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Auteur/autrice : admin_lvdr
Valls confirme un prochain rapport au Parlement sur la dette ferroviaire
Manuel Valls a confirmé le 17 juin la remise prochaine au Parlement d'un rapport consacré à la lourde dette du système ferroviaire, principalement portée par Réseau Ferré de France (RFF), afin d'établir des "solutions envisageables" à moyen terme "à cette dette insupportable".
"Il faut conforter effectivement la SNCF et je souhaite que le Parlement soit pleinement informé des différentes solutions envisageables à moyen terme pour le traitement apporté à cette dette insupportable", a déclaré le Premier ministre à l'Assemblée en réponse à une question du député communiste André Chassaigne (Puy-de-Dôme).
Justifiant la réforme ferroviaire, Manuel Valls a expliqué que si rien n'est fait, la dette passerait "de 44 milliards en 2013 à plus de 80 milliards en 2025. C'est de notre responsabilité que d'aller jusqu'au bout parce que nous ne pouvons pas laisser cette situation être pérennisée", a-t-il dit.Ce rapport figure parmi les engagements de l'accord signé auparavant par le gouvernement, l'Unsa et la CFDT qui ne se sont pas engagés dans la grève préférant la négociation.
Les syndicats à l'origine de la grève (CGT et Sud-Rail) réclament que l'Etat assume la totalité de la dette de RFF.
Une liaison Toulouse – Barcelone en autocar à 1,5 euro fin juin
Megabus, opérateur de transport appartenant au groupe international Stagecoach Group, devrait lancer une liaison par autocars, à partir 1,5 euro, entre Toulouse et Barcelone, à partir de la fin du mois de juin.
Megabus, lancé au Royaume-Uni en 2003, opère une soixante de destinations en autocars, vers le Royaume-Uni et l’Europe, mais également en train, vers une trentaine de destination au Royaume-Uni uniquement, sur les réseaux de South West Trains, East Midlands Trains et Virgin Trains. L’entreprise est également présente aux Etats-Unis.
Le transporteur pratique une politique commerciale, agressive, avec des tarifs à partir de £1 ou 1 €, plus 50 pence ou 50 cents de frais de réservation.
Vente aux enchères du mobilier du Train bleu
Le Train bleu, mythique restaurant parisien, installé dans la gare de Lyon à Paris et construit pour l'exposition universelle de 1900, vendra son mobilier aux enchères le 30 juin, 10 h 30, sur place, avant sa fermeture pour travaux.
Parmi les 122 lots, certains sont d’origine comme cette paire de dessertes estimée entre 6 000 et 8 000 euros, d’autres plus récents comme des services des années 30 et 60 siglés Le train bleu. L’ensemble des pièces est estimé à 50 000 euros.
Le restaurant, connu pour ses décors Belle Epoque et donnant sur les quais de la gare, s'appelait au départ Le buffet de la gare de Lyon. Il a été rebaptisé en 1963 Le train bleu", en hommage au train Paris-Vintimille qui longe la Côte d'Azur.
Keolis déficitaire au Québec à cause du covoiturage
« Les cheminots refusent la concurrence des autres compagnies ferroviaires ? Ils n’ont rien compris ! La concurrence est déjà là avec le développement du covoiturage » lance Gilles Savary, le député socialiste de la Gironde, rapporteur du projet de loi sur la réforme ferroviaire qui doit être discutée le 17 juin à l’Assemblée nationale.
La SNCF qui cherche à être présente sur tous les segments des déplacements en proposant un service « porte-à-porte » aux voyageurs le perçoit bien : il ne faut pas louper le virage car le covoiturage risque d’imposer un nouveau modèle économique à tout le secteur. A l’image des VTC (voitures de tourisme avec chauffeurs) qui chassent sur les terres des taxis avec des prix réduits, provoquant la colère de ces derniers.
Le système du covoiturage, qui consiste à mettre en relation, via Internet, un automobiliste et d’autres voyageurs allant dans la même ville contre participation aux frais, est en train d’exploser. Blablacar qui se dit le leader en France affiche 8 millions de membres dont un million utilise chaque mois ses services de covoiturage.
Pour mieux appréhender le phénomène, la SNCF devrait s’intéresser de près à la situation vécue par sa filiale Keolis au Québec. Keolis Canada a enregistré l’année dernière 6 millions de dollars canadiens (4 millions d’euros) de pertes dans sa seule activité de transport interurbain (le reste étant du transport urbain et scolaire) entraînant un déficit global de 3,5 millions (2,4 millions d’euros).
