Résultats de recherche pour « LOM »

  • Trains de banlieue parisienne : la SNCF conserve l’exploitation de la ligne L

    Trains de banlieue parisienne : la SNCF conserve l’exploitation de la ligne L

    La première ligne de train en banlieue parisienne à être ouverte à la concurrence va rester à la SNCF : Ile-de-France Mobilités a annoncé le 2 mai que Transilien SNCF Voyageurs est l’opérateur « pressenti » de cette  ligne reliant la gare de Paris-Saint-Lazare à celles de Versailles-Rive-Droite, Saint-Nom-la-Bretèche et Cergy-le-Haut. Le prochain conseil d’administration d’IDFM fixé le 20 mai devrait approuver ce choix.

    Une victoire importante pour l’opérateur historique qui devrait aussi rassurer les associations d’usagers inquiets d’une possible complexification du système de transport ferroviaire avec l’arrivée d’opérateurs différents. La ligne L représente 4,2 millions de trains kilomètres commerciaux par an, soit 6,5% du réseau exploité par Transilien. Ou encore près de 297 000 voyages par jour, soit 8,7% du trafic Transilien SNCF Voyageurs avec 36 gares desservies.

     

     

  • Rencontres données de mobilité 2025

    Webinaire (de 9 h 45 à 16 h)

    Organisateur : Autorité de régulation des transports (ART)

    Les Rencontres données de mobilité permettront de faire le point sur les évolutions récentes de la loi d’orientation des mobilités (LOM), qui concerne la publication des données utiles à l’information des voyageurs, mais aussi le déploiement des profils et des normes, les actions à venir du point d’accès national (PAN).

    Des retours d’expériences des détenteurs de données mais aussi des utilisateurs et des usagers de l’information voyageurs permettront de partager les éventuelles difficultés que rencontrent encore certains acteurs pour se mettre en conformité avec leurs obligations de publication et de réutilisation des données de mobilité, et les solutions pour y remédier.

    Programme détaillé :
    https://www.autorite-transports.fr/
    Inscriptions ici
  • Une pétition pour sauver les petites lignes ferroviaires

    Une pétition pour sauver les petites lignes ferroviaires

    Un plan national ambitieux de sauvegarde et de développement du réseau ferroviaire de proximité est indispensable, estiment les promoteurs d’une pétition mise en ligne sur le site du Conseil économique, social et environnemental (Cese). Si 150 000 signatures sont atteintes, le Cese devra engagera une analyse approfondie du sujet et formuler des propositions concrètes destinées à revitaliser de petites lignes ferroviaires.

    Indispensables pour désenclaver les territoires, réduire les inégalités et lutter contre le dérèglement climatique, ces petites lignes disparaissent « à un rythme alarmant », selon le collectif à l’origine de la mobilisation citoyenne. Il regroupe les principaux syndicats de cheminots (Sud Rail, CFDT, Unsa, CGT…), la Fnaut, la Confédération paysanne et plusieurs mouvements écologistes : France nature environnement, Alliance écologique et sociale, Réseaux action climat, Fondation pour la nature et l’homme.

    Depuis dix ans, environ 3 000 km de voies ont été fermés en France, privant de nombreuses régions d’une alternative à la voiture. Des lignes emblématiques comme Ussel-Laqueuille (40 km) ou Verdun-Saint-Hilaire-au-Temple (90 km) ont été supprimées, « symbolisant l’abandon progressif des territoires ruraux », selon le collectif. En août 2025, le tronçon Guéret-Felletin (33 km) dans la Creuse disparaitra à son tour. Dans le Morvan, malgré de multiples mobilisations notamment à Avallon et Clamecy, l’avenir de plusieurs dessertes reste incertain.

    A l’inverse, la réouverture de la ligne Pont-Saint-Esprit-Nîmes, relancée en 2022 après 50 ans d’inactivité, accueille déjà 75 000 voyageurs annuels et vise les 200 000 d’ici 2026. En Occitanie, des projets ambitieux de réouverture de petites lignes émergent, à l’image du trajet Montréjeau-Luchon.

    Aujourd’hui, sur les 28 000 km de lignes du réseau ferré national, 10 500 sont constituées de petites lignes. Parmi elles, 7 500 km sont ouvertes aux voyageurs. Inégalement exploitées, avec des performances souvent limitées, nombre d’entre elles recèlent pourtant un potentiel stratégique pour relier les territoires ruraux aux grandes agglomérations, en passant par des zones périurbaines, note le Cerema qui a organisé le 18 mars une journée technique sur ce thème. 87 % des lignes de desserte fine du territoire relient en effet une agglomération de plus de 50 000 habitants, dont 41 % une métropole.

