Catégorie : Fret & logistique

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  • Alstom présente une locomotive de manœuvre sans conducteur aux Pays-Bas

    Alstom présente une locomotive de manœuvre sans conducteur aux Pays-Bas

    Il y a déjà des locomotives de manœuvre sans conducteur, mais radio-commandées par un agent à quelque distance. Et il y a aussi des essais de locomotive de ligne au niveau d’automatisation GoA2, en présence d’un conducteur qui est assisté par le système. Mais cette fois, en première mondiale près de Breda, aux Pays-Bas, c’est une locomotive de manœuvre autonome qui a effectué une démonstration au niveau GoA4, sans conducteur, dans le cadre d’un partenariat entre Alstom, le gestionnaire d’infrastructure néerlandais ProRail et l’opérateur de fret ferroviaire belge Lineas. Cette démonstration s’est tenue fin novembre, en clôture d’une série d’essais.

    Au niveau d’automatisation GoA4, le démarrage, la conduite et l’arrêt du matériel roulant sont entièrement automatisés, y compris en présence d’obstacles ou en cas d’événements imprévus, sans intervention directe du personnel. Pour y parvenir, il a fallu démontrer la fluidité de l’interaction entre le système intelligent de détection et de reconnaissance des obstacles (ODS), développé par NIART (Elta), et le système d’exploitation automatique des trains (ATO) d’Alstom. Cette démonstration ouvre la voie à une utilisation plus large de la conduite autonome dans les opérations de manœuvre, permettant ainsi d’augmenter en toute sécurité la capacité des opérations de fret… dans un contexte où ces dernières, potentiellement pénibles et dangereuses, ont du mal à recruter. Et plus largement, les essais actuels en GoA4 aux Pays-Bas « sont destinés à préparer le terrain pour une large gamme d’applications en exploitation commerciale sur les grandes lignes, à tous les niveaux d’automatisation », ajoute Alstom.

    La démonstration a été effectuée en équipant une locomotive de manœuvre diesel-hydraulique Vossloh G1700 du parc Lineas. Face à plusieurs obstacles (une personne, une voiture, un wagon et un aiguillage mal positionné) la locomotive a réagi de manière entièrement autonome et sans l’intervention du personnel actif à bord, indique Alstom. « L’ODS s’est avéré efficace jusqu’à 500 mètres des obstacles dans des conditions réelles, offrant ainsi un tampon de sécurité important dans les gares de triage ». Ce système embarqué de détection est basé sur un radar numérique à haute résolution, couplé à un système électro-optique multispectral. Il est alimenté par des algorithmes classiques et d’apprentissage automatique afin de détecter et classer les obstacles sur le trajet du train, dans toutes les conditions météorologiques et de visibilité. Les informations obtenues sont ensuite transmises au système ATO afin que ce dernier puisse prendre des décisions de conduite autonome.

  • Fret ferroviaire : le « je vous ai compris » de Clément Beaune

    Fret ferroviaire : le « je vous ai compris » de Clément Beaune

    Ce mercredi, une semaine après une rencontre qu’il a qualifiée de « fructueuse » avec les acteurs du fret ferroviaire, le ministre Clément Beaune a marqué de sa présence la conférence annuelle Objectif OFP, dont il était le dernier intervenant. C’était « la première fois depuis très longtemps » qu’un ministre honorait de sa présence cette manifestation qui réunit la plupart des acteurs de la filière, selon Jacques Chauvineau, président d’objectif OFP. Mais l’incendie couve et le secteur ferroviaire a connu des moments difficiles ces derniers mois, entre un contrat de performance Etat-SNCF Réseau unanimement qualifié de décevant par la filière et une explosion du prix de l’énergie consommée par le rail.

