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Julien Guilleret prend les commandes du site Caf de Reichshoffen
Julien Guilleret a été nommé directeur du site Caf de Reichshoffen. Diplômé de l’Institut national des sciences appliquées de Rouen en génie mécanique en 2004, il a débuté sa carrière dans le ferroviaire au Canada chez Alstom en tant qu’ingénieur. En 2013, il avait rejoint le site Alstom de Reichshoffen au poste de manager EHS et Lean manufacturing, puis il avait pris la direction du département industriel.
Le site, qui emploie actuellement près de 750 personnes, a intégré Caf en août 2022 pour devenir le centre d’expertise « trains longs » du groupe en France.

bornes de recharge pour véhicules électriques – La France accélère
Dans le résidentiel collectif comme sur autoroute et dans l’espace urbain, le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques se généralise en France, dans un contexte de baisse des ventes.
La France agit dans plusieurs directions pour tenir son objectif de neutralité carbone d’ici à 2050. Surtout pour réduire les émissions de gaz à effet de serre provenant des transports grâce à la généralisation des ventes de véhicules électriques neufs sur la prochaine décennie (de 66 % en 2030 à 100 % en 2035). D’où son accélération dans le déploiement des infrastructures de recharge. Fin octobre, le pays comptait 150 052 points de recharge ouverts au public, en hausse de 35 % en un an, selon le baromètre Avere-France/Ministère de la Transition écologique. « Nous disposons du deuxième plus grand réseau en Europe derrière les Pays-Bas et devant l’Allemagne », se félicite Clément Molizon, le secrétaire général de l’Avere, association qui réunit 270 entreprises de la mobilité électrique (acteurs de l’énergie, de la recharge, des services, constructeurs automobiles) et collectivités. Un satisfecit à relativiser car la France n’arrive qu’en dixième position en nombre de bornes de recharge aux 100 km selon l’association des constructeurs européens d’automobiles, avec 4,1 bornes/100 km contre 47,5 pour les Pays-Bas, pays le plus en pointe.
400 000 points de recharge ouverts au public d’ici 2030
Depuis début 2024, 7 427 nouvelles stations, regroupant 32 053 points de recharge ouverts au public, ont été déployées sur le territoire. Avec le soutien du programme de financement par certificats d’économie d’énergie Advenir, doté d’une enveloppe de 320 M€ et copiloté par l’Avere, le ministère de la transition écologie et l’Ademe.
Un premier plan du gouvernement a permis d’ouvrir au public, en mai 2023, 100 000 points de recharge. Un nouvel objectif vise désormais 400 000 bornes à l’horizon 2030, dont au moins 50 000 en recharge rapide. « C’est un cap assez macro, une manière de montrer la voie, Mais l’important c’est d’avoir les bornes au bon endroit pour le bon usage», souligne Roman Potocki, responsable de l’offre mobilité électrique au cabinet Wavestone (lire entretien page 37).
Aujourd’hui, 44 % de ces points de recharge sont installés dans des commerces, 33 % sur des parkings, 17 % en voirie et 5 % en entreprise, selon le baromètre de l’Avere. Pour les longues distances sur autoroutes, l’obligation réglementaire d’équiper la totalité des aires de service en bornes haute puissance à fin 2023 a été respectée et le maillage des aires de repos qui a débuté va se poursuivre sur les deux prochaines années. Vinci Autoroutes a par exemple confié au français Electra, qui gère déjà 17 de ses stations, le déploiement de 174 points de charge de 200 à 400 kW sur 18 aires de repos du Sud de la France.L’Ile-de-France caracole en tête
L’Ile-de-France, qui regroupe 17 % des points de recharge ouverts au public (25 715 selon l’Avere), caracole largement en tête des régions les mieux équipées, suivie par Auvergne-Rhône-Alpes (12 %), puis Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, Grand-Est, Paca et Hauts-de-France, alors que les territoires ultramarins n’en ont quasiment pas (48 en Guyane, 163 en Guadeloupe). Dans le top 10 des villes les mieux équipées de l’Auto Journal à fin 2023, c’est Paris qui occupe sans surprise la première place avec 2 282 bornes de recharge publiques (avec son réseau Belib’ opéré par TotalEnergies), suivie par six communes de région parisienne (Nanterre, Issy-les-Moulineaux, Créteil, Colombes, Asnières et Drancy), Nice, Marseille et Lyon (lire l’entretien avec Fabien Bagnon, vice-président de Lyon Métropole).
Soutien public
Le programme Advenir a beaucoup soutenu les entreprises (près de 53 000 points de charge partiellement financés) et les parkings privés ouverts au public (32 700), qui ont mobilisé ensemble deux tiers des aides depuis 2016. « Le segment ‘’destination’’ (des bornes de recharge rapide en hypermarché ou restaurant) progresse beaucoup », témoigne Mathieu Renaudin, directeur communication affaires publiques d’Izivia, opérateur de bornes de recharge filiale à 100 % d’EDF dont le chiffre d’affaires a crû de 80 % en un an.
Le contrat d’exclusivité signé avec McDonald’s prévoit équiper ses 700 restaurants de plus de 2 000 points de charge ultra-rapide (150 à 200 kW), dont 240 sont déjà équipés de deux à six points selon leur fréquentation.
« Le réseau Iziviafast est un des plus gros réseaux de charge rapide en France avec un prix unique, le plus bas du marché : 30 ct/kW en heures creuses et 35 ct aux autres heures. McDo nous demande une redevance moins élevée que d’autres pour avoir un prix attractif », souligne Mathieu Renaudin. Le premier réseau est celui de Tesla qui, depuis 2013, en a installé 1 500 dans 120 stations en France, ainsi qu’un à deux chez chacun de ses 700 partenaires « à destination ».1,23 million de points de charge chez les particuliers
Mais comme le rappelle le consultant Roman Potocki, la très grande majorité des recharges se fait à domicile, d’où l’enjeu crucial de l’équipement des logements collectifs. Selon le site Enedis Open Data, au troisième trimestre 2024, 1,23 million de points de charge étaient installés chez les particuliers, en maison individuelle ou en immeuble collectif, soit 55 % du total. Une multiplication par 5,5 en quatre ans.
Selon l’Avere, plus de 32 000 immeubles ont validé le déploiement d’une infrastructure de recharge collective au troisième trimestre 2024 (13 % des immeubles français), alors que 10 000 sont déjà équipés.
Le programme Advenir a co-financé le résidentiel collectif, d’abord via des bornes individuelles (33 000 depuis 2016, avec prise en charge de 50 % du coût plafonné à 600€) puis via les infrastructures collectives avec pré-câblage du parking (2 600 à ce jour).
« Le programme ne finançait que les copropriétés mais va s’ouvrir aux bailleurs sociaux dès 2025, indique Clément Molizon, qui l’a annoncé au congrès de l’Union sociale de l’Habitat en septembre. Nous voulons toucher un nouveau public concerné par le leasing social comme les VTC, souvent résidents chez les bailleurs sociaux. »
Uber, adhérent de l’Avere, a en effet pris des engagements de décarbonation et plus aucun véhicule diesel ou hybride diesel ne pourra effectuer de courses sur son application à fin 2024.Combien ça coûte ?
▷ A installer : à domicile, entre 1 500€ et 2 500€, et pour une borne de recharge rapide entre 2 000€ et 4 800€. A l’extérieur, pour le public : autour de 30 000€ pour une borne rapide (100-150 kw), entre 50 et 80 000€ pour une très rapide (300-400 kw).
▷ A rentabiliser : certaines bornes sont déjà rentables car bien positionnées avec de bons taux de remplissage (nombre de recharges par jour), par exemple près des aéroports, tandis que les moins rentables pourront mettre jusqu’à sept à huit ans.
▷ A l’utilisation : Il y a quelques années, les variations de prix allaient de 1 à 5. Aujourd’hui, quelques gammes émergent : la recharge haute puissance sur autoroute autour de 60ct/kw, avec des abonnements gros rouleurs ; à destination, Izivia et McDo proposent un tarif compétitif de 30 à 35 ct/kW. La recharge publique en voirie plus lente peut proposer un tarif visiteurs et un tarif résidents proche de celui du domicile (autour de 25 ct/kw). La tarification au kW se généralise mais certains réseaux ont encore une double tarification (kW et minutes).
