Le 1er septembre, le réseau de bus de l’agglomération niçoise, Ligne d’Azur, a subi un lifting destiné à corriger les dysfonctionnements constatés depuis le lancement de la ligne 1 du tramway. Deux lignes de bus ont été modifiées et trois créés. La fréquence a été passée à 5 min 30 aux heures de pointe sur les lignes 9 et 10, en site propre, qui bénéficient d’une offre de +30 %. Six bus articulés ont été mis en service sur ces lignes. Ils viennent compléter la commande d’une vingtaine de bus en 2008. Sur l’ensemble du réseau niçois, l’offre augmente de 25 à 50 % selon les lignes. Dix-sept autres communes de la communauté d’agglomération connaissent également des modifications : nouvelles lignes, fréquences de passage augmentées, nouveaux services les week-ends et jours fériés. Cela correspond à une augmentation de l’offre de 15 %. Pour cela, 117 chauffeurs supplémentaires ont été embauchés. Autre nouveauté de la rentrée niçoise, l’ouverture d’un parc relais, le premier à l’ouest de la ville et le quatrième en service. Le parc relais de Saint-Augustin offre 184 places aux utilisateurs du réseau de transports urbains est en liaision.
Catégorie : Ferroviaire
Retrouvez toute l’actualité ferroviaire: lignes, matériels ferroviaires et l’actualité des constructeurs et des opérateurs en France et l’international.
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Le vélo gagne du terrain aux Pays-Bas
Au royaume de la petite reine, le vélo continue de gagner du terrain. Quelque 1,4 million de nouveaux vélos ont été vendus en 2007, soit 80 000 de plus que l’année précédente, selon des chiffres publiés en août par l’Office central des statistiques (CBS). Soit une hausse de 9% du chiffre d’affaires, après une augmentation de 15% en 2006. La pratique progresse elle aussi. « Cela vient notamment du fait que la santé est de plus en plus importante pour les gens », estime le directeur de l’Union des cyclistes, Hugo van der Steenhoven. « Il y a aussi le souci de l’environnement, ajoute-t-il. Surtout pour les trajets courts, les gens réalisent qu’ils peuvent polluer moins. » Il met également en avant la hausse des prix du pétrole. « Selon une étude, avec un baril à 100 dollars, 10 % des automobilistes choississent le vélo. » Une autre étude des associations de fabricants de vélos RAI et Bovag, indique que chaque Néerlandais a parcouru 902 km à vélo en 2006, une distance en progression constante depuis 15 ans. Au total, les Néerlandais ont pédalé 14,7 milliards de km en 2006, contre 22 milliards de km parcourus en transports en commun, et 95,8 milliards de km en voiture. « Sur 1,2 million de Néerlandais qui utilisent le vélo pour se rendre au travail, 100 000 parcourent plus de 10 km », affirme M. Van der Steenhoven. La RAI souligne enfin l’envolée des ventes du vélos électriques depuis un an et demi (AFP).
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Pas de loi sur la qualité du service fret
Soulagement chez les professionnels : il n’y aura pas de législation européenne sur la qualité du fret ferroviaire. C’était le dernier pan manquant du troisième paquet ferroviaire, Bruxelles a finalement décidé d’y renoncer. « Nous pensons que la qualité est mieux régulée par le marché que par une loi qui imposerait des pénalités », se réjouit Johannes Ludewig, le directeur de la Communauté européenne du rail. Dans une communication datée du 8 septembre, les services du Commissaire Antonio Tajani expliquent également que l’ouverture à la concurrence orchestrée par l’Union européenne est le meilleur moyen d’améliorer les performances des opérateurs. Ils constatent pourtant que la ponctualité et la fiabilité de l’information transmises aux clients laissent encore beaucoup à désirer, notamment pour le fret international. Mais de plus en plus d’opérateurs ont recours à la certification, le nombre de contrats englobant une clause de qualité augmentant (34 % en 2007 contre 0 % en 2003). La tendance est bonne. Comme la Commission constate que les Etats membres et le Parlement restent hostiles à une législation, elle préfère miser sur la bonne application des directives et règlements existants pour obtenir de meilleurs performances des opérateurs.
