Étiquette : MTR

  • Transdev reprend à MTR les trains régionaux autour de Stockholm

    Transdev reprend à MTR les trains régionaux autour de Stockholm

    Le devenir des trains régionaux Mälartåg, qui relient Stockholm aux principales destinations situées dans un rayon de 200 km, était la dernière question en suspens sur ce qu’il reste des activités de MTR en Suède après la perte du RER et du métro de Stockholm, puis la vente annoncée de l’activité open access MTRX. Finalement, c’est Transdev qui a été choisi pour remplacer le groupe hongkongais comme exploitant des trains Mälartåg, qui tirent leur nom du lac Mälaren, à l’ouest de Stockholm. Et cette fois, on peut dire que MTR quitte le paysage ferroviaire suédois.

    Le changement est donc total depuis la reprise, en décembre 2021, des dessertes Mälartåg par le groupe de Hong-Kong, que rien ne semblait arrêter autour de Stockholm, où il exploitait déjà le métro et le RER. Sur les cinq lignes Mälartåg, quatre étaient auparavant exploitées par l’entreprise « historique » suédoise SJ, alors que celle la plus au nord avait eu Transdev pour opérateur de 2017 à 2022. Dès les premiers mois de 2022, l’exploitation a tourné au cauchemar pour MTR, avec des revenus moins élevés que prévu, et pour les voyageurs, confrontés à des retards, des trains annulés et des fréquences revues à la baisse. Malgré les mesures prises par MTR pour redresser la situation, la situation n’était pas satisfaisante pour l’autorité organisatrice Mälardalstrafik, qui regroupe les six régions desservies par les lignes Mälartåg (Stockholm, Sörmland, Uppsala, Västmanland, Örebro et Östergötland).

    D’un commun accord entre l’autorité organisatrice et l’exploitant, la période contractuelle a été raccourcie, pour prendre fin le 16 juin prochain. Ce qui, dans le fond, arrange également MTR : « Nous avons fait tout notre possible pour développer le trafic de Mälartåg (…). Et surtout, nous avons formé un grand nombre de nouveaux agents qui assurent aujourd’hui la conduite des trains Mälartåg, ce qui sera d’un grand bénéfice pour les voyageurs pendant de nombreuses années. Cependant, dans le cadre du contrat actuel, il n’a pas été possible d’atteindre une situation financière tenable ni de fournir le niveau de trafic contractuel », a déclaré Caroline Åstrand, PDG de MTR Nordic.

    Comme lors de la reprise des trains de l’Öresund, entre le sud de la Suède et Copenhague, c’est à Transdev qu’a été attribuée l’exploitation des trains Mälartåg, dans le cadre d’une mesure d’urgence définie par le règlement n° 1370/2007 du Parlement européen et du Conseil relatif aux services publics de transport de voyageurs par chemin de fer et par route. Signé pour une période de deux ans à partir du 16 juin, avec deux options d’un an chacune, le nouvel accord implique une reprise par Transdev des quelque 450 salariés de MTR qui conduisent ou assurent le contrôle à bord des trains Mälartåg actuellement. Parallèlement à cette attribution, Mälardalstrafik travaille depuis l’automne dernier sur la recherche d’un exploitant après 2026 et a publié à cette fin une annonce préalable sur la version en ligne du supplément au Journal officiel de l’Union européenne (JOUE), en vue de lancer une procédure d’appel d’offres.

    Malgré une exploitation laissant à désirer, la fréquentation des trains Mälartåg est en croissance et a atteint 12,5 millions de voyageurs en 2023. Les dessertes sont assurées par un parc de 62 trains, dont 53 rames Stadler ER1 à deux niveaux et 9 rames à caisse « large » Regina, construites par Adtranz, puis Bombardier.

