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  • Le train double la voiture sur autoroute

    Le train double la voiture sur autoroute

    Les déplacements de plus de 100 km concernent désormais plus de passagers en train à grande vitesse que d’automobilistes sur les autoroutes. C’est l’un des résultats marquants du quatrième rapport de l’autorité de régulation des transports, l’ART, sur le transport de passagers en France en 2023.

    Le document révèle que le trafic global est en légère baisse (-0,3%) principalement pour cause de recul de l’usage des véhicules particuliers. Dans le même temps, les transports ferroviaires, TGV et TER, progressent, conséquence de la demande en transport collectif.  Leur part modale atteint ainsi 17,9%, dont 10,4% pour le train.

    La fréquentation des TGV a dépassé de 10% le niveau d’avant-crise et celle des TER-TET augmente de 35%, avec une dynamique de 22% des TER de proximité. Faute de nouveaux matériels ou créneaux de circulation, le taux d’occupation grimpe de 3%, atteignant des niveaux très élevés pour les TGV et des niveaux records pour les services conventionnés.

    Les TER pénalisés par les grèves

    La qualité de service s’est pourtant à nouveau dégradée en 2023, en grande partie suite au taux d’annulation des trains, notamment sur des lignes TER de longue distance et à cause de mouvements sociaux. Les retards sont aussi en augmentation pour tous les modes, avec un record pour les vol domestiques.

    Le facteur prix explique en grande partie cette tendance favorable aux transports collectifs. Si la voiture circulant hors autoroute payante reste le moins cher à 5,3 euros les 100 km, le TGV à bas coût arrive juste derrière à 6,8 euros (contre 13,9 euros pour le TGV « classique »). L’autocar reste moins onéreux que le covoiturage (8,3 euros, contre 9,8 euros). Enfin, un trajet en véhicule sur route à péage est quasiment au même tarif qu’un billet de TER (12 contre 12,4 euros)

  • Velvet, la première compagnie privée concurrente de la SNCF, bien partie pour se lancer en 2028

    Velvet, la première compagnie privée concurrente de la SNCF, bien partie pour se lancer en 2028

    Proxima, le nom de code du projet de compagnie ferroviaire  que veut lancer l’ancienne patronne de SNCF Voyageurs, c’est fini! Place à Velvet, le nouveau nom de la compagnie privée 100 % française dévoilé le 1er juillet par Rachel Picard au côté de son associé, Tim Jackson, ancien directeur exécutif d’Alpha Trains et ex-PDG de la BU RATP Dev en Grande-Bretagne et en Irlande.

    Le train à grande vitesse de la compagne Velvet.
    La motice du train à grande vitesse de la compagnie Velvet sur le site d’Alstom à Belfort.
    @MhP

    Le projet avance vite. Les deux associés ont aussi présenté, au siège d’Alstom à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), la première rame de la compagnie. La motrice est déjà en place sur le site de Belfort où Alstom a commencé la production. « Nous en sommes maintenant à la production des caisses (les chaudrons dans le jargon ferroviaire). Il y aura la mise en peinture cet été« , a précisé Frédéric Wiscart, le président d’Alstom France.

    D’abord Paris-Bordeaux

    Le premier train commencera les essais l’an prochain. Il arborera une couleur vert foncé avec des touches de blanc, ceinturé d’un ruban rose tout au long des voitures. L’idée, c’est d’être visible et reconnaissable au premier coup d’oeil dans les gares, a expliqué Rachel Picard.

    12 trains Avelia Horizon, la nouvelle génération de TGV d’Alstom (similaires au TGV M commandés par la SNCF) ont été commandées. La livraison commencera en 2028, au rythme d’une livraison par mois.

    La compagnie prévoit en effet de se lancer en 2028, d’abord sur la liaison Paris-Bordeaux, une fois qu’elle aura réceptionné quatre rames. Elle ajoutera par la suite deux autres lignes à son catalogue, Nantes-Angers-Paris et Rennes-Paris. « Nous offrirons dix millions de places sur les trois lignes« , souligne Rachel Picard. En insistant sur le fait que Velvet contribuera à hauteur de 200 millions d’euros à l’entretien du réseau via les péages qu’elle versera.

    Maintenance avec Alstom chez Lisea

    L’entreprise a également noué un contrat de maintenance pendant 15 ans avec Alstom. L’entretien s’effectuera dans le futur centre de maintenance de Marcheprime, près de Bordeaux, que Lisea (groupe Vinci), le concessionnaire privé de la ligne Tours-Bordeaux, est en train de construire.

