Votre panier est actuellement vide !
Blog

Grand Paris : ripage réussi en gare des Ardoines
Aucun train n’a circulé ce week-end sur le RER C entre Paris-Austerlitz et Juvisy. Les voies étaient coupées en gare des Ardoines pour permettre le ripage sous la plate-forme d’un couloir de correspondance entre les gares de la ligne 15 et du RER C. L’ouvrage de 12 m de large préfabriqué depuis plusieurs mois a été poussé par trois vérins hydrauliques à la vitesse de 3 à 4 m par heure.
Une opération réalisée par étapes, les engins de chantier préparant d’abord l’assise du caisson avant que les vérins n’entrent en action. Cette manœuvre délicate et technique était prévue pour se dérouler sur 54 heures avec en préalable l’excavation de 6000 m3 de terre sous la plateforme SNCF. C’est d’abord sur une dalle de béton que le couloir a été glissé avant de poursuivre sur un sol brut qu’il a fallu préparer au fur et à mesure des opérations de pousse. Pas évident de mettre en place un ouvrage de béton de 3000 tonnes dans un sol situé au niveau de la nappe phréatique avec l’obligation de pomper en permanence pour éviter l’inondation.L’heure théorique de fin était prévue lundi à 15h40 afin de disposer du temps nécessaire au rétablissement des voies et des quais. Dimanche après-midi, à 24 heures de l’échéance, les travaux avaient pris un peu de retard sans compromettre pour autant le timing de l’opération. Et, finalement, lundi, le chantier a été terminé avec un heure d’avance.
Dans le même temps le chantier de la boîte de la future gare de la ligne 15 se poursuit avec ses quais situés à 28 m de profondeur. A proximité, on creuse le puits Arighi d’où un nouveau tunnelier entrera en action fin 2018 ou début 2019. A côté même du bâtiment de la gare SNCF, un autre puits sera creusé pour permettre la descente d’un tunnelier établissant la liaison entre le futur centre de maintenance et la ligne 15. Le site des Ardoines est appelé à devenir un pôle multimodal majeur avec l’arrivée, à terme, en plus des lignes C et 15, d’un bus TZen après la construction d’une passerelle au-dessus des voies SNCF.
Philippe-Enrico ATTAL

Succès ferroviaire d’Egis aux Emirats arabes unis
Egis vient de remporter un contrat d’assistance à maître d’ouvrage (Project Management Consultancy) portant sur le management du projet d’extension du réseau ferroviaire des Emirats arabes unis (phases 2 et 3) auprès de Etihad Rail, organisme chargé de son développement et de son exploitation.
Le réseau compte actuellement 264 km de voies en exploitation. Il doit être complété d’ici 2024 par plus de 600 km de voies pour la phase 2 et plus de 250 km pour la phase 3. Le développement du réseau ferroviaire émirati s’inscrit dans le projet plus vaste de réseau ferroviaire du Gulf Cooperation Council (GCC). Le réseau émirati, une fois achevé, permettra de connecter l’Arabie saoudite aux Emirats arabes unis et à Oman, d’ici 2024.
Egis travaillera en étroite collaboration avec Etihad, grâce à une équipe intégrée à la maîtrise d’ouvrage, pour superviser et contrôler les différents acteurs de la construction. Le montant du contrat n’a pas été communiqué.
Egis intervient déjà dans deux projets de transport aux Emirats arabes unis : le métro automatique de Doha (management de projet de l’extension de la ligne Rouge) et le système de transport automatisé de Dubai (Ingénierie de conception et réalisation du système de navettes autonomes à capacité variable).

La Deutsche Bahn signe un pacte numérique
Plus de 20 % de trafic supplémentaire sans construire sur seule ligne supplémentaire : c’est le pari lancé par Richard Lutz, le président de la Deutsche Bahn (DB). Dans 10 à 15 ans, l’ensemble du réseau de la compagnie ferroviaire allemande devra en effet être géré numériquement. « Le réseau sera plus fiable et les trains plus ponctuels », a promis le patron de la DB aux salariés du groupe.
