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  • CAF remporte l’appel d’offres pour les nouveaux trams de Saint-Etienne

    CAF remporte l’appel d’offres pour les nouveaux trams de Saint-Etienne

    Un nouveau tram pour le réseau stéphanois, c’est forcément du sur-mesure ! Non seulement il s’agit d’un des rares trams sur voie métrique ayant subsisté en France, mais la largeur…  

    praticable est ici encore plus étroite qu’ailleurs. Toujours est-il que CAF a remporté l’appel d’offres de la Communauté d’agglomération Saint-Etienne Métropole portant sur la fabrication de 16 nouvelles rames destinées au plus ancien réseau français en service.

    Chiffré à 49,9 millions d’euros TTC (près de 42 millions HT), soit 3,1 millions par rame, ce marché sera le bienvenu sur le site de CAF France à Bagnères-de-Bigorre (Hautes Pyrénées), longtemps connu sous son ancienne appellation Soulé avant de devenir CFD Bagnères. Un site qui, après l'assemblage des nouveaux trams de Nantes (2012) et du Grand Besançon (2014), n'avait comme perspective à court terme que la grande révision des rames de la ligne D du métro de Lyon. Les délais de livraison pour la première rame sont assez serrés : mai 2016, soit avant le Championnat d’Europe de football, la mise en service étant quant à elle prévue en septembre 2017.

    Par rapport au matériel stéphanois actuel, livré par Alsthom et Vevey entre 1991 et 1998, les nouvelles rames, issues de la gamme Urbos de CAF, représenteront une rupture. Côté accessibilité, elles proposeront 6 portes par côté (2 simples aux extrémités et 4 doubles, contre 4 doubles actuellement) sur une longueur de 33 m en cinq modules (au lieu de 24 m sur deux modules), 178 places dont 38 assises (au lieu de 125) et 2 emplacements pour utilisateurs de fauteuils roulants, ainsi qu’un plancher bas et plat à 100 %.Le tout dans une largeur de 2,15 m seulement ! Côté exploitation, autre changement : le nouveau tram sera bidirectionnel, après deux générations de véhicules unidirectionnels.

    Le design extérieur, signé Avant Première, marquera également une rupture en intégrant un bout avant conforme aux exigences de sécurité : ergonomie et visibilité basées sur le retour d’expérience des conducteurs, résistance aux collisions et protection des piétons.

    Patrick Laval

  • Keolis devrait prochainement exploiter un métro à Shanghai

    En signant le 5 décembre à Shanghai une lettre d'intention sur le futur centre de formation de Keolis à Lyon, qui doit accueillir une partie de son personnel, la société de métro de Shanghai (Shentong Group) en a dit un peu plus sur ses ambitions  

     

     

    La société chinoise, qui a mis sur pied en mars dernier une joint-venture avec Keolis (baptisée Shanghai Keolis), poursuit le développement à grande vitesse de son réseau. Exploitant déjà le métro le plus long du monde (540 kilomètres environ sur 10 lignes),  Shanghai Shentong Metro Group prévoit qu'il dépassera les 800 km d’ici à 2020.

    Parmi les projets, la ligne 8 doit être prolongée avec une mise en service prévue mi-2017. Le choix de l’exploitant devrait être connu d’ici à février. Mais d’ores et déjà les dirigeants de Shentong Group ne cachent pas leurs intentions de retenir Keolis pour exploiter cette ligne qui fonctionnera sans conducteur. « Nous avons émis la perspective que Shanghai Keolis soit l’exploitant », indique l’un de ses dirigeants.

    Shanghai Keolis a déjà participé à l’automatisation de la ligne 10 du métro, une première en Chine même si un conducteur se trouve toujours présent à bord, contexte culturel oblige. Shanghai Keolis a ainsi réalisé un audit de sécurité avant la mise en fonctionnement.

    Second projet bien engagé, Shanghai Keolis pourrait exploiter un système de métro léger reliant les terminaux de l’aéroport de Shanghai (aujourd’hui deux terminaux, prochainement trois). "Les responsables de l’aéroport ont déjà indiqué que ce projet serait porté par Shentong Group. Shentong Group est en train de réfléchir à la possibilité d'en confier l’exploitation à Shanghai Keolis », précise Chen Bin, ingénieur en chef adjoint du groupe Shentong, également président de Shanghai Keolis.

    Shentong Group a des visées encore plus larges pour cette joint-venture. « Notre ambition est que cette Shanghai Keolis développe nos affaires en Chine et en Asie. Nous allons bientôt aboutir à des projets concrets. Nous n’excluons pas des projets dans le monde entier !». Parmi les marchés asiatiques visés, la Thaïlande figure en bonne place.

    Côté Keolis, c’est la suite logique d’une stratégie engagée depuis quelques années pour s’implanter en Chine, un marché très fermé dans lequel mieux vaut passer par des partenariats. L’entreprise française a commencé par s’installer à Wuhan, dans le centre du pays, où elle accompagne la construction (puis elle accompagnera l’exploitation) du futur hub multimodal de l’aéroport. Une joint venture a été créée dans ce but avec la société d’investissements et de transport de Wuhan. Un contrat très important puisqu’il doit permettre à Keolis de passer d’une logique d’assistance à une logique d’exploitation. Les transports publics sont en effet appelés à se développer de façon considérable en Chine et Keolis compte bien en prendre une part. Les tramways en particulier devraient connaître un bel essor dans les prochaines années, un domaine où les Chinois manquent d'expérience. 60 km de ligne de trams en projets à Wuhan pourraient ainsi se concrétiser dans les 5 ans. A Shanghai aussi, il est prévu un vaste programme de trams : 800 km de ligne d’ici à 2015. Sur l’ensemble de la Chine, on estime que les tramways devraient représenter 2000 km à l’horizon 2020. Il n'y en a qu'une quarantaine de kilomètres aujourd'hui.

