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  • Transdev revient en République Tchèque

    Transdev revient en République Tchèque

    Transdev a annoncé aujourd’hui avoir remporté quatre appels d’offres en République Tchèque pour exploiter des lignes de bus interrégionaux dans la région de Moravie-Silésie, dans l’est du pays. « Ces contrats prévoient la mise en service – en décembre 2018 – de 125 bus, dans les régions de Bruntál, Krnov, Nový Jičín [photo] et Rýmařov, pour une période de dix ans. Ces nouveaux services de bus représentent une capacité totale de 7,7 millions de kilomètres annuels », souligne le groupe de transport public français dans un communiqué.

    Pour Transdev, qui va investir 20 millions d’euros dans une nouvelle flotte de bus, c’est un retour en République Tchèque que l’entreprise avait quitté en mai 2013,  après avoir lancé un vaste plan de restructuration pour redresser les comptes. Pour favoriser ce retour et remporter le marché, Transdev République Tchèque a été créée en janvier 2018. L’effectif devrait dépasser les 200 employés, explique encore Transdev qui compte « intensifier sa croissance dans le domaine des bus et – à plus long terme –dans celui du ferroviaire » en République Tchèque.

     

     

  • Quatre gestionnaires de réseau poussent au lancement d’une desserte Londres – Bordeaux

    Quatre gestionnaires de réseau poussent au lancement d’une desserte Londres – Bordeaux

    Persuadé qu’une liaison directe Londres – Bordeaux offre un important potentiel de trafic, Lisea, le concessionnaire privé de la ligne Tours – Bordeaux, a récemment créé une association avec trois autres gestionnaires de réseau : SNCF réseau, Eurotunnel et HS1 (High Speed 1 qui gère la ligne à grande vitesse entre le tunnel sous la Manche et Londres). L’objectif de cette association (qui n’a pas été baptisée) est de devenir l’interlocuteur unique de toute entreprise ferroviaire qui souhaiterait relier Londres à Bordeaux (en moins de 5 heures), à commencer bien sûr par Eurostar qui n’a jamais caché son intérêt pour cette desserte. « Chaque gestionnaire de réseau a sa propre tarification mais a aussi la possibilité de consentir des rabais en cas de lancement de nouvelle desserte. Nous regardons comment harmoniser nos politiques tarifaires et la disponibilité des sillons », explique Hervé Le Caignec, le président de Lisea que nous avons interrogé.

    Autre question à résoudre et pas des moindres : comment assurer la sécurité du tunnel et contrôler les passagers qui se rendraient à Londres à partir de Bordeaux, alors que Bordeaux-Saint-Jean ne dispose pas, comme les gares du Nord ou de Saint-Pancras, d’une zone de sûreté avec des policiers français et anglais. Il faudra sans doute pas moins de deux à trois ans pour que le projet puisse se mettre en place, estime Hervé Le Caignec.

    M.-H. P

  • Thalys va lancer une desserte directe Bruxelles – Bordeaux

    Thalys va lancer une desserte directe Bruxelles – Bordeaux

    Selon nos informations, confirmées par la compagnie ferroviaire détenue par la SNCF et la SNCB, Thalys va mettre en service à partir de l’été 2019 une nouvelle liaison directe entre Bruxelles et Bordeaux. Cette liaison ne sera exploitée que durant la période estivale, sur le modèle des « Thalys Soleil » qui relient chaque été, de la fin juin à la fin août, la capitale belge à la cité phocéenne (photo).

    Les départs et les retours se feront le samedi car ils visent avant tout une clientèle loisirs et répondent à une forte demande côté belge, précise-t-on côté Thalys.

    M.-H. P.

  • Après Ouargla, Sétif a inauguré son tramway

    Après Ouargla, Sétif a inauguré son tramway

    Après Ouargla en mars, Sétif a inauguré en mai sa première ligne de tramway. Longue d’une quinzaine de kilomètres, la ligne de Sétif dessert 26 stations reliant les quartiers est, le centre-ville, le stade du 8 mai 1945, la gare routière, les deux pôles universitaires Ferhat Abbas I et II et le pôle universitaire El-Bez. L’Entreprise du métro d’Alger (EMA) avait attribué en mars 2014 à un groupement constitué des entreprises Yapi Merkezi et Alstom la réalisation clés en main de la ligne. Alstom a fourni le système de signalisation et télécommunication, le poste de commande centralisé, les équipements électriques, la billettique. Et les 26 rames Citadis, qui ont été assemblées par Cital, sa coentreprise algérienne, dans l’usine d’Annaba.