L’outil principal pour atteindre cet objectif sera le système européen de contrôle des trains (ETCS) appliqué sur 2 700 km de réseau (il est utilisé actuellement seulement sur la nouvelle ligne Berlin – Munich). « Cette technique permettra de supprimer 160 000 signaux et une grande partie des 400 000 km de câbles », a expliqué Richard Lutz. Par ailleurs, la DB prévoit de numériser l’ensemble de ses postes d’aiguillage dont certains datent encore du temps de l’Empire (attelage manuel des wagons et poste d’aiguillages à commandes individuelles). Ces postes seront reliés au système ETCS.
La compagnie allemande refuse actuellement de chiffrer le coût de cette transition évaluée par les experts du secteur de 20 à 30 milliards d’euros. Mais elle a l’objectif de devenir le leader des systèmes numériques en coopérant étroitement avec l’industrie (Siemens, etc.). « Notre pays est un site important de construction ferroviaire. Dans un contexte de concurrence, l’avance technologique est un facteur déterminant », résume Kerstin Eckstein, une porte-parole de l’entreprise.
Pour familiariser le personnel aux nouvelles méthodes de communication, Martin Seiler, le DRH de la Deutsche Bahn (ancien manager de Deutsche Telekom), a décidé d’équiper d’ici 2019 plus de 60 000 employés de smartphones ou de tablettes.
La DB a également signé un « pacte numérique » avec le comité d’entreprise pour désamorcer en amont les potentiels conflits en promettant aux salariés les « dividendes de la numérisation ». Ainsi, les employés de la DB bénéficieront des gains de productivité sous forme d’une offre de formation et de temps libre. Par ailleurs, un employé perdant son emploi à cause de la transition numérique aura le droit à une formation pour pouvoir changer de poste, ce qui équivaut à une garantie de l’emploi.
Christophe Bourdoiseau,
A Berlin

L’Occitanie remporte le Grand prix TER 2018 organisé par Ville, Rail & Transports
Les noms des gagnants des Grands prix des régions 2018 organisés par VR&T ont été dévoilés le 17 mai à l’Assemblée nationale, à Paris.
Cette année, c’est l’Occitanie qui a reçu le Grand prix TER. La région qui a fortement investi sur le rail ces dernières années, et mis au point une tarification attractive, enregistre une belle progression du trafic de ses TER. Ces résultats devraient être décuplés à l’avenir, selon la région qui vient de signer une nouvelle convention ambitieuse avec la SNCF
Retrouvez l’ensemble des lauréats 2018
La fréquentation des TER d’Occitanie a connu une augmentation de 5,1 % en 2017 qui a été, comme les années précédentes, au-dessus de la moyenne nationale (4,7 %). Depuis 2002, elle a crû de 60 % sur les deux ex-régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, avec un investissement de 4,7 milliards d’euros. 543 TER circulent chaque jour, transportant 66 000 voyageurs en moyenne et jusqu’à 80 000 le vendredi, soit 22 millions de voyageurs par an. « Cette progression est le résultat des efforts faits avec le Plan Rail pour la partie Midi-Pyrénées, qui s’est poursuivi en 2017, et une tarification attractive (TicketMouv en Midi-Pyrénées et le ticket à 1 euro en Languedoc-Roussillon), explique Jean-Luc Gibelin, vice-président en charge des Mobilités et des Infrastructures de transports. Ces bons chiffres sont un point d’appui important, mais ils vont être décuplés avec la mise en œuvre de la nouvelle convention avec la SNCF sur 2018 et surtout 2019. Son objectif est de consolider et de poursuivre la progression des quinze dernières années. »
La négociation de cette convention avec la SNCF, adoptée le 23 mars dernier, s’est poursuivie pendant toute l’année 2017, après que la première réponse, apportée en février 2017 aux besoins exprimés lors des Etats généraux du rail et de l’intermodalité, a été jugée insatisfaisante par la région. Elle a été signée pour une durée de huit ans, de 2018 à 2025. « Une convention aussi longue est atypique mais nous avons voulu intégrer le temps long du ferroviaire, explique le vice-président. Nous avons choisi de faire confiance à l’opérateur historique sur la durée, avec un fort niveau d’exigence. » La région engage 2,5 milliards d’euros pour l’exploitation du TER, soit 300 millions d’euros par an, en hausse de 12 %. Le développement est significatif : +40 % de places offertes chaque jour (+37 000) grâce à un matériel roulant renouvelé, une hausse des kilomètres voyageurs de 11 % net et la création de 72 circulations nouvelles. Certaines lignes seront rouvertes (Montréjeau – Luchon, Rodez – Sévérac – Millau, Carcassonne – Quillan, Nîmes – Avignon ou Alès – Bessèges), et l’offre sera améliorée sur d’autres (Toulouse – Montauban, Toulouse – Perpignan, Toulouse – Tarbes – Pau, Lunel – Sète…).
