Auteur/autrice : admin_lvdr

  • Grève à la SNCF le 26 avril

    La CFDT-Cheminots a décidé le 14 avril, comme l’Unsa la veille, de rallier la proposition CGT d’une grève unitaire à la SNCF le 26 avril pour peser sur les négociations en cours sur les conditions de travail des cheminots.
    Sud-rail, sur une ligne plus dure à la fois sur les revendications et les modalités de grève, pourrait ne pas rejoindre le mouvement. Le troisième syndicat représentatif de la SNCF décidera lundi s’il appelle à « la grève reconductible à partir du 26 avril ou début mai », a dit à l’AFP son porte-parole Eric Santinelli. Il a déjà déposé en mars un préavis pour couvrir toute initiative jusqu’à fin mai.

  • Pour la Fnaut, la généralisation du train classique à 200 km/h est une utopie

    Pour la Fnaut, la généralisation du train classique à 200 km/h est une utopie

    Relevant l’absence d’études préalables sur l’intérêt de faire rouler des trains à 200 km/h sur un réseau régénéré pour pallier l’obsolescence des Corail et s’approcher des performances des TGV, la Fnaut a commandé une enquête dont les conclusions en sont pour le moins surprenantes Peut-on faire rouler des trains à 200 km/h sur réseau classique ? Pour quels gains de temps ? A quel prix ? Ces questions, dont les réponses n’ont rien d’évident, ont fait l’objet d’un rapport commandé par la Fnaut à Gérard Mathieu, consultant indépendant et expert ferroviaire. Ce rapport arrive à point nommé en plein débat sur l’avenir des trains Intercités, dans un contexte marqué par un besoin de financement urgent pour le réseau ferré classique, alors que le TGV ne rapporte plus autant qu’avant et que la construction de nouvelles LGV est très débattue.
    En effet, nombre de spécialistes (économistes ou techniciens) et de politiques sont d’accord pour arrêter les mises en chantier de nouvelles LGV, pour des raisons tant écologiques qu’économiques. Plutôt donner la priorité à la régénération du réseau classique, sur lequel circuleraient de nouveaux trains à 200 km/h. Mais étrangement, aucun décideur ne semble s’être posé la question de la faisabilité et de l’intérêt réel de la pratique des 200 km/h sur réseau classique. Ce qui semble évident à certains ne l’est pas pour la Fnaut, qui a constaté qu’aucune étude préalable n’avait été faite à ce sujet !
    La Fnaut précise que l'expertise demandée est « purement technique », et non une étude de marché. Il ne s’agit pas d’évaluer les gains de clientèle ou de rentabilité. En présentant  cette étude le 8 avril, Jean Sivardière, vice-président de la Fnaut, a annoncé avoir été lui-même « surpris » par des résultats « parfois inattendus ».
    N’oublions pas que le 200 km/h, voire 220 km/h pour les TGV, est praticable sur 34 sections de lignes classiques totalisant un peu plus de 1 000 km. Par exemple sur Paris – Bordeaux (70 % du parcours), Le Mans – Nantes ou encore Strasbourg – Mulhouse.
    Un passage à 200 km/h, voire 220 km/h, serait possible moyennant des aménagements sur 110 sections supplémentaires déjà autorisées à 160 km/h et totalisant 1 941 km. Ce qui signifie que ces sections sont courtes (moins de 18 km de moyenne) et dispersées. Par conséquent, les gains de temps sont faibles en pratique (une minute par portion de 15 km) si l’on passe de 160 à 200 km/h sur ces sections.
    Pour préparer ce passage, il faut adapter les lignes, ce qui revient très cher pour un résultat aussi décevant. En effet, passer à 200 km/h implique, entre autres, de déniveler ou supprimer les passages à niveau, renforcer la voie et l’alimentation, modifier la signalisation et les dévers, augmenter les entraxes de voie, mais aussi ajouter des protections phoniques… le tout en maintenant la circulation sur les voies concernées ! « Gagner une minute revient plus cher que de construire une LGV », résume Jean Sivardière.