La seule responsable des pertes serait une société de covoiturage lancée en 2007 sur Internet par deux amis pour relier neuf grandes villes du Québec.
« Nous n’avons rien venir », admet Denis Andlauer, le président de Keolis Canada. En 2009, le trafic avait pourtant plongé de 12 % alors que depuis une dizaine d’années il connaissait une augmentation annuelle de 2 %. « Nous avons expliqué ce premier recul par la crise », raconte Denis Andlauer. Idem en 2010 quand le trafic continue à diminuer de 3 %. « Depuis, la fréquentation baisse chaque année de 2 à 2,5 %, avec une accélération de la chute en 2013 et cette année. » En 2012 toutefois, la croissance repart entre +6 à +7 %. Mais c’était une année exceptionnelle en raison des déplacements générés par les festivités liées au 400e anniversaire de la ville de Québec. Mais globalement, les chiffres sont là : aujourd’hui la fréquentation des cars de Keolis retrouve le niveau des années 90. Sur un million de déplacements annuels effectués sur le réseau interurbain de Keolis, 500 000 se font sur la ligne phare Québec – Montréal. Mais on en comptait 750 000 il y a 6 ans. Entre-temps, le covoiturage a explosé sur cette même liaison : il permet 190 000 déplacements annuels. « On voit clairement que les voyageurs sont passés au covoiturage », affirme Denis Andlauer. Selon lui, un nouveau modèle économique est en train de se développer à vitesse grand V. Et met à mal toute l’organisation actuelle.
Keolis exploite en effet son réseau interurbain en vertu de « permis » confiés sans limitation de durée par l’administration. L’exploitation s’équilibre grâce à un principe de péréquation : la ligne Montréal – Québec, qui représente la moitié du trafic mais 25 % des dépenses, permet de financer d’autres lignes déficitaires dans un souci de service public et d’aménagement du territoire.
Or, le prix d’un aller en bus entre Montréal et Québec coûte 67 dollars (45,60 euros),dont 17 dollars de taxes. En face, le covoiturage propose des trajets à moins de 20 dollars (13,60 euros). « Nous sommes en compétition avec un système non régulé qui offre des tarifs dérisoires. Il y a une faille dans la loi qui permet le développement de ces offres alternatives », regrette Denis Andlauer qui affirme pourtant comprendre l’essor du covoiturage : « Remplir une voiture, cela a du sens. »
Keolis Canada a interpellé les pouvoirs publics sur cette question. Plusieurs solutions sont possibles pour rendre l’exploitation plus équilibrée, que ce soit en passant par la voie contractuelle (via des DSP par exemple mais cela nécessite pour les collectivités de disposer d’un budget), soit par la voie des subventions (grâce à la mise en place de taxes par exemple), soit en procédant à une réduction de la voilure. Le 15 mai dernier, Keolis a ainsi demandé de pouvoir supprimer certaines lignes et de supprimer des fréquences. « Il y a eu une levée de boucliers unanime car le public souhaite que des lignes même peu fréquentées continuent à être desservies », raconte Denis Andlauer.
Reste que la diminution des fréquences ne réglerait que la moitié du problème. L’autre moitié devra être réglée par d’autres mesures. « On est en train de négocier des baisses de salaires pour nos conducteurs… », précise notamment le patron de Keolis Canada. Décision ultime, Keolis Canada pourrait abandonner ce pan d’activité pour se concentrer sur le reste où les marges du transporteur public sont plus élevées (de 6 à 7 %). Ce sera à la commission des transports du Québec (c’est un tribunal administratif qui a compétence sur les permis) qui tranchera. Réponse à la rentrée.
Salon européen de la mobilité. Comme une impression de rétrécissement
Quoique qualifié de « rendez-vous européen » en sous-titre le salon Transports Publics est de plus en plus considéré comme « très français » par ses visiteurs étrangers. Et c’est justement pour rencontrer les acteurs français du secteur, sonder le marché hexagonal, s’instruire de l’expérience du « tram à la française » ou essayer de comprendre le Grand Paris que les exposants et visiteurs sont venus de pays voisins, voire plus lointains.
