Résultats de recherche pour « LOM »

  • Les nouveaux acteurs de l’autopartage

    En l'espace de deux jours, deux sociétés se sont positionnées sur… le marché parisien de l'autopartage.  Zipcar est arrivé le 16 septembre à Paris et à La Défense, avec de grandes ambitions pour le marché français. Fondée il y a 15 ans, rachetée en 2013 par Avis-Budget, la société considère que « le potentiel de Paris est au moins aussi important que celui de Londres ou New York car la densité de population est très élevée et le taux de motorisation inférieur à 50% », rappelle Etienne Hermite, directeur général de Zipcar France.

    Le nouveau venu devra affronter Autolib’, présent à Paris depuis 2011. La filiale de Bolloré aligne aujourd’hui plus de 2 000 véhicules en Ile-de-France et 877 stations. Pour l’instant, Zipcar propose une centaine de véhicules, et 60 emplacements de stationnement à Paris et La Défense. Mais il ne s’agit que d’une première vague. A titre de comparaison, Zipcar compte 870 000 abonnés et un parc de 10 000 véhicules aux Etats-Unis, pays de la voiture individuelle par excellence, des villes à faible densité.
    A Paris, Zipcar se défend d’entrer en concurrence avec Autolib'. « Leur offre est davantage adaptée à des trajets de courte durée tandis que Zipcar se positionne sur des déplacements allant de plusieurs heures à la journée », explique Etienne Hermite. « Le service s'adresse aussi bien aux familles qui n'ont pas de voiture et veulent par exemple pique-niquer le week-end à Fontainebleau, ou souhaitent déménager un canapé». L’offre de véhicule est en effet plus large, – neuf modèles Peugeot et Opel – avec des citadines mais aussi des berlines et des utilitaires.
    L’autre nouveau venu, arrivé en juin, Wattmobile, ne se dit pas non plus concurrent d’Autolib’. Cette jeune société d’autopartage, a choisi une niche : les véhicules électriques deux-roues et quadricycles légers (Twizzy), dans un souci environnemental, mais aussi pour mieux se faufiler en ville, et parce que le public visé, les professionnels en déplacement, voyage le plus souvent seul.

    Wattmobile a décidé d’automatiser le retrait des véhicules afin d’offrir un accès 24h sur 24, pour autant que le parking soit ouvert. Autre choix fort, bâtir un réseau, même embryonnaire, dans les gares SNCF, celles qui accueillent des TGV fréquentés par la clientèle visée, afin de proposer une solution pour le dernier kilomètre. Cela a également été un moyen de séduire la SNCF qui a pris une participation dans Wattmobile et accompagne l’entreprise dans son développement. C'est le cas à travers le partenariat noué avec Effia qui exploite les parkings en gare et y accueille les véhicules de Wattmobile.
    Aux côtés de ces deux sociétés, on pourrait en citer de plus modestes, comme Ubeeqo qui s’est associé au promoteur immobilier Nexity, pour proposer des véhicules en autopartage dans les parkings des immeubles pour leurs habitants.
     

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    C’est la proportion d’agglomérations qui disposent d’une démarche qualité selon la récente étude « Les démarches qualité dans le transport public urbain »,portant sur 111 réseaux, et publiée par le Gart et l’UTP… Dans 40 % des cas, la démarche qualité fait d’ailleurs partie du contrat liant l’autorité organisatrice (AO) et son opérateur. Cette démarche englobe les critères d’accueil, de confort, de ponctualité, de qualité de l’information… Ainsi, 88 % des d’entre elles suivent de près la ponctualité, la propreté, l’attitude du conducteur, l’accueil et l’information aux arrêts. 40 % des critères de qualité de service recensés font par ailleurs l'objet d'un bonus – malus. Selon l’étude, plus de 60 % des AO et des opérateurs estiment que les démarches qualité ont permis d’améliorer le service et près d’un tiers d’entre eux envisagent de développer les critères et le périmètre de leur démarche. Parmi les perspectives envisagées figurent une évolution vers une certification ou bien une labellisation interne à un groupe de transport ou environnementale. A noter enfin que seulement 23 % à peine des collectivités locales comme des exploitants communiquent sur leur démarche qualité.

  • Paris devrait tester en octobre le péage de transit remplaçant l’écotaxe

    Le Conseil de Paris s'apprête à voter fin septembre la mise en fonctionnement du péage de transit poids lourds sur le boulevard périphérique, successeur de l'écotaxe, a-t-on indiqué le 21 septembre à la Mairie de Paris, confirmant une information du JDD.

    Le dispositif tel qu'il sera présenté les 29 et 30 septembre lors du Conseil de Paris se découpe en deux parties : une première "marche à blanc" dès le 1er octobre, avec activation du système mais "on ne fait pas payer" et la mise en oeuvre définitive à partir du 1er janvier 2015, a précisé, à l'AFP, Christophe Najdovski, adjoint EELV chargé des transports.

    La taxe, qui ne touche que les camions de plus de 3,5 tonnes, s'élèvera en moyenne à 0,13 euro par kilomètre et devrait rapporter cinq millions d'euros par an à Paris (550 millions pour l'ensemble du pays). 

    Ce dispositif « n'est que la déclinaison parisienne de décisions prises cet été » au niveau du gouvernement, justifie Christophe Najdovski. 

    Il a précisé que le boulevard périphérique parisien, ainsi que l'ensemble des autoroutes d'Ile-de-France, faisaient partie des 4 000 km touchés par ce péage dans l'Hexagone.

    Le 26 juin, l'Assemblée nationale a en effet adopté un amendement gouvernemental qui remplace l'écotaxe par un péage de transit poids lourds. Sa date d'entrée en vigueur était fixée au 1er janvier 2015, précédée pendant trois mois par « une marche à blanc à l'automne ». 

  • Spécial Innotrans. Il y a loin de la vitrine au contrat

    Spécial Innotrans. Il y a loin de la vitrine au contrat

    Combien de chefs d’Etat, combien de ministres ont visité la France qui pour un tour en TGV, qui pour avoir l’honneur d’assister à un record ?  