Les collectivités s’organisent
L’installation de bornes en voirie est également une cible du programme (mais avec seulement 11 000 bornes soutenues), alors que « les collectivités et les syndicats d’énergie ont participé aux premiers maillages du territoire mais ralenti leur déploiement depuis quelques années pour mettre en place des schémas planificateurs », témoigne le délégué général de l’Avere.
Certains syndicats d’énergie unissent leurs forces « pour aller chercher des marchés publics compétitifs en fourniture d’énergie de bornes, de données, de maintenance et supervision », explique Johann Ferchaud, directeur de la SPL Modulo. Cette société publique locale créée en 2018 regroupe aujourd’hui dix syndicats de l’Est et du Centre de la France et gère 1 500 points de charge dans des villes petites, moyennes ou des métropoles. Modulo fait du conseil sur l’implantation, s’occupe à la fois de la fourniture de bornes et de leur alimentation en énergie. Le dernier marché de 8,8 M€ qu’elle a passé permettra aux collectivités adhérentes de piocher au fur et mesure de leurs besoins dans quatre lots correspondant à quatre types de bornes de recharge lentes ou rapides. Reste-t-il des freins au développement de la mobilité électrique, alors que 20 % des voitures neuves sont électriques ou hybrides, sur fond d’effondrement global des ventes en août et septembre ? « Les infrastructures sont très largement déployées et il n’y a plus de difficultés à se recharger, mais il subsiste des freins psychologiques, reconnaît Roman Potocki. « La clé pour lever ces freins passe par la communication de tous les acteurs, notamment par les constructeurs d’autos qui doivent former leurs réseaux de concessionnaires, dont le niveau de connaissances sur les recharges électriques reste inégal. »Le modèle tiers investisseur se développe
« Les levées de fonds de 100 à 300 M€ des trois dernières années par les acteurs qui déploient des stations de recharge ouvertes au public, comme les pure players européens Allego (Pays-Bas), Electra (France), Powerdot (Portugal) ou Zunder (Espagne), montrent le passage à un modèle tiers investisseur qui se généralise », affirme Roman Potocki, consultant chez Wavestone. D’autres gros acteurs ont adopté ce modèle comme les énergéticiens EDF avec Izivia, Engie, TotalEnergies, ou des entreprises du BTP comme Bouygues Energies & Services ou Vinci avec Easy Charge. L’opérateur, qui a souvent remporté un appel d’offre par lot ou par site, achète et installe le matériel, fournit le service pendant 10 à 15 ans tout en versant une redevance au concessionnaire qui met à disposition son foncier. Selon le consultant, cela permet une accélération du déploiement car les opérateurs spécialisés « ont leur propre business model pour que les bornes soient rentables à horizon de trois à sept ans ». C’est par exemple ce modèle qu’utilise la SIT (Société pour l’Investissement en Infrastructures des Territoires créée par le groupe Cube Infrastructure) qui a installé depuis quatre ans 850 points de charge dans 130 communes de la métropole du Grand Paris (hors Paris). Ou Izivia avec les collectivités (Aix-Marseille, Deauville, Limoges, Lyon Métropole, Mulhouse, Thonon-les-Bains…), des privés comme McDonald’s ou les parkings Qpark (1700 points de charge installés à fin 2024). Depuis février 2024, une plateforme de financement en tiers investisseur de 450 M€ associe Izivia et le groupe EDF avec le fonds néo-zélandais Morrison afin de financer 8 000 bornes ultra rapides d’ici 2030, notamment via le futur réseau multi-enseigne IziviaMax.
Le vélo, un sujet d’intérêt national selon Thierry du Crest
Thierry du Crest, coordinateur interministériel pour le développement du vélo et de la marche était l’invité du Club le 5 décembre 2024. Il est revenu sur les conséquences des réductions des aides de l’ambition plan qui avait été tracé.

Thierry du Crest Mai 2023, Élisabeth Borne, Première ministre, promet une enveloppe de deux milliards d’euros sur cinq ans « pour les infrastructures, la sécurité et la formation à la pratique du vélo ». Ce plan a notamment pour ambition de « doubler le réseau cyclable d’ici 2030 ». Vingt mois plus tard, nouvelles subventions et appels d’offres sont gelés, compromettant le financement de projets lancés partout en France pour le développement de la pratique du deux-roues. Les mobilités dites actives ne sont plus prioritaires dans un contexte budgétaire contraint et une situation politique pour le moins tendue. Pour Thierry du Crest, actuel coordinateur interministériel pour le développement du vélo et de la marche, poste créé en 2006, qu’il occupe depuis 2019, la mobilité à vélo reste un sujet d’intérêt national. Reste que le rétropédalage tombe au plus mauvais moment si l’on en juge par les derniers indicateurs de mobilités. Les résultats de la dernière enquête sur la mobilité des personnes, réalisée en 2019, démontrent que la part des déplacements à vélo ne progresse pas et reste en France à 2,7%. C’est stable par rapport à l’enquête précédente datant de 2018. Et très faible comparé à ceux des voisins de la France. En Belgique et en Allemagne, ce taux atteint de 11 à 12%. Aux Pays-Bas, le pays le plus cyclable du monde, il grimpe même à 28%. « On part donc de très bas », reconnaît Thierry du Crest, qui relève aussi, de 2008 à 2019, une progression de 1,4 % de la marche et des transports collectifs. La décroissance des mobilités actives n’est pas un phénomène récent. Elle est même régulière depuis l’après-guerre. Le point bas de la pratique du vélo a été atteint autour de 2010. La marche, elle, a regagné un peu de place depuis les années 90, même si peu d’enquêtes fréquentes, à l’échelle du pays, ne le démontrent précisément.

Le Club VRT s’est tenu le le 5 décembre 2024 dans nos locaux de la rue de Clichy, à Paris. De multiples atouts
Le potentiel du vélo reste incontestable en France. « Il n’y a pas de raisons que nous n’atteignions pas la part modale de nos voisins proches », estime l’invité du Club VRT. Près de 40% des déplacements en voiture dans l’Hexagone, portent sur des trajets de moins de cinq km, ce qui représente 20 minutes à vélo. C’est vrai quels que soient les territoires, ruraux, périurbains, grandes villes. La proportion s’élève même à 75% pour les trajets de moins de dix km, soit 40 minutes à vélo. Autre indicateur : 30% des gens en France font l’ensemble de leurs déplacements à moins de 9 km. « Cela donne un ordre de grandeur théorique de la part modale et du potentiel du vélo », indique le coordinateur, en rappelant qu’il correspond aussi à de nombreux enjeux sociétaux importants. C’est le cas de la décarbonation et de la réduction de la voiture utilisée seul. Face aux tensions sur le pouvoir d’achat, le vélo est aussi une option de déplacement peu chère. Les mobilités actives offrent par ailleurs des bénéfices en matière de santé publique. Les maladies liées à la sédentarité progressent, sur toutes les tranches de populations et notamment chez les jeunes. Les 30 minutes d’activité physique recommandées par jour par l’OMS (et une heure pour les jeunes), peuvent être atteintes avec un aller-retour de 15 minutes à pied ou en vélo. « Mettre une mobilité active dans son schéma personnel de déplacement permet d’atteindre ses objectifs sans aller dans une salle de sports », estime Thierry du Crest.
Un spécialiste des transports
Polytechnicien et ingénieur des ponts et chaussées, Thierry du Crest a réalisé l’essentiel de sa carrière dans les transports. Il a débuté au Certu (ex Cerema), le centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques, où il suivait en particulier les problématiques de péages urbains et d’évaluation socio-économique de projets de mobilité. Il a ensuite rejoint la Ratp, puis la métropole de Lille, avant d’intégrer le ministère de la Transition Ecologique. Lecteur de VRT depuis 25 ans, il a quitté la direction du projet CDG Express pour prendre, en septembre 2019, le poste de coordinateur interministériel pour le développement du vélo et de la marche.