    P. L.

  • MTR quitte le marché de l’open access en Suède

    MTR quitte le marché de l’open access en Suède

    Alors que les revers s’accumulent pour les services publics exploités par MTR en Suède – trains régionaux, RER et métro de Stockholm – la relation grandes lignes en open access assurée par l’opérateur de Hong-Hong sous l’appellation MTR Express (MTRX) entre la capitale et Göteborg, deuxième ville du pays, se porte pour le mieux. Appréciée de ses clients depuis son lancement en 2015, elle a survécu au Covid et a fini par devenir rentable en 2022, avant de réaliser un chiffre d’affaires d’environ 350 millions de couronnes (30 millions d’euros) en 2023. Assurée par une filiale de MTR Nordic basée à Stockholm, cette activité open access emploie 120 personnes.

    C’est dans ces circonstances que MTRX devrait changer de propriétaire au printemps prochain. Une nouvelle qui tombe alors que les 18 départs quotidiens assurés par ses rames rouges affichent des taux de remplissage record, pour une part de marché de 30 % entre les deux premières villes suédoises. Mais les circonstances actuelles sont assez exceptionnelles : la météo oblige l’opérateur historique SJ d’annuler certains départs, son parc étant en partie retenu aux ateliers pour dégivrage, alors que les trains classiques verts du nouvel entrant FlixTrain sont indisponibles jusqu’à nouvel ordre pour la même raison. Apparemment, les six rames Stadler Flirt du parc MTRX semblent moins sensibles aux rigueurs de l’hiver suédois…

    Sous réserve de l’approbation de l’Autorité suédoise de la concurrence, MTRX devrait donc être racheté fin mai par VR Group, les chemins de fer finlandais, qui ont pris pied en Suède en 2022 en y rachetant la filiale d’Arriva. Avec ce rachat, VR Group fait son entrée dans les services open access, plus développés en Suède que dans les autres pays nordiques.

    On pourrait interpréter cette vente comme le signe avant-coureur d’un départ de MTR du marché suédois, voire nordique. Une interprétation que la filiale locale de l’opérateur hongkongais ne souhaite pas commenter dans les médias. Caroline Åstrand, DG de MTR Nordic, est toutefois citée dans le communiqué de VR Group : « Nous envisageons avec confiance cette nouvelle phase du parcours de MTRX. Nous sommes également fiers de notre contribution au développement du secteur ferroviaire suédois par l’orientation client et de la capacité d’innovation de MTRX. VR est un opérateur stable et expérimenté qui souhaite se développer dans l’activité des trains commerciaux grandes lignes, ce qui donne à MTRX une fantastique occasion d’inciter encore plus de personnes à choisir de voyager en train, de manière respectueuse du climat ».

    P. L.

  • Go-Ahead et ComfortDelGro prennent le métro de Stockholm à MTR

    Go-Ahead et ComfortDelGro prennent le métro de Stockholm à MTR

    Pour le groupe hongkongais MTR, le retournement de situation en quelques mois dans la région de Stockholm est total. Après la situation problématique des trains régionaux du Mälaren et la désignation de l’opérateur historique SJ comme repreneur à titre temporaire du Pendeltåg, le RER de Stockholm, c’est maintenant au tour du métro (tunnelbana) de la capitale suédoise d’échapper à MTR, cette fois dans le cadre d’un appel d’offres dont les résultats ont été rendus publics le 23 janvier. Officiellement, il n’y a aucun lien entre cette décision de SL, l’autorité organisatrice des transports de la région de Stockholm, et les problèmes qui ont coûté le RER à MTR.

    Opérateur depuis fin 2009 du métro de Stockholm, auparavant exploité pendant dix ans par Connex (aujourd’hui Transdev), MTR Tunnelbanan AB, filiale de MTR Nordic, était candidate à sa propre succession. Transdev et Strides (émanation de SMRT, exploitant du métro de Singapour), avaient également déposé une offre commune. Keolis était également sur les rangs. Mais ces trois premières offres ont été disqualifiées par SL. Restait le dossier de Connecting Stockholm, co-entreprise de Go-Ahead Group (55 %) et de ComfortDelGro (45 %) : c’est cette quatrième offre que SL a choisie pour assurer l’exploitation et la maintenance du métro de la capitale suédoise. Keolis, dont l’offre était moins chère que celle de Connecting Stockholm, a déposé un recours, le 2 février.