La région a fixé à SNCF Mobilités des objectifs d’amélioration de la fiabilité (diminution de 20 % des suppressions soit 500 TER en plus), de la ponctualité (92 % de TER à l’heure contre 87 à 89 % précédemment), avec une mesure continue de la qualité perçue et produite, assortis de pénalités et de bonus/malus (de +700 000 euros à -4,20 millions d’euros). « Ce niveau d’exigence de qualité est important pour fidéliser les usagers et permettre un retour ou une découverte du train pour les autres », commente Jean-Luc Gibelin.
La tarification a été unifiée avec une baisse d’un tiers des abonnements pour les moins de 26 ans d’ici mi-2020, mais une hausse de 7 % des autres abonnements (qui seront ensuite bloqués jusqu’en 2021). Les billets à un euro, proposés sur cinq lignes de Languedoc-Roussillon, seront étendus à l’ex-Midi-Pyrénées en juillet et leur nombre doublé à un million par an.
C. S.

Alstom en forme pour la fusion
C’est un Henri Poupart-Lafarge radieux qui a présenté les résultats d’Alstom ce mercredi 16 mai. D’une année sur l’autre, hausse du CA de 9 %, à 8 milliards, hausse de 6,5 % de la marge d’exploitation. En plus, cette croissance soutenue est régulière. Entre l’exercice 2014-2015 et l’exercice 2017-2018, le CA d’Alstom est passé de 6,2 à 8 milliards d’euros.
Le PDG y voit la confirmation de la stratégie 2020 du groupe. Avec deux principaux piliers : un, être présent au côté de la clientèle dans le monde, et pas seulement commercialement. En témoigne l’usine de Madhepura en Inde qui, deux ans après la signature du contrat avec les chemins de fer indiens, sort ses premières locomotives. Ou celle de Dunnotar, en Afrique du Sud, en mesure de prendre le relais du site brésilien qui a fabriqué les 20 premiers trains de la commande Prasa.
Deuxième pilier, « faire évoluer le portefeuille vers des solutions complètes ». Ça tombe bien pour Alstom, les nouveaux clients dans le monde souhaitent souvent du clé-en-main. Résultat, alors qu’en 2014/15 le matériel représentait 53 % du CA et l’addition systèmes – signalisation – services 47 %, cet ensemble à plus haute valeur ajoutée atteint maintenant 57 %.
Certes, les prises de commande de 2017-2018, indicateur qu’aime bien Henri Poupart-Lafarge, ne sont pas à la hauteur des années précédentes : 10 milliards chacune des trois dernières années, 7,2 milliards cette année. Pas d’événement exceptionnel en effet, comme la commande de voitures Prasa en Afrique du Sud (4 milliards d’euros, en 2014-2015), les 800 locomotives indiennes (3,5 milliards, en 2015-2016) ; le métro de Dubai (1,3 milliard, en 2016-2017) et les trains à grande vitesse pour Amtrak (1,8 milliard sur la même période). Du coup, Henri Poupart-Lafarge invite à lisser les succès commerciaux sur plusieurs années et, surtout, souligne que certaines commandes ou quasi-commandes sont dans les tuyaux pour 2018/19 : métro du Grand Paris, REM (RER de Montréal), signalisation en Norvège et bientôt sans doute, TGV du futur pour la SNCF.