    Par ailleurs, passer à 200 km/h serait pertinent sur bien moins que les 1 941 km identifiés. Un tel passage ne présente pas d’intérêt si les tronçons sont parallèles à une LGV, trop courts (moins de 15 km ne laissent pas de temps pour accélérer et décélérer), sans trafic potentiel intéressant ou proche de la saturation (Amiens – Lille ou Dijon – Lyon).
    Première piste envisageable : une fois effectué l’élimination de telles lignes, restent 500 à 600 km de lignes classiques sur lesquelles le passage à 200 km/h garderait un intérêt. Mais d’autres relèvements de vitesse seraient techniquement possibles et économiquement pertinents sur environ 2 000 km, avec des gains de temps plus intéressants et des travaux moins coûteux qu’en passant de 160 à 200 km/h. Ainsi, 1 200 km pourraient passer à 160 km/h et 300 km à 140-150 km/h… Deuxième piste : quand on voit à quel point les temps de parcours se sont détériorés sur la majorité des Intercités depuis les années 70-80, il est évident que les vitesses autorisées par les infrastructures ne sont pas la seule piste d’amélioration. D’autres méthodes permettent de gagner du temps, comme l’emploi de matériel roulant avec des performances supérieures d’accélération et freinage (automotrices plutôt que rames tractées Corail fatiguées), la vitesse de franchissement des aiguillages en entrée et sortie de gares (des itinéraires à 60 km/h feraient gagner plusieurs minutes par rapport à des aiguillages à 30 km/h), ou des modifications dans les horaires et les conditions d’exploitation. « Aujourd’hui, on s’aligne sur les contraintes les plus fortes : le train lourd du vendredi est celui qui est pris comme référence pour le calcul des temps de parcours », précise Gérard Mathieu.
    Ce dernier a ainsi mis en évidence que quatre assertions sont des « utopies » :
    « On peut rouler à 200 km/h sur tout le réseau classique » (en fait, sur 500 à 600 km) ;
    « Le train classique à 200 km/h est une alternative à de nouvelles LGV » (cette solution peut réduire le temps de parcours de 5-6 % maximum, une LGV divise le temps de parcours par deux) ;
    « Une offre intermédiaire entre Intercités et TGV est possible » (les rectifications de courbes, la technique pendulaire ou la réalisation de shunts coupant les sections sinueuses ne permettent pas de gagner plus d’une vingtaine de minutes supplémentaires sur Limoges – Toulouse ou Bordeaux – Toulouse… pour presque aussi cher qu’une LGV) ;
    « Le THNS est une alternative aux LGV » (le « train à haut niveau de service » à 200 km/h sur ligne classique et 250 km/h sur LGV, proposé par EELV comme alternative au Polc effectuerait une desserte Paris – Lyon en 3 heures 30, attirerait peu de clientèle nouvelle sauf dans le centre de la France et serait infinançable).
    Tout en mettant en évidence ces « utopies », la Fnaut conclut, en partant de sa première piste évoquée plus haut, que l’on peut – et doit – augmenter la vitesse sur réseau classique, avec un passage de 160 à 200 km/h sur les lignes structurantes ou dans des gammes de vitesses inférieures (de 100 à 160 km/h) sur des lignes radiales et transversales desservant les lignes moyennes à l’écart des LGV. De plus, la Fnaut préconise la poursuite d’une double démarche : tout en donnant la priorité à la modernisation du réseau classique, il est également nécessaire de poursuivre l’extension des LGV « Nous ne disons pas de mettre des LGV partout, mais oui à Bordeaux – Toulouse, à fort potentiel, et Montpellier – Perpignan, qui libérerait des sillons sur la ligne classique pour les TER et le fret », précise Jean Sivardière. Mais à condition que l’Etat – et non la SNCF – se charge du financement « avec une fiscalité écologique dans les transports », en profitant de la baisse du prix de l’essence…    

