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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

La ligne N du Transilien à 100 % équipée de Regio 2N
Le 17 janvier, Grégoire de Lasteyrie, vice-président d’Île-de-France Mobilités (IDFM) et Sylvie Charles, directrice Transilien (SNCF Voyageurs), ont accueilli en gare de Paris Montparnasse la 73e et dernière rame Regio 2N destinée à la ligne N. Cette dernière, qui regroupe les dessertes assurées par les trains de banlieue au départ de la Gare Montparnasse, transporte quelque 132 000 voyageurs par jour. Avec la livraison de la dernière rame Regio 2N qui lui était destinée, la ligne N est désormais exploitée avec un seul type de matériel roulant (désignation officielle : Z 57000), dont le financement a été assuré à 100 % par IDFM, à hauteur de 1,06 milliard d’euros.
Sur les lignes de banlieue de la Gare Montparnasse, les automotrices Z2N du milieu des années 1980 et les rames VB2N tractées par des locomotives BB 27300 ou BB 7600 ont été remplacées en deux ans par les 73 rames Regio 2N. IDFM précise que « les rames VB2N et certaines locomotives ont été radiées, et seront démantelées, pour recyclage, un lot de locomotives a été vendu aux enchères, une première pour les deux acteurs du transport ». L’autorité organisatrice ajoute que ces nouvelles ressources lui permettront de financer les nouveaux trains destinés à la région.
Pour autant, la livraison par Alstom (en tant que repreneur de Bombardier Transport) du total de 145 rames Regio 2N commandées par IDFM et Transilien SNCF Voyageurs n’est pas terminée : aux 73 rames de la ligne N s’ajoutent 72 rames destinées à la ligne R (banlieue de Paris Gare de Lyon) et au RER D. Sur ce deuxième parc, 61 rames sont actuellement en service, la livraison des 11 rames restantes étant prévue pour 2023/2024, selon IDFM.
P. L.

Avant les LGV, le COI propose de s’attaquer en priorité aux nœuds ferroviaires
Dans son nouveau rapport d’orientation sur les choix d’investissements que l’Etat devra consentir pour les infrastructures de transport sur les 10 ans à venir, le COI défend un scénario dit de « planification écologique ». Priorité est donnée à la régénération du réseau ferré et aux transports du quotidien. Les nouvelles LGV sont décalées dans le temps, voire reportées aux calendes grecques.
A force de voir sa date de publication repoussée de semaines en semaines, le nouveau rapport du Conseil d’orientation des infrastructures (COI) qui oriente le gouvernement sur une trajectoire d’investissements dans les transports et définit les grandes priorités sur la prochaine décennie, a fini par fuiter. Dans la version de mi-janvier publiée par nos confrères de Contexte.com, le collège d’élus et d’experts du COI préconisent d’augmenter fortement les budgets de l’Etat consacrés aux transports, en insistant sur le réseau ferroviaire.
Un scénario à 84,3 milliards d’euros d’ici à 2027 tient la corde
Le COI avance trois scénarios d’investissements. Et d’emblée, il « propose d’écarter » le premier qui suit le cadrage financier inscrit dans la Loi d’orientation des mobilités (LOM) votée fin 2019 pendant le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Avec près de 55 milliards d’engagements de crédit de l’AFIT France, l’agence de financement des infrastructures, sur la période 2023-2027.
Le deuxième scénario, dit « de planification écologique », est considéré en revanche comme « un socle indispensable » par les membres du COI. Il donne la priorité à la modernisation du réseau ferré et aux transports du quotidien. Il veut également rénover les routes, les voies d’eau, mais exclut la réalisation rapide de « projets structurants très attendus par certains, (…) routiers ou autoroutiers« . Ce scénario prévoit une franche augmentation des moyens consentis par l’Etat dès cette année et jusqu’en 2042, avec 84,3 milliards d’euros dégagés sur la seule période 2023-2027.