    D’emblée, le ministre a rappelé le maintien de l’enveloppe supplémentaire jusqu’en 2024, au moins (170 millions d’euros annuels pour soutenir l’exploitation). Il a aussi émis le souhait de voir cet effort prolongé jusqu’à la fin de la mandature actuelle, tout en rappelant les récents efforts sur l’infrastructure dédiée au fret, qu’il s’agisse de voies de service ou des capillaires fret. Clément Beaune a déclaré vouloir « faire de la France un grand pays du fret ferroviaire », insistant sur l’intermodalité et la chance d’avoir de grandes zones portuaires, avec un potentiel dans la desserte de leur hinterland… Même si « tous les soutiens ne sont pas possibles ».

    Un contexte marqué par la flambée des coûts de l’énergie

    Bref, un « je vous ai compris », qui intervient dans un contexte complexe, mais qui devrait être a priori favorable au mode ferroviaire : crise énergétique, pénurie de chauffeurs routiers, alors que le doublement de la part modale du rail à horizon 2030 pour le transport de marchandises est inscrit dans la loi Climat et résilience depuis août 2021 ainsi que dans la Stratégie nationale de développement du fret ferroviaire. Une situation dont les acteurs de la filière, réunis avec ceux du transport combiné rail-route au sein de l’Alliance 4F (Fret Ferroviaire Français du Futur), était venue exposer au ministre une semaine avant sa présence à Objectif OFP.


    Ci-contre : les représentants de l’Alliance 4F et du transport combiné rail-route reçus par le ministre. De gauche à droite : Frédéric Delorme (Fret SNCF), Raphael Doutrebente (Europorte), Franck Tuffereau (AFRA), Ivan Stempezynski (GNTC) et Alexandre Gallo (DB Cargo France).

    Reçus le 16 novembre par Clément Beaune, pour le première fois depuis sa nomination comme ministre délégué chargé des Transports, les représentants de l’Alliance 4F lui avaient en effet rappelé les atouts du fret ferroviaire et du transport combiné rail-route, ainsi que la nécessité capitale d’un soutien de l’Etat et de SNCF Réseau quant à la mise à disposition d’infrastructures « performantes et viables », sans lesquelles l’objectif de doublement de la part modale (pour atteindre 18 %) d’ici moins de huit ans ne pourra pas être atteint, malgré de récents signes encourageants. En effet, la part modale de fret ferroviaire est passée de 9,6 à 10,7 % entre 2020 et 2021, alors que le transport combiné rail-route a connu une croissance encore plus forte, de 16 % en volume.

    Rappel des demandes

    La filière du fret ferroviaire avait donc rappelé à l’occasion ses trois demandes au ministre. La première était de bénéficier à très court terme d’un dispositif permettant d’absorber le choc énergétique pour, a minima, jouer à armes égales avec le secteur routier. La deuxième était de prendre les mesures nécessaires pour améliorer la performance et la fiabilité du réseau. Et la troisième était la reconduction des aides aux opérateurs au-delà de 2023 (170 millions d’euros par an), la confirmation des cofinancements concernant le plan de relance d’un milliard d’euros par an ainsi que la décision d’un plan d’investissement sur le réseau ferroviaire du fret de 3,5 milliards d’euros entre 2023 et 2030. Des exigences qui ont été entendues, voire partiellement exaucées…

    Pour l’Alliance 4F, les engagements pris doivent être inscrits dans une loi de programmation des investissements, afin de permettre de donner une visibilité indispensable et des moyens de long terme aux entreprises du secteur, et de contribuer ainsi à la planification écologique. En outre, sur proposition des représentants de l’Alliance 4F, le ministre Clément Beaune a accepté de venir visiter dans les prochains mois une plateforme de fret ferroviaire.

    P. L.

  • Pourquoi Bolloré a cédé ses activités à MSC en Afrique

    Pourquoi Bolloré a cédé ses activités à MSC en Afrique

    Devenu au fil des années un acteur incontournable de la logistique en Afrique de l’ouest, le groupe Bolloré a finalement cédé, au printemps dernier, 100 % des activités de sa division Bolloré Africa Logistic à MSC (Mediterranean Shipping Company). L’homme d’affaires breton se retire après plusieurs déconvenues alors que cette division, forte de près de 21 000 collaborateurs à travers ses 250 filiales, enregistre toujours une forte croissance de son activité. La stratégie du repreneur, numéro un mondial du transport maritime, s’inscrit dans la volonté de contrôler tous les maillons de la chaîne logistique et de mieux connecter les ports à l’arrière-pays.