    Autre axe de développement : les trains intercités, qui devraient relier Wuhan à ses huit villes satellites qui se situent de 40 à 100 km de là et dont l'ensemble représente plus de 30 millions d'habitants. Le 3 novembre dernier, Keolis a signé une lettre d'intention avec la province du Hubei concernant ces trains de banlieue. Là encore, il s'agit d'un partenariat basé sur les échanges d'informations entre partenaires, notamment dans les domaines techniques. En espérant un jour aller plus loin. Enfin, les métros, notamment les métros automatiques appelés à se développer en Chine, sont aussi dans le viseur de Keolis.

    Un marché colossal pour Keolis qui rappelle que l'entreprise est "dans une logique de temps long".

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  • Keolis démarre l’exploitation de la ligne des Docklands

    Jean-Pierre Farandou devait célébrer aujourd'hui la reprise par Keolis du service de la ligne des… Docklands, qui a eu lieu hier. Pour le président de la filiale de la SNCF, "c'est une vraie chance de travailler avec une autorité organisatrice comme TfL qui a un vrai savoir-faire". C'est en effet le 4 juillet dernier que TfL, l'autorité organisatrice des transports de Londres, a choisi Keolis Amey Docklands pour exploiter le métro automatique des Docklands (Docklands Light Railway, DLR) de décembre 2014 à avril 2021, avec prorogation éventuelle jusqu'en 2023. Le CA total devrait dépasser les 700 millions de livres (près de 900 millions d'euros). Jean-Pierre Farandou explique ce succès notamment par le fait que le contrat va être réalisé avec un partenaire britannique (Amey, 30 % des parts).
    Jusqu'alors l'exploitant en place était le groupe britannique Serco, depuis 1997 et renouvelé en 2006. Transportant aujourd'hui une centaine de millions de voyageurs par an, le DLR a eu des débuts bien plus modestes. Inauguré en 1987 pour desservir les anciens docks de Londres, en voie de transformation en quartier de bureaux, ce métro automatique avait en effet transporté 6,7 millions de personnes au terme de sa première année. Depuis, son réseau s'est étendu, passant de 15 à 45 stations et irriguant une grande partie du secteur compris entre la City et l'est de l'agglomération londonienne : Stratford, Greenwich, Canary Wharf, aéroport des Docklands et enfin Woolwich. Ce dernier prolongement est intervenu juste avant les Jeux olympiques de 2012, au cours duquel le DLR a joué un rôle-clé, transportant plus de voyageurs en deux semaines que pendant toute sa première année d'exploitation !
    Quoique les rames du DLR soient à conduite automatique, une présence humaine a été maintenue à bord pour la fermeture des portes et la prise en main en cas d'urgence. Côté performances, le DLR bat des records sur le réseau londonien, avec plus de 99 % de trains "à l'heure" (mesurés à 3 minutes) et 88 % d'usagers satisfaits.

  • Réseau action climat : pour éradiquer le diesel d’ici à 2020, il faut commencer aujourd’hui

    Le plan anti-pollution présenté par Anne Hidalgo dans le JDD du 7 décembre est encore peu détaillé. Mais une chose est sûre,… sa mesure phare – éradiquer le diesel d’ici à 2020 – ne peut pas attendre. « Il faut prendre des mesures dès aujourd’hui : favoriser les modes alternatifs et interdire progressivement certains types de véhicules. La transition doit commencer tout de suite ! »,explicite Lorelei Limousin, chargée des politiques transport et climat du Réseau Action Climat (Rac). La fédération d’associations françaises se demande aussi où en est le dossier de la zone à circulation restreinte, qui devrait être un axe fort du plan parisien de lutte contre la pollution atmosphérique. Le maire-adjoint chargé des Déplacements à Paris, Christophe Najdovski, en avait encore parlé il y a quinze jours au moment de la présentation de la mesure des particules ultrafines par le ballon de Paris. Rappelant qu’il existe 200 zones à basse émission en Europe et aucune en France, il avait assuré : « On pourra s'appuyer là-dessus pour modifier le parc automobile ». Ajoutant que des discussions étaient en cours avec l'Etat et la préfecture de police. Cette zone devrait avoir pour périmètre minimal la ville de Paris.

    Pour l’heure, la maire socialiste a évoqué la semi-piétonnisation des 4 arrondissements centraux de la capitale. « Une mesure qui pourrait utilement s’appliquer à d’autres lieux, comme Montmartre ou autour des grandes places qui sont ou seront réaménagées »,note Lorelei Limousin. Selon qui, « il manque encore les détails, et on attend de connaître les mesures proritaires, mais le plan est ambitieux et va dans la bonne direction par rapport au problème de santé publique causé par le diesel. Il est cependant important d’inclure tous les types de véhicules et de ne pas oublier les deux-roues motorisés dont le nombre a doublé en dix ans. Il faut impérativement mener une politique de report modal vers les transports en commun et les modes actifs que sont la marche et le vélo…»

    Le sondage Ifop pour le JDD est en tout cas encourageant. Il montre notamment que 54% des personnes interrogées souhaitent une interdiction totale des véhicules diesel dans l'agglomération parisienne d'ici à 2020 et que 64% des sondés sont favorables à la transformation du coeur de Paris (1er, 2e, 3e et 4e arrondissements)  en vaste zone réservée aux piétons, vélos et transports en commun. La mesure annoncée par Manuel Valls de création d’une pastille – verte, orange ou rouge – d’identification des véhicules en fonction de leurs émissions polluantes permettrait de mettre en œuvre plus facilement la zone à circulation restreinte. A Paris, mais aussi dans les 36 plus importantes agglomérations de France, sur décision des maires. « Paris est dans la bonne dynamique, cela devrait aussi inspirer les autres grandes villes de France », juge encore la responsable du Rac France.

