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Auteur/autrice : admin_lvdr
La convention Etat-SNCF sur les TET prolongée d’un an
Lors de son audition devant la Commission du développement… durable de l'Assemblée nationale, le 15 octobre, Alain Vidalies a indiqué qu'il allait reconduire pour un an l'actuelle convention Etat-SNCF sur les trains d'équilibre du territoire (TET). Le secrétaire d'Etat aux Transports a en effet expliqué qu'il "souhaite engager un chantier de clarification de l'offre TET en articulation avec les autres trains, TER et TGV". Ce travail, a-t-il annoncé sera confié à une mission comparable à celle de Mobilité 21 qui avait hiérachisé les projets d'infrastructure de transport à réaliser. Elle sera présidée par un Parlementaire, a-t-il encore précisé, en expliquant que "l'évolution de l'actuelle convention ne pourra se faire qu'une fois connues les conclusions de cette nouvelle mission". D'où cette nouvelle extension d'un an pour la convention.
Retards de livraisons des TER : les pénalités en discussion
Le 15 octobre, le comité de pilotage qui réunit en moyenne tous les… class= »MsoNormal »>
4 mois l’ensemble des régions ayant commandé les nouveaux matériels (13 régions ont commandé 184 Régiolis à Alstom et 10 ont commandé 159 Regio 2N à Bombardier), les retards de livraisons ont été de nouveau évoqués. Ceux-ci atteignent en moyenne près d’un an en raison de « défaillances de fournisseurs » selon la SNCF. Ils devraient donner lieu à des pénalités infligées à Alstom et Bombardier. Alain Le Vern, le patron des TER à la SNCF les évalue dans une fourcette comprise entre 100 et 150 millions d’euros pour chacun des deux entreprises. Ce qui pourrait menacer gravement les deux industriels à la peine pour vendre leurs matériels et qui avaient dimensionné leurs appareils de production pour des volumes bien supérieurs. "Personne n’y a intérêt, ni ces industriels, ni le pays", souligne Alain Le Vern.
Les présidents d’Alstom, de Bombardier et de la SNCF se sont donc rencontrés pour discuter « d’un montant de pénalités qui serait compatible avec la survie de ces entreprises". Plusieurs pistes ont été envisagées pour parvenir à un accord, notamment des remises qui pourraient être consenties sur des options ou des commandes nouvelles ou bien une extension de garantie, un « sujet déterminant » aux yeux d’Alain Le Vern.
Selon lui, les problèmes de production font désormais partie du passé. Désormais, les chaînes de production sont sur le "bon" rythme, assure la SNCF en rappelant qu’« Alstom a embauché 400 personnes pour rattraper le retard »,
Quant à la question des pénalités, elle devrait être réglée avant la fin de l’année, affirme-t-il.
Grand Paris : retard en vue pour le prolongement nord de la 14
« La mise en service en 2017, ça va être difficile », annonce-t-on à Plaine commune…
où Patrick Braouezec, le président de la communauté d’agglomération, avait organisé le 17 octobre une réunion avec une cinquantaine d’entreprises implantées sur le site.
Les travaux de génie civil sont partis entre Pont Cardinet et Porte de Clichy, et vont commencer en début 2015 pour les autres parties de la ligne, précise un représentant de la RATP assistant à la réunion. Le début des travaux du site de maintenance et de remisage est, lui, programmé pour la fin 2015. Certains point sensibles apparaissent déjà : difficile dévoiement des réseaux concessionnaires, notamment ceux de la CPCU (Compagnie parisienne de chauffage urbain) ; travail délicat pour la gare Clichy Saint-Ouen, qui doit rentrer « au chausse-pied à quatre mètres des immeubles, et qu’il faut édifier en maintenant l’accessibilité du quartier pendant trois années de génie civil » On est aujourd’hui, « dans une phase d’optimisation ». Et ce représentant renvoie, quant à un éventuel retard, sur « une communication officielle du président de la RATP et du président de la Région ». La perspective est déjà intégrée par Patrick Braouezec, qui en tire argument pour dire : raison de plus pour que dans la foulée la ligne avance jusqu’à Pleyel, son terminus nord.