    C’est une page qui se tourne dans les secteurs de la logistique et des transports d’Afrique subsaharienne. Au terme de négociations exclusives entamées le 20 décembre 2021, le groupe Bolloré a signé, le 31 mars dernier, la cession à MSC (Mediterranean Shipping Company) de 100 % des activités de sa division Bolloré Africa Logistics. Cette branche du groupe était principalement dédiée à l’activité portuaire, opérant 16 terminaux à conteneurs, mais aussi à bois ou fluvial. Un acteur devenu au fil des années incontournable en matière de logistique, qui, à travers ses 250 filiales, comptait près de 21 000 collaborateurs.

    Trois concessions ferroviaires

    Pour développer les connexions entre les ports et l’hinterland, le groupe avait aussi investi dans le rail. Bolloré gérait trois concessions ferroviaires : Sitarail, Bénirail et Camrail. La première a en charge la ligne entre Abidjan et Ouagadougou, à cheval entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. La seconde se limite, pour sa part, au Bénin.Vincent Bolloré a longtemps eu l’objectif de connecter ces deux compagnies en réalisant une boucle ferroviaire, allant de la Côte d’Ivoire au Bénin, en passant par le Burkina Faso et le Niger. Quant à la troisième compagnie, elle gère trois lignes au Cameroun.

    Alors que Bolloré Africa Logistics a encore connu une croissance en hausse de 12 % au premier semestre, qu’est-ce qui a motivé l’homme d’affaires breton à mettre un terme à cette activité ? Les dirigeants du groupe ne s’épanchent guère sur le sujet. Mais plusieurs pistes sont évoquées : Vincent Bolloré aurait-il souhaité réduire la voilure au moment où il prend sa retraite et cède son empire à ses deux fils, Yannick et Cyrille ? Ou bien s’agit-il avant tout d’une décision stratégique, pour recentrer le groupe dans le domaine des médias ? Rappelons que Bolloré possède entre autres Vivendi, Havas, Canal + et…C News. Il a aussi mis la main sur plusieurs marques du groupe Lagardère, comme le JDD, Europe 1…

    Poursuites judiciaires…

    Le contexte géopolitique a aussi compté. Les coups d’Etat se sont succédé ces dernières années sur le continent, avec en arrière-plan une progression du sentiment anti-français. Les dirigeants avec lesquels Vincent Bolloré affichait sa proximité ont été pour certains renversés, comme Alpha Condé en Guinée.

    A cela s’ajoutent les poursuites judiciaires : Vincent Bolloré a été mis en examen en juin dernier, soupçonné d’avoir utilisé les services d’une filiale d’Havas dédiée notamment au conseil politique, pour obtenir des concessions portuaires à Lomé et Conakry. Enjeux politiques et économiques sont totalement imbriqués.« Les compagnies étrangères obtiennent le plus souvent les concessions ferroviaires en Afrique en signant des PPP (partenariats public-privé). Idéalement, ce sont censés être des accords commerciaux sur le long terme, mais en réalité ils sont généralement liés aux cycles politiques », rappelle Bernard Aritua, expert en transports à la Banque Mondiale et auteur de The Rail Freight Challenge for emerging economies (éd. World Bank).

    … et déconvenues

    Le groupe a aussi connu plusieurs déconvenues rien qu’en matière ferroviaire. Après de multiples rebondissements, le projet de boucle ferroviaire est à l’arrêt (lire l’encadré ci-dessous). Au Cameroun, la filiale du groupe a été condamnée pour homicide involontaire dans l’accident d’Eseka, qui a fait 79 morts en 2016.« Concernant la sécurité, les chemins de fer en Afrique ont fait des progrès en matière de réglementation mais manquent toujours d’équipements modernes », déplore Bernard Aritua.