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    Voitures particulières diesel : 99 % des émissions de particules en Ile-de-France

    Selon Airparif, un véhicule personnel diesel moyen émet à l'échappement de l'ordre de 2 fois plus d'oxydes d'azote et plus de 30 fois plus de particules par kilomètre parcouru qu'un véhicule personnel essence. Le diesel émettra cependant environ 10 % de dioxyde de carbone en moins. Avec 70 % des kilomètres parcourus en Ile-de-France, les véhicules particuliers diesel contribuent à hauteur de 83 % aux émissions de NOx et 99 % des émissions de particules de l'ensemble des véhicules particuliers.

  • Etude. Seule une personne sur trois choisit son mode de transport

    Attention au Parisianisme ! En matière de pratiques des nouvelles formes de mobilités, il y en effet un fossé entre les cœurs des grandes agglo, et en tout premier lieu Paris, et le reste du pays où pour l’instant « rien ne semble remettre en cause la suprématie de la voiture individuelle », relate Philippe Moati, cofondateur de l’Observatoire Société et consommation (ObSoCo). Avec le cabinet de prospective Chronos, l’ObSoCo vient de réaliser une grande enquête sur les nouveaux comportements et arbitrages des Français en matière de mobilité. Cet observatoire des mobilités émergentes, qui a reçu le soutien de l’Ademe, de PSA et de la SNCF, s’appuie sur une vaste enquête réalisée auprès de plus de 4000 personnes sur Internet en septembre dernier, représentatif de la population des 18 – 70 ans. Ses principaux résultats viennent d'être présentés le 4 décembre, mais l'observatoire,  un document de 200 pages, est perçu par Bruno Marzloff, sociologue et directeur de Chronos, comme une « caverne d'Ali Baba » !

    Premier enseignement : on a peut-être enterré l’automobile un peu vite, puisqu’elle reste au cœur des pratiques de déplacements de 96 % des Français, dont 63 % disent même l’utiliser tous les jours, même si la prééminence de la voiture patrimoniale commence à être chahutée. « La mobilité est sans conteste un des terrains d’expression de la consommation collaborative,analyse Philippe Moati, également professeur d’économie à l’université Paris Diderot. Mais en dépit du développement des offres automobile en partage, la voiture personnelle représente encore 93 % des kilomètres parcourus dans l’année. Cela signifie tout de même que 7 % relèvent d’autres formes, c’est donc bien le début de quelque chose ».

    Cependant, ces pratiques émergentes sont généralement très concentrées dans les centres des grandes agglomérations, la championne toute catégorie étant la capitale. On assiste donc à un creusement de la différenciation entre une avant-garde urbaine et le reste du pays. Et ce, même si toutes zones géographiques confondues, on note des signes d’un fort désinvestissement dans la voiture : «  baisse du kilométrage moyen annuel depuis 1995, allongement de la durée de possession du véhicule, pérférence pour l’occasion et le bas de gamme…», cite-t-il pêle-mêle. Au final, l’automobile n’est plus autant perçue comme un plaisir, et même comme un simple objet “commode“ pour 47 % des gens.

    Dans le détail, l’observatoire s’est intéressé aux usages quotidiens et aux loisirs du week-end en tenant compte du clivage géographique. Une analyse fine montre alors un léger déclin de l’usage le week-end, mais une stagnation la semaine, résultant en réalité d’une hausse continue de son usage dans les zones rurales ou périurbaines et d’une faible baisse dans les grands centres urbains.  Une grande part de la baisse du trafic automobile en semaine serait en fait imputable aux nouveaux retraités et aux chômeurs »,précise encore l’économiste.

    La même question a été posée concernant l’usage des transports collectifs (TC). Avec un constat identique : l’intensification de l’usage des TC n’est vraie que dans les grandes agglo et à Paris, partout ailleurs, il baisse. Ainsi plus de la moitié des habitants des villes de moins de 20 000 habitants n’ajamais recours au transport public. Une part qui tombe à 23 % dans les métropoles de plus de 100 000 habitants et à 8 % en agglomération parisienne. « Et cette dualité se retrouve entre les grands pôles urbains et leurs couronnes à l’image de Paris, petite couronne et grande couronne,poursuit-il. Parce que le choix du mode de transport est sous contrainte, d’ailleurs seule une personne sur trois déclare avoir le choix ».

    Au final, Paris, et dans une moindre mesure les onze villes centres des grandes métropoles françaises ont des problématiques bien différentes de celles des communes de province. Pour les premières, la contrainte provient de la congestion des réseaux de transports – avec un record pour Transilien qui affiche des taux de charge allant jusqu’à 200 % aux heures d’affluence – tandis que les secondes sont contraintes par la faiblesse de l’offre TC. Sans grande surprise, les pratiques de multimodalité et d’intermodalité dans les 12 premières métropoles de France sont bien plus développées qu’ailleurs. La proportion varie du simple au double avec 62 % versus 31 % pour la multimodalité et 24 % versus 12 % pour l’intermodalité.

