D’abord 92 postes sur 900 supprimés d’ici août. Puis la fermeture dans cinq ans…
motivée par une importante baisse de la charge de travail. Le site du technicentre SNCF lyonnais d’Oullins pourrait alors être vendu. Une belle opération en vue pour la nouvelle branche SNCF Immobilier, dirigée par Sophie Boissard ? Il faut dire que ce site, aux portes sud de la métropole,a de quoi attiser la convoitise :17 hectares juste au bord du Rhône et de l’autoroute A7, à 10 minutes de la place Bellecour, desservis à la fois par le train, le métro et même une gare fluviale.
Le déclin de l’activité inquiète les cheminots du technicentre depuis plusieurs années. Sont entretenues ici, au sein de l’unité opérationnelle locomotives (l’UE Loc) des 26 000, des 7200, des 22 200 ou des 36 000… Des machines dont beaucoup restent garées en raison du déclin de l’activité Fret, et de vieilles locs voyageurs, remplacées à mesure par des automoteurs. Cette activité est complétée par un atelier de réparation de pièces détachables (PRM).
Une intersyndicale, réunissant CGT, UFCM, CGT, SUD-Rail, UNSA et CFDT, dénonce l’opacité qui entoure les projets de la direction. Ce 28 janvier, la directrice régionale Laurence Eymieux, a bien annoncé au comité régional d’entreprise dans une ambiance houleuse la construction d’un nouvel atelier PRM… mais quelque part ailleurs, « en périphérie lyonnaise ». Un atelier où, selon la CGT Cheminots, « ne seraient plus réparés que les moteurs de traction et les ensembles d’électronique de puissance. Une activité au savoir faire plus pointu. De quoi accueillir seulement 200 à 300 des cheminots d’Oullins. Parmi lesquels départs à la retraite anticipés et reconversions ont déjà commencé.
Un délégué du personnel SUD-Rail de l’UE Loc explique : « La direction nous assure qu’elle a consacré 700 000 euros à l’étude de trois scénarios : la fermeture pure et simple, le maintien d’un atelier PRM à Oullins ou sa reconstruction ailleurs. Et qu’elle retiendrait le plus rentable pour l’entreprise. Mais elle ne nous donne pas accès aux résultats de ces études. On se bat mais on sait très bien que la logique stratégique et économique risque de prévaloir, poursuit le délégué SUD-Rail. On nous glisse que le Grand Lyon lorgne le site… »
SNCF Immobilier de son côté précise : « Oullins est historiquement un site industriel majeur pour l’entreprise, dont les installations vont être rénovées et modernisées. Des discussions sont en cours avec la direction du Matériel sur la meilleure stratégie à suivre pour cette modernisation. Nous discutons en parallèle avec le Grand Lyon sur les évolutions possibles autour de ce site ». On cite aussi une autre « pépite » : le site de la Guillotière près de la gare Jean Macé dans le 7e arrondissement. Soit 60 000 m2 en plein cœur de Lyon.
Le technicentre d’Oullins n’est pas le seul à être confronté à une baisse de sa charge de travail. Les syndicats citent une longue liste d’établissements : Bischheim, Epernay, Chambéry, Périgueux, Saintes… Tous ne présentent pas le même intérêt. Mais promoteurs ou communautés urbaines s’intéressent parfois aussi à des sites toujours actifs mais bien placés. A Rennes, reconstruits à l’extérieur à Saint-Jacques de la Lande, les importants ateliers du Matériel libèrent les lieux. En pleine ville et juste face à la gare. Les CFF suisses ou des opérateurs japonais détenteurs de tels terrains font souvent le choix d’en rester propriétaires et de les exploiter à leur profit. Aujourd’hui SNCF Immobilier s’engagera-t-il dans cette voie ? Il l’assure en tous cas : « vendre pour vendre et faire du cash n’est plus une doctrine. On s’inscrit dans une stratégie à long terme. Sans s’interdire d’intervenir demain selon les cas en copromoteur par exemple. » On se souvient qu’au cœur de Paris la vente par la SNCF des immenses installations de Cardinet dans la perspective des J.O. avait permis à l’acquéreur une sacrée culbute.