    Combien de chefs d’Etat, combien de ministres ont visité la France qui pour un tour en TGV, qui pour avoir l’honneur d’assister à un record ?

    Toujours plus que le nombre de pays dans lesquels le train à grande vitesse français s’est réellement vendu. Une fois prononcés les discours et les remerciements, vient le temps pour les invités de la maison France de poursuivre leur voyage, outre-Rhin ou au-delà des Pyrénées, voire de planifier un voyage en Extrême-Orient… Pour se dire en fin de compte que la grande vitesse, c’est sans doute bien pour la France et ses métropoles distantes de plusieurs centaines de kilomètres, mais…

    Depuis la Corée, et après maints espoirs déçus aux quatre coins du monde, l’ONCF marocaine s’est finalement laissée convaincre par le TGV, avec un coup de main bienvenu du gouvernement français. Quant à son successeur à motorisation répartie, l’AGV, il n’a séduit que NTV, un nouvel entrant italien, mais pas le client de référence SNCF (actionnaire toutefois de NTV !) Pire : Eurostar, filiale de la SNCF, préfère le Velaro de Siemens – comme la Renfe espagnole, les RZD russes, le ministère des Transports chinois et les TCDD turcs… Bref, les clients potentiels visitent une belle vitrine française et vont faire leurs courses chez le voisin ! Finalement, le seul mécontent du Velaro est sans doute le client de référence DB, dont les rames de la série 407 accumulent les retards de mise au point…

    Marché de niche, le train à grande vitesse n’est sans doute pas à la portée de tous les pays, dont les géographies d’ailleurs ne demandent pas forcément des vitesses supérieures à 250 km/h. Le problème pour l’industrie française est que, jusqu’au développement des plus récents TER aptes à 200 km/h en version intercités (Régiolis, Regio2N), le TGV ne peut pas servir de « locomotive » à des trains grandes lignes moins rapides. Ceci alors que d’autres pays se sont chargés de produire des trains de cette catégorie. Et pour les trains du quotidien, qui devraient être le segment du marché ferroviaire appelé à connaître la plus forte croissance dans le monde, les exemples français ne sont pas jugés très « présentables » par les experts. Certes, les Z2N des RER C et D se sont exportés sur les Cercanías madrilènes, mais c’était il y a plus de vingt ans !

     

    Dans deux segments plus « légers », le marché des transports urbains offre quand même une belle vitrine du savoir-faire français : le tram et le métro automatique.

    Plus qu’un moyen de transport, le tram à la française est un outil d’aménagement de la ville. Cette notion est désormais bien ancrée dans les esprits, tant en France que dans les agglomérations européennes, nord-africaines, moyen-orientales ou sud-américaines qui envisagent de s’équiper. Mais une fois hors de l’Hexagone, toutes les villes sont-elles demandeuses d’un outil d’aménagement ? Difficile de croire que les experts français vont apprendre à faire un tramway qui soit un « simple » moyen de transport aux Belges, aux Suisses ou aux Allemands, même si ces pays ont également « redécouvert » ce mode. L’Espagne et l’Italie ont également leurs savoir-faire respectifs, la première étant le siège de Caf, une entreprise qui a exporté et assemble en France, et d’une filiale spécialisée dans les tramways de l’entreprise française Ingérop. Et dans l’est de l’Europe, où le tramway s’est généralement maintenu, les besoins de rénovation des voies et du parc sont criants. Mais ici, le critère de choix numéro un est le prix, ce qui avantage les fournisseurs locaux.

    Il n’empêche. Figure de proue quasi omniprésente en France, le Citadis d’Alstom est un best-seller mondial avec plus de 1 600 rames vendues dans 50 réseaux de 17 pays. Hors marché français, ce tram a séduit 15 agglomérations (tram-train Regio Citadis compris). Modulaire, ce matériel colle tout à fait aux souhaits des agglomérations françaises souhaitant personnaliser leurs faces avant ou leurs aménagements, au point d’en faire le matériel « standard » de ces quinze dernières années dans ces agglomérations. Et cette personnalisation des faces avant s’exporte, tout comme la solution APS d’alimentation par le sol, à Dubaï. Une vitrine idéale ! Mais lorsqu’il se vend hors de France, le Citadis se vend plus souvent comme véhicule que comme cheval de Troie du « tram à la française ». Le traitement urbanistique de Casablanca est 

    l’exception qui confirme la règle, par opposition aux nouveaux trams algériens, considérés uniquement comme des moyens de transport. De plus, tous les Citadis d’exportation ne sont pas « Made in France » : ils donnent aussi des heures de travail au site Alstom espagnol de Santa Perpètua de Mogoda (Barcelone) et le tram-train Regio Citadis était construit en Allemagne, à Salzgitter.

    Longtemps cantonné aux nouveaux réseaux, le Citadis a profité de l’arrivée du bogie Ixège, développé pour les trams-trains sur voies ferrées, pour devenir vendable sur des réseaux dont les voies ne sont pas toujours comme neuves. Mais c’est dans la douleur – après avoir perdu Besançon – qu’Alstom a mis en œuvre l’Ixège sur une nouvelle application : le Citadis Compact, qui peut ouvrir de nouveaux marchés de niche (villes moyennes, dessertes limitées…) Reste à voir si Alstom compte s’intéresser un jour au marché de la voie métrique.

     

    Vrai succès aussi dans le domaine des métros automatique et du CBTC. 

    L’histoire des métros automatiques en France remonte au tout début des années 1950, quand la RATP teste avec voyageurs un système d’assistance à la conduite basé sur un type communication sol-train, qui sera généralisé sous l’appellation PA 135 (pilotage automatique 135 kHz). Ce système ne sera détrôné que ces toutes dernières années par le CBTC. Ce dernier est issu du développement des métros sans conducteur : VAL de Lille (1983), suivi par le métro de Lyon (Maggaly), plus lourd (1991). Puis avec la ligne 14 de Paris (Méteor), on passe à une échelle encore supérieure. 