    « L’issue viendra de la capacité à maîtriser ses usages, à modifier les temporalités, en décalant les horaires de travail comme viennent de le décider plusieurs entreprises de Plaine Commune en Seine-Saint-Denis, analyse de son côté Bruno Marzloff, le directeur de Chronos. Ou encore avec un levier majeur, celui du télétravail, encore peu pratiqué de manière régulière. » A l’exception notable du covoiturage longue distance, les pratiques de mobilité émergentes sont également le fait des grands centres urbains. L’étude a mesuré les taux de pénétration de chacune d’entre elles. Largement en tête, le covoiturage, utilisé par 30 % des sondés au cours des douze derniers mois, avec une part minoritaire de pratique organisé par les sites spécialisés comme Blablacar. Dans plus de 70 % des cas, le covoiturage est informel et ne fait l’objet d’un dédommagement financier qu’une fois sur deux. C’est le seul usage qui se diffuse de manière équitable sur tous les territoires.

    Viennent ensuite : l’utilisation de VTC pour 7 %, un résultat spectaculaire, vu la jeunesse du service ; l’autopartage, qui est le fait de 5 % des Français (mais 11 % en Ile-de-France et 19 % dans Paris intra-muros). Ou encore la location de voiture entre particuliers. Elle intéresse 8 % des Français, avec une prédominance « au sein des grandes agglomérations, chez les jeunes et les CSP+ pour de petits trajets ponctuels »,relèvent les responsables de l’observatoire. Même profil pour les 26 % d’utilisateurs réguliers du vélo, sachant de plus que moins d’un tiers des cyclistes qui disposent d’une offre de VLS y ont recours, il y a donc là une belle marge de progression pour les VLS.

    Un aspect à ne pas négliger pour le développement de ces nouvelles pratiques : « l’usage des services numériques, devenus incontournables, estime Bruno Marzloff. Pour 56 % des personnes interrogées, les nouvelles technologies ont modifié les pratiques de mobilité »,Le smartphone qui équipe environ un Français sur deux sert beaucoup de GPS (63 %), est consulté durant les déplacements (75 %) et 12 % des utilisateurs disent être abonnés aux notifications “push“ de trafic. Le sociologue met enfin l’accent sur d’autres offres émergentes, telle que « la récente initiative de Hertz qui propose au moment de la réservation d’un véhicule de location de s’inscrire aussi sur Blablacar. On est dans des ruptures de modèles qui doivent interroger la puissance publique »,assure-t-il. De son côté, Philippe Moati résume la situation en citant Schumpeter : «  ce sont des vagues de destructions créatrices…»

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    Les motivations pour abandonner la voiture

    Quand il est envisagé, l’abandon de la voiture individuelle est lent et progressif. Il traverse aussi plusieurs stades : tests des formules de location, d’autopartage, recours au covoiturage, abandon de la seconde voiture… Parmi les 21 % de personnes qui affirment avoir diminué l’utilisation de leur auto au cours des dernières années, seuls 3 % évoquent les offres de véhicules partagés comme motivation. Les raisons principales à cette évolution sont tout autres : 46 % sont dues à la modification de la nature des déplacements et 28 % à des considérations financières. Par ailleurs, 39 % pensent continuer à moins prendre la voiture dans les prochaines années, mais ils ne sont plus que 11 % à envisager la revente de la seconde voiture du foyer et 6 % à imaginer se séparer de la première… Conclusion de l’observatoire : « manifestement les Français restent globalement très attachés à leur voiture » !

     

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    Les TC mal notés 

    Quand on leur demande une note sur 10, les voyageurs sont sévères avec les TC, soit parce qu'ils sont jugés insuffisants (province) soit parce qu'ils sont saturés (IDF)…

    Covoiturage 7,8 – 7,9 (conducteur, passager)

    Voiture 7,6

    Deux roues motorisées 7,4

    VTC  7,3

    Vélo 7,3

    Autopartage 6,9

    Location automobile P2P 6,6 – 6,9 (propriétaire, emprunteur)

    Transports collectifs 6,1

    Taxis 6

  • Agnès Ogier nommée CEO de Thalys

    Agnès Ogier nommée CEO de Thalys

    Le conseil d’administration de Thalys annonce la nomination d’Agnès Ogier en tant que CEO de Thalys, depuis le 1er décembre. Elle succède à Franck Gervais, nommé directeur général de voyages-sncf.com…

    Diplômée de l’Ecole Centrale Paris, Agnès Ogier, 48 ans, a rejoint le groupe SNCF en 2010 en tant que directrice marketing de la branche SNCF Voyages, après un début de carrière dans le conseil en stratégie, en 1990, chez Booz Allen et Hamilton en 1990, suivi de près de 20 ans à piloter de grands enjeux business et marketing chez SFR.

  • Thalys : Agnès Ogier est nommée Chief executive officer

    Thalys : Agnès Ogier est nommée Chief executive officer

    Agnès Ogier est depuis le 1er décembre CEO de Thalys. Elle succède à Franck Gervais, nommé directeur général de voyages-sncf.com.

    Diplômée de l’Ecole Centrale Paris, Agnès Ogier, 48 ans, a rejoint le groupe SNCF en 2010 en tant que directrice marketing de la branche SNCF Voyages, après un début de carrière dans le conseil en stratégie, en 1990, chez Booz Allen et Hamilton en 1990, suivi de près de 20 ans à piloter de grands enjeux business et marketing chez SFR.