    Patrick Laval

  • Liligo.com ajoute le train, le bus et le covoiturage à son offre de transport

    Le comparateur de vols français liligo.com a annoncé, le 13 avril, qu'il étendait désormais au covoiturage, aux trains et aux bus ses résultats de recherche, pour permettre à l'internaute d'avoir une proposition « exhaustive ».
    Liligo, qui fête ses dix ans et se revendique leader en France, est au total présent dans quinze pays et appartient au groupe eDreams-Odigeo (eDreams, GO Voyages, Opodo). Il fait état d'un volume d'affaires de 440 millions d'euros en 2015.
    « Depuis aujourd'hui, sur un seul site, on peut comparer tous les modes de transports en France et en Europe de façon exhaustive », a indiqué lors d'un point presse Mario Gavira, directeur général de liligo.com. « Avec l'intégration du train, du bus et du covoiturage à notre moteur de recherche, nous allons proposer jusqu'à 5 000 offres de transport par recherche », a-t-il ajouté.
    Quelque 500 000 requêtes de comparaison sont effectuées chaque jour sur liligo.com, qui redirige ensuite l'internaute vers le site marchand correspondant.

  • Allemagne : l’aiguilleur en cause dans l’accident jouait sur son téléphone

    L’aiguilleur mis en cause dans l’accident de train qui a fait 11 morts et 85 blessés, le 9 février, entre Rosenheim et Holzkirchen, près de Munich en Allemagne, jouait sur son téléphone peu avant la collision, a indiqué, le 12 avril, le parquet de Traunstein dans le sud de l’Allemagne.

    Cet homme de 39 ans a été placé en détention provisoire, le 11 avril, un mois après son inculpation mi-février pour « homicide involontaire », « blessures involontaires » et « intervention dangereuse dans le trafic ferroviaire ».

    Le matin du drame, le suspect a « allumé son téléphone, lancé un jeu en ligne et joué activement pendant un long moment », qui s’est achevé « peu » avant l’accident, explique le parquet.

    L’aiguilleur a reconnu avoir joué en ligne, mais « conteste avoir été distrait » de sa tâche au point d’en oublier de réguler le trafic, précise le magistrat.

    Selon le parquet, il a commis une série de fautes en laissant passer sur un tronçon à une voie l’un des deux trains impliqués dans l’accident, qui était en retard, désactivant au passage le système de sécurité qui aurait dû déclencher un freinage automatique.

    Il s’est ensuite trompé en manipulant les touches de son clavier, empêchant les deux conducteurs d’entendre son appel d’urgence.

     

     

  • Internet des objets, quatrième révolution industrielle pour la SNCF

    Internet des objets, quatrième révolution industrielle pour la SNCF

    Cela va de rajouter du lave-glace ou de l'eau dans les toilettes des TGV juste quand c'est nécessaire jusqu'aux questions plus pointues de maintenance des trains – le niveau d'huile dans le réducteur est-il OK ?, les portes d'intercirculation fonctionnent-elles ? – ou du réseau ferré, rails, aiguillages, pantographe, caténaire La SNCF est entrée de plain-pied dans l'Internet industriel des objets – IOT pour Internet of things pour les initiés – et « c'est une révolution qui ne fait que commencer, a prévenu Yves Tyrode, directeur du Digital à la SNCF. De nombreux éléments technologiques n'existaient pas il y a un an. » « Certains parlent de quatrième révolution industrielle, a poursuivi Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF. Ce qui est sûr c'est que toute la SNCF est concernée. Elle souhaite mettre le paquet et faire la course en tête. »

    La SNCF a définitivement pris le train du digital. Elle annonçait en 2015, y investir 450 millions d'euros en trois ans, ce sera finalement « plus de 500 millions ». La première étape concernait les clients, et la première attente des quatre millions de voyageurs quotidiens, c'est la connexion mobile dans les trains. Une promesse réitérée le 12 avril par Guillaume Pepy : « Mi-2019, 90 % des voyages seront connectés, y compris les TER, les Intercités, les RER. » Concernant les TGV, grâce à Orange, les voyageurs peuvent capter la 3G ou la 4G le long des lignes Paris – Lyon et Paris – Lille. Et les infrastructures Wi-Fi embarquées arriveront prochainement. Le contrat signé avec Orange, twentyone.net et Ineo doit permettre de « lancer une rame prototype ce mois-ci, a-t-il encore précisé. Et courant 2016, nous allons le généraliser à une quarantaine de rames. Notre engagement c'est d'équiper 300 rames TGV d'ici à fin 2017. »