    Cette fois, Go-Ahead, qui est associé à Keolis en Grande-Bretagne, s’est associé à ComfortDelGro, groupe originaire de Singapour qui exploite des transports publics sur rail comme sur route dans sept pays (Chine, Malaisie, Viêt-nam, Royaume-Uni, Irlande, Australie et Nouvelle-Zélande). En France, cette entreprise fait partie du groupement formé avec la RATP et Alstom pour l’exploitation de la ligne 15 Sud du Grand Paris Express. On notera donc la présence d’un opérateur de Singapour dans deux des quatre offres déposées à Stockholm. Une nouvelle tendance en Europe ?

    Chiffré à plus de 40 milliards de couronnes (plus de 3,5 milliards d’euros), le nouveau contrat pour le métro de Stockholm démarrera le 2 mai 2025, pour une durée de onze ans. Au cours de cette période contractuelle, ce réseau de trois lignes, qui totalise actuellement 106 km, propose sept relations, dessert 100 stations et compte six dépôts, doit être prolongé d’une dizaine de stations sur deux lignes, alors qu’une quatrième ligne, automatique, est en projet. Le directeur général de Connecting Stockholm est le Britannique Matt Kinane, qui possède une très longue expérience professionnelle du métro de Stockholm, qu’il a connu tant à l’époque de Connex que de MTR, avant de rejoindre Go-Ahead Nordic.

    P. L.

  • MTR quitte le RER de Stockholm

    MTR quitte le RER de Stockholm

    Tout n’allait plus pour le mieux depuis quelque temps entre l’autorité organisatrice des transports de la région de Stockholm, SL, et MTR, l’opérateur de Hong-Kong, dont la filiale MTR Nordic a repris en 2016 l’exploitation du Pendeltåg, le RER de la région capitale suédoise. En mai dernier, après plusieurs mois d’annulations à répétition, dans une ambiance conflictuelle au sein du personnel d’exploitation des trains, SL avait annoncé qu’il n’y aurait pas de levée d’option pour proroger le contrat en cours, qui devait se terminer en 2026.

    On aurait pu y voir un premier avertissement, mais le contrat doit désormais se terminer bien plus tôt que prévu, et ce, dès l’an prochain. En effet, le 1er novembre, SL et MTR ont décidé, d’un commun accord, de mettre fin au contrat du Pendeltåg dès le 3 mars prochain (pour autant, le contrat pour le métro de Stockholm entre les deux mêmes signataires n’est pas concerné). L’exploitation du RER sera alors reprise par un nouvel opérateur, qui devrait être pendant au moins deux ans SJ Stockholmståg, filiale de l’entreprise historique suédoise SJ. Cette dernière retrouverait un terrain connu, ayant exploité le réseau régional de 1968 à 2000, puis, via sa filiale Stockholmståg, de 2006 à 2016. Avec le changement d’opérateur, tous les salariés qui travaillent principalement à l’exploitation du Pendeltåg se verront proposer un emploi chez le repreneur de cette activité.

    Climat social dégradé

    Pour MTR Nordic, qui devra veiller à ce que la transition se passe dans les meilleures conditions, le retrait du Pendeltåg devrait coûter cher, mais sans doute moins que si l’opérateur s’était maintenu dans les conditions actuelles, avec une accumulation de pénalités à verser à l’autorité organisatrice. L’exploitant sortant considère toutefois son bilan comme globalement positif, surtout sur les premières années du contrat, avec un niveau « historique » de formations de nouveaux conducteurs et l’unification, par son renouvellement, du parc de matériel roulant, rendue nécessaire par l’ouverture du nouveau tunnel de RER sous Stockholm en 2017.

    Autre son de cloche côté syndical, où l’on se réjouit ouvertement du départ annoncé de MTR, accusé de contourner les conventions collectives, tout en voulant généraliser l’exploitation à agent seul, y compris sur les rames en unités multiples, longues de 214 mètres. Une mesure largement impopulaire, tant chez les salariés qu’auprès des usagers, qui a largement contribué à la dégradation du climat social depuis un an sur les lignes du RER de Stockholm.