     

     

  • Conférence de financement des transports : les maires veulent avoir voix au chapitre

    Conférence de financement des transports : les maires veulent avoir voix au chapitre

    A deux semaines du lancement d’Ambition France Transports, la conférence nationale sur le financement des mobilités, à Marseille par le ministre des Transports, l’Association des maires de France (AMF) donnent de la voix. « En France, 90% [80% en moyenne selon l’Observatoire des territoires] des déplacements se font en voiture, cette part n’a pas changé depuis 30 ans malgré tout le développement [en faveur] des transports collectifs. Parler du financement des mobilités, c’est parler des transports collectifs en site propre, du ferroviaire mais aussi de cette réalité automobile. Et donc, du réseau routier », interpelle David Lisnard, maire de Cannes et président de l’AMF qui représente les maires des 35 000 communes et du millier d’intercommunalités françaises.

    Or, selon l’élu qui tenait une conférence de presse ce matin à Paris, l’essentiel de la charge des routes et des voiries (entretien, aménagements) repose sur ces collectivités locales qui se sont vu transférer par l’Etat 717 000 km de routes, soit 65,5% de réseau routier. Sans transfert de ressources, ni recettes dédiées, martèle l’élu. Les départements gèrent 32,5% du réseau routier, l’Etat 20 000 km, dont 10 000 km sont concédés au privé.

    « Les communes ont aussi hérité des 120 000 ponts et ouvrages, pas toujours en bon état, et de 750 000 km de chemins communaux à entretenir », renchérit Frédéric Cuillerier, maire de Saint-Ay (Loiret) et coprésident de la commission Transports de l’AMF. « Ces charges ont augmenté sous l’effet des conséquences du dérèglement climatique, de l’usure des routes avec des véhicules de plus en plus lourds, des aménagements cyclables et du renchérissement du prix des matières premières », calcule l’élu. En 2025, ces dépenses se sont élevées à quinze milliards d’euros, dont sept milliards pour les communes de moins de 3 500 habitants. Lesquelles, avec le phénomène d’étalement urbain en zone rurale, voient le réseau routier s’étaler lui aussi, commente-t-il encore.

    Fin des concessions d’autoroutes : ne pas être écarté des discussions

    L’AMF avance des pistes pour dégager des ressources et « ne plus récolter des miettes ». C’est-à-dire un peu plus que le milliard d’euros que l’Etat reverse aux communes sur les 45 milliards d’euros de produits de recettes de la route (TICPE, immatriculations, péages autoroutiers, amendes, etc.), détaillent ses porte-paroles.

    Première piste : reverser aux communes le produit des amendes automobiles dressées par les policiers municipaux. Deuxième proposition : partager les ressources des péages autoroutiers. « Avec la fin des concessions, c’est le moment ou jamais de repenser le modèle de financement » interpelle David Lisnard. Troisième proposition : rouvrir la possibilité pour les communes de s’emparer de la compétence mobilités et donc, d’avoir droit au chapitre. Pour rappel, cette possibilité leur avait été offerte par la loi d’orientation des mobilités (Lom) adoptée fin 2019, « mais la fenêtre de tir avait été très courte pour se déterminer », constate Sylain Laval, élu de la métropole de Grenoble qui copréside la commission Transports de l’AMF. Censée effacer les zones blanches de mobilité, « la Lom n’a pas remédié aux déséquilibres territoriaux », estime de son côté le patron de l’association d’élus.

    Prudent sur le versement mobilité (VM), cette taxe sur la masse salariale des entreprises de plus de 11 salariés qui est la principale source de financement des transports urbains, il la juge « nécessaire mais anti-compétitive pour les entreprises ».  Et « pas une solution dans les zones rurales, reprend Sylvain Laval où « il ne permet de lever que quelques milliers d’euros : pas assez pour déployer des services de transports adaptés aux zones peu denses. Et donc incompréhensible pour les entreprises comme pour les habitants ».

    « On ne peut pas parler de mobilité, envisager la fin des concessions autoroutières sans les collectivités qui voient sortir des autoroutes des millions de véhicules sur leurs routes, on ne peut pas être écarté de cette discussion. On ne peut pas déployer des Serm (services express métropolitains régionaux) sans associer les collectivités qui ont en charge des routes sur lesquelles vont circuler des autocars express », martèle à son tour Frédéric Cuillerier.

    Sur les quatre ministres des Transports qui se ont succédés en 2024, « un seul a accepté de nous recevoir : François Durovray, mais deux semaines plus tard, il n’était plus ministre… », indique l’AMF.  Redevenu président du conseil départemental de l’Essonne, l’éphémère locataire de l’hôtel de Roquelaure a toujours été sensible au manque de moyens des collectivités locales, et notamment des départements, pour entretenir les routes non structurantes.