L’impression générale était, par rapport aux éditions précédentes, que le salon avait rétréci même si les chiffres annoncés par les organisateurs étaient les mêmes que ceux de la dernière édition en 2012 ! Et comparé aux Rencontres nationales du transport public à Bordeaux en novembre dernier, manifestation pourtant plus « franco-française », le salon « européen » de Paris faisait un peu pauvre…
En règle générale, la plupart des « grands » exposants avaient largement réduit la taille de leurs stands, en particulier ceux qui n’avaient pas d’autobus à exposer. Il se dit que le prix au mètre carré de la porte de Versailles est parmi les plus élevés d’Europe pour une exposition consacrée aux transports publics… Et pour la plupart des constructeurs ou carrossiers d’autobus, le nombre de véhicules déplacés à Paris a été réduit par rapport à 2012. Quant au matériel roulant ferroviaire grandeur nature, il brillait cette année par son absence. Avec Innotrans dans trois mois, mieux vaut ménager encore un peu les effets d’annonce…
Les absents ont-ils eu tort ? En tout cas, pas de trace cette année du néerlandais VDL ou du suisse Hess, ni de leurs bus ou trolleybus respectifs qui avaient marqué l’édition précédente. Mais souvent citée comme raison du rétrécissement du salon depuis 2012, « la crise » ambiante n’est peut-être pas la seule coupable. Certains exposants étrangers se sont sérieusement posé la question de leur participation, vu que le marché français n’est pas le plus ouvert aux nouveaux entrants.Espagne. Feu vert à la concurrence dans la grande vitesse
Le Conseil des ministres réuni le 13 juin à Madrid a approuvé l'ouverture de la grande vitesse ferroviaire espagnole (AVE) à la concurrence privée, face à l'opérateur public Renfe. Au-delà du principe, il a fixé les règles du jeu : en première étape, une seule compagnie privée pourra ouvrir un service sur la seule ligne AVE du Levant, c’est-à-dire entre Madrid, Valence et Alicante (Murcie en 2015).
L'heureux élu sera choisi au terme d'un appel d'offres lancé « sous peu », a promis Ana Pastor, la ministre des Transports. La licence accordée le sera pour sept ans, avant une ouverture plus large. Seraient potentiellement sur les rangs les compagnies d'autocars Alsa (groupe anglais National Express) et Arriva (DB), ou Hemisferio (famille Lara), ainsi que les entreprises de BTP Acciona, Ferrovial, OHL mais aussi Comsa dans laquelle la SNCF a des participations. Toutes étaient plus intéressées par Barcelone – Madrid, mais la ligne choisie (plus modeste) sera un test, le gouvernement promettant « une totale liberté » pour les fréquences et les prix.
Michel GARICOÏX
Conflit social. Une mobilisation multipliée par 10… pour les Gilets rouges
C’est la première fois qu’un conflit social coïncide avec une épreuve du bac. Aussi la SNCF a mis en place un dispositif particulier afin de gérer les flux de voyageurs dans les gares.
Quelque 10 000 Gilets rouges ont été mobilisés, le 16 juin, jour de l’épreuve de philosophie du baccalauréat 2014. En comparaison, ils ne sont que 1 000 Gilets rouges dans les gares, les jours de grands départs, de juillet et d’août, ou pour les vacances de fin d’année. L’originalité, cette fois, c’est que ces Gilets rouges viennent de toutes les directions de l’entreprise SNCF, pas seulement de celles habituellement en contact avec la clientèle. « Des sièges administratifs ont été fermés afin de permettre aux agents, de tous les niveaux de venir dans les gares pour renseigner et orienter les voyageurs », explique-t-on à la direction de la communication.
A Juvisy par exemple, en Ile-de-France, sur les seize Gilets rouges officiant dans la gare le 16 juin, onze sont des volontaires de « l'information voyageurs » qui porte un gilet estampillé « SNCF Assistance Exams », dans le dos. Ils ont été dotés de fiches horaires et d’autocollants « Priorité Exams », que les élèves pouvaient également télécharger sur le site www.sncf.com/fr/assistance-exams. La SNCF en imprimé 150 000 autocollants.
Au total, 686 907 lycéens passent les épreuves de la session 2014 du bac, parmi lesquels plus de 329 000 candidats au bac général (séries littéraire, scientifique, économique et sociale) ont été convoqués en métropole, dès 8h, pour composer en philosophie. A 9h30, les candidats au bac professionnel ont entamé leur épreuve de français. Dans l'après-midi, c'est au tour des candidats au bac technologique de disserter en philo.