    Deux mois avant, c’est Ouargla qui a ouvert sa ligne. Le tramway relie Ouargla à sa nouvelle ville en passant par le centre-ville et l’ensemble des universités, sur un tracé de 9,7 km comptant 16 stations. Alstom et Cital avaient remporté en septembre 2013 un contrat pour la fourniture d’un système tramway, incluant 23 tramways Citadis, la signalisation, les sous-stations de traction, les systèmes de télécommunication, d’aide à l’exploitation, des équipements de maintenance, ainsi que la billettique. Comme ceux de Sétif, les Citadis ont été assemblés par Cital à Annaba. Alstom avait auparavant fourni les systèmes de tramway intégrés des villes d’Alger, Oran, Constantine et Sidi Bel Abbès.

    Les lignes d’Ouargla et de Sétif viennent s’ajouter aux réseaux déjà exploités par la Setram dans les quatre mêmes villes algériennes. RATP Dev est présent sur l’ensemble des projets de tramway du pays via une coentreprise algérienne, la Setram (Société d’exploitation des tramways), entre le Groupe Transtev (Transports terrestres de voyageurs) et l’EMA, d’une part et RATP Dev. La Setram a transporté 43,2 millions de voyageurs en 2017, exploite 87 kilomètres de ligne, 143 stations, emploie 3 277 collaborateurs dont 3 264 salariés locaux.

    F. D.

  • « Je souhaite lancer le premier RER métropolitain »

    « Je souhaite lancer le premier RER métropolitain »

    Interview de Benoît Simian, député LREM de Gironde

    Benoît Simian, député LREM de Gironde et rapporteur du budget Transports à la commission des finances de l’Assemblée nationale, connaît bien le monde des transports, tout particulièrement la SNCF où il a travaillé (il est actuellement détaché) et avec laquelle il entretient des relations en tant qu’élu (il est aussi maire de Ludon-Médoc). Pour améliorer les transports du quotidien, il soutient l’idée de développer des RER métropolitains et mise sur le train à hydrogène, pour revitaliser des petites lignes.

     

    Ville, Rail & Transports. Que peut-on attendre de la future loi d’orientation des mobilités (LOM) ?
    Benoît Simian. Les Assises de la mobilité ont suscité beaucoup d’espoir chez nos concitoyens et parmi les acteurs du secteur. Il y a eu beaucoup d’écoute de la part des pouvoirs publics. Mais il est vraiment dommage d’avoir changé ce qui était initialement prévu : la LOM devait comporter trois volets : une partie programmation, un volet sur la réforme ferroviaire et un autre sur la stratégie liée à la mobilité.
    Finalement, le gouvernement a choisi de passer par ordonnances sur la réforme ferroviaire. Et cela a éclipsé tout le reste. Or, tout traiter dans la même loi avait du sens pour disposer d’une vision d’ensemble.
    J’entends parfois dire que le déclin du fret ferroviaire est dû à l’ouverture à la concurrence. Mais si on a échoué, c’est justement parce qu’on n’avait pas prévu un nouveau modèle pour le fret ferroviaire avant de le libéraliser. C’est pourquoi il n’aurait pas fallu déconnecter la réforme ferroviaire de tout le reste.
    Après la réforme ferroviaire, il nous restera donc à traiter la stratégie des mobilités et la loi de programmation. J’applaudis quand la ministre des Transports explique vouloir mettre le paquet sur les transports du quotidien et sur la régénération du réseau. On arrête le « tout TGV » même s’il ne faut pas faire du TGV bashing.
    Les Français ne veulent pas forcément aller plus vite. Ils veulent un transport fiable. Je serai donc attentif en tant que rapporteur du budget à ce que les crédits alloués à la régénération soient effectivement affectés à ce poste.