    Exporté aux Etats-Unis ou en Espagne avant même d’être adopté en France, le CBTC permettra de réaliser l’automatisation a posteriori de la ligne 1 du métro parisien, les métros automatiques ne circulant jusqu’à présent que sur des lignes nouvelles. Une double réussite signée Siemens (qui a repris Matra en France) si l’on pense que ce n’est pas la moindre des lignes qui a été choisie ! Et l’évolution ne s’arrête pas là, avec le remplacement du système d’origine sur le VAL de Lille par une solution innovante signée Alstom. Outre Siemens et Alstom, qui développent leurs solutions CBTC en France, notons que trois autres acteurs dans le domaine sont fortement implantés dans l’Hexagone : Ansaldo STS (ex-CSEE en France), Thales (même si les automatismes du groupe français issu d’Alcatel sont plutôt le fait de sa partie allemande, anciennement SEL) et Bombardier (repreneur des ANF). Sans parler de GE…

     

    Mais impasse commerciale pour les locomotives et les wagons de fret. 

    Faut-il y voir une corrélation ? Les plus belles vitrines françaises sont dans les domaines qui bénéficient d’investissements aussi massifs que leurs succès en fréquentation, du moins jusqu’à présent. En revanche, la chute du fret ferroviaire français depuis le début de la décennie précédente, en particulier pour l’entreprise « historique » et dans le contexte actuel de crise, a limité les investissements pour renouveler le parc, les efforts s’étant plutôt portés sur la rationalisation des moyens. Après la vague des Prima d’Alstom pour Fret SNCF et, dans une moindre mesure, pour les nouveaux entrants, puis l’arrivée des nouvelles locomotives diesels-électriques coproduites par Alstom et Siemens, la question s’est posée : les Français savent-ils encore faire des locomotives ? A en juger par l’absence de ventes de la Prima II d’Alstom sur les marchés européens, se poser la question est légitime. Mais un peu injuste : la nouvelle génération d’Alstom arrive après les gammes Traxx de Bombardier et Vectron de Siemens, qui occupent le marché. Au Maroc en revanche, la Prima II roule bel et bien. Et d’autres engins inspirés de la première génération de la Prima se vendent (et s’assemblent) en Chine, alors qu’une version pour voie large de type russe (1 520 mm) a conquis le Kazakhstan, puis l’Azerbaïdjan. La coopération avec le Russe TMH et l’implantation d’une usine à Astana a été payante. Mais seuls les premiers exemplaires sont assemblés à Belfort… En fait, les locomotives pâtissent en France du double désintérêt pour le fret et pour les trains classiques de voyageurs…

    De ce fait, l’industrie française n’a pas d’autre remplaçant pour les voitures Corail que des rames automotrices. Un tour de passe-passe impossible pour le fret, où la situation n’est guère brillante côté wagons. Le Modalohr de Lohr connaît une nouvelle évolution, mais c’est grâce aux commandes de l’Autoroute ferroviaire. AFR survit suite au rachat en 2010 par le groupe indien Titagarh. Mais pour ABFB à Châteaubriant, la dernière heure a sonné en mai dernier, alors que son ex-société sœur SDH Ferroviaire, dans le Loiret, a été reprise à la mi-juillet par le loueur de wagons Millet. Ou quand le client vient au secours de son fournisseur…

    Patrick LAVAL

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    It’s a big step from showcase to sale

     

    How many heads of state, how many ministers have been invited to France to have a ride on the TGV high-speed train, or to witness a new record being set? A lot more than the number of countries to which the French high-speed train has actually been sold. Once the speeches have been made and the thanks given, our guests carry on their way, to Germany, or Spain or the Far East… And they no doubt say to themselves that high-speed trains are probably a good idea in France, where there are many big cities several hundred kilometres apart, but… 

    Following Korea, and after many disappointments around the world, Morocco’s ONCF has finally plumped for the TGV, with some much-needed help from the French government. As for its successor, the AGV (for automotrice à grande vitesse), a high-speed electric multiple unit train, for the moment it has only won over NTV, a new Italian company and has not convinced SNCF, although the latter is a shareholder of NTV. Worse still: Eurostar, a subsidiary of SNCF, prefers the Siemens Velaro, as do the Spanish Renfe, the Russian RZD, the Chinese ministry of transport and the Turkish TCDD. In short, potential customers come and drool at the enticing French window display and then go and shop next door! In the end, the only one disappointed with Velaro, is DB, its number one customer, whose Class 407 trains have been seriously delayed in production.

    The TGV appeals to a niche market and is probably not affordable for all countries, especially those whose geography does not require speeds of over 250 kph. The problem with French industry is that, until the most recent intercity trains that will run at 200kph (Régiolis, Regio2N), the TGV could not be used as a “locomotive” for slower trains. Yet other countries produce trains in that category. And for everyday travel, the rail market segment set to undergo the most growth worldwide, French examples are not judged by experts to be very “presentable”. Of course, the Z2N trains of the RER C and D lines were exported to Madrid, but that was over twenty years ago.

     

    • Two more “lightweight” urban transport segments, the tram and the automated metro, provide a showcase for French savoir-faire.

    More than a means of transport, the French-style tramway is a whole approach to town planning. This notion has been completely taken on board both in France and in the European, North African, Middle-Eastern and South-American towns looking to build a tramway. But outside France, do all towns need such infrastructure? It is difficult to believe that French experts are going to teach the Belgians, Swiss or Germans to make a tramway that is a simple means of transport, even if these countries have also rediscovered the tram. Spain and Italy also have experience in the field. Spain is home to the head office of Caf, a company that exports to and assembles in France and a branch of the French company Ingérop specialised in tramways. And in Eastern Europe, where the tramway has generally been retained, the needs in terms of renovation of tracks and rolling stock are huge. But in these markets, the number one criterion is price, which gives an advantage to local suppliers.

