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Une enquête est lancée après la panne électrique géante dans la péninsule ibérique
Il faudra encore attendre avant de comprendre comment a pu survenir la panne d’électricité massive qui a affecté, le 28 avril, l’Espagne et le Portugal. Toutes les communications, les aéroports, les bâtiments, les feux de signalisation, et tout le réseau ferré, comprenant notamment les métros madrilènes et catalans, ont été interrompus. 116 trains avec 35000 personnes à bord, des milliers de passagers ont passé la nuit dans une gare. Le Pays basque français a aussi été momentanément affecté par la panne.
L’électricité est pratiquement revenue à son niveau normal le lendemain et les deux pays ont annoncé avoir lancé chacun une commission d’enquête. Très vite évoquée, l’hypothèse d’une cyberattaque a semblé tout aussi rapidement peu pertinente selon les autorités qui scrutent les conditions d’une déconnexion de centrales et d’une défaillance du système de contrôle du réseau.

Une panne électrique géante bloque le trafic ferroviaire espagnol et portugais
Plusieurs heures après le début d’une coupure de courant massive qui a touché l’Espagne, le Portugal, et même une partie du Pays basque français lundi 28 avril, les causes étaient toujours inconnues. Ce sont toutes les communications, les aéroports, les bâtiments, les feux de signalisation, et tout le réseau ferré, comprenant les métros madrilènes et catalans, qui ont été interrompus.
Alors que la direction générale du trafic routier a demandé aux automobilistes de ne pas circuler, Red Eléctrica, gestionnaire du réseau électrique espagnol, estimait en milieu d’après-midi que le réseau serait entièrement rétabli à partir de 21 heures.
Sur le réseau social X, l’ADIF, administrateur des infrastructures ferroviaires espagnoles déclare qu’« une panne générale qui affecte l’approvisionnement en électricité a entraîné l’interruption du trafic ferroviaire sur l’ensemble du réseau ». RTE, gestionnaire français du réseau électrique, a annoncé une coupure de « quelques minutes dans le Pays basque », le courant a été rétabli depuis. Il assure également qu’ « aucune contagion » du problème « n’est à craindre » en France.
En milieu d’après-midi, Antonio Costa, président du Conseil européen déclare qu’il n’y a « pas d’indication d’une cyberattaque à ce stade ». Mais à l’heure où nous écrivions ces lignes, la cause de cette panne électrique géante restait toujours à déterminer.
Ivan Ramaye
La fiabilité des trains insuffisante pour 48% des Français
La conférence nationale Ambition France Transports, dédiée au financement des infrastructures de transports, qui ouvre le 5 mai à Marseille, n’est pas une convention citoyenne. Elle est réservée aux experts du secteur des transports. Leur ministre Philippe Tabarot a donc jugé nécessaire de sonder les Français sur le thème des mobilités. L’enquête révèle leur attachement à la voiture, leur goût pour la marche, leurs attentes pour les transports en commun et leurs frustrations vis-à-vis du train.
Les personnes interrogées déclarent aussi important d’investir dans les différentes infrastructures de transport à l’avenir. Les routes nationales et départementales arrivent en tête de leurs priorités (94%) devant les voies ferrées (84%), les autoroutes arrivant en queue de peloton (70%).
Par ailleurs, 48% estiment que la fiabilité des trains est insatisfaisante, quand seulement 42% la juge satisfaisante. Ils sont ainsi 56 % à souhaiter que l’on investisse de manière prioritaire dans les voies ferrées. Tout comme ils sont très nombreux à avoir des attentes fortes concernant le développement de l’offre de transports collectifs : 84 % estiment « important » d’investir à l’avenir dans les réseaux de bus, et 82 % dans les réseaux de métro et RER.

Le Pass Rail ne verra pas l’été
Il y a tout juste un an, le gouvernement se réjouissait de l’accord trouvé avec les régions pour expérimenter à l’été 2024 le Passe Rail pour les jeunes. Annoncé par le président Macron en septembre 2023, la mesure devait permettre aux jeunes de 16 à 27 ans de voyager, sous conditions, gratuitement en France pendant deux mois. Lancement tardif, refus de la région Ile de France de participer au dispositif,… La mesure n’a pas atteint son objectif de 700 000 ventes. Elle n’a séduit que 230 000 jeunes. Le passe ne verra donc pas de deuxième été.
Pour le sénateur Olivier Jacquin, ce renoncement est un nouveau symbole de l’absence de politique ferroviaire pour le pays. « Pour embarquer les usagers et contribuer à faire évoluer les pratiques pour faire aimer le train, il faut du temps, de la préparation, que tous les acteurs tirent dans le même sens, … Rien de tout cela n’a été fait pour le Pass Rail. C’est du gâchis », dénonce l’élu socialiste.