Mais pour autant, le COI propose de « différer de deux ans environ les lignes nouvelles Bordeaux-Toulouse [dans le cadre du projet ferroviaire GPSO, ndlr] et Montpellier-Béziers (…) Pour ne pas mobiliser trop rapidement des enveloppes supérieures à celles prévues par la LOM », le COI propose de reporter la branche Bordeaux-Dax de la LGV Bordeaux-Toulouse, sans date précise. Les autres projets de lignes nouvelles à grande vitesse (Paris-Normandie, Ouest Bretagne-Pays de la Loire) seraient quant à eux étalés dans le temps. Enfin, il renvoie les accès au Lyon-Turin à dans vingt ans… : « Les études des nouvelles lignes et tunnels d’accès au Lyon-Turin seraient reportées au quinquennat 2028-2032, pour un engagement des travaux nécessaires sur la période 2038-2042 », lit-on. .
Privilégiant avant tout les opérations de désaturation des lignes existantes et des nœuds ferroviaires, ce scénario maintient le calendrier des aménagements au Sud de Bordeaux et au Nord de Toulouse et sur la ligne nouvelle Provence Côte d’Azur qui permettront de faire passer des RER métropolitains. Le COI conforte aussi le développement du fret sur l’axe rhodanien, et le « déploiement aussi rapide que possible » du réseau express métropolitain de Lyon. Ces RER chers au président Macron. Et ce, d’ici à la fin de son dernier quinquennat.
Un troisième scénario « de priorité aux infrastructures » exige encore plus de moyens financiers (98 milliards d’euros entre 2023 et 2027), mais il n’emporte pas la préférence du COI car il signifie l’accélération de grands projets ferroviaires et « davantage de projets routiers à la demande des collectivités« .
Quel arbitrage de l’Etat ?
Le gouvernement suivra-t-il le scénario médian, déjà très ambitieux ? Ce rapport » sera un outil d’objectivation des choix publics. Ce sera beaucoup, ce sera peu : les vraies décisions reviendront bien au gouvernement et au Parlement « , a tweeté le président du COI, le député des Vosges David Valence (Renaissance).
Après moult reports, le rapport officiel devrait être remis « fin janvier, début février » à la Première ministre Elisabeth Borne. Le gouvernement entend faire adopter « une programmation d’ici l’été« , a dit Clément Beaune lors de la cérémonie des vœux de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), le 12 janvier. Le ministre des Transports a souligné que le scénario dit « de planification écologique », donnait « une direction précieuse » à ses services, remarquant toutefois en aparté que le COI réduisait « peut-être un peu trop » les investissements consacrés aux routes, y compris pour des projets déjà engagés.
Pour assurer une visibilité suffisante de la programmation que le gouvernement retiendra, [le rapport] recommande qu’elle trouve sa traduction par une loi de programmation, au minimum sur deux quinquennats », lit-on dans la synthèse du document.
Nathalie Arensonas

Les cheminots seront-ils la locomotive dans la lutte contre la réforme des retraites?
Sur la ligne de front au moment de la lutte contre la réforme des retraites en 1995 et en 2019, les cheminots seront-ils à nouveau moteurs dans la bataille contre le projet présenté le 10 janvier par la Première ministre Elisabeth Borne? Les pronostics restent prudents. Tout dépendra de la mobilisation citoyenne qui démarrera le 19 janvier avec la première grève lancée par les fédérations syndicales. « Il faudra voir si la mayonnaise prend« , résume un membre de l’UNSA. Le contexte inflationniste et les revendications en faveur d’une amélioration du pouvoir d’achat peuvent y contribuer.
En attendant, les quatre syndicats représentatifs de la SNCF, CGT Cheminots, Sud-Rail, Unsa-Ferroviaire et CFDT Cheminots, se sont organisés en intersyndicale et appellent tous à la mobilisation. La grève « carrée » prévue pour le moment sur la seule journée du 19 janvier sera vraisemblablement très suivie. Mais après? Les cheminots voudront-ils se lancer dans un mouvement long et se battre pour l’ensemble des Français alors qu’eux-mêmes (du moins les agents au statut) devraient être, dans les faits, relativement peu touchés par les mesures envisagées?
En interne, on ressent des crispations. Les contrôleurs, qui ont massivement fait grève en décembre pour défendre leurs conditions de travail, ne semblent pas forcément prêts à retourner au conflit « pour les autres » alors qu’ils ne se sont pas sentis soutenus quand ils le demandaient. Or, ils font partie de ces cheminots (un peu plus de 20 % avec les conducteurs et les aiguilleurs) qui peuvent mettre à l’arrêt leur entreprise.
