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  • Un site pour mieux connaître les métiers du ferroviaire

    Un site pour mieux connaître les métiers du ferroviaire

    La filière ferroviaire va lancer le 13 novembre prochain, un site internet baptisé “Avec l’industrie ferroviaire” (https://www.aveclindustrieferroviaire.fr, pour mettre en valeur les métiers, les formations et les opportunités professionnelles du secteur. Destiné aux jeunes, aux demandeurs d’emploi et aux personnes en reconversion, il permet d’explorer les métiers via une usine virtuelle, des fiches détaillées et un assistant intelligent qui guide l’internaute selon son profil et ses aspirations.

    Ce portail est une initiative collective rassemblant l’État, l’Opco 2i, l’UIMM, les syndicats FO, CFE-CGC, CFDT et la FIF.

     

  • Penta taillé pour répondre à la demande mondiale

    Penta taillé pour répondre à la demande mondiale

    Le spécialiste français d’équipements de sécurité électrique pour les professionnels exposés aux dangers des hautes tensions s’engouffre dans le créneau de l’électromobilité. Son nouveau gant Touch-e a été spécialement conçu pour répondre aux enjeux de ce marché.

    La sécurité électrique est au cœur de l’activité de Penta Electrical Safety Products. Comme son nom ne l’indique pas, la société est française, tant par son implantation que par sa production, réalisée intégralement sur le territoire national. Penta est l’une des entités du groupe familial français Novarc, qui réunit un ensemble d’entreprises œuvrant dans les trois secteurs de la chimie, de l’infrastructure électrique et de la sécurité électrique.

    C’est sur ce dernier créneau que se positionne Penta. Les professionnels qui travaillent dans ce secteur sont exposés à des risques majeurs qui mettent leurs vies en danger. La société, qui a réalisé , est présente à l’international. Ses 19 usines, dont 13 en France, emploient près de 750 collaborateurs. Avec 5 000 comptes clients répartis sur cinq continents, l’entreprise réalise . Quinze mille références en catalogue, de l’outillage sécurisé aux équipements de protection individuelle conçus à partir des remontées de terrain de la part des clients. Des protections techniques à porter en intervention.

    Le confort et l’ergonomie représentent l’un des enjeux du secteur de la sécurité, les équipements de protection étant souvent une gêne dans l’exercice de l’activité, ce qui incite parfois l’agent à les enlever pour « mieux » travailler. En prenant des risques.

    Casque contre les arcs électriques et gants de protection

    Penta affirme réinvestir , ses bureaux d’études sont implantés directement dans les usines du groupe. C’est ainsi qu’a été développé un casque d’un nouveau genre, protégeant des arcs électriques et des hautes tensions : doté d’une , il permet aux opérateurs d’intervenir sur les travaux délicats sans danger. Cette organisation autour des sites de production s’explique par la de Penta, qui se développe en rachetant des usines possédant un savoir-faire, pour compléter sa gamme de produits.

    C’est ainsi que l’entreprise berrichonne Regeltex a rejoint Penta. Implantée à Issoudun, elle produit des gants de protection électrique haute tension depuis plus de cinquante ans. Au moment du rachat, Penta a fait un choix radical : reconstruire une usine neuve à 800 mètres de l’ancien site de Regeltex, en conservant l’intégralité du personnel. Le nouvel outil de production à l’enseigne de Penta, « répond aux enjeux définis par le groupe face à la demande mondiale », indique l’entreprise. « Nous sommes le », explique son directeur, Sébastien Lièvre. Sur le créneau extrêmement technique et réglementé des gants de protection, la concurrence ne se situe plus à l’échelle nationale, mais mondiale. Pour bien en comprendre les enjeux, il suffit de se rendre dans l’usine où Penta fabrique des gants en latex de haute protection électrique. La gamme, qui comprend , s’adresse à tous les professionnels exposés aux risques électriques et à des . Jusqu’à présent, il s’agissait d’agents intervenant essentiellement sur des infrastructures ou des équipements électriques.

  • Plan européen grande vitesse: les réserves des acteurs du ferroviaire

    Plan européen grande vitesse: les réserves des acteurs du ferroviaire

    Si le plan de la Commission suscite globalement l’enthousiasme des acteurs du rail, il soulève déjà quelques interrogations.

    La Communauté des entreprises ferroviaires et d’infrastructures européennes, la CER, dont les 70 membres couvrent l’ensemble du secteur (opérateurs, gestionnaires d’infrastructures, fabricants de matériel, loueurs de matériel) a été la première à réagir. Depuis quatre ans, ses membres travaillent activement à l’élaboration d’un plan directeur pour le train à grande vitesse. Les retombées économiques générées à la fois par la construction ou la régénération du réseau et par son exploitation commerciale vont être considérables. Elles vont aussi permettre d’économiser l’équivalent de 11,6 milliards de barils de pétrole et de 5 milliards de tonnes de CO2 d’ici 2070, soit des bénéfices nets estimés à 750 milliards d’euros. « Maintenant qu’une définition crédible de l’infrastructure ferroviaire à grande vitesse est établie, l’accent doit être mis sur une mise en œuvre rapide », insiste Alberto Mazzola, directeur exécutif de la CER.