    Pour autant, Bolloré ne quitte pas complétement l’Afrique. Le groupe y reste présent à travers Canal+, où le nombre d’abonnés augmente davantage qu’en Europe. Dans un communiqué, le groupe a annoncé qu’il « poursuivra également ses développements dans de nombreux secteurs comme la communication, le divertissement, les télécoms et l’édition ». Même sans les ports et les trains, Bolloré compte donc bien poursuivre son soft power en Afrique.

    Antoine Pecqueur

     

    MSC, un armateur engagé dans le ferroviaire

    5,7 milliards d’euros : c’est le montant que MSC a proposé pour racheter les activités de Bolloré Africa Logistics. Une somme qui représente près du double de la valorisation effectuée à l’automne dernier. Même s’il ne rend pas public ses profits, MSC, n° 1 mondial du transport maritime, sort renforcé de la crise sanitaire. Cette période, marquée par une augmentation du coût des transports, a profité à tous les géants du porte-conteneur.

    Les raisons qui ont poussé MSC à reprendre les actifs africains de Bolloré sont de différentes natures. Politique déjà, car, selon des sources proches du dossier, l’objectif était de garder cette activité entre les mains d’un groupe européen, en l’occurrence italo-suisse, et ne pas la céder à la Chine, qui développe ses tentaculaires routes de la Soie. D’un point de vue plus économique, cette reprise s’inscrit aussi dans une stratégie globale des armateurs, qui au-delà de leurs porte-conteneurs, cherchent à contrôler tous les maillons de la chaîne logistique. La CMA-CGM a même pris des parts dans Air France, devenant son quatrième actionnaire.

    Le ferroviaire s’inscrit dans cette dynamique. En 2015, MSC a racheté la division cargo des chemins de fer portugais. Sous le nom de Medway, cette filiale joue la carte de l’intermodalité en associant le train à une flotte de camions. Après s’être développé au Portugal et en Espagne, Medway s’est lancé en Italie. En France, l’armateur opère deux lignes de fret, entre Bordeaux et Le Havre et entre Bordeaux et Fos-sur-Mer.

    L’objectif est toujours le même : connecter les ports à l’arrière-pays. Et cette année, MSC a lancé une nouvelle compagnie de fret ferroviaire en Belgique, pour desservir le port d’Anvers. Outre le transport de ses conteneurs, MSC opère aussi pour le compte d’autres entreprises. Un modèle économique qui devrait s’appliquer en Afrique. Bernard Aritua souligne le potentiel de ce secteur : « c’est le fret qui peut permettre aux chemins de fer d’être rentables, et non pas le transport de passagers. Il faut donc repenser aujourd’hui en Afrique l’offre de transport de marchandises, en prenant davantage en compte les intérêts des clients, par exemple grâce à de meilleures connexions avec les ports. » Du pain béni pour MSC.

     

    A. P.

  • Ermewa commande 780 wagons intermodaux en 2022

    Ermewa commande 780 wagons intermodaux en 2022

    Le loueur de wagons Ermewa a annoncé que son parc intermodal s’enrichirait de 780 nouveaux wagons en 2022 dans le cadre de l’expansion de son offre et de son portefeuille dans ce segment. C’est ainsi que 530 wagons intermodaux neufs ont été livrés à la fin du troisième trimestre 2022 et 250 autres wagons suivront d’ici la fin de l’année.
    Au total, 780 wagons de type Sgmmnss 40′, Sgnss 60′, Sggrss 80′ et Sggmrss 90′ rejoindront cette année le parc Ermewa, qui comprend déjà 4 000 wagons intermodaux « et doit encore être augmentée de façon significative dans les années à venir ». D’ici à la fin de l’année 2030, le loueur s’est en effet fixé pour objectif de faire passer son parc intermodal à 10 000 wagons.
    Les nouveaux wagons disposent d’un GPS et sont pré- équipés pour l’attelage automatique numérique (DAC). Les nouveaux Sggmrss 90′ construits par Inveho sont plus légers d’une tonne que les modèles courants de cette catégorie, ce qui permet d’augmenter la charge utile ou de réduire l’apport d’énergie en traction, précise Ermewa.
    Les wagons actuellement livrés ont été produits par Inveho, Greenbrier et Tatravagónka. Pour l’année à venir, Ermewa a déjà commandé plus de 1 000 nouveaux wagons intermodaux, qui seront livrés d’ici fin 2023.

