Blog

  • Railcoop devrait se placer sous la protection du tribunal de commerce d’ici quelques jours

    Railcoop devrait se placer sous la protection du tribunal de commerce d’ici quelques jours

    Asphyxiée financièrement avec un déficit de 4,7 millions d’euros sur l’année 2022 et une dette qui s’accroît de mois en mois, Railcoop devrait être contrainte de se placer dans les tout prochains jours sous la protection du tribunal de commerce. C’est, selon nos informations, ce que la coopérative a indiqué à ses sociétaires suite au conseil d’administration qu’elle a tenu le 2 octobre. Autrement dit, soit, dans le meilleur des cas, elle sera placée en redressement judiciaire, soit en liquidation, traduit un sociétaire. C’est la suite logique, après son échec de lever 500 000 euros au 30 septembre. Une somme a minima nécessaire pour assainir sa trésorerie et payer ses charges.

    Comme nous l’indiquions il y a quelques jours, la coopérative, qui voulait lancer des trains entre Bordeaux et Lyon (une liaison abandonnée par la SNCF), n’a réussi à lever que 383 500 euros. Elle va toutefois lancer un ultime appel auprès de ses sociétaires pour trouver les quelque 116 000 euros manquants. Dans une lettre qu’elle leur envoyée le 4 octobre et que nous nous sommes procuré, elle leur demande via un sondage en ligne de « dire, à titre indicatif, s’ils souhaitent contribuer à la recapitalisation« .   En l’absence « d’évolution de la situation financière de l’entreprise d’ici une semaine, nous serons contraints de nous placer sous la protection du Tribunal de Commerce« , indique la société dans cette lettre.  Une tentative de la dernière chance à laquelle rares sont ceux qui y croient encore.

    Par ailleurs, la Commission d’éthique et de médiation (CEM), qui a été créée en 2021 au sein de Railcoop, s’est auto-saisie pour « tirer le signal d’alarme ». Dans un message adressé le 2 octobre aux sociétaires, elle pointe une « dérive » dans « l’application des valeurs coopératives« , après plusieurs entretiens avec des administrateurs (actuels ou anciens), d’employés, et d’anciens présidents. La CEM se pose notamment des questions sur « la fiabilité et la transparence des informations transmises« , sur « le partage des pouvoirs dans les prises de décisions » et sur « la gestion des ressources financières et humaines« .

    MHP

  • JO 2024 : du rififi sur la Seine

    JO 2024 : du rififi sur la Seine

    La Seine n’est pas en long fleuve tranquille. Début octobre, Dany Carvalho, PDG de la coopérative RiverCat qui veut exploiter des navettes fluviales dans Paris en a fait les frais. Lauréat de l’appel à projets de GRDF sur le rétrofit d’une péniche au BioGNV, il s’était déplacé à Rouen pour se voir remettre un prix, à l’occasion des Assises nationales du fleuve. Il n’a jamais pu entrer dans la salle, encore moins monter sur scène pour recevoir son trophée. Les organisateurs de l’événement, Entreprises fluviales de France (E2F) avaient-ils peur que Dany Carvalho évoque publiquement le différend qui oppose depuis deux ans sa start up à Haropa-Ports de Paris sur un projet de ligne régulière de navettes fluviales ? Qu’il joue les trouble-fête ? L’entrepreneur, qui a porté l’affaire devant le tribunal administratif de Paris, en est persuadé. « Je démens formellement cette accusation« , répond Didier Léandri, PDG de E2F. GRDF se refuse à tout commentaire.

    Sur quoi porte le litige entre RiverCat et l’antenne parisienne d’Haropa, l’établissement public qui gère les ports de la Seine ? La jeune pousse lui demande l’accès à six pontons pour un service de transport régulier, « MonBeaubateau », entre Alfortville (Val-de-Marne) et Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), via la Bibliothèque François Mitterrand à Paris, le Musée du Louvre, Invalides et Beaugrenelle. Des escales parisiennes qui valent de l’or, l’une d’elles, Invalides, est utilisée par la Compagnie des Batobus qui bénéficie d’une concession d’une vingtaine d’années avec Haropa-Ports de Paris. Une contrainte qu’invoque d’ailleurs Antoine Berbain, son dirigeant, pour expliquer les lenteurs du processus de décision : « Des sites d’escale ne sont pas disponibles, déjà utilisés par des compagnies fluviales, d’autres, comme celui d’Alfortville, sont inondables », assure-t-il. « C’est du favoritisme, Batobus bénéficie d’une situation de monopole sur des escales publiques« , dénonce Dany Carvalho.