    Pour que le nouveau réseau soit performant, l’organisation réclame en priorité une accélération de la certification du matériel, ce qui passe par une augmentation des moyens accordés à l’Agence européenne du rail. La CER attend aussi une meilleure harmonisation dans l’affectation des sillons et que la compatibilité du matériel roulant au-delà des frontières nationales soit effective. Autre point crucial, le déploiement à grande échelle du Système européen de gestion du trafic ferroviaire (ERTMS), prévu à horizon 2026.

    Enfin, le rail doit bénéficier « d’une véritable égalité de traitement » par rapport aux autres modes de transport. Une mesure semble incontournable pour la CER : l’exonération de TVA pour les voyages internationaux et la taxation du kérosène. Sans une fiscalité plus attractive, le train ne pourra pas attirer plus de 50% de voyageurs longue distance supplémentaire, comme le plan le vise.

    Pour Eurocities, une indispensable connexion aux réseaux existants

    L’association Eurocities, qui représente près de 200 villes européennes s’est, elle aussi, félicitée de l’initiative ambitieuse. Dans une déclaration commune avec la CER, elle formule quelques recommandations. Pour qu’il soit viable et cohérent, le réseau LGV européen doit compléter les corridors identifiés dans le Réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Concrètement, Eurocities demande que toutes les villes de plus de 250 000 habitants soient prises en compte dans le plan grande vitesse. L’association réclame aussi que son déploiement soit cohérent avec les services ferroviaires déjà existants et que les nouvelles lignes intègrent les services de mobilité développées par des acteurs régionaux. Pour faire entendre sa voix, Eurocities et la CER ont adressé un courrier officiel à la présidente de la Commission. Les Pdg de SNCF Voyageurs, DB ou Renfe font déjà partis des signataires.

     

    Pour l’Unife, des appels d’offre réservés aux Européens

    « L’Europe a déjà une politique commune, une monnaie unique et biens et personnes circulent librement. Le temps est venu qu’elle se dote d’un système de transport moderne. Nous travaillerons sans relâche à la réalisation de la promesse faite par la Commission ». La déclaration de son directeur général Enno Wiebe, laisse peu de doute sur l’enthousiasme de l’association des industriels du ferroviaire, l’Unife quant au plan européen. Elle alerte cependant sur les retombées de ce méga-chantier pour la filière industrielle de l’UE. Pour elle, les règles des appels d’offre doivent être révisées. Les fournisseurs dont les actionnaires ne sont pas européens ou ne font pas partie de pays ayant des accords avec l’UE doivent être exclus « d’un projet aussi stratégique ». Si toute la filière se met en position pour développer de nouvelles technologies et assurer la montée une cadence de la production, elle doit aussi obtenir des garanties en matière d’harmonisation des procédures au niveau européen. L’Unife rappelle enfin, elle aussi, l’importance de la mise en place d’un système de gestion du trafic unique à l’échelle du continent.

     

  • Intelligence artificielle et cybersécurité : un double défi pour les transports

    Intelligence artificielle et cybersécurité : un double défi pour les transports

    Réunis lors d’une conférence organisée le 30 septembre par VRT sur l’intelligence artificielle appliquée aux transports et à la mobilité, acteurs publics et privés ont esquissé un panorama des usages émergents. De la cybersécurité à la relation client, en passant par l’impact environnemental, l’IA s’impose autant comme un levier stratégique que comme un défi collectif.

    L’intelligence artificielle transforme depuis maintenant longtemps le transport de voyageurs : elle offre de nouvelles opportunités mais pose dans le même temps des défis inédits en matière de cybersécurité et de durabilité.

    Elle pose aussi la question de la coopération entre les différents partenaires. La collaboration « inter-acteurs » est justement la finalité recherchée par Eona-X, une association fondée par plusieurs participants majeurs du transport et du tourisme – SNCF, Aéroports de Paris, Aéroport de Marseille, Renault, Amadeus et Accor.
    Plutôt que de laisser la valeur des données captée par les grandes plateformes internationales, elle travaille à renforcer la confiance entre acteurs déjà partenaires.

    « Nous cherchons à offrir une expérience de mobilité de bout en bout, en reliant les différents maillons du parcours du voyageur, depuis son domicile jusqu’à son hôtel, tout en développant des projets logistiques pour atteindre plus rapidement les objectifs de neutralité carbone », expose Mélanie Veissier, directrice des projets transport et logistique d’Eona-X.

    Pour construire cet écosystème, Eona-X met en place un dataspace, un cadre structuré et sécurisé qui permet aux entreprises et acteurs publics d’échanger des données en confiance.
    Aujourd’hui, près de 80 % des données sont détenues par des entreprises privées et sont inaccessibles aux autres acteurs, faute de cadres de partage ou d’interopérabilité.
    « Le dataspace vise donc à “désiloter” ces données, afin de créer de la valeur tout en respectant les réglementations récentes, comme le Data Act européen », souligne Mélanie Veissier.