  • Accord entre Thales et Knorr-Bremse pour l’automatisation des trains de fret

    Accord entre Thales et Knorr-Bremse pour l’automatisation des trains de fret

    Deux spécialistes s’unissent pour le développement de la conduite automatique sur les trains remorqués par des locomotives. En effet, un protocole d’accord a été signé entre l’équipementier Knorr-Bremse, spécialiste des systèmes de freinage, et Thales, pour coopérer au développement de solutions de conduite automatique qui concernent aussi bien les trains de marchandises que ceux de voyageurs. Plus que d’arriver à brève échéance à une autonomie complète de ces trains tractés par locomotive, qui pourrait intervenir dans une phase ultérieure, il s’agit ici d’automatiser certaines fonctions, ce qui pourrait se montrer particulièrement utile dans le cadre de la digitalisation des trains de fret.
    Selon les deux entreprises, « la conduite automatique des trains (ATO) apportera (…) au secteur du fret ferroviaire (…) des gains d’efficacité et de capacité, des économies d’énergie, des améliorations des performances et une meilleure ponctualité ». Ce dernier point peut surprendre, mais, ajoutent Knorr-Bremse et Thales, le respect de heure d’arrivée prévue dépend d’une conduite fluide des trains, basée sur des facteurs tels que les caractéristiques de la voie, la topographie et le trafic environnant, ainsi que sur des paramètres spécifiques au train tels que la charge, qui influence les performances de traction et de freinage. C’est là que l’introduction de fonctions numériques et automatisées pour contrôler ces paramètres apporterait une amélioration. En disposant de données fournies en temps réel par des capteurs à installer sur les parcs existants de matériel roulant, les conducteurs des trains pourront élaborer des stratégies de conduite optimales. Les deux entreprises ajoutent que la conduite automatique des trains « contribuera également, entre autres avantages, à lutter contre la pénurie de personnel qui menace le secteur du fret ferroviaire ».

  • Lyon expérimente la logistique du dernier kilomètre à vélo

    Lyon expérimente la logistique du dernier kilomètre à vélo

    Urban Logistic Solutions, VNF, CNR, la Ville de Lyon et la Métropole de Lyon, ont annoncé cet été leur partenariat pour développer des acheminements combinant bateau et vélo, pour transporter des marchandises dans le centre de Lyon. Quelque 40 000 tonnes de produits devraient être ainsi acheminées du Port Edouard Herriot jusqu’à la Presqu’Ile.

    Les produits concernés seront transportés du port Edouard Herriot, à l’entrée sud de Lyon, jusqu’au pont Morand, dans l’hypercentre de la ville, par une plateforme fonctionnant au GTL (Gas to liquid) et naviguant à une vitesse de 12 km/h. Les colis seront ensuite réceptionnés à quai par des grues 100 % électriques, puis acheminés par des vélos à assistance électrique jusqu’à leur destination.

    Une quinzaine de vélos, équipés de remorques pouvant supporter jusqu’à 200 kg de marchandises, seront déployés dans la ville pour assurer la livraison des colis.