Bond en avant
Le spécialiste juge « remarquable » la croissance de la pratique « inédite sur ces cinq ou dix dernières années ». Il en prend pour preuve les données sur l’évolution de la part modale du vélo publiées par l’Insee. En 2015, elle s’établissait à 2%, contre 4% en 2023. L’usage du vélo a donc doublé en huit ans. « Si les transports collectifs avaient gagné 2% à l’échelle nationale, ce serait un très grand succès. Même si on part de bas, c’est remarquable. Moi qui ai passé 25 ans dans les transports, je n’ai jamais connu cela à une échelle nationale ». Première explication à ce bond en avant : l’effet déconfinement qui a agi comme un accélérateur de tendance, constaté par tous, notamment à Paris. Le monde des transports collectifs a-t-il été victime d’un report modal vis-à-vis des bus, trams ou du métro ? Thierry du Crest avoue ne pas pouvoir apporter de réponse définitive. Une autre impulsion majeure est liée depuis dix ans au développement du vélo à assistance électrique. Il offre un accès à la pratique à une population pour qui elle était plus compliquée, comme les femmes et les seniors, sur-représentés dans les achats de vélos à batterie. L’assistance électrique « aplanit les collines » ouvrant ainsi le vélo à plus de zones géographiques. En France, elle a devant elle une belle marge de progression si l’on en croît les parts de vente en Allemagne et Belgique, où plus de 50% des vélo vendus sont équipés d’assistance électrique, contre 25% en France.
Incontournable marche
Dominante dans les déplacements de moins d’un kilomètre (80%), la marche reste une pratique qui perdure de façon significative mais elle est victime de la diminution des trajets. Selon Thierry du Crest, quelques collectivités locales pionnières s’en sont emparé en mettant en place des plans piétons. Elles peuvent d’ailleurs bénéficier de l’aide du coordinateur, de l’Ademe et du Cerema, pour avoir accès à des référentiels techniques. Ces plans doivent résoudre les questions de la sécurité et de traversées des passages piétons. Ils doivent aussi prévoir l’installation de bancs, de toilettes, l’aménagement de trottoirs pour les seniors. « Beaucoup de gens ne sortent pas parce que la marche n’est pas possible », souligne l’invité de VRT. Les transports en commun, ne prennent pas assez en compte selon lui, la marche, qui représente, avec l’attente, jusqu’à 50% du temps de trajet.
Cercle vertueux
Thierry du Crest veut aussi croire que la progression de la pratique est liée à l’impact des politiques publiques. Il cite les exemples de villes comme Grenoble ou Strasbourg. Dans la capitale alsacienne, le vélo a bénéficié du développement de pistes cyclables depuis les années 90. A Grenoble, l’usage de la voiture est passé de 53% à 41%, entre 2002 et 2020. « L’adaptation d’un territoire permet, dans le temps, de baisser la part modale de la voiture ». Pour le coordinateur interministériel, rattaché au ministre des Transports, les bases de cette politique publique pour le vélo sont désormais établies. Elles passent d’abord par la réalisation d’aménagements de pistes cyclable sécurisées, séparées, ou par la création de voies vertes. « Ces infrastructures permettent d’enclencher un cercle vertueux, car plus on voit de cyclistes plus on a envie de faire du vélo », rappelle-t-il. La réalisation d’espaces de stationnement est aussi déterminante, car la deuxième crainte des cyclistes est de se faire voler le vélo. Enfin, le coordinateur estime que la pratique fait l’objet de communication et d’opérations de sensibilisation comme « Mai à vélo ». Elles permettent d’aider des collectivités locales, des associations, des employeurs, à organiser des événements surtout pendant le mois de mai, partout en France pour créer des expériences et « un peu d’émulation ».
Une fin brutale des subventions
Que reste-t-il de l’ambitieux plan de plus de deux milliards d’Elisabeth Borne, qui portait sur la période 2023-2027 ? C’est la première question posée au coordinateur. Pour Thierry du Crest, les annonces récentes faites par feu le gouvernement Attal, ne correspondent pas à l’arrêt du plan vélo-marche qui regroupait une somme de lignes de crédit autour de deux milliards d’euros. Sur les 640 millions d’euros affectés à des aménagements cyclables, depuis 2019, il reste encore 400 millions à verser. Ce sont les nouvelles subventions et les nouveaux appels à projets qui ont été stoppés pour 2025 tandis que les aides à l’achat de vélo seront, elles, suspendues dès février 2025. Depuis 2017, elles permettaient aux ménages modestes de bénéficier de primes. Face à la crise budgétaire, le gouvernement a décidé de se concentrer sur le réseau national et ferroviaire, et de réduire la voilure sur les subventions aux collectivités locales. « L’Etat n’est pas chargé de développer les pistes cyclables. C’est bien aux communes, intercommunalités et départements de le faire en tant que gestionnaires de voiries. Cette partie vit encore car les subventions ont démarré en 2019 », souligne le coordinateur. L’objectif global de 100 000 km d’aménagement vélo est donc maintenu, mais «va surement prendre du retard au vu des contraintes budgétaires qui pèsent sur l’Etat et les collectivités ». Les infrastructures cyclables devraient atteindre en fin d’année 63000 km, contre 40 000 en 2017. L’objectif des 100 000 km nécessite une accélération qui semble désormais compromise. Thierry du Crest précise que les contrats de plan Etat-région, dotés de 185 millions d’euros continuent. Ils sont censés gérer des projets communs pour développer des vélo-routes, des itinéraires de loisirs, qui servent aussi pour les déplacements du quotidien. « L’appel à projet pour développer l’industrie du vélo, piloté par l’Ademe, devrait faire l’objet d’annonces échelonnées dans les mois qui viennent », promet le coordinateur.
Courage politique
Reste que l’un des objectifs portés par le plan vélo 2023-2027 d’atteindre 100 000 kilomètres de pistes cyclables d’ici à 2030 semble aujourd’hui compromis. L’invité du Club considère qu’il faut distinguer la situation des grandes et des plus petites agglomérations. Les premières ont des plans vélo ambitieux, qui se déploient. « Cela va continuer, même si les ambitions sont réduites ». Dans les territoires moyens, les situations varient. Certaines collectivités ont des politiques cyclables plus ou moins ambitieuses et complètes. Les élus vont décider de leurs priorités, « mais l’on peut craindre que dans certains endroits, la politique cyclable ne soit pas la priorité », concède le spécialiste des transports. D’un point de vue territorial, il rappelle qu’aujourd’hui, les enjeux ne sont pas dans les grandes agglomérations où la culture du vélo est acquise, mais dans les territoires. Une enveloppe de 649 millions d’euros doit permettre de poursuivre les projets engagés dans 27 territoires, soit deux par régions, comme Pontivy, Niort, Albi, Cœur de Savoie, ou Marie Galante. Leur territoire doit devenir cyclable dans six ans. « Demain, elles seront des références », veut croire le polytechnicien. Pour lui, la couleur politique des collectivités influent assez peu sur leurs ambitions vélo. Les blocages viennent plutôt de la difficulté à partager l’espace public. « Supprimer une file de stationnement, de circulation, faire changer les habitudes tout cela nécessite du courage politique. Mais ceux qui le font ne le défont pas après. Si l’on reprend l’exemple des Pays-Bas, il n’existe pas un gène du vélo batave mais une politique qui a commencé dans les années 70. Au début, les automobilistes ont râlé… Mais avec le temps, le territoire s’est transformé et aujourd’hui tout le monde est cycliste. Nous, nous n’avons démarré qu’en 2010 ». Les participants au Club VRT ont souhaité avoir du coordonnateur des réponses concernant l’intermodalité train-vélo. Il a reconnu que mettre le vélo dans le train restait compliqué. Aux Pays-Bas, 50 % des usagers du train arrivent à la gare à vélo. En France, les places dans les trains et en gare, les emplacements de stationnement, sont encore insuffisants. La massification de l’usage du deux-roues est encore difficilement envisageable, même si de plus en plus de TGV et TER offrent des possibilités de mettre à bord son vélo, pendant les périodes de vacances (exemple avec l’opération Jumbo Vélo en Val de Loire). Thibault Quéré, directeur du Plaidoyer et porte-parole de la Fub (Fédération française des usagers de la bicyclette), a rappelé que beaucoup des points abordés dans un livre blanc sur le sujet en 2021, n’avaient pas encore été réglés.

