Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • Une nouvelle voie pour les navettes autonomes de Navya

    Une nouvelle voie pour les navettes autonomes de Navya

    C’est finalement l’offre présentée par Gaussin et Macnica qui a été retenue par le tribunal de commerce de Lyon pour la reprise de Navya. Le français Gaussin, qui se présente comme le « leader du transport de marchandises propre et intelligent« , a aussitôt annoncé la création « d’une société commune avec le groupe japonais Macnica Inc. dédiée à la mobilité autonome et zéro émission pour le transport de personnes et de marchandises« .

    Cette coentreprise, détenue à 51 % par Gaussin et à 49 % par Macnica, va reprendre les actifs de la société spécialiste dans la fourniture de systèmes de mobilité autonome, en redressement judiciaire depuis le début février et considérée jusque-là comme une pépite technologique française. La reprise des actifs représente un montant de 1,5 million d’euros auquel s’ajoute un financement de 15 millions d’euros pour l’activité sur les 12 premiers mois d’intégration. Deux tiers seront pris en charge par Macnica et un tiers par Gaussin.

    143 postes conservés en France

    « C’est avant tout une reprise de talents, d’équipes talentueuses« , a insisté Jean-Claude Bailly, le PDG de la nouvelle entreprise en présentant, le 19 avril, le plan de reprise. 143 salariés en France et six personnes à Singapour sont gardées, soit 70 % de l’effectif total de Navya. « Des propositions de reclassement seront faites aux autres salariés afin d’intégrer le site de production de Gaussin à Saint-Vallier (71), dans le cadre de son plan de recrutement », ajoute le repreneur français. Celui-ci va transférer, à la nouvelle joint-venture, sa propre équipe dédiée à la conduite autonome.

    La nouvelle entité va se concentrer sur quatre marchés clés – la logistique, les ports, les aéroports et les transports publics et privés de passagers – où le groupe français et le Japonais, spécialisé dans les semi-conducteurs, les produits de réseau, la cybersécurité ou encore l’intelligence artificielle, sont déjà bien installés. Elle va être organisées en deux « business units », la première plus particulièrement dédiée aux sites fermés pour les mouvements autonomes de conteneurs, de remorques et de bagages. « Cela permettra à Navya de s’implanter beaucoup plus rapidement », commente Jean-Claude Bailly.

    Des navettes vraiment autonomes attendues sur les routes fin 2024

    Les repreneurs n’abandonnent pas pour autant le marché des navettes de transport autonome de personnes, puisque ce sera l’objet de la seconde unit business. Mais sa montée en puissance sera plus progressive, en attendant de disposer de navettes de 4ème niveau, c’est-à-dire roulant en toute autonomie et sécurité sans opérateur à bord. Gaussin fonde beaucoup d’espoirs sur les navettes qui seront créées à partir du Bluebus de Bolloré, « très adaptés pour aller vers le level 4« , souligne Jean-Claude Bailly. « Le logiciel de mobilité autonome de l’entreprise, qui en est actuellement au stade de l’intégration finale sur la plateforme de pointe Bluebus IT3, révolutionnera l’expérience de mobilité des passagers », veut croire Gaussin.

    La croissance de la nouvelle entreprise, dont le nom doit encore être prochainement dévoilée, se fera progressivement. La première année, le chiffre d’affaires devrait atteindre 23 millions d’euros, principalement à l’export. Puis 38 millions en 2024. « La montée en puissance interviendra plutôt à partir de 2025 avec la version level 4 pour les navettes autonomes. Notre business plan est réaliste« , souligne le PDG. Les navettes devraient en effet atteindre vers la fin 2024 le niveau 4, niveau leur permettant de rouler en milieu ouvert, un  « déclencheur »  qui donnera alors accès, selon le dirigeant « à un marché très important« . 120 millions d’euros de chiffre d’affaires sont attendus en 2025.