Selon la CGT, seuls 8 % des lycéens passant le bac, prennent le train pour se rendre à l’examen. Mais « même si ça ne devait concerner que quelques centaines de candidats », a commenté Benoît Hamon, ministre de l'Education, « ils devront être à égalité avec les autres ». Il a autorisé les candidats qui se présenteraient avec une heure de retard à plancher une heure de plus.
Yann GOUBINGrève à la SNCF. Valls ne cède pas
Si la question avait été toute la semaine dernière, week-end compris, jusqu’où ira la détermination du gouvernement ? La réponse est venue, claire et nette directement de Matignon. Manuel Valls ayant repris les commandes du dossier. Il l’assurait sur l’antenne de France Info ce matin 16 juin : la grève des cheminots qui dure depuis six jours contre le projet de loi de réforme ferroviaire « n’est pas responsable ». Ni « comprise par les Français ». Le débat devant l’Assemblée nationale constituant deux Epic, SNCF Mobilités et SNCF Réseau sous l’égide d’un Epic de tête SNCF doit donc débuter bien comme prévu selon le calendrier du gouvernement ce mardi 17 juin. Et il l’a écrit en réponse au courrier de Thierry Lepaon, le patron de la CGT, envoyé samedi pour dire que la grève devait « s’arrêter ».
Un certain nombre d’amendements sont prévus pour renforcer notamment le rôle de contrôle de l’Epic de tête et offrir des garanties sociales aux cheminots. Dans quelles proportions ? Cela revient désormais aux seuls députés qui doivent examiner le texte en procédure accélérée ces 17, 18 et 19 juin. Alors que rien n’indique ce matin que la grève soit levée dans ces prochaines heures.
Reste que la SNCF se trouve sur le grill. Elle doit d’abord réussir l’exercice qui consiste à amener à bon port tous les matins de ces mêmes jours, grâce à un dispositif exceptionnel, les centaines de milliers de lycéens comptant sur les trains pour rejoindre les centres d’examen du bac. Mais Frédéric Cuvillier l’a aussi invitée explicitement dès vendredi matin sur à « une meilleure pratique » du dialogue interne. Et à réunir d’urgence des Etats généraux du dialogue social au sein de la SNCF. Des Etats généraux aujourd’hui annoncés pour dès juillet.
Pour la première fois depuis le début du conflit, la direction a reçu ce matin CGT et SUD-Rail. Les deux syndicats sont porteurs "d'un ensemble de revendications portant sur divers aspects de la politique sociale de l'entreprise : augmentations de salaires, temps de travail, embauches…" dont la direction souligne dans un communiqué « l’absence de relation avec le projet de loi" qui motive la grève. Pour l’instant le dialogue de sourds semblent continuer. Mais la direction propose aux quatre syndicats représentatifs "d’élaborer au plus vite un agenda social répondant aux urgences exprimées par le secrétaire d’Etat aux Transports ».
Chantal Blandin
Succession de Marcel Verslype à l’Agence ferroviaire européenne. La liste se resserre
Le Belge Marcel Verslype, patron de l’Agence ferroviaire européenne, est sur le départ après deux mandats passés à la tête l’institution basée à Valenciennes. La procédure pour désigner son successeur est en cours. D’après Olivier Onidi, directeur à la DG Move, le nouveau directeur exécutif de l’Agence sera nommé fin septembre. Par contre, silence absolu de la Commission sur les noms en lice.
La procédure – qui a commencé par une sélection sur dossier en début d’année – est déjà bien avancée et a déjà laissé pas mal de prétendants sur le carreau. De la quarantaine de candidats initiaux, il n’en restait plus que cinq au début de ce mois qui étaient encore conviés pour un « grand oral » devant un comité d’évaluation de la Commission. Selon une source, Ralf Schweinsberg, vice-président de l’autorité de régulation ferroviaire allemande (EBA), l’Autrichien Josef Doppelbauer (Bombardier) et le Franco-Belge François Coart, directeur du développement chez Europorte (groupe Eurotunnel) et ex-président de l’Erfa, l’association européenne représentant les opérateurs de fret européens, en faisaient partie. Les deux autres seraient des candidats de nationalité espagnole et slovène.
Les entretiens oraux doivent permettre de réduire encore cette short list.
Qui tient la corde ? D’après nos sources, les germanophones. Notamment parce qu’il y aurait un équilibre à trouver dans les quotas officieux de nationalité dans les différentes agences européennes. Certains évoquent aussi une règle non écrite, qui voudrait qu’une Agence européenne ne soit pas dirigée par une personne dont la nationalité est celle du pays où l’agence a son siège. Ce qui ne joue sans doute pas en faveur de François Coart.Isabelle SMETS
Grand Paris Express numérique. Et maintenant ?