Les cyclistes sont nombreux sur la rue
de Rivoli, à Paris.Des cyclistes en sécurité en milieu urbain
L’accidentalité vélo s’établissait avant 2020 autour de 160 à 180 décédés par an. Si elle a grimpé depuis 2021 autour de 220 à 230 cyclistes tués, elle est plutôt stable depuis trois ans. Les statistiques démontrent une sur-représentation des personnes âgées circulant hors agglomération, ainsi que d’une population de cyclistes dite de loisirs, victimes d’accidents sans tiers, c’est-à-dire sans choc avec un véhicule. Premier constat : la croissance du vélo, très forte en milieu urbain, n’a donc pas été suivie d’une forte progression des décès. Les spécialistes qualifient ce phénomène de « sécurité par le nombre ». Plus il y a de cyclistes et plus les comportements s’adaptent. Thierry du Crest souligne aussi que même si le nombre d’accidents a augmenté, le risque individuel a baissé. Confirmation avec le nombre de blessés en milieu urbain. Il est lui aussi en augmentation, mais progresse moins que le trafic. Thierry du Crest en conclut « qu’il est devenu plus sûr à Paris de faire du vélo ». Autre observation, l’année dernière, aucun cycliste n’a tué de piétons. Ce qui est par ailleurs très rare. Pour la marche, les chiffres sont assez stables avec 480 décédés par an. Cela concerne essentiellement des personnes de plus de 70 ans, en agglomération, sur des passages piétons.
Les places de stationnement manquent, sont mal indiquées ou ne sont pas assez sécurisées. L’emport de vélo à bord et aussi toujours insuffisant. L’objectif de 70 000 places dans des trains n’est toujours pas atteint en 2024, pas plus que les huit places prévues par la loi d’orientation des mobilités promulguée en décembre 2019. Pour son mot de la fin, Thierry du Crest a rappelé que les mobilités actives étaient des enjeux d’intérêt national, malgré un contexte peu favorable. « J’invite les professionnels des transports collectifs à s’intéresser à l’intermodalités, à réfléchir comment mieux travailler ensemble, car cyclistes et piétons sont des utilisateurs des transports collectifs ».
Vers un métro automatique 2.0
Si les métros automatiques font appel à des technologies qui sont aujourd’hui parfaitement maîtrisées (le CBTC par exemple), il est sans doute encore possible de les optimiser. Quelle est marge de progrès pour accroître la disponibilité et la résilience des matériels roulants et les installations ? Comment rendre les réseaux plus frugaux ? Quel rôle pour les agents ? Ce sont autant de sujets qui ont été abordés lors de la conférence organisée le 19 novembre par VRT.
Après quatre décennies de service, le métro automatique fait sa mue et entre dans une nouvelle ère, celle du 2.0. Les opérateurs vont se retrouver au cœur du système, affirme Patrick Violet, directeur opérationnel de la maîtrise d’œuvre des systèmes sur les lignes 15, 16 et 17 du Grand Paris Express chez Egis. Selon lui, le métro automatique 2.0 permet de fournir aux opérateurs des modes de visualisation « user friendly », en apportant les bonnes informations pour mieux exploiter et pour mieux maintenir le système de transport. À l’image d’internet, passé d’un système technique 1.0 – réservé aux informaticiens – à une plateforme 2.0 accessible à tous, le métro automatique suit une trajectoire similaire. Patrick Violet prend pour exemple les systèmes de CBTC, pour lesquels le système de supervision est à présent très détaillé, avec une imagerie très forte. L’innovation réside dans la multiplicité des objets connectés qui permettent désormais de collecter des informations précieuses pour tous les acteurs : exploitants, mainteneurs et bien sûr, usagers. «En effet, si le métro automatique permet de gagner deux minutes, ce gain de temps n’aura pas d’intérêt si l’usager en perd dix pour acheter un ticket», souligne-t-il. Il faut, explique-t-il, simplifier chaque étape du parcours, depuis l’orientation dans la station jusqu’à l’achat du billet, en minimisant la complexité perçue par l’utilisateur.

La conférence a eu lieu le 19 novembre au 8 rue d’Athènes à Paris. Optimisation de l’exploitation
Christophe Sanguina, directeur du centre d’excellence Métro-Tram Centre chez Keolis, rappelle les innovations mises à profit pour optimiser l’exploitation des métros automatiques.Il cite l’exemple de la récupération énergétique qui, en synchronisant l’arrivée et le départ des rames, permet de générer des économies « significatives ». Une autre innovation majeure réside dans la modulation de la composition des trains. «En exploitant des systèmes alternant des unités multiples (en heures de pointe) et des unités simples (en heures creuses), il est possible de réaliser des économies en termes de coût d’énergie et de maintenance ». Christophe Sanguina regrette que cette approche ne soit « pas toujours systématisée dans tous les designs de métro automatique »,. Une problématique que Keolis a soulevée lors du projet d’automatisation de la ligne B à Lyon. Mais les perspectives d’automatisation s’étendent bien au-delà, comme la possibilité d’entrer dans les ateliers en mode automatique, sans utilisation de conducteur. La conviction du représentant de Keolis est claire : « C’est tout à fait gérable d’un point de vue procédure et la technologie le permet très probablement ». Selon lui, « cette innovation ferait gagner énormément de temps à l’exploitant et lui apporterait beaucoup de flexibilité dans l’exploitation, tout comme la possibilité d’insertion et de retrait automatisé des rames sur un réseau en cas de de de gestion de crise.» Autre innovation pertinente, l’adaptation dynamique des temps d’arrêt en station. « Aujourd’hui la technologie nous permet d’avoir accès à une évaluation du nombre de personnes sur les quais, alors que traditionnellement les temps d’échange sont établis avec des données historiques. Cela doit permettre le parcours le plus rapide possible pour les passagers. » Cette vision trouve un écho chez Albin Rodot, directeur de Projet Intégration Système pour le Grand Paris Express chez Systra France. « En tant que société d’ingénierie, nous pouvons imaginer des fonctions transverses pour l’exploitation puisque l’ensemble des systèmes est désormais numérisé, ce qui permet d’offrir à l’exploitant et aux usagers des fonctions plus performantes, aussi bien à Lyon, sur le Grand Paris Express qu’à Toulouse, Dubaï, New York ou San Francisco. » Il indique que Systra a développé une méthodologie baptisée SEF (System Engineering Framework) dont l’objectif est de « maximiser les besoins des passagers et des exploitants ».