Car pour l’instant, ce qui est prévu, c’est : arrivée à Mairie de Saint-Ouen en 2017, arrivée à Pleyel en 2023. « Six ans pour faire 600 mètres, ça ne va pas » dit Patrick Braouezec. Le président de Plaine Commune (9 communes, 400000 habitants), dans la foulée des mesures d’accélération du Grand Paris annoncées par Manuel Valls le 13 octobre, va donc prendre sa plume et envoyer une lettre au Premier ministre pour lui demander à nouveau que la ligne 14 rejoigne plus tôt son futur terminus nord. Une cinquantaine d’entreprises, des PME jusqu’aux plus grandes (GDF Suez, Generali, SFR, EDF, SNCF), présentes le 17 octobre à la réunion appuient la demande du président de la communauté d’agglomération… Car les effectifs des salariés travaillant à Plaine Commune vont exploser. SFR qui compte plus de 4000 personnes va en voir arriver 4200 de plus en novembre 2015. La SNCF, qui en compte environ 4000 aussi, en attend 1200 de plus en septembre 2015, puis éventuellement encore un millier, selon le choix que fera SNCF Réseau pour sa future implantation. A terme, la SNCF pourrait monter jusqu’à 10000 personnes. Et Saint-Denis pourrait encore accueillir 10000 salariés de GDF Suez aujourd’hui à La Défense.
Même si la plupart de ces salariés ne seront pas directement concernés par la future gare de Pleyel, le besoin de transport de Plaine-Commune et de Saint-Denis va devenir de plus en plus pressant. Et il sera plus que jamais nécessaire de désaturer la ligne 13. Donc de réaliser le prolongement de la 14. Difficulté cependant pour assurer la continuité du prolongement nord de la ligne 14 : les maîtres d’ouvrage ne sont pas les mêmes. La RATP et le Stif sont co-maîtres d’ouvrage du prolongement de Saint Lazare/Pont-Cardinet à Mairie de Saint-Ouen. La SGP est maître d’ouvrage du prolongement Mairie de Saint-Ouen – Pleyel. La difficulté devrait être réglée par la réalisation des travaux du dernier tronçon par la RATP sous mandat de la SGP. Il faudrait encore, si Plaine Commune est entendue, échelonner aussi la mise en service de la future gare de Pleyel. Celle-ci est en effet en correspondance avec le tronçon commun aux lignes 16 et 17 (qui doit être mis en service en 2023) et avec la ligne 15 (en 2025). Une arrivée anticipée de la 14 supposerait que la gare puisse être partiellement prête avant 2023. Ce sera « une très belle gare » promet Patrick Braouezec. Le nom de l’architecte lauréat doit être connu à la fin du mois.
Commission européenne : Violeta Bulc aux Transports
Ce n’est pas le Slovaque Maroš Šefčovič mais la Slovène Violeta Bulc qui sera finalement commissaire aux Transports…
Un changement de dernière minute qui intervient après qu’Alenka Bratusek, la candidate slovène d’abord désignée pour occuper le poste de commissaire à l’Union de l’Energie, a renoncé après avoir été recalée par les députés européens. Désignée par le gouvernement slovène en remplacement de Mme Bratusek, Violeta Bulc, 50 ans, libérale, s’est vu attribuer les transports par Jean-Claude Juncker, futur président de la Commission européenne. Maroš Šefčovič, qui avait d’abord été désigné aux Transports, passe donc à l’Union de l’Energie, le portefeuille initialement dévolu à Alenka Bratusek. Ce qui, du même coup, le fait accéder à la vice-présidence de la Commission.