Les agents partent déjà à 60 ans, 55 ans pour les conducteurs
Ayant déjà été concernés par le passé par plusieurs mesures de recul de l’âge d’ouverture aux droits à la retraite, les agents statutaires de la SNCF ne vont pas être heurtés de plein fouet par le projet de réforme. Rappelons que la SNCF emploie deux catégories de salariés, les agents au statut (120 000 agents bénéficiant d’un régime spécial) et les contractuels (30 000 salariés soumis au régime général). Les mesures envisagées par le gouvernement prévoient que les salariés du régime général comme les statutaires verront reculer de deux ans leur âge d’ouverture des droits à la retraite. Mais pas dans les mêmes conditions. Si l’âge de la retraite passera progressivement de 62 à 64 ans dans le régime général (avec une hausse de trois mois par an à partir de septembre 2023), l’âge d’ouverture des droits à la retraite ne commencera à reculer qu’à partir de janvier 2025 pour les agents au statut. Une fois que la précédente réforme des retraites qui les concerne leur sera complètement appliquée. A ce moment-là, 90 % des cheminots statutaires verront progressivement l’âge d’ouverture des droits à la retraite passer de 57 à 59 ans. Pour les 10 % restants, les conducteurs, il passera de 52 à 54 ans.
En réalité, peu d’agents font valoir leurs droits à la retraite à l’âge légal en raison d’une décote trop importante sur la pension qu’ils vont toucher : dans les faits, l’âge moyen de départ des agents au statut était de 60 ans en 2022 et devrait être de 61 ans cette année. Il était de 55 ans pour les conducteurs l’an dernier et devrait être autour de 56 ans en 2023. Seuls 17 % des cheminots partent avec une décote.
Si cette réforme est appliquée, elle aura toutefois une conséquence très visible : la grande différence (dix ans) d’ouverture des droits entre les contractuels qui pourront partir à 64 ans (voire à 67 ans s’ils doivent obtenir tous leurs trimestres) et les conducteurs quittant l’entreprise à 54 ans (ou 57 ans s’ils doivent travailler plus pour avoir l’ensemble des trimestres).
L’âge de la décote ne devrait en effet pas bouger, ni pour le régime général, ni pour le régime spécial. Restera quelques sujets de négociations à lancer entre direction et syndicats, comme la question de la pénibilité, la gestion des fins de carrière ou des reconversions ou encore l’emploi senior.
La fin programmée du régime spécial des retraites à la RATP
A la RATP, où les syndicats appellent aussi à la grève le 19 janvier, on compte 40 000 statutaires et 5500 CDI. Les agents seront également appelés à travailler deux ans de plus, la mesure s’appliquant comme à la SNCF à partir de janvier 2025 pour les statutaires (lors de la fin de la réforme Touraine).
Il y aura des différences en fonction des statuts appliqués à la RATP. La catégorie S par exemple, qui rassemble les sédentaires, a déjà été alignée sur le régime général lors des précédentes réformes des retraites avec une ouverture des droits à la retraite à 62 ans et à 67 ans pour l’âge de l’annulation de la décote. Pour les agents de la catégorie A (maintenance), l’âge légal va passer de 57 ans à 59 ans. De leur côté, les conducteurs de métro et de RER, entrant dans la catégorie B (où on trouve aussi les conducteurs de bus, les agents de station et tous ceux qui concourent à l’exploitation), devraient voir leur âge de départ à la retraite passer de 52 à 54 ans. Les conducteurs de métro bénéficient d’une année de bonification pour cinq années cotisées, dans la limite de cinq bonifications, ce qui leur permet de partir au bout de 27 ans de service (Par exemple, un agent avec 27 ans de service aura en réalité validé 32 années auprès de sa caisse de retraite). Mais cette bonification n’existe plus, pour les nouveaux entrants, depuis 2009. Dans les faits, l’âge moyen de départ à la retraite des conducteurs de métro est de 56 ans.
Toujours à partir du 1er septembre 2023, les nouvelles recrues de la RATP seront soumises au régime général de retraites (les agents déjà en place gardant leurs avantages en vertu de la clause dite « du grand-père » avec notamment le montant de la pension calculé à partir de la rémunération perçue durant les six derniers mois de carrière, contre les 25 meilleures années pour les salariés du privé). La fin du régime spécial des retraites ne signe toutefois pas l’extinction progressive du régime spécial à la RATP comme cela a été le cas en 2020 à la SNCF.