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Rhône-Alpes investit 510 millions dans 76 rames TER
La région Rhône-Alpes va acquérir 40 nouvelles rames TER pour un coût de 340 millions d’euros. L’investissement est financé par un crédit-bail optimisé du groupement Terrae, porté par la Caisse d’Epargne Rhône-ALpes qui a remporté l’appel d’offre européen lancé en juillet 2007. La commande porte sur 24 rames 2N et 16 rames AGC. En outre, Rhône-Alpes va signer dans quelques semaines un autre contrat de financement avec Dexia. Le montant de 170 millions d’euros concerne l’achat de 24 rames tram-train et 12 rames AGC.
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Le plan rail démarre en Midi-Pyrénées
Le plus grand chantier ferroviaire de France a débuté le 5 septembre. 500 km de voies ferrées seront renouvelés ou modernisés d’ici 2013 pour un investissement de 820 M€ (dont 500M€ pour la région Midi-Pyrénées, soit la moitié de son budget annuel). Le président du conseil régional, Martin Malvy, a inauguré, à Bagnac-sur-Célé (Lot), la ligne qui servira à ravitailler les chantiers en ballast. La SNCF assure la maîtrise d’œuvre de l’ensemble.
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LGV Rhin-Rhône : bientôt les équipements ferroviaires
Deux ans après les premiers coups de pioche, le chantier du TGV Rhin-Rhône entrera très prochainement dans une nouvelle phase avec l’arrivée des entreprises d’équipements ferroviaires. Le principal appel d’offres a été attribué au groupement C2R. Parallèlement, le chantier de génie civil va bon train, et septembre verra le lancement de deux viaducs.
Le 28 septembre, RFF attend 20 000 personnes à ses journées portes ouvertes. C’est une période charnière pour le TGV Rhin-Rhône. Débutés le 3 juillet 2006, les chantiers de génie civil sont en voie d’achèvement, certains seront livrés en fin d’année, et la phase équipements ferroviaires commencera dans la foulée. La pose du premier rail est d’ailleurs prévue pour avril 2009. Mais d’ores et déjà, ce mois-ci, le groupement C2R, attributaire du marché principal, “voie, caténaire et base-travaux”, entrera en action au niveau de Villersexel et posera le premier rail sur le chantier de la base-travaux en octobre. Il s’agit de remettre en service, pour janvier prochain, les 20 km de ligne désaffectés en 1987 entre Lure et Villersexel pour y faire circuler les wagons d’approvisionnement du chantier. Quelque huit trains par jour éviteront ainsi la circulation quotidienne de 1 000 camions. Ainsi, par exemple, 1,35 million de tonnes de ballast sera acheminé par 1 350 trains-travaux, mais aussi 500 000 t de traverses, 580 km de rail et 320 km de fil caténaire. Ce marché d’une durée de 38 mois a été notifié au tout début de l’été au groupement C2R, qui s’activera dès le printemps prochain sur les quelque 140 km de LGV, à raison de la pose quotidienne de 1 100 m de voie, soit environ 500 m vers l’ouest, en direction de Besançon, l’autre moitié vers l’est, en direction de Belfort. Ce chantier voie et caténaire mobilisera 500 personnes et, au plus fort des opérations, les équipements ferroviaires occuperont un millier d’hommes. Le marché des bâtiments techniques de signalisation a également été attribué début juin. En novembre prochain, la construction des 14 bâtiments commencera. « RFF a soigné leur aspect en sollicitant un architecte pour leur dessiner une identité propre », précise-t-on chez le gestionnaire d’infrastructures. Les autres marchés viennent tout juste d’être attribués. « Nous avons reçu des réponses d’entreprises étrangères, notamment espagnoles et italiennes, mais elles étaient soit insuffisantes techniquement, soit trop chères », souligne Jean-Jacques Mourot, directeur des équipements ferroviaires de la LGV Rhin-Rhône chez RFF. Ces marchés de prestations comprennent une