    P. L.

  • Les déboires de MTR sur le RER de Stockholm

    Les déboires de MTR sur le RER de Stockholm

    Mauvaise passe pour MTR à Stockholm. L’opérateur de Hong Kong est tombé sur un os dans la région de la capitale suédoise, après y avoir remporté une impressionnante série de succès : métro de la capitale suédoise depuis 2009, RER (pendeltåg) depuis 2016, ainsi que les trains régionaux Mälartåg depuis fin 2021, sans oublier MTRX, une relation en open access entre Stockholm et Göteborg.

    L’autorité organisatrice des transports de la région de Stockholm, SL, a en effet annoncé que l’exploitation du RER par MTR se terminerait fin 2026, soit après les dix années de la période contractuelle à compter de son début, fin 2016, mais sans levée d’option sur quatre années supplémentaires maximum. A l’occasion, SL a également annoncé le lancement de l’appel d’offres pour la période après 2026, le nouvel exploitant devant être désigné d’ici deux ans et demi. Rappelons qu’il y a une petite dizaine d’années, le français Keolis avait fait acte de candidature et qu’il avait déjà été l’exploitant de ce RER entre 2000 et 2006.

    Cette décision traduit l’agacement de SL vis-à-vis de son exploitant. Si l’autorité organisatrice admet que « sur l’ensemble de la période contractuelle, le service du RER a connu un bon développement depuis sa reprise par MTR en 2016 », elle pointe aussi que « des problèmes ont été importants » depuis l’automne dernier. « L’évaluation que nous avons effectuée montre que le contrat comporte des lacunes qui détériorent la performance », commente David Lagneholm, PDG de SL.

    La situation conflictuelle couve depuis plusieurs mois. Confronté à des difficultés notamment sur la maintenance du matériel et sur la disponibilité du personnel, MTR a décidé d’introduire l’exploitation à agent seul, y compris dans les rames en unités multiples (jusqu’à présent, un deuxième agent assurait la fermeture des portes depuis la cabine de tête de l’élément en queue). Certains conducteurs ont alors exercé leur droit de retrait, ce qui a obligé MTR à assurer un service minimum ou à recourir à des bus de substitution.

    En même temps que l’annonce concernant MTR, SL a rendu public un préavis de grève des conducteurs de trains, les syndicats faisant valoir leur mécontentement face aux roulements proposés par les entreprises ferroviaires. Ces dernières sont en effet dépendantes du nouveau logiciel d’affectation des sillons du gestionnaire d’infrastructures Trafikverket, qui fait l’unanimité contre lui. Si ce préavis a finalement été levé au niveau national, les usagers du RER de Stockholm savent qu’ils ne sont pas à l’abri de nouvelles grèves sauvages…

    Patrick Laval

  • MTR vers un quasi-monopole sur rail à Stockholm

    MTR vers un quasi-monopole sur rail à Stockholm

    Où s’arrêtera MTR à Stockholm ? Le métro de Hong-Kong, qui exploite via des filiales locales le métro de la capitale suédoise depuis 2009, son RER (pendeltåg) depuis 2016, ainsi qu’une relation en open access entre Stockholm et Göteborg, s’apprête maintenant à reprendre pour huit ans (plus une année en option) l’exploitation et la maintenance des trains régionaux Mälartåg. Pour cet ensemble de cinq relations entre les principales agglomérations dans un rayon de 200 km autour de Stockholm, l’offre remise par MTR Jota AB a été jugée la meilleure par Mälardalstrafik (Mälab AB), l’autorité organisatrice regroupant six régions autour de la capitale et du lac éponyme Mälaren : Stockholm, Sörmland, Uppsala, Västmanland, Örebro et Östergötland.