    15 % de voyageurs restent à quai

    L’histoire de Velvet s’écrit donc rapidement puisqu’elle a commencé il y a trois ans lors d’une rencontre entre les deux fondateurs, raconte Rachel Picard. « Nous avons partagé des constats communs : la demande en transport carboné n’a jamais été aussi forte. Mais l’offre ferroviaire à grande vitesse est insuffisante. Il y a une crise historique de capacité en France« , raconte la dirigeante, en estimant que 15 % de personnes qui voudraient voyager restent aujourd’hui à quai par manque de places dans les trains. Ils seront même 25 % dans ce cas en 2030, ajoute-t-elle.

    Les deux associés lèvent en juin 2024 un milliard d’euros pour lancer leur projet auprès de Antin Infrastructure Partners et d’un pool de banques françaises. Puis ils lancent un appel d’offres européen et retiennent finalement Alstom et ses trains à double niveau Avelia Horizon pouvant rouler à plus de 300 km/h. « Notre choix s’explique par deux raisons : il pourra y avoir un excellent service à bord et ce train est efficace économiquement et écologiquement« , commente Tim Jackson. Une rame peut en effet emporter 20 % de passagers en plus comparé à la génération précédente et consomme 20 % d’énergie en moins. Elle est également recyclable à 95 %, affirme Alstom. Enfin, ses coûts de maintenance devraient également être abaissés 30 % de coûts.

    Pour la suite, Velvet parie sur la simplicité pour sa distribution, qui passera notamment par des partenariats. « Nous sommes partis d’une page blanche. Nous avons étudié les habitudes, les irritants, nous nous sommes nourris des expériences d’ailleurs, y compris dans l’aérien, l’hôtellerie, le digital… « , raconte Rachel Picard avant de formuler ses trois conclusions : « il faut donner un vrai choix avec de la nouveauté, le plaisir du voyage et de la simplicité tant pour l’accès que pour la tarification« .

     

    Une flotte complète en 2029

    Les rames devraient arriver chez VelVet au rythme d’une par mois à partir de 2028. « La flotte sera complète en 2029« , affirment ses fondateurs. Pour y arriver alors que les retards s’accumulent pour le constructeur, Alstom a décidé d’investir plus de 150 millions d’euros afin d’augmenter la capacité de production de ses sites en France. La SNCF attend en effet aussi depuis 2023 les premières des 115 rames du TGV M nouvelle génération qu’elle a commandées et qui sont désormais espérées pour le début 2026. Le Maroc a confirmé récemment une commande de 18 rames au constructeur français.

    Il est ainsi prévu que trois lignes de production pour les TGV fonctionnent à terme contre seulement une aujourd’hui. Ce qui doit permettre de produire 30 rames par an contre dix actuellement.

    V comme velours et vitesse

    Le nom de la compagnie a été validé après des tests menés durant un an auprès de voyageurs potentiels dans les villes qui seront desservies par la compagnie. « Il y a la lettre V comme vitesse, comme velours (velvet en anglais, ndlr). C’est un mot court, un mélange de technologie et de douceur« , a résumé Rachel Picard, en professionnelle du marketing.

  • Transdev lance ses premiers TER dans le Sud (et subit ses premiers retards)

    Transdev lance ses premiers TER dans le Sud (et subit ses premiers retards)

    Les incidents qui touchent le réseau ferroviaire ne font pas de distinction : Transdev en a fait l’amère expérience le 29 juin, date du lancement de ses premiers trains sur la ligne Marseille-Nice. Un véhicule qui s’est retrouvé sur la voie ferrée vers Juan-les-Pins a perturbé la circulation des trains, dont ceux de l’opérateur privé qui a subi des retards dès l’après-midi. L’inauguration a eu lieu le lendemain.

    Reste que la concurrence devient un peu plus tangible pour le grand public et que le symbole est fort : c’est la première ligne de TER exploitée par une compagnie autre que la SNCF après appel d’offres. Transdev, qui est depuis passé sous pavillon allemand, en avait remporté la concession il y a quatre ans.

    Une commande de 16 trains

    Pour l’occasion, la région a commandé des nouveaux trains à Alstom. La première rame Omneo Premium a été officiellement réceptionnée en mai dernier. Transdev va recevoir progressivement les 16 nouvelles rames Omneo Premium achetées pour 250 millions d’euros. Elles remplaceront d’anciens trains Corail âgés de près de 45 ans. Mais du fait du retard pris par Alstom dans ses livraisons, Transdev a été obligé de louer des rames à trois régions pour pouvoir lancer le service.

