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Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.

Une nouvelle signalisation pour les « petites lignes » et les passages à niveau
Mené par Thales, en partenariat avec Setec Ferroviaire, GeoSat, Clearsy et la région Nouvelle Aquitaine (FerroCampus), avec la participation de la SNCF, le consortium NS2F, comme « nouvelle signalisation ferroviaire frugale » a pour but, comme son nom l’indique, de développer un système de signalisation et d’exploitation « simplifié, digital et innovant ». Son objectif revendiqué est de revitaliser la desserte fine des territoires par les « petites lignes » et d’améliorer la sécurité, « en particulier aux passages à niveau ».
Un système de plus, donc ? Oui, mais avec une « garantie d’interopérabilité avec le réseau structurant » et des coûts d’investissements et d’exploitation réduits « de plus de 30 % », assurent les membres du consortium NS2F, déjà engagé auprès de la SNCF dans le projet Train Léger Innovant et dont l’ambition est de porter le projet de signalisation « en moins de 36 mois ». Entré en phase de contractualisation auprès de l’Ademe, le projet NS2F bénéficie d’une aide au financement de 7,164 millions d’euros votée par le Comité France 2030.
Neuf innovations sont mises en œuvre par les membres du consortium pour maîtriser la connaissance des infrastructures parcourues et la localisation des trains avec un minimum d’installations fixes, coûteuses à déployer et à entretenir. Elles concernent la localisation et odométrie autonome agnostique du train sans éléments à la voie (Thales) ; l’utilisation de télécommunications publiques cyber sécurisées (Thales) ; la cartographie numérique de terrain de haute densité (GeoSat) ; la génération formelle de données en sureté (Clearsy-Thales), l’interface de supervision et d’exploitation sur tablette (Setec Ferroviaire -Thales), l’intégration de la surveillance des Passages à Niveau (Thales-région Nouvelle Aquitaine); la surveillance de l’infrastructure par les senseurs du matériel roulant (GeoSat-région Nouvelle Aquitaine-Thales) et la signalisation frugale et supervision centralisée des lignes (Thales).
Le train à hydrogène n’est pas l’idéal pour le Bade-Wurtemberg
Avec sa livrée blanche, jaune et noire du Bade-Wurtemberg, le train à hydrogène Mireo Plus H de Siemens était une des vedettes d’Innotrans, en septembre dernier, avec son voisin Mireo Plus B à batteries et aux mêmes couleurs. Mais au premier, le Land dans le sud-ouest de l’Allemagne préfère désormais le second pour remplacer les autorails diesel desservant les lignes non électrifiées du réseau. Ceci depuis la publication d’une étude réalisée par le consortium regroupant les cabinets TTK et Komobile.
Dans le cadre de cette étude, une comparaison a été effectuée entre une électrification classique par caténaire et la mise en œuvre de batteries embarquées dans les trains ou encore de piles à combustible (hydrogène). Et ce, tous frais compris, qu’il s’agisse des installations nécessaires ou de la production, de l’usage et de la maintenance des matériels roulants, en tenant compte du fait que certains itinéraires sont partiellement effectués sous caténaire et que des électrifications permettraient de combler certaines lacunes et de mailler le réseau ferré. Les besoins énergétiques et les émissions de CO2 ont également été pris en compte.
Pour le ministère des Transports du Bade-Wurtemberg, la conclusion semble sans appel : en se basant principalement sur l’aspect économique, le train à hydrogène, même alimenté à la caténaire lorsqu’elle est présente, ne bat ni l’électrification, ni le recours aux batteries sur les lignes desservant le Land. En effet, les distances à parcourir sans caténaire sont suffisamment courtes dans le Bade-Wurtemberg pour que la caténaire reste abordable par rapport au trafic assuré sur cinq des lignes étudiées, alors que l’autonomie offerte par les batteries est suffisante pour franchir les lacunes non électrifiées sur sept autres lignes du Land.