Recours à l’IA
L’intelligence artificielle représente bien évidemment une évolution, voire une révolution, dans la façon d’opérer, et le métro automatique n’échappe pas à la règle. « Il faut rester mesuré quant aux perspectives, mais aucun industriel ne peut ignorer les potentiels qu’elle peut apporter », estime Jean-Christophe Lebreton, Chief Technology Officier chez Siemens Mobility. Dans son entreprise, « l’IA générative sert déjà à améliorer la productivité des équipes en automatisant certaines tâches, notamment pour générer du code, analyser des cahiers des charges ou encore créer des tests automatiquement », explique-t-il. L’IA est aussi envisagée pour détecter les incidents et faciliter leur résolution, en particulier dans des systèmes complexes. L’industriel explore également la création de nouveaux services à travers sa plateforme Railigent X, conçue pour agréger des données, considérées comme le carburant essentiel de l’IA. Ces données permettent de mettre en place des services de maintenance prédictive, capables d’anticiper la dégradation de composants et d’orienter les mainteneurs ou opérateurs vers une résolution proactive des problèmes avant même qu’ils ne se manifestent. Enfin, Siemens investit dans le développement de produits embarquant l’intelligence artificielle. Ce volet, encore en phase de développement, pourrait inclure des innovations comme la détection d’obstacles via l’analyse d’images. Le groupe envisage également de faciliter l’acheminement de trains de travaux vers les dépôts sans nécessiter une ligne entièrement équipée en CBTC, grâce à l’utilisation de technologies comme les lidars, l’analyse d’images et la détection automatique de signaux. Même si le niveau de sécurité serait moindre que dans les systèmes traditionnels, l’absence de passagers permet d’accepter cette solution. Supervision François Destribois, senior executive de Hitachi Rail, met l’accent sur l’importance d’utiliser à bon escient la masse de données générées par le secteur ferroviaire. « L’enjeu principal consiste à savoir exploiter les données de manière pertinente. Nous y parvenons grâce à l’edge computing, qui permet de les traiter en temps réel. » Lors du dernier salon Innotrans, Hitachi a présenté sa solution HMAX (Hyper Mobility Asset Expert), une plateforme qui offre aux opérateurs des outils numériques basés sur l’intelligence artificielle pour optimiser la gestion des trains, des infrastructures et de la signalisation. François Destribois donne l’exemple des pancams, ces caméras dédiées à la surveillance des pantographes des trains, qui filment les équipements pour détecter des défauts ou des risques de casse. Jusqu’à présent, ces données étaient collectées en fin de journée pour être analysées en différé. « Avec l’Edge computing, ces informations sont traitées directement à bord des trains, ou sur les infrastructures, via des calculateurs locaux, qui ne transmettent que les données essentielles aux centres de contrôle. Ce gain de temps permet d’optimiser les interventions de maintenance et d’améliorer la disponibilité du matériel ». Albin Rodot décrit de son côté le projet mené par Systra en collaboration avec la SNCF pour optimiser la supervision des lignes RER E, B et D grâce au nouveau système ATS+. Ce projet repose sur des algorithmes avancés de régulation de trafic, qui révolutionnent les approches traditionnelles. « Ces algorithmes permettent de calculer en temps réel la qualité du service offert et de prédire son évolution sans intervention humaine. En identifiant les scénarios les plus pertinents, le système propose des ajustements pour améliorer l’exploitation en fonction des conditions », détaille-t-il. Ce dispositif peut intégrer des stratégies variées, comme la régulation du trafic, l’injection ou le retrait de trains, le remisage ou encore les contraintes liées à la maintenance. L’objectif est de lisser ces différentes opérations pour optimiser le fonctionnement global du réseau et garantir une meilleure qualité de service aux usagers.
Empreintes physiques
Si l’IA permet d’alléger certaines tâches, il est également possible de réduire l’empreinte matérielle des systèmes de transport, qu’il s’agisse des équipements installés dans les locaux techniques ou directement sur les voies. Un sujet sur lequel s’est engagé Siemens, notamment sur la fin programmée des balises de localisation. « À terme, ces balises pourraient être remplacées par des technologies plus avancées, basées sur des centrales inertielles, la détection magnétique, le mapping ou encore des dispositifs lidar », indique Jean-Christophe Lebreton. Siemens explore également des solutions pour moderniser les systèmes de communication radios utilisés par CBTC. Des programmes pilotes sont en cours avec le réseau MTA de New York pour remplacer les systèmes propriétaires actuels par des communications utilisant la 5G. L’idée est d’exploiter les infrastructures 5G publiques, ce qui réduirait l’empreinte matérielle au sol tout en accélérant les déploiements. Cependant, ce changement soulève des défis, notamment en matière de cybersécurité, et nécessite des négociations avec les opérateurs télécoms afin de garantir la priorité des données critiques des CBTC sur d’autres usages, comme le streaming vidéo. Cette approche est également envisagée pour le projet RTMS à Lille. La réduction de l’empreinte physique concerne aussi les interfaces avec la signalisation. Une nouvelle logique prévaut, celle des manœuvres intégrées. « L’enclenchement et la logique d’enclenchement seront désormais gérés directement dans le système CBTC, au lieu d’être déportés vers un système de signalisation classique. », ajoute le représentant de Siemens Mobility. Cette évolution reflète une volonté de simplification et de rationalisation des infrastructures, tout en favorisant des solutions plus intégrées et efficientes.
Automatisation des lignes anciennes
Pour Louis Villié, directeur général ORA L15 chez RATP Dev, « le métro 2.0 ne concerne pas seulement des métros neufs mis en service à partir de zéro. Il inclut également des opérations de renouvellement ». Et il poursuit, rappelant le « grand défi » relevé par les équipes de la RATP concernant la ligne 14 du métro parisien.« La 14, première ligne de métro automatique à gabarit lourd, était arrivée à la fin du cycle de vie du système, qui dure environ une trentaine d’années. Cela nous a placés de nouveau en position de pionnier avec la première ré-automatisation d’une ligne de métro automatique. » Il s’agissait tout d’abord de relever d’importantes contraintes techniques, en assurant à la fois le renouvellement du système existant et l’extension de la ligne, qui a doublé de longueur, passant de 14 à 28 kilomètres. La contrainte temporelle était également significative : la mise en service devait impérativement être prête pour les Jeux Olympiques de Paris, au cours desquels la ligne 14 devait jouer un rôle stratégique en desservant à la fois l’aéroport d’Orly et le Stade de France. Il a fallu mener 3 000 chantiers par an, sur une décennie, tout en limitant au maximum les interruptions de service, sauf lors des toutes dernières étapes avant les JO. « C’est un exploit majeur, surtout en maintenant un niveau de production de 100 % pendant les travaux, et en garantissant une transition fluide au moment de l’activation du nouveau système », affirme-t-il. Enfin, le projet représentait également un défi organisationnel, notamment pour le rôle des agents de station. « Dès le lancement de la ligne 14, les agents ont bénéficié de prérogatives élargies. Ils pouvaient ainsi intervenir directement sur les façades de quai pour condamner une porte défectueuse, permettant au train de repartir en mode automatique. Avec la prolongation de la ligne, leurs responsabilités ont été renforcées afin de garantir une réactivité accrue dans la gestion des incidents. Récemment, ils ont obtenu l’accès à la voie pour intervenir directement en cas de problèmes. » En outre, ils peuvent désormais, sur ordre du PCC, activer le Commutateur d’Isolement du Contrôle des Portes (Kiscopo). Ce dispositif permet le départ automatique d’un train même en présence d’un problème de fermeture, un type d’incident qui représente environ 50 % des situations rencontrées. Bientôt, ces agents auront également la capacité de déplacer les navettes.
Cybersécurité
« L’intégration des nouvelles technologies dans des réseaux existants représente un défi de taille », complète Patrick Violet, en faisant également référence aux lignes conçues dans les années 70 à 90. Ces projets se distinguent radicalement de ceux menés pour des créations entièrement nouvelles, comme celles du Grand Paris Express. « La première étape consiste à réaliser un diagnostic approfondi des installations existantes, afin de déterminer celles qui sont compatibles avec les nouvelles technologies ». Ce travail minutieux conduit à des décisions stratégiques : faut-il revoir certaines exigences à la baisse ou, au contraire, décider de renouveler davantage que prévu afin d’atteindre un niveau technologique ambitieux ? Dans certains cas, il devient nécessaire de remplacer des systèmes qui pourraient encore fonctionner pendant des années, mais qui empêcheraient le réseau de franchir un cap décisif en matière d’innovation. Cette modernisation pose également la question des risques de cybersécurité. « Les systèmes anciens n’ont pas été conçus avec les normes de sécurité actuelles et peuvent présenter de nombreuses vulnérabilités», souligne Patrick Violet. Les décideurs doivent alors se demander si ces équipements peuvent être conservés ou mis à niveau et évaluer l’impact de ces choix sur le budget et le calendrier des travaux. Dans ce processus, la collaboration avec les exploitants s’avère cruciale. « Les arbitrages sont parfois complexes : accepter de limiter un niveau technologique pour gagner deux ans sur le calendrier peut être un compromis nécessaire », note encore Patrick Violet.
Consommation d’énergie : un enjeu prioritaire en 2024
La gestion de la consommation d’énergie est un sujet crucial, pour des raisons économiques et environnementales. «Environ 50 % de l’énergie consommée provient de la traction des trains », rappelle François Destribois, Senior Executive – Hitachi Rail. « Notre approche consiste à mettre en œuvre une combinaison de stratégies précises pour réduire la consommation énergétique. Par exemple, en ajustant légèrement la vitesse des trains, en tirant parti des pentes pour réduire la consommation, ou encore en synchronisant les départs de trains avec les moments où d’autres régénèrent de l’énergie » explique-t-il, en précisant que cette gestion fine des flux permet d’atteindre des résultats significatifs. La ligne North-South East-West du réseau SMRT, à Singapour par exemple, équipée du système Green CBTC d’Hitachi a ainsi abaissé sa consommation énergétique de 8 %. En s’appuyant sur l’intelligence des données et des technologies toujours plus avancées, l’objectif est d’atteindre une baisse de 15 % de la consommation d’ici deux ans.