    Le président a aussi rappelé la politique menée en matière d'ouverture des données, avec 80 jeux de data disponibles et 2 500 entreprises qui s'y sont connectées en quatre mois. Ou encore de l'équipement des agents en phablettes (smartphone dont l'écran est d'une taille intermédiaire entre celui des smartphones classiques et celui des tablettes) : 72 000 en disposent à ce jour et les 150 000 cheminots devraient en être équipés fin 2017. Mais la deuxième étape, l'Internet industriel, ouvre encore plus d'horizons. « on parle de ce qui va améliorer la qualité de service pour les clients en diminuant, les pannes, les retards, les incidents de toute nature, et de ce qui va améliorer la compétitivité de l'entreprise », a poursuivi Guillaume Pepy, citant 10 %, 20 % ou 30 % de gains d'efficacité.

    Concrètement, les systèmes reposent sur des capteurs miniaturisés fonctionnant sur batterie, des réseaux télécoms dédiés aux objets connectés (pour transmettre en temps réel et envoyer des alertes), le cloud pour le stockage, enfin le traitement des données via des appli pour les réinjecter dans les processus de maintenance et de supervision. « Le but est d'installer des capteurs sur les trains qui vont parler directement à des centres de maintenance, ce qui permet de suivre en temps réel la situation du train et de faire de la maintenance préventive », détaille Yves Tyrode. Et selon Xavier Ouin, directeur général du Matériel à la SNCF, « cela permet de faire le juste nécessaire, ni trop, ni trop peu de maintenance ».

    Depuis cinq mois, plus de 220 trains Franciliens disposent déjà de capteurs, en moyenne 2 000 par rame, qui transmettent 70 000 données par mois et par rame. La SNCF a également modélisé ses 30 000 km de voies pour prévoir les risques de chute d'arbres, de feuilles, et de heurts avec des animaux. La végétation au sens large est en effet le deuxième budget de dépense d'entretien du groupe, avec 120 millions d'euros par an. Elle est à l'origine de 600 000 minutes de retard par an. « Chaque jour, de nouveaux cas d'utilisation apparaissent. le retour sur investissement sera notre boussole », a conclu Guillaume Pepy.
    Cécile NANGERONI

     

  • La SNCF accepte 18,5 allers-retours entre Paris et Bordeaux

    Cet après-midi à 16h30 à Bordeaux, Rachel Picard, la directrice générale de SNCF Voyages, va dévoiler la grille horaire des TGV qui desserviront Paris à Bordeaux à partir de juillet 2017. Selon nos informations, il y aura 18,5 allers-retours quotidiens rapides entre les deux villes. Guillaume Pepy l’avait d’ailleurs laissé entendre lors de son audition le 30 mars devant le Sénat : « Il y aura beaucoup de trains avec beaucoup de places et beaucoup de fréquences », avait-il alors indiqué aux sénateurs, en reconnaissant « des discussions difficiles avec le concessionnaire ».

    La SNCF a donc reculé face à la pression des élus et de la société concessionnaire Lisea qui réclamaient au moins 19 allers-retours quotidiens. Après avoir retenu 13,5 dessertes quotidiennes, chiffre conseillé par Jean Auroux, le médiateur qu’elle avait embauché pour discuter avec les élus, elle avait finalement accepté de porter ce chiffre à 16,5, un niveau également validé par le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies. La SNCF a toujours dit qu’elle perdrait de l’argent sur cette liaison à grande vitesse Tours – Bordeaux, évaluant son déficit entre 150 et 200 millions d’euros annuels en raison des péages élevés prévus par Lisea, la filiale de Vinci.