    Yes. But. A prominent figurehead in France, Alstom’s Citadis is a world best-seller with over 1,600 trains sold in 50 networks in 17 countries. Aside from the French market, the tram has convinced 15 towns (including the Regio Citadis tram-train). This modular rolling stock exactly meets the requirements of French cities that like to customise their tram’s front ends and interior fittings and in the last fifteen years, it has become the “standard” in these cities. This personalisation of front ends is now being exported, as is the ground-level power supply, to Dubai. The ideal showcase! But when it is sold outside France, the Citadis is often sold as a vehicle rather than a component of the French-style tramway. The urban planning in Casablanca is the exception that confirms the rule, in contrast to the new Algerian tramways that are considered mere means of transport. What is more, not all the exported Citadis are made in France. They are partly made in Spain at the Santa Perpètua de Mogoda site (near Barcelona) and the Regio Citadis tram-train was built in Germany, in Salzgitter.

    Long confined to new networks, the Citadis has recently taken advantage of the arrival of the Ixège bogie, developed for tram-trains on rail networks and can now be used on tram networks whose tracks are not necessarily new. In the wake of losing the Besançon contract, Alstom decided to use the Ixège for a new application, the Citadis Compact, which may open up new niche markets (medium-sized towns, limited services etc.) It remains to be seen whether Alstom will take an interest in the metre gauge market.

     

    • The story of automatic metros in France goes back to the early 1950s when RATP tested a driver assistance system based on ground-train communication technology that was later generalised under the name PA 135 (for automatic pilot, 135kHz). The system was only surpassed lately by the CBTC, which was developed for driverless metros: the VAL of Lille (1983), followed by the more complex Lyon metro (Maggaly) in 1991. Then with the Paris line 14 (Méteor), things moved up a gear. 

    Exported to the USA and Spain before it was even used in France, CBTC was implemented on the Paris line 1 conversion to automated service whereas until then, automated metros had always been used on new lines. A double success for Siemens (who took over Matra in France), especially as it was not the easiest of lines. But the changes did not stop there. Alstom came up with an innovative solution for the replacement of the VAL’s original system in Lille. Apart from Siemens and Alstom, who develop their CBTC systems in France, three other players are also present in this field: Ansaldo STS (ex-CSEE in France), Thales (ex Alcatel) – even though the French group’s automation technology is primarily made in its ex-SEL German branch – and Bombardier (which took over ANF). Not to mention GE…

     

    • Is there a correlation here? The best French showcases are in fields that have received massive investment and are popular, at least up until now. On the other hand, the decrease in French rail freight over the past ten years, in particular for SNCF, along with the current economic crisis, have held back investments to renew rolling stock. Efforts have been focused on rationalising. After the wave of Alstom Prima locomotives for SNCF freight and, to a lesser extent, for new market entrants, then the arrival of new diesel-electric locomotives coproduced by Alstom and Siemens, the question was: “Do the French still know how to make locomotives?” Judging by the absence of sales of Alstom’s Prima II in European markets, the question is a legitimate one. But it is a little unfair: the new generation Alstom comes in the wake of Bombardier’s Traxx and Siemens’ Vectron, which have cornered the market. In Morocco however, the Prima II is on a roll. And other engines inspired by first-generation Prima are selling (and being assembled) in China, while a version for a Russian-style broad gauge (1,520 mm) has conquered Kazakhstan and Azerbaijan. Partnership with Russia’s TMH and a factory set-up in Astana have paid off. But only the first items were assembled in Belfort. In France, locomotives are suffering from the drop in freight and in traditional passenger train travel.

    That is why there is no other solution than to replace the Corail carriages with EMUs. Such a move would of course be impossible for the freight sector, where the situation is not brilliant as far wagons are concerned. Lohr’s Modalohr is undergoing new change, thanks to orders for the rolling highway. AFR has survived the 2010 takeover by the Indian group Titagarh.  But for ABRF­­­­ in Châteaubriant, time was up last May and its ex sister company SDH Ferroviaire, based in Loiret, was taken over in mid-July by the wagon rental company Millet. Sometimes the customer saves the supplier…

    Patrick LAVAL

     

  • Zipcar s’installe à Paris et à La Défense pour devenir leader de l’autopartage

    La société américaine Zipcar, filiale du groupe de location de véhicules Avis et l'un des pionniers de l'autopartage dans le monde, a lancé le 16 septembre son service de voitures en libre-service dans Paris et à La Défense. 

    Fondée il y a quinze ans aux Etats-Unis, Zipcar revendique aujourd'hui 870.000 abonnés dans le monde et se développe peu à peu en Europe. Elle entend profiter de l'engouement des Parisiens pour les modes de transports alternatifs dans le sillage d'Autolib', lancé en 2011 dans l'agglomération parisienne.

    A terme, l'objectif est de « devenir le leader de l'autopartage à Paris », assure Etienne Hermite directeur général de Zipcar France avec pour « chaque Parisien une voiture Zipcar à moins de cinq minutes de chez lui ». 

    De la citadine à l'utilitaire en passant par la familiale, neuf types de véhicules de marque Peugeot et Opel sont mis à la disposition des clients, ce qui représente au total une centaine de véhicules, stationnés dans 60 emplacements de parking. A titre de comparaison, Autolib' met plus de 2 000 véhicules à disposition des Franciliens pour 877 stations.

    L'utilisateur peut s'abonner à l'année ou au mois, et réserver son véhicule sur internet ou via un smartphone. Le véhicule doit être ramené à son lieu d'origine. 

    Après Londres, Barcelone et Vienne, l'implantation à Paris est un nouveau pas dans le développement européen de l'entreprise américaine. « Le potentiel de Paris est au moins aussi important que celui de Londres ou New York car la densité de population est très élevée et le taux de motorisation inférieur à 50% », prévoit Etienne Hermite.

    Jean-Louis Missika, conseiller de Paris et adjoint à l'urbanisme, s'est déclaré « très favorable à cette initiative. Tout ce qui va dans le sens du partage des véhicules est positif pour Paris. Cela va stimuler le marché. Il faut que les Parisiens pensent d'abord "véhicule partagé" plutôt qu'"achat de voiture" ». 

    L'élu souligne par ailleurs qu'à Paris, les véhicules particuliers restent immobilisés 95% du temps. Et de rappeler l'objectif de l'équipe municipale: « Eradiquer à terme le diesel et développer toutes les formes d'autopartage ». 