P. L.

La gare de Châtillon-sur-Seine mise aux enchères
L’ancienne gare de Châtillon-sur-Seine est mise aux enchères par SNCF Immobilier sur le site agorastore.fr. La mise à prix a été fixée à 36001 euros. La vente, qui concerne deux parcelles de 814 m² et 296 m², commence ce 15 novembre et devait se terminer le 17 novembre à 16 heures.Le bâtiment voyageurs, sur la plus grande parcelle, représente 375 m² et comprend, au rez-de-chaussée, le hall voyageurs et des bureaux, et, à l’étage, des logements. À quelques mètres, une maison d’habitation indépendante, comprenant un rez-de-chaussée et un étage pour un total de 116 m² est installée sur la deuxième parcelle.Si la gare voit encore passer des trains de céréales venant de Poinçon et Ravières au sud-ouest et de Brion-sur-Ource, au nord-est, elle est fermée au trafic voyageurs depuis 1980. L’intérieur des bâtiments s’est dégradé, et demandera une totale réfection.Les acheteurs devront aussi se conformer à quelques règles : pas de transformation en « dancing ou boîtes de nuit », dit le site, ni de locaux de vente d’alimentation « de plus à 300 m2 », ou locaux commerciaux au-delà de 200 m2 ou de nouvelles constructions agricoles. Il faudra aussi composer avec les bus voyageurs de Mobigo, dont l’arrêt est situé dans la cour de l’ancienne gare.Y. G.
La Deutsche Bahn face à des travaux colossaux
L‘accident mortel le 3 juin en Bavière, d’un train de la Deutsche Bahn, qui avait causé la mort de 5 personnes et en avait blessé 44, a révélé le mauvais état du réseau outre-Rhin. « La qualité et la fiabilité actuelles du réseau sont inacceptables« , avait ensuite reconnu Richard Lutz, le patron de la compagnie allemande.
La DB avait alors lancé une inspection des voies, achevée fin août. Les conclusions appellent à des travaux de grande ampleur : il faut remplacer environ 137 000 traverses. « Soit près des deux tires de celles examinées« , avait précisé la compagnie allemande à la rentrée. « Les inspections laissent penser qu’il s’agit d’un défaut de fabrication : les traverses présentent en partie des irrégularités au niveau des matériaux (…). Partout où les experts ont découvert des anomalies, la DB a immédiatement réagi : les trains circulent plus lentement sur les traverses concernées et dans certains cas, des tronçons de lignes ont dû être fermées », avait-elle ajouté.
Le remplacement des traverses devrait coûter plus de 100 millions d’euros. C’est leur mauvais état qui est pointé pour expliquer l’accident qui fait l’objet d’une enquête pénale. D’ici à la fin de l’année, « la quasi-totalité des lignes concernées devraient être à nouveau ouvertes à la circulation de manière régulière« , selon la DB. Un chantier d’autant plus urgent que le gouvernement incite les Allemands à préférer le train à leur voiture lors de leurs déplacements. Après le billet à 9 euros expérimenté cet été pour voyager dans les transports publics (hors trains à grande vitesse), qui a rencontré un beau succès avec environ 52 millions de billets, les pouvoirs publics veulent lancer prochainement un abonnement mensuel à 49 euros.