Propulsée ministre en Slovénie à la mi-septembre, Violeta Bulc est novice en politique et c’est sans doute ce qui explique le tour de passe-passe entre les transports et l’Union pour l’énergie puisqu’il n’était pas imaginable de la voir accéder au statut de vice-présidente de la Commission. Businesswoman, elle avait fondé sa société de conseil en entreprises, Vibacom, il y a 14 ans. L’on sait aussi d’elle qu’elle maîtrise les techniques chamaniques…et qu’elle sait marcher sur le feu. Un profil assurément atypique dans cette Commission.Isabelle Smets
Ansaldo sera japonais ou chinois
Pour Ansaldo STS, le dénouement semble proche. Mauro Moretti, le président de Finmeccanica…
a fait état de sa « short list » le 14 octobre lors d’une audition devant le sénat italien. Une des plus belles entreprises de la signalisation européenne va être acquise soit par le Chinois CNR, soit par le Japonais Hitachi. Et cette acquisition pourrait avoir des conséquences au-delà de la signalisation. Le holding d’Etat Finmeccanica souhaite depuis des années se désendetter en vendant ses deux filiales ferroviaires. Ansaldo STS est une entreprise de très haut niveau, à la fois fleuron et poids lourd du secteur, avec 1,5 milliard de CA ; AnsaldoBreda, constructeur, a beaucoup moins bonne réputation. Finmeccanica n’a jamais changé de ligne, et c’est l’ancien patron des FS, Mauro Moretti, désormais aux commandes de Finmeccanica, qui l’applique : les deux seront vendus au même acquéreur. A peu près toutes les entreprises ont regardé le dossier. On a parlé d’Alstom, de Siemens, de Bombardier, de Thales, de Mitsubishi, et finalement ce sont donc deux Asiatiques qui ont été retenus: le Japonais Hitachi et le Chinois CNR. Acheter Ansaldo STS, c’est s’emparer d’un savoir-faire mondialement reconnu et d’un beau carnet de commande. Prendre AnsaldoBreda, ce n’est pas acquérir une entreprise aujourd’hui performante mais c’est devenir un constructeur européen. Européen, Hitachi l’est déjà avec son site anglais. Mais il n’est pas encore continental. Et CNR ne l’est pas du tout. Quel que soit le vainqueur l’acquisition nourrira les craintes de tous les industriels qui annoncent depuis des années la venue prochaine sur le sol européen des concurrents redoutables venus d’Asie. Même si la percée actuelle d’Hitachi est spectaculaire, avec la vente des premières rames régionales pour l’Ecosse, c’est surtout le monde chinois qui fait peur. Les Chinois, dit un observateur ont fait leur « shopping list » de technologies sensibles qu’ils comptent acquérir dans le domaine. Cela a commencé par la tentative avortée d’acheter Outreau Technologies et ses cœurs d’aiguille, cela s’est concrétisé par l’acquisition récente de Valdunes et de ses roues à grande vitesse, et ce n’est pas fini. Et à la différence d’Hitachi, qui n’est évidemment pas un nain mais qui est seul à la manœuvre, c’est toute la puissance de l’Etat Chinois qui est derrière CNR dans cette stratégie d’acquisition de savoir-faire.
Lyria à la recherche d’une nouvelle notoriété
« Ce n’est pas parce qu’une ligne a 30 ans qu’elle a atteint sa maturité »… Directeur général de Lyria jusqu’à l’été prochain, Alain Barbey a profité des trente ans de la ligne Paris – Lausanne, célébrés le 7 octobre dans cette dernière ville, pour annoncer que des nouveautés sont à venir sur l’axe au cœur du réseau des relations TGV France – Suisse. Ces relations ont commencé dès 1981 avec la desserte Paris – Genève, mais comme celle-ci ne faisait que s’arrêter devant la porte d’entrée de la Suisse, c’est l’anniversaire de la desserte vers Lausanne, comprenant 46 km de parcours helvète au-delà de la gare frontière de Vallorbe, qui a été retenu pour fêter la plus ancienne coopération internationale en matière de TGV. Depuis le 19 janvier 1984, « soit dix ans avant Eurostar » rappelle Jean-Yves Leclercq, président de Lyria, et douze ans avant Thalys, la SNCF et les CFF exploitent conjointement cette ligne. Après une branche vers Neuchâtel et Berne en 1987, un ensemble de liaisons TGV France – Suisse allait se créer, dont certaines saisonnières vers le Valais à partir de 1995 (TGV des Neiges et d’Eté vers Brigue). La coopération est renforcée dès 1993, avec un GIE pour la gestion commerciale, et, après avoir porté pendant cinq ans l’appellation « ligne de cœur », les liaisons vers Lausanne, Berne et Zurich sont reprises en 2002 par Lyria SAS, filiale commune de la SNCF (74 %) et des CFF (26 %) qui allait progressivement reprendre tous les TGV France – Suisse. Puis en 2011, l’accord de coopération SNCF-CFF est renouvelé pour douze ans, l’exploitation se faisant sous la marque TGV Lyria.