  • 100 km de tramways ouverts en Ile-de-France

    Et deux de plus. Le T6, nouveau tram au sud sur un axe est – ouest, et le T8, nouveau tram au nord…  

    qui va plutôt du nord au sud sont présentés officiellement ce lundi 1er décembre, peu de temps avant leur ouverture, fixée le 13 décembre pour le T6 et le 16 décembrepour le T8. Depuis 1992, date de retour du tramway en Ile-de-France avec le T1 Saint-Denis- Bobigny, le réseau a crû et embelli. Il a fallu de la patience et de la ténacité. Lesréalisations prennent beaucoup de temps. Le projet de T6  a été lancé en 2000, les travaux ont commencé en 2007. Celui du T8, a été lancé aussi en 2000, les travaux ont commencé en 2010. Quatorze ans dans les deux cas. On voit donc aboutir en ce moment un effort qui remonte à loin. Et les récentes moissons ont été riches. En novembre 2012, ont été ouverts le prolongement  du T2 de La Défense à Pont-de-Bezons, celui du T1 de Saint-Denis aux Courtilles, la fin du T3a et le grand début du T3 b (le tramway des Maréchaux). En juillet 2013 a été ouvert le T5 (St Denis-Marché – Garges-Sarcelles) et, en novembre de la même année, la première phase du T7 (Villejuif – Porte de l’Essonne).

    Selon les chiffres du Stif, le réseau des tramways franciliens atteint maintenant 105 km de lignes desservant 187 stations. 810 000 voyageurs utilisent les lignes. A la mise en service des T9 (Porte de Choisy – Orly) et T10 (Place du Garde – Croix de Berny) ils seront un million.

    La RATP se frotte les mains. Seul le T4 lui a échappé et a été attribué à la SNCF (et, autre particularité, il est exploité avec des rames de tram-train Avanto de Siemens). Sinon, toutes les lignes lui sont revenues sans appel d’offre. Le T6 et le T8 ne feront pas exception. Avec sept lignes, le réseau tramway que la RATP exploite en Île-de-France deviendra en 2016 le premier réseau français en kilométrage avec près de 100 kilomètres et le troisième réseau européen en trafic voyageurs.

    Le T6 présenté ce lundi, Châtillon-Montrouge – Viroflay formera, une fois complété, une ligne de 14 km, dont 1,6 km en souterrain. La ligne traverse Châtillon, Clamart, Fontenay-aux-Roses, Meudon, Vélizy-Villacoublay et Viroflay. Elle compte 21 stations, dont 2 souterraines. Un tramway circulera dès décembre toutes les 4 minutes en heure de pointe. Il offrira des correspondances avec la ligne 13 du métro à Châtillon-Montrouge, avec le RER C et le Transilien à Viroflay rive-gauche, le Transilien à Viroflay rive-droite. C’est un tramway sur pneu STE6 de la société NewTL (ex Translohr, repris après dépôt de bilan par Alstom et le Fonds stratégique d’investissement), qui a été choisi, système retenu aussi pour le T5 (mais il s’agit en ce cas d’un modèle STE3).

    La mise en service de décembre concerne l’essentiel de la ligne mais pas sa totalité. Le tramway va aller de son terminus est, à Châtillon-Montrouge (Hauts-de-Seine), jusqu’à la station Robert Wagner à Vélizy-Villacoublay. Le tronçon souterrain allant jusqu’à Viroflay Rive Droite (Yvelines) sera, lui, ouvert en 2016.

    Le coût de l’infrastructure est estimé à 384 millions d’euros HT (Etat 16%, Région, 50%, Hauts de Seine, 20%, Yvelines, 13%, RATP, 1%), le matériel revenant à 134 millions (pour 28 rames) financé par le Stif. Extrêmement onéreux pour un système qu’on présentait comme une sorte de tramway léger… Rappelons que le choix d’un matériel sur pneu et, surtout, d’un système propriétaire proposé par une société en grandes difficultés a été vivement critiqué.

    Le T8, Saint-Denis Porte de Paris, — Epinay / Villetaneuse (Hauts-de-Seine) est une ligne en fourche. Il est de ce fait appelé aussi Tram’y. Long de 8,5 km, il comporte 17 stations dont 3 terminus. Il offrira aux heures de pointe un  tramway toutes les 3 minutes sur le tronçon commun, et toutes les 6 minutes sur chaque branche, l’une pour Epinay, l’autre pour Villetaneuse. Il sera en  correspondance avec la ligne de métro 13 à Saint-Denis, les RER D et C, la ligne de tramway T1, le Transilien SNCF comme avec la future tangentielle Nord, et avec plusieurs lignes d'autobus.

    Il relie trois communes, Saint-Denis, Epinay-sur-Seine et Villetaneuse, soit un total de 143 000 habitants,  toutes trois dans la communauté d’agglomération Plaine-Commune  Plaine Commune est désormais riche en tramway, étant desservie par le T1, le T5 et maintenant le T8 qui la traverse de part en part.

    Ce sont des rames Citadis 302 d’Alstom qui ont été choisies pour cette nouvelle ligne. Le site de remisage et de maintenance de Villetaneuse a été inauguré en mai.

    L’infrastructure revient à 243 millions d’euros, pour l’essentiel financés par la région, le matériel roulant à 43 millions pour 20 rames (financées par le Stif).

     

     

    Prochaines étapes sur le réseau

     

    Outre les créations de T9 et T10 (pas de date arrêtée de mis en service), de nombreus prolongements de lignes sont engagés : 

    •  prolongement à l’ouest du T1 depuis son nouveau terminus, Asnières – Gennevilliers – Les Courtilles, à la station Gabriel Péri à Colombes, prévu « à l’horizon 2023».