« Nous sommes partis d’une vision un peu technique, avec une promesse peut-être un peu prétentieuse, celle d’inventer le métro le plus digital du monde. Ce que vous nous avez renvoyé, ce n’est pas de la technique, ce sont des voyageurs et des territoires, permettant de préparer la métropole la plus intelligente du monde… » Devant un parterre d’entrepreneurs, Jérôme Coutant, responsable numérique de la Société du Grand Paris (SGP) a exprimé sa satisfaction et sa surprise d’avoir reçu « un gros millier de pages, 115 contributions émanant de 170 organisations publiques, privées et associatives », suite à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé en décembre 2013. Avec un résultat encore plus ambitieux qu’imaginé : « L’infrastructure numérique sera une sorte de moelle épinière de ce que serait la métropole du Grand Paris », estime Jérôme Coutant. Les postulants sont des acteurs du numérique, des transports et de la ville, avec une forte présence de ces derniers « au travers d’utilities et autres qui présentent des choses très pertinentes ». Il est l’heure pour la SGP d’en tirer les premiers enseignements.
L’une des plus grosses difficultés ? Prévoir les services qui seront adulés par la génération C… dans dix ans, quand roulera le métro automatique. Et « l’angoisse du créateur, c’est de rater sa cible en travaillant sur un objet qui devient obsolète avant d’être totalement déployé », rappelle Didier Bense, membre du directoire de la SGP. Un des moyens de contourner l’obstacle : prévoir un socle d’infrastructures évolutives et garder des espaces en friche. Et déjà, la SGP a pu « alimenter le travail des maîtres d’œuvre dans les tunnels et locaux techniques, prévoir les espaces techniques », précise Didier Bense. Au programme : ultra haut débit, data centers et espaces de coworking. Un sujet en tout cas a grandement mobilisé les startuppers et autres entrepreneurs : la gare. Les 57 gares nouvelles seront tout sauf des hubs ! Elles ne devront pas être des lieux de passage, mais des lieux où « travailler, innover, coworker, des living-labs ».
Quelques exemples de propositions : la gare devient le cerveau de son quartier (Schneider Electric) ; utiliser les données du mobile et le crowdsourcing pour que le voyageur connaisse la composition et la fluidité des rames (Orange) ; un système d’aide au déplacement pour les malvoyants (Inria) ; sélectionner ses achats et trouver son panier à sa dernière station (IBM)… Finalement, le but est aussi que le voyageur puisse rester connecté en haut débit tout au long de son parcours. « Grâce à une gestion intelligente de la bande passante, on assurera une vraie continuité, dans la rue, en aérien, en souterrain. On pourra ainsi écouter la radio ou regarder la télé dans la perfection et en continuité », prédit Pierre Bellanger, le PDG de Skyrock.
Assez paradoxalement, on espère que le numérique permette que « la mobilité réelle redevienne un objet de plaisir et de désir autant que le fait de naviguer dans le monde virtuel, et non une contrainte », a conclu Philippe Lemoine, président de la Fondation Internet nouvelle génération (Fing). Il faut donc impérativement que le temps du déplacement soit « du temps actif, utile, choisi », énumère Philippe Yvin, président du directoire de la SGP. Et alors que le Grand Paris Express (GPE) sera outre un moyen de transport performant, « un canal d’irrigation numérique des 163 communes desservies et 160 000 emplois » localisés à proximité, la SGP a identifié « 250 points de sortie possibles de la fibre optique ». Cependant, dans les prochaines semaines, elle engagera le travail finalisant le cahier des charges pour la partie génie civil (fibre, réseaux mobiles, data centers), puis définira, avant la fin de l’année, la forme juridique la mieux adaptée pour concevoir, mettre en œuvre et exploiter le réseau numérique et les services. Au même moment, elle mettra à disposition un premier jeu de données sur le GPE.
« Nous lancerons un programme de soutien à l’innovation et à l’expérimentation », a aussi annoncé Philippe Yvin. D'ailleurs, des locaux viennent d’être loués à Saint-Ouen au cœur d’un écoquartier en construction pour y loger le futur laboratoire d’expérimentations numériques. Enveloppe que la SGP prévoit d’investir dans le numérique ? 30 à 40 millions d’euros, avait précisé Jérôme Coutant au lancement de l’AMI.