    Suite à un courrier d’une trentaine d’élus franciliens qui soutiennent le projet (1), envoyé au ministre des Transports Clément Beaune, une réunion de concertation s’est tenue le 19 septembre dernier entre les deux parties. En vue d’un démarrage du service fluvial au printemps 2024, quelques semaines avant les Jeux olympiques. RiverCat se dit prêt à renoncer à son recours devant les juges administratifs si le gestionnaire du port et de ses installations publie les escales demandées sur son site internet. Cette mise en publicité est nécessaire dans le processus concurrentiel avant d’obtenir une convention d’occupation des sols.

    Une nouvelle rencontre a eu lieu le 5 octobre avec le gestionnaire des ports, il en ressort que la start up ne pourra pas mettre ses navettes fluviales à l’eau avant le printemps 2025. Pas à temps pour les JO. « C’est assez contraignant, nous risquons de perdre nos partenaires financiers et nos bateaux prévus en location« , commentait Dany Carvalho à l’issue de ce rendez-vous.

    Nathalie Arensonas

    (1) Parmi lesquels, les députés Olivier Faure (PS), Marie Guévenoux (Renaissance), Stéphane Beaudet (maire d’Ivry-Courcouronnes), Luc Cavounas, (maire d’Alfortville), Olivier Capitano, président du département du Val-de-Marne.
  • Tollé après l’abandon du prolongement de la ligne à grande vitesse au nord de Birmingham

    Tollé après l’abandon du prolongement de la ligne à grande vitesse au nord de Birmingham

    Comme le laissaient supposer les rumeurs de ces dernières semaines, ce qu’il reste de la phase 2 du projet de ligne à grande vitesse britannique HS2, en prolongement de la première phase entre la banlieue de Londres et Birmingham, est officiellement abandonné par le gouvernement britannique. En contrepartie, dans son discours à la conférence du Parti conservateur le 4 octobre 2023, le Premier ministre Rishi Sunak a promis un nouveau « réseau pour le Nord », qui comprend le fléchage de 12 milliards de livres sterling (13,9 milliards d’euros) pour une amélioration de la ligne actuelle entre Liverpool et Manchester, « l’amélioration du hub ferroviaire des Midlands » et la construction du projet de tramway de Leeds. Autant de promesses qui n’engagent à pas grand monde, à une année environ des prochaines élections générales…

    Les commentaires ne se sont pas fait attendre. « De nombreux membres de la Railway Industry Association [RIA] seront extrêmement déçus par la proposition du gouvernement annoncée aujourd’hui par le Premier ministre d’abandonner la HS2 entre Birmingham et Manchester. Cela fait suite à l’abandon de la branche vers Leeds , à l’est, et du raccordement de Golborne qui aurait permis aux trains à grande vitesse de gagner l’Écosse, ainsi qu’au gel du tronçon entre Old Oak Common et la gare d’Euston », a rappelé Darren Caplan, CEO de la RIA. « Le gouvernement évoque le coût comme principale raison de l’abandon de la phase 2, mais il faut se rappeler qu’il s’agissait du plan même de ce gouvernement, construit selon ses spécifications, et que les réductions et modifications du périmètre et du calendrier du projet – qui l’ont considérablement surenchéri et retardé – ont été entièrement du fait de ce gouvernement. Chaque fois que le calendrier est remis en cause, son coût augmente », souligne le dirigeant. « La mise au rebut de la phase 2 de la HS2 est tout simplement inutile et compromet tous les bénéfices apportés par la phase 1. Le gouvernement pourrait travailler avec les maires des métropoles, l’industrie ferroviaire, les fournisseurs et d’autres parties prenantes pour mettre sur pied une solution où l’on en aurait pour son argent, y compris en encourageant les investissements privés pour soulager la pression sur les fonds publics ».

    Pour le président de Midlands Connect, Sir John Pearce, « De nombreuses collectivités locales ont conditionné leurs plans de croissance économique, d’emploi et de logement à l’arrivée de la HS2. Tout changement radical sera sans aucun doute préjudiciable à la confiance des investisseurs et fera reculer la croissance économique des Midlands et du Nord de l’Angleterre pendant de nombreuses années à venir ». Ce responsable du développement dans le centre de l’Angleterre ajoute que « maintenant, alors que les coûts augmentent en flèche, nous comprenons la nécessité de revoir de quelle façon nous mettons en œuvre le train à grande vitesse dans ce pays, mais en tuant la ligne au nord de Birmingham, il y a un risque important de ne pas offrir de relations efficaces au sein du Royaume-Uni, de l’Écosse à la côte sud, en passant par les Midlands ».