Les fédérations syndicales s’affichent sur la même longueur d’onde dans la fronde, avec une CFDT particulièrement remontée. Les secteurs de l’énergie semblent se positionner en pointe du mouvement. Dans la branche pétrole, la CGT fait déjà monter la pression en annonçant d’autres jours de grèves, le 26 janvier et le 6 février, avec « si nécessaire l’arrêt des installations de raffinage« . Reste à savoir si les syndicats pourront s’entendre sur la suite. Et contrôler le mouvement, l’histoire récente ayant montré la capacité de nouveaux groupes d’actions à s’organiser notamment sur les réseaux sociaux, et à déborder les organisations syndicales.
Marie-Hélène Poingt

La compagnie ferroviaire espagnole Renfe veut revenir en France d’ici cet été
Après la rupture de l’alliance commerciale entre la SNCF et Renfe, son homologue espagnole, pour l’exploitation de la desserte ferroviaire entre la France et l’Espagne, le projet franco-espagnol Elipsos a vécu, et la SNCF a repris à son compte la liaison Paris-Barcelone.
Mais Renfe ne compte pas en rester là et veut se frotter à la concurrence ferroviaire en France avec deux lignes depuis l’Espagne vers l’Hexagone, via Perpignan : entre Barcelone et Lyon, et entre Madrid et Marseille. Objectif : glisser ses trains sur les rails français d’ici à l’été 2023 avec six allers-retours par semaine sur chaque ligne, puis deux liaisons quotidiennes à moyen terme.
Paris-Lyon aussi dans le viseur
Après avoir obtenu le 22 décembre dernier un certificat de sécurité de l’établissement public de sécurité ferroviaire (EPSF), sésame pour faire rouler ses trains à grande vitesse AVE sur les lignes qu’elle convoite en France, l’opérateur espagnol qui se plaint régulièrement de « bâtons dans les roues » visant à ralentir son arrivée sur l’Hexagone, démarre ses « marches à blanc », et forme des conducteurs au réseau français. Interrogé, le directeur France de Renfe se refuse à donner toute information supplémentaire et, à tout commentaire.
Egalement dans le viseur de Renfe, la liaison Paris-Lyon que se dispute déjà la SNCF et son concurrente italienne Trenitalia depuis un an. La compagnie ferroviaire espagnole devra pour cela obtenir une nouvelle homologation de l’EPSF pour faire circuler ses trains jusqu’à la capitale.
N.A

Disparition progressive des composteurs de billets
Avec la disparition des billets cartonnés, les composteurs perdent leur raison d’être. La SNCF explique que plus de 99 % des titres de transport TGV et Intercités sont aujourd’hui digitalisés. Et, dans les TER, « seuls 4 % des titres nécessitent encore d’être compostés. En résumé, selon les lignes, 96 à 99 % des billets sont désormais numériques », précise la compagnie. Idem pour les facilités de circulation dont la numérisation a été lancée à l’été 2021, et achevée au second semestre 2022. Les fichets en version papier, encore valides, étaient utilisables jusqu’au 31 décembre 2022.
« Compte tenu du taux de digitalisation et d’un parc de composteurs vieillissant, le retrait de cet équipement devient une évidence. Ils représentent une charge de maintenance importante chaque année», souligne la SNCF
Il existe plus de 3000 composteurs dans les gares françaises : 725 pour le réseau TGV et Intercités, et 2468 pour le réseau TER. Leur disparition va se faire progressivement, mais déjà, le compostage n’est plus de mise depuis le 1er janvier, dans sept régions : Bourgogne – Franche-Comté, Bretagne, Centre – Val de Loire, Grand Est, Hauts-de-France, Occitanie et Pays de la Loire. Les voyageurs ayant encore des titres papiers devront toutefois les présenter au contrôleur en montant à bord du train.
Le compostage de billet restera nécessaire dans quatre régions jusqu’au 21 janvier en Normandie, jusqu’au 1er mars en Auvergne-Rhône-Alpes, et jusqu’à la fin de l’année en Nouvelle-Aquitaine et en Sud-PACA). L’Ile-de-France n’est pas concernée.
La SNCF promet de faire de la pédagogie : « Afin d’éviter toute incompréhension ou effet de surprise, les clients seront informés de la fin du compostage. Les associations de consommateurs ont déjà été informées de ce projet », rappelle-t-elle.