    L’AMF va maintenant tenter de faire entendre sa voix à l’atelier consacré aux routes et aux autoroutes auquel participera l’association lors du conclave sur le financement des transports qui démarre le 5 mai et doit durer dix semaines (plus de détails ici). Plus que celui au Vatican ?

  • La Compagnie des Alpes relance son Paris-Bourg Saint-Maurice, mais de nuit

    La Compagnie des Alpes relance son Paris-Bourg Saint-Maurice, mais de nuit

    Après deux ans de pause, le service de train Paris – Bourg-Saint-Maurice reprendra du service à la saison de ski 2025-2026, de nuit cette fois. Travelski, filiale de la Compagnie des Alpes (CDA) commercialise ce service, avec des trains affrétés à Pegasus Trains, entreprise française spécialisée dans les transports ferroviaires charters de passagers. A l’hiver prochain, elle fera circuler des trains de nuit vers les Alpes françaises, pour le compte de l’opérateur touristique.

    La liaison saisonnière desservira plusieurs gares des Alpes comme Aime, Moutiers et Bourg-Saint-Maurice. Complétée par une prise en charge du dernier kilomètre jusqu’aux stations de ski de la Tarentaise.

    Le service de nuit propose 660 couchettes et un wagon bar-restaurant, il effectuera 14 rotations aller et retour, entre le 19 décembre 2025 et le 20 mars 2026. Avec des départs le vendredi soir pour une arrivée le samedi matin et les retours, le samedi soir pour une arrivée le dimanche matin. Début des réservations, dès mai prochain.

  • Paris-Clermont : le faux pas du ministre des Transports

    Paris-Clermont : le faux pas du ministre des Transports

    Ils sont « montés » à la capitale pour dire leur exaspération face aux dégradations du service ferroviaire entre Paris et Clermont-Ferrand qu’ils jugent « oublié »: le 15 avril, une délégation d’élus et de représentants d’associations de défense des lignes Paris – Clermont-Ferrand et Paris-Orléans-Limoges-Toulouse (POLT), a été reçue par le directeur de cabinet du ministre des Transports et la DGTIM.

    Mais ils sont repartis « chacun dans sa province en proie à la colère », s’est indigné Emile Lombertie, le maire LR de Limoges, résumant le sentiment général. « Non seulement le ministre n’a pas daigné recevoir la délégation mais le plus humiliant, c’est qu’en plein milieu du tour de table, le ministre a diffusé un communiqué de presse, publiant les conclusions d’une réunion à laquelle il n’avait pas participé », ont indiqué des élus.

    Ils étaient arrivés à la mi-journée, par deux trains, l’un en provenance de Cahors et l’autre de Clermont-Ferrand, avec des dizaines d’élus, dont Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand ou Frédéric Aguilera, vice-président de la région Auvergne-Alpes en charge des transports, mais aussi des acteurs économiques, culturels, touristiques, sportifs et des membres des associations d’usagers, Objectif Capitales, d’Urgence ligne Polt et le Collectif des usagers du train Paris-Clermont.

    Ils demandaient notamment « un parc suffisant de locomotives en état de marche, des centres de maintenance pour assurer l’entretien de machines très anciennes dont certaines ont plus de 35 ans, et la livraison plus rapides des rames Oxygène », en dénonçaient ce qu’ils ressentent comme « un manque de considération pour un territoire qui représente près de 10 millions d’habitants. Nous n’avons pas de ligne TGV, il nous faut des lignes structurantes ». Il faudrait, selon Jean-Noël Boisseleau, vice-président de Urgence Ligne Polt, «  2,5 à 3 milliards d’euros supplémentaires pour que, vraiment, on reparte pratiquement à neuf ».

  • De nouveaux remèdes pour la ligne malade Paris-Clermont

    De nouveaux remèdes pour la ligne malade Paris-Clermont

    Philippe Tabarot, le ministre des Transports, a dévoilé le 11 avril, un nouveau plan d’amélioration pour la ligne Paris – Clermont-Ferrand, qui connaît des dysfonctionnements récurrents. Il avait auparavant réuni à Clermont-Ferrand un comité de suivi des dessertes ferroviaires (CSDF),  réunissant les plus hauts dirigeants de la SNCF : Jean-Pierre Farandou, le PDG du groupe, Christophe Fanichet, le PDG de SNCF Voyageurs, Matthieu Chabanel, PDG de SNCF Réseau. Alain Picard, directeur général de Caf France, y a également participé.
    Le nouveau plan prévoit, dans un premier temps, d’améliorer la maintenance préventive des locomotives et de renforcer les équipes de maintenance par deux postes d’ingénieur au Technicentre de Paris-Rive Gauche à Ivry et à celui de Villeneuve Saint-Georges,  chargés de l’entretien des locomotives de la ligne.
    Il vient après un premier plan, en février 2024, qui a peiné à montrer son efficacité contre les pannes récurrentes des BB 26000, avec une recrudescence de celles-ci en début d’année 2025, « Les plans de fiabilisation successifs ciblent chacun des éléments défectueux. Nos investigations montrent que les pannes sont résolues, mais de nouveaux problèmes surviennent sur d’autres composants », explique SNCF Voyageurs.