  • Getlink renoue avec les bénéfices et tire profit de ses innovations

    Getlink renoue avec les bénéfices et tire profit de ses innovations

    « Back to business », a proclamé Jacques Gounon en ouvrant la présentation des résultats du premier semestre 2022 de Getlink, dont il est président du conseil d’administration. Pour autant, ce semestre n’était pas si « normal » : le président de Getlink a rappelé à l’occasion que des contraintes sanitaires étaient encore en vigueur au début de l’année… Bref, ce semestre qui s’achève sur des résultats financiers supérieurs à ceux de la même période en 2019 (EBITDA de 309 millions d’euros, soit 49 millions d’euros de plus) se traduit par un résultat redevenu positif, de 52 millions d’euros. Pour autant, la fréquentation du lien fixe transmanche reste en retrait par rapport à 2019, mais Jacques Gounon assure qu’il y a un « appétit des personnes pour circuler, en particulier les Britanniques ». Ceci alors que l’entreprise ferroviaire du groupe, Europorte, continue à se développer et que l’interconnexion électrique transmanche ElecLink a été mise en service le 25 mai.

    Yann Leriche, directeur général de Getlink, précise de quelle manière « les choses reviennent à la normale pour notre groupe », même si l’on se doute qu’une comparaison avec le premier semestre 2021, au cours duquel un troisième confinement est entré en vigueur en France, n’est pas des plus pertinents, en particulier pour le transport de voyageurs. Car si, par rapport à la même période l’an passé, le fret par camion a connu une reprise de 19 %, la croissance du trafic voyageurs est tellement énorme (d’un facteur 3,5 pour les navettes, voire 16 pour Eurostar !) que l’on peut se demander si une telle comparaison a vraiment un sens… S’ajoute une ombre au tableau : le nombre de trains de fret, qui était stable aux premiers semestres des deux années précédentes, a baissé cette année de 13 % (754 trains en six mois).

    Reste qu’avec 863 000 passagers dans les navettes Voitures et 3,3 millions sur Eurostar au premier semestre 2022, le trafic voyageurs est indéniablement reparti. Mieux: « nous sortons renforcés de la crise, dont nous avons profité pour innover ou apporter de nouveaux services », ose le DG de Getink, comme « le passage de frontière le plus intelligent du monde ». Avec succès : « plus des deux tiers des clients utilisent nos services digitaux ». Et Yann Leriche de se réjouir que 7 voitures sur 10 traversent aujourd’hui la Manche par Eurotunnel, dont la part de marché est moins importante sur le trafic poids lourds (44 %), mais fait quand même du lien fixe le premier opérateur sur ce marché.

    Et « pour mieux connaître nos clients, dont les habitudes de voyage changent », Getlink a conclu un partenariat en marketing et innovation avec Salesforce. Car le contexte est plus instable qu’au cours de la décennie précédente. Non seulement on n’a pas vu une telle inflation depuis longtemps, mais les indices des prix à la consommation varient différemment des deux côtés de la Manche : la hausse est en effet beaucoup plus élevée en Grande-Bretagne (+14 % depuis le premier semestre 2019) qu’en France (+6 %). S’y ajoute la crise énergétique, mais sur ce point, Eurotunnel, qui marche à l’électricité, est mieux loti que les traversées maritimes : « jamais l’écart de prix n’a été aussi faible par rapport aux ferries ».

    Avec ElecLink, Getlink se lance dans un troisième métier, après Eurotunel et Europorte, « toujours de gestionnaire d’infrastructure, mais pour transporter des électrons ! ». Le goupe, qui vend la capacité du câble par enchères, constate qu’il y a une différence de coût de l’électricité, que les professionnels appellent « spread », entre la France et la Grande-Bretagne. Et « plus le spread est élevé, plus nous sommes intéressants », explique Yann Leriche.

    Dans ce contexte, le DG de Getlink considère que chacune des activités du groupe sont solides. En outre, pour son entreprise ferroviaire Europorte, le train de fret au colza est une réalité, alors que ses locomotives Euro 4000 sont équipées du système européen ETCS pour circuler en Belgique. Pendant ce temps, chez Eurotunnel, la première génération de navettes camions (Breda), qui approche les trente ans d’âge dont près de 28 de service intensif, est progressivement retirée de service. Six navettes doivent être réformées d’ici la fin 2023 (trois l’ont été actuellement), ce qui représente 221 wagons qui doivent être « 100 % recyclés ou valorisés ».