Entre-temps, les gains de temps permis par la LGV Est (2007), la ligne reconstruite du Haut-Bugey (2010) et la LGV Rhin-Rhône (2011) ont modifié les dessertes à grande vitesse, faisant de Bâle le point de passage vers le nord et le centre de la Suisse. Avec comme conséquence négative l’arrêt en 2013 des liaisons sans changement entre Paris, Pontarlier et Neuchâtel, auparavant assurées par les TGV Paris – Berne. En remplacement de ce dernier, une rame Colibri bicourant des CFF assure trois fois par jour une correspondance quai à quai garantie avec les TGV de la ligne Paris – Lausanne en gare de Frasne. Côté positif : depuis fin 2011, toutes les dessertes entre Paris et la Suisse partent de la Gare de Lyon, où le Montreux Jazz Café accueille depuis l’an dernier les voyageurs internationaux de 1e classe dans un espace baptisé Lyriacorner.
« Pour aller à Paris, les Suisses ont le réflexe train » selon Alain Barbey. Et pour Nuria Gorrite, Conseillère d’Etat, cheffe du département des Infrastructures et des Ressources humaines du Canton de Vaud, la liaison au départ de Lausanne est bien le « TGV des Vaudois, la magie du train, la magie de Paris ». Trente ans après leur lancement entre les capitales française et vaudoise, les TGV transportent sur cette ligne quelque 670 000 voyageurs internationaux par an (le quart du trafic total de Lyria), dont 25 % de professionnels et 40 % en correspondance à Lausanne vers l’ensemble de la région romande. Et cet été, la fréquentation via Vallorbe et Lausanne a été dopée (+14 %) par le détournement de trois allers et retours Paris – Genève par jour pendant les travaux entre Bellegarde et Genève.
En tout, 3h35 sont nécessaires pour relier Paris à Lausanne, mais moins d’un tiers de ce temps de parcours est passé sur LGV, où le remplacement des rames TGV PSE tricourant par un parc POS dédié a permis de passer de 270 km/h à 300 km/h. Sur réseau classique, cette relation se caractérise par de nombreux arrêts entre Dijon et la Franche-Comté, avec un parcours à travers le Jura en grande partie à voie unique. Ce qui peut poser des problèmes de régularité.
Plus rapide que l’automobile et plus pratique que l’avion, « Paris – Lausanne est rentable » souligne Alain Barbey « en particulier grâce à la nouvelle relation vers Neuchâtel » par la navette au départ de Frasne. Mais le retour du TGV sur la branche de Neuchâtel reste « non-envisageable car onéreux », malgré une fréquentation en hausse de 16 % en un an. Car les relations Lyria « ne reçoivent pas de subsides publics, elles doivent être rentables, ce sont des produits de marché » rappelle le directeur général. Quand les clients sont là, il faut les accueillir : les trains de Lausanne sont en unités multiples les weekends. Il faut aussi en chercher de nouveaux : en 2012, la clientèle londonienne est visée par le Snow Train entre Lille (correspondance avec Eurostar) et Brigue via Lausanne. Prochaine nouveauté pour Lausanne : à partir du 15 décembre, une liaison supplémentaire sera assurée l’après-midi avec Paris, du lundi au jeudi, mais via Genève au lieu de Vallorbe. En effet, cette nouvelle liaison (qui ne remplace pas un train existant) est assurée en prolongeant à Lausanne un aller et retour en rame Euro Duplex du parc SNCF, qui ne pourrait pas passer par le Jura. Un avant-goût de cette nouvelle relation, qui nécessitera un quart d’heure d’arrêt à Genève pour le contrôle aux frontières, a été donné dès le 7 octobre aux participants français revenant des festivités du 30e anniversaire de Paris – Lausanne.