    Et avant même l’annonce de l’abandon, le maire du Grand Manchester, Andy Burnham, avait déclaré : « On nous a débranchés. Qu’est-ce qui leur donne le droit de traiter les gens d’ici, dans le Grand Manchester et dans le nord de l’Angleterre, comme des citoyens de deuxième classe ? Notre croissance est plus rapide que celle de l’économie britannique, alors que dans [notre] dos, [nous] avons des gens qui travaillent contre [nous] ».

    P. L.

  • Aucun cas avéré de punaises de lit dans les transports publics, selon Clément Beaune

    Aucun cas avéré de punaises de lit dans les transports publics, selon Clément Beaune

    Ni cas avéré, ni recrudescence dans les transports publics, ne pas tomber dans la psychose : voici résumée la prise de parole du ministre des transports Clément Beaune à l’issue de sa rencontre le 4 octobre avec les opérateurs de transport et les associations d’usagers au sujet des punaises de lit. Ces espèces parasites ont commencé à pulluler fin août sur les réseaux sociaux avec le témoignage d’une cliente d’une salle de cinéma UGC, à Paris, piquée à plusieurs reprises. Fin septembre, une vidéo d’une supposée punaise de lit sur un siège de TGV est devenue virale avec des millions de vues. Et quelques jours plus tard, le signalement d’un conducteur de métro parisien sur la présence du parasite dans sa cabine, ligne 8, a fini par aggraver la psychose.

    « Conformément au protocole prévu, le train concerné a été sorti du service commercial pour être expertisé. Il a été traité par une entreprise spécialisée et la présence du nuisible n’est pas avérée », indique la RATP. Même protocole et même conclusion du côté de la SNCF. La punaise de lit du Paris-Marseille n’a jamais été retrouvée, ses larves non plus, selon la compagnie ferroviaire : « Après inspection, aucun cas avéré de punaises de lit n’a été confirmé ces derniers jours à bord de TGV ». Au total, 37 cas ont été signalés à la SNCF, 10 à la RATP.

    « Des cas, il y en aura peut-être dans les semaines ou les mois à venir, il y en a dans toutes les grandes villes, ce n’est pas un sujet qui surgit maintenant, et on le traite depuis 2022. Il existe un protocole très stricte de réponse et on va le renforcer« , s’est voulu rassurant le ministre des Transports, le 4 octobre, devant la presse.

    « Certaines vidéos postées par des voyageurs montrent bien des punaises de lit, d’autres pas. C’est indéniable : elles sont de plus en plus présentes, mais la vraie problématique, c’est l’habitat privé, et quand il y a infestation, cela devient des foyers de dispersion. Et tant qu’elles ne sont pas maitrisées, les punaises se propagent dans tous les espaces de circulation », nous explique Marie Effroy, présidente de l’Institut national d’étude et de lutte contre les punaises de lit (Inelp), un organisme privé qui réunit des entomologistes et des représentants des secteurs touchés par le problème des punaises de lit. Au premier rang desquels, l’hôtellerie, « qui sait depuis longtemps comment traiter le problème », indique l’experte.  Alors, justement, comment reconnaître cet insecte, et quel traitement pour s’en débarrasser ?  « Elles se cachent le jour et sortent la nuit pour piquer. ll est rare, mais pas impossible, de voir des punaises se déplacer même en plein jour« , selon l’Inelp. Attirées par la chaleur humaine sur un siège lors d’un trajet en train ?

    Le traitement thermique est celui qui est le plus souvent choisi dans le milieu hôtelier, hospitalier, dans les écoles, crèches, et dans les transports. Il est le plus efficace sur tous les stades de punaises (des œufs aux adultes), n’utilise aucun produit insecticide et peut être réalisé localement à la vapeur sèche ou par une élévation de la température totale d’un local ou d’un véhicule à +60°C. Les températures extrêmes – chaud ou froid – sont les plus efficaces, avec démontage des assises pour les plonger dans des caissons chauffants ou des chambres froides, explique Marie Effroy.

