP, il regroupe un consortium de 47 participants en provenance de onze pays et fédère tous les acteurs du système :
• 5 constructeurs majeurs
• 8 fournisseurs (surtout de systèmes d’information)
• 9 opérateurs locaux et internationaux
• 4 autorités organisatrices
• 5 associations nationales
• 16 universitaires, consultants, centres de recherche…Les acteurs français sont fortement impliqués : RATP, Veolia, Irisbus, UTP, Certu, Nantes Métropole, Inrets, Actia, Ineo. Le consortium, piloté par une direction de projet, s’appuie en outre sur un « groupe des utilisateurs », opérateurs et autorités non membres du consortium, dont Keolis et Sytral pour la France.
LES INGRÉDIENTS ESSENTIELS DU « SYSTÈME BUS »
Pour être efficace, l’approche système doit impliquer harmonieusement tous les éléments contributifs et tous les sous-systèmes dans une approche intégrée :
• insertion urbaine, infrastructure, conception des réseaux
• information passagers (à bord, en station, à domicile…)
• traitement de l’intermodalité
• standardisation des systèmes d’information (y compris lien avec les systèmes d’exploitation, dont la maintenance préventive)
• aspects économiques pour autorités et opérateurs
• aspect sûreté et sécurité.Le véhicule reste un élément déterminant du système, et EBSF traite les aspects essentiels, sans freiner bien sûr la créativité des constructeurs et notamment sans interférer avec le design des Bus… :
• modularité interne, circulation à bord
• modularité externe
• guidage, facilité d’accès
• poste de conduite
• systèmes embarqués, standardisation des protocoles de communication.Le programme couvre partiellement les aspects énergétiques, à travers les différentes stratégies de contrôle de l’énergie. L’hybridation, autre axe décisif pour l’avenir des bus, fait l’objet d’un autre programme européen de première importance : HCV (Hybrid Commercial Vehicle).
CONTRIBUTIONS CONCRÈTES : « LIVRABLES »
Le projet doit apporter des contributions pratiques et théoriques :
Au-delà des développements technologiques et leur intégration, le consortium EBSF travaille à la définition de concepts, à la génération de spécifications et de recommandations, notamment sur le potentiel de standardisation. Des outils de mesure (indicateurs clés de performance) seront utilisés à tous niveaux.
Les « livrables » sont produits par les chefs de groupe du consortium, en partie débattus avec le « groupe des utilisateurs », et présentés périodiquement dans diverses instances (dont la « revue de projet » de l’Union européenne conduite par trois experts indépendants).
Les résultats concrets seront aussi présentés, dès 2011, sur sept sites de démonstration européens.
Un site de démonstration numéro 8 pourrait être Paris, avec la création d’un prototype de station interactive et intelligente, passant du concept « abri » au concept d’interface d’information et de services associés. Ce site pourrait être développé en fin 2011 sur un site à haute visibilité.Au-delà de ces démonstrations « physiques », les acquis et innovations proposés par EBSF font et feront l’objet d’un programme général de dissémination, aussi bien au niveau européen qu’au niveau international.
L’APPROCHE
Le projet a été abordé d’une manière globale et analytique (« top down, bottom up ») . La rencontre entre ces deux approches donne sa cohérence à l’ensemble.
Le socle de base de l’analyse a été fourni par un inventaire très large des attentes de tous les utilisateurs du système bus dans la majorité des pays d’Europe.
Ces attentes sont d’ailleurs, sans surprise, globalement cohérentes dans l’espace européen.
Les 400 attentes recensées ont été analysées, regroupées en 17 rubriques (besoins fonctionnels de base). Un débat interactif avec le groupe des utilisateurs a permis leur hiérarchisation, et il est au passage intéressant de noter que l’utilisation optimisée de l’espace urbain a été unanimement classée en tête, juste avant l’attractivité du transport public.
Le groupe des utilisateurs a également analysé finement les 16 attentes contradictoires relevées (comme par exemple « qualité du service et coûts réduits », ou « personnalisation et standardisation »), pour formuler des pistes de compromis et des recommandations.