  • Grenoble expérimente des véhicules électriques en autopartage

    La communauté d'agglomération de Grenoble a présenté le 12 septembre un service expérimental de véhicules électriques en autopartage connecté au réseau de transports en commun, en partenariat avec Toyota et EDF.
    A partir du 1er octobre et pour une durée de trois ans, soixante-dix petits véhicules électriques Toyota, à trois ou quatre roues, seront disponibles dans 27 stations de Grenoble et des communes avoisinantes. 
    Au total, 161 points de recharge ont été installés sur le territoire de l'agglomération dont 41 pour des véhicules électriques et hybrides classiques.
    Moyennant un abonnement au service Cité lib (0 à 15 euros par mois), les Grenoblois pourront emprunter ces véhicules en payant un tarif dégressif compris entre 3 euros et 1 euro par quart d'heure. La réservation se fera via une application sur smartphone ou tablette. Les usagers des transports en commun bénéficieront de tarifs préférentiels et les véhicules électriques seront intégrés dans l'outil de planification de trajets élaboré par la société de transports en commun de l'agglomération.
     
      
         

  • Gratuité : fausse bonne idée selon une étude de la Fnaut

    La Fédération nationale des usagers des transports vient tout juste de remettre au Groupement des autorités responsables des transports une étude qu'il avait commandée et que nous nous sommes procurés… « Pour attirer l’automobiliste, la gratuité n’est ni suffisante, ni nécessaire ». C’est l’une des conclusions de cette étude « De Bologne à Tallinn – Quarante ans de gratuité des transports dans les villes étrangères et européennes », réalisée cet été par Jean Sivardière, président de la Fnaut. Dommage, car c’est finalement l’objectif ultime recherché par toutes les agglomérations qui franchissent le pas en décidant de rendre leurs bus et tramways gratuits.

    Un recensement des 26 expériences françaises (voir également le chiffre au bas de notre Lettre Confidentielle), mais surtout l’étude détaillée de plusieurs expériences européennes encore en cours ou stoppées – notamment Bologne dans les années 70, Castellon de la Plana dans les années 90, Hasselt jusqu’à l’an passé, Mons depuis 1999, Tallinn depuis 2013 – qui lui ont permis d’étayer ses arguments et conclusions « fondés sur l’observation des faits et les enquêtes»,explique l’auteur. Jean Sivardière, président d’une fédération d’associations opposée à la gratuité assure avoir fait table rase de ses idées pour cette recherche. Il a aussi constaté « le décalage entre les déclarations des élus et les textes des universitaires »,s’amuse-t-il, en rappelant que malgré des dehors séduisants, la gratuité s’avère « une fausse bonne idée ».

    Dans le détail, les aspects sociaux, économiques, écologiques, et commerciaux de la mesure qui a fait l’objet de nombreuses déclarations d’intention lors de la dernière campagne des municipales, sont passés en revue. Ces quatre motivations, communes à toutes les villes qui ont tenté l’expérience, sont ensuite examinées sous trois angles : la gratuité a-t-elle permis d’atteindre l’objectif ? Est-elle nécessaire, voire indispensable, pour l’atteindre ? Présente-t-elle des effets pervers ? Bien qu’elle mérite de l’aveu même de son auteur « d’être approfondie notamment à Hasselt où Tallinn où la gratuité se poursuit avec un effet révélateur : un grand succès dans les quartiers pauvres russophones»,l’étude apporte plusieurs enseignements notables.

    Sur la motivation sociale – la gratuité permet à tous les citadins, même ceux qui ne sont pas motorisés – de se déplacer sans contrainte financière et redonne du pouvoir d’achat, constat : « l’objectif est atteint à court terme, à Bologne et à Tallinn (…), le succès est indéniable »,écrit Jean Sivardière. Un succès toutefois relatif, puisqu’il ne démontre pas qu’une tarification sociale très basse n’aurait pas eu le même effet. L’auteur souligne ici un effet pervers : la gratuité « finit par se retourner contre les usagers les plus modestes : l’argent qui doit lui être consacré ne peut plus l’être au développement du réseau, alors que ce sont les ménages les plus pauvres qui ont le plus besoin d’un réseau performant ».

    L’aspect commercial, quant à lui – qui veut que la gratuité provoquant un choc pédagogique et un accroissement de fréquentation permet de mieux rentabiliser des véhicules obligés parfois de transporter des banquettes vides – n’est pas battu en brèche. « la croissance est généralement très forte et même spectaculaire»,écrit Jean Sivardière. Encore faut-il rappeler qu’il s’agit souvent de réseaux partant d’une fréquentation très faible, qui peuvent donc vite afficher un + 100 % ! Mais constat à Bologne ou à Castellon « la croissance du trafic due à la seule gratuité finit par plafonner ».  Pis, elle favorise « une mobilité inutile» en attirant des usagers qui réalisaient auparavant leur court trajet à pied ou à vélo… Moyen de contrer cet effet pervers : améliorer concomitamment les déplacements des cyclistes et contraindre l’usage de l’automobile.

    Quant à savoir si le “no cost“ provoque un report modal de la voiture vers les TC, l‘analyse des cas de Bologne, Tallinn et Hasselt est sans appel : c’est non.  « Faute d’un transport collectif rendu suffisamment attractif, le transfert modal est généralement faible, nettement plus faible que ce qui est annoncé avant ou juste après l’adoption de la mesure», explique le président de la Fnaut. Tout simplement parce que plus qu’au prix, l’automobiliste est d’abord sensible à la qualité (couverture, confort, vitesse, ponctualité, fréquences…). A cet égard, la mesure est même jugée « contre-productive »,puisqu’elle empêche d’investir en monopolisant les ressources. Pas de place au doute : inutile de penser s’affranchir de l’asphyxie automobile avec pour seul atout le ticket à zéro euro.

