50 millions de dollars, c'est au bas mot le montant des dettes de Bixi, le système de vélos en libre service de Montréal. Une ardoise qui plombe totalement SVLS la société gestionnaire, incapable d'obtenir des liquidités pour relancer son activité.
A son lancement pourtant, Bixi a de bonnes raisons de voir l'avenir en rose. Le concept s’il n'est pas nouveau a su se démarquer des autres systèmes en place à travers le monde. Le vélo, en aluminium et au design soigné, a de quoi attirer la clientèle mais la petite révolution c'est du côté des stations qu’il faut la chercher. A cause du rude climat hivernal, il est en effet nécessaire de démonter l’ensemble des installations dès la fin des beaux jours. Bixi a donc imaginé des stations de vélos faciles à installer et alimentées par l'énergie solaire. Des équipements sans aucun raccordement mis en place en seulement 20 minutes.
Ce concept novateur a conduit à envisager rapidement son exportation et Bixi a finalement été vendu à New York et Chicago – ses principaux clients. Au total ce sont 37 000 vélos qui sont répartis dans une quinzaine de villes à travers le monde ayant adopté ce système. Un beau succès qui est pourtant à l'origine des difficultés de Bixi.
Selon La Presse de Montréal, les deux mégapoles américaines retiennent actuellement 5,6 millions de dollars (4 millions d’euros) en raison des retards dans le développement du logiciel de gestion. Et pour ne rien arranger, l'opérateur new-yorkais réclame 11 millions de dédommagement à Bixi. Au final, la branche internationale plombe les comptes et les tentatives pour s'en séparer sont pour l'heure restées infructueuses.
Pour sortir de l'impasse, la ville de Montréal a consenti à SVLS en 2011 un prêt de 37 millions, auxquels s'ajoutent 9 millions d'impayés aux différents fournisseurs. Les dettes s'envolent alors que l'actif de la société n'est évalué qu'à 11 millions de dollars.
En janvier dernier, la ville de Montréal a demandé le remboursement de son prêt mettant de fait l'entreprise en faillite. SVLS a désormais six mois pour faire des propositions de restructuration permettant d'envisager un remboursement des dettes. En attendant, la saison 2014 est maintenue et les stations Bixi vont refleurir dès le mois d'avril à travers l'agglomération montréalaise.
Philippe-Enrico ATTAL