    MH P

     

     

  • Jean-Pierre Farandou appelle à mettre à contribution l’aérien et la route pour financer le fer

    Jean-Pierre Farandou appelle à mettre à contribution l’aérien et la route pour financer le fer

    Jean-Pierre Farandou poursuit son lobbying en faveur du ferroviaire. Auditionné le 12 avril par la commission des Finances de l’Assemblée nationale, le PDG du groupe SNCF a réclamé un plan de financement avec des ressources pérennes et une loi de programmation pluri-annuelle afin de garantir la mise en oeuvre du plan de 100 milliards pour le transport ferroviaire annoncé par le gouvernement. « S’il n’est pas financé, ce plan ne se fera pas« , a reconnu Jean-Pierre Farandou.

    Le patron de la SNCF a cité « les nouvelles fiscalités européennes autour des taxes carbones » ainsi que des taxes touchant des modes de transport dont l’impact est négatif pour l’environnement comme l’aérien, les autoroutes et les poids-lourds. « Une partie de la manne autoroutière pourrait servir à financer le ferroviaire », a-t-il notamment souligné.

    Il espère également qu’un « large consensus transpartisan puisse créer les conditions nécessaires d’un loi de programmation pluri-annuelle » de nature à assurer dans la durée les financements promis au ferroviaire par les pouvoirs publics.

  • Le prochain salon européen des transports publics se tiendra à Strasbourg

    Le prochain salon européen des transports publics se tiendra à Strasbourg

    La prochaine édition de EuMo Expo (European Mobility Expo) aura lieu du 1er au 3 octobre 2024 à Strasbourg. Un choix inédit justifié dans un communiqué par Marc Delayer, président du GIE Objectif transport public : « pour anticiper les risques éventuels liés aux Jeux Olympiques et Paralympiques sur le fonctionnement du territoire francilien en termes d’accueil évènementiel, nous avons cherché à proposer un lieu attractif au carrefour de l’Europe et fortement engagé dans une politique de mobilité ambitieuse. Se positionner à Strasbourg, l’une des capitales de l’Europe et siège du Parlement européen à l’automne s’est imposé naturellement ».

    10 000 personnes sont attendues à ce rendez-vous qui se tient tous les deux ans et rassemble les professionnels du transport public.

  • Les Anges du rail au secours des animaux abandonnés

    Les Anges du rail au secours des animaux abandonnés

    Faire prendre le train à des animaux adoptés pour rejoindre leur famille d’accueil, c’est l’action du collectif Les Anges du Rail qu’Iman Kalfallah, cheminote à la gare du Nord, a créé en 2016. « A l’origine, une amie qui travaillait pour une association recueillant des animaux abandonnés m’a demandé si je pouvais transporter en train un chien d’un point A à un point B », explique-t-elle. « Je l’ai aidée une première fois, puis régulièrement. Par la suite, d’autres associations ont commencé à faire appel à moi. Devant l’afflux de demandes, j’ai demandé de l’aide à mes collègues, notamment ceux qui faisaient des trajets domicile-travail ou ceux qui voyageaient souvent sur les mêmes axes pour rejoindre leur famille. Et nous sommes devenus de plus en plus nombreux à faire bénévolement ce qu’on appelle du “cotrainage” (la version “train” du covoiturage) de chiens, de chats ou d’autres animaux domestiques. » 

    300 bénévoles, 2000 animaux sauvés

    Selon Iman Kalfallah, la crise du Covid a fait augmenter le nombre d’animaux abandonnés. « Beaucoup de personnes pensaient que les animaux transmettaient le virus, c’était catastrophique… En 2020, nous avons pu sauver plus de 2 000 bêtes. »

    Au départ, Iman avait créé un groupe Facebook. « On a vite atteint le nombre de 200 bénévoles. Pour avoir un cadre juridique et légal en cas d’incident lors d’un voyage, un passager qui se fait mordre par exemple, on a monté une association. » En six ans, aucun incident n’est arrivé. Tous les animaux sont vaccinés, en laisse et voyagent avec des papiers en règle. Et les chiens portent une muselière.