Cartes Familles nombreuses : la SNCF passe la main
La nouvelle carte Familles nombreuses pourra être commandée à partir du 2 janvier prochain sur le portail www.carte-familles-nombreuses.gouv.fr« En plus d’un format et d’un graphisme revisités, cette nouvelle carte s’appuie sur un processus de commande dématérialisé, plus rapide, qui facilitera les démarches pour les familles nombreuses« , indique dans un communiqué le ministère de la Transition écologique.Créée en 1921, cette carte, qui donne accès à des réductions pouvant aller jusqu’à 75 % sur des voyages ferroviaires, était jusqu’alors gérée par la SNCF. Mais avec l’ouverture à la concurrence du marché ferroviaire, il a été décidé de passer le relais au ministère des Transports et la gestion a été confie à l’Imprimerie nationale. L’Union nationale des associations familiales (Unaf) a également été associée à la conception de ce nouveau service.Un nouveau parc de 3,5 hectares attendu en 2024 sur la Petite Ceinture
La mairie de Paris a annoncé le 9 novembre avoir acheté à la SNCF une friche ferroviaire pour 11,5 millions d’euros sur la petite ceinture, entre le cours de Vincennes et le jardin de la gare de Charonne. La Ville veut y planter 2000 arbres et en faire une promenade avant les JO de 2024. Situé en bordure de la Petite Ceinture, ce site faisait office de dépôt de bus jusqu’en 2017, après avoir servi de gare de marchandises jusque dans les années 70. « Relié au jardin existant, ce projet permettra de créer un nouveau grand parc de 3,5 hectares dans ce quartier populaire de Paris« , indique la Ville dans un communiqué.Les travaux commenceront dès septembre 2023 après une première phase d’études. Une concertation avec les habitants doit aussi permettre de préciser les usages dévolus à cet espace qui comprendra des espaces boisés, une clairière, une aire de jeu…L’accès au public de ce nouveau tronçon est prévue au printemps 2024. IL viendra compléter l’ouverture au public de la Petite Ceinture, qui représentera ainsi 12 kilomètres de promenade cumulés d’ici la fin de la mandature, pour une surface totale de 25 hectares, précise encore l’Hôtel de Ville. Laissé à l’abandon depuis plus de 20 ans, la petite ceinture, voie ferroviaire encerclant en une trentaine de km Paris, trouve peu à peu depuis 2010 une nouvelle vocation.
Pourquoi Bolloré a cédé ses activités à MSC en Afrique
Devenu au fil des années un acteur incontournable de la logistique en Afrique de l’ouest, le groupe Bolloré a finalement cédé, au printemps dernier, 100 % des activités de sa division Bolloré Africa Logistic à MSC (Mediterranean Shipping Company). L’homme d’affaires breton se retire après plusieurs déconvenues alors que cette division, forte de près de 21 000 collaborateurs à travers ses 250 filiales, enregistre toujours une forte croissance de son activité. La stratégie du repreneur, numéro un mondial du transport maritime, s’inscrit dans la volonté de contrôler tous les maillons de la chaîne logistique et de mieux connecter les ports à l’arrière-pays.
C’est une page qui se tourne dans les secteurs de la logistique et des transports d’Afrique subsaharienne. Au terme de négociations exclusives entamées le 20 décembre 2021, le groupe Bolloré a signé, le 31 mars dernier, la cession à MSC (Mediterranean Shipping Company) de 100 % des activités de sa division Bolloré Africa Logistics. Cette branche du groupe était principalement dédiée à l’activité portuaire, opérant 16 terminaux à conteneurs, mais aussi à bois ou fluvial. Un acteur devenu au fil des années incontournable en matière de logistique, qui, à travers ses 250 filiales, comptait près de 21 000 collaborateurs.Trois concessions ferroviaires
Pour développer les connexions entre les ports et l’hinterland, le groupe avait aussi investi dans le rail. Bolloré gérait trois concessions ferroviaires : Sitarail, Bénirail et Camrail. La première a en charge la ligne entre Abidjan et Ouagadougou, à cheval entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. La seconde se limite, pour sa part, au Bénin.Vincent Bolloré a longtemps eu l’objectif de connecter ces deux compagnies en réalisant une boucle ferroviaire, allant de la Côte d’Ivoire au Bénin, en passant par le Burkina Faso et le Niger. Quant à la troisième compagnie, elle gère trois lignes au Cameroun.