Accompagnement humain
Toutes ces innovations ne doivent pas faire oublier l’attention portée au personnel. « Un métro automatique ne signifie pas un métro sans personnel », rappelle Louis Villié. « Le personnel reste au cœur du fonctionnement d’une ligne de métro automatique. Nous avons pu le voir lors des Jeux Olympiques, avec l’accueil en gare et le fait de rassurer, accompagner, aider les voyageurs à se diriger», souligne-t-il. Christophe Sangina ne peut qu’approuver. « A Lille, nous avons constaté, depuis le début, le besoin des usagers d’être rassurés car le métro automatique peut être anxiogène, notamment dans les tunnels. Il faut en profiter pour remettre plus de présence dans les stations afin notamment d’orienter les passagers. A Lyon, dès qu’il y avait une situation de crise ou un problème sur le réseau quel qu’il soit, l’ensemble des cadres de Keolis était envoyé sur le réseau au contact des voyageurs pour faire de l’information sur le terrain. », raconte-t-il. Et d’ajouter : « Il ne faut pas opposer technologie et humain. La technologie permet de libérer des énergies et des forces pour rendre le métro beaucoup plus accessible à l’ensemble des usagers » . Dans le même esprit, Louis Villié précise que la RATP utilise la solution Detect IA pour vérifier, par le biais des caméras de bord, qu’il n’y a personne à bord des trains lorsqu’ils sont remisés au garage après l’heure de pointe. « Désormais, des alertes sont envoyées automatiquement à l’opérateur au PCC en cas de présence à bord. Cela fonctionne à 99% et permet de redéployer le personnel sur des tâches plus essentielles », explique-t-il. Il cite également le déploiement, sur un grand écran à Brest, d’un avatar d’apparence humaine entraîné à répondre à la majorité des questions posées par les touristes. « Cela peut paraître plus anecdotique mais cet avatar s’avère particulièrement judicieux dans les gares ou les aéroports ». Cet avatar pourrait être déployé sur le réseau parisien. Le représentant de RATP Dev insiste également sur la notion de métro « inclusif », en précisant que tous les agents ont été formés pour accueillir tous types de handicaps (physiques et mentaux) à travers le label S3a et des certifications. L’entreprise a développé des solutions innovantes, comme des tablettes avec des fonctionnalités de speech-to-text permettant de communiquer facilement avec les touristes étrangers. Sur la future ligne 15, prévue désormais pour la mi-2026, l’accent est mis sur la polyvalence des agents. L’hôte des lieux – équivalent de l’agent de station sur le réseau parisien – aura non seulement la possibilité de conduire le train et de résoudre les incidents de transport, mais pourra également intervenir pour un premier niveau de maintenance sur les équipements en gare. En complément, des mainteneurs circuleront dans les gares pour effectuer de la maintenance préventive et corrective. Facilement identifiables grâce à leur uniforme, ils seront également en mesure de répondre aux questions des voyageurs. Là aussi, une petite révolution.

Palmarès des mobilités 2024
Le 33e Palmarès des Mobilités a eu lieu le 10 décembre à l’espace Saint-Martin dans le 3e arrondissement de Paris. Après une conférence sur la montée en puissance de l’intelligence artificielle et ses conséquences sur les mobilités, puis la tenue d’un atelier d’expert, les neuf prix de ce Palmarès 2024 ont été remis. La soirée s’est conclue autour d’un verre de l’amitié.
Grand Prix VRT
le SMmag pour l’unification du réseau de la métropole de grenoble et du reseau gresivaudan

Prix remis par Annelise Avril, directrice générale France, grands réseaux urbains (Keolis) à Maïlis Floriet, cheffe du service transport exploitation développement, Syndicat Mixte des Mobilités de l’Aire Grenobloise (SMMAG), Sylvain Laval, président du SMMAG, Emmanuelle Bertrand, responsable communication (SMMAG), Yves Baesen, directeur réseaux (SMMAG) Ville Moyenne
Saint-Nazaire, la ville où il fait bon pédaler

Prix remis par Franck Gbenou (à droite), directeur information voyageurs et accompagnement clients (SNCF Connect & Tech) à Christophe Cotta, vice-président délégué à la mobilité et Hélène Guerlais, responsable du service vélo, modes actifs mobilité et circulation (Saint-Nazaire Agglo). Coup de chapeau à…
Mélanie Veissier pour son engagement en faveur du titre unique

Prix remis à Mélanie Veissier, cheffe de projet titre unique à la DGITM Grand Prix européen
Milan connecte ses transports

Marta Álvarez (à droite), stakeholder & partnership manager (EIT Urban Mobility) a remis ce prix à Manuela Bozzolan, responsable communication, ATM France. Mobilité numérique
Rennes Métropole lance Handimap au service de l’accessibilité

Prix remis à Eric Diserbeau, directeur de la mobilité et des transports (Rennes Métropole) Mobilités durables/douces
Le nouveau transport scolaire S’Cool bus pour les enfants de la communauté d’agglo Seine-Eure

Prix remis à Jérôme Feliza, directeur territoire (Transdev Seine-Eure), Hervé Gamblin, vice-président délégué voirie sud, Marc Monnier, directeur des mobilités, (Communauté d’agglomération Seine-Eure). Innovation
Le « validomètre » anti-fraude
du Grand Besançon Métropole
Prix remis à Laurent Sénécat, directeur général (Keolis Besançon Mobilités). Mixité-diversité
Transdev facilite l’embauche
de réfugiés
Prix remis à Eric Ferreres, directeur des ressources humaines (Transdev Île-de-France). Intermodalité
La Roche-sur-Yon Agglomération pour le déploiement de ses 30 stations multimodales

Remis par Arnaud Vahlas, directeur des systèmes d’information (Transdev France) à Gilles Beasse, directeur transports et déplacements durables, Malik Abdallah, adjoint délégué mobilités publiques et déplacements (La Roche-sur-Yon agglomération) et Sylvain Liebart, directeur Impulsyon (RATP dév). x (x)
Un projet XXL pour la gare de Bordeaux Saint-Jean
L’attractivité de la gare de Bordeaux Saint-Jean ne se dément pas : après avoir accueilli 11 millions de voyageurs en 2011, puis 26 millions en 2022, elle en a vu passer 28 millions en 2023. Avec une hausse continue de 8,5 % par an et une croissance plus rapide que prévue – due en partie à l’arrivée de la LGV/SEA en 2017-, elle est devenue la gare de province la plus fréquentée. Et ce n’est pas fini puisque les experts tablent sur 31 millions de voyageurs en 2030. De nouvelles offres se profilent en effet à l’horizon, comme le développement du RER Métropolitain et ses trois axes majeurs : Libourne-Arcachon, Saint-Mariens -Langon et la ligne du Médoc. Sans oublier le GPSO, en direction dans un premier temps vers Dax et Toulouse.
Mais les infrastructures n’ont pas suivi : le pôle d’échanges, inauguré en 2011, ne répond plus aux attentes. Aux heures de pointe il est rapidement saturé. Trains, bus, taxis, deux-roues cohabitent difficilement dans un site exigu, au milieu du flux incessant des piétons et du stationnement anarchique des automobiles. La rue Charles Domercq, artère faisant face à la gare, est alors totalement encombrée. A l’intérieur de la gare, il en va de même.
Pour faire face à la demande, un projet à 100 millions d’euros, baptisé « Grande gare de Bordeaux », est sur la table. « Il s’agit d’un projet majeur pour une gare emblématique », commentent les différents partenaires, Région, Métropole, ville, Gares et Connexions, l’Etat. La Commission européenne a d’ailleurs participé à hauteur de 50 % au financement des études, Ce projet est ainsi soutenu travers du MIE (mécanisme pour l’Interconnexion en Europe).
Ce projet prévoit donc une profonde restructuration en espaces. A l’extérieur, la transformation profonde du P.E.M est nécessaire. Cela implique de repenser l’accès et la cohabitation des différents modes de transport, créer un nouveau parking voitures, revoir le cheminement piétonnier où l’absence de végétation se fait cruellement sentir, installer une gare routière au pied du pont de la Palombe, côté sud.