    Il existe aussi un traitement chimique, « mais qui doit être appliqué en deux temps, espacé sur une ou deux semaines« , précise l’experte car il ne tue pas les larves… C’est ce traitement qui a été appliqué la semaine dernière sur une rame sur la ligne J du Transilien, après plusieurs signalements de voyageurs.

    N.A

  • Le prix du forfait JO sera déterminé en fin d’année

    Le prix du forfait JO sera déterminé en fin d’année

    Table ronde JO 2024 aux Assises du mass transit organisées le 3 octobre par Ville, Rail & Transports.
    Table ronde consacrée aux JO 2024 lors de Assises du mass transit organisées le 3 octobre par Ville, Rail & Transports. De g à droite : Alain Pittavino (Transdev), Youenn Dupuis,(Keolis), Edgar Sée (RATP), Marie-Hélène Poingt (VRT), Alain Ribat (Transilien) et Laurence Debrincat (IDFM).

    « On a travaillé ligne par ligne, station par station, gare par gare, heure par heure, pour modéliser les flux de voyageurs pendant les deux fois quinze jours que dureront les Jeux olympiques puis paralympiques. A J-297, les plans de transport sont quasiment finalisés », assurait hier Laurence Debrincat, directrice du projet des olympiades chez Ile-de France Mobilités (IDFM). Elle intervenait aux Assises du mass transit organisées hier par Ville, Rail & Transports.

    Concrètement, cela fait combien de bus, d’agents de conduite, de maintenance (si difficiles à recruter), de volontaires sur le réseau des transports franciliens, pour assurer le transport et le guidage des spectateurs, des athlètes et de toutes les autres personnes accréditées, sur les 25 sites des JO (13 dans Paris, 12 en petite et grande couronne couronne), puis les 17 des JOP (10 à Paris) ?

    La SNCF attend 10 millions de voyageurs par jour, « On a l’habitude mais, cette fois, ça sera en flux continu, avertit Alain Ribat, nouveau patron de Transilien, qui participait également aux assises. Sur le RER B et D, particulièrement sollicités avec deux compétitions par jour au Stade de France, et dont on connait les limites, « on va mettre 4500 trains supplémentaires par rapport à un été normal, augmenter les fréquences (toutes les 5 minutes) et les moyens humains« , assure l’opérateur qui cherche 5 000 volontaires au sein du groupe, en plein été, et va déployer 20% de moyens humains supplémentaires parmi les équipes de la Suge, la sûreté ferroviaire. Les travaux sur le réseau ferré seront gelés du 26 juillet au 8 septembre, le temps des olympiades. Et en cas d’avarie, de pénurie, d’imprévus ? « Il y a un plan B, nous avons prévu beaucoup de redondances, à partir de trois gares, au cas où l’une des lignes n’est pas opérationnelle« , rassure Alain Ribat. Sauf, pour l’Arena Paris Nord, desservi par le RER B et rien que le RER B.

    La RATP, de son côté, doit mobiliser 19 000 agents pour la période des JO, et encore plus pendant les JOP qui se déroulent au moment de la rentrée. « En période estivale normale, nous devons absorber 8 à 9 millions de voyageurs quotidiens, avec les JO, ce sera 1,5 million de plus, et avec une grande disparité selon les jours, les événements et les lignes« , décrit Edgar Sée, directeur délégué aux Jeux olympiques et paralympiques à la Régie. Pratiquement toutes les lignes de bus seront déviées, « c’est un peu comme si on gérait une arrivée du Tour de France à Paris, tous les jours!« , compare le responsable du projet.

    Chez Keolis, le gros du sujet, c’est le transport des 15 000 athlètes, puisque la filiale de la SNCF a remporté le marché. « Cela représente l’équivalent de 185 lignes régulières de bus entre les sites et le village olympique, dont dix fonctionneront 24h sur 24, avec jusqu’à 800 départs par jour, toutes les 50 secondes« , détaille Youenn Dupuis, directeur général adjoint, en charge de l’Ile-de-France. Il doit recruter une centaine de conducteurs pendant les JO, et 500 pour les JOP, plus une flotte de véhicules adaptés aux personnes à mobilité réduite.