Alstom remporte un contrat de 600 millions d’euros en Bulgarie
Alstom a annoncé, le 25 avril, avoir remporté, au sein du consortium BULEMU qui inclut la société RVP Invest, un contrat pour livrer 35 trains interrégionaux électriques Coradia Stream auprès du ministère des Transports et des Communications de Bulgarie.D’un montant total de 720 millions d’euros, dont 600 millions d’euros pour Alstom, le contrat inclut la maintenance des Coradia pendant 15 ans : maintenance préventive, réparations et révisions programmées, et réparations d’urgence.Chaque rame comprendra six voitures, pouvant offrir plus 320 sièges et des espaces dédiés aux vélo et aux poussettes ainsi que de grands porte-bagages.La configuration finale, les couleurs de la livrée extérieure et des aménagements intérieurs du train seront personnalisées en fonction des exigences de l’autorité contractante au cours de la phase de conception, précise dans un communiqué le constructeur français.Développés spécifiquement pour le marché européen, les Coradia Stream sont aptes à 160 km/h, équipées de l’ERTMS de niveau 2 et interopérables en Europe.
La première rame Oxygène dévoilée
Quelques jours après une manifestation d’élus et d’usagers en colère et après la présentation d’une nouvelle salve de mesures pour améliorer le fonctionnement de la ligne Paris-Clermont-Ferrand, le nouveau matériel qui circulera sur cette liaison dans quelques années a été officiellement dévoilé. La toute première rame Oxygène est en effet arrivée depuis quelques semaines au Technicentre de Villeneuve-Saint-Georges. Elle a été présentée le 24 avril, par la DGTIM, Caf et SNCF Voyageurs, dans cet atelier deux voies dédiées à la maintenance de ce nouveau matériel et dont l’aménagement a coûté 16 millions d’euros financés par l’État.« Nous sommes en retard. Et nous le regrettons, vis-à-vis de l’État, de SNCF Voyageurs et des passagers qui attendent ce nouveau matériel », a souligné Alain Picard. Le directeur de Caf France a rappelé les difficultés d’approvisionnement et d’organisation au moment du Covid mais assuré que «désormais tout est mis en œuvre pour respecter les délais » avec en ligne de mire l’homologation du matériel en décembre 2026. SNCF Voyageurs pourra alors commencer les essais en ligne en janvier 2027 et mettre en service les premières rames en décembre sur la ligne Clermont -Ferrand. L’État, l’autorité organisatrice des lignes d’équilibre du territoire a commandé 28 exemplaires ; 16 pour Paris-Limoges-Toulouse et 12 pour Paris-Clermont.La rame Oxygène 003, de la série Z26700 selon la dénomination SNCF, est la première de la série totalement aménagée, dans la configuration définitive d’exploitation. Elle mesure 188 m de long et est composée de 10 voitures. Celle des extrémités comporte une cabine de conduite et la motorisation est répartie.La rame compte 420 places assises, dont 317 en 2e classe (avec des sièges couleur bleue) et 103 en première (couleur rouge). En première, les sièges en vis-à-vis sont légèrement décalés pour permettre aux voyageurs d’étendre leurs jambes et de disposer d’une tablette.La rame n’est pas dotée de voiture bar mais d’un vaste espace cuisine, destiné à la vente ambulante, et, possiblement, d’un guichet de retrait de commande. Elles sont désormais attendues avec impatience et devraient contribuer à améliorer le service.
Le Conseil constitutionnel censure la vidéosurveillance algorithmique dans les transports
La loi relative au renforcement de la sûreté dans les transports adoptée le 18 mars dernier et qui étendait notamment jusqu’en 2027 l’expérimentation de la vidéosurveillance algorithmique (VSA) subit un revers.
Dans une décision du 24 avril, le Conseil constitutionnel a en effet censuré cette disposition de la loi initiée par l’actuel ministre des Transports, Philippe Tabarot. Les membres ont examiné plusieurs saisines dont une visait l’article 15 la loi, qui étendait ce dispositif permettant d’analyser par des logiciels d’intelligence artificielle, pendant les grands événements publics, les images de vidéosurveillance pour détecter des situations jugées à risque ou suspectes, comme les mouvements de foule ou les intrusions sur les voies, par exemple.
L’expérimentation de ces caméras dites « augmentées » avaient été autorisées par la loi encadrant les JO, jusqu’en mars 2025, mais la loi sûreté dans les transports prolongeait le test pendant deux années supplémentaires. Des députés « insoumis », écologistes et socialistes. avaient saisi le Conseil constitutionnel à ce propos, estimant que la mesure, introduite par un amendement, était un cavalier législatif, c’est-à-dire que l’article n’avait aucun rapport avec le texte de loi initial. Les sages de la rue de Valois sont allés dans leur sens.
Le prochain numéro de Ville, Rail & Transports du mois de mai consacre un dossier à la sûreté dans les transports publics