Y. G.

Priorité au rail en Espagne
Dans le budget 2023 des Transports en Espagne, la priorité est affichée pour le rail. Le ministère bénéficie de crédits chiffrés à 21,2 milliards d’euros, dont 16 milliards pour les infrastructures et les mobilités. En privilégiant le chemin de fer, les autorités mettent le cap sur la décarbonisation, les solutions durables et les alternatives au véhicule privé. Les fonds européens au nom de la relance économique viennent en renfort, à hauteur de presque 18 milliards.
Mis à part les 660 millions d’euros prévus afin de prolonger la gratuité des abonnements courtes distances, les investissements dans le rail sont abondés de 8 milliards d’euros : la grande vitesse Madrid-Asturies via au nord-ouest le tunnel de Pajares devrait enfin être mise en service avant l’été prochain, ainsi que l’électrification de la ligne entre Plasencia et Badajoz (frontière portugaise). En outre, depuis le 20 décembre, une autre ville bénéficie de l’AVE : Murcie. Le réseau espagnol a ainsi largement dépassé la barre des 4 000 km de grande vitesse. Et d’autres chantiers sont en cours, par exemple vers Santander, le Y basque ou Valence-Alicante.
Autre facette d’une mobilité durable, le « Plan marchandises » vise une part modale de 10 % pour le rail d’ici à 2030. Y contribueront de nouveaux terminaux (Valence, Vitoria) et une autoroute ferroviaire prévue entre le port d’Algeciras (au sud), Madrid et Saragosse.
Côté Renfe, l’année 2022 a été marquée par la reprise de la demande des voyageurs, et 2023 devrait permettre une progression de 14 % des recettes à 2,60 milliards d’euros. Auxquels il faut ajouter les subventions de l’État (1,55 milliard) en contrepartie des obligations de service public (notamment les banlieues). Les investissements concerneront aux trois quarts le matériel roulant, dont 211 trains de grande capacité pour les banlieues commandés à Stadler et Alstom. Ainsi, un contrat de 858 millions d’euros a été signé le 15 décembre pour 97 rames avec ces deux constructeurs : le réseau local Rodalies de Catalunya en bénéficiera ; s’y ajouteront 28 trains régionaux fabriqués par CAF.
Michel Garicoix

« Nous avons la capacité de mobiliser tous les contrôleurs de la SNCF en quelques jours »
Le collectif national ASCT (CNA), créé sur Facebook et à l’origine du conflit en décembre des chefs de bord, n’a pas disparu. Son accès sur Facebook a simplement été limité. Le collectif se voit désormais comme un porte-voix puissant des contrôleurs, autre appellation des chefs de bord. L’un de ses membres, Olivier*, s’en explique.
Ville, Rail & Transports : Vous êtes contrôleur depuis 25 ans. Comment s’est déroulée votre carrière jusqu’à présent?
Olivier : Je suis entré à la SNCF en 1997 et, comme tous les contrôleurs de ma génération, j’ai commencé sur des lignes de banlieue, à Marseille. J’y suis resté pendant 12 ans. J’ai ensuite intégré la réserve (la « rail team »), avant d’accéder deux ans et demi plus tard aux TGV.
J’ai donc un peu une vie de nomade, qui me fait passer à l’extérieur de 8 à 10 nuits par mois. On cumule en moyenne une centaine de découchés par an. Nous assurons deux missions prioritaires : d’abord la sécurité des circulations, puis la préservation des recettes.
Nous assumons chaque jour des responsabilités très importantes, avec des notions de sécurité à maîtriser, une remise en question tous les trois ans avec le passage du CAF (certificat d’aptitude aux fonctions de sécurité) et une visite médicale pour vérifier que nous sommes toujours aptes au service.
Notre vie s’apparente à celle des conducteurs avec les mêmes contraintes, les mêmes horaires. Nous ne choisissons pas nos congés. Cet été, par exemple, je serai en vacances en juin. Je travaillerai donc en juillet et en août. C’est imposé par le roulement des congés. Les congés d’été s’étendent de juin à septembre.
VRT : Diriez-vous que c’était mieux avant?
Olivier : Nos conditions de travail se sont surtout dégradées au niveau de l’entreprise : avant, il y avait plus de respect de la part de la hiérarchie. Les roulements étaient organisées sur six mois. Maintenant, c’est tous les trois mois, voire tous les deux mois, l’été notamment. C’est une précarisation énorme !