part de fourniture par les adjudicataires, ce qui est nouveau. Cependant, « en complément, une convention de fournitures sera signée très prochainement avec la SNCF, à hauteur de 132 millions d’euros », poursuit-il. Elle concerne les matériaux lourds, rails, traverses et ballast, ainsi que les appareils de voie, un millier de relais de signalisation et, surtout, la caténaire. « Cela permet à RFF de choisir son fil. » Car pas question de prendre le risque d’avoir du cuivre de mauvaise qualité. Reste une consultation à venir en octobre pour le gardiennage des installations jusqu’à leur mise en service, un marché de plusieurs millions d’euros qui débutera en avril sur une quinzaine de secteurs identifiés. Par ailleurs, « dans la mesure où la SNCF n’est pas maître d’œuvre – elle est même absente de tous les lots –, six marchés de contrôle extérieur seront passés afin de s’assurer de la qualité des prestations et pouvoir homologuer la ligne », poursuit Jean-Jacques Mourot. Les documents de consultation des entreprises sont en cours d’élaboration. Enfin, le pilotage et la réalisation des essais ont été confiés sans appel d’offres à Inexia et à la SNCF, « contrairement à ce qui avait été imaginé initialement par le maître d’œuvre, si bien que le rôle de la SNCF est redevenu plus important… » Sur les 144 km de chantier, entre Villers-les-Pots et Petit-Croix, à proximité de Belfort, soit la première phase de la branche est (190 km entre Dijon et Mulhouse), « près de 80 % des terrassements et des mouvements de terre ont été réalisés et près de 24 millions de déblais ont été excavés sur les 30 millions prévus, signale-t-on chez RFF. Une cinquantaine d’ouvrages d’art sont terminés sur les 160 programmés, les premiers viaducs sont en voie d’achèvement, en particulier sur la partie centrale du tracé, et plus de 50 % des bétons nécessaires à la construction de la ligne ont été mis en œuvre. » Des travaux de finition aux abords des emprises ont même débuté : végétalisation de talus, pose de clôtures, etc. A la fin du mois, la jonction entre les deux tabliers métalliques du viaduc de la Lizaine sera effectuée. Ce viaduc de 717 m de long, culminant à 45 m, est situé à Héricourt. A la même période, s’effectuera aussi le lancement du viaduc de l’Ognon, à Voray-sur-l’Ognon. Le 28 septembre, les riverains et curieux pourront juger sur pièce de l’avancement du chantier. RFF a en effet souhaité réitérer l’expérience de l’an passé, en organisant une journée portes ouvertes. En 2007, 11 000 personnes avaient visité l’un des six sites proposés. Cette année, RFF en attend environ 20 000, compte tenu de l’intérêt grandissant du public pour la construction de LGV. Les visites seront organisées sur dix sites, entre 10h et 17h, avec un départ de bus toutes les 5 à 10 minutes. A priori, le planning est respecté et les premiers essais sont toujours prévus pour la mi-2011, la mise en service de la ligne qui mettra Dijon à 1 heure 35 de Strasbourg – contre 3 heures 50 – est attendue pour décembre 2011. -
Effondrement d?un tunnel ferroviaire en Chine : quatre morts
Quatre ouvriers ont été tués et sept autres blessés, le 29 août, suite à l’effondrement d’un tunnel ferroviaire en construction dans la province du Qinghai (nord-ouest). L’accident s’est produit à 12h15 dans le tunnel de Ketu, dans la préfecture autonome tibétaine de Haibei, et 11 ouvriers ont été ensevelis, a indiqué la China Railway Construction Corporation (CRCC). Les secouristes ont pu dégager les ouvriers bloqués, mais l’effondrement a fait quatre morts. Deux des sept blessés, qui sont dans un état critique, ont été hospitalisés à Xining, capitale de la province. Le tunnel en construction appartient à la ligne de chemin de fer Xining – Golmud, qui fait partie du chemin de fer Qinghai – Tibet. Une enquête sur cet accident est en cours.