A l’intérieur, il s’agit de créer des espaces modulables pour faciliter l’accès aux quais, agrandir les lieux de cohabitation et obtenir une déambulation plus apaisée. Il est envisagé de réaliser une interconnexion entre les souterrains existants, l’ouverture, il y a quelques années d’un couloir parallèle au quai n°1 n’ayant pas suffi. Une passerelle enjambant les voies côté sud pourrait voir le jour, facilitant l’accès côté Belcier.
Compte tenu du montant des investissements et des aménagements prévus, une phase de concertation publique, dans le respect de la loin, a eu lieu entre le 2 septembre et le 11 octobre. Gares et Connexions sera le maître d’ouvrage de ce projet d’ampleur.
Ce qui nous attend en 2025
Cette année sera marquée par de nombreux rendez-vous, notamment dans le domaine de l’ouverture à la concurrence des bus de la RATP, des trains de banlieue et des Intercités. La question du financement des infrastructures devra aussi être tranchée. Voici quelques temps forts repérés par la rédaction. Une liste qui ne demande qu’à s’enrichir…JANVIER
▷ 1er janvier :• La réforme des tarifs entre en vigueur en Ile-de-France. Un tarif unique s’applique : 2,50 pour les trains et les RER et 2 euros pour les bus et les trams. Le prix du Navigo passe à 88,80 euros.• Début de l’activité des deux sociétés Hexafret et Technis qui remplacent Fret SNCF.• RATP Dev gère désormais les modes lourds (métro, funiculaire, tramway…) de Lyon tandis que Keolis exploite les bus et trolleybus.• RATP Dev reprend également l’exploitation et la maintenance des réseaux de mobilités des villes de Caen et de Narbonne.• Les véhicules polluants (Crit’Air 3) ne peuvent plus circuler dans la zone à faibles émissions (ZFE) délimitée par l’autoroute francilienne A86. Une nouvelle étape dans la mise en application de la ZFE dans la métropole du Grand Paris. D’autres métropoles sont aussi concernées par ces mises en place de ZFE. Par exemple Rennes, où dans un premier temps seuls les véhicules les plus polluants sont interdits.. La région Grand Est prend la compétence sur 525 km de routes nationales non concédées comme le permet la loi 3DS. En clair, la région va entretenir et exploiter ce réseau à titre expérimental pendant cinq ans. Le projet inclut la mise en place d’une « éco-contribution poids lourds » (ECPL) qui permettra de financer les investissements nécessaires.• Vélo & Territoires et le Club des villes et territoires cyclables et marchables deviennent le Réseau vélo et marche, un réseau unique des collectivités engagées pour les mobilités actives en France.▷ 5 janvier• Les trois autres lignes du réseau du métro de Riyad en Arabie Saoudite devraient avoir été mises en service.▷ 8 janvier• Mise en place du dispositif Stop Fraude. Il doit permettre de vérifier la fiabilité des adresses données par les contrevenants. C’est l’Imprimerie nationale qui hébergera et gérera la plateforme de renseignements des adresses.▷ 29 janvier• Réouverture de la station Hôtel-de-Ville de la Courneuve (en Seine-Saint-Denis) sur la ligne T1.▷ Et aussi :• Attribution du contrat sur les Intercités, après l’appel d’offres lancé par l’Etat sur les lignes Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux.• Inauguration de la gare de Villejuif-Gustave Roussy dans la partie sud de la ligne 14 de la RATP. Cette gare assurera l’interconnexion entre les lignes 14 et 15 sud et desservira le premier centre de lutte contre le cancer en Europe.• Réception des premières rames du métro nouvelle génération MF19 sur la ligne 10 pour mener des essais, en vue d’une mise en service des premières rames à partir de la fin 2025.• Arrivée d’une première rame Ouigo rénovée.FÉVRIER
• Réunion négociation annuelle obligatoire (NAO) à la RATP pour décider des hausses de salaires.▷ Et aussi• Une conférence sur le financement du transport public devrait être organisée.• Conclusion de la Mission sur les violences routières.• Livraison de la phase 2 du technicentre Val Notre Dame à Argenteuil (Ligne J) sous maitrise d’ouvrage SNCF Voyageurs.• Présentation du calendrier révisé pour la mise en service de la ligne 15 Sud du Grand Paris ExpressMARS
▷ 15 Mars• Lancement de l’autoroute ferroviaire Cherbourg-Bayonne.▷ 22 mars• Le groupement Stretto (composé de Keolis et SNCF Voyageurs) va exploiter les lignes du lot ferroviaire ouvert à la concurrence par Ile-de-France Mobilités : les tramways T4, T11 et la branche Esbly <> Crécy de la Ligne P.▷ 31 mars• Réouverture de la partie Est (Bobigny-Noisy-le-Sec) du tramway T1.▷ Et aussi :• Remise en service de la ligne ferroviaire de la Maurienne après l’éboulement d’aoput 2023.AVRIL
▷ 1er avril• Fin de l’interruption temporaire de circulation permettant l’ouverture de la ligne du tramway T1 jusqu’à Noisy-le-Sec.▷ Et aussi :• Après s’être implantée en France en lançant des lignes entre Lyon et Marseille, et Barcelone et Madrid, la compagnie des chemins de fer espagnole Renfe annonce l’ouverture d’une troisième liaison, entre Toulouse et Barcelone. Plus tard, elle vise Paris.• L’automotrice à grande vitesse Alstom Avelia Liberty devrait être mise en service par Amtrak à partir du printemps 2025, entre Boston et Washington.MAI
▷ 15 mai : Grands Prix des Régions organisés par Ville, Rail & Transports.▷ Et aussi :• Réouverture de la ligne Luchon-Montréjeau.• Première nationalisation d’un opérateur de transport ferroviaire dans le cadre du plan britannique visant à faire passer les compagnies privées dans le giron public. South Western Railways, qui opère dans le sud ouest de l’Angleterre, sera la première entreprise concernée. Suivront en juillet : la société c2c, puis à l’automne Greater Anglia.JUIN
▷ Du 15 au 18 juin : Sommet de l’Union internationale ds transports publics (UITP) à Hambourg▷ Du 24 au 26 juin :• Salon Sifer à Lille• Journées Agir à Reims▷ 29 juin• Lancement des trains de Transdev sur l’axe Marseille-Toulon-Nice dans le cadre de la ouverture à la concurrence des TER voulue par la région Sud.▷ Et aussi mi-2025 :• Signature du nouveau contrat entre IDFM et la RATP pour cinq ans.• Résultats d’appels d’offres de la ligne L puis de la Ligne J dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des trains de banlieue parisienne.• Attribution du lot TER Bourgogne Ouest Nivernais par la région Bourgogne-Franche Comté.• Des rames Régiolis transfrontalières France-Allemagne (TFA) doivent circuler à l’été 2025 entre l’Alsace, la Lorraine et les Länder voisins (Rhénanie-Palatinat, Sarre, Bade-Wurtemberg).• Début des travaux du futur centre de commandement des RER B et D. Il sera implanté à la Plaine Saint-Denis et doit être opérationnel à l’horizon 2030.• Le premier téléphérique d’Île-de-France, le Câble 1, doit être mis en service dans le Val-de-Marne. Il desservira cinq stations situées entre les communes de Créteil et Villeneuve-Saint-Georges.JUILLET :
▷ 1er juillet• Le Danemark succède à la Pologne à la présidence de l’Union européenne.▷ Du 8 au 11 juilletLe Congrès sur la grande vitesse ferroviaire tient sa 12e édition à Pékin en deux endroits symboliques : le China National Convention Center (CNCC) (Centre national chinois des congrès) et le National Railway Test Center (NRTC) (Centre d’essai ferroviaire national. Il est organisé conjointement par l’Union internationale des chemins de fer (UIC) et les chemins de fer chinois.AOUT :