De plus, des missions ont été ajoutées. Avant, on nous demandait d’assurer la sécurité et le contrôle. Le contrôleur était respecté, il représentait l’autorité, le savoir-faire. Puis notre entreprise a voulu que nous devenions des agents d’accueil, des accompagnateurs. Elle nous a demandé de distribuer des goodies… Quand les chefs de service ont disparu sur les quais, on les a remplacés. Tous les chefs de service de France ont eu des promotions car leur métier disparaissait. Mais à nous, on demandait d’en faire toujours plus mais sans considération, sans contreparties. Nos carrières stagnaient.
VRT : Quel a été le déclencheur du conflit ?
Olivier : Un des déclencheurs du mouvement, c’est la fusion, il y a quelques années, des notations des contrôleurs avec celles des agents de gare. Nous sommes passés de l’ECT (Etablissement commercial trains) à l’ESV (Etablissement service voyageurs) qui réunit, outre les contrôleurs, les guichetiers, les agents d’escale… Nous avons alors constaté que les déroulés de carrière étaient plus rapides pour les autres métiers que pour les contrôleurs qui sont pourtant soumis à de multiples obligations.
VRT : Pourquoi avoir créé un collectif au lieu de passer par les syndicats?
Olivier : Le collectif a été créé en juin. Au départ, c’était juste un cri du cœur, une demande de reconnaissance. Cela faisait suite à la demande d’une contrôleuse de lancer un groupe de discussions entre collègues marseillais. On a alors créé une boucle whatsapp dans laquelle on a inscrit tous les copains de Marseille. Puis on s’est dit que ce serait bien d’intégrer les copains d’autres résidences, notamment celles de Montpellier, de Lyon… On a senti un malaise général.
Un collègue a proposé de créer un groupe Facebook. Ce qui a été fait cet automne. La machine s’est mise en marche et on a intégré des centaines, puis des milliers de collègues connectés en permanence. Nous étions une dizaine à nous occuper du CNA (Collectif national ASCT).
Les élus ou les syndicalistes ne sont pas représentés parmi nous. Car depuis une trentaine d’années, rien n’a été fait pour les contrôleurs. Nous avons toutefois contacté tous les syndicats pour leur demander rendez-vous. Car nous sommes obligés de passer par eux pour négocier avec l’entreprise. Nous leur avons demandé de nous aider. Ils y avaient intérêt : le collectif rassemble 3500 contrôleurs sur 7000. On s’est servi de notre force collective pour les inciter à nous aider. Les syndicats ont tous déposé des DCI (demandes de concertation immédiate). La CGT, pourtant majoritaire chez les chefs de bord, nous a suivis mais en se mettant un peu sur le côté car elle n’aime pas les revendications catégorielles. Mais nos attentes étaient spécifiques à notre métier.
Nous pensions que la direction allait nous faire des propositions significatives car notre objectif n’était pas de faire grève à Noël. L’entreprise a un peu lâché mais elle pensait qu’on bluffait car la grève à Noël n’est pas dans notre culture. Le premier week-end de décembre, il y a eu 60 % de TGV supprimés. Le taux de grévistes était monstrueux, quasiment tous les contrôleurs étaient en grève. La direction de la SNCF est tombée à la renverse…
VRT : C’était inimaginable ?
Olivier : La SNCF n’a pas été prise de court. Elle connaissait la situation depuis des mois. Si nos dirigeants avaient eu le souvenir de 2006 et de ceux qu’on appelait «les pétitionnaires », ils auraient pu comprendre. Cette pétition, signée par quasiment tous les contrôleurs de France, pointait déjà la lenteur des déroulés de carrières. Il y a aussi eu, plus tard, une enquête menée auprès des contrôleurs et baptisée « Atout bord ». Tout cela n’a rien changé.
VRT : Etes-vous satisfaits des avancées que vous avez obtenues?