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Service Benelux : une bouffée d?oxygène en attendant mieux
Les locomotives TRAXX font leur apparition en tête des trains Bruxelles – Amsterdam sur ligne classique Légère avancée cet été sur le dossier Bruxelles – Amsterdam. Trois locomotives TRAXX MS Bombardier ont été introduites et épaulent la série 11 de la SNCB, dédiée à la traction des trains du service actuel Benelux, sur ligne classique. Un aller-retour en milieu de journée, sur les 16 quotidiens, leur a été confié à partir du 11 août. La date du 1er août était initialement visée, mais le ministère des Transports néerlandais a dû repousser l’échéance, faute d’un dossier d’homologation tout à fait complet. Une première phase de test est menée jusqu’à une évaluation, réalisée courant août, et dont les résultats, s’ils sont positifs, devraient déboucher sur un second aller-retour courant septembre. Cet apport de sang neuf va donc permettre au service de regagner des points de régularité. La fiabilité s’était dégradée ces derniers temps, en raison notamment « d’une fragilité technique des locomotives de type 11 » comme l’explique un porte-parole de la SNCB. Soulignons que ces locomotives devaient cesser leur activité en avril 2007, compte tenu de l’introduction planifiée de nouveau matériel roulant.
AnsaldoBreda pas à l’heure
Mais voilà, rien ne se déroule comme prévu. HSA et la SNCB ne reçoivent pas dans les temps les 12 nouveaux trains à grande vitesse (250 km/h) commandés chez l’Italien AnsaldoBreda le 24 mai 2004. Ces rames sont notamment destinées à assurer les services internationaux Bruxelles – Amsterdam par la nouvelle ligne LGV 4/HSL Zuid. Alors que la première unité devait être livrée il y a deux ans, à l’été 2006, elle n’a toujours foulé ni le réseau belge, ni le néerlandais. Elle s’est directement rendue au centre d’essais ferroviaires de Velim (République tchèque) pour essais, le 29 mars dernier. Une campagne de tests est ensuite prévue sur les réseaux des deux pays. Espérons que la mise en service ne prenne pas autant de temps que celle de l’IC4 danois, du même constructeur, qui a emmené ses premiers passagers le 7 août dernier… sept ans et demi après la signature du contrat !
L’ERTMS retarde le « plan B »
Une solution a alors été retenue : le recours à la location chez Angel Trains de 15 locomotives TRAXX MS de Bombardier. 12 pour HSA et 3 pour la SNCB. Cette dernière en a de toute manière besoin pour assurer les navettes intérieures reliant Anvers Central à la nouvelle gare de Noorderkempen, située sur la LGV 4. Pour HSA, l’objectif était d’introduire un service temporaire sur ligne nouvelle assuré par les rames de voitures « Benelux » modernisées et tractées par ces locomotives. Décembre 2007 était visé, mais rien à ce jour ne circule. L’infrastructure serait prête, après quelques déboires liés à sa construction, à des considérations environnementales ou à l’ERTMS (European Rail Traffic Management System) de niveau 2, unique solution de sécurité et de signalisation équipant la ligne. Aujourd’hui Bombardier se fait attendre, la TRAXX semble avoir quelques difficultés à décrocher les autorisations nécessaires pour circuler sous ETCS niveau 2. Aucune date de mise en service n’est avancée par les protagonistes. Cette absence d’homologation empêche également la SNCB de lancer les navettes Anvers Central – Noorderkempen. Initialement prévue en juin 2007, une mise en service basée sur un protocole de signalisation temporaire a été étudiée pour juin dernier. Le Service de sécurité et d’interopérabilité des chemins de fer (SSICF) paraît cependant refuser une telle exploitation.
Laurent CHARLIER
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Les banques internationales prêtes à financer le chemin de fer en Azerbaïdjan
La Banque asiatique de développement (ADB) s’apprête à participer au financement du plan ferroviaire 2008-2012 de l’Azerbaïdjan. L’ADB, dont des représentants étaient en mission à Bakou fin août, pourrait avancer 550 millions de dollars. D’autres investisseurs se sont manifestés. La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) et la Banque européenne d’investissement (BEI), sont prêtes à investir dans la reconstruction de la ligne nord – sud (frontière russe – Iran), inscrite au plan. L’ADB aussi. Tout comme la banque allemande de développement KfW. Quant au renouvellement de l’axe ferroviaire est – ouest, reliant Bakou à la Géorgie et aux ports de la Mer noire, il devrait être financé par la Banque mondiale (450 millions de dollars) et par la Banque japonaise de développement international (260 millions). KfW devrait participer au renouvellement du matériel roulant. L’ensemble du plan se chiffre à 1,5 milliard de dollars
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CFF Cargo cherche une alliance, vite !