    Réservation offerte par la SNCF

    Pour organiser les transferts, Les Anges du Rail ont leur site internet (www.lesangesdurail.fr) sur lequel les associations déposent une demande de « cotrainage ». De leur côté, les 300 bénévoles (80 % de cheminots et 20 % d’ayants droit) se proposent pour convoyer les animaux sur certains créneaux et certains segments. « Et quand une demande et une proposition se correspondent, c’est parti ! Bien sûr, cela demande de l’organisation : on contacte le chef de bord pour lui demander l’autorisation. Et si on accompagne plusieurs animaux, on se sépare en deux équipes pour ne pas gêner les passagers. Chacun paye son billet. On fait tout dans les règles. »

    Depuis juillet 2022, la SNCF a fait un grand pas vers l’association : les réservations au tarif agent SNCF, qui étaient jusqu’alors payantes, sont prises en charge, ce qui permet aux agents qui « cotrainent » les animaux de prendre une réservation gratuite “en service”. « Et lorsqu’on prend des nouvelles de l’animal six mois plus tard, et qu’on apprend ce qu’il est devenu, on se dit qu’on a participé un peu à son bien-être », se réjouit la fondatrice du collectif. 

    A. J.-L.

  • Jean-Marc Zulesi annonce une loi d’accélération des RER métropolitains pour juin

    Jean-Marc Zulesi annonce une loi d’accélération des RER métropolitains pour juin

    A l’occasion du premier colloque sur les RER métropolitains organisé aujourd’hui par Ville, Rail & Transports, en partenariat avec « Objectif RER Métropolitains », Jean-Marc Zulesi a annoncé travailler sur un texte de loi « d’accélération » de ces nouveaux services, « sur le modèle de la loi d’accélération du nucléaire ou de la loi d’accélération des énergies renouvelables« .

    Et le président de la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire de l’Assemblée nationale de préciser les « piliers » qui fonderont le texte, notamment la définition des services express métropolitains et la possibilité de s’appuyer sur la Société du Grand Paris « qui a démontré ses compétences » tout en continuant à recourir à SNCF Réseau. « Nous pourrons capitaliser sur l’expérience de la SGP et sur celle de Réseau. Notre volonté est de mettre en place les conditions nécessaires pour avoir le meilleur des deux« , a souligné le député Renaissance, tout en reconnaissant que « Bercy n’est pas toujours friand de ce type de loi« . C’est pourquoi, a-t-il ajouté, « nous avons travaillé sur le respect de la règle d’or (qui s’applique à SNCF Réseau et fixe un plafond au-delà duquel le gestionnaire des infrastructures ne peut pas s’engager afin de contenir son endettement, ndlr)« .

    Jean-Marc Zulesi souhaite « faire vivre ce texte » pour que les acteurs concernés soient « parties prenantes et que le débat parlementaire soit alimenté par l’expérience du terrain« . Il compte déposer sa proposition « dans les prochaines semaines, voire les prochains jours, voire les prochaines heures, en fonction des arbitrages qui seront rendus lors de la réunion au ministère à laquelle je me rends tout à l’heure« . L’objectif est d’avoir un texte de loi en juin, ajoute-t-il, pour mettre au point « une solution adaptée aux besoins de transports de nos concitoyens« .

    MH P

  • Trambus de Irizar : de Bayonne à Londres et Madrid

    Trambus de Irizar : de Bayonne à Londres et Madrid

    Le constructeur espagnol d’autobus et d’autocars Irizar exporte son modèle entièrement électrique de « trambus » dans sa version 12 mètres à Londres et Madrid : dans la capitale anglaise, le véhicule entre en service en ce début 2023 sur la ligne 132 de Bexleyheath à North Greenwich. Ce sera au tour de Madrid en mai prochain entre Valdebebas et Sanchinarro.