    Pas moins de trois autres offres avaient été remises pour ce marché chiffré à quelque quatre milliards de couronnes (400 millions d’euros). Arriva s’est retrouvé en finale face à MTR Jota AB, après élimination des candidatures de SJ, héritier des Chemins de fer de l’Etat et exploitant depuis 2016 de quatre des cinq relations concernées, dans le cadre d’un contrat de transition, et de Vy Tåg, les anciens Chemins de fer norvégiens de l’Etat. Un coup dur pour SJ, qui conserve toutefois trois relations interrégionales dans le périmètre de Stockholm. Mais même si la candidature de l’entreprise historique (toujours détenue à 100 % par l’Etat suédois) avait la préférence d’une partie du personnel, les syndicats ne voient pas d’un si mauvais œil l’arrivée d’un nouvel exploitant, qui devrait pouvoir donner l’occasion de renégocier les salaires, notoirement peu élevés chez SJ !

    Outre l’exploitation de cinq lignes (les quatre lignes SJ actuelles, plus une ligne exploitée jusqu’alors par Transdev entre Uppsala et Gävle) MTR devra assurer la maintenance d’un parc de 62 trains, en cours de renouvellement et qui comportera à terme 53 nouvelles rames ER1 à deux niveaux (à livrer par Stadler) et neuf rames « larges » Regina (produites en son temps par Bombardier), dans un nouveau dépôt à Eskilstuna (à 115 km de Stockholm).

    Reste à voir comment se passera la transition entre SJ et MTR, initialement prévue pour le changement d’horaire de décembre prochain. En effet, l’exploitant actuel a unilatéralement émis, le 12 mars, un préavis de six mois avant rupture du contrat de transition. Motif officiel : la baisse de fréquentation des trains régionaux Mälartåg depuis le début de l’épidémie de Covid a coûté à SJ un demi-milliard de couronnes (50 millions d’euros), le contrat actuel répartissant les bénéfices entre l’Autorité organisatrice et l’opérateur, ce dernier devant prendre à sa charge les pertes d’exploitation. Où l’on voit la fragilité d’un modèle plus proche des franchises britanniques que des concessions de service public, lorsque les voyageurs ne peuvent plus être là.

    P. L.

  • MTR face à la SNCF pour exploiter la HS2

    On sait depuis fin avril que la SNCF s’est associée avec Virgin et Stagecoach pour former un consortium (à hauteur de 20 %, 30 % et 50 % respectivement) pour remporter la future franchise West Coast Partnership (WCP). Mais ce consortium n’est pas le seul sur la short-list du ministère des Transports britannique (DfT). Deux autres joint-ventures sont candidates à l’appel d’offres pour exploiter la WCML entre Londres, Birmingham, le nord-ouest de l’Angleterre et l’Ecosse à partir de 2019, puis pour mettre en service et exploiter la première phase de la ligne à grande vitesse High Speed 2 (HS2), qui reliera Londres à Birmingham à partir de 2026. Le premier de ces concurrents était également connu depuis quelques semaines : First Trenitalia West Coast Rail Ltd, une joint-venture entre First Rail Holdings Ltd (FirstGroup, 70 %) et Trenitalia (30 %). Le second est une demi-surprise, mais pourrait être redoutable : MTR West Coast Partnership Ltd, une joint-venture entre la filiale britannique du hongkongais MTR et son voisin chinois Guangshen Railway Co, exploitant de la ligne Shenzhen – Guangzhou – Pingshi, avec comme sous-traitants Deloitte MCS, Panasonic Systems Europe, Snowfall (informaticien suédois spécialisé dans les transports), le vendeur en ligne de billets Trainline.com et l’entreprise d’ingénierie WSP Parsons Brinckerhoff.
    P. L.

  • Contrat à un milliard d’euros pour Bombardier au sud-ouest de Londres

    Contrat à un milliard d’euros pour Bombardier au sud-ouest de Londres

    Un milliard d’euros, soit 895 millions de livres sterling. C’est le montant du marché que Bombardier a conclu avec First Group et MTR, qui reprendront le 20 août la franchise au sud-ouest de Londres. D’une part, l’usine de Derby, au cœur de l’Angleterre, devra livrer d’ici décembre 2020 pas moins de 90 rames automotrices de cinq ou dix caisses (soit un total de 750 voitures) de la plateforme Aventra, qui à partir de la mi-2019 formeront les trains de banlieue au départ de Waterloo. De plus, Bombardier fournira les services techniques au dépôt de Wimbledon et les pièces de rechange de ces trains pendant sept ans, avec une option de prorogation. Le tout est financé par Rock Rail, consortium britannique d’investissement dans le matériel roulant.