    [email protected]

  • Une étude met à mal la généralisation du train classique à 200 km/h

    Peut-on faire rouler des trains à 200 km/h sur réseau classique ? Pour quels gains de temps ? A quel prix ? Ces questions, dont les réponses n’ont rien d’évident, ont fait l’objet d’un rapport commandé par la Fnaut à Gérard Mathieu, consultant indépendant et expert ferroviaire. Ce rapport arrive à point nommé en plein débat sur l’avenir des trains Intercités, dans un contexte marqué par un besoin de financement urgent pour le réseau ferré classique, alors que le TGV ne rapporte plus autant qu’avant et que la construction de nouvelles LGV est très débattue.

    En effet, nombre de spécialistes (économistes ou techniciens) et de politiques sont d’accord pour arrêter les mises en chantier de nouvelles LGV, pour des raisons tant écologiques qu’économiques. Plutôt donner la priorité à la régénération du réseau classique, sur lequel circuleraient de nouveaux trains à 200 km/h en remplacement des actuels trains Corail. Mais étrangement, aucun décideur ne semble s’être posé la question de la faisabilité et de l’intérêt réel de la pratique des 200 km/h sur réseau classique. Ce qui semble évident à certains ne l’est pas pour la Fnaut, qui a constaté qu’aucune étude préalable n’avait été faite à ce sujet !

    La Fnaut précise que l'expertise demandée est « purement technique », qu’il ne s’agit pas d’une étude de marché. Il ne s’agit pas ici d’évaluer les gains de clientèle ou de rentabilité. Assurant la présentation de cette étude le 8 avril, Jean Sivardière, vice-président de la Fnaut, a annoncé avoir été lui-même « surpris » par des résultats « parfois inattendus ».

    Déjà, n’oublions pas qu’une vitesse de 200 km/h, voire 220 km/h pour les TGV, est praticable sur 34 sections de lignes classiques totalisant un peu plus de 1 000 km. Par exemple sur les lignes Paris – Bordeaux (70 % du parcours), Le Mans – Nantes ou encore Strasbourg – Mulhouse.

    Un passage à 200 km/h, voire 220 km/h, serait possible moyennant des aménagements sur 110 sections supplémentaires déjà autorisées à 160 km/h et totalisant 1 941 km. Ce qui signifie que ces sections sont courtes (moins de 18 km de moyenne) et dispersées. Par conséquent, les gains de temps sont faibles en pratique (une minute par portion de 15 km) si l’on passe de 160 à 200 km/h sur ces sections.

    Pour préparer ce passage, il faut adapter les lignes, ce qui revient très cher pour un résultat aussi décevant. En effet, passer à 200 km/h implique, entre autres, de déniveler ou supprimer les passages à niveau, renforcer la voie et l’alimentation, modifier la signalisation et les dévers, augmenter les entraxes de voie, mais aussi ajouter des protections phoniques… le tout en maintenant la circulation sur les voies concernées ! « Gagner une minute revient plus cher que de construire une LGV », résume Jean Sivardière.

    Par ailleurs, passer à 200 km/h serait pertinent sur bien moins que les 1 941 km identifiés. Un tel passage ne présente pas d’intérêt si les tronçons sont parallèles à une LGV, trop courts (moins de 15 km ne laissent pas de temps pour accélérer et décélérer), sans trafic potentiel intéressant ou proche de la saturation (Amiens – Lille ou Dijon – Lyon).

    Première piste envisageable : une fois effectuée l’élimination de telles lignes, restent 500 à 600 km de lignes classiques sur lesquelles le passage à 200 km/h garderait un intérêt. Mais d’autres relèvements de vitesse seraient techniquement possibles et économiquement pertinents sur environ 2 000 km de lignes, avec des gains de temps plus intéressants et des travaux moins coûteux qu’en passant de 160 à 200 km/h. Ainsi, 1 200 km pourraient passer à 160 km/h et 300 km à 140-150 km/h…

