Auteur/autrice : Jean Didier HERAIL

  • La CGT veut mobiliser les salariés des entreprises ferroviaires privées

    La CGT veut mobiliser les salariés des entreprises ferroviaires privées

    La CGT-Cheminots a prévu de réunir, début octobre, ses délégués issus des entreprises ferroviaires privées pour voir sur quels thèmes elle pourrait mobiliser ses troupes. « Actuellement, il y a 2500 cheminots dans ces entreprises privées, des effectifs qui devraient croître à l’avenir. Nous allons examiner tous les accords d’entreprise pour voir sur quels points nous pouvons nous mobiliser », explique à VRT Laurent Brun, le secrétaire général de la CGT-Cheminots, en rappelant que lors des dernières élections professionnelles son syndicat a « beaucoup progressé dans toutes ces entreprises à l’exception d’ECR ».

    La CGT-Cheminots se prépare aussi à la grève nationale interprofessionnelle du 17 septembre qui doit commencer à la SNCF dès ce soir. Mais il devrait y avoir très peu de perturbations du côté des circulations de trains : la SNCF annonce un trafic quasi normal sur le réseau ferroviaire francilien et sur les Intercités, quelques « adaptations » pour les TER de Nouvelle Aquitaine et de Provence-Alpes Côte d’Azur (là où les positions de la CGT-Cheminots sont particulièrement fortes), normal partout ailleurs dans le pays.

    M.-H. P. 

  • Naissance de Régionéo, nouvel opérateur ferroviaire

    Naissance de Régionéo, nouvel opérateur ferroviaire

    C’est donc Régionéo, le nom de la société créée par la RATP et Getlink pour répondre ensemble à des appels d’offres dans le transport ferroviaire régional de voyageurs désormais ouvert à la concurrence. 

    En novembre dernier, les deux entreprises avaient annoncé leur partenariat au sein d’une société à capitaux partagés (55 % des parts appartenant à RATP Dev, 45 % à Getlink). Un partenariat jugé complémentaire par les acteurs du marché, RATP Dev étant un acteur important dans l’exploitation et la maintenance du transport de voyageurs en France et à l’international, tandis que Getlink est un spécialiste des infrastructures et de l’exploitation des navettes dans le Tunnel sous la Manche. 

    Régionéo est présidé par Ronan Bois (actuel président de RATP Dev Rail), et Raphaël Doutrebente en est le directeur général (DG de Getlink).  La nouvelle société permettra avant tout de répondre aux appels d’offres que lanceront prochainement Grand Est et les Hauts-de-France, deux régions qui souhaitent expérimenter rapidement la concurrence. Mais il n’est pas du tout certain qu’elle réponde à tous les appels d’offres, notamment ceux des Pays-de-Loire, de Sud-Provence Alpes-Côte d’Azur ou d’Aura (Auvergne-Rhône-Alpes), des régions qui devraient aussi expérimenter la concurrence pour leurs TER et pour lesquels la RATP ne cache pas son intérêt, mais pas forcément dans le cadre de ce partenariat.

    Marie-Hélène Poingt

     

  • Mikaël Lemarchand remplace Karim Zéribi à la direction de la Transition écologique à la SNCF

    Mikaël Lemarchand remplace Karim Zéribi à la direction de la Transition écologique à la SNCF

    La SNCF a annoncé le 14 septembre qu’elle avait demandé à Mikaël Lemarchand de prendre, à partir du 1er octobre, la direction de l’Engagement sociétal et la Transition écologique. Une décision rapide pour remplacer Karim Zéribi condamné le 9 septembre par le tribunal correctionnel de Marseille à une peine de deux ans de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité, ainsi qu’à 50 000 euros d’amende pour abus de confiance et abus de biens sociaux. Il avait pourtant été récemment nommé à ce poste de direction par Jean-Pierre Farandou, malgré les poursuites engagées contre lui.