    Deux missions indépendantes

    Les recherches de la SNCF pour trouver des locomotives de substitution ayant échoué, un groupe de travail extérieur va être chargé de rechercher des machines avec l’aide du cabinet suisse d’expertises SMA, spécialisé dans le transport et la mobilité qui contacteront les six ou sept loueurs européens de matériels de traction pour trouver des machines disponibles et compatibles avec l’infrastructure. Un deuxième groupe de travail s’occupera d’améliorer la prise en charge des voyageurs en cas d’incidents de longue durée. « Ces deux groupes présenteront leurs travaux fin juillet », indique le ministère des Transpors.
    Des mesures sont également mises en place en faveur des voyageurs : 10 000 billets Paris – Clermont-Ferrand seront mis en vente à 19 euros en juin et une réduction du 10 % est prévue pour les forfaits 2025 des abonnés. Enfin, une indemnisation de 200 % s’appliquera en cas de retard de plus de trois heures.

    Une étude pour réduire le trajet de 20 à 30 minutes

    Des efforts sont pourtant engagés depuis plusieurs années pour améliorer la fiabilité de cette ligne mais la qualité n’est toujours pas au rendez-vous, a regretté le ministre des Transports. Depuis 2018, SNCF Réseau a ainsi investi 760 millions d’euros pour la régénération de l’infrastructure, ainsi que 130 millions d’euros pour des opérations de modernisation, financées par l’État et la région Auvergne-Rhône-Alpes, rappelle le ministère dans un communiqué.  Par ailleurs, 365 millions d’euros ont été consacrés à l’acquisition de nouvelles rames Oxygène et les installations de maintenance de la ligne, Les nouvelles rames construites par Caf, qui doivent être mises en service fin 2027, laissent toutefois espérer une amélioration pour cette ligne longue de 419 kilomètres et empruntée chaque année par 1,9 million de voyageurs.
    Pour aller plus loin, une étude sera prochainement lancée « pour définir les travaux nécessaires à une qualité de service optimale et évaluer la faisabilité d’un gain substantiel de temps, de l’ordre de 20 à 30 minutes« , indique encore le ministère. Les conclusions sont attendues en début d’année prochaine, avec des rapports intermédiaires à l’automne.
  • Nancy lance son nouveau trolleybus

    Nancy lance son nouveau trolleybus

    Nancy inaugure demain son nouveau trolleybus avec 25 lighTram 25DC fournis par le constructeur suisse Hess. Ces impressionnants véhicules bi-articulés, d’une longueur de 24,50 m, sont les tout premiers de cette architecture, en France, à circuler sous ligne aérienne bifilaire. Ils viennent remplacer les « tramways sur pneus » TVR (Transport sur Voie Réservée), qui cessèrent de circuler le 12 mars 2023. L’acquisition de ce nouveau matériel roulant, réalisée par l’intermédiaire de la CATP (Centrale d’Achat du Transport Public), représente un investissement de 35 millions d’euros.

    Une ligne aux 45 000 voyageurs quotidiens

    Ainsi la ligne 1 de Nancy, exploitée par l’opérateur Keolis, va enfin pouvoir reprendre vie. Avec 45 000 voyageurs par jour, elle constitue un maillon essentiel des transports collectifs nancéens. C’est l’un des projets structurants sur lesquels la métropole du Grand Nancy s’était engagée, ces dernières années, dans le cadre de son Plan Métropolitain des Mobilités (P2M), pour permettre une refonte globale des usages, face aux enjeux de transition écologique, de démographie et d’attractivité.

    La ligne 1 relie Vandœuvre-les-Nancy (Brabois) à Essey-les-Nancy (Mouzimpré), en traversant le centre-ville de l’ancienne capitale du duché de Lorraine, aujourd’hui préfecture du département de Meurthe-et-Moselle. Longue de 9780 mètres, cette ligne est établie en site propre sur 78% de son tracé, et compte désormais 1,3 kilomètre supplémentaire, correspondant à la montée de Brabois, par rapport à l’époque du TVR. Les 25 stations ont toutes été prévues pour être accessibles aux PMR (Personnes à Mobilité Réduite).

    Un budget travaux qui a dérapé

    L’arrivée des trolleybus aura nécessité différents travaux d’aménagement, qui ont duré une vingtaine de mois. Initialement chiffré à 33 millions d’euros, le budget correspondant a toutefois dû être réévalué à 47 millions.