    Cette commande est la quatrième pour la plateforme Aventra, la nouvelle génération d’automotrices produites en Angleterre par Bombardier pour le réseau britannique, après les rames pour Crossrail, l’Overground et la franchise East Anglia. Les 90 futures rames South West, à caisses en aluminium, offriront de larges intercirculations, la climatisation, le Wi-Fi gratuit, des prises USB, 2+2 sièges de front, un système d’information voyageurs et des toilettes accessibles aux PMR. De quoi améliorer substantiellement le confort sur les lignes concernées.

  • Entretien avec Daniel Cukierman : « Pour les Chinois, le tramway, c’est un peu la France »

    Entretien avec Daniel Cukierman : « Pour les Chinois, le tramway, c’est un peu la France »

    Le marché des transports urbains chinois est devenu incontournable pour les groupes de transport. L’ancien CEO de Veolia Transport RATP Asia, Daniel Cukierman nous en souligne les caractéristiques. Lire aussi notre dossier Chine

    Ville, Rail & Transports. Faut-il s’intéresser à la Chine quand on est un grand transporteur ?

    Daniel Cukierman. La Chine est aujourd’hui le plus grand marché mondial de transport. En volume. Pas en valeur, mais elle le sera un jour. Le premier marché en valeur est le Japon, mais il est fermé. Les Japonais disent le contraire. En tout cas, les groupes français n’y sont pas. 

    La Chine construit aujourd’hui autant de lignes de métro que l’Europe dans la première moitié du XXe siècle. Avec 550 km, Shanghai a le plus long réseau de métro au monde (et prévoit de construire 800 km de tramway, soit presque autant que l’ensemble des lignes existant en France).

    Des groupes de transport qui se veulent internationaux doivent se poser la question du marché chinois. Les groupes français ont plusieurs atouts. Ils sont internationalisés, et ils ont un savoir-faire dont la Chine a besoin. 

     

    VR&T. Quelles sont les caractéristiques de ce marché ?

    D. C. Travailler en Chine, cela prend du temps. Il faut être connu. La conception du business n’est pas la même qu’en France. Il faut prendre des risques ensemble, et cela veut dire investir ensemble. La relation de confiance met du temps à s’établir. Et il y a un côté méditerranéen. Il faut être copain. Il faut se connaître. Et puis, tant qu’on n’a pas eu de crise, on n’est pas implanté. La crise permet de remettre à plat les relations. Il faut donc oublier les habitudes de l’expatriation : on vient pour trois ans, et on change de poste…

    Jean-Pascal Tricoire, président de Schneider Electric et président du Comité France Chine, est le seul président d’une entreprise du Cac 40 qui vive en Chine, à Hong Kong. Lui aussi le dit : il faut du temps. Il a commencé à gagner de l’argent au bout de quinze ans. 

    C’est un vrai sujet. Il n’est pas si simple d’être présent quelques années et de dépenser quelques millions avant d’être vraiment dans le business.

    De plus, le cadre contractuel n’est pas clair. Un exemple. Le marché des bus est aux risques et périls. Il faut vivre des recettes… sans être maître du prix du billet, qui est déterminé par les autorités locales.

    En 1998, le prix du billet a été fixé à 1 RMB [la monnaie chinoise appelée yuan RenMinBi, ndlr]. À l’époque, c’était un bon prix. Les entreprises de bus de Hong Kong sont alors entrées dans ce marché, mais les prix ont ensuite été bloqués pendant quinze ans. 