    Le chroniqueur de C News et C8, ancien député européen a mené plusieurs batailles électorales à Marseille. C’est sur ce terrain qu’il connait aujourd’hui des déboires juridiques. Selon le réquisitoire du parquet, une partie des subventions versées entre 2007 et 2009 à APC par le conseil général des Bouches-du-Rhône, le conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d’Azur et l’Agence nationale pour la cohésion sociale et l’égalité des chances aurait été détournée pour servir les intérêts politiques de Karim Zéribi. Celui-ci a réagit sur Twitter à cette décision de justice : « Je sors du tribunal avec un sentiment d’écoeurement mais je poursuis le combat pour défendre mon intégrité. Je fais évidemment appel de la décision prise ce matin par une justice qui fait état d’un manque de discernement effrayant. Accusé coûte que coûte ce n’est pas ça la justice. »
    De son côté, Mikaël Lemarchand conserve son ancienne mission puisqu’il continuera à piloter le projet d’entreprise baptisé « Tous SNCF » et va intégrer le Comex. Agé de 44 ans, ce diplômé de l’Essec est arrivé à la SNCF en 2001, où il a notamment travaillé sur Ouigo. Il a également passé quelques années chez Keolis, où il est devenu directeur du développement ferroviaire, puis chez Eurostar (directeur des gares et directeur général France), et enfin à Transilien. Depuis le début 2020, il était chargé du projet d’entreprise du groupe.

  • Un plan de restructuration à Fret SNCF pourrait menacer des centaines d’emplois

    Un plan de restructuration à Fret SNCF pourrait menacer des centaines d’emplois

    Les plans de restructuration se suivent et se ressemblent à Fret SNCF. Après l’annonce il y a quelques jours de la suppression de 100 postes de conducteurs, un nouveau plan de restructuration en cours de définition à Fret SNCF pourrait menacer plusieurs centaines d’emplois, selon des syndicalistes. Ces coupes toucheraient des postes de cadres et d’agents de maîtrise.

    Contactée par VRT, la direction de Fret SNCF a démenti tout nouveau chiffre de suppressions d’emplois mais reconnu travailler pour réduire ses frais de structure trop élevés. Sur un effectif global de 5400 salariés à Fret SNCF, les seuls cadres représentent pas moins de 1200 personnes. 

    La direction vient de confirmer, lors d’un CSE (Comité social et économique) les 3 et 4 septembre, son intention de supprimer cette année 100 postes de conducteurs, qui seront réaffectés au sein du groupe (TER, Intercités…). « On nous a aussi indiqué qu’un plan de restructuration devrait être présenté fin septembre. Ce sont surtout les fonctions support qui seront visées », affirme Bruno Poncet, secrétaire fédéral Sud Rail. 

    Selon plusieurs autres syndicalistes, le but serait à terme d’arriver à 4000 postes à Fret SNCF, voire moins, en fonction de l’activité dans le futur. Selon l’un d’eux, le coût d’une journée de travail d’un conducteur SNCF s’élèverait à 900 euros alors qu’il ne serait que de 400 euros à VFLI, qui est pourtant une filiale de la SNCF mais qui fonctionne selon des règles de droit privé. Un agent au sol SNCF coûterait 600 euros contre 300 euros chez VFLI, indique ce syndicaliste.

    Le plan envisagé par la direction passerait aussi par la mise au point de process plus simples, par le recours à une digitalisation accrue et par la polyvalence demandée aux conducteurs qui verraient leurs missions s’élargir.

    L’avenir est loin d’être assuré pour la nouvelle SA Fret SNCF qui vient tout juste de naître le 1er janvier avec des comptes apurés. La crise sanitaire, et juste avant la grève contre la réforme des retraites, l’ont déjà considérablement affaiblie. L’épidémie lui a fait perdre plus de 20 % d’activité sur 2020, selon des chiffres cités lors du CSE et rapportés par des représentants syndicaux, et l’année prochaine, la direction, prévoit encore 15 % d’activité en moins. Fret SNCF ne s’attend pas à une reprise avant 2022. L’entreprise ne pourrait retrouver son niveau d’activité 2019 qu’à partir de 2024… si elle est toujours là. Fret SNCF ne pourra en effet pas indéfiniment conserver des comptes dans le rouge, la grande maison SNCF ne pouvant désormais plus l’aider.