Alors que Bolloré Africa Logistics a encore connu une croissance en hausse de 12 % au premier semestre, qu’est-ce qui a motivé l’homme d’affaires breton à mettre un terme à cette activité ? Les dirigeants du groupe ne s’épanchent guère sur le sujet. Mais plusieurs pistes sont évoquées : Vincent Bolloré aurait-il souhaité réduire la voilure au moment où il prend sa retraite et cède son empire à ses deux fils, Yannick et Cyrille ? Ou bien s’agit-il avant tout d’une décision stratégique, pour recentrer le groupe dans le domaine des médias ? Rappelons que Bolloré possède entre autres Vivendi, Havas, Canal + et…C News. Il a aussi mis la main sur plusieurs marques du groupe Lagardère, comme le JDD, Europe 1…
Poursuites judiciaires…
Le contexte géopolitique a aussi compté. Les coups d’Etat se sont succédé ces dernières années sur le continent, avec en arrière-plan une progression du sentiment anti-français. Les dirigeants avec lesquels Vincent Bolloré affichait sa proximité ont été pour certains renversés, comme Alpha Condé en Guinée.
A cela s’ajoutent les poursuites judiciaires : Vincent Bolloré a été mis en examen en juin dernier, soupçonné d’avoir utilisé les services d’une filiale d’Havas dédiée notamment au conseil politique, pour obtenir des concessions portuaires à Lomé et Conakry. Enjeux politiques et économiques sont totalement imbriqués.« Les compagnies étrangères obtiennent le plus souvent les concessions ferroviaires en Afrique en signant des PPP (partenariats public-privé). Idéalement, ce sont censés être des accords commerciaux sur le long terme, mais en réalité ils sont généralement liés aux cycles politiques », rappelle Bernard Aritua, expert en transports à la Banque Mondiale et auteur de The Rail Freight Challenge for emerging economies (éd. World Bank).
… et déconvenues
Le groupe a aussi connu plusieurs déconvenues rien qu’en matière ferroviaire. Après de multiples rebondissements, le projet de boucle ferroviaire est à l’arrêt (lire l’encadré ci-dessous). Au Cameroun, la filiale du groupe a été condamnée pour homicide involontaire dans l’accident d’Eseka, qui a fait 79 morts en 2016.« Concernant la sécurité, les chemins de fer en Afrique ont fait des progrès en matière de réglementation mais manquent toujours d’équipements modernes », déplore Bernard Aritua.
Pour autant, Bolloré ne quitte pas complétement l’Afrique. Le groupe y reste présent à travers Canal+, où le nombre d’abonnés augmente davantage qu’en Europe. Dans un communiqué, le groupe a annoncé qu’il « poursuivra également ses développements dans de nombreux secteurs comme la communication, le divertissement, les télécoms et l’édition ». Même sans les ports et les trains, Bolloré compte donc bien poursuivre son soft power en Afrique.
Antoine Pecqueur
MSC, un armateur engagé dans le ferroviaire
5,7 milliards d’euros : c’est le montant que MSC a proposé pour racheter les activités de Bolloré Africa Logistics. Une somme qui représente près du double de la valorisation effectuée à l’automne dernier. Même s’il ne rend pas public ses profits, MSC, n° 1 mondial du transport maritime, sort renforcé de la crise sanitaire. Cette période, marquée par une augmentation du coût des transports, a profité à tous les géants du porte-conteneur.
Les raisons qui ont poussé MSC à reprendre les actifs africains de Bolloré sont de différentes natures. Politique déjà, car, selon des sources proches du dossier, l’objectif était de garder cette activité entre les mains d’un groupe européen, en l’occurrence italo-suisse, et ne pas la céder à la Chine, qui développe ses tentaculaires routes de la Soie. D’un point de vue plus économique, cette reprise s’inscrit aussi dans une stratégie globale des armateurs, qui au-delà de leurs porte-conteneurs, cherchent à contrôler tous les maillons de la chaîne logistique. La CMA-CGM a même pris des parts dans Air France, devenant son quatrième actionnaire.