    Vers 2005-2006, les entreprises de transport ont commencé à avoir du mal à équilibrer leurs comptes. On est alors entré dans un système de subventions : une subvention nationale, liée au prix du fuel, et d’autres, locales, qui compensent les tarifs sociaux, et parfois aussi l’achat de véhicules neufs, ou d’autres postes, selon la qualité de la relation. Rien de tout cela n’est contractuel. Le transporteur sait que le billet augmentera un jour, mais il ne sait pas quand. La subvention nationale sur le prix du fuel est en fait une subvention au transport public mais son montant n’est pas connu d’avance. Cela dit, le gouvernement l’a plutôt bien versée. 

    Il est difficile dans ces conditions de faire un business plan et de convaincre ses actionnaires.

    De plus, le transport est considéré comme stratégique, ce qui interdit d’avoir une participation supérieure à 49 % dans une JV [joint-venture, coentreprise, ndlr]. Or, selon les normes IFRS [normes comptables internationales, ndlr], une participation à 49 % ne peut pas être consolidée.

    De ce fait, la décision d’aller ou pas sur ce marché va dépendre dans chaque entreprise de la confiance qu’on a dans les managers locaux.

    Finalement, en décembre 2014, le prix du billet a augmenté. À Pékin, le bus vient de passer de 1 à 2 RMB, et le ticket de métro de 2 à 3 RMB, à quoi s’ajoute un prix au kilomètre au-delà de 6 km. Depuis, les villes chinoises adoptent ce système.

    Le gouvernement a pris le risque de cette forte augmentation. Mais, comme le prix était vraiment bas, on n’entend pas parler de mouvements de protestation. Pendant quelques années les entreprises vont gagner de l’argent.

     

    VR&T. Comment les entreprises étrangères sont-elles arrivées en Chine ?

    D. C. Veolia Transport est arrivé début 2006, profitant du fait que Veolia Eau était connu, avait investi et bien géré son secteur. En Chine, big is beautiful. Et nous avions de bonnes références. 

    À l’époque, dans le transport, le sujet, c’était le métro. La Chine cherchait un opérateur international de référence pour faire du benchmark [de l’évaluation d’entreprises, ndlr]. MTR (Mass Transit Railway), le métro de Hong Kong, est arrivé avant nous. Le modèle économique était compliqué, les villes finançant l’infrastructure, l’opérateur finançant le matériel roulant et les systèmes. Sur une ligne moyenne, à Pékin, la part de l’opérateur revenait à environ 700 millions d’euros sur un total d’un peu plus de 2 milliards. En joint-venture il fallait donc investir 350 millions d’euros, somme que les Français n’avaient pas. 

    MTR a ainsi remporté la ligne 4 du métro de Pékin. Cela a été une opération très bénéfique. En effet, l’investissement a coûté moins cher que les 700 millions prévus. De plus, les prix du billet avaient été fixés sur la base de 500 000 voyages par jour. L’opérateur avait dit : le prix du billet devra être de 5 RMB pour amortir l’investissement, couvrir les coûts d’exploitation et assurer une marge. C’était un tarif virtuel, le tarif public du métro était de 2 RMB, et les autorités payaient à MTR la différence. Il y a eu en fait beaucoup plus de voyages que prévu, plus d’un million par jour !

    Le gouvernement a trouvé que ce modèle était intéressant et ce type de partenariat public-privé a intéressé les municipalités. Il a donc été décliné dans d’autres villes. Veolia a travaillé pour se présenter sur la ligne 1 du métro de Hangzhou, mais là aussi il fallait investir, alors que Veolia s’était positionné comme opérateur… à côté de la plaque. MTR l’a emporté. Peut-être aurions-nous dû bluffer, dire qu’on était investisseur, et trouver après coup un financeur !

    Une ligne à Shenzhen a été faite aussi sur ce modèle et MTR a encore gagné.

    Maintenant, MTR gère trois lignes de métro à Pékin, va en gérer probablement une deuxième à Hangzhou et en a déjà gagné une deuxième à Shenzhen. Je pense que les Chinois ne cherchent pas aujourd’hui d’autre opérateur étranger.