    Marie-Hélène Poingt

  • Le TER Occitanie booste sa fréquentation

    Le TER Occitanie booste sa fréquentation

    La fréquentation des TER a bondi de 10% en Occitanie cet été par rapport à l’été précédent, malgré une ligne fermée pour travaux, alors que celle des autres régions chutait de 20 à 25% en raison de la crise du Covid. Le pari d’une offre tarifaire à petits prix : 1,17 millions de billets à 1€ ont été achetés sur la période, dont 63% par les jeunes. « L’Occitanie a été la plus ambitieuse des régions françaises, dans un contexte sanitaire compliqué, et cette dynamique fait de juillet et août des mois avec une fréquentation historique, se réjouit Philippe Bru, directeur régional SNCF Voyageurs Occitanie. Ce succès nous oblige à continuer».

    Les 72 nouvelles dessertes créées en 2020 y ont aussi contribué, en bénéficiant d’une hausse de la fréquentation avec une progression de 15% sur Toulouse-Tarbes, 17% sur Toulouse-Agen/Cahors-Brive, et même de 54% sur Toulouse-Narbonne !

    Une offre pour les entreprises 

    Pour Jean-Luc Gibelin, vice-président en charge des mobilités et des infrastructures de transports, « ce pari gagné permet un effet de levier pour encourager à utiliser le train ». Les offres de rentrée visent donc à transformer l’essai auprès des jeunes, mais aussi à reconquérir le public domicile-travail et à approcher le public des entreprises. « Les prix du TER en Occitanie est le moins cher de France, affirme Philippe Bru. Il suffit de cinq allers-retours pour amortir l’abonnement annuel domicile-travail». Pour convaincre, les abonnements mensuels et annuels sont proposés à demi-tarif en septembre. Pour les voyageurs occasionnels, la réduction permise par la carte Libertio passe de 25 à 30% en semaine et reste à 50% le week-end. Les 50% de réduction tout le temps seront désormais acquis pour les moins de 26 ans sans carte.
    La vraie grande nouveauté de cette rentrée est une offre pour les entreprises. « Occitanie est la seule région de France à proposer une formule pour les déplacements professionnels », souligne le directeur régional. Quatre chargés de territoire et un numéro dédié permettront d’informer les entreprises sur les offres dédiées : un abonnement non nominatif toutes origines et destinations utilisable pour les déplacements professionnels sur tous les trains régionaux à 195€ par mois et un abonnement avec une origine et une destination choisies au départ au tarif Fréquentio (64€ en moyenne).
    Catherine Stern

  • Toulouse va se fermer aux voitures les plus polluantes à partir de 2021

    Toulouse va se fermer aux voitures les plus polluantes à partir de 2021

    Après six mois de concertation, la décision est prise : toute la ville de Toulouse sera concernée par la restriction de circulation des véhicules les plus polluants, incluant une partie de la rocade à l’ouest de la ville à partir de mars 2021. « Nous avons fait le choix de ce périmètre ambitieux de façon ce qu’il soit efficace, explique François Chollet, vice-président de Toulouse Métropole chargé du développement durable. Tout le monde va bénéficier de cette Zone à Faibles Emissions (ZFE) mais encore plus les 8 à 9000 personnes qui vivent dans un endroit où la pollution est forte, avec un taux de dioxyde d’azote qui dépasse les normes. »
    La Métropole attend la validation de l’Etat sur le choix du périmètre. « Nous n’avons pas la propriété de la rocade, donc on ne peut pas faire ça sans l’accord de l’Etat, rappelle l’élu. L’Etat nous avait d’ailleurs prévenu que nous ne pouvions pas inclure toute la rocade pour préserver la circulation de transit par l’est»
    Pour faire respecter la zone, l’Etat s’est engagé à développer un dispositif de contrôle automatique des plaques. En attendant, la police municipale s’en chargera, en commençant par la pédagogie. La première étape d’interdiction concernera les véhicules avec la vignette Crit’air 5, suivis par les 4, c’est-à-dire les voitures essence immatriculées avant 1997 et diesel avant 2005, estimées à 38 500 véhicules, dont 22 800 appartenant à des ménages résidant dans la zone. Le 15 octobre, Toulouse Métropole mettra en place une aide spécifique pour les aider à changer de véhicule.
    Catherine Stern