Pour la suite, Alstom compte continuer à surfer sur la vague de développement du transport public accompagnant l’urbanisation de la planète. Et faire reconnaître le ferroviaire comme la colonne vertébrale des nouvelles mobilités. Electromobilité, grande capacité, ces solutions propres au chemin de fer s’imposent. Et évoluent : voir le train régional à hydrogène. En plus, le mi-bus mi-tram Aptis, objet roulant non identifié, gomme les frontières et montre que les solutions pour une part ferroviaires arrivent dans d’autres domaines.
Géographiquement enfin, le marché européen reste soutenu… mais croît nettement moins vite que les nouveaux marchés : +3 % en Europe, tandis que la zone Asie – Pacifique croît de 103 % et l’ensemble Moyen-Orient Afrique de 158 %…
Alstom et Siemens sont en ligne avec les objectifs qu’ils se sont fixés pour fusionner. Des dossiers ont été déposés devant 25 juridictions dans le monde chargées du droit de la concurrence. Le « closing » est toujours prévu pour la fin de l’année. Quant à l’emploi, pas de surprise : sa garantie, c’est l’excellence opérationnelle. Pour Henri Poupart-Lafarge, la fusion est d’autant plus remarquable qu’elle se fait dans un marché en croissance, avec des entreprises en bonne santé. Cela dit, le PDG ne s’attarde pas sur la concurrence du chinois CRRC. Qui n’est sans doute pas pour rien dans le rapprochement des deux géants du Vieux continent.
F. D.
Photo : le train à hydrogène d’Alstom en Basse-Saxe
Le voisin de Salzgitter
Sigmar Gabriel, ancien ministre des affaires étrangères d’Allemagne, fait partie des onze personnalités qui devraient composer le futur conseil d’administration du groupe Siemens Alstom. En tant qu’élu de la circonscription de Salzgitter/Wolfenbüttel, en Basse-Saxe, il connaît fort bien Alstom. C’est à Salzgitter que se trouve la plus grosse usine au monde du constructeur.
Le gouvernement britannique reprend « temporairement » l’East Coast Main Line
Jamais deux sans trois ? Après les défaillances des deux précédents opérateurs de l’East Coast Main Line, la grande ligne ferroviaire reliant Londres au nord-est de l’Angleterre et à l’est de l’Ecosse, c’est au tour de Virgin Trains East Coast (VTEC) de perdre cette ligne pour cause d’impossibilité de payer la redevance d’exploitation. Filiale de Stagecoach (90 %) et de Virgin (10%), VTEC va comme ses deux prédécesseurs (Sea Containers et National Express) céder la place à une exploitation provisoire, cette fois par le groupe Arup, sous contrôle du ministère britannique des Transports (DfT).
Le transfert interviendra le 24 juin après trois année d’exploitation par VTEC, l’exploitation provisoire prenant l’appellation « London and North Eastern Railway », le nom de l’ancienne compagnie privée qui exploitait cette ligne jusqu’à 1948 !
Cette nouvelle n’est pas tout à fait une surprise (voir notre brève du 2 mars), mais on évoquait jusqu’à la veille de cette « renationalisation », rendue publique le 16 mai, la possibilité de garder VTEC comme exploitant « sans but lucratif ». Dans un sens, c’est ce qui a été fait, mais avec une nouvelle entreprise en remplacement de Stagecoach et Virgin, punis pour avoir déposé une offre « irréaliste ». Lors des deux précédentes « renationalisations », intervenues sous des gouvernements travaillistes, le DfT avait repris directement le contrôle de l’exploitation.