Le consortium a procédé à une analyse détaillée des types existants de systèmes bus :
BHNS, BHNS light, lignes « classiques », lignes locales, transport à la demande.Mais il faut retenir que EBSF ne proposera pas un système unique et universel, mais une palette de systèmes et des orientations pour leur intégration harmonieuse selon la typologie des villes et les niveaux d’attente.
ELABORATION D'UNE FEUILLE DE ROUTE POUR DES AXES FUTURS DE RECHERCHE
Cette feuille de route, en cours de finalisation, devra notamment permettre d’orienter quelques programmes du dernier acte du 7e PCRD et du futur 8e PCRD, en prenant appui sur les recommandations EBSF, mais aussi sur des sujets non couverts (ou couverts seulement partiellement par EBSF) comme les performances énergétiques, l’allégement des véhicules, le mouvement vers l’hybride rechargeable en station, les véhicules de grande dimension (24 m bi-articulés), les véhicules modulables, les véhicules monotrace (steer by wire)…
Un lien sera aussi établi avec les programmes européens de recherche sur les bus et camions hybrides de deuxième génération (projet HCV).En complément de l’activité prévue de dissémination des acquis EBSF, l’UITP proposera une action plus globale d’observation des meilleures pratiques et des concepts les plus innovants relatifs au système bus, en Europe et dans le monde.
La véritable révolution technologique attendue sur les bus et les systèmes bus sera ainsi coordonnée et structurée, pour le plus grand bénéfice de tous les acteurs de la filière et bien évidemment des utilisateurs finaux.
CONCLUSION (provisoire)
Les travaux menés sont régulièrement enrichis par l’observation de l’évolution rapide des idées, des projets, des pratiques. A mi-chemin du projet, alors que les sites de démonstration commencent à apparaître, il est encore un peu tôt pour dégager des recommandations pratiques précises.
Toutefois, une première conclusion au moins a été rapidement dégagée : l’absolue nécessité d’une vision globale pour la mise en œuvre coordonnée de tous les vecteurs du déplacement urbain.
Les réflexions du programme s’établissent alors à trois niveaux de globalité :
• l’approche multimodale : les travaux sur le système bus prennent largement en compte toutes les relations avec les autres modes de déplacement collectif ou individuel urbain, y compris les modes « doux » et l’automobile, dans un contexte européen où depuis environ un an les antagonismes modaux sont fortement atténués, et où la collaboration avec le monde automobile est devenue ouverte et fructueuse
• l’approche systémique, où le travail collectif a permis de travailler simultanément et pour la première fois en Europe sur les véhicules, les infrastructures, les systèmes d’exploitation, les systèmes d’information, les axes marketing appropriés, les services à valeur ajoutée
• l’approche par la politique de la ville, par la confrontation européenne des visions sur les scénarios de la mobilité urbaine, sur la politique de circulation, d’urbanisme, de stationnement, de développement et desserte des pôles d’activité.EBSF aborde ainsi les conséquences sur la gestion générale des systèmes de mobilité, la recherche de valeur ajoutée pour les autorités et les opérateurs, l’apparition de nouveaux acteurs de la mobilité, les nécessités de la gouvernance intégrée (en allant jusqu’à généraliser en Europe la demande du Gart de création d’autorités de la mobilité durable).
Sur le plan essentiel des systèmes d’information, la réunion autour d’un projet commun de la quasi-totalité des grands acteurs européens a permis des avancées très significatives, dont notamment la mise en sommeil de quelques projets nationaux ou locaux…
Il a été enfin possible à ce stade de recenser des pistes pour la réflexion et l’action sur la mise en œuvre d’une stratégie de long terme pour les transports publics bus dans un univers urbain intégré. Ces idées ne sont pas toutes neuves bien sûr, mais elles veulent exprimer le meilleur de la pensée européenne du moment, et leur prise en compte simultanée devrait apporter beaucoup de cohérence à la vision des autorités responsables. Au-delà des retombées pratiques, il s’agit bien de l’objectif central du projet.
Regroupées par les soins de l’auteur, pour cette circonstance, sous le nom de « 10 commandements du transport public urbain », ces recommandations de mi-parcours ne sont à ce stade ni définitives ni certainement exhaustives.
par Elios PASCUAL, conseiller stratégique auprès de l’UITP