  • Après l’accord IDFM-Etat sur la facture du Covid, les transports publics attendent leur tour

    Après l’accord IDFM-Etat sur la facture du Covid, les transports publics attendent leur tour

    Une bonne nouvelle pour le transport public. C’est le jugement de Thierry Mallet, le PDG de Transdev, également président de l’UTP (Union des Transports Publics), après l’accord annoncé hier soir entre l’Etat et Ile-de-France Mobilités pour éponger les pertes subies par les transports franciliens avec la crise sanitaire. « J’espère que l’accord entre IDFM et l’Etat servira de référence pour l’ensemble des transports publics », commente-t-il.

    Les transports publics en province ont eux aussi subi de plein fouet la crise. Selon l’UTP, les recettes commerciales sont en chute libre : au total, les pertes sont estimées à deux milliards d’euros pour cette année. En ajoutant les pertes liées au Versement mobilités (taxe versée par les employeurs de plus de 11 salariés), estimées à deux milliards, l’addition approche les quatre milliards. Hors Ile-de-France, les pertes s’élèvent à 1,4 milliard d’euros.

    Redonner confiance 

    Les opérateurs de transport ont également dû faire face à des coûts supplémentaires du fait des contraintes sanitaires (masques, nettoyages renforcés…). Thierry Mallet réclame donc à l’Etat un plan de soutien, sur le modèle de ce qui a été fait « en Allemagne, qui a débloqué six milliards d’euros pour les transports publics, aux Pays-Bas (1,5 milliard) ou aux Etats-Unis avec 25 milliards ».

    Selon l’UTP, ce soutien devrait se traduire dès 2020 « par une compensation de la baisse du Versement mobilités et des pertes de recettes commerciales, un taux de TVA réduit à 5,5 % en 2021, un soutien adapté en 2021, en fonction de l’évolution des recettes fiscales et commerciales ».

    Louis Nègre, le président du Gart, rappelle que toutes les données ont été fournies à Bercy sur les pertes financières enregistrées par les autorités organisatrices en province. « Bercy a reconnu la fiabilité de nos chiffres. Nous avons une base sur laquelle nous pouvons travailler », affirme le maire de Cagnes-sur-Mer. D’autant que maintenant, les exécutifs se sont mis en place, parfois avec retard suite aux élections municipales.

    Louis Nègre invite aussi toutes les autorités organisatrices des mobilités à présenter des projets de transport qui pourraient entrer dans le plan de relance présenté le 3 septembre par le gouvernement. Les fonds apportés aux mobilités du quotidien dans ce plan se montent à 1,2 milliard d’euros. Ils s’ajoutent aux 400 millions d’euros qui étaient déjà budgétés pour les transports publics.

    Enfin, autre enjeu pour le secteur, qui organise la semaine du transport public du 16 au 22 septembre ; il va falloir redonner confiance pour que les Français remontent à bord des transports en commun, sans crainte d’être contaminés par la Covid-19. Lors de la première semaine de rentrée, les taux de fréquentation ont oscillé entre 60 et 80 % selon les réseaux.

    M.-H. P. 

  • Un accord pour sortir les transports franciliens de l’impasse financière

    Un accord pour sortir les transports franciliens de l’impasse financière

    La SNCF et la RATP vont enfin de nouveau être payées par IDFM, l’autorité organisatrice des transports en Ile-de-France. Depuis deux mois en effet, sa présidente, Valérie Pécresse, avait suspendu ses paiements estimant qu’elle n’avait pas à supporter les frais relevant des décisions prises par l’Etat pendant la crise sanitaire : les transports publics franciliens avaient continué à fonctionner, à la demande de l’Etat, alors qu’ils étaient quasi-vides. Ce qui s’était traduit par un trou financier évalué à 2,6 milliards d’euros selon IDFM (1,6 milliard de pertes sur les recettes passagers, un milliard sur le Versement mobilités).