    Raté pour l’écologie donc ! Et pour l’économie des centres-villes ? Oui les centres sont redynamisés car davantage fréquentés, et « la qualité de vie s’y améliore »… Si et seulement si on accompagne la gratuité de mesures de contraignantes pour l’automobile et non en encourageant à la pénétration en fluidifiant la circulation ou en créant des parkings, ce qui est rarement le cas… Finalement, la gratuité coûtant cher, et ce quelle que soit la taille de la ville, l’auteur constate qu’il est difficile de la pérenniser. Car « il y a compétition entre maintien de la gratuité et renforcement de l’offre (investissement et exploitation) ».Et la contrainte financière est à l’origine de l’échec de la gratuité dans les villes étudiées en Italie, en Espagne et en Belgique. De plus, le retour au ticket payant est si mal vécu qu’il « se traduit, au moins provisoirement, par des pertes de clientèle ». Il ne manquait plus que ça !

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    France et Europe, des différences notables
    En Europe, à la différence de la France, la gratuité est peu répandue. Elle a été introduite dans des villes petites ou moyennes mais aussi dans quelques très grandes villes, jusqu’à 400 000 habitants (Bologne, Tallinn). Les exemples des grandes villes britanniques (Cardiff, Sheffield, Rotherham, Bradford, Manchester) sont moins significatifs, la gratuité ne concernant que des navettes internes à des centres-villes. Il en est de même de celui de Mons (Belgique, 95 000 habitants). Autre différence notable : alors que la gratuité n’a été abandonnée, en France, qu’à Provins, en 2000, elle l’a été, pour des raisons budgétaires, aussi bien dans de grandes villes (Bologne, Castellon de la Plana, Sheffield, Hasselt) que dans de petites villes d’Allemagne, de République Tchèque et de Suède.

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    C'est le pourcentage de la population française desservie par des transports publics qui bénéficie d’un service gratuit… Ce calcul a été effectué par la Fnaut, dans son étude pour le Gart sur la gratuité en France et en Europe (voir plus haut). On y apprend que la France est un peu la championne d’Europe de la gratuité, avec désormais – depuis son adoption par Gaillac dans le Tarn –  26 autorités organisatrices qui ont sauté le pas sur près de 300. C’est pourtant l’italienne Bologne qui avait lancé la mode en 1973, avant d’abandonner quatre ans plus tard pour cause de résultats jugés décevants au regard du coût pour les finances publiques. En France, Aubagne et ses 104 000 habitants est la plus grande agglomération proposant des transports collectifs gratuits et le gros de la troupe est constitué de petites agglos de moins de 25 000 âmes, soit un total de quelque 750 000 habitants.

  • Qualité de l’air. Les principaux polluants atmosphériques

    Qualité de l’air. Les principaux polluants atmosphériques

    L’air pollué contient souvent des centaines de polluants, mais seuls quelques-uns sont mesurés, soit comme indicateurs caractéristiques de certaines sources de pollution, soit du fait de leur nocivité particulière, comme par exemple l’ammoniac émis lors de l’épandage des lisiers provenant des élevages d’animaux ou lors de la fabrication des engrais. Les polluants issus des transports sont nombreux. Nous citons ici les principaux et leurs effets ainsi que les seuils maximaux recommandés.  

     

    • Le monoxyde de carbone (CO), gaz incolore et inodore qui participe aux mécanismes de formation de l’ozone (03). Dans l’atmosphère, il se transforme en dioxyde de carbone (CO2) et contribue à l’effet de serre. Le CO se fixe à la place de l’oxygène sur l’hémoglobine du sang, conduisant à un manque d’oxygénation de l’organisme et causant maux de tête, vertiges et, à plus fortes concentrations, nausées. Valeur limite pour la protection de la santé : 10 mg/m3 pour le maximum journalier de la moyenne glissante sur 8 heures, selon l’Atmo.

     

    • Le dioxyde de soufre (SO2) agit en synergie avec d'autres substances, notamment avec les particules fines. Le SO2 se transforme en acide sulfurique au contact de l'humidité de l'air et participe au phénomène des pluies acides. Il contribue également à la dégradation de la pierre et des matériaux de nombreux monuments. C’est un irritant des muqueuses, de la peau, et des voies respiratoires supérieures qui provoque toux et gène respiratoire. Objectif de qualité : 50 μg/m3 en moyenne annuelle. Seuil de recommandation et d'information : 300 μg/m3 en moyenne horaire. Seuil d'alerte : 500 μg/m3 en moyenne horaire dépassés pendant 3 heures consécutives. Les valeurs limites pour la protection de la santé humaine sont de 350 μg/m3 en moyenne horaire, à ne pas dépasser plus de 24 heures par an ; 125 μg/m3 en moyenne journalière, à ne pas dépasser plus de 3 jours par an.

     

    • Les oxydes d’azote (NOx) comprennent le monoxyde d'azote (NO) et le dioxyde d'azote (NO2), dont près de 60 % proviennent des véhicules. Les NOx se forment en effet par l’oxydation de l’azote de l’air ou du carburant avec l’oxygène de l’air ou du carburant dans des conditions de température élevée. Ils sont émis lors des phénomènes de combustion et le NO2 est issu de l'oxydation du NO. Les NOx participent aux phénomènes des pluies acides, à la formation de l’ozone troposphérique, dont ils sont l’un des précurseurs, et à l'atteinte de la couche d’ozone comme à l’effet de serre. Le NO2 est un gaz irritant pour les bronches (chez les asthmatiques, il augmente la fréquence et la gravité des crises, chez l’enfant, il favorise les infections pulmonaires). Objectif de qualité : 40 μg/m3 en moyenne annuelle. Seuil de recommandation et d’information : 200 μg/m3 en moyenne horaire. Seuil d’alerte : 400 μg/m3 en moyenne horaire (abaissé à 200 μg/m3 en moyenne horaire en cas de persistance). Valeurs limites pour la protection de la santé humaine : 200 μg/m3 en moyenne horaire, à ne pas dépasser plus de 18 heures par an à et 40 μg/m3 en moyenne annuelle.

     

    • Les composés organiques volatils (COV) ont des effets très variables selon la nature du polluant envisagé. Ils vont d’une certaine gêne olfactive à des effets mutagènes et cancérigènes (benzène), en passant par des irritations diverses et une diminution de la capacité respiratoire. Les COV jouent un rôle majeur dans les mécanismes complexes de formation de l’ozone dans la basse atmosphère (troposphère) et interviennent également dans les processus conduisant à la formation des gaz à effet de serre.