    Lutter contre la fraude documentaire

    Dans les transports franciliens, l’intelligence artificielle trouve une application très concrète dans la lutte contre la fraude documentaire.
    Chaque année, des dizaines de milliers de faux justificatifs sont utilisés pour obtenir des passes Navigo à tarif réduit, voire gratuits.
    L’enjeu est de taille : sur la seule tarification Solidarité Transport, entre 30 et 40 % des justificatifs présentés seraient des faux.

    Une affaire impliquant des faussaires en 2022 a coûté près de 24 millions d’euros à Île-de-France Mobilités, indique Benjamin Maillard, directeur Systèmes d’Information et des projets billettiques de Comutitres, filiale d’IDFM assurant la gestion opérationnelle des titres de transport.

    « Lors de l’enquête, plus de 80 000 faux documents ont été identifiés sur les ordinateurs saisis. Ces justificatifs falsifiés donnaient accès à la tarification Solidarité Transport, allant de la gratuité totale à 25 % de réduction. Ils étaient ensuite revendus sur internet à des usagers, parfois de bonne foi, qui croyaient s’adresser à un revendeur officiel. »

    Il y a encore trois ans, il était très difficile de distinguer un vrai document d’un faux.
    Dans le doute, Comutitres était obligé d’attribuer les droits. Désormais, l’IA permet de donner les preuves qu’un document est falsifié et de refuser la demande.
    Les nouveaux outils permettent d’analyser en quelques millisecondes les incohérences d’un justificatif : différences de caractères, altérations des pixels, modifications manuelles…

    Le service est aussi plus fluide pour l’usager, qui reçoit désormais une réponse quasi immédiate, là où il fallait auparavant 24 à 48 heures d’attente.
    Pour gérer les 600 000 droits renouvelés chaque mois, IDFM utilise également les API mises à disposition par la direction interministérielle du numérique, permettant de vérifier l’éligibilité aux dispositifs sociaux (CMU, statut étudiant, etc.).
    Mais leur couverture reste limitée : « Nous n’avons aujourd’hui qu’un taux de réponse de 30 %. Dans 70 % des cas, l’IA nous aide à détecter la fraude », précise Benjamin Maillard.

    Contrer les cyberattaques

    L’arrivée massive de l’IA dans les systèmes de transport accroît aussi le risque cyber.
    Pour Jean Seng, directeur du projet transformation numérique à la Direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités (DGITM), les jeux de données massifs et variés rendent les systèmes plus pertinents mais aussi plus exposés.
    « L’IA gagne en efficacité quand elle est connectée à davantage d’APIs et d’ensembles de données, et cette pluralité de connexions augmente la surface d’attaque. »

    En conséquence, la DGITM plaide pour une approche globale : renforcement des mesures de cybersécurité – hardening (renforcement) des API, segmentation des réseaux, surveillance en continu –, gouvernance des données et montée en compétences des équipes.
    L’enjeu est d’autant plus stratégique que ces systèmes traitent à la fois des données personnelles et des données commerciales. Leur protection est donc indispensable pour préserver la confiance et la continuité des services de mobilité.

    Au-delà des données personnelles, les risques de cybersécurité peuvent concerner des éléments d’exploitation, comme les systèmes de contrôle-commande des CBTC, complète Jean-Christophe Lebreton, CTO – directeur technique – de Siemens Mobility France.
    Pour prévenir les attaques, il est essentiel de concevoir et de déployer des systèmes qui respectent les quatre objectifs majeurs de la loi de programmation militaire pour les organismes d’importance vitale :
    garantir la capacité d’administration des systèmes, générer des journaux permettant la détection d’incidents, contrôler strictement les accès et privilèges des équipes de maintenance et d’exploitation, et pratiquer une défense en profondeur pour réduire la surface d’attaque.

    « Dire qu’un système est invulnérable est mensonger. L’objectif est de réduire la surface d’attaque et d’augmenter le temps nécessaire à un attaquant, comme lorsqu’on met plusieurs antivols sur un vélo : cela décourage et retarde l’attaque. »

    Détecter les vulnérabilités

    L’IA est également utilisée pour détecter les incidents et le monitoring des vulnérabilités.
    Les systèmes industriels génèrent aujourd’hui un volume considérable de données souvent trop massives pour être exploitées efficacement par l’homme.
    L’IA permet d’ingérer ces flux, de créer des modèles de comportement normal et d’identifier rapidement des anomalies.
    « L’IA est utilisée pour monitorer le trafic afin de générer des alertes destinées à des prestataires qualifiés, associées à des procédures de maintenance et de réduction du risque. »
    À cette fin, Siemens a développé une solution de cybersécurité pour protéger les infrastructures ferroviaires critiques, appelée CoreShield, déjà déployée sur certaines lignes de métro à l’étranger.