Inauguration de la gare de Bagnères-de-Luchon
Carole Delga, la présidente de l’Occitanie, inaugure aujourd’hui la gare de Bagnères-de-Luchon. Entre mars 2024 à janvier 2025, les locaux voyageurs ont été rénovés, ainsi que la façade et les marquises. « Après la gare de Figeac en 2023, c’est la deuxième gare ferroviaire que la Région rénove en maîtrise d’ouvrage directe afin d’améliorer l’accueil des usagers« , indique l’Occitanie dans un communiqué.
La présidente de la région a également annoncé que la ligne Montréjeau-Luchon rouvrirait le 22 juin, soit dix ans après sa fermeture. « Il s’agit de la deuxième réouverture de ligne décidée par la Région à la suite des Etats Généraux du Rail et de l’Intermodalité, après celle de la Rive Droite du Rhône en 2022. L’Occitanie devient aussi la première Région à devenir gestionnaire d’une ligne ferroviaire pour accélérer sa mise en service« , souligne la région.
Six allers-retours quotidiens sont prévus pour relier en 35 minutes Montréjeau à Luchon.

Ouigo voit grand
L’opération lifting du TGV Ouigo se concrétise. Depuis janvier, un ancien TGV Inoui, qui avait déjà roulé 18 ans, a pris la bannière Ouigo après révision et modernisation, pour s’élancer sur la ligne Paris-Marseille. C’est le premier des 12 TGV qui doivent ainsi basculer, d’ici à 2027, du parc Inoui pour celui des Ouigo. A ce moment-là, le nombre de rames Ouigo passera de 38 à 50. Et deux ans plus tard environ, toutes les rames devront avoir été rénovées
Le design des TGV Ouigo est en effet en train d’être remis au goût du jour, selon Jérôme Laffon, le directeur général. « La version actuelle était assez flashy, on a modernisé l’intérieur, on a gardé du rose mais en un peu moins percutant« , souligne-t-il.
Le nombre de sièges augmente
Un espace « relax » a été créé au milieu de la rame pour permettre aux voyageurs de se retrouver ou de se dégourdir les jambes. Deux emplacements PMR équipent chaque rame. Des prises individuelles de 220 volts ou USB sont installées et 8 crochets à vélo sont à disposition. Autre nouveauté pratique, les portes d’accès aux voitures sur les plateformes, qui ont une fâcheuse tendance à se refermer automatiquement au bout de 15 secondes sur les voyageurs ou leurs bagages, resteront ouvertes quatre minutes pour permettre un passage plus fluide. « Nous nous sommes inspirés de ce que nous disaient nos clients« , résume Jérôme Laffon. « L’approche écologique est aussi importante : nous faisons du recyclage avec les rames, nous avons mis en place des baies vitrées athermique pour mieux protéger de la chaleur et l’eau du lave main dans les toilettes est recyclé« , énumère-t-il.