    Chez Transdev enfin, qui a remporté le marché du transport des spectateurs du site du Château de Versailles (15 000/jour) et celui de la base nautique de Vayres-sur-Marne (35 000 spectateurs/jour), plus celui des accrédités (100 000 personnes), « Il a fallu construire intégralement un réseau, l’équivalent du réseau des transports de Rouen, mais pour deux mois et demi de fonctionnement« , décrit Alain Pittavino, directeur adjoint de Transdev Ile-de-France. Et s’assurer de pouvoir mettre 800 conducteurs tous les jours derrière le volant des bus. « Les recrutements sont en cours, depuis nos réseaux de province et d’Ile-de-France« , indique le représentant de Transdev qui organise le 5 octobre un premier round de négociations avec les syndicats en vue d’un accord de groupe sur les conditions sociales pendant les JO.

    Pour tous les opérateurs de transports, l’enjeu, c’est d’arriver à recruter des conducteurs et des mainteneurs, alors que le secteur souffre d’une pénurie de main d’œuvre depuis plusieurs années. Les primes, les bonus, les billets et les rencontres personnalisées avec les athlètes seront-elles une carotte suffisante pour attirer des vocations le temps d’une olympiade, et en plein été ?  « Les JO, c’est une fois dans une carrière professionnelle« , lâche, optimiste, Edgar Sée.

    Un forfait JO sera mis en vente. On n’en connait pas encore le prix – il sera défini en fin d’année par les élus d’IDFM et tout dépend des arbitrages de Bercy dans le projet de loi de finances qui entre en discussion au Parlement. Le déficit de autorité organisatrice des transports franciliens est estimé à 800 millions pour 2024, dont 200 millions liés au JO. Selon nos informations, ce forfait ne sera pas hebdomadaire, mais en jours glissants. Et pour guider les 25 millions de spectateurs attendus, une appli dédiée sera mise en ligne, en plus de Bonjour RATP, Citymapper, Transilien et de Google Maps.

    Nathalie Arensonas

  • Le premier train à hydrogène italien

    Le premier train à hydrogène italien

    Presque trois ans après l’accord signé par FNM (Ferrovie Nord Milano) et Alstom en novembre 2020 pour fournir à l’exploitant Trenord six trains à hydrogène, avec une option pour huit autres, le premier de ces éléments automoteurs a été présenté à l’occasion de l’édition 2023 de la manifestation Expo Ferroviaria.

    Tirant son énergie de piles à combustibles leur fournissant une autonomie de plus de 600 km, ces trains présentant 260 places assises entreront en service commercial dans le Val Camonica entre fin 2024 et début 2025, sur la ligne non électrifiée Brescia – Iseo – Edolo du gestionnaire d’infrastructure FERROVIENORD, exploitée par Trenord dans le cadre du projet H2iseO, qui vise à « créer la première vallée de l’hydrogène d’Italie dans la région de Brescia ».

    La présentation s’est déroulée en présence du sénateur Matteo Salvini, vice-président du Conseil des ministres et ministre des Infrastructures et des Transports, du sénateur Alessandro Morelli, sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil des ministres, de la région Lombardie représentée par les conseillers Franco Lucente (Transports et mobilité durable) et Claudia Maria Terzi (Infrastructures et travaux publics). Andrea Gibelli, président de FNM, Fulvio Caradonna, président de FERROVIENORD, Federica Santini, présidente de Trenord, Marco Piuri, PDG de Trenord et directeur général de FNM, Gian Luca Erbacci, président d’Alstom pour la région Europe, et Michele Viale, directeur général d’Alstom Italie et président-directeur général d’Alstom Ferroviaria, ont également pris la parole.

    Alstom rappelle que le Coradia Stream à hydrogène pour Trenord a été conçu et produit dans ses sites italiens : Savigliano pour le développement, la certification, la production et les essais, Vado Ligure pour l’équipement de la motrice, y compris la partie liée à l’hydrogène, Sesto San Giovanni pour les composants et Bologne pour la mise au point du système de signalisation.

    P. L.

  • Voici les gagnants des Grands Prix de la Région Capitale 2023

    Voici les gagnants des Grands Prix de la Région Capitale 2023

    A un peu moins d’un an des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024, les opérateurs de transport recrutent leurs équipes et s’organisent. Toutes les infrastructures initialement prévues ne seront pas prêtes mais les plans de dessertes renforcés doivent y remédier. Les outils numériques et le développement des mobilités « douces » y aideront aussi, comme
    le montrent les initiatives lancées ces derniers mois, que nous primons dans le cadre de cette onzième édition des Grands Prix de la Région Capitale.