    Le trambus a été étrenné en 2019 sur l’agglomération de Bayonne (150 000 habitants), desservie par le réseau « Tkik Txak » de la Communauté Pays basque (laquelle a reçu le « Pass d’or » au palmarès 2022 des mobilités de VRT). Aujourd’hui 18 tram-bus articulés Irizar desservent deux lignes de la Côte basque : ils sont totalement électriques, sans émission et leurs batteries se rechargent aux terminus. Cette innovation a été ensuite testée à Marseille, Strasbourg, Barcelone et Saint-Sébastien. Amiens l’a également adoptée, mais après quelques difficultés dues au froid. Récemment, Irizar a conclu deux contrats de ce type avec Berne et Vaduz (Liechtenstein).

    Née en 1889 comme fabricante de roues de charrettes, la société Irizar s’est taillée une place dans les mobilités grâce à ses autocars de tourisme, avant de s’ouvrir aux autobus. Avec deux usines à Ormaiztegi et Aduna en Gipuzkoa (province basque de Saint-Sébastien), cette coopérative est également implantée au Brésil, Inde, Maroc, Mexique et République sud-africaine. Elle affiche des ventes annuelles dépassant les 600 millions d’euros et emploie plus de 3 500 personnes dans le monde.

    M. G.

  • Plus de 100 millions d’euros pour les Chemins de fer de Provence

    Plus de 100 millions d’euros pour les Chemins de fer de Provence

    La région Sud va investir 104 millions d’euros dans le Train des Pignes pour la période 2023-2026, comme elle a annoncé le 7 avril, à l’issue d’une réunion entre élus des Alpes-de-Haute-Provence, de la Métropole Nice Côte d’Azur, de la Communauté d’agglomération Provence Alpes Agglomération (CAPA), de la Communauté de communes Alpes Provence Verdon, de la Communauté de communes Alpes d’Azur et de Digne-les-Bains.
    « La ligne des Chemins de fer de Provence est essentielle pour assurer les transports du quotidien des habitants dans la zone urbaine et périurbaine de Nice et des vallées du moyen et du haut pays », a déclaré Renaud Muselier, le président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. « Elle doit être un outil performant au service de la mobilité dans les territoires qu’elle irrigue et participer à la décarbonation des réseaux de transports publics régionaux ».

    Acquisition de huit rames…

    La plus grande partie de cet investissement va concerner le matériel roulant. La région va acquérir, pour un montant de 56 millions d’euros, huit nouvelles rames, destinées à remplacer les autorails les plus anciens. En effet, le service des Chemins de fer de Provence, exploite six autorails datant de 1972, 1977 et 1984. Ils complètent les trois autorails récents AMP qui ne sont pas assez nombreux pour assurer le service. Mais, étant donné leur âge, ces autorails sont sujets à de longues périodes d’immobilisations.
    Les futures rames, dites hybrides, seront capables de fonctionner grâce à un moteur diesel mais aussi sur batteries rechargeables. Leur livraison devrait s’étaler entre l’été 2026 et 2027.