    En section courante, la plateforme a été élargie à 6,50 mètres, contre 6 antérieurement, afin de permettre un croisement facile des nouveaux véhicules qui, à la différence de leurs prédécesseurs, ne sont plus guidés. Déjà du type bifilaire, les LAC (Lignes Aériennes de Contact) utilisées à l’époque du TVR ont été entièrement remplacées sur l’ensemble du tracé car jugées trop vieillissantes ou carrément usées.

    La priorité aux feux a été réalisée sur les carrefours et un effort très important a été consenti en matière de végétalisation, avec plus de 300 arbres plantés sur l’ensemble du tracé. Il a par ailleurs été décidé que le site propre serait ouvert à la circulation des vélos, ce qui peut un peu surprendre, car n’allant ni dans le sens de la régularité ni même dans celui de la sécurité.

    Les vertus de l’IMC

    Le nouveau matériel roulant de Nancy représente le nec plus ultra en la matière. Il fait appel au concept de l’IMC (In Motion Charging, recharge pendant le roulage), qui lui permet de s’affranchir partiellement de ligne bifilaire et de circuler ainsi, en toute autonomie, sur la moitié de son parcours. Le trolleybus IMC est la forme d’électromobilité qui offre, de loin, le meilleur rendement énergétique par rapport à tout ce qui peut exister en matière d’autobus électriques. En d’autres termes, c’est lui qui consomme le moins d’électricité et qui requiert aussi le moins de capacité de batteries, dont on sait les problèmes que leur recyclage peut parfois poser.

    Pour en savoir plus, lire notre dossier complet dans Ville, Rail & Transports d’avril.

  • Nancy lance son nouveau trolleybus

    Nancy lance son nouveau trolleybus

    Pour remplacer un tramway sur pneus qui causa bien des soucis, la métropole du Grand Nancy a inauguré le 5 avril son nouveau trolleybus en site propre, pour lequel 82 millions d’euros ont été investis.

    Le 5 avril, est inauguré le nouveau trolleybus de Nancy avec 25 lighTram 25DC fournis par le constructeur suisse Hess. Ces impressionnants véhicules bi-articulés, d’une longueur de 24,50 m, sont les tout premiers de cette architecture, en France, à circuler sous ligne aérienne bifilaire. Ils viennent remplacer les « tramways sur pneus » TVR (Transport sur Voie Réservée), qui cessèrent de circuler le  12  mars  2023. L’acquisition de ce nouveau matériel roulant, réalisée par l’intermédiaire de la Centrale d’achat du transport public (CATP), représente un investissement de 35 millions d’euros.

    Une ligne aux 45 000 voyageurs quotidiens

    Ainsi la ligne 1 de Nancy, exploitée par l’opérateur Keolis, va enfin pouvoir reprendre vie. Avec 45 000 voyageurs par jour, elle constitue un maillon essentiel des transports collectifs nancéens. C’est l’un des projets structurants sur lesquels la métropole du Grand Nancy s’était engagée, ces dernières années, dans le cadre de son Plan Métropolitain des Mobilités (P2M), pour permettre une refonte globale des usages, face aux enjeux de transition écologique, de démographie et d’attractivité.

    La ligne 1 relie Vandoeuvre-les-Nancy (Brabois) à Essey-les-Nancy (Mouzimpré), en traversant le centre-ville de l’ancienne capitale du duché de Lorraine, aujourd’hui préfecture du département de Meurthe-et-Moselle. Longue de 9 780 mètres, cette ligne est établie en site propre sur  78 % de son tracé, et compte désormais   1,3 kilomètre supplémentaire, correspondant à la montée de Brabois, par rapport à l’époque du TVR. Les 25 stations ont toutes été prévues pour être accessibles aux personnes à mobilité réduite.

    Trolleybus de Nancy: un budget travaux qui a dérapé

    L’arrivée du trolleybus de Nancy aura nécessité différents travaux d’aménagement, qui ont duré une vingtaine de mois. Initialement chiffré à 33 millions d’euros, le budget correspondant a toutefois dû être réévalué à 47 millions. En section courante, la plateforme a été élargie à 6,50 mètres, contre 6 antérieurement, afin de permettre un croisement facile des nouveaux véhicules qui, à la différence de leurs prédécesseurs, ne sont plus guidés.

    Déjà du type bifilaire, les Lignes aériennes de contact utilisées à l’époque du TVR (tramway sur pneus débrayable à guidage par un rail central, aujourd’hui abandonné) ont été entièrement remplacées sur l’ensemble du tracé car jugées trop vieillissantes ou carrément usées. La priorité aux feux a été réalisée sur les carrefours et un effort très important a été consenti en matière de végétalisation, avec plus de 300 arbres plantés sur l’ensemble du tracé. Il a par ailleurs été décidé que le site propre serait ouvert à la circulation des vélos, ce qui peut un peu surprendre, car n’allant ni dans le sens de la régularité ni même dans celui de la sécurité.