    Les candidatures soumises au jury ont été particulièrement intéressantes et nombreuses. Elles ont parfois fait l’objet d’une unanimité immédiate, plus souvent donné lieu à des hésitations de la part du jury qui aurait aimé en récompenser plusieurs. Il a finalement décidé de décerner le Prix gestion de projet à deux opérateurs (Keolis et Transdev) pour leurs démarches engagées en faveur de l’attractivité des emplois. Un enjeu clé dans le contexte de pénurie de conducteurs qui a marqué l’année et alors que la fréquentation des transports publics repart de plus belle.

    Le Prix Innovation a été remporté par SNCF Transilien pour avoir lancé l’information en temps réel permettant de gérer l’affluence à bord de ses trains. Le dispositif est désormais déployé à grande échelle sur l’ensemble des lignes H, J, K, L N, R, une grande partie de la ligne P et en partie sur le RER E. Ces informations seront précieuses pour les JOP Paris 2024 pour améliorer l’exploitation des lignes en lissant la fréquentation entre les trains et à bord des trains (en permettant de réduire les temps de stationnement en gare, en améliorant la régularité mais aussi la sécurité).

    Le Prix Intermodalité a été décerné à Vélib’ Métropole pour ses stations géantes Vélib’, implantées autour du Stade de France à l’occasion de la Coupe du monde de rugby. L’initiative avait été mise en placelors des deux dernières éditions du festival Solidays (plus de 10 000 locations avaient alors été enregistrées par plus de 5 200 bénéficiaires différents lors de la dernière édition). Des discussions sont notamment en cours avec la Ville de Paris et avec la Métropole du Grand Paris pour que Velib’ Métropole déploie des stations de ce type au plus près des sites des Jeux Olympiques et Paralympiques à l’été 2024.

    Le Prix Modernisation revient à la RATP  pour le remplacement des rames MP59 circulant sur la ligne 11 depuis les années 60 par des rames MP14 plus capacitaires. A la fin de l’été, une vingtaine de rames, conçues par Alstom et financées par Île-de-France Mobilités, étaient mises en service. Une amélioration immédiate pour les usagers de cette ligne et qui a été réalisée sans interrompre le trafic.

    Le Prix Logistique urbaine a récompensé Haropa ainsi que Hapag-Lloyd et Greenmodal Transport pour les centaines de camions en moins grâce au lancement d’une nouvelle liaison sur la Seine. Ce service de navettes fluviales destinées à l’import-export de conteneurs maritimes provenant du Havre (Seine-Maritime) a été lancé il y a quelques mois entre les ports de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) et Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne).
    Le Prix Aménagement urbain est revenu à la Ville de Paris qui a libéré de l’espace public en faisant payer, depuis un an, le stationnement des deux roues thermiques.
    Le Prix Périurbain a été décerné à Saint-Quentin-en-Yvelines pour sa politique en faveur de la trottinette pour réaliser les derniers kilomètres d’un parcours. 
    Le Prix Smart City est allé à Transilien pour la mise au point d’une cartographie digitale et son guidage piéton.

    Une fois de plus ces grands prix (et la cérémonie qui s’est tenue hier soir après deux tables rondes sur le mass transit et l’organisation des JO*)  ont été l’occasion de saluer toutes les innovations du secteur. On n’en a jamais eu autant besoin !

    * Retrouvez les comptes rendus de ces tables rondes et toutes les photos de l’événement dans notre prochain numéro de VRT

     

  • Transports publics: Marie-Ange Debon attend des « preuves d’amour »

    Transports publics: Marie-Ange Debon attend des « preuves d’amour »

    En février 2023, Elisabeth Borne annonçait 100 milliards d’euros pour les transports, avec une priorité absolue au réseau ferroviaire et aux trains du quotidien. Huit mois plus tard, Emmanuel Macron lançait un autre cri du cœur mais, cette fois, pour la voiture : « On est attaché à la bagnole, on aime la bagnole. Et moi je l’adore », déclarait le 24 septembre le chef de l’Etat au journal télévisé de France 2 et TF1, en présentant sa politique de planification écologique. D’un côté, un plaidoyer en faveur de la reconversion électrique du secteur automobile. De l’autre, la promesse de 700 millions d’euros pour les RER métropolitains qui doivent permettre de favoriser le « transfert de la voiture individuelle vers des transports collectifs moins émetteurs ».