    … et nouveau centre de maintenance à Nice

    Pour entretenir ce matériel, la région a programmé la construction d’un centre de maintenance à Nice pour un montant de 42 millions d’euros. Il s’installera en face des ateliers de maintenance actuels des Chemins de fer de Provence, sur des parcelles appartenant à la Ville, situées chemin de la Glacière, en face de la gare de Lingostière et sur le parking P4. Ce site de maintenance et de remisage s’étendra sur 14 000 m² et comprendre un atelier principal doté de quatre voies de maintenance, un tour en fosse pour le reprofilage des roues, un atelier pour le nettoyage des trains, des zones de stockage, une station-service, des voies de remisage, le poste de commande centralisé de la ligne ainsi que des bureaux et des vestiaires. La livraison du site est prévue pour l’été 2026.
    D’autres investissements sont aussi envisagés côté infrastructure. La région Sud va consacrer 6 millions d’euros pour la rénovation des gares de Puget-Théniers, d’Entrevaux, d’Annot, de Thorame-Haute, de Saint-André-les-Alpes et de Digne-les-Bains.
    Quant aux travaux dans le tunnel de Moriez, sous le col des Robines, entre Saint-André-les-Alpes et Moriez, rappelons qu’ils avaient été suspendus par l’enquête judiciaire et l’expertise civile engagées après l’accident survenu en février 2019. Alors que des travaux étaient déjà menés, la voûte s’était effondrée sur des ouvriers, tuant l’un d’eux.
    La procédure a pu être relancée en septembre 2022. Le marché de travaux sera attribué en octobre 2023, pour un démarrage des travaux en février 2024 et une réouverture en 2025.
    Yann Goubin
  • Chartres confirme le lancement de deux lignes de BHNS

    Chartres confirme le lancement de deux lignes de BHNS

    Le calendrier prend forme : le 12 avril, Chartres (Eure-et-Loir) organise une première réunion publique d’information à l’hôtel d’Agglomération pour informer sur son projet de lancer deux lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) pour mieux irriguer la ville. La première ligne, d’une longueur de 8 km, doit la traverser d’est en ouest, de Lucé à la Madeleine, desservant de fortes densités de population. La seconde, en cours d’étude, devrait relier Mainvilliers à l’hôpital Louis Pasteur, au Coudray. Toutes deux complèteront le réseau actuel urbain Filibus.
    L’objectif, selon ses promoteurs, est d’encourager l’utilisation des transports publics, en proposant des circulations fréquentes et cadencées (toutes les 8 à 12 minutes selon les périodes de circulation) et en renforçant l’intermodalité.

    « Au-delà du bus, le BHNS intègre l’ensemble des modes de déplacements doux, puisque sa création s’accompagne, le long de son tracé, d’aménagements spécifiques et sécurisés pour les piétons et les cyclistes : trottoirs élargis permettant une cohabitation sécurisée entre piétons et cyclistes, traversées piétonnes plus nombreuses… Un traitement paysager est également prévu le long du parcours, en particulier dans les secteurs qui feront l’objet d’importants aménagements : îlots de verdure, plantations d’arbres et d’arbustes… », indique Guillaume Bonnet, vice-président de Chartres métropole en charge des grandes infrastructures de déplacements cité dans un communiqué.

    12 millions d’euros d’investissements sont prévus. Le début des aménagements liés à la 1ère ligne de BHNS est prévu à la fin de l’année. Les premiers bus devraient rouler dans tout juste deux ans.

  • En un an, les trains classiques Ouigo ont transporté 1,3 million de voyageurs

    En un an, les trains classiques Ouigo ont transporté 1,3 million de voyageurs

    Les trains classiques Ouigo, qui soufflent leur première bougie après tout juste un an d’exploitation, ont trouvé leur place sur le marché, affirme la SNCF. Avec plus de 1,3 million de passagers transportés en un an, ces trains Corail pelliculés en rose qui s’élancent depuis le 11 avril 2022 en direction de Nantes et Lyon à partir de Paris, prouvent, selon la SNCF, « toute leur pertinence « . 14 destinations sont desservies sur seulement ces deux axes. Fin mars, pour tenir compte de la fréquentation, le plan de transport a été remanié. Du lundi au jeudi, il n’y a plus que deux allers-retours Paris Austerlitz-Nantes et un aller-retour Paris Bercy-Lyon proposés chaque jour. Du vendredi au dimanche, et pendant la période estivale (du 30/06 au 31/08), les rotations passent à trois allers-retours Paris-Nantes et deux allers-retours Paris-Lyon.