    Les vertus de l’IMC

    Le nouveau trolleybus de Nancy représente le nec plus ultra en la matière. Il fait appel au concept de l’IMC (In motion charging, c’est-à-dire la recharge pendant le roulage), qui lui permet de s’affranchir partiellement de ligne bifilaire et de circuler ainsi, en toute autonomie, sur la moitié de son parcours. Le trolleybus IMC est la forme d’électromobilité qui offre, de loin, le meilleur rendement énergétique par rapport à tout ce qui peut exister en matière d’autobus électriques. En d’autres termes, c’est lui qui consomme le moins d’électricité et qui requiert aussi le moins de capacité de batteries, dont on sait les problèmes que leur recyclage peut parfois poser.

    On assiste d’ailleurs, en Europe, à un nouvel élan en faveur de ce mode de transport particulièrement performant et respectueux de l’environnement, surtout depuis que la traversée des centres historiques -ou de tout autre quartier, selon le choix de l’aménageur- peut désormais s’effectuer sans devoir implanter la moindre installation d’alimentation électrique. Et là où la ligne bifilaire aurait néanmoins été conservée, il reste toujours envisageable, comme à Zürich, de supprimer les aiguilles et traversées, dont l’impact visuel serait considéré comme trop inesthétique.

    Trolleybus de Nancy
    Les conducteurs, lors des formations, ont pu apprécier la cabine spacieuse, offrant une excellente visibilité. Photos © Metropole du Grand Nancy/Adeline Schumacker
    Trolleybus de Nancy
    ’absence de guidage nécessitait de vérifier également, au préalable, la parfaite compatibilité des trajectoires lors d’un croisement en courbe. Photos © Metropole du Grand Nancy/Adeline Schumacker
    trolleybus de Nancy
    Essais de croisement de deux véhicules, en alignement droit, sur le site propre dont la plateforme a été élargie à 6,50 m. © Photos © Metropole du Grand Nancy/Adeline Schumacker

    Parmi d’autres villes ayant su tirer le meilleur parti du nouveau concept de l’IMC, on trouve, par exemple, Lyon (avec justement aussi des trolleybus Hess), Esslingen (Allemagne), et Gdynia (Pologne). Quant au cas particulier de Prague, il est réellement emblématique, puisque la capitale de la République tchèque s’est lancée dans la construction ex-nihilo de tout un réseau, qui pourrait remplacer, à terme, une quinzaine de lignes encore exploitées par autobus diesel.

    Récemment, la ligne 119 (renumérotée 59), qui relie l’aéroport à la station de métro Nadrazi Veleslavin, a été partiellement électrifiée et elle voit désormais circuler, tout comme à Nancy, des trolleybus bi-articulés de 24 mètres mais qui ont été livrés par un concurrent de Hess, le constructeur polonais Solaris.

    « Nancy adopte la « Rolls » du trolleybus mais ne referme pas pour autant la porte au vrai tramway « fer » qui, le jour venu, pourrait réutiliser, après travaux, l’actuelle plateforme de la ligne 1« 

    Meilleur que le TVR sur toute la ligne !

    A Nancy, c’est le 12 mars 2024 -un an, jour pour jour, après l’arrêt du TVR!- qu’est arrivé, au dépôt Keolis de Ludres, le premier trolleybus bi-articulé. Parti de l’usine Hess de Bellach, en Suisse, il a dû être acheminé en mode tracté, compte tenu de sa longueur, de sa masse, et des limites de son autonomie. Ce choix logistique relevait de la recherche du meilleur com- promis technico-économique.

    Dès l’arrivée, les tests de prise en main et l’initia- tion des premiers conducteurs ont commencé. Et à partir de la fin mars 2024, la Métropole du Grand Nancy, en lien avec l’opérateur, organisait des temps de rencontres pour présenter le nouveau matériel roulant aux habitants.

    Force a été de constater que ce dernier jouissait d’indéniables avantages, comparé à son prédécesseur. De fait, dans l’aménagement retenu, le nouveau véhicule offre une capacité totale de 154 voyageurs (contre 136 pour le TVR), avec 46 places assises (contre 35) et 7 places adaptées pour les PMR (contre une seule).

    En configuration d’emport maximal, le trolleybus bi-articulé Hess peut même transporter jusqu’à 210 voyageurs. Doté d’une chaîne de traction 100% électrique, il demeure parti- culièrement économe en énergie, consommant 2,4 kWh/km, contre pas moins de 4 pour le TVR! C’est aussi un matériel parfaitement éprouvé, puisqu’un millier de véhicules de type similaire circule déjà en Europe. A Nancy, il va permettre, en particulier, d’augmenter la vitesse commerciale, sur la ligne 1, de 14 à 15,5 km/h.