    Mélanie Veissier souligne pour sa part l’importance de la cybersécurité, notamment pour des acteurs critiques comme la SNCF ou Aéroports de Paris, récemment confrontés à des attaques.
    La question se pose avec encore plus d’acuité dans le contexte des agents IA capables d’acheter des billets de train ou d’avion et de réserver des hôtels au nom des usagers.

    Pour limiter les risques, il est essentiel de disposer de systèmes robustes et bien structurés, avec une parfaite maîtrise des portes d’entrée vers l’extérieur et de la circulation des flux de données.
    Lors des Jeux Olympiques, par exemple, Eona-X a travaillé avec le ministère de l’Intérieur pour centraliser tous les flux de données : chaque information passait par un point unique, même si elle provenait de multiples opérateurs. Les portes étaient ouvertes uniquement dans un sens pour transmettre l’information, puis refermées à la fin des Jeux.
    « Tous les flux de données passaient par une seule place, même s’ils provenaient de plusieurs opérateurs, afin d’assurer le suivi des journalistes et des athlètes depuis leur arrivée jusqu’à leur hébergement. Nous n’avons eu aucun incident », raconte-t-elle.

    Pour déployer cette technologie au quotidien, Eona-X s’appuie sur Amadeus, opérateur technologique reconnu pour la sécurité de ses systèmes et la protection des données personnelles.
    Des tests d’intrusion réguliers, menés par différents acteurs, notamment Air France, permettent de limiter le risque d’attaque.

    Pour déjouer les attaques, il est également possible de se mettre dans la peau d’un fraudeur à la recherche d’un pass Navigo à bas prix.
    C’est la démarche menée par le prestataire Cybermoustache pour le compte de Comutitres.
    L’achat d’un pass Navigo à tarif réduit est simulé afin de retracer le parcours des fraudeurs et d’identifier leurs méthodes.
    « L’objectif consiste à suivre le cheminement de ces demandes frauduleuses, quelles informations sont demandées, s’il faut fournir une carte d’identité, payer à l’avance ou se déplacer dans certaines zones physiques pour récupérer le pass », détaille Benjamin Maillard.

    Jean Seng rappelle de son côté le rôle central des pouvoirs publics, en France comme en Europe, pour encadrer l’usage de l’intelligence artificielle et renforcer la cybersécurité.
    Au niveau européen, le règlement sur l’IA – l’AI Act, adopté à l’été 2024 – constitue une étape majeure, en organisant une gouvernance à plusieurs niveaux avec des autorités désignées pour veiller à sa mise en œuvre, comme la CNIL, l’Arcom ou la DGCCRF.

    Le secteur des transports figure bien dans le périmètre de l’AI Act : certaines infrastructures critiques, comme la route ou les installations à câble, y sont explicitement mentionnées.
    En parallèle, la directive NIS2 (Network Information Security), adoptée en 2022, impose des obligations fortes aux entreprises.
    Elle élargit la liste des secteurs concernés, exige une implication du top management et prévoit des sanctions financières lourdes en cas de manquement.
    Les entreprises doivent notifier les incidents, produire des rapports et se soumettre à des audits de cybersécurité.

    Au-delà de cette approche normative, Jean Seng insiste sur le rôle d’accompagnement de l’innovation.
    L’Agence de l’innovation pour les transports pilote par exemple le programme Propulse, qui soutient chaque année des projets innovants, y compris dans le domaine de l’IA.

    Miser sur la relation client

    Pour Benjamin Maillard, l’intelligence artificielle ouvre des perspectives inédites dans la relation client, comme l’atteste une expérimentation menée avec un chatbot basé sur l’IA générative : le taux de satisfaction des usagers est passé, en quelques mois, de 35 % à 95 %.
    Jusqu’alors, l’assistance en ligne reposait sur un arbre de décision rigide, incapable de répondre correctement aux demandes des clients.
    Désormais, le système s’appuie sur l’ensemble des conditions générales et des processus métiers pour dialoguer en langage naturel.
    Cette évolution a ainsi permis d’éviter 36 000 appels téléphoniques en 2024.

    L’IA agit également en back-office.
    Les conversations entre conseillers et clients sont retranscrites automatiquement, ce qui permet de contrôler le respect des standards de langage et de qualité, mais aussi de renforcer la supervision des centres d’appels parfois délocalisés.
    De plus, l’analyse des transcriptions fait remonter immédiatement des signaux faibles comme « je n’ai pas réussi à souscrire » ou « le site est indisponible », permettant aux équipes techniques d’intervenir plus vite.

    Les promesses de l’IA agentique

    Si l’IA générative permet d’obtenir des résultats probants, elle peut vite atteindre certaines limites lorsque l’on tente de l’appliquer tout azimut.
    « L’impact de l’IA d’assistance reste limité car les gains de 10 à 15 % initialement espérés ne sont pas forcément au rendez-vous », observe Jean-Christophe Lebreton.
    Il constate que l’approche verticale, qui vise à intégrer l’IA directement dans les processus métiers via des agents plus autonomes, suscite de fortes attentes, avec « des gains de productivité attendus de 20 à 25 %, là où une approche horizontale plafonne ».