    Mais le marché n’est peut-être pas définitivement fermé. Comme les salaires augmentent vite, les municipalités vont peut-être rouvrir le dossier en s’intéressant aux coûts d’exploitation. Mais, pour quelques années encore, je pense que le marché des métros ne sera pas ouvert. Si jamais les villes veulent l’ouvrir, il sera alors plus simple de faire appel au métro de Shanghai qu’à des étrangers. 

     

    VR&T. Quel marché, si le métro reste pour quelque temps fermé ?

    D. C. La niche potentielle, c’est le tramway. Les Français en font la promotion. VTRC [ancienne dénomination de la JV RATP Dev Transdev Asia, ndlr] et Alstom pour commencer. Et la joint-venture Ratp Dev Transdev Asia exploite celui de Shenyang.

    Les Chinois aiment bien venir en France. Alors, on leur montre le tramway de Paris, Keolis montre le tramway de Bordeaux, Veolia-Transdev montrait le tramway de Nice et maintenant celui de Reims. À Nice, le vice-maire de Shenyang, découvrant le tramway, a téléphoné chez lui de la place Masséna et a dit : « je veux ça chez moi ! » C’était en décembre 2011. Il voulait son tramway pour les Jeux nationaux, qui se tenaient à Shenyang, en septembre 2013. Et il l’a eu (4 lignes, 50 km). C’est vrai, il l’a fait construire dans des zones peu peuplées, avant l’urbanisation… Mais tout de même ! Soit dit en passant, le maire de Nice, Christian Estrosi, n’a pas rendu service aux entreprises françaises en mettant son réseau en régie. 

    Aujourd’hui, une vague de tramways se développe en Chine, soit dans des quartiers périphériques soit dans des zones urbaines où il n’y a pas assez de monde pour faire un métro. Et une ville qui a un réflexe d’urbanisme, comme Shanghai, va faire un tramway en centre-ville.

    Le programme de construction de tramways est énorme. En effet, les villes doivent être au-dessus de certains seuils pour avoir le droit de faire un métro. Il faut avoir plus de 3 millions d’habitants, et tant de millions de recettes fiscales. Près de 40 villes ont ce droit et bien sûr aussi celui de faire un tramway. Pour faire quand même partie des grandes qui ont « du transport par rail », les autres vont faire un tramway. Plusieurs milliers de kilomètres sont prévus et une bonne partie est déjà en construction. C’est une niche pour les Français. Pour les Chinois, le tramway, c’est un peu la France. Pour l’instant, les Chinois ne savent pas exploiter un tram. Ce n’est ni du bus ni du métro. Mais ils apprendront vite.

    Mais c’est aussi un marché plus ouvert car, comme il est apparemment moins stratégique qu’un métro, c’est moins grave de le donner à un étranger. 

    Chacun des trois grands groupes français est un expert en tramway. C’est un créneau qui devrait permettre à ces entreprises de se développer. La JV RATP Dev Transdev Asia a un avantage : elle exploite déjà un tramway avec Shenyang. Keolis en a un autre : son partenariat avec Shentong. 

    Et puis, la hausse dernièrement intervenue du prix du billet va améliorer pour quelques années l’économie de l’exploitation du transport public en général et donc du tramway.

    Propos recueillis par François DUMONT

  • Premier Flirt pour MTR Express en Suède

    Premier Flirt pour MTR Express en Suède

    Le 18 octobre, Stadler Rail a annoncé avoir livré le premier des six trains interurbains Flirt destinés à la société MTR Express.

    Les trains, évalués à 71 millions d'euros, seront livrés entre mars et août 2015… Dès mars 2015, MTR Express, filiale de l'opérateur du métro de Hong Kong, exploitera la liaison entre Stockholm et Göteborg en concurrence directe avec SJ, l'exploitant "historique" des trains de voyageurs sur les chemins de fer suédois. 

    MTR se développe à l'international sur les marchés d'exploitation et de maintenance de réseaux de transport urbain et interurbain. Il exploite un train de banlieue de Melbourne et le métro de Stockholm depuis 2009 et, en joint-venture avec Arriva, le service orbital Overground de Londres depuis 2007.