    La filiale de Transdev, Rail Sud Inter-Métropoles (RSI), qui exploite le nouveau service ferroviaire, emploie 215 salariés dont 44 conducteurs et 77 contrôleurs. Sur l’ensemble des salariés, seuls 31 viennent de la SNCF après s’être portés volontaires (dont sept conducteurs) dans le cadre d’un transfert entre les deux entreprises. L’entreprise parie sur une organisation très décentralisée et sur la flexibilité des métiers pour tenir ses engagements et notamment un taux de régularité de 97,5 %.

    Un centre de maintenance flambant neuf

    La nouvelle compagnie ferroviaire va également bénéficier d’un centre de maintenance flambant neuf à Nice, construit par NGE, partenaire de Transdev, et qui a été inauguré le 19 juin. Tout cela doit permettre d’augmenter la fiabilité et l’offre de transport à coûts constants, avec une quinzaine d’allers-retours quotidiens. Soit un doublement des circulations par rapport à la situation qui prévalait jusqu’alors, sur une ligne qui représente un peu moins de 10 % du réseau ferroviaire régional.

    Le contrat passé avec la région Sud représente 800 millions d’euros sur dix ans. De son côté, la SNCF a remporté la desserte d’un autre axe après appel d’offres, l’Etoile de Nice (23 % du réseau régional), dont l’exploitation a commencé en décembre dernier par une de ses sociétés dédiées, SNCF Voyageurs Sud Azur et qui prévoit une hausse de 75 % de l’offre de TER.

  • Le député Mathieu Lefèvre veut « améliorer la prédictibilité » des grèves dans les transports

    Le député Mathieu Lefèvre veut « améliorer la prédictibilité » des grèves dans les transports

    Le député Mathieu Lefèvre a déposé mi-juin une proposition de loi pour lutter contre les préavis de grève dormants et les grèves de très courte durée (59 mn). Sa proposition intervient alors que Sud Rail a déposé un préavis de grève courant du 12 juin au 1er septembre. Le député (Ensemble pour La République) du Val-de-Marne a expliqué à VRT ses objectifs. 

    Ville, Rail & Transports. Pourquoi vous être intéressé à ce sujet du droit de grève dans les transports publics? 

    Mathieu Lefèvre. J’ai échangé avec des salariés du secteur des transports publics, des usagers et également avec mon ancien collègue Jean-Marc Zulesi qui avait lui-même beaucoup travaillé sur le sujet. J’ai constaté qu’il y a un dévoiement manifeste dans les préavis de grève. Il y a une quantité de préavis dormants de longue durée qui peuvent totalement désorganiser les entreprises. Je veux améliorer la prédictibilité et les conditions d’exercer le droit de grève dans les transports. Ma position est pragmatique : je ne restreins pas le droit de grève mais je cherche à faire cesser son dévoiement.

    VRT. En avez-vous parlé avec les entreprises elles-mêmes et les organisations syndicales? 
    M. L. Nous le ferons lors des auditions et mènerons un travail contradictoire. Le rapport qui en découlera explicitera les dispositions de cette proposition de loi et pourquoi elle est importante.

    VRT. Quelle est la différence entre votre proposition de loi et celle de Philippe Tabarot qui voulait également lutter contre les abus mais aussi neutraliser certaines périodes pendant  lesquelles les grèves seraient interdites? 

    M. L. Ma proposition s’inscrit à droit constitutionnel constant, elle est complémentaire de celle du Ministre Tabarot que je soutiens pleinement. Je poursuis trois objectifs : améliorer le quotidien des usagers, améliorer les relations avec les organisations syndicales et in fine agir en faveur des transports décarbonés

     

     

     

  • Un nouveau pôle d’échanges multimodal pour la gare de Bernay

    Un nouveau pôle d’échanges multimodal pour la gare de Bernay

    Le pôle d’échanges multimodal de la gare de Bernay (Eure) a été inauguré le 26 juin. Le parvis de la gare a ainsi été aménagé, un passage pour les personnes à mobilité réduite a été rendu accessible, une zone de dépose-minute pour les taxis réalisée ou encore un abri sécurisé pour les vélos mis en place.