    « Après les déclarations d’amour de l’exécutif aux transports collectifs, j’attends des preuves d’amour », a rebondi le 3 octobre Marie-Ange Debon, patronne de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), avant la présentation devant la presse des conclusions du nouvel Observatoire de la mobilité réalisé avec l’Ifop (1). Il révèle que 79% des urbains se déclarent dépendants à la voiture, que 52% sont seuls à bord, mais qu’une majorité de ces accros au volant se dit prête à modifier ses pratiques de déplacements, à condition que l’offre de transport collectif tienne la route. Ni la prise de conscience écologique, ni le prix, ni l’amélioration du sentiment de sécurité ne déclencheraient cette conversion. Le levier d’action, c’est une meilleure offre de transport public. De l’eau au moulin du syndicat patronal du secteur qui défend depuis des mois » un choc d’offre« . C’est-à-dire, des bus, des tramways, des métros, des RER, des trains régionaux plus fréquents, plus verts, et donc, plus d’aides de l’Etat aux collectivités locales pour financer les investissements nécessaires.

    En plein projet de loi de Finances pour 2024 et à la veille du débat parlementaire sur le budget qui sera consacré aux Transports (en progression de 13% dans le PLF mais avec de nombreuses inconnues), Marie-Ange Debon a formulé plusieurs demandes au gouvernement. A commencer par un effort de 1,5 milliard d’euros pour régénérer et moderniser le réseau ferré qui est hors d’âge comparé à ses voisins européens (35 ans de moyenne d’âge contre 17 ans en Allemagne). Et dès 2024, une enveloppe annuelle de 300 millions d’euros.  « Il faut que les crédits financiers apportés par l’Etat soient là et soient phasés « , insiste la présidente de l’UTP qui a vu son mandat récemment renouvelé pour deux ans, alors qu’il devait revenir au pdg de la RATP, Jean Castex, cherchant à traverser sans trop d’encombre l’épreuve des Jeux olympiques de Paris.

    Pour les transports urbains et le fameux choc d’offre, censé attirer des nouveaux usagers et in fine, faire reculer l’impact carbone des transports du quotidien, « il faut une programmation pluriannuelle, 500 millions d’euros par an pour les collectivités locales au lieu des politiques d’appels à projets par à-coups« , plaide la présidente de l’UTP qui dirige également Keolis, filiale de la SNCF. Le gouvernement a annoncé récemment un effort en faveur de 13 RER métropolitains (Bordeaux, Strasbourg, Lille, etc.), « mais n’a apporté aucune clarté sur les transports urbains, et reste flou sur les transports du quotidien« , critique-t-elle.

    « En France, 83% des kilomètres sont réalisés en voiture, 21% seulement en transports collectifs », rappelle Thierry Mallet, patron de Transdev et vice-président de l’UTP. Dans l’urbain, on a fait le plein, pour réussir du transfert modal, il faut maintenant aller dans le périurbain, sans stigmatiser la moitié des Français qui vivent en zones peu denses et ont besoin de leur voiture« , poursuit-il. C’est la leçon du mouvement des gilets jaunes qui a bientôt cinq ans. Là où les leviers d’action sont possibles, c’est pour les 41% d’urbains qui prennent quotidiennement leur voiture : selon le nouveau Baromètre de la mobilité, plus de la moitié d’entre eux seraient prêts à prendre les transports collectifs s’ils étaient plus nombreux, et plus proches. Et 47% si les contraintes publiques augmentaient (zones à faibles émissions, stationnement payant). La carotte ou le bâton ?

    Quant aux 35% des urbains interrogés par l’Ifop qui déclarent avoir le sentiment de ne pas pouvoir accéder à pied à un arrêt de transport en commun, même quand il est à moins de 10 ou 15 minutes de marche, c’est sur la perception des transports collectifs que vont devoir s’atteler les professionnels et les élus. Ils ont rendez-vous à Clermont-Ferrand dans deux semaines, du 17 au 19 octobre, aux Rencontres nationales du transport public (RNTP).

    L’UTP va maintenant jouer sur ses réseaux parlementaires pour porter des amendements lors de la discussion du budget qui démarre en octobre. L’organisation professionnelle demande aussi une pérennisation de la prise en charge des abonnements de transport public par les employeurs à hauteur de 75% (c’est déjà acté dans la fonction publique), et la lutte contre la fraude qui coûte 600 millions d’euros par an aux opérateurs. La plateforme de vérification des adresses des contrevenants devrait finalement être gérée par l’Imprimerie nationale.