Une autre nouvelle liaison TGV Lyria sera lancée le 14 décembre prochain, entre Genève et Lille via Marne-la-Vallée et Roissy CDG, les lundis, jeudis, samedis et dimanches. Les horaires seront orientés vers le marché loisirs suisse, car permettant un aller et retour dans la journée, avec 4h09 de temps de parcours dans chaque sens. De plus, en coopération avec Eurostar, une correspondance sera assurée à Lille avec Londres ou Bruxelles. Ceci à titre d’essai, car « une nouvelle ligne n’est pas rentable dès le début », comme le rappelle le directeur général de Lyria.
Sans attendre décembre prochain, un nouveau départ est offert depuis le 25 août pour permettre aux hommes d’affaires parisiens d’arriver à Genève avant 9h30. Lyria espère certainement qu’elle aura plus de succès qu’une autre relation lancée récemment, Genève – Montpellier, qui est « en perte très clairement » selon Alain Barbey. Le directeur général a donc annoncé qu’elle sera arrêtée : « pas moyen de rentabiliser ce train, même vers l’Espagne », ce qui serait « trop long et trop cher par rapport au low cost ». En revanche, les relations Genève – Marseille et Nice donnent satisfaction, avec une progression de 11 % en un an.
Les liaisons entre Genève et la France ont évidemment pâti cet été des 48 jours d’interruption totale de la ligne vers Bellegarde pour cause de modernisation, qui concernait en particulier la ré-électrification en 25 kV 50 Hz, en remplacement du 1,5 kV continu. Grâce aux détournements par Vallorbe et à quelque 682 voyages de substitution par bus, l’essentiel s’est bien passé : « pour la première fois, nous avons reçu plus de lettres positives que négatives » proclame Alain Barbey. Mais les autres liaisons Lyria, via Dijon, ont également été impactées par des travaux sur ce dernier nœud ferroviaire entre mars et mai dernier. Résultat : de janvier à août 2014, le trafic TGV Lyria a connu une baisse de 1 % par rapport à 2013, avec un cumul de « près de 3,8 millions de voyageurs », dont 2 millions d’internationaux, pour un chiffre d’affaires de 235 millions d’euros. « Sans les travaux et les grèves de juin, nous aurions progressé de 4 % » avance Jean-Yves Leclercq, qui précise que la desserte Paris – Bâle a connu « une progression très importante » de 11 % par rapport à l’année passée. Mais globalement, la situation de Lyria a été bonne ces trois dernières années, avec 40 % de croissance. En concurrence avec l’avion, Lyria a une part de marché de 55 % entre Paris et Zurich, malgré un temps de parcours de 4h03. Sur Paris – Genève, la situation est plus compliquée, avec la concurrence d’EasyJet, alors que « 40 % de la clientèle d’Air France, qui est en correspondance à CDG, ne prendra pas le train ». Ceci alors que 44 % du prix payé par le voyageur Lyria va aux péages d'infra sur cette ligne.
Pour remplir ses trains, Lyria a lancé, du 15 octobre au 30 novembre, une nouvelle « campagne de notoriété » à destination de la cible loisirs et déclinée en versions Paris-Ile de France, Suisse romande et Suisse alémanique. Une campagne qui joue sur la similitude entre noms propres (« Ouchy – Clichy »), ainsi que sur les clichés français sur la Suisse – et réciproquement ! « Com » toujours avec une présence accrue sur les réseaux sociaux… et une rame TGV Lyria à l’échelle HO au catalogue Märklin !
De belles rames en maquette, c’est bien. Mais « pour de vrai », c’est mieux. Un gros travail de rénovation est en cours sur le parc Lyria de 19 rames POS, dont 8 ont été traitées et 2 sont en cours. Cerise sur le gâteau, cinq voitures-bar seront transformées en Montreux Jazz Café ! Avec ou sans ce café roulant, cet investissement lourd qui offrira plus de confort, 60 % de volume en plus pour les bagages et des prises de courant dans les deux classes (le WiFi est également à l’étude, mais ne sera pas celui hérité du TGV Est) n’est pas du luxe, quand on voit l’état de certaines rames POS en service…
Patrick Laval
Concertation en vue pour le futur métro de Lyon
Pour la première fois, le Sytral va saisir la Commission… nationale du Débat Public pour l’organisation de la concertation d’un projet de métro, le seul pressenti au plan de mandat 2014-2020 avec le prolongement du métro B d’Oullins, axe stratégique pour desservir l’important pôle hospitalier de Lyon-Sud (2,2 km, plus de 300 millions d’euros). La CNDP peut décider de ne pas organiser de débat public, le Sytral assurera alors la concertation. Dans tous les cas, elle devra démarrer début 2015 et les travaux en 2018 pour une livraison en 2022.