    La nouvelle génération d’IA, dite agentique, s’attache à planifier, décider et agir de manière autonome, dans des limites fixées en amont par l’opérateur, l’entreprise ou l’usager.
    Ici, la qualité des données et des règles de gouvernance compte davantage que leur quantité.
    IDFM explore cette voie pour mieux répondre aux demandes clients.

    « Il s’agit de faire dialoguer plusieurs agents intelligents aux compétences distinctes pour fournir la meilleure réponse à l’usager. Certains maîtrisent les bases clients et les données de paiement, d’autres les conditions générales de vente, d’autres encore les systèmes de la SNCF ou de la RATP. Un agent orchestrateur coordonne ces expertises pour produire une réponse ou déclencher une action (mail, courrier, suivi de demande) », explique Benjamin Maillard.

    Deux axes structurent l’expérimentation :
    – la préparation automatisée des dossiers clients ;
    – le traitement automatique des questions simples et récurrentes.

    L’IA agentique est également mise à profit avec le projet Gen4travel, porté par Eona-X, consistant à simplifier la vie des voyageurs en orchestrant les services de plusieurs opérateurs via des agents intelligents, notamment lors de perturbations.
    « Le projet va au-delà du simple rebooking (nouvelle réservation). Grâce à un agent IA orchestrateur – un Small Action Model (SAM) entraîné sur des données de qualité via un dataspace commun – l’usager bénéficie d’un parcours sans couture », estime Mélanie Veissier.

    L’agent dialogue avec ses homologues chez différents acteurs (compagnies aériennes, transporteurs, hôteliers) pour déclencher automatiquement les actions nécessaires, sans nouvelle application ni interface supplémentaire.
    Ainsi, un client contactant Air France peut accéder en temps réel à la disponibilité des hôtels partenaires en cas de vol annulé.

    Les développements s’appuient sur des partenariats français, un recours au cloud souverain, et surtout une mise à disposition en open source.
    L’idée est de créer une véritable boîte à outils partagée, utilisable par les collectivités et les opérateurs pour inventer de nouveaux cas d’usage.
    « L’approche agentique favorise la sobriété numérique : en évitant la duplication des données et en s’appuyant sur des échanges décentralisés, elle limite le recours à des infrastructures massives, un avantage si des LLM (Large Language Model) s’y intègrent à terme », soutient Mélanie Veissier.

    Impact énergétique et sociétal

    C’est un des autres grands enjeux liés à l’IA : son impact environnemental.
    Jean Seng rappelle que l’IA ne peut être pensée sans lien avec la transition écologique : « En plus de la fameuse AI for Green – qui consiste à utiliser l’IA au service de l’écologie –, il faut aussi évoquer la Green AI, autrement dit la responsabilité environnementale de l’intelligence artificielle. »

    D’après une étude conjointe de l’Ademe et de l’Arcep révisée en 2023, le numérique représente déjà 4,4 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, contre environ 30 % pour les transports.
    Concernant l’IA, les données manquent encore, mais selon certaines estimations, entraîner un modèle de type GPT-3 générerait près de 500 tonnes de CO₂ – sans inclure la consommation d’eau des data centers ni les besoins en métaux rares.

    Jean-Christophe Lebreton reconnaît que l’impact énergétique de l’IA reste encore difficile à évaluer dans les usages métiers, notamment en ingénierie.
    Cependant, plusieurs pistes sont envisagées : privilégier des modèles d’IA plus sobres, dits frugaux, développés notamment par des acteurs français, afin de réduire leur consommation.
    Le Commissariat général au développement durable (CGDD) et son laboratoire d’innovation Ecolab ont publié en 2024 un référentiel qui en trace les contours.

    Enfin, il s’agit de limiter l’utilisation de l’IA quand elle apporte une réelle valeur ajoutée, plutôt que de l’employer systématiquement.
    Comme le souligne Jean Seng : « Avant de dégainer un LLM bazooka, il faut se demander : ce cas d’usage a-t-il vraiment besoin d’IA ? »

    Dernier sujet sensible : l’emploi, avec la crainte que certaines fonctions techniques ou supports soient remplacées par des agents automatisés ou des chatbots.
    Pour Jean-Christophe Lebreton, l’IA ne vise pas à supprimer les métiers, mais à les transformer.
    Cette transformation nécessite un accompagnement par la formation et une stratégie claire de conduite du changement, prenant en compte à la fois les risques sociaux et les opportunités offertes par ces nouveaux outils.