    VR&T. Concrètement quels projets pourraient voir le jour demain grâce à la LOM ?
    B. S. La LOM doit définir une stratégie des mobilités, réfléchir aux mobilités du futur et proposer une boîte à outils. Car la révolution des mobilités doit être menée par les élus locaux eux-mêmes.
    De ce point de vue-là, Bordeaux et sa région offrent un excellent cas pratique. Je crois beaucoup aux RER métropolitains préconisés par Elisabeth Borne.
    Je souhaite notamment relancer la ligne du Médoc (Bordeaux – Le Verdon). Entre Bordeaux et Macau, qui se situe sur une zone dense, je propose de faire circuler un tram sur le réseau ferré national. Ce qui réduirait les coûts : un tram coûte 3 millions d’euros, contre 7,5 millions pour un train. Ce pourrait être le premier RER métropolitain !
    Pour le financer, j’en appelle à la solidarité des territoires : Bordeaux Métropole, la Nouvelle-Aquitaine, et les intercommunalités concernées devront se mettre autour de la table pour signer un contrat de mobilité (autorisé par la LOM). La participation financière des communes sera possible grâce au « versement mobilité » que devrait prévoir la LOM.
    Sur le tronçon allant de Macau jusqu’à Soulac-sur-Mer, où il faut gagner la bataille de la congestion et de la pollution, je propose une autre solution : lancer une étude pour recourir à un train à hydrogène. De ce fait, nous n’aurions pas besoin de refaire la caténaire comme c’est prévu dans le CPER puisque cet équipement est arrivé en bout de course, mais nous en attendons toujours la réfection. Nous pourrions ainsi économiser plus de 45 millions d’euros.
    Alstom a déjà développé un train à hydrogène en Allemagne, le Coradia iLint, mais il n’est pas duplicable en France. Alstom a besoin d’une enveloppe de 50 millions d’euros pour investir en recherche-développement dans ce domaine. A priori, il suffirait d’équiper les TER avec une pile à combustible adaptée. Ce qui reviendrait à dépenser un million d’euros par train. Si nous devons développer une centrale photovoltaïque à proximité, cela nous coûterait au maximum 10 millions d’euros. Cela a d’autant plus de sens que nous sommes dans un parc régional naturel.
    Début juin, une réunion de travail sera organisée sur ce projet avec la SNCF, l’Ademe et la Nouvelle-Aquitaine. Une autre suivra avec Alstom et l’EPSF. Il faut avancer étape par étape. Si on veut concrétiser notre projet dans cinq ans, il faut le lancer maintenant, d’autant qu’un appel à projet hydrogène est prévu. Une étude sera rendue publique début juillet par la région, la métropole et la SNCF.
    L’hydrogène peut représenter une bouffée d’oxygène pour les petites lignes.

    VR&T. Quels financements préconisez-vous pour alimenter l’Afitf ?
    B. S.Il faut disposer de recettes affectées. Je regrette le fiasco de l’écotaxe, abandonné fin 2014, et qui nous a fait renoncer à 800 millions d’euros annuels. Simplement parce que les Bretons n’en voulaient pas. On aurait réglé toute l’équation financière avec l’écotaxe.
    Aujourd’hui, je pousse pour une taxe affectée aux régions (une taxe « régio-transit » puisqu’il faut bannir le terme écotaxe), qui leur donnerait la capacité fiscale d’investir sur l’une de leurs principales dépenses, le ferroviaire.
    Or, actuellement, on entend dire que la ministre des Transports souhaite lancer une vignette poids lourd alors que la Commission européenne veut interdire l’eurovignette à partir de 2022 pour la remplacer par une indemnité kilométrique.
    Au niveau national, on peut s’inspirer du modèle proposé par l’Unipef (Union nationale des ingénieurs des ponts et forêts) ; qui estime qu’en 2031, lorsque les premières concessions d’autoroutes arriveront à échéance, on pourrait maintenir les péages et affecter les recettes à l’Afitf.
    Ce serait un gage de financement pour l’avenir.
    Je pense qu’au niveau local, il faut être girondin, au niveau national, il faut être innovant. Ainsi, on pourrait aussi sortir de la pause, car je ne peux pas croire qu’on ne lance plus de projets d’infrastructures dans ce pays.