▷ 1er août :• Keolis commence l’exploitation du lot de bus gagné en Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des bus RATP. Une autre partie du contrat doit commencer le 1er novembre pour sept ans.• Bus Optile en concurrence phase 2 : démarrage du nouveau contrat dans le nord-ouest de l’Île-de-France (DSP1 Vexin).▷ Et aussi :• Achèvement du chantier du Pont des Cathédrales à Saint-Denis qui remplace un ouvrage centenaire. Ce pont pourra accueillir les trains de la ligne K, les RER mais aussi les futures navettes du CDG Express.• A partir d’août, la ligne Paris-Orléans ferme en journée pour travaux. Le chantier va durer six mois.• Le parc de TFS (ancien matériel) est totalement remplacé, à la fin de l’été, par 37 nouvelles rames TW20 sur le T1.SEPTEMBRE
▷ 1er septembre• Le Sytral fusionne ses trois réseaux historiques sous une marque unique : TCL, le réseau des transports en commun lyonnais, les Cars du Rhône, le réseau de transport interurbain du département, et Libellule, le réseau de transport de la Communauté d’agglomération de Villefranche-Beaujolais-Saône, seront ainsi réunis sous un seul et même nom : TCL.▷ Et aussi :• Le protocole signé entre le conseil régional de Bretagne et six intercommunalités de l’axe Quimper-Vannes (dénommé « BreizhGo Express Sud »), prévoit plus de fréquences de TER dès la rentrée 2025. Cette démarche partenariale entre une région et des EPCI est présentée comme une première nationale.• Réouverture de la gare de Talence-Médoquine. Les travaux avaient été lancés en avril 2024. La gare doit être au cœur d’un pôle d’échanges multimodal de transports dans la décennie à venir.OCTOBRE
▷ 16 octobre :• Les Grands Prix de la région capitale sont organisés par Ville, Rail & Transports.▷ Et aussi :• Tous les délégataires des lots de bus RATP devaient avoir été choisis d’ici octobre. Les emblématiques lignes parisiennes intra-muros doivent être attribuées en dernier.NOVEMBRE
▷ 1er novembre :• RATP Cap Île-de-France, qui a gagné les lots 42 « Boucles Nord de Seine », et 45 « Boucles de Marne », commence à exploiter les bus gagnés dans le cadre de l’appel d’offres lancé par IDFM. Pour une durée de 8 ans.▷ Du 4 au 6 novembre :• Les Rencontres nationales du transport public (RNTP,) se déroulent à Orléans.DÉCEMBRE
▷ 14 décembre• Fin des travaux sur la ligne reliant Nice à Tende. Le train des Merveilles était stoppé depuis septembre 2024 pour permettre la réalisation d’importants travaux de rénovation et de modernisation de la ligne de la vallée de la Roya.▷ 16 décembre :• 34e édition du Palmarès des Mobilités organisé par Ville, Rail & Transports.▷ Et aussi :• Signature du nouveau contrat liant SNCF Voyageurs à Ile-de-France Mobilités (IDFM).• La région Grand Est prévoit, d’ici la fin 2025, de choisir le ou les nouveaux concessionnaires de plusieurs lots de TER ouverts à la concurrence : le lot Bruche-Piémont-Vosges en décembre. Auparavant, elle devrait avoir choisi le ou les délégataires pour le lot transfrontalier Est-Strasbourg au 3e trimestre ainsi que pour le lot transfrontalier Ouest-Metz.• De son côté, la région Sud choisira son concessionnaire pour le lot Est Provence et pour la ligne des Alpes au cours du second semestre.• Commande de matériels Intercités pour les trains de nuit et pour la transversale Bordeaux-Marseille annoncée en 2024 par l’Etat pour 2025.• Tout au long de l’année, poursuite du déploiement des rames Alstom RER NG pour les RER E et D• Pour la ligne 18 : arrivée au SMR (site de remisage et de maintenance ferroviaire) de Palaiseau des premières rames Alstom destinées à la ligne 18 du métro Grand Partis Express.• Le MF19 entrera en circulation sur la ligne 10 du métro parisien.• La gare de Lyon Part-Dieu devrait avoir été totalement rénovée.• Fin des travaux sous l’avenue des Champs Elysées où doit être construit sous terre un hôtel logistique où seront stockées des marchandises pouvant être livrées par mobilités douces.• L’avenir d’Orlyval doit être décidé à la fin de l’année, suite aux études qui auront été menées auparavant. Ces navettes se voient remises en question depuis l’arrivée de la ligne 14 qui met le centre de Paris à une vingtaine de minutes de l’aéroport.• Des travaux pourraient démarrer côté Lettonie pour lancer le projet ferroviaire Rail Baltica (Varsovie – Kaunas – Riga – Tallinn – Helsinki) soutenue par Bruxelles.• Le projet de métro de Belgrade pourrait franchir une nouvelle étape vers sa réalisation. Il comprend à horizon 2028 une ligne de 21,8 km et 21 stations, puis vers 2030 une seconde ligne de 24,2 km et 26 stations et enfin une ligne de 23 km et 22 stations.• Le choix du groupement chargé de réaliser la ligne à grande vitesse Québec-Toronto pourrait être décidé en 2025… si le gouvernement canadien ne change pas. Le montant de l’investissement pourrait représenter 53 milliards d’euros. Des entreprises françaises sont sur les rangs.
Alstom exploitera le 1er janvier le réseau Metrolink entre Los Angeles et San Diego
Alstom a annoncé début décembre avoir remporté le contrat d’exploitation et de maintenance des trains du réseau de transport de banlieue Metrolink qui dessert les comtés de Los Angeles, Orange, Riverside, San Bernardino, Ventura et San Diego. Jusqu’alors, Alstom assurait seulement la maintenance. Un contrat dont l’entreprise avait hérité lors de l’acquisition de Bombardier Transportation, qui assurait cette fonction depuis 1998. Avec ce nouveau contrat confié par l’autorité organisatrice des transports ferrés de Californie du sud (Southern California Regional Rail Authority), Alstom élargit son périmètre à l’exploitation qui jusqu’à présent était assuré par Amtrak.
Le nouveau contrat, qui commence le 1er janvier et s’étendra jusqu’au 30 juin 2030, représente un montant de 515 millions de dollars (490 millions d’euros environ). Il prévoit une extension possible de trois ans, ce qui porterait le montant à environ 817 millions d’euros.
Alstom va garder les 180 employés en poste et prévoit de recruter plus de 200 personnes supplémentaires au 1er juillet 2025.
Le réseau de Metrolink s’étend sur 877 km et comprend huit lignes desservant 67 gares au total. Metrolink comprend également la ligne Arrow, longue de 15 kilomètres qui relie les villes de San Bernardino et de Redlands. La flotte se compose de 258 voitures et de 60 locomotives.
La société TCP met les voies ferrées en trois dimensions
Analyser des données pour connaître l’état d’une voie ferrée, de sa caténaire, de la végétation autour, ou encore déterminer quels gabarits peuvent l’emprunter. Ce sont quelques-unes des missions que se donne The Cross Product (TCP), une entreprise spécialisée dans le traitement de données.Avec deux autres étudiants comme lui de l’École des Mines de Paris, Andrés Serna le PDG a fondé The Cross product, un outil pour les calculs en 3D. En exploitant les données LiDAR fournies par les six engins de surveillance de la voie de SNCF Réseau qui parcourent en permanence le réseau ferroviaire national et publient tous les deux mois ces informations, TCP peut fournir une image en trois dimensions de chacune des lignes, sur des kilomètres. « L’intérêt d’analyser de grandes distances de lignes, c’est de pouvoir révéler les points qui nécessitent réellement des travaux et non là où ils sont effectués habituellement» , explique Andrés Serna.Pour traiter de grandes quantités de données de façon automatisée, TCP fait appel au cloud, autrement dit aux capacités de stockage, proposées par les grandes entreprises de la Tech.L’entreprise affiche ses tarifs sur son site internet ; le paiement est calculé au kilomètre de voie analysé.TCP s’intéresse surtout aux voies existantes. « Dans les voies nouvelles, on peut imaginer une analyse après la construction pour s’assurer de la conformité des voies, mais notre domaine d’intervention c’est l’entretien des lignes », précise le PDG. TCP n’acquiert pas elle-même les données qu’elle traite. Elle fait appel à des entreprises spécialisées dans ce domaine qui suivent son cahier des charges.