    Le 9 septembre, un protocole d’accord a été signé entre Valérie Pécresse et Jean Castex, le Premier ministre. Il prévoit une subvention pour couvrir les pertes du Versement mobilités. Une avance de 425 millions a déjà été versée le 7 septembre. L’Etat s’engage également à compenser les pertes de recettes voyageurs par une avance remboursable à taux zéro d’un montant compris entre 1,1 et 1,4 milliard. « Un montant prévisionnel sera versé à Ile-de-France Mobilités en décembre 2020, ajusté en 2021 au regard des pertes réellement constatées. Le remboursement de l’avance se fera sur 16 ans de manière très progressive grâce à la reprise du trafic et à la reprise économique post-Covid », indique IDFM dans un communiqué.

    La SNCF et la RATP vont aussi contribuer à l’effort à hauteur de 10 %. «C’est prévu dans le cadre du contrat qui les lie à IDFM, en cas de pertes de recettes voyageurs », précise Valérie Pécresse. La facture représente quelque 140 millions d’euros, dont les deux tiers seront pris en charge par la RATP, l’autre tiers par la SNCF.

    Valérie Pécresse qualifie cet accord « d’historique ». IDFM va devoir toutefois rembourser à l’Etat une bonne partie des pertes puisque le geste de l’Etat consiste en une avance remboursable sur le manque à gagner lié aux recettes. Mais, affirme l’élue, IDFM va retrouver de l’oxygène, en ne commençant à rembourser « que » 30 millions d’euros à l’Etat en 2023. « C’est une petite somme comparée au budget d’IDFM », souligne sa patronne. « Les vrais remboursements arriveront en 2028, à une période où nous aurons fini d’acheter tous les matériels roulants, y compris ceux du Grand Paris Express ». Et d’ajouter : « Notre but n’était pas d’échapper à nos responsabilités mais nous ne voulions pas augmenter le prix du pass Navigo ni renoncer à nos investissements ».

    La présidente d’IDFM, également présidente de la région, s’est en effet engagée à ne pas augmenter les tarifs du Pass Navigo « pour la troisième année consécutive ». Et à ne pas freiner « les projets d’investissements indispensables ». Elle cite en particulier parmi « les urgences absolues » le système de pilotage automatique Nexteo sur les RER B et D, la poursuite de prolongement du RER E vers l’ouest et les nombreux projets de tramway et de bus en site propre.

    M.-H. P.

  • « A Montpellier, la gratuité s’inscrit dans une politique globale de report modal »

    « A Montpellier, la gratuité s’inscrit dans une politique globale de report modal »

    Depuis le 5 septembre, les transports publics de Montpellier sont gratuits le week-end. Le prélude à la gratuité totale en 2023, qui va être mise en place progressivement. Julie Frêche, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole, également présidente de la commission Transports, explique les raisons qui ont poussé à ce choix.

    Ville, Rail & Transports. Pourquoi avoir décidé de rendre les transports publics gratuits ?

    Julie Frêche. C’était une promesse électorale de Michaël Delafosse, le maire de Montpellier (également président de la Métropole, ndlr) et c’est une mesure qui va être mise en place par étapes. L’objectif est de favoriser le report de la voiture vers les transports publics. C’est donc une décision vertueuse, un marqueur fort.

    Je rappelle que Montpellier est encerclé par deux autoroutes au nord et au sud. La question de la qualité de l’air est essentielle. Pour disposer d’analyses plus fines et mesurer les effets sur la qualité de l’air, nous allons poser des capteurs autour de tous les établissements scolaires.

    VRT. On entend souvent dire que, plus que les automobilistes, ce sont les piétons et les cyclistes qui se reportent sur les transports publics lorsqu’ils sont gratuits. Comment éviter cet écueil ?