    Deuxième piste : quand on voit à quel point les temps de parcours se sont détériorés sur la majorité des dessertes Intercités depuis les années 1970-80, il est évident que les vitesses autorisées par les infrastructures ne sont pas la seule piste d’amélioration. D’autres méthodes permettent de gagner du temps, comme l’emploi de matériel roulant avec des performances supérieures d’accélération et freinage (des automotrices plutôt que des rames tractées Corail fatiguées), la vitesse de franchissement des aiguillages en entrée et sortie de gares (des itinéraires à 60 km/h feraient gagner plusieurs minutes par rapport à des aiguillages à 30 km/h), ou des modifications dans les horaires et les conditions d’exploitation. « Aujourd’hui, on s’aligne sur les contraintes les plus fortes : le train lourd du vendredi est celui qui est pris comme référence pour le calcul des temps de parcours », précise Gérard Mathieu.

    Ce dernier a ainsi mis en évidence que quatre assertions sont des « utopies » :

    « On peut rouler à 200 km/h sur tout le réseau classique » (en fait, sur 500 à 600 km) ;

    « Le train classique à 200 km/h est une alternative à de nouvelles LGV » (cette solution peut réduire le temps de parcours de 5-6 % maximum, une LGV divise le temps de parcours par deux) ;

    « Une offre intermédiaire entre Intercités et TGV est possible » (les rectifications de courbes, la technique pendulaire ou la réalisation de shunts coupant les sections sinueuses ne permettent pas de gagner plus d’une vingtaine de minutes supplémentaires sur Limoges – Toulouse ou Bordeaux – Toulouse… pour presque aussi cher qu’une LGV) ;

    « Le THNS est une alternative aux LGV » (le « train à haut niveau de service » à 200 km/h sur ligne classique et 250 km/h sur LGV, proposé par EELV comme alternative au Pocl effectuerait une desserte Paris – Lyon en 3 heures 30, attirerait peu de clientèle nouvelle sauf dans le centre de la France et serait infinançable).

    De tous ces enseignements, la Fnaut tire comme conclusion que l’on peut – et doit – augmenter la vitesse sur réseau classique, avec un passage de 160 à 200 km/h sur les lignes structurantes ou dans des gammes de vitesses inférieures (de 100 à 160 km/h) sur des lignes radiales et transversales desservant les lignes moyennes à l’écart des LGV. De plus, la Fnaut préconise la poursuite d’une double démarche : tout en donnant la priorité à la modernisation du réseau classique, il est également nécessaire de poursuivre l’extension des LGV « Nous ne disons pas de mettre des LGV partout, mais oui à Bordeaux – Toulouse, à fort potentiel, et Montpellier – Perpignan, qui libérerait des sillons sur la ligne classique pour les TER et le fret », précise Jean Sivardière. Mais à condition que l’Etat – et non la SNCF – se charge du financement « avec une fiscalité écologique dans les transports », en profitant de la baisse du prix de l’essence…

    Patrick Laval

     

  • Le Rhône va supprimer 35 % des lignes de cars à la rentrée

    Lors de son budget 2016 examiné fin mars, le conseil départemental du Rhône a confirmé « l’adaptation » de sa future offre de transport soit une réduction de 35 % à partir du 1er septembre 2016. Le Sytral

      nouvelle AOT des Cars du Rhône, devrait, fin avril, entériner ce choix dicté par la participation financière à la baisse du département qui prévoit une économie de 8,3 millions d’euros (sur un objectif initial de 12 millions).

    Selon Christophe Guilloteau, le nouveau président (LR) du département, le pire aurait été évité : le précédent exécutif (centriste) avait, via le Sytral, négocié avec les quatre délégataires (Transdev et trois PME, dont une filiale de Keolis) une économie de 4,8 millions d’euros contre une réduction de l’offre de 45 %. Il n’en reste pas moins que les élus ont tous condamné des « DSP mauvaises », avec le sentiment que « les délégataires eux-mêmes ont pris la plume pour rédiger les contrats ».