Ferroviaire : des élus défendent leur transversale sud
Alors qu'Alain Vidalies annonçait le 15 octobre qu'il… allait reconduire pour un an l'actuelle convention Etat-SNCF sur les trains d'équilibre du territoire (TET, lire aussi l'article consacré à ce sujet dans la Lettre Confidentielle), les élus chargés des transports des trois régions desservies par la transversale sud Bordeaux – Marseille – Nice lui écrivaient au sujet des TET. Avec les trois représentants locaux de la Fnaut, ils veulent attirer l’attention du secrétaire d'Etat aux Transports sur la lente dégradation du service que connaît mois après mois la cette transversale.
« Depuis le 15 décembre dernier, un des deux allers-retours diurnes Bordeaux – Marseille – Nice a été limité à Marseille "pour cause de travaux" de voie entre Marseille et Aubagne », détaille la lettre adressée au ministre. « Ces travaux étant sur le point de s’achever, il ne semble pas que l’Etat ou la SNCF envisage de rétablir cette circulation ».
Quant à « la circulation du train de nuit (Hendaye) – Bordeaux – Nice [elle] a été limitée aux week-end, en décembre 2011, puis supprimée pour cause de travaux au service 2014 », poursuit la lettre envoyée à Alain Vidalies. Une fois encore « le rétablissement de ce train ne semble pas prévu ».
Elus et Fnaut pensent aussi que la SNCF envisage de supprimer la desserte de plusieurs villes moyennes comme Agen ou Montauban. « Par essence, ces TET ont pour but d’irriguer les territoires », explique Jean-Yves Petit, vice-président de la Région PACA, l’un des trois signataires de la lettre. « Supprimer des dessertes, c’est prendre le risque de voir la fréquentation de la transversale sud baisser, ce qui sera un argument de plus de ses détracteurs pour remettre en cause sa pérennité ».
Aussi, les trois élus régionaux et la Fnaut demandent « le maintien impératif des dessertes […] des "villes moyennes" Montauban, Agen, Carcassonne, Narbonne Béziers, Sète, Nîmes et Arles». Ils veulent aussi, le « rétablissement, dès que possible » de la « deuxième liaison diurne Bordeaux – Nice ». Et « une date prévisionnelle de rétablissement du train de nuit » sur cette même desserte.Copie de la lettre envoyé par les élus au Ministre
Ségolène Royal cherche le moyen de taxer les poids-lourds étrangers
La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal a évoqué, le 19 octobre, l'hypothèse de taxer les poids lourds étrangers transitant sur le territoire français pour financer le manque à gagner de la suppression de l'écotaxe.
Rappelant, à l'antenne de BFM TV, qu'une hausse du prix du gazole (4 centimes par litre) pour les transporteurs routiers français allait compenser en partie le manque à gagner, elle a admis qu'il « restera à régler le problème des camions étrangers". Elle a cité l'exemple d'un poids lourd qui « fait son plein en Belgique, traverse toute la France pour arriver en Espagne sans avoir payé la taxe sur le gazole, ce qui n'est pas juste ».
« On regarde si ce sera une vignette ou une interdiction de prendre les routes nationales avec obligation d'emprunter les autoroutes », a-t-elle dit. « Il n'y a pas l'écotaxe ou rien, il faut trouver l'argent (environ 400 millions d'euros devant servir à financer les infrastructures de transport, ndlr) et que ça ne retombe pas sur les Français, et suivre le principe +usagers-payeurs», a-t-elle dit en soulignant que les camions qui endommagent davantage les routes que d'autres véhicules devaient financer leur entretien.
Ségolène Royal a assuré aussi vouloir « renforcer le fret ferroviaire » et a plaidé pour la création d'autoroutes de la mer.