Le ferroviaire s’inscrit dans cette dynamique. En 2015, MSC a racheté la division cargo des chemins de fer portugais. Sous le nom de Medway, cette filiale joue la carte de l’intermodalité en associant le train à une flotte de camions. Après s’être développé au Portugal et en Espagne, Medway s’est lancé en Italie. En France, l’armateur opère deux lignes de fret, entre Bordeaux et Le Havre et entre Bordeaux et Fos-sur-Mer.
L’objectif est toujours le même : connecter les ports à l’arrière-pays. Et cette année, MSC a lancé une nouvelle compagnie de fret ferroviaire en Belgique, pour desservir le port d’Anvers. Outre le transport de ses conteneurs, MSC opère aussi pour le compte d’autres entreprises. Un modèle économique qui devrait s’appliquer en Afrique. Bernard Aritua souligne le potentiel de ce secteur : « c’est le fret qui peut permettre aux chemins de fer d’être rentables, et non pas le transport de passagers. Il faut donc repenser aujourd’hui en Afrique l’offre de transport de marchandises, en prenant davantage en compte les intérêts des clients, par exemple grâce à de meilleures connexions avec les ports. » Du pain béni pour MSC.
A. P.

Gares & Connexions mise sur les panneaux solaires
Après un appel à manifestation d’intérêt lancé en février dernier, qui a recueilli plus de 50 candidatures, Gares & Connexions a choisi son premier partenaire pour produire de l’énergie photovoltaïque sur son domaine foncier : ce sera la société française Tenergie, avec laquelle le gestionnaire des gares a signé un accord le 31 octobre.Cette société indépendante, implantée dans les Bouches-du-Rhône et qui accompagne depuis plus de 15 ans des acteurs du territoire (entreprises, collectivités…) sur le déploiement de solutions d’énergie renouvelable, a notamment été choisie pour sa capacité à s’intégrer dans un espace contraint comme l’est une gare, explique Marlène Dolveck, la directrice générale de SNCF Gares & Connexions, en rappelant que ce projet entre dans le cadre du plan stratégique de l’entreprise lancé en 2020 et vise un mix énergétique pour sortir du fossile. Une concrétisation bienvenue dans le contexte actuel de hausse des prix de l’électricité.Des panneaux sur les parkings de 119 garesTenergie va déployer 180 000 m2 de panneaux photovoltaïques dans les parkings de 119 gares d’ici à la fin 2024. Les parkings sélectionnés sont de taille moyenne (une centaine de places environ) et sont implantées sur tout le territoire.La société, qui vendra à des clients extérieurs l’électricité produite, sera également responsable de l’exploitation des panneaux et de leur maintenance. En contrepartie, elle versera une redevance à Gares & Connexions (dont le montant n’est pas dévoilé) dans le cadre d’une convention d’occupation temporaire d’une durée de 30 ans. Une formule qui évite à Gares & Connexions d’investir les 40 à 50 millions d’euros nécessaires au projet.Les ombrières des 119 parkings permettront de produire 30 MWc, soit l’équivalent de 15 % de la consommation électrique annuelle des 3000 gares françaises. Dans son projet de solarisation de son domaine foncier, Gares & Connexions espère produire 47 MWc (mégawatt-crête) d’ici à 2025.D’autres appels d’offres à venirA l’horizon 2030-2032, le gestionnaire des gares se donne l’objectif d’implanter 1 million de m2 de photovoltaïque sur son foncier des gares pour produire 150 à 200 MWc. D’autres appels à manifestation d’intérêt seront donc lancées. Gares & Connexions affirme savoir où implanter les 820 000 m2 qui restent à lancer. Mais la complexité technique devrait s’accentuer au fur et à mesure du développement du photovoltaïque sur ses installations.La production d’énergies renouvelables sur le périmètre de Gares & Connexions sera alors équivalente à sa consommation d’électricité. Cette production sera injectée d’une part dans le réseau électrique français, d’autre part dans le réseau électrique des gares, indique la filiale de SNCF Réseau.Le gestionnaire des gares n’exclut pas non plus de s’intéresser à d’autres formes de production d’électricité comme l’éolien par exemple. « Nous continuerons à travailler sur tous les sujets liés à l’énergie renouvelable« , affirme Marlène Dolveck.Marie Hélène Poingt
Le Parlement approuve la nomination de Jean Castex à la tête de la RATP
Fraîchement accueilli ! Lors de son audition le 8 novembre par les sénateurs, puis le lendemain par les députés, Jean Castex a dû affronter les remarques acerbes d’élus qui avaient déjà approuvé il y a un peu plus de 3 mois sa nomination à la tête de l’Afitf (Agence de financement des infrastructures de France) et ont peu apprécié de le voir revenir pour leur demander cette fois un vote en faveur de sa nomination à la présidence de la RATP.