     

    • Les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) sont des constituants naturels du charbon et du pétrole ou qui proviennent de la combustion incomplète de matières organiques et notamment des carburants. Ces molécules sont constituées d’atomes de carbone et d’hydrogène – des composés formés de 4 à 7 noyaux benzéniques. Plusieurs centaines de HAP sont générés par la combustion des matières fossiles, et en particulier par les moteurs diesels, sous forme gazeuse ou particulaire. Une diversité et une complexité qui rend difficile l’évaluation du risque individualisé d’un composant ou de leurs interactions. Le plus étudié d’entre eux est le benzo[a]pyrène. Le risque de cancer lié aux HAP est reconnu. La directive européenne 2004/107/CE du 15 décembre 2004 fixe pour le benzo[a]pyrène une valeur limite annuelle de 1 ng/m3 et un objectif à long terme de 0,1 ng/m3.

     

    • Les particules en suspension (PS) proviennent du chauffage et du transport routier. Signes les plus évidents : les traces noires qu’elles laissent sur les bâtiments et monuments. Constituées de fines matières liquides ou solides, les PS se forment par condensation, par accumulation ou par pulvérisation mécanique et peuvent être transportées à distance. Les polluants émis par les véhicules diesels lors d’une combustion incomplète du gazole sont les principaux émetteurs de particules fines, mais d’autres particules fines proviennent aussi de transformations chimiques qui s’effectuent dans l’atmosphère.

    On distingue deux grands types de particules fines : celles dont le diamètre est inférieur à 2,5 microns (PM2,5), les plus toxiques car elles peuvent pénétrer profondément dans les poumons même à des concentrations relativement basses ; celles d’un diamètre inférieur à 10 micromètres (PM10) qui sont retenues par les voies aériennes supérieures. 87 % des PM10 issues du trafic routier proviennent des moteurs diesels, 12 % des moteurs à essence non catalysés. Les PS constituent l’un des principaux facteurs de risque de santé lié à la pollution de l’air en ville à cause de leurs propriétés mutagènes et cancérigènes. Ainsi les PS issues du diesel véhiculent des HAP et sont particulièrement toxiques. Selon la Commission européenne, 100 000 décès par an leur sont attribuables. Objectif de qualité PM10 : 30 μg/m3 en moyenne annuelle. Valeurs limites pour la protection de la santé humaine pour les PM10 : 50 μg/m3 en moyenne journalière, à ne pas dépasser plus de 35 jours par an et 40 μg/m3 en moyenne annuelle. Pour les PM2,5, il n’y a pas de réglementation. L’Union européenne a fixé son objectif de qualité à 20μg/m3 en moyenne sur l’année, l’OMS recommande, elle, une valeur de 10 μg/m3 et le Grenelle de l’environnement souhaitait arriver à 15μg/m3.

     

    • L’ozone (O3) constitue un filtre naturel dans la stratosphère (entre 10 et 60 km d’altitude) qui protège la vie sur terre de l’action néfaste des ultraviolets « durs ». Le « trou dans la couche d’ozone » est une disparition partielle de ce filtre, liée à l’effet « destructeur d’ozone » de certains polluants émis dans la troposphère et qui migrent lentement dans la stratosphère.

    L’O3 est un gaz agressif qui pénètre facilement jusqu’aux voies respiratoires les plus fines. Il provoque toux, altération pulmonaire ainsi que des irritations oculaires. L’O3 a un effet néfaste sur la végétation et contribue également à l'effet de serre. Seuil de recommandation et d’information : 180 μg/m3 en moyenne horaire. Trois seuils d’alerte pour la mise en œuvre progressive des mesures d’urgence : 240 μg/m3 en moyenne horaire dépassés pendant 3 heures consécutives ; 300 μg/m3 en moyenne horaire dépassés pendant 3 heures consécutives ; 360 μg/m3 en moyenne horaire.

     

    • Les métaux toxiques pour la santé et l'environnement : plomb (Pb), mercure (Hg), arsenic (As), cadmium (Cd), nickel (Ni), zinc (Zn), manganèse (Mn), etc. Ces métaux s’accumulent dans l’organisme et provoquent des effets toxiques à court ou long terme affectant le système nerveux, les fonctions rénales, hépatiques, respiratoires, ou autres… Les métaux toxiques contaminent les sols et les aliments, s’accumulent dans les organismes vivants et perturbent les équilibres et mécanismes biologiques.

    Le plomb (Pb) est actuellement réglementé avec un objectif de qualité de 0,25 μg/m3 en moyenne annuelle et une valeur limite de 0,5 μg/m3 en moyenne annuelle. La directive européenne 2004/107/CE du 15 décembre 2004 fixe par ailleurs des valeurs cibles pour l’arsenic (6 ng/m3 en moyenne annuelle), le cadmium (5 ng/m3 en moyenne annuelle) et le nickel (20 ng/m3 en moyenne annuelle).

    C. N.

     

    L’influence de la météo

    Températures, vent, pluie… Les conditions météorologiques influencent grandement la qualité de l’air que nous respirons, soit en favorisant la dispersion des polluants soit au contraire en les concentrant sur une zone particulière. En effet, en situation normale, la température de l'air diminue avec l'altitude et l'air chaud contenant les polluants tend à s'élever naturellement, permettant ainsi la dispersion verticale de la pollution. En revanche, les périodes anticycloniques favorisent une augmentation rapide de la concentration des polluants au niveau du sol. Car par temps calme et vent faible, il se produit parfois une inversion de température en hiver : le sol s'étant refroidi de façon importante pendant la nuit, la température à quelques centaines de mètres d'altitude est supérieure à celle mesurée au niveau du sol. Et ce « couvercle » d’air chaud piège les polluants au ras du sol…

     

    Les outils de surveillance

    Selon le bilan de la qualité de l’air 2012 de la fédération Atmo, le réseau national des 27 associations agréées de surveillance de la qualité de l’air (AASQA) a couvert le territoire d’environ 1 900 analyseurs en sites fixes (équipés d’un ou plusieurs instruments de mesures automatiques), répartis sur près de 670 stations de mesure. Ces analyseurs ou ces préleveurs servent au suivi de polluants tels que les métaux, les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), les composés organiques volatils (COV) ou d’autres polluants dont la mesure peut nécessiter des prélèvements suivis d’analyses en laboratoire. Par ailleurs, les analyseurs destinés au suivi des polluants réglementés sont au nombre de 459 pour le NO2, de 410 pour l’ozone, de 388 pour les PM10, de 119 pour les PM2,5 et il y a 234 stations de mesure de SO2.