Olivier : Nous sommes partiellement satisfaits. Pour répondre à nos revendications, la direction nous a affirmé que la carrière d’un chef de bord pourrait aller jusqu’à la position 20. Or quasiment aucun chef de bord ne peut l’atteindre tellement les déroulements de carrières sont lents. Dans mon cas, je partirai à la position 18, éventuellement 19 si je pars à la retraite à 65 ans. Tous les chefs de bord devraient pouvoir partir à la position 20, en raison des responsabilités qu’ils assument. Un contrôleur gère 500 ou 600 voyageurs par train. Quand un train a du retard, c’est lui qui répond aux voyageurs. Certains TGV circulent avec un seul contrôleur. A chaque fois qu’un contrôleur donne le départ d’un train, il engage sa responsabilité pénale.
Aujourd’hui, les médecins demandent le doublement de leurs salaires. Nous avons obtenu 50 euros d’augmentation par mois. Ce n’est pas démesuré. Nous souhaitons que se terminent certaines injustices.
VRT : Que va-t-il advenir du collectif?
Olivier : Le groupe Facebook est toujours là mais on en a limité l’accès. Nous allons regarder si les mesures décidées vont vraiment être appliquées. Vu notre pouvoir de nuisances, et notre puissance de communication, nous disons à l’entreprise : attention, nous sommes toujours là ! Nous sommes le petit caillou dans la chaussure. Nous avons la capacité de mobiliser tous les contrôleurs de France en quelques jours. Ce n’est bien sûr pas notre objectif. Mais il faut que l’entreprise en tienne compte.
Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt
* Le nom n’est pas précisé à la demande de l’intéressé

Pourquoi la Nouvelle-Aquitaine commande 15 trains supplémentaires
A nouveaux services, nouveaux trains, dans un contexte général de hausse de la fréquentation. Mis en service progressivement depuis deux ans, au gré des diamétralisations et densifications de dessertes, le RER Métropolitain de Bordeaux va bientôt disposer de 5 nouvelles rames, sur le total de 15 dont l’acquisition a été votée par les élus régionaux de Nouvelle-Aquitaine, réunis les 15 et 16 décembre. « La région sera propriétaire des rames dès leur livraison », a précisé Renaud Lagrave, vice-président du Conseil régional en charge des mobilités.
D’un montant total de 160,3 millions d’euros (répartis sur cinq ans), cette commande porte sur 11 Régiolis et 4 Regio 2N, dont les livraisons sont respectivement attendues en 2025 et 2026. Elle s’inscrira dans les contrats-cadres portant sur ces deux matériels afin d’en disposer dans les meilleurs délais et de profiter des conditions économiques avantageuses négociées au début des années 2010. Une participation de Bordeaux-Métropole est attendue à hauteur de 50 % pour financer l’acquisition des 5 rames destinées au RER Métropolitain, par le biais d’une convention spécifique.
Sur les 11 Régiolis aménagés avec 208 places, de type bimode et adaptables en biocarburation et pour l’hybridation, 2 iront sur le périmètre du RER Métropolitain, alors que sur les 4 Regio 2N de 331 places, 3 seront déployées sur ce nouveau réseau bordelais. Ces rames rejoindront celles que la Nouvelle-Aquitaine et les anciennes régions qui la composaient avaient déjà commandé entre 2014 et 2019, soit 24 Regio 2N de 330 places et de 42 Régiolis de 220 places.
La Nouvelle-Aquitaine justifie l’acquisition de 15 rames supplémentaires, dont 10 sont donc destinées aux dessertes TER d’intérêt régional, par la croissance importante du trafic sur ces dernières au cours de la décennie précédente (en particulier entre 2016 et 2019), par la surcharge des rames constatée depuis la rentrée 2022 (notamment sur le périurbain bordelais et sur les trains de pointe hebdomadaire, les vendredis et dimanches), et par une réponse à apporter aux besoins des usagers et aux contraintes d’exploitation du parc dans les années à venir. Et la région de préciser que l’étude « Plan de Transport Matériel Roulant », conduite par le cabinet suisse SMA et destinée à déterminer les besoins en matériel roulant jusqu’en 2030, chiffre à 15 rames le besoin à court terme (2025). Cette étude se base sur une hausse de la fréquentation située dans une fourchette de 2 à 6 %, jugée cohérente avec la fréquentation constatée et le développement de l’offre de transport par la région.