    Un dataspace pour l’échange de données sécurisées

    Contrairement aux plateformes centralisées, la technologie du dataspace utilisée par Eona-X pour échanger des informations entre les grands acteurs du transport repose sur des « connecteurs décentralisés » : chaque acteur conserve ses données mais définit ses conditions d’accès, qu’elles soient ouvertes ou fermées, gratuites ou payantes, limitées à certains

  • Ce qu’il faut attendre du plan européen pour la grande vitesse

    Ce qu’il faut attendre du plan européen pour la grande vitesse

    Bruxelles veut accélérer dans la grande vitesse. Un nouveau plan d’action pour le transport ferroviaire a été adopté le 5 novembre par la Commission. Ce paquet global sur les transports ambitionne de rendre le système européen « plus efficace, interconnecté, accessible, propre et résilient » à horizon 2040. Il doit aussi favoriser l’accès au ferroviaire à de nouveaux opérateurs. La stratégie de financement, estimé entre 345 et 546 milliards d’euros, doit être bouclée d’ici la fin 2026.

    Des trajets réduits entre capitales

    Le projet présenté par le vice-président de la Commission, Raffaele Fitto et le commissaire en charge du transport et du tourisme Apostolos Tzitzikostas, détaille les mesures nécessaires pour réduire les temps de trajet et faire du rail une véritable alternative au transport aérien court-courrier. L’exécutif européen estime que cette augmentation du nombre de passagers doit stimuler les économies régionales et le tourisme.

    S’appuyant sur le réseau transeuropéen de transport (RTE-T), le plan prévoit de relier les principales capitales à des vitesses égales ou supérieures à 200 km/h. Les passagers pourront voyager de Berlin à Copenhague en quatre heures au lieu de sept actuellement, de Sofia à Athènes en six heures au lieu des 13 heures et 40 minutes actuelles.

    De nouvelles liaisons transfrontalières permettront également des trajets plus rapides et plus simples, tels que Paris-Lisbonne via Madrid. L’amélioration de la connectivité entre les capitales baltes est aussi envisagée car conformément au règlement RTE-T, qui garantit l’accessibilité et la connectivité dans l’ensemble de l’UE, toutes les régions devraient bénéficier d’investissements dans le transport à grande vitesse.

    Accord ferroviaire à grande vitesse

    Le plan présenté aux députés repose sur quatre volets. L’UE veut tout d’abord voir disparaitre les goulets d’étranglement transfrontaliers. Ils devront être résorbés à échéance 2027. Pour atteindre les gains de temps promis entre capitales, une vitesse « bien au-delà de 250 km/h » doit être envisagée, lorsque cela est économiquement viable.

    Les investissements à réaliser vont faire l’objet « d’un accord ferroviaire à grande vitesse ». Le coût de la finalisation d’un réseau à 200 km/h d’ici 2040 est estimé à 345 milliards d’euros. S’il fonctionne à des vitesses plus élevées, l’investissement pourrait grimper à 546 milliards. Un dialogue entre États membres, industriels et bailleurs de fonds doit déboucher sur une stratégie de financement coordonné d’ici en 2026. Les financements mixtes, associant sources publiques, privées et européennes, devraient être favorisés, sur le modèle de ce qui a été fait pour la liaison à grande vitesse Palerme-Catane ou Lisbonne-Porto.

    Un meilleur accès au matériel roulant d’occasion

    Bruxelles a bien conscience que pour réaliser son projet, des freins réglementaires restent à lever. « L’environnement réglementaire doit être plus attrayant », ont promis les deux commissaires. Pour encourager la recherche et développement de la prochaine génération de matériel roulant à grande vitesse made in Europe, la Commission s’engage à rationaliser les procédures d’approbation technique, par l’intermédiaire de l’agence de l’Union européenne pour les chemins de fer, l’ERA. L’agence va aussi devoir valider des mesures susceptibles de favoriser l’accès à un marché de l’occasion pour le matériel roulant.

    Révision des droits des voyageurs

    L’accès au réseau ferré européen nécessite également de développer des systèmes transfrontaliers de billetterie et de réservation. Une proposition législative visant à permettre aux passagers de trouver et d’acheter plus facilement des billets pour des voyages combinant les services de plusieurs opérateurs est en préparation. Prévu début 2026, le texte devrait s’accompagner d’une révision ciblée du règlement sur les droits des voyageurs ferroviaires pour qu’avec une seule transaction sur une seule plateforme, le voyageur soit protégé sur tout son parcours.

    Enfin, cette ambition implique de renforcer la gouvernance du ferroviaire au niveau de l’Union. Les gestionnaires de l’infrastructure vont être face à une double exigence : coordonner leurs capacités en matière de services transfrontaliers à longue distance et faciliter les normalisations et les autorisations.

    S’il est mené à bien, ce plan ne permettra pas seulement de réduire les temps de trajet, mais limitera aussi la congestion du réseau. En libérant des capacités sur les lignes conventionnelles, les trains de nuit, le transport de marchandises et la mobilité militaire pourront se développer.

  • Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou ne s’occupera pas des dossiers liés à la SNCF

    Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou ne s’occupera pas des dossiers liés à la SNCF

    Devenu ministre du Travail et des solidarités, Jean-Pierre Farandou doit se déporter des dossiers liés à la SNCF, groupe dont il était le PDG avant d’être nommé au gouvernement le 12 octobre. De plus, les questions relatives aux sociétés du groupe La Poste (il avait été nommé administrateur en juin), à Fer de France (qu’il a également présidé de février 2023 à octobre 2025) et à la société Uside ne font pas non plus partie de ses fonctions, selon un décret paru le 11 novembre au Journal officiel. Elles sont confiées au Premier ministre, Sébastien Lecornu, précise le texte.

     

  • Trains transfrontaliers: nouveau calendrier pour la Région Grand-Est

    Trains transfrontaliers: nouveau calendrier pour la Région Grand-Est

    Décidément, rien ne se passe comme prévu autour du projet de liaisons transfrontalières conduit par la Région Grand-Est. Un nouveau grain de sable est venu perturber le lancement commercial du projet.

    Le projet Régiolis Transfrontalier France–Allemagne (TFA), mené par la Région et SNCF Voyageurs, en partenariat avec les Länder de Bade-Wurtemberg, Rhénanie-Palatinat et Sarre, vise désormais une mise en service complète en 2027. Des essais complémentaires de freinage ont été nécessaires, côté réseau allemand, pour obtenir l’autorisation de circulation par l’office fédéral allemand en charge de la sécurité ferroviaire (EBA). Cette phase devrait être finalisée d’ici fin 2025.

    Certaines sections et points-frontières nécessitent aussi des équipements spécifiques au sol (eurobalises) pour permettre au système de sécurité embarqué de gérer la signalisation automatiquement. « L’installation de ces dispositifs est prévue entre fin 2025 et début 2026, pour garantir la sécurité et la fluidité des circulations », précise la Région Grand Est. Les nouvelles exigences allemandes sur le freinage remontent à 2024, suite à plusieurs déraillements, dont celui d’un train régional avec 200 personnes à son bord.

    30 rames commandées en 2019

    Les premières rames devraient ainsi circuler dès la fin du premier trimestre 2026 sur les lignes : Strasbourg–Offenburg et Mulhouse–Müllheim. Les 30 rames commandées en 2019, pour un montant de 388 millions d’euros, en remplacement des autorails ATER, ne sont utilisées pour l’instant que sur le réseau Fluo Grand Est. « Elles permettent aussi d’assurer la formation des conducteurs et le suivi technique des rames », explique la Région.

    Côté industriel, la crise sanitaire avait provoqué de premiers retards de livraison du matériel attendu en 2023. La SNCF n’en sera intégralement livrée qu’en 2025, l’usine de production de Reichshoffen d’Alstom étant vendue, en 2021, à l’espagnol CAF.

  • Le projet de TGV direct entre Lyon et Bordeaux avance

    Le projet de TGV direct entre Lyon et Bordeaux avance

    D’après le quotidien régional La Nouvelle République, La SNCF étudie pour 2027 le lancement d’une liaison TGV directe de type OUIGO entre Lyon et Bordeaux en passant par Poitiers, Saint-Pierre-des-Corps et Massy.

    Cette desserte transversale implique actuellement une correspondance parisienne entre les gares de Lyon et Montparnasse, rendant peu compétitive l’offre en train. La liaison aérienne entre les deux métropoles représente aujourd’hui l’un des vols domestiques les plus fréquentés de l’Hexagone.

    Une liaison ferroviaire en cinq heures

    Pour la FNAUT AuRA, que la SNCF se décide enfin à étudier cette liaison directe  est une bonne nouvelle. « SNCF Voyageurs va profiter de la LGV Bordeaux – Tours, ouverte depuis 2017, pour proposer aux voyageurs une liaison directe en 5h entre Bordeaux – Lyon », explique son président Gérald Petitgand, qui déplore que les liaisons province-province ne soient pas assez développées, obligeant trop souvent à une correspondance à Paris.

    L’information de cette potentielle ouverture circule depuis la tenue de plusieurs réunions organisées en région et lors de comités de suivi dessertes TGV dans différents départements.

    Une rame Ouigo pourrait assurer un aller-retour quotidien avec un départ le matin depuis Lyon et un retour depuis Bordeaux dans la foulée. Poitiers bénéficierait d’un trajet vers Lyon en trois heures et quarante minutes, contre 4h40 aujourd’hui, aujourd’hui, avec un changement de gare à Paris, ou de train à Massy.

    Une confirmation de Ouigo, lors d’une communication officielle sur le développement de nouvelles destinations, est attendue à la fin du mois de novembre 2025.

    Joint par VRT, SNCF Voyageurs ne confirme pas l’information mais rappelle « analyser en permanence les potentialités de développement de nouvelles liaisons ».