Lui donnant du « Monsieur le Premier ministre« , ils ont pointé la « longue liste de recasages » (selon les termes du sénateur LR des Alpes-Maritimes, Philippe Tabarot), établie par le président de la République au profit de ses anciens collaborateurs. Ils ont aussi rappelé les réserves importantes de la Haute Autorité à la transparence de la vie publique (HATVP), qui interdisent à l’ancien Premier ministre d’entrer en relation directe avec les ex-membres de son gouvernement ou de ses services. Cela ne les a toutefois pas empêchés de voter en faveur de la nomination de l’ancien locataire de Matignon aux commandes de la Régie, sensibles sans doute aux qualités de « compétence » mises en avant par l’intéressé lui-même et reconnues, lors de leurs interventions, par de nombreux parlementaires.
Jean Castex a répondu point par point et s’en est finalement bien sorti : « Quand je suis venu devant vous, fin juillet, la présidence de la RATP n’était pas vacante », la PDG sortante, Catherine Guillouard, ayant annoncé sa décision le 1er septembre. « De plus, l’enjeu à la RATP n’est pas le même… » A propos des réserves de la HATVP, il rappelle : « elles sont très liées à l’ouverture à la concurrence. Mais l’autorité qui décide des lots à ouvrir, ce n’est pas le gouvernement, c’est Ile-de-France Mobilités ».
Priorité au coeur de métier
Interrogé sur sa stratégie, il explique que sa priorité, « c’est le coeur de métier« . Et il poursuit : « Ce n’est pas un retour sur la diversification. La diversification des activités fait sens mais ne doit pas nous détourner de notre mission première et fondamentale », citant le service aux collectivités et la qualité de service comme la ponctualité, la propreté, la sécurité, la lutte contre la fraude, la qualité de l’information, la modernisation de la billettique… Et il ajoute, se référant aux appels d’offres gagnés à l’international : « Je ne pourrai pas, par exemple, expliquer qu’on exploite très bien un réseau à l’étranger mais pas en Ile-de-France. »
Commentant les défis « extrêmement lourds » auxquels est confrontée la RATP (en particulier le manque de conducteurs qui ne permet pas de tenir l’offre demandée), Jean Castex cite les sujets qu’il faudra traiter à « très court terme : la qualité de continuité de service public, les difficultés de recrutements, l’absentéisme…« , même si la RATP n’est pas la seule à être confrontée à ces difficultés de recrutements, « si c’était la seule, ça se saurait! » Il se donne trois semaines pour établir un « diagnostic partagé » et trouver « des outils supplémentaires » pour accélérer les recrutements.