    Les usagers, eux, ont mobilisé leurs troupes pour tenter de limiter la casse, souvent soutenus par les maires des petites communes rurales touchées par la suppression ou la réduction de lignes qui les relient à Lyon. En outre, ils devront prendre en charge les lignes scolaires des primaires. « C’est un handicap grave pour près de 50 % des usagers qui viennent travailler sur la métropole », indique Jean-François Cullafroz, cofondateur du collectif des usagers des lignes Condrieu – Vienne – Givors, fort d’une pétition de 1 800 signatures. Selon le collectif, « une solution existait avec un moratoire jusqu’au 1er janvier 2017, date où la région deviendra autorité organisatrice et devra harmoniser les lignes de bus du Rhône, de la Loire et de l’Isère, une nécessité ».

    Claude FERRERO

  • La bataille pour la distribution digitale du train s’intensifie

    Avec un volume d’affaires de 4,32 milliards d’euros réalisés en 2015 (83 millions de billets vendus), en hausse de 3,1 % par rapport à l’année précédente, le site Internet voyages-sncf.com estime « avoir conforté son positionnement de leader européen dans un contexte concurrentiel croissant ». Un résultat toutefois impacté par les attentats de 2013 à Paris qui auraient coûté un point de croissance à l’e-commerce, selon Franck Gervais, le directeur général de VSC.

    Présent dans 55 pays dans le monde, VSC a particulièrement crû à l’international (+6 %) avec un volume d’affaires de 763 millions d’euros. Le distributeur s’est renforcé sur le marché australien et néozélandais avec le rachat d’un acteur local important, Rail Plus, et a lancé une filiale en Chine, un marché prometteur avec ses 120 millions de touristes chinois chaque année. Autre fait marquant, l’importance des ventes sur mobile qui représentent désormais 31 % du total.

    Parmi les « défis » relevés en 2015, Franck Gervais cite la nouvelle interface du site Internet, la consolidation à l’international, mais aussi les partenariats noués avec des acteurs du tourisme français comme dernièrement AccorHotels et l’intégration de l’offre de bus. « Plus de 100 000 passagers ont acheté des places de bus sur notre site en quatre mois. C’est un vrai positionnement pour nous et il y a une vraie attente des clients », indique le directeur général en précisant qu’il est prêt à proposer d’autres opérateurs que Ouibus sur le site (des discussions sont en cours) et que « ces ventes ne cannibalisent pas celles du train ».

    Pour l’avenir et plus précisément l’horizon 2019, VSC vise la première place en matière de tourisme « numérique » en Europe. « Notre secteur est en pleine mutation, une nouvelle séquence s’ouvre », commente Franck Gervais, qui pense que « 2016 va être marquée par la bataille pour le leadership de la distribution digitale du train ». Il faut donc « avoir la masse critique » et VSC bénéficie « de la force de frappe technologique ». Car à terme, selon lui, alors que de nombreux opérateurs sont nés de la libéralisation de l’activité de distribution en 2009, il ne devrait plus rester que trois ou quatre grands groupes en Europe dans quelques années.

    Pour asseoir son positionnement sur le « smart tourisme » ou tourisme « numérique », VSC va proposer de nouveaux services. « Il s’agit d’offrir un voyage augmenté grâce au digital, plus simple à organiser et à vivre, un voyage enrichi de plus d’émotions et d’opportunités », précise Franck Gervais.

    Dans cet objectif, VSC a travaillé avec plus d’une trentaine de start-up et compte recruter plus de 100 ingénieurs en 2016. Il a également investi plus de 10 millions d’euros en année pleine.

    Concrètement, Franck Gervais a annoncé le lancement de « Mon Voyage », sorte de compagnon de voyage qui accompagne le client depuis sa réservation jusqu’après l’arrivée (offre de restaurants, hôtels, etc.). Le groupe promet aussi un accès renforcé aux petits prix grâce à des combinaisons de trains au temps de trajet plus long. VSC annonce enfin un partenariat avec Facebook Messenger pour que les clients puissent recevoir directement sur leur messagerie leurs informations de voyage. L’entreprise affirme être « une des premières marques en Europe à le faire et la première en France ».