    •  prolongement à l’est du même T1, de Noisy-le-Sec à Val de Fontenay. Mise en service prévue, 2019.

    • prolongement du T3B de la station Porte de la Chapelle à la station Porte d’Asnières. Mise en en service prévue, 2017.

    • nouvelle branche du T4 Aulnay- Bondy, perpendiculaire à l’axe existant, partant vers l’est, de la station Gargan à Montfermeil-hôpital ; fin des travaux d’infrastructure, 2018 : pas de date de mis en service encore annoncée ;

    • prolongement du T7 de Porte de l’Essonne à Juvisy-sur-Orge (pas de date de mis en servie annoncée) 

    Plus au large sous le nom de tram express, les tangentielles complèteront le nouveau  réseau structurant de surface.

  • Franck Gervais quitte Thalys pour VSC

    C’est aujourd’hui que l’ex-directeur général de Thalys International rejoint Voyages-sncf.com (VSC)… au poste de directeur général. Il remplace Yves Tyrode, qui a été nommé directeur général Digital et communication du groupe SNCF. Agé de 37 ans, Franck Gervais assure que c’est pour lui « tout autant une fierté qu’un défi. Fierté de piloter le leader français du e-commerce ; défi d’écrire les prochaines étapes de son développement et d’être à la hauteur des attentes de nos 500 000 visiteurs quotidiens ». Diplômé de l’Ecole Polytechnique et ingénieur du Corps des Ponts-et-Chaussées, il est également titulaire d’un MBA du Collège des Ingénieurs (CDI) et diplômé de la London Business School ainsi que de la Stanford Business School.

    Franck Gervais a rejoint la SNCF en 2006, en qualité de directeur du cabinet du président et de la direction générale. De janvier 2007 à décembre 2009, Franck Gervais prend, au sein de Transilien, la direction du réseau ferroviaire des secteurs Nord et Ouest de l’Ile-de-France avant de rejoindre le groupe Eiffage en janvier 2010 comme directeur des travaux maritimes et fluviaux. Il était DG de Thalys depuis mai 2011.

  • « Nous demandons à pouvoir répondre aux appels d’offres ferroviaires en France »

    « Nous demandons à pouvoir répondre aux appels d’offres ferroviaires en France »

    Directrice France de Transdev depuis début 2013, Laurence Broseta estime que le groupe a restauré la confiance avec ses clients. Après le choix de Bordeaux en faveur de Keolis – plus gros contrat français de l’année 2014 – elle rappelle que les perspectives en 2015 sont prometteuses : Transdev s’apprête à tripler le nombre de ses réponses à des appels d’offres.

    Ville, Rail & Transports. Quel bilan faites-vous presque deux ans après votre arrivée chez Transdev?

    Laurence Broseta. Le premier chantier important a porté sur la réorganisation des équipes de Transdev en France, pour répondre à nos enjeux forts de performance opérationnelle et commerciale. Notre structure précédente à deux niveaux (7 régions et 26 pôles) a été simplifiée avec un découpage territorial en 16 pôles régionaux, donnant une meilleure lisibilité en interne et une meilleure efficacité sur le terrain. Par ailleurs, nous avons stabilisé notre situation commerciale. Après une période d’incertitude sur notre actionnariat qui s’était ressentie en externe, et pendant laquelle nous avions perdu quelques beaux contrats, nous avons retrouvé la sérénité. Avec la montée programmée de la Caisse des dépôts au capital, qui nous assurera un soutien pérenne pour accompagner notre développement, et l’affichage d’une stratégie claire du Groupe Transdev, nos clients ont à nouveau confiance. En 2013, dans l’urbain, nous avons renouvelé 100 % de nos contrats : Grenoble, Toulon, Compiègne, Roanne, Bar-le-Duc, Villeneuve-sur-Lot.

     

    VR&T. Il y a un peu plus d’un an, Jean-Marc Janaillac évoquait le cas d’une dizaine de contrats déficitaires à redresser. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

    L. B. Nous avons en effet une dizaine de contrats importants en difficulté. Mais il faut souligner qu’il ne s’agit que d’une minorité dans l’ensemble de nos contrats urbains et que par ailleurs leur situation s’améliore peu à peu. La prise de risque est inhérente aux délégations de service public : l’opérateur assume le risque sur la maîtrise de ses coûts et un risque sur les recettes. Et cela dans un contexte de plus en plus concurrentiel.

    Les recettes sont particulièrement difficiles à évaluer, notamment lorsqu’il y a des effets externes tels que des baisses de la démographie, ou des effets tramways qui ont été très différents en fonction des tailles des agglomérations, des densités de population et des usages des réseaux antérieurs. Cela peut conduire à des pertes conséquentes, parfois sur des durées très longues.

    C’est le cas par exemple du réseau de Reims où la durée de la concession est de trente ans. Le groupe ne peut pas alors se permettre de rester en déséquilibre et des solutions doivent être recherchées avec la collectivité. A Reims, nous avons signé un avenant l’année dernière compensant, pour les années passées, les déséquilibres du contrat issus de causes externes. Pour cette année et les suivantes, des négociations sont en cours dans le cadre d’une clause contractuelle de revoyure. Nous souhaitons aboutir à un accord permettant de pérenniser ce contrat.