P. L.

Un métro modernisé pour la ligne 6
La première rame MP89 CC destinée à la ligne 6 de la RATP est arrivée, en début de semaine, à l’atelier de maintenance qui lui est dédiée, près de la place d’Italie. Elle est destinée à remplacer le matériel vieillissant circulant sur cette ligne : les MP73 datant des années 1970. Elle devrait être mise en service avant la fin du mois. Quarante-six autres rames vont suivre d’ici à 2026.Ce matériel est issu de l’ancien parc de la ligne 4 du métro parisien qui, avec son automatisation, a dû renouveler ses rames. Bien que construits dans les années 90, les MP89 de la ligne disposaient encore d’un potentiel d’utilisation. À Paris, deux lignes “à pneus“ et au matériel en fin de vie, pouvaient les accueillir : la 6 et la 11. Le renouvellement du matériel étant déjà programmé avec le prolongement de la ligne 11, restait donc la ligne 6. A condition toutefois de réduire la longueur des rames à 5 voitures au lieu des 6, pour s’adapter à la longueur des stations. Cette opération importante consiste à supprimer la remorque centrale, mais à conserver trois motrices et une remorque équipée d’une cabine, à chaque bout. Ces modifications ont été confiées à l’entreprise ACC de Clermond-Ferrand, par IDFM qui finance l’opération.Les voyageurs de la ligne 6 devraient apprécier les avantages de ces rames plus modernes, dotées de l’intercirculation, de baies vitrées plus grandes et d’un éclairage plus puissant. Les assises ont également été remplacées et les rames équipées de la vidéo surveillance.La RATP a profité de l’arrivée de ce nouveau matériel pour moderniser l’atelier de maintenance de la ligne, près de la place d’Italie à Paris (https://vrt.europechina.net/ferroviaire/la-ratp-associe-atelier-de-maintenance-et-activites-tertiaires/). Le nouvel atelier construit à la place d’un ancien est adapté au nouveau matériel. Il est plus haut, pour accueillir les systèmes d’aération et un pont roulant, et doté de voies sur pilotis, au lieu de fosses, et de passerelles, pour offrir plus de confort de travail aux équipes. Il bénéficie aussi d’un éclairage zénithal naturel.Entre la modification des MP89, le nouvel atelier, et l’adaptation de la ligne, notamment de la signalisation, IDFM a investi près de 450 millions d’euros. Une dizaine de MP89 CC devrait être livrée cette année.Yann Goubin
Le plus long tunnel ferroviaire d’Europe du Nord est ouvert en Norvège
C’est le lendemain de sa mise en service, à l’occasion du changement d’horaire du 11 décembre, que le roi Harald V de Norvège a officiellement ouvert la ligne nouvelle de Follo (Follobanen), entre la sortie sud-est de la gare centrale d’Oslo (Oslo S), dont le schéma de voies a subi le plus important remaniement depuis 41 ans, et la nouvelle gare de la localité de Ski, à une vingtaine de kilomètres au sud de la capitale norvégienne, avec pôle d’échanges multimodal. En outre, le projet comprend un tunnel sous le Parc médiéval (Middelalderparken), secteur archéologique d’Oslo,

A la sortie sud du tunnel, le projet de ligne nouvelle de Follo comprend un nouveau pôle d’échanges multimodal à Ski. Sur 22 km, dont 20 km en tunnel, la ligne nouvelle double la ligne classique de l’Østfold, élément clé du réseau géré par Bane NOR entre Oslo et la frontière avec la Suède. Constitué de deux tubes parallèles (réalisés par tunnelier sur 18,5 km) le nouveau tunnel (Blixtunnel) est désormais le plus long d’Europe du Nord. Il a été nommé en l’honneur de Peter Andreas Blix, architecte de plusieurs gares de la ligne classique de l’Østfold, afin d’éviter la confusion avec le Follotunnel, du nom du district au sud-est d’Oslo, appellation déjà prise par un tunnel routier.

La ligne nouvelle de Follo permet aux trains grandes lignes de quitter la gare centrale d’Oslo en direction de la Suède par 22 km de voie double, la ligne classique de l’Østfold continuant d’être parcourue par les trains de desserte locale. Alors que les trains de desserte locale continuent de marquer 22 arrêts sur la ligne classique, les trains grandes lignes peuvent désormais filer à 200 km/h (de conception, la ligne nouvelle pourrait être parcourue à 250 km/h), ce qui leur permet de gagner une dizaine de minutes par trajet. Globalement, la capacité du réseau ferré norvégien à la sortie sud-est d’Oslo se trouve doublée par l’ouverture de la ligne nouvelle.
P. L.