La gestion des LGV critiquée dans un rapport de la Cour des comptes
La Cour des comptes pointe les dérives de la gestion du réseau des Trains à grande vitesse (TGV) dans un rapport qui doit être présenté le 23 octobre prochain, et dont les principales conclusions sont diffusées dans le journal spécialisé Contexte… …Aucune des six liaisons à grande vitesse citées dans le rapport n'a atteint les objectifs de rentabilité annoncés, selon un article de Contexte intitulé « l'asphyxie du modèle français de la grande vitesse », publié sur le site internet du journal, qui cite en exemple les lignes LGV Nord et LGV Méditerranée.
La première atteindrait une rentabilité de 3% contre 12,9% initialement envisagée et la seconde 4,1%, soit deux fois moins que prévu, selon le journal spécialisé dans les « politiques publiques françaises et européennes ».
La rentabilité des futurs investissements pèche elle aussi par « optimisme », poursuit le journal, qui indique en citant la Cour des comptes, que pour évaluer la fréquentation du barreau (portion, ndlr) Poitiers-Limoges, RFF (Réseau ferré de France) « exagère significativement le niveau des trafics ».
Une rentabilité biaisée qui impliquerait un apport de subventions pouvant « aller jusqu'à 80% », souligne Contexte, reprenant le rapport de la Cour.
Jointe par l'AFP, la Cour des comptes s'est refusée à confirmer le contenu de l'article de Contexte.
La SNCF, qui opère le TGV, doit « restaurer la marge opérationnelle de l'activité grande vitesse », préconise la Cour en s'inquiétant d'une « trajectoire peu soutenable ».
« Entre 2008 et 2013, le taux de marge enregistré par l'entreprise dans cette activité est passé de 29% à 12% du chiffre d'affaires », rappelle Contexte.
« C'est très important de distinguer ce qui relève de la construction d'une ligne à grande vitesse » et « ce qui concerne ensuite les TGV », a indiqué à l'AFP Barbara Dalibard, directrice générale de la branche SNCF Voyages, qui a seulement eu « des versions intermédiaires ».
« Ce qui est dit dans le rapport, c'est qu'après trente années de succès du TGV, au fur et à mesure que l'on étend ces lignes à grande vitesse, elles sont de moins en moins rentables et que leur coût, payé essentiellement par l'activité de péage (droit d'utilisation de la ligne versé à RFF, ndlr), vient obérer l'activité ferroviaire elle-même », indique Barbara Dalibard.
Le TGV a contribué « de plus en plus fortement à alimenter le système ferroviaire au travers de ces péages, c'est ce qui rend le modèle TGV fragile aujourd'hui », ajoute-t-elle.
« Hors péage », se défend Barbara Dalibard, la SNCF a « stabilisé même en période de crise [sa] profitabilité ».
« Ce que dit la Cour des comptes c'est que l'on est arrivé à la limite du système, c'est un point sur lequel on est d'accord », résume-t-elle.
« Le risque est grand de voir le transporteur national aborder l'inéluctable ouverture à la concurrence de son activité voyageurs dans une position de faiblesse préjudiciable à son avenir », ajoute le rapport, cité par Contexte.
« On constate que les annonces politiques, à haut niveau, confortent solidement les projets avant même que soient menées à bien les phases préliminaires », poursuivent les magistrats de la rue Cambon, cités par Contexte.
Selon l'article publié en ligne dès vendredi soir, l'Etat contribuerait à dévoyer le rôle de la grande vitesse – qui consiste à « concurrencer l'aérien » et « relier de grandes métropoles en l'espace de trois heures et à un prix abordable » – en développant des projets dans le but de « dynamiser les zones moins denses ».
Selon Contexte, le rapport stigmatise aussi « la part de responsabilité de l'Europe dans le dévoiement du rôle conféré à la grande vitesse », en « échafaudant un plan ambitieux de réseau européen de transport (…) quitte à prendre fait et cause pour des projets dont la rentabilité socio-économique est discutée ».
A ce titre, la LGV reliant Bordeaux à l'Espagne et le Lyon-Turin sont également épinglés dans le rapport, selon Contexte.