    VR&T. Vous avez fait partie du Comité d’orientation des infrastructures présidé par Philippe Duron. Quelle position avez-vous soutenue ?
    B. S. Il faut lancer des lignes nouvelles lorsque le réseau est saturé, lorsque c’est justifié. C’est typiquement le cas de Bordeaux – Toulouse, qui est un corridor européen et a droit de ce fait à des subventions européennes à hauteur de 20 %. Alain Rousset [président de la Région Nouvelle-Aquitaine, NDLR] a proposé de faire une société de projet sur le modèle du Grand Paris. Cet axe, qui contribuera à améliorer les transports du quotidien, a aussi du sens pour le transport de fret.
    Je me suis battu aussi pour le grand contournement routier de Bordeaux pour qu’il figure dans le rapport : la réalisation n’est pas prévue avant 2037, mais le rapport indique qu’il convient d’engager des études pour lesquelles il faudra obtenir des crédits.
    Par ailleurs, il faut continuer à investir sur la route. Il ne faut répéter pas la même erreur que celle faite avec le ferroviaire dans lequel on a sous-investi pendant des années. On en paye désormais les conséquences. L’avènement du véhicule autonome, le développement actuel du covoiturage montrent que la route a de l’avenir.
    Actuellement, ce qui me préoccupe beaucoup, c’est la situation des contrats de plan Etat-région : l’état de réalisation est extrêmement bas. En Nouvelle-Aquitaine, le taux de réalisation des engagements de l’Etat n’est que de 8 %. Et on est à mi-parcours !
    En réalité, l’Etat a beaucoup trop promis, et du coup ne tient pas ses engagements. Cela crée un doute sur la parole de l’Etat. On a tellement peu investi ces dernières années qu’il y a des ralentissements partout sur le réseau ferré. Désormais, on se pose la question des fermetures… D’où mes propositions pour revitaliser les petites lignes.

    Propos recueillis par Marie-Hélène POINGT

  • Réforme ferroviaire. Le Sénat renforce les droits des cheminots (et des territoires)

    Réforme ferroviaire. Le Sénat renforce les droits des cheminots (et des territoires)

    L’Assemblée plénière du Sénat, qui a voté le 5 juin par 240 voix pour et 85 voix contre le projet de réforme ferroviaire, s’est vu proposer un texte sensiblement remanié comparé à celui approuvé en mai par l’Assemblée nationale. Même si les grands principes demeurent (ouverture à la concurrence, transformation de l’entreprise en sociétés anonymes à capitaux 100 % publics, et changement de statut pour les futurs cheminots pour lesquels les sénateurs ont écrit noir sur blanc la date de suppression du statut : à partir du 1er janvier 2020), la Commission de l’Aménagement du territoire et du Développement durable a en effet fait évoluer le projet de réforme ferroviaire dans un sens plus protecteur des cheminots et des intérêts locaux. De quoi satisfaire à la fois les organisations syndicales réformistes et les élus sensibles aux questions d’aménagement du territoire.

    Les Sénateurs ont réaffirmé le principe d’une ouverture à la concurrence progressive en confirmant la possibilité d’ouvrir les TER à la concurrence à partir de 2019 si les régions le souhaitent. A partir de 2023, les appels d’offres deviendront obligatoires. Mais ils ont accéléré le calendrier en Ile-de-France où le RER E sera ouvert à la concurrence à partir de 2025 pour coller aux souhaits de la présidente de Région, Valérie Pécresse. Ils ont aussi prévu la possibilité de transférer la propriété des TER aux régions, ainsi que les ateliers de maintenance si ceux-ci sont majoritairement utilisés pour les TER.

    Gérard Cornu, le rapporteur d’Eure-et-Loir (LR) au Sénat, a aussi expliqué qu’ils avaient entendu les craintes des cheminots.« L’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs suscite les inquiétudes légitimes des salariés de SNCF Mobilités quant aux conditions de leur transfert à de nouveaux opérateurs, que l’examen du texte à l’Assemblée nationale n’a pas permis de lever », a-t-il expliqué D’où la décision des sénateurs réunis en commission de favoriser le volontariat, en élargissant l’appel aux volontaires à la région concernée par un changement d’opérateur ferroviaire. Dans ce cas, s’il n’y a pas suffisamment de volontaires prêts à quitter la SNCF, une distinction sera faite entre les cheminots qui travaillent à plus de 50 % sur les lignes transférées et ceux qui y travaillent moins de la moitié de leur temps. Ces derniers se verront systématiquement proposer une offre de reclassement s’ils ne souhaitent pas changer d’employeur, tandis que les autres seront obligatoirement transférés. En cas de transfert, le cheminot gardera sa rémunération, y compris, ont précisé les sénateurs, les allocations comme par exemple les primes de découchés qui peuvent représenter une partie conséquente du salaire. Les salariés pourront demander à réintégrer la SNCF au bout de trois ans, mais il faudra qu’on leur propose un poste. Enfin, un amendement allonge de deux ans (de six à huit ans) la durée pendant laquelle les salariés transférés pourront demander à réintégrer le statut en cas de réembauche par la SNCF.