Patrick LAVAL

« Incessible », je dis bien : « Incessible. »
C’est un drôle de mot, pas franchement courant, qui s’est invité dans le débat. « Incessible. » Le Premier ministre et la ministre des Transports avaient eu recours à cet adjectif, en présentant leur « nouveau pacte ferroviaire », pour qualifier les participations de l’Etat dans la nouvelle SNCF. Afin de rassurer les syndicats, et de montrer que le passage d’un Epic à une SA n’a rien à voir avec une privatisation. Mais, dans le projet de loi voté par l’Assemblée nationale, le mot a disparu. Au gouvernement, on explique alors qu’on a choisi un mot plus fort encore. « Intégralement. » Les actions de l’entreprise seront intégralement détenues par l’Etat. Plus sûr, explique-t-on, car en cas d’augmentation du capital, « incessible » n’empêcherait pas l’entrée de partenaires privés. « Intégralement » garantit au contraire le 100 %, aussi bien lorsque la réforme est votée qu’à tout autre moment. Reste que la disparition du mot n’a pas plu. Et que le gouvernement, l’ayant compris, va le réintégrer dans le texte qui sera soumis au Sénat.
D’ailleurs étrangement, on nous dit d’un côté que le mot est inutile et qu’il n’y a là pas d’enjeu, mais une note publiée par Le Parisien montre plutôt le contraire. Dans le compte rendu par mail d’une réunion entre le gouvernement et des représentants de la SNCF, début mai, on voit que l’entreprise accepte le mot lorsqu’il s’agit de la SA Holding, mais pas pour SNCF Mobilités ou SNCF Réseau. « Amendement proposé par le cab : prévoir l’incessibilité. Nous avons insisté sur la nécessité de la restreindre au niveau de la holding. » Et, du côté de la SNCF, on insiste : « La rédaction actuelle des missions de Mobilités empêche la filialisation de TER. » D’où l’accusation de SUD-Rail : la SNCF est prise la main dans le sac. Elle projette en fait le démantèlement et la privatisation. Réponses de l’entreprise. Sur la réunion. « Il n’y avait là rien d’engageant, rien de validé, rien de stabilisé ». Sur le refus de l’incessibilité : il ne s’agissait que d’un point technique, pour permettre la cession d’activités non ferroviaires, comme cela a été fait « pour ses activités télécoms ou hôtellerie pour investir sur son cœur de métier ». Quant aux TER, il s’agit simplement, de « pouvoir créer des filiales lorsqu’un marché l’exige du fait de situations très particulières ; marché transfrontalier (comme Ceva), CDG Express… » Ceva, c’est, rappelons-le, le futur Léman Express franco-suisse.
Un soupçon de même nature est venu d’un « avant-projet de structuration de la SNCF en 2020 » publié par Les Infos, le média interne de la SNCF et repris par Le Monde. Y figurent, en râteau, sous la holding, mais à côté de Mobilités et de Réseau, deux autres filiales : d’une part Geodis, de l’autre Transport ferroviaire de marchandises, comprenant Fret SNCF (qui n’est aujourd’hui pas une filiale). Sont-elles « intégralement » détenues par SNCF, les parts sont-elles incessibles ? Sans doute pas, mais tout ceci mérite précision. D’un côté, pour respecter la lettre et l’esprit du 100 % public, concernant les trois entités. Et de l’autre, pour ne pas paralyser le groupe, qui doit « respirer », comme disait Louis Gallois : acquérir, céder, pouvoir cohabiter avec d’autres. Déjà, un très grand nombre de filiales sont ouvertes à d’autres actionnaires. Parmi les plus célèbres, la SNCF a 42 % de Systra, 55 % d’Eurostar, ou 70 % de Keolis.
Reste que le mot incessible va bien faire son retour, comme l’a dit sur France Inter ce matin Elisabeth Borne : « On dira deux fois la même chose. Si c’est la façon de se faire comprendre, pas de problème, on peut le mettre dans la loi. » L’Etat possédera « intégralement » le capital de SNCF, SNCF Mobilités et SNCF Réseau. Les parts seront « incessibles ». Et l’entreprise, immarcescible, mais ça, ça ne sera pas dans la loi.