    A Besançon, nous avons mis en service avec succès, et en avance sur le planning initial, le tramway fin août. C’est une belle réussite opérationnelle de l’exploitant, qui fait suite à une gestion de projet remarquable par la collectivité qui a permis la construction du tramway le moins cher de France dans les meilleurs standards de performance. Par contre, notre contrat d’exploitation est fortement déficitaire en raison à la fois d’une estimation trop forte des recettes, et d’éléments imprévisibles ou mal évalués sur les coûts. Nous assumons les conséquences des ambitions peu réalistes de nos prédécesseurs, mais chacun doit faire des efforts pour revenir à une situation saine. Nous allons travailler avec notre client à des optimisations, afin d’atténuer l’écart entre le coût du réseau et la rémunération du contrat.

    Valenciennes, est un cas très différent. C’est le réseau exploité qui est fondamentalement différent du cahier des charges initial : un trolley devait être rapidement mis en service. A la place, et après une période de travaux bien sûr plus longue, ce fut un tramway. Nous avons eu beaucoup de difficultés à obtenir de notre client un avenant qui prenne légitimement en compte ces nouvelles dispositions. Nous avons finalement accepté un compromis financièrement désavantageux pour nous mais qui anticipe la fin de contrat, et nous permet donc de mettre fin à nos pertes. Nous regrettons de quitter ce réseau sur lequel nos équipes d’exploitation ont fait un travail remarquable et mis en service les deux lignes de tramway dans un contexte contractuel anormal, mais nous ne pouvons pas nous permettre de travailler à perte.

     

    VR&T. Transdev a répondu à l’appel d’offres de DSP à Bordeaux. Comment expliquez-vous le choix de la collectivité qui a finalement retenu Keolis ?

    L. B. Nous sommes forcément déçus, et d’autant plus que nous nous sommes beaucoup investis dans cette offre dont la Communauté urbaine de Bordeaux a d’ailleurs reconnu la qualité.

    La compétition a été particulièrement serrée après seulement 5 années de gestion du nouveau délégataire : notre offre a permis à la CUB de s’interroger sérieusement sur certaines de ses prestations. Nous n’avons pas encore les éléments d’évaluation, et nous les étudierons attentivement, mais il est certain qu’il était dans tous les cas difficile politiquement de changer d’opérateur après un seul contrat et avec la concomitance de la mise en service d’une nouvelle ligne de tram.

    De notre côté, le haut niveau d’engagement, la qualité des expertises, la maîtrise des solutions techniques proposées, l’innovation et la réactivité déployés tout au long du processus resteront comme un signal fort de l’esprit de conquête qui anime à nouveau notre groupe et nous rendent pleinement confiants dans notre capacité à gagner les grands appels d’offres urbains qui vont se présenter.

     

    VR&T. Malgré la crise des finances publiques, est-ce que vous avez revu vos prix à la hausse pour éviter les mauvaises surprises ?

    L. B. Nous ne pratiquons pas de prix à la hausse, mais nous abordons avec plus de prudence la prise de risques. Cela n’empêche pas d’être ambitieux, mais sans exagération : notre objectif n’est pas de planter des drapeaux, mais d’établir des relations de confiance de long terme avec les collectivités pour lesquelles nous travaillons. Nous souhaitons présenter au délégataire le juste prix avec une grande transparence. C’est fondamental pour cette relation de confiance. Nous ne souhaitons pas revenir ensuite à la table des négociations car le contrat aurait été mal équilibré, comme cela a été le cas pour nos concurrents avec la CUB ou avec la Communauté du pays d’Aix.

     

    VR&T. A Strasbourg, vous avez déposé une plainte devant l’autorité de la concurrence, où en est-elle ?

    L. B. C’est en cours. L’Autorité de la concurrence a décidé que la plainte méritait d’être jugée sur le fond. Mais les procédures sont très longues. Nous sommes parfois gênés par la proximité entre Keolis et la SNCF. A Strasbourg en particulier, la SNCF a apporté son appui à Keolis par l’intermédiaire d’un GIE associant Keolis, Effia et la SNCF: il y avait clairement un apport direct de la SNCF à Keolis. Il n’est pas normal d’utiliser la valeur ajoutée du monopole de la maison mère pour gagner des offres face aux concurrents privés. La SNCF a d’ailleurs décidé de dissoudre ce GIE avant même l’instruction sur le fond de l’Autorité de la concurrence.

     

    VR&T. D’ailleurs, les élus eux-mêmes ont mis en avant la synergie des deux entités pour justifier le choix de leur délégataire…

    L. B. Oui. Néanmoins, cela ne change pas fondamentalement le marché.

    Ce que nous souhaitons surtout, c’est obtenir la réciprocité sur le marché ferroviaire français.

    Le groupe Transdev a les savoir-faire et références pour se positionner sur le rail en France dès qu’il sera ouvert. Nous assurons un volume important de services ferroviaires dans le monde. En particulier en Allemagne où, nous exploitons actuellement l’équivalent des TER de plusieurs régions françaises. Nous sommes aussi présents dans le ferroviaire aux Etats-Unis, en Nouvelle-Zélande, aux Pays-Bas…

    En France, du fait du monopole, notre expérience reste limitée. Elle est néanmoins réussie et significative. Nous gérons par exemple la ligne Carhaix-Guingamp-Paimpol où nous sommes sous-traitants de la SNCF, et Rhône Express, la desserte de l’aéroport Lyon-Saint-Exupery.

     

    VR&T. Vos relations avec Keolis sont-elles toujours aussi tendues qu’en début d’année suite à l’appel d’offres de Boston ?