    Le chantier a nécessité un investissement de plus de 4,3 millions d’euros. Il s’inscrit dans un projet visant à rendre la gare où transitent 616 300 voyageurs (chiffre 2023) et ses alentours plus sécurisés et attractifs.

  • SNCF Voyageurs lance une nouvelle campagne contre les incivilités envers ses agents

    SNCF Voyageurs lance une nouvelle campagne contre les incivilités envers ses agents

    Le constat est désolant : chaque jour, plus de 15 agents SNCF Voyageurs sont victimes de violences sous toutes ses formes (neuf font l’objet d’injures, quatre de menaces et deux de violences volontaires). « Les agents les plus ciblés sont les chefs de bord à hauteur de 65% et les agents en gare pour 35% », indique dans un communique SNCF Voyageurs en dénonçant ces multiples atteintes envers ses agents, atteintes qui sont « devenues une des premières causes d’accidentalité au travail ».

    L’entreprise a ainsi recensé, l’année dernière, près de 6 000 actes d’atteintes physiques ou verbales, dont 850 ont fait l’objet d’un accident du travail. D’où une campagne et des actions de sensibilisation lancées à l’approche de la saison estivale.

    La campagne de communication, conçue par l’agence Rosa Paris, reprend un message « simple » et « choc » qui a déjà « fait ses preuves », estime SNCF Voyageurs, Elle prévoit une diffusion sur les affichages digitaux dans les principales grandes gares et sur les réseaux sociaux afin de sensibiliser le public.

    SNCF Voyageurs publie également sur les réseaux sociaux un contenu pédagogique détaillant les sanctions encourues en cas d’atteinte physique ou verbale : https://www.sncf-voyageurs.com/fr/voyagez-avec-nous/en-france/actualites/campagne-outrages-2025/

  • L’Etat annonce un plan de 520 millions d’euros pour les mobilités en vue des JO d’hiver

    L’Etat annonce un plan de 520 millions d’euros pour les mobilités en vue des JO d’hiver

    Le gouvernement a annoncé le 27 août, lors du comité interministériel pour les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver 2030, un plan de 520 millions d’euros pour moderniser les infrastructures ferroviaires et routières dans les Alpes du Sud.

    Ce plan comprend notamment le lancement d’un chantier de modernisation de la ligne des Alpes permettant, à partir de 2030, la circulation de deux allers-retours express en 3h40 entre Marseille et Briançon qui s’ajouteront aux trains omnibus qui desservent les 16 gares de la ligne, explique la région Sud dans un communiqué.

    Côté route, il est prévu de sécuriser quatre grands axes routiers, la Rocade de Gap, les axes Gap – Briançon, Tallard – La Bâtie Neuve, la liaison Briançon – Grenoble et la Traversée de la Roche-de-Rame.

    La région va aussi, de son côté, créer notamment un pôle d’échanges multimodal à Briançon et à Manosque.

  • Le port de Dunkerque choisit Modalis pour exploiter son futur terminal de ferroutage

    Le port de Dunkerque choisit Modalis pour exploiter son futur terminal de ferroutage

    Dunkerque-Port a choisi le groupe Modalis, à l’issue d’un appel à manifestation d’intérêt, pour gérer son futur terminal de ferroutage actuellement en construction sur le port ouest et dont l’ouverture est prévue en mars 2026. Doté d’une capacité de traitement pouvant atteindre jusqu’à quatre trains de 750 mètres par jour, le futur terminal, situé au carrefour stratégique des terminaux rouliers Grande-Bretagne / Irlande, doit faciliter le transport combiné rail-route. Il doit permettra de retirer jusqu’à 50 000 unités de transport intermodal de la route chaque année ce qui représente 70 000 tonnes de CO₂ évitées.

    Modalis, via sa filiale de transport combiné Delta Rail, s’apprête à lancer en mars prochain une liaison régulière entre le nord de l’Italie et Dunkerque. Le terminal sera ouvert à d’autres opérateurs.

  • Mulhouse va expérimenter de nouveaux filtres à particules sur ses bus

    Mulhouse Alsace Agglomération (m2A) lance le 1er juillet avec Transdev, Tallano Technologies et Iveco Bus, une expérimentation pour capter à la source des particules fines sur les bus du réseau Soléa, une première selon eux. Les bus vont en effet être équipés par Tallano Technologies d’un filtre avec une technologie baptisée TAMIC® qui doit permettre de capter à la source plus de 70 % des particules fines et ultra fines émises par le freinage. Cela grâce à un rainure créée dans la plaquette de frein.