    Pour « renforcer la compétitivité du secteur ferroviaire », les sénateurs proposent aussi de transformer Gares & Connexions en filiale de SNCF Réseau « tout en assurant son autonomie financière afin de garantir le maintien de l’investissement dans la modernisation des gares », expliquent-ils dans un communiqué. Ils ont également cherché à renforcer les pouvoirs de l’Arafer, le gendarme du rail en prévoyant un avis conforme pour « sécuriser la mise en œuvre de certaines dérogations à la concurrence ». Les sénateurs demandent aussi que l’Arafer donne un avis conforme sur la trajectoire des péages, et pas seulement sur la tarification annuelle.

    Dans un souci d’aménagement du territoire, ils ont réintroduit, à l’unanimité, le dispositif de la proposition de loi d’Hervé Maurey et Louis Nègre adopté par le Sénat le 29 mars (mais écarté par le gouvernement), qui prévoyait la conclusion, par l’Etat, de contrats de service public pour répondre aux besoins d’aménagement du territoire et préserver des dessertes directes sans correspondance. Pour la commission sénatoriale, le dispositif de modulation des péages prévu par le gouvernement menaçait de nombreuses dessertes dans les territoires : « Le gouvernement lui-même reconnaissait qu’avec le dispositif qu’il envisageait, une desserte TGV sur six serait encore menacée de disparition après la mise en œuvre de ce dispositif », explique-t-elle.

    Pour renforcer la sécurité du transport ferroviaire, la commission a adopté un dispositif favorisant la création, par les acteurs du secteur ferroviaire, « d’un groupement d’intérêt public visant à coordonner leurs actions ». Enfin, le caractère incessible des actions de l’Etat qui détiendra 100 % des sociétés anonymes qui vont être créées a également été réaffirmé.

    En début de semaine prochaine, une commission mixte paritaire cherchera à trouver un texte commun aux deux chambres afin de permettre l’adoption définitive de la loi. Même s’il n’y participera pas, le gouvernement se montre assez confiant sur la possibilité pour les deux chambres de parvenir assez facilement à se mettre d’accord car « le texte du Sénat est dans la continuité de celui de l’Assemblée nationale. Il apporte des précisions et résulte de discussions avec les organisations syndicales et les sénateurs », rappelle-t-on du côté du ministère des Transports. D’ici là, les syndicats maintiennent la pression et prévoiraient, selon Europe 1, une nouvelle journée « sans cheminots » le 12 juin.

    M.-H. P.

  • Verdun expérimente la navette autonome sur route ouverte

    Verdun expérimente la navette autonome sur route ouverte

    Inaugurée le 29 mai, la navette autonome mise en place à Verdun va circuler pendant toute la période estivale dans le centre-ville sur une boucle de 1,4 km. « Elle permet d’accéder aux commerces et restaurants du centre-ville, aux quais très animés en cette période, tout en faisant la liaison avec les arrêts du réseau de bus et les parkings-relais », explique dans un communiqué Transdev qui exploite déjà le réseau TIV (Transport Intercommunal Verdunois, qui comprend, outre Verdun, 25 autres communes de la communauté d’agglomération du Grand Verdun).

    L’opérateur de transport public rappelle « qu’il s’agit d’une première en France sur route ouverte, en conditions réelles de circulation, dans un centre-ville pour une durée supérieure à deux mois ». Le véhicule mis en place (un véhicule EZ10 de deuxième génération du constructeur français EasyMile), a une capacité de transport de 12 personnes. L’application Zenbus du réseau de transport permettra de connaître sa position en temps réel.

  • La cagnotte de solidarité avec les grévistes de la SNCF en cours de redistribution

    La cagnotte de solidarité avec les grévistes de la SNCF en cours de redistribution

    Lancée par une trentaine d’artistes et d’intellectuels sur la plateforme en ligne Leetchi, le 23 mars en solidarité avec les cheminots grévistes, la cagnotte a dépassé 1,16 million d’euros récoltés auprès de quelque 30 000 donateurs. Elle est en train d’être redistribuée par l’association « Solidarité cheminots grévistes 2018 », spécialement créée pour gérer les fonds.