    Premières perches mises au fil

    Les tout premiers tests en ligne avaient été réalisés avec succès sur le secteur CHU-Vélodrome, à la mi-octobre 2024. Dans le monde du trolleybus, la première perche mise au fil en vue d’une marche sous une infrastructure neuve est toujours un moment magique… De nouvelles circulations d’essai se sont ensuite déroulées, les 15 et 16 janvier derniers, sur les secteurs Jean Jaurès, Mon Désert, Division de Fer, et Mouzimpré. La formation des conducteurs aura essentiellement été répartie sur les mois de novembre et décembre derniers, puis à partir de février jusqu’à l’inauguration du 5 avril. Enfin, des « marches à blanc » sur l’ensemble de la ligne, pratiquées durant tout le mois de mars en conditions réelles, auront précédé la mise en service commerciale… Curieusement, Nancy a déjà connu, à une époque pas si lointaine, la réalisation ex-nihilo d’un réseau de trolleybus. C’était en 1982, avec la mise en service de 48 trolleybus simple-articulés bimodes PER 180H, construits par Renault VI. Ces véhicules, alors très innovants, se distinguaient par la juxtaposition, pour la première fois, de deux chaînes de traction complètes et parfaitement indépendantes, celle à motorisation thermique de l’autobus diesel articulé PR 180 et celle à motorisation électrique du trolleybus standard ER 100.

    Le trolleybus double-articulé Solari
    Le trolleybus double-articulé Solaris de Prague (République tchèque), sous les « cônes » d’emperchage de l’entrée sur ligne bifilaire. © Solaris/Maciej Sznek

    Il s’en suivit une inévitable complexité pour ce véhicule très singulier, qui engendra sa trop grande fragilité, avec des pannes de plus en plus fréquentes. Si bien que le réseau dut être arrêté en 1999… Un tramway « fer » avait bien alors été envisagé pour remplacer le trolleybus, mais c’est le TVR qui fut finalement choisi pour la ligne principale. Afin de pouvoir néanmoins réutiliser une partie des lignes bifilaires du reste du réseau, Nancy acheta ensuite sept trolleybus standard F22 au constructeur Ansaldo-Breda, vainqueur de l’appel d’offres correspondant. Sauf que le premier véhicule, livré en 2002, n’était pas conforme au cahier des charges, avec notamment des perches pas assez lon- gues pour pouvoir négocier correctement les lignes bifilaires nancéennes. Les six véhicules suivants, livrés dans la foulée, ne furent donc jamais réceptionnés. Il s’ensuivit toute une pro- cédure juridique qui dura six ans, à l’issue de laquelle les six véhicules non payés furent retournés au constructeur…

    Cela dit, Nancy n’aurait pourtant pas définitive- ment refermé la porte au vrai tramway « fer » qui, le jour venu, pourrait réutiliser, après de nouveaux travaux à entreprendre, l’actuelle plateforme de la ligne 1. Il se murmure que le débat serait même réouvert à l’horizon 2035 ou un peu au-delà… Mais d’ici-là, une chose est sûre: c’est bien la « Rolls du trolleybus » qui transportera les Nancéens.

  • Le titre unique se conjugue au pluriel

    Le titre unique se conjugue au pluriel

    Le titre unique avance. Il a été voulu par Emmanuel Macron pour se déplacer en France avec un seul billet quel que soit le mode de transport. Une expérimentation devrait se dérouler selon le calendrier prévu, mais le développement sur plusieurs régions se heurte à la multiplication d’initiatives locales de tickets dématérialisés.

    Le projet de ticket unique avance. La plateforme de paiement est prête et son développement se poursuit, piloté par le spécialiste français Worldline. L’application destinée aux voyageurs, deuxième brique technologique du projet de ticket unique, est, elle aussi, bien avancée.

    En juin, la phase de test de ce titre dématérialisé valable pour TER, métro, tramway, RER, bus, vélo, pourra être lancée. Le syndicat des mobilités de Touraine (SMT) été le premier, il y a un an, à signer une convention d’expérimentation. Elle devrait se dérouler selon le calendrier, évoqué au printemps dernier par Patrick Vergriete, alors ministre des Transports, mais pas avec les partenaires annoncés à l’époque.

    Si la liaison Tours-Caen-Le Mans avait été choisie pour tester le billet unique, la région Pays de Loire s’est finalement retirée du projet. Il y a trois mois, la collectivité qui regroupe cinq départements, sept grandes agglomérations et environ 1200 communes, a même annoncé avoir confié à la société Kuba, spécialiste des systèmes de paiement dédiés aux mobilités innovantes, associée à La Banque Postale, la mise en place de sa propre solution de billettique unifiée pour son réseau de transport en commun.