    Jean-Daniel Guyot, le président et cofondateur de Captain Train, la petite société de distribution de billets en plein développement, a une analyse différente. Selon lui, il va au contraire y avoir de plus en plus de concurrence sur ce marché dont le potentiel est énorme. Le dirigeant de la start-up française présente dans 22 pays, et rachetée il y a un mois par son homologue britannique Trainline, l’estime à plus de 60 milliards d’euros annuels en Europe. Il rappelle que, hormis les « petits » acteurs comme Captain Train désormais lié à Trainline d’une part, et le britannique Loco2 d’autre part, « la plupart des distributeurs sont liés à des opérateurs ferroviaires historiques ». Captain Train ne joue pas tout à fait dans la même catégorie puisqu’il se spécialise uniquement sur le train et le car. Et pas sur le tourisme comme cherche à le faire VSC. Car, selon Jean-Daniel Guyot, « il reste encore beaucoup à faire pour offrir les voyages de tous les transporteurs dans un même système ».

    M.-H. P.

     

  • Chacun pousse ses pions sur le marché du parking partagé

    Se présentant comme le premier opérateur de parkings partagés automatisés d’Europe, Zenpark vient de lever 6,1 millions d’euros pour assurer son développement. Maif Avenir et Demeter Partners sont les principaux investisseurs, tandis que Frédéric Mazzela, l'emblématique patron de BlaBlaCar, apporte aussi des fonds personnels, mais sans que l’on sache le montant de chacune des participations. En moins de trois mois, la start-up française aura ainsi levé plus de 8 millions d’euros.

    L’objectif est maintenant d’accélérer le développement en France et l’implantation à l’international. Le concept repose sur les difficultés rencontrées par les automobilistes pour se garer. Un automobiliste sur trois en circulation est à la recherche d’une place alors que sept millions de places de stationnement sont libres dans des parkings privés en Europe, que ce soit des parkings d’hôtel, de bailleurs sociaux ou d'autres, rappelle Zenpark. L’entreprise noue des partenariats avec ces propriétaires de parkings pour proposer aux automobilistes d’occuper les places inutilisées après les avoir réservées par voie digitale.

    Le potentiel paraît énorme. Aujourd’hui, Zenpark travaille sur une centaine de parcs (mais plus précisément sur une vingtaine de places dans chacun d’eux). Son chiffre d’affaires a atteint 600 000 euros en 2015, en hausse de 300 % par rapport à l’année précédente. La société vise 1 000 parkings d’ici à deux ans dans les 15 à 20 plus grandes villes françaises.

    « Les villes y ont tout intérêt : ça leur permet de supprimer des places en voirie. La place libérée peut être utilisée pour créer des couloirs de bus, des pistes cyclables… », souligne William Rosenfeld, le PDG et cofondateur de la société. Les partenariats vont être renforcés et l’approche marketing professionnalisée. « On va faire connaître la marque par exemple via la Maif qui assure 3,6 millions de véhicules par an », explique William Rosenfeld. Pour assurer ce développement, la société va doubler le nombre de ses collaborateurs en recrutant cette année 20 personnes.

    A l’international, Zenpark va identifier les marchés les plus prometteurs en commençant par l’Europe. « Le potentiel le plus fort se trouve en Allemagne et les Pays-Bas et, dans une moindre mesure, la Belgique », poursuit le patron de la start-up.

    Mais face à elle, la compétition s’organise. La start-up devra faire face à la concurrence accrue des grands groupes de parkings que sont Indigo ou Effia qui tous deux montrent de plus en plus leur intérêt pour les parkings partagés et se définissent comme des acteurs de la mobilité. En début d’année, Effia a ainsi annoncé un partenariat avec OnePark spécialiste de la réservation en ligne de parkings, tandis qu’Indigo et Gecina (propriétaire de bureaux) annonçaient peu de temps après un partenariat sur 1 300 places de parking partagées dans 37 immeubles en Ile-de-France. Un nouveau champ de bataille.  

    M.-H. P.