    On dénombre quatre types de stations de mesure de la qualité de l’air : les stations de fond en milieux urbain et périurbain ; les stations à proximité du trafic ; les stations de fond en zone rurale et les stations de proximité industrielle. Sur les zones dont le niveau de pollution ne justifie pas la présence de stations fixes, ou pour procéder à des études, des campagnes de mesures sont réalisées en faisant appel à des camions laboratoires ou d'autres moyens d’investigation. Les relevés effectués par l’ensemble de ces stations de mesures sont ensuite analysés informatiquement, et modélisés pour le calcul de la distribution spatiale de la pollution, ou encore la prévision de la qualité de l’air. C. N.

     

    Suite de notre dossier :

    Qualité de l’air. Grenoble : une politique volontariste pour modifier les déplacements

    Qualité de l’air. Ile-de-France : la circulation automobile recule, la qualité de l’air ne s’améliore pas

    Qualité de l’air. L’automobiliste principale victime de sa pollution

    Qualité de l’air. La voiture propre à la rescousse ?

    Qualité de l’air. Le métro pas épargné par la pollution 

     

  • Qualité de l’air. Grenoble : une politique volontariste pour modifier les déplacements

    Qualité de l’air. Grenoble : une politique volontariste pour modifier les déplacements

    Dans la « cuvette grenobloise », la circulation automobile et l’étalement urbain de ces dernières années ont entraîné la multiplication des pics de pollution sur l’agglomération. Des solutions en matière de transport existent. Un défi pour la nouvelle municipalité écologiste.   

    Deux polluants sont particulièrement problématiques dans la région grenobloise : les particules fines (PM) et les oxydes d’azote (NOx). Didier Chapuis, directeur territorial d’Air Rhône-Alpes, l’association régionale qui fournit aux décideurs politiques les mesures sur la qualité de l’air, confirme : « Les conditions topographiques de Grenoble empêchent les polluants de se disperser, surtout les particules fines ». La région Rhône-Alpes est d’ailleurs sous la menace d’une sanction européenne en raison du dépassement récurrent des valeurs réglementaires et de l’insuffisance des plans d’actions contre la pollution.

    La part du transport dans la survenue de tels pics est certaine, bien que l’évolution soit relativement positive. D’après des données d’Air Rhône-Alpes, « les émissions d’oxydes d’azote (NOx) proviennent essentiellement des transports (57 % en 2011) », de même que les émissions de particules fines (22 % dues au transport de personnes et 11 % au transport de marchandises). Cependant, « le secteur des transports enregistre une baisse comprise entre 19 et 24 % [des émissions de NOx entre 2005 et 2011], essentiellement liée à l’amélioration technologique des moteurs ». De même, concernant les particules fines, « le secteur du transport de marchandises enregistre une baisse importante (- 27 %) » sur la même période. Didier Chapuis confirme : « sur les dix dernières années, la tendance moyenne est une amélioration notable, mais avec des fluctuations interannuelles importantes ». D’après une étude menée par Air Rhône-Alpes fin 2013, « la qualité de l’air est la principale préoccupation environnementale des Rhône-Alpins, devant l’eau ou le réchauffement climatique ». « Avec ces données, on encourage les décideurs politiques à se bouger. »

    Un dispositif préfectoral est activé dès qu’un seuil d’information (voire d’alerte) est dépassé ou risque de l’être. Il vise à donner des recommandations sanitaires et comportementales à la population. Le lancement d’actions urgentes de réduction des émissions (restriction du trafic routier, des activités industrielles, gratuité des transports en commun, etc…) par les autorités organisatrices se fait cependant au cas par cas, souvent au dernier moment. Yann Mongaburu, président du SMTC et vice-président de la Métro chargé des déplacements, explique « travailler avec le préfet et les intercommunalités proches sur un nouveau dispositif plus visible et expliquant clairement une gradation des mesures à prendre en cas d’urgence. »

    En amont, des politiques à moyen et long terme ont été mises en œuvre en Isère afin d’éviter que de tels pics se produisent. La Communauté d’agglomération Grenoble Alpes métropole (La Métro) a été la première agglomération de France à se doter, en 2005, d’un plan Air Climat pour suivre les émissions de polluants atmosphériques qui dépassent les seuils réglementaires. Le volet déplacements de ce plan compte 4 orientations : développer le réseau de transports collectifs urbains et l’articuler avec le développement de l’agglomération ; développer la marche et le vélo ; promouvoir et appuyer les initiatives de mobilité sobres et innovantes ; enfin, optimiser les transports de marchandises et la logistique urbaine.

    Le réseau de tramway de Grenoble s’est doté d’une nouvelle ligne, la ligne E, inaugurée le 28 juin 2014. Le service de vélos en libre-service métrovélo, mis en place en 2004, connaît également un succès important : selon le syndicat mixte des transports en commun, 45 000 personnes l’utilisent au moins deux fois par semaine. Le nouveau maire écologiste de la ville, Eric Piolle, donne d’ailleurs l’exemple en ne se déplaçant presque qu’à vélo. Pour Yann Mongaburu, « la marge de progression est encore forte, on doit encourager de manière prioritaire la pratique du vélo en sécurisant davantage les voies de circulation des cycles ». La ville a obtenu, en 2007, le label Cit’ergie qui récompense des politiques environnementales volontaristes. Et la Métro envisagerait maintenant une restriction d’accès des véhicules les plus polluants au centre-ville…

    Théo HETSCH

     

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