    N.A

    4 000 habitants d’agglomérations de plus de 20 000 habitants, interrogés en ligne entre le 14 et le 26 juin 2023.
  • La première ligne à grande vitesse d’Asie du Sud-Est ouvre à Java

    La première ligne à grande vitesse d’Asie du Sud-Est ouvre à Java

    C’est en Indonésie, sur l’île de Java, que le premier train à grande vitesse d’Asie du Sud-Est a été mis en service, comme l’a rappelé lors de son inauguration, le 1er octobre, le président indonésien, Joko Widodo. Il s’appelle Whoosh et il relie Djakarta (terminal de Halim) et Bandoeng (gare grande vitesse de Tegalluar), dans l’ouest de l’île, en 36 à 46 minutes selon le nombre d’arrêts intermédiaires (la ligne en compte deux), au lieu de trois heures par train classique, grâce à des pointes à 350 km/h. Produits en Chine par CRRC Qingdao Sifang, les 11 trains à grande vitesse KCIC400AF destinés à la ligne indonésienne sont dérivés des CR400AF pour le réseau ferré chinois. Et comme ce dernier (mais aussi comme les LGV françaises), la ligne nouvelle de Java est à voie normale et électrifiée en 25 kV 50 Hz.

    Ce sont les secteurs bancaires et industriels chinois qui ont financé, construit et équipé ce premier tronçon de ligne nouvelle, à prolonger de 570 km entre Bandoeng et Surabaya, dans l’est de Java, via le consortium sino-indonésien KCIC. Selon le contrat de concession de 50 ans signé en 2016, la mise en service était attendue en mai 2019. Plus de quatre ans et demi plus tard, la ligne est enfin en service, avec des vitesses de service plus élevées que les 250 km/h prévus.

    A noter que la ligne nouvelle de Java n’est pas la première construite avec l’aide de la Chine en Asie du Sud-Est, où le réseau chinois a été prolongé de 406 km vers le sud en direction de Vientiane, au Laos, fin 2021. Plus tout à fait de la grande vitesse, avec 160 km/h, mais cette ligne est un premier pas vers une liaison entre la Chine et Singapour via Bangkok et Kuala Lumpur…

    P. L.

  • Une première ligne nouvelle aux Etats-Unis, mais à vitesse modérée

    Une première ligne nouvelle aux Etats-Unis, mais à vitesse modérée

    Une première ligne nouvelle aux Etats-Unis ! Mais les trains y sont moins rapides que les rames Acela sur les lignes classiques du Corridor nord-est. Et en plus, ils sont en traction diesel, mais ce seront ainsi les plus rapides du monde pour ce mode thermique, ex-aequo avec les rames HST britanniques.

    Située en Floride, cette ligne nouvelle de 65 km fait partie du prolongement de 272 km entre West Palm Beach et l’aéroport d’Orlando des dessertes assurées par Brightline, la seule entreprise privée de trains de voyageurs interurbains des Etats-Unis. Brightline, qui relie depuis 2018 Miami et West Palm Beach avec des rames construites par Siemens (motrices Charger et voitures Venture), desservait jusqu’à présent de nouvelles gares en circulant à 79 mph (127 km/h) sur une ligne classique améliorée (mise à double voie, aménagement des passages à niveau) du Florida East Coast Railway.

    Mais avec la mise en service du prolongement vers l’aéroport d’Orlando, le 22 septembre, c’est donc la première fois qu’une ligne nouvelle construite pour des trains de voyageurs grandes lignes est ouverte aux Etats-Unis. De là à parler de « ligne à grande vitesse », il reste un pas à franchir, la vitesse pratiquée sur la nouvelle infrastructure de 65 km étant de 125 mph (200 km/h) maximum, contre 110 mph (176 km/h) sur les 207 km de ligne classique aménagée du nouveau prolongement, ce qui est déjà mieux que sur la ligne classique entre Miami et West Palm Beach ! Au total, les 378 km de Miami à Orlando sont désormais parcourus en trois heures et demie, avec six arrêts.

    Après ses premières réalisations en Floride, Brightline entend lancer une deuxième relation, à grande vitesse (300 km/h) et électrique cette fois, entre Las Vegas et le sud de la Californie. Objectif : 350 km parcourus en 2 heures 10…

    P. L.