    Des responsables des quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT Cheminots, Unsa-ferroviaire, SUD-Rail et CFDT Cheminots) siègent au bureau de l’association. La cagnotte devait initialement être redistribuée aux fédérations de la SNCF proportionnellement à leur représentativité. « Après discussions avec les syndicats, la formule de l’association est apparue comme la meilleure solution », a expliqué à l’AFP le sociologue à l’origine de la cagnotte, Jean-Marc Salmon. « L’association permet aussi de prévenir une différence de traitement et des inégalités avec les non-syndiqués. » La cagnotte de solidarité « s’adresse aux cheminots qui étaient en grève sur les préavis de deux jours sur cinq définis par l’intersyndicale », indique la CGT dans une lettre d’information à ses adhérents. Pour en bénéficier, il faut « avoir réalisé au minimum quatre jours de grève pleins sur l’ensemble du mouvement », précise-t-il. D’autres critères, notamment sociaux, sont pris en compte pour calculer l’indemnisation en fonction du nombre de jours de grève, des besoins des gens, de la composition de la famille. Les dossiers devraient être examinés au cas par cas. Pour toucher une indemnisation, tous les cheminots doivent remplir un dossier dans lequel figure le nombre de jours de grève qui ont été retenus et fournir leurs fiches de paie.

    Pour les dossiers retenus, un remboursement fixé « sur la base de 20 euros par jour de grève » sera effectué « directement sur les comptes bancaires des grévistes », explique un tract de l’Unsa. L’intégralité de la cagnotte sera « reversée aux grévistes au fur et à mesure » et « jusqu’à épuisement », est-il également précisé.

  • Le Havre va proposer un service de transport public 24 heures sur 24

    Le Havre va proposer un service de transport public 24 heures sur 24

    A partir du 1er juin, la Communauté de l’agglomération havraise (Codah) va proposer un service de transport public y compris la nuit, de 0h30 à 5h du matin (jusqu’à 6h15 le dimanche), via au dispositif baptisé LiAdeNuit qui devient un service de transport nocturne à la demande tout au long de l’année. « Grâce à cette nouveauté, la Codah devient la première agglomération de France à disposer d’un réseau de transport en commun sans interruption de service », indique la collectivité dans un communiqué.

    « J’ai souhaité que ce service devienne permanent parce qu’il est tout aussi utile aux noctambules qui rentrent en sécurité qu’aux salariés qui travaillent la nuit ou se lèvent tôt », explique Luc Lemonnier, maire du Havre et président de la Codah.

    « Le nouveau service LiAdeNuit est mis en place dans le cadre de la nouvelle délégation de service public 2018-2023 du réseau LiA, confiée à CTPO-Transdev, opérateur historique de la mobilité dans l’agglomération havraise », explique encore la Codah. Les réservations se feront en ligne (www.transports-lia.fr) entre 24 heures et 30 minutes à l’avance. Le service LiAdeNuit sera assuré par des véhicules de neuf places et les usagers seront pris en charge et déposés aux arrêts identifiés par un pictogramme « LiAdeNuit » dans huit communes suivantes (Le Havre, Fontaine-la-Mallet, Gainneville, Gonfreville-l’Orcher, Harfleur, Montivilliers, Octeville-sur-Mer, Sainte-Adresse).

    A partir de septembre, des évolutions sont prévues pour améliorer progressivement le service avec des lignes de bus plus directes et aux fréquences et amplitudes horaires élargies. Un nouveau service de transport à la demande sur la zone industrialo-portuaire, Flexi’LiA, et un nouveau service de location de vélo dans l’agglomération doivent aussi être lancés.

    Actuellement, LiA transporte 100 000 voyageurs par jour sur les 14 lignes de bus, deux lignes de tramway, un funiculaire, une ligne express régionale (LER) de train et un service de transport pour les personnes à mobilité réduite.