Ecoute et concertation
Pour y parvenir, sa méthode reposera sur « l’écoute, la concertation, la proximité« . Il vise tout le monde, à commencer par l’autorité organisatrice, IDFM, qui assure la plus grande part du chiffre d’affaires du groupe. « Nous avons l’obligation de travailler ensemble et de bien travailler. Je vais proposer un état des lieux très précis de ce qui marche bien et de ce qui ne marche pas », indique le futur patron de la régie. Il fait aussi une autre suggestion, lancer « une sorte d’observatoire » sur l’ouverture à la concurrence « pour voir ce qui marche, pour voir si la qualité de service ne se trouve pas dégradée, est-ce que les prix baissent…? « , faisant comprendre que l’ouverture à la concurrence n’est pas un dogme pour lui.
Aux collectivités, l’ancien maire promet qu’il ira sur les territoires où « notre entreprise assure son service public ou va se déployer« . Et il affirme vouloir travailler « encore mieux » avec les représentants des usagers.
A l’égard des partenaires sociaux et du personnel, il lance plusieurs messages. « Je vais m’employer à faire aboutir les textes réglementaires qui manquent sur le CST (cadre social territorialisé en vue de la concurrence)« . Il veut aussi lancer très vite les négociations annuelles obligatoire (NAO) pour 2023, comme cela est déjà prévu en décembre 2022.
Présence humaine renforcée
En interne, il prône plus de « déconcentration des responsabilités« . Cela passe par « une ligne hiérarchique responsabilisée » qui dispose « d’une plus large part de manoeuvre pour trouver des solutions rapides« .
Avec l’automatisation des métros, qu’il souhaite pousser et la digitalisation billettique qui va se développer, il compte poursuivre le déploiement du personnel dans les stations pour renforcer la présence humaine et aller au contact du public. Il faut « humaniser au maximum« .
Il cite enfin trois chantiers qu’il affirme vouloir suivre « personnellement » : l’amélioration de la qualité de vie au travail, de la gestion prévisionnelle de l’emploi, et de la formation et l’attractivité des métiers.
« Les défis ne manquent pas et ça me motive beaucoup« , lance-t-il aux sénateurs. A commencer par la grève demain, qui s’annonce dure, signe d’un climat social dégradé. Comme un cadeau de bienvenue adressé au futur dirigeant. En attendant que sa nomination soit confirmée en Conseil des ministres.
Marie-Hélène Poingt

L’Elizabeth Line de bout en bout
La reine Elizabeth II aura eu le temps d’inaugurer « sa » ligne du « RER londonien » en mai dernier. Mais les nouvelles relations dont les usagers ont pu bénéficier une semaine plus tard ne tenaient pas encore toutes les promesses du projet Crossrail, dont l’objectif était de permettre des liaisons sans changement de l’ouest du bassin londonien (Reading, aéroport de Heathrow) et l’est (Shenfield au nord-est et Abbey Wood, au sud de la Tamise).
Dans les faits, durant tout l’été et le début de l’automne, l’Elizabeth Line n’était pas une, mais trois lignes, avec correspondances dans les gares de Paddington et de Liverpool Street pour passer des deux tronçons exploités sur le réseau ferré britannique à la ligne nouvelle sous le centre de Londres. De plus, une gare de cette ligne nouvelle, Bond Street, n’a été ouverte au public que le 24 octobre, alors que la fréquence des trains était réduite et qu’aucun train ne circulait le dimanche.
Depuis le 6 novembre, c’est un service quasi-nominal dont bénéficient les usagers de l’Elizabeth Line, qui peuvent désormais voyager d’est en ouest, sans avoir à prendre les escaliers entre les nouvelles gares souterraines et les gares en cul-de-sac de Paddington ou de Liverpool Street. Toutefois, quelques changements resteront nécessaires, toutes les combinaisons entre les branches ouest et est n’étant attendues qu’avec le service 100 % nominal, en mai prochain. Toujours est-il que jusqu’à 22 trains traversent Londres par heure et par sens sur le tronc commun, contre 12 dans les mois qui suivaient l’inauguration. Et l’Elizabeth Line est maintenant ouverte tous les jours !
P. L.