    J. F. Nous sommes bien conscients qu’il faut accompagner cette politique en la complétant avec des mesures en faveur des autres modes alternatifs à la voiture. Il y a 41 bus dans la métropole, quatre lignes de tram, et bientôt cinq. Nous sommes convaincus qu’il faut rendre les transports publics beaucoup plus attrayants. Nous allons mettre en service quatre BHNS, notamment pour mieux desservir les communes à l’ouest de la métropole.

    Nous allons aussi augmenter le nombre de pistes cyclables : 19 km de pistes provisoires ont déjà été pérennisées et 7,5 km sont mises à l’étude. Aujourd’hui, on compte un total de 160 km dans la métropole et nous en prévoyons 300 à la fin de la mandature.

    VRT. Vous êtes-vous donnés des objectifs chiffrés en matière de report modal ?

    J. F. Nous avons la volonté de sortir un maximum de flux de voitures du centre, en verrouillant certains secteurs. Nous allons aussi étendre les zones 30, mettre en place une ZFE (zone à faibles émissions), lancer une réflexion sur le partage de la voirie, sur de nouveaux services et sur des tracés qui correspondent mieux aux besoins. C’est une politique globale avec des objectifs ambitieux : le report modal et le respect de l’engagement du maire de réussir la transition écologique.

    VRT. Combien coûte la gratuité et comment la financer ?

    J. F. Le coût de la gratuité totale reviendra à 39 millions d’euros annuels. Ce qui représente 5 % du budget de la métropole. Pour le financer, nous procéderons à des redéploiements de crédits, sans hausse de la fiscalité.

    Par ailleurs, nous avons mis fin à la mesure prise l’ancienne majorité municipale qui proposait une heure de parking hebdomadaire gratuit. Cette mesure, qui coûtait 1,7 million d’euros, est plus onéreuse que le coût de la gratuité le week-end qui va s’élever à 1,4 million sur cette année. Nous allons également baisser de 10 % le tarif payé par les abonnés pour qu’ils ne soient pas lésés.

    Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt

  • La SNCF, partenaire de la Coupe du monde de rugby France 2023

    La SNCF, partenaire de la Coupe du monde de rugby France 2023

    Le Groupe SNCF est le sponsor officiel de la Coupe du monde de rugby 2023 qui se déroulera en France dans dix villes hôtes, du 8 septembre au 21 octobre, avec 48 matchs au programme. En 2007 déjà, la SNCF avait accompagné la Coupe du monde de rugby en France. Lors de la signature du partenariat le 7 septembre, à Paris, Jean-Pierre Farandou s’est dit « heureux d’engager le Groupe SNCF aux côtés de ce grand événement qui porte des valeurs humaines de solidarité, de challenge et d’engagement dans lesquelles tous les cheminots se reconnaissent ».

    Bordelais d’origine, le dirigeant du groupe ferroviaire a pratiqué le rugby en amateur dès l’enfance et est un grand fan du XV de France. C’est l’un de ses points communs avec Claude Atcher, directeur général du comité d’organisation France 2023, qui a affirmé que « après le succès de la Coupe du monde 2007, dont tous les managers et les équipes ne gardent que de bons souvenirs, je me félicite de ce nouveau partenariat. Avec la SNCF, nous partageons l’ambition d’aller à la rencontre des Françaises et des Français, de les connecter entre eux, dans le souci de la protection de l’environnement ».

    La SNCF mettra en place un dispositif exceptionnel pour assurer le transport des équipes, des officiels et des arbitres, majoritairement en TGV, en plus de trains spéciaux et de bus. Gares & Connexions proposera des points d’accueil pour orienter les équipes et les supporters. Dès cet automne, un train-expo, le We Love 2023 Tour, circulera jusqu’au 10 octobre dans 24 villes de France pour présenter de manière ludique aux Français l’aspect sociétal de cette Coupe du monde 2023.

    Anne Jeantet-Leclerc