Un poids lourd du fret qui lance un appel public pour se trouver un partenaire. Voilà qui n’est pas commun. La démarche traduit l’urgence de la situation pour CFF Cargo Pour trouver l’âme sœur, CFF Cargo passe la vitesse supérieure. Alors que depuis plusieurs mois le milieu ferroviaire bruit de rumeurs à son sujet, l’opérateur suisse a décidé d’officialiser, le 3 septembre, ce que tout le monde savait déjà. « Les CFF cherchent des partenaires pour CFF Cargo », indique un communiqué de presse aux accents d’annonce matrimoniale. Les candidats intéressés sont priés de se faire connaître avant le 22 septembre. Le processus de sélection « doit être finalisé au premier semestre 2009 ». Pour Andreas Meyer, directeur des CFF, « c’est la fin d’une stratégie d’actions agressives en solitaire ». Après avoir longtemps cherché à se mesurer à Railion, les CFF se rendent compte qu’ils sont cernés. Et cherchent à sortir de l’isolement avant qu’il soit trop tard. « Nous ne recherchons pas d’investisseur financier, mais une entreprise partenaire, précise un porte-parole de l’entreprise. Nous pouvons imaginer un partenariat avec des chemins de fer, des grands transporteurs routiers ou des grands clients. » Deux types de profils sont recherchés. Une entreprise internationale, d’une part, favorisant le développement des CFF à l’étranger. « Parallèlement, des partenariats doivent aussi être examinés pour le secteur suisse », précise, d’autre part, le communiqué. L’annonce, à vrai dire, ne surprend personne. Au printemps, Guillaume Pepy et Hartmut Mehdorn se sont succédé au chevet des CFF, et la presse, à plusieurs reprises, a évoqué des projets de fusion. Mais le mode opératoire n’en reste pas moins étonnant. Dans un secteur où les discussions sont rarement rendues publiques avant d’être achevées, le communiqué marque sinon un échec des négociations, tout du moins leur probable enlisement. « Absolument pas, rétorque un porte-parole de CFF Cargo à qui nous avons posé la question. Les discussions avec plusieurs entreprises, ainsi qu’avec les deux principaux chemins de fer européens seront bien sûr poursuivies. Mais il existe par ailleurs d’autres possibilités de partenariat en Suisse ou à l’étranger qui sont attractives et que nous voulons examiner de manière active. » Côté français, cependant, les déclarations sont moins enthousiastes. Officiellement, la branche fret se refuse à tout commentaire. Mais en interne, on ne juge pas très opportun de superposer le déficit de CFF Cargo sur celui de Fret SNCF. Le tractionnaire aux locos vertes aura déjà bien assez de mal à clôturer ses comptes cette année. La question se pose différemment pour la Deutsche Bahn. La Suisse est, certes, un marché de prédilection pour les Allemands, mais le poids lourd européen craint de réaliser l’opération de trop, celle que les autorités de concurrence ne lui pardonneraient pas. Bruxelles risque en effet de voir d’un mauvais œil une prise de participation dans l’opérateur historique helvète. D’autant plus que la DB détient déjà 45 % de BLS Cargo, son principal challenger (voir La Vie du Rail International du 7 juillet). Schenker n’a pas intérêt à froisser Bruxelles. Il y a encore beaucoup d’entreprises à racheter à l’Est. Le communiqué des CFF prend d’ailleurs soin de préciser que « les propositions doivent être conformes à la législation anti-trusts et durables ». Une disposition qui pourrait exclure la DB. « A ce stade des discussions, il est trop tôt pour aborder cet aspect. Cela dépendra de la forme du partenariat envisagé », temporise le porte-parole de CFF Cargo. Du reste, l’opérateur helvète se dit ouvert à tous types d’alliance. A quelques réserves près. Il faut que le partenaire investisse, bien sûr. Qu’il contribue à redresser les comptes. Qu’il favorise le report modal et, enfin, qu’il apporte des garanties pour que « le réseau suisse de wagons complets couvre l’ensemble [du territoire] ». En somme, le communiqué prend grand soin de ne fermer aucune porte. Seule une cession pure et simple de la branche reste exclue.
Guillaume KEMPF