    Pour lancer le service, 9 locomotives et 36 voitures Corail avaient été rénovées. Et une filiale avait été mise sur pied. Baptisée Oslo, elle applique à la vitesse classique le modèle d’exploitation du TGV Ouigo, reposant sur des rotations optimisées, une maintenance simplifiée, un emport accru (640 places assises) et un personnel polyvalent.  Avec l’objectif d’attirer une nouvelle clientèle, motivée par de petits prix et pas rebutée par le temps du voyage.

    Résultats au-dessus des objectifs

    Aujourd’hui, les résultats sont conformes aux objectifs, et même un peu supérieurs (les prévisions tablaient sur 1,2 million de voyageurs en un an). « Ce succès s’explique par des prix mini dès 10 euros, moins chers que les autres modes de transport, à anticipation équivalente« , souligne la SNCF. 60% des clients voyagent à moins de 20 euros, affirme-t-elle. Les conditions de commercialisation sont souples : les trains sont ouverts à la vente 45 jours avant leur date de circulation et jusqu’à 30 minutes avant leur départ. « L’application du yield management permet une offre de prix la plus proche possible de la demande, maintenant des billets à prix attractif, en moyenne anticipation« , poursuit la compagnie. Le bagage est payant : 5 euros. Et un service « snacking » en vente ambulante est proposé du fait des temps de parcours longs, équivalents à ceux de la route.

    Le concept est encore en phase d’expérimentation. Au moment du lancement, ses promoteurs avaient indiqué se donner deux ans avant de proposer de nouvelles destinations en cas de succès. Selon un article en fin d’année dernière du Parisien, le groupe ferroviaire réfléchirait déjà à de nouvelles destinations, notamment vers Rennes, Bordeaux, Marseille, Lille ou Bruxelles (en Belgique). La SNCF ne confirme pas. Son but est de faire croître la part du ferroviaire dans les déplacements des Français, en espérant convaincre des automobilistes de laisser leur voiture au garage, surtout dans un contexte de hausse des prix du carburant. Aujourd’hui, la part du train atteint 10 %.

    Côté usagers, Bruno Gazeau se réjouit qu’un tel produit permette de reconquérir le « marché Blablacar  » du nom de la société spécialiste du covoiturage. Mais le président de la Fnaut estime que les trains classiques Ouigo « ne doivent pas fonctionner en silo, sinon on n’y comprend rien« . Et de conclure :  « Les voyageurs veulent des petits prix. On comprend que chaque produit ait son propre marché mais il est nécessaire qu’il s’intègre à l’offre SNCF« .

    MH P

     

  • Oleksandr Kamyshin, l’emblématique PDG des Chemins de fer ukrainiens, devient ministre

    Oleksandr Kamyshin, l’emblématique PDG des Chemins de fer ukrainiens, devient ministre

    Yevhen Liashchenko

    Constatant qu’il a fait preuve de « remarquables qualités de dirigeant » lorsqu’il était à la tête des chemins de fer ukrainiens (Ukrzaliznytsia, uz), le gouvernement a nommé fin mars Oleksandr Kamyshin ministre des Industries stratégiques. Un poste clé pour celui dont la renommée a dépassé les frontières de son pays, avec son look un peu guerrier (barbe noire et cheveux rasés sur les côtés, surmontés d’un chignon), symbolisant la résistance et la résilience du système ferroviaire pour acheminer aussi bien les réfugiés et l’aide aux habitants que le matériel de guerre. Le nouveau ministre est notamment chargé des questions de production d’armes pour l’armée.
    Yevhen Liashchenko lui succède, devenant PDG d’Ukrzaliznytsia pour un mandat de deux ans. Ce diplômé en cybernétique économique de l’université de Kharkiv était auparavant conseiller en stratégie et transformation du groupe de radiodiffusion ukrainien Starlight Media (chaines de télévision, médias et publicité). Il a également été conseiller de Mykhailo Fedorov, vice-premier ministre, ministre de la transformation numérique, et d’Oleksandr Kubrakov, ministre de l’infrastructure.