F. D.

Les élus locaux veulent faire entendre leurs voix sur le ferroviaire et la mobilité
« Les infrastructures de transport sont de plus en plus sinistrées », estime l’Association des petites villes de France (APVF) qui entend peser dans le débat en cours sur la réforme ferroviaire et la future loi d’orientation sur les mobilités (LOM). Si l’APVF, qui regroupe les communes de 2 500 à 25 000 habitants, se félicite des larges échanges qui ont été organisés autour des assises de la mobilité avec plus de 6 000 contributions enregistrées, l’association regrette aussi que le transport ferroviaire ait été traité à part, alors que les deux thèmes sont liés.
Les élus locaux se lancent désormais dans un nouveau travail : faire en sorte que leurs propositions, présentées à la presse le 15 mai, soient largement reprises dans les textes législatifs à venir. Dans le ferroviaire, ils réclament un audit exhaustif, et pas uniquement comptable, des lignes ferroviaires. Ils demandent aussi que les investissements en faveur des « petites lignes » soient relancés, en explorant de nouvelles sources de financement, telles que la participation des sociétés d’autoroute, une redevance poids lourds, ou encore une taxe sur le kérosène dans l’aérien. « Si on ne traite pas la question du financement, on va au-devant de grandes difficultés. D’autant que ce qui a inspiré l’idée du rapport Spinetta, c’est que le fer coûte cher. Mais le non-faire coûtera encore plus cher demain », estime Christophe Bouillon, le président de l’APVF, également député socialiste de Seine-Maritime.
L’APVF souhaite aussi que les élus locaux soient associés à la gouvernance des gares pour privilégier une « logique de bassin de mobilité ». Parmi ses autres revendications, elle insiste sur la mise en place de plateformes publiques de mobilité qui permettront de collecter des données et de favoriser l’interopérabilité.
Plus globalement, l’association demande « la fin de l’exclusion par les transports », ce qui passe notamment par la création d’instances partenariales de gouvernance entre régions. L’APVF se réjouit de la volonté du gouvernement de mettre fin aux zones blanches, ces périmètres du territoire qui ne sont pas sous la responsabilité d’une autorité organisatrice de la mobilité et qui sont en marge de l’offre de mobilité. Elisabeth Borne veut donner prioritairement cette responsabilité aux régions et compte beaucoup sur les innovations et les nouveaux services pour proposer des offres attractives dans les territoires peu denses. Mais, prévient Christophe Bouillon, « il ne faut pas imposer de solution unique mais faire du sur-mesure adapté aux territoires ».
D’où la très forte attente suscitée auprès des élus locaux par la future loi d’orientation sur les mobilités qui doit remplacer la Loti et donner un nouveau cadre institutionnel en prenant en compte les nouveaux usages (covoiturage, autopartage…). Mais l’élaboration du projet de loi qui doit aussi définir de nouvelles sources de financement et fixer les priorités d’investissements, a pris du retard. « Il est renvoyé de Conseil des ministres en Conseil des ministres. A croire qu’il soulève encore bien des difficultés », commente Christophe Bouillon. Le texte devrait désormais arriver cet automne devant les Parlementaires, rappelle-t-il, avant d’ajouter : « Si tout va bien. »
M.-H. P.

Plus de 1 000 km de métros automatiques dans le monde
L’Observatoire des métros automatiques de l’UITP a annoncé que la barre symbolique des 1 000 km de lignes de métro automatique dans le monde entier a été franchie fin mars à Shanghai, avec la mise en service de la ligne Pujiang. Plus exactement, le cumul des lignes en service atteint 1 003 km.
Actuellement, rappelle l’UITP, 63 lignes de métro automatique sont en service sur 42 réseaux dans 19 pays. La progression a accéléré ces dernières années, puisqu’il a fallu 29 ans (1981-2010) pour atteindre la barre des 500 km et huit ans seulement pour ouvrir les 500 km suivants.
Les trois plus longs réseaux automatiques sont actuellement Singapour (116 km), Kuala Lumpur (97 km) et Dubai (80 km).