    Dans un premier temps, trois bus en seront dotés, le premier d’entre eux commencera à circuler à partir du 1er juillet. 50 autres véhicules du parc existant seront ensuite équipés. Et tous les nouveaux autobus doivent l’être entre 2025 et 2030.

    Cette expérimentation vise à respecter la règlementation européenne qui encadrera les émissions de particules fines liées au freinage des véhicules à l’horizon 2030, avec l’entrée en vigueur du règlement européen Euro 7 pour les véhicules lourds. Cette innovation a été primée par Propulse1 dans le cadre de la nouvelle convention entre m2A et Soléa, précise un communiqué des partenaires.

  • Le coût global de la voiture chiffré à plus de 300 milliards d’euros annuels

    Le coût global de la voiture chiffré à plus de 300 milliards d’euros annuels

    Le think tank Forum Vies Mobiles a analysé les coûts de l’automobile sur une période de huit ans et révèle leur inexorable hausse.

    Clarifier le coût du « système voiture » et démontrer l’intérêt de « sa reprise en mains », sont les objectifs de la nouvelle étude du Forum Vies Mobiles, qui livre un panorama complet et inédit, susceptible d’éclairer les réflexions menées dans le cadre de la conférence de financement des transports. L’analyse, réalisée avec le Laboratoire Economie Aménagement Transport (LAET) de Lyon, sur la période 2015-2023, prend en compte les dépenses directes des usagers (ménages, entreprises, administrations), mais aussi les coûts supportés par la collectivité tels que la pollution de l’air, les émissions de CO2 ou les accidents. Il en résulte que la voiture est un système de mobilité « obsolète » qui, pour fonctionner, coûte environ 836 millions d’euros par jour à l’ensemble des acteurs, soit 305 milliards par an.

    Les usagers en sont les principaux financeurs avec 210 milliards de dépenses annuelles, soit près de 70% de son coût total. L’État et les collectivités ne supportent, de leurs côtés, qu’un peu moins de 10%, soit 26 milliards d’euros par an. Enfin, la société dans son ensemble assume un coût qui n’a rien de marginal : 69 milliards par an de pertes en insécurité, pollution, émissions de CO2.

    Une hausse des coûts inexorable

    Premier constat, selon les données collectées notamment auprès du Commissariat général au développement durable (CGDD), les coûts d’usage connaissent une hausse inexorable. En 2015, ils étaient estimés à 190 milliards d’euros contre 230 milliards en 2023, soit une hausse de 19%, supérieure à l’inflation sur la période (environ 17,5%). « Même si le marché automobile a ralenti, les coûts d’usage augmentent, portés par l’entretien, les carburants et les externalités », résume l’étude. En 2023, les Français dépensent en effet plus en entretien, suite au vieillissement du parc et au ralentissement des ventes. Le prix des assurances a flambé de 33%. Enfin, les carburants participent à la hausse. Malgré une baisse du trafic routier et une diversification des motorisations, le prix à la pompe tire la dépense en essence qui passe de 34,5 milliards en 2015 à 55,2 milliards huit ans plus tard.

    Garer sa voiture revient aussi plus cher puisque le coût du stationnement public hors domicile atteint 7,8 milliards contre 6,7 milliards d’euros en 2015, sur la base d’un coût par kilomètre en zone urbaine/périurbaine. Le coût d’acquisition reste élevé, malgré la baisse des ventes, porté par un coût d’immobilisation qui ne faiblit pas.

    Enfin, les externalités négatives comptabilisées (CO2, pollution locale, bruit, insécurité) pèsent aussi sur le système voiture. L’insécurité est la plus coûteuse en 2015 comme en 2023. En revanche, en 2023, après actualisation du taux de remplissage, de la valeur carbone (+208%) et prise en compte des motorisations alternatives, le CO2 arrive en deuxième position des externalités les plus lourdes.

    Forum Vies Mobiles insiste sur l’importance de mettre à jour régulièrement les méthodes d’évaluation, notamment pour refléter les changements technologiques et économiques (motorisations, prix du carbone, etc.). Son étude révèle que le coût global de l’automobile est significativement sous-évalué. Toute une liste de coûts n’avait pas été identifiée avant ses travaux : congestion routière, stationnement à domicile, aides publiques à l’automobile, investissements hors routes concédées, dégradation des écosystèmes, coûts liés aux permis de conduire, …