    Ce type d’initiatives régionales va à l’encontre de la vision nationale du projet de ticket unique voulu par le président Macron et porté par la DGITM, la direction générale des infrastructures, des transports et des mobilités. Or, maintenant que sa plateforme est prête, l’intégration de nouvelles collectivités est déterminante pour le succès de l’initiative d’envergure nationale.

    Trois régions et neuf AOT

    Au total, mi-février, trois régions et 9 AOT avaient accepté de la tester. Des discussions sont aussi bien avancées avec quatre autres régions dont une dans les Dom-Tom. A la DGITM, on assure que l’essentiel des sujets sensibles a été réglé. C’est le cas du partage des recettes entre collectivités qui sera assuré par des chambres de reversement à l’échelle régionale tandis que la tarification restera bien à la main de chaque région. «L’expérimentation devrait durer quatre ans, mais on devrait y arriver plus tôt », prédit Mélanie Veissier de la DGITM, responsable du projet depuis son lancement il y a deux ans et demi jusqu’en février dernier.

    La direction des infrastructures et des mobilités mise sur une accélération des candidatures, notamment dans le sillage des projets de services express régionaux métropolitains dont une quinzaine ont déjà reçu la labélisation, première étape pour boucler leur financement. « Occupez-vous de lancer de nouvelles infrastructures, nous avons développé la plateforme de billetterie qui va harmoniser le paiement des transports publics à l’échelle nationale», assure la DGITM aux collectivités, qui préfèrent continuer à distribuer des titres prépayés ou développer leur propre système.

    Appli mobile nationale

    Le titre unique de transport dématérialisé mis au point sera donc accessible via une application mobile nationale qui centralisera l’achat de billets pour bus, trains, tramways, vélos ou toutes autres solutions de transport public. Il s’adresse aux voyageurs occasionnels dont les trajets représentent des recettes conséquentes pour les AOM. Selon une étude de la Fabrique des Mobilités publiée en octobre 2023, les voyages occasionnels (achat de tickets unitaires ou par carnet, à distinguer des abonnements d’une durée minimum de 1 mois), représentent en moyenne 29 % des achats de titres et 51 % des recettes.

    Le lancement du ticket unique correspond aussi au développement inexorable du numérique. Les ventes « dématérialisées » ne représentent encore que 15 % dans les transports publics, contre 80 à 90 % pour le ferroviaire ou l’aérien. Sur cette part, 54 % sont aujourd’hui constitués de ticket sur mobile, contre 25 % en paiement ouvert avec carte bancaire et 11 % en post paiement. Cette dernière option constitue la solution retenue pour le ticket unique: le voyageur est débité à la fin de son parcours, comme le propose, en Ile-de- France, le pass Navigo Liberté. Pour les autorités organisatrices de la mobilité, cette solution clé en main de billettique mutualisée et interopérable devrait se révéler pertinente avec l’ouverture du rail à la concurrence. Elle doit aussi permettre d’éviter les coûts de développement d’une offre dématérialisée au niveau régional.

    La feuille de route du projet est construite depuis 2023 par l’Etat, des représentants de collectivités (GART, Régions de France, AGIR transport…), des associations usagers (FNAUT) et des opérateurs de transport (UTPF). Une équipe projet dédiée a travaillé sur les différentes briques du projet avec les territoires volontaires et des usagers. Un hackathon a été lancé pour explorer plusieurs pistes. Des voyages d’études ont été menés en Suisse et aux Pays-Bas où des billets uniques ont été lancés.

    Mise en commun des données

    Techniquement, le projet français prévoit une plateforme nationale d’interopérabilité permettant la connexion des systèmes billettiques et la redistribution des recettes. Cœur du réacteur, cette plateforme doit permettre à l’AOM de traiter, émettre et accepter des titres de trans- ports émises par d’autres sociétés. Sa mise en œuvre est complexe. Elle implique une mise en commun des données : topographie des lignes, avec liste des arrêts, des horaires, perturbations et accessibilité. Le système nécessite la signature de conventions permettant aux AOM de vendre des titres au-delà de leur réseau.

    La validation du titre dématérialisé va aussi nécessiter des outils et des procédures de vérifi- cation de conformité, une intégration des appli existantes et la qualification d’équipements de contrôle. L’extension progressive du service à d’autres territoires, prévue à partir du début de l’année 2026 doit s’accompagner d’un programme de sensibilisation. Des actions de communication et des formations seront proposées pour familiariser les usagers avec l’application et ses usages. D’ici là, un petit nom devra avoir été choisi et donné au service.