    L. B. Elles ne sont pas mauvaises. Ce sont des relations de concurrents.

    Nous demandons simplement à pouvoir répondre aux appels d’offres ferroviaires en France afin que notre concurrent ne bénéficie pas, à l’étranger ou en France, contre nous, de la situation de monopole de sa maison mère.

     

    VR&T. Quels sont les autres appels d’offres importants à venir ?

    L. B. Nous aurons beaucoup de contrats en renouvellement et d’offres offensives dans les deux prochaines années. On se prépare à une période commercialement très active. En défensif ou offensif, nous triplons le nombre de réponses à des appels d’offre l’année prochaine. Nous avons une vingtaine de cibles dans l’urbain. Dans l’interurbain, le volume traité est plus régulier.

     

    VR&T. Et sur le Grand Paris, comment vous positionnez-vous ?

    L. B. Nous sommes clairement candidats pour toutes les lignes du Grand Paris. Nous l’avons dit au ministre en charge du Grand Paris, à la région, aux élus, au Stif. Et nous leur demandons que toutes les conditions nécessaires à une réelle ouverture du marché soient mises en œuvre : dès les phases d’études par la conception de lignes à exploitations indépendances, par un planning et un processus de mise en concurrence clair et anticipé, par un rôle cohérent et surtout limité du Gestionnaire technique pour qu’il n’interfère pas dans la performance au quotidien des futures lignes …

    Avant le métro automatique du Grand Paris, il y aura les tramways T9 et T10 dont les appels d’offres devraient intervenir d’ici deux ans et pour lesquels nous sommes candidats.

    Sur tous ces projets, nous tenons à ce que la RATP ne soit pas seule consultée, mais seulement au même titre que les autres opérateurs potentiels. Il faut aussi que les calendriers de mise en concurrence soient connus le plus tôt possible et les opérateurs choisis bien en amont pour participer aux validations des études détaillées, aux réceptions et essais.

     

    VR&T. Et sur le transport à la demande, et bientôt le VTC…

    L. B. Le transport à la demande est souvent inclus dans les DSP urbaines. Il n’y a presque plus de réseau urbain qui n’ait pas son offre TAD pour la desserte du périurbain. Nous avons sur le sujet une forte technicité, une organisation des centrales d’appel optimisée au niveau national, ou autonome et locale pour les clients qui le demandent. Nous avons une gamme complète de solutions pour ce type de service (délais de réservation, zonale/lignes virtuelles…) qui répond aux demandes spécifiques de chaque collectivité, et nous continuons à innover.

    En ce qui concerne les VTC, la loi vient d’être votée. Fondamentalement ces services répondent à des besoins complémentaires, en particulier à Paris, « ville-monde » aux besoins énormes non satisfaits. Les VTC ont une place à prendre, entre d’un côté les taxis, très protégés mais peu adaptables aux attentes nouvelles des usagers, et de l’autre, les services tels qu’Uber, uber-pop, sujets à polémiques, très innovants au contraire, mais aux limites des règles.

    Nous avons une grande expérience dans les VTC, très réussie à l’international, en particulier aux Etats-Unis, aux Pays-Bas, en Angleterre.

    Nous la développons en France, en commençant par Paris, ou le service Green Tomato Cars démarre avec un haut niveau de service, très green avec ses véhicules hybrides. Nous vendons « Des prestations 100 % vitaminées » !

    A noter que notre service Supershuttle de VTC partagé est devenu n°1 du transfert partagé vers les aéroports parisiens, avec 250 000 clients en 2013.

     

    VR&T. Quelle est votre stratégie en matière de smart city ? Où en est la commercialisation de smarter mobility ?

    L. B. Le positionnement dans le numérique reste un enjeu essentiel pour Transdev, sur lequel nous avons une avance notable et « différentiante ». Notre partenariat Smarter mobility avec IBM nous a permis de développer des solutions innovantes au service des villes numériques. En particulier, pour le projet Optimod’Lyon nous avons lancé SmartMoov, la première application de mobilité au monde à intégrer dans ses calculs de temps de trajet, le temps réel et prédictif à une heure.

    Nous n’avons pas de commercialisation séparée sur les produits smart cities et mobilité numérique. Les outils numériques font partie intégrante de nos services. Transdev dispose d’une palette de solutions qui permettent de faciliter les déplacements, et réduire les incertitudes lors des trajets de nos voyageurs, facteurs essentiels de l’attractivité des transports publics. Nous les mettons à la disposition des collectivités, avec lesquelles nous concevons des offres numériques adaptées à leurs besoins, leurs territoires et leurs services de transport.

     

    VR&T. Quel pourrait être l’impact sur vos activités de la nouvelle loi de décentralisation?

    L. B. Le premier changement concerne les métropoles, qui auront la responsabilité de la gestion des transports sur des territoires étendus, intégrant des transports urbains, interurbains, scolaires aujourd’hui gérés par différentes autorités organisatrices. Nos contrats actuels seront dans un premier temps transférés aux nouvelles AO. On peut imaginer que cela conduira par la suite à des appels d’offres de transport public plus intégrés, regroupés. Les élus décideront de nouveaux modes de fonctionnement qui vont sans doute être assez différents d’une métropole à l’autre. C’est l’occasion pour un groupe comme le nôtre de les accompagner dans leur choix d’organisation de la mobilité sur les territoires, de leur offrir des services de coordination.

    Par ailleurs, les régions vont prendre le pas sur les départements pour l’organisation des transports interurbains et scolaires. Là aussi, c’est l’occasion de repenser le transport sur des territoires plus larges.

    Propos recueillis par Cécile NANGERONI et Marie-Hélène POINGT