Les sièges ont été amincis pour placer une rangée de place en plus;
@MhPPoint crucial, le nombre de sièges a augmenté, passant de 634 actuellement à 653. « Les sièges actuels avaient été pris sur étagère des trains TER et recouverts de housses Ouigo. Le nouveau siège a été conçu ex nihilo et rendu 25 % plus léger et plus mince. Nous avons ainsi gagné en finesse pour ajouter une rangée de sièges en plus, tout en ayant un meilleur confort pour le voyageur« , explique Arnaud Clapet, le directeur des opérations. Et l’espace bagages a été augmenté de 10 %.
Pour l’heure, un seul TGV nouvelle génération « Tango » circule. Le prochain arrivera vers la fin de l’année. Puis les suivants seront rénovés au rythme de croisière de 3 à 4 mois, en grande partie dans l’atelier de Bischheim mais aussi dans celui d’Hellemmes.
Une arme face à la concurrence
L’investissement représente 600 millions d’euros. Il doit permettre de poursuivre la politique de volume voulue par la SNCF. Avec les 12 TGV supplémentaires, les places ajoutées et l’exploitation intense de ces rames (qui roulent 40 % de plus que les TGV Inoui), Ouigo pourra offrir 8 millions de places en plus. Et vise 30 % de voyageurs en plus. Le train à bas coûts de la SNCF représente aujourd’hui 20 % du marché de la grande vitesse. Il assurera 30 % du marché à l’horizon 2030, pronostiquent ses promoteurs.
Avec son offre low cost d’un côté, et son offre plus classique (TGV Inoui), SNCF Voyageurs cherche depuis longtemps à occuper le terrain face à une concurrence appelée à s’intensifier à l’avenir. En offrant plus de places et de destinations (lire aussi ci-dessous) et en ciblant un large panel de clientèles en fonction de sa sensibilité au prix.
Un service de restauration à l’étude
C’est une demande des clients : avoir de la restauration à bord, indique Jérôme Laffon. Mais ce service coûte cher à la SNCF : plusieurs dizaines de millions d’euros pour les TGV Inoui selon Alain Krakovitch, le directeur des TGV-Intercités. Il n’est donc pas envisagé de transposer le même modèle à bord des TGV Ouigo qui fonctionnent à coûts réduits pour permettre des petits prix. Une étude est toutefois lancée sur de la restauration légère. « Une expérimentation sera probablement lancée avec un trolley sur l’axe Bretagne« , indique Jérôme Laffon. En revanche, l’installation de distributeurs automatiques paraît écartée car il faudrait les adapter spécifiquement aux rames Ouigo, ce qui serait trop onéreux.
Bientôt de nouvelles destinations
Ouigo vise 30 % de clients en plus. Dans ce but, de nouvelles destinations vont être lancées ou renforcées. A partir de décembre, un aller-retour quotidien sera proposé vers la côte basque et les Landes, desservant Dax, Bayonne, Biarritz, Saint-Jean-de-Luz et Hendaye. Tpujours en décembre, un aller-retour va être ajouté aux deux allers-retours actuels pour relier Paris à Rennes.
SNCF Voyageurs souhaite également desservir Montpellier à l’été 2026 avec un aller-retour pour compléter les deux allers-retours quotidiens actuels. A partir du début 2027, un aller-retour de plus sera mis en place le week-end entre Paris et Lyon.
« Nous avons d’autres projets à l’étude pour aller vers d’autres destinations« , indique Jérôme Laffon, le directeur de Ouigo, en évoquant un aller-retour quotidien de plus s’ajoutant aux deux fréquences sur Paris-Strasbourg et la desserte de Paris-Lille. « Nous regardons la possibilité de lancer des trains province-province, potentiellement en passant par l’Ile-de-France« .
4 millions de voyageurs pour le Ouigo Classique
Depuis son lancement en avril 2022 , le train Ouigo classique a transporté 4 millions de voyageurs. Ce train dessert trois destinations, toutes partant de Paris vers Rennes, Nantes et Bruxelles. Depuis le lancement du Paris-Bruxelles en fin d’année dernière, 400 000 places ont été réservées.
Ouigo Espagne sera rentable cette année.
« Nous atteindrons cette année nos objectifs prévus en matière de dessertes » souligne Alain Krakovitch. Après le lancement de Madrid-Barcelone en 2021 et de Madrid-Valence en 2022, Ouigo Espagne a lancé, le 27 avril 2023 la ligne Madrid-Albacete-Alicante. Se sont ajoutées cette année les liaisons Madrid-Séville et Malaga.
Selon le directeur des TGV-Intercités, « Ouigo Espagne sera rentable en 2025. Nous sommes complètement dans le plan de transport et la trajectoire économique« .

La région Sud adopte un budget de 122 millions d’euros pour lancer les travaux de la LNPCA
La région Sud, en assemblée plénière, a adopté le 23 avril, un investissement de plus de 122 millions d’euros pour lancer les travaux de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur (LNPCA). Ce qui représente 10 % du financement des travaux de la phase 1 sur un total de plus de 1,4 milliard d’euros.« La phase 1 concerne la nouvelle gare de Nice aéroport, la navette ferroviaire toulonnaise avec un train tous les quarts d’heure dans l’aire métropolitaine toulonnaise et des gares neuves, et l’extension de la gare Saint-Charles à Marseille, pour une livraison des travaux en 2030″, indique la région dans un communiqué.Plus globalement, le projet a pour objectif de désaturer les nœuds ferroviaires de Marseille, Toulon et Nice, de construire des gares neuves, de faire circuler plus de trains plus régulièrement et de proposer des RER métropolitains à Aix-Marseille, Toulon, Nice et Avignon, précise encore la région.