Des véhicules sans conducteur sur route en 2020
Anne-Marie Idrac a présenté lundi 14 mai des orientations stratégiques pour le développement des véhicules autonomes. Sa « feuille de route » prévoit dix actions prioritaires de l’Etat. A commencer par la construction du « cadre permettant, d’ici 2020 à 2022, la circulation en France de voitures particulières, de véhicules de transport public et de véhicules de transport de marchandises hautement automatisés ».
Cadre indispensable. Les aspects du développement du véhicule autonome sont divers et importants (technologie, code de la route, assurances, choix éthique, etc.). Les ambitions de l’Etat, déjà affirmées par Emmanuel Macron, sont grandes. Le développement de véhicule autonome s’inscrit dans une stratégie qu’a rappelée Bruno Le Maire, ministre de l’Economie et des Finances. La loi Pacte, dont le gouvernement souhaite l’adoption fin 2018, « permettra l’expérimentation sur route ouverte, sur tout le territoire, du véhicule sans conducteur (niveau 5 d’autonomie) ». L’Etat soutiendra l’expérimentation, comme il soutient la R&D. Déjà plusieurs appels à projets ont été lancés dans le cadre Ademe/BPI, avec un apport d’argent public de 100 millions.
Un début, puisque la mobilité a été retenue pour être l’un des thèmes du fonds de soutien à l’innovation de rupture, qui doit être doté de dix milliards d’euros, grâce aux cessions des participations de l’Etat. Un défi technologique qui va dépendre du développement de l’intelligence artificielle.
« La rareté va se déplacer du moteur vers le logiciel », dit Mounir Mahjoubi, secrétaire d’Etat chargé du Numérique. D’où une nouvelle chaîne de valeur dans l’automobile. Qui seront les grands acteurs ? Aujourd’hui, personne ne sait. Mais « le pire serait de ne pas maîtriser » des technologies dont va dépendre notre quotidien. Car la puissance de la Chine et des Etats-Unis fait peur, et le gouvernement souhaite, en face, une Europe unie avec la France comme leader.
Une « équipe de France » s’est constituée. Luc Chatel, président de PFA (Plate forme automobile, réunissant les industriels de la filière), prend la mesure de la « disruption » pour les industriels : « Aujourd’hui constructeurs, demain prestataires de services de véhicules autonomes, semi-collectifs, électriques et connectés. » Autour de PFA, s’est formé un consortium à l’occasion de l’AMI de l’Ademe. Avec constructeurs (Renault, PSA), équipementier (Valeo), acteurs du transport (Keolis, RATP, SNCF, Transdev) et de la mobilité (Navya, EasyMile, TwinswHeel, Vedecom, SystemX).
Tout se met en route, le problème, c’est que le véhicule autonome ne fait pas rêver les citoyens ou les conducteurs. Un sondage présenté le 14 mai douche un peu les ardeurs. Les Français ont bien compris ce qu’est le véhicule autonome, mais plus des trois quarts n’a pas confiance dans cette délégation de responsabilité. Et 65 %, dans l’hypothèse où ils cèdent la responsabilité de la conduite au véhicule autonome veulent profiter du temps devenu libre… pour surveiller la circulation.
Bref, comme dit Elisabeth Borne, le véhicule autonome « suscite des attentes, des interrogations… voire de la méfiance ». On dirait bien qu’il va falloir commencer par créer le besoin. Les grands transporteurs publics rendent déjà familière la nouvelle technologie, mais c’est surtout sous la forme collective des navettes.
A Rouen a commencé l’expérimentation associant Transdev, Renault et la Matmut, mais on n’est pas encore dans la phase où les Zoé circuleront en ville sans conducteur.
En Ile-de-France, les conditions de développement du véhicule autonome croisent les chemins de la route intelligente et de l’utilisation de la bande d’arrêt d’urgence. Stratégie de Valérie Pécresse : sur l’A1, l’A6, l’A4, l’A13, créer une voie supplémentaire destinée aux transports publics, au covoiturage, aux véhicules autonomes. Les bienfaits que ces derniers vont apporter à la circulation ne sont pas encore démontrés. En attendant, la décongestion passe par des routes tant bien que mal plus larges.
F. D.