  • L’autorisation par Bruxelles de camions plus gros inquiète les acteurs du fret

    L’autorisation par Bruxelles de camions plus gros inquiète les acteurs du fret

    L’apparition de camions plus longs et plus lourds sur les routes européennes, actuellement en discussion au niveau de la Comission, mobilise une vingtaine d’organisations professionnelles de la logistique, dont l’association Fret Ferroviaire Français du Futur, 4F. Elles s’inquiètent des conséquences de la mesure, notamment sur le fret ferroviaire et estiment que le texte, dans sa forme actuelle, entrainerait « de graves effets secondaires » et « des répercussions au-delà du secteur des transports ».

    Un nouveau paquet de réformes, en négociation à Bruxelles, prévoit de réviser la directive relative aux poids et dimensions des véhicules de transport de marchandise. Elle envisage d’autoriser le trafic international de certains camions, dont la capacité de chargement n’est pas adoptée par tous les Etats. La circulation de ces systèmes modulaires européens, ou EMS, est aujourd’hui limitée à l’intérieur de certaines frontières.

    Des camions de 40 à 60 tonnes

    Le texte actuellement en vigueur fixe le poids et la longueur maximum des véhicules routiers (combinaisons) autorisés en trafic national et international en Europe à 18,75 m pour un poids total maximal de 40 tonnes. Une possibilité est donnée aux Etats de déroger dans les limites de 60 tonnes et de 25,25 m. Pour l’Union européenne, la multiplication de ces EMS peut réduire l’impact du transport routier notamment sur l’environnement. Pour les organisations mobilisées, ces poids-lourds XXL sont incompatibles avec l’engagement de l’UE d’augmenter le fret ferroviaire de 50% d’ici 2023 et de le voir doubler d’ici 2050.

    La liste des arguments mis en avant par les organisations est longue. Selon elles, l’autorisation de ces nouveaux ensembles nécessiterait des changements logistiques et d’infrastructures importants sur les sites portuaires, pour assurer la compatibilité avec des terminaux de transbordement, leurs voies d’accès et les manœuvres sur place. Plusieurs types de matériel roulant ferroviaire et de navire sont incompatibles avec le format des EMS au point « d’entraver les progrès du transport intermodal de marchandises », souligne 4F, Rail Freight Forward ou encore Die Bahnindustrie.

    Une dégradation accélérée des routes

    Les acteurs du fret redoutent aussi de lourdes conséquences sur les infrastructures routières. Le poids des véhicules va entrainer leur dégradation accélérée et nécessiter des investissements considérables dans le renforcement de chaussées ou d’ouvrages d’art. Or, si le transport intermodal et le secteur ferroviaire dans toute l’Europe, ont déjà fait l’objet de plans d’investissements, beaucoup reste à faire.

    En matière de sécurité, l’introduction de 44 tonnes sur les routes, soulève aussi des questions, notamment pour le transport de matières dangereuses. Encore une fois, face à des temps de freinage plus longs, des rayons de manœuvres plus importants, … les infrastructures existantes vont se retrouver peu adaptées.

     

  • Siemens Mobility construira les futurs RER zurichois

    Siemens Mobility construira les futurs RER zurichois

    Les chemins de fer suisses (CFF) ont annoncé le 7 novembre avoir adjugé le marché de 116 nouveaux trains duplex au constructeur Siemens Mobility. L’appel d’offres avait été lancé en juin 2024.

    95 véhicules circuleront sur le réseau du RER zurichois à partir des années 2030, tandis que 21 trains desserviront les lignes du RER Vaud et du RE33 Martigny–Annemasse en Suisse romande. Le marché comprend aussi une option pour 84 véhicules supplémentaires « dans le cadre des futurs réaménagements de l’offre », indique dans un communiqué la compagnie ferroviaire.
    « Siemens a soumis l’offre la plus avantageuse conformément au droit des marchés publics », précisent les CFF qui ajoutent avoir « adjugé le marché selon les dispositions du droit des marchés publics (LMP/OMP) ». Ces critères couvrent les coûts d’investissement, les charges d’exploitation, la conformité aux cahiers des charges la qualité ou encore les contrats de service. Les CFF rappellent également que le constructeur allemand  a déjà fabriqué les trains duplex de 2e génération du RER zurichois en circulation depuis le milieu des années 2000.

    La déception de Stadler

    Les rames retenues par les CFF, longues de 150 mètres, pourront rouler à 160 km/h, offrant 540 places assises ainsi que huit zones multifonctionnelles pour les vélos, poussettes, bagages, ou voyageur debout. En unité double (300 m) aux heures de pointe, elles proposeront 45 places assises supplémentaires et plus de 30 % de places debout de plus par rapport aux trains navettes à deux niveaux (DPZ) de première génération, pour la même longueur.
    Réagissant à l’attribution de ce marché, Stadler a «profondément » regretté ce choix. « Le fait que nous ne soyons pas autorisés à fournir aux CFF la technologie la plus récente, malgré nos véhicules éprouvés et appréciés dans le cadre de leur utilisation quotidienne par les CFF, est une grande déception pour Stadler et nos quelque 6000 employés en Suisse », a commenté le groupe suisse qui aurait souhaité «construire ces trains en Suisse, en collaboration avec plus de 200 fournisseurs issus de tout le pays».