  • Catherine Guillouard : « A la RATP, le statut n’est pas un sujet en soi »

    Catherine Guillouard : « A la RATP, le statut n’est pas un sujet en soi »

    Reçue le 24 avril par le Club Ville Rail & Transports, la PDG de la RATP a été notamment interrogée sur la façon dont la RATP se prépare à sa future mise en concurrence. Occasion pour Catherine Guillouard d’exposer ce qui distingue à ses yeux le statut de la SNCF et celui de la RATP.

    L’essentiel de l’intervention de Catherine Guillouard sera publié dans le prochain numéro de VR&T, à paraître le 8 juin. Nous reproduisons ci-dessous sa réponse à la question sur le statut. Et nous publions sa réponse à une question de Marc Pélissier, président de l’AUT-IDF, sur les difficultés que rencontrent les bus à Paris… Bonne introduction à la prochaine rencontre du club VR&T, le 6 juillet, avec Christophe Najdovski, adjoint à la maire de Paris chargé des Transports.

     

    Question. Le statut de la SNCF est sur la sellette. N’y aura-t-il pas, avec la concurrence, un sujet de statut à la RATP ?
    Catherine Guillouard.
    Nous ne pouvons pas comparer les deux situations. Je n’ai pas demandé, en tant que présidente de groupe – et l’Etat de son côté ne me le demande pas non plus – qu’on touche au statut des agents RATP. A la différence de la SNCF, la RATP est dotée d’un statut qui fixe des principes généraux et qui est complété par des accords d’entreprise et des instructions générales. Par ailleurs, nous avons une commission du statut, gérée entre les partenaires sociaux et nous, dans laquelle nous pouvons discuter. Les discussions sur le cadre social ne sont donc pas figées et il y a une tradition de dialogue social nourri à la RATP où nous signons 50 à 60 accords par an.

    Le statut n’est donc pas un sujet en soi. En revanche, nous allons avoir besoin d’un cadre législatif et réglementaire pour l’ouverture à la concurrence qui viendra compléter notre structure de statut et d’accords préexistants, afin de permettre une continuité de service parfaite, éviter tout dumping social et permettre en toute sécurité d’assurer le haut de niveau de qualité d’exploitation requis en Ile-de-France.

    Par ailleurs, nous allons instaurer de la souplesse dans le recrutement, afin d’attirer des profils spécifiques, par exemple sur les métiers du digital. On ne peut pas être attractif pour des professionnels de moins de 35 ans qui viennent de start-up en parlant de statut.

    Marc Pélissier. Je suis un peu inquiet sur la refonte du réseau parisien de bus. La vitesse commerciale des bus parisiens diminue. La ville de Paris ne donne pas de visibilité sur les aménagements de voirie à réaliser dans le cadre de ce projet. Ile-de-France Mobilités a mis du temps à en définir la consistance. Ce projet nécessite de plus des bus supplémentaires. Par ailleurs, le passage aux bus au gaz et aux bus électriques crée des contraintes administratives et techniques et cause une perte de place dans les dépôts d’environ 5 %. Y a-t-il un risque que ce projet capote complètement ? Ou qu’il soit fait a minima ?

    Catherine Guillouard. Chacun doit faire sa part du programme. Il faut construire un plan d’exploitation, qui détaillera le matériel, les lieux de remisage, les lignes concernées, les conditions d’exploitation, etc. Nous travaillons avec Ile-de-France Mobilités sur ce programme.

    En tant que PDG, il est de ma responsabilité de protéger les intérêts de la RATP. Il faut que le plan soit fondé sur la réalité opérationnelle constatée. La question de la vitesse commerciale des bus est clé. Aujourd’hui, nous sommes proches de la barre des 10 km/h dans Paris. Il y a plusieurs causes : les travaux, l’encombrement des carrefours, les incivilités multiples (60 000 PV en 2017 dans les couloirs de bus). Nous travaillons avec la Préfecture de police et la Mairie de Paris pour aider à développer la vidéo verbalisation.

    Par ailleurs, il faut que les aménagements de bus soient réalisés, et cela dépend de la Ville de Paris. C’est structurant, puisqu’il y a plusieurs centaines de points d’arrêt à changer.

    La mise en œuvre du projet peut également représenter un enjeu humain important avec plusieurs centaines de machinistes à recruter pour assurer la nouvelle offre.

    Dès que nous aurons établi et partagé avec l’ensemble des acteurs concernés le programme d’exploitation, nous y verrons plus clair sur tous ces points.