    En attendant, Getlink affiche un objectif immédiat : « réaliser un bel été » !

    P. L.

  • Le fret ferroviaire, autre enjeu de la guerre en Ukraine

    Le fret ferroviaire, autre enjeu de la guerre en Ukraine

    C’est une autre arme dans la guerre lancée contre l’Ukraine : le blocage des marchandises, et plus particulièrement des acheminements alimentaires. Avant la guerre, 90% de l’exportation des céréales, dont l’Ukraine est l’un des principaux producteurs mondiaux (le cinquième pour le maïs et le huitième pour le blé), se faisait par la mer Noire. Mais désormais, le blocus des ports par l’armée russe suspend le transport maritime. « Nous devons acheminer par rail une douzaine de millions de tonnes de fret, nous explique Alexander Kamyshin, le  directeur général d’Ukrzaliznytsia  (UZ), la compagnie ukrainienne de chemins de fer. Or nous n’étions pas du tout préparés à exporter de telles quantités. »

    L’enjeu est d’autant plus crucial que la nouvelle récolte du blé doit se faire cet été. Or les silos sont encore pleins… L’objectif est d’accélérer à tout prix l’exportation des marchandises. « Nous devons pouvoir coopérer au mieux avec les autres opérateurs européens. Sinon, le fret reste à la frontière », déplore Alexander Kamyshin. Des wagons sont ainsi en attente depuis plusieurs semaines.

    Car les freins à l’exportation des marchandises sont multiples. A commencer par la différence d’écartement des rails, entre la norme ukrainienne (1,520 mm, la même qu’en Russie) et celle en vigueur dans la plupart des autres pays européens (1,435 mm). Il est donc nécessaire de transborder les marchandises sur d’autres wagons. Or, comme nous l’explique Aleksandra Röhricht, directrice générale adjointe de Forwardis, le commissionnaire de transport international de marchandises du Groupe SNCF : « le problème majeur est que nous n’avons aujourd’hui pas assez de wagons capables de transporter les céréales. Nous faisons face à une véritable pénurie ».

    A la frontière ukraino-polonaise, une autre solution est possible : les bogies des wagons peuvent être changés. La Pologne étant membre à la fois des conventions de transports ferroviaires de marchandises de l’Europe et de la CEI, elle permet la circulation sur son territoire des wagons ukrainiens, plus larges que les wagons européens. Mais se pose à nouveau un problème de matériel : « Il n’y a actuellement pas assez de bogies adaptables pour les wagons ukrainiens », poursuit Aleksandra Röhricht.

    Face à ce manque criant de matériel, l’Ukraine en appelle aux politiques : « il faut que l’Europe soit en première ligne sur ce dossier », prévient Alexander Kamyshin. Message reçu par le Parlement européen, qui a déjà voté la suspension des droits de douane sur les exportations ukrainiennes. Mais cette décision n’est pas suffisante, loin de là. Dans une note publiée le 12 mai, la commissaire aux transports Adina Valean appelle à « développer des routes alternatives pour relier l’Ukraine à l’Union Européenne. C’est la solution non seulement pour les fermiers en Ukraine mais aussi pour les consommateurs en Europe et ailleurs ».

    En temps normal, 75% de la production ukrainienne de céréales est dédiée à l’export. Un tiers respectivement pour l’Europe, pour l’Afrique et pour l’Asie. « Face au risque de pénurie, il y a la crainte très forte d’une déstabilisation politique dans certaines régions. Il faut se souvenir que les révolutions arabes ont débuté à cause de la hausse du prix du pain et du blé », souligne la chercheuse Delphine Acloque, spécialisée en géographie de l’agriculture.

    Quelles routes alternatives sont dès lors envisageables ? Un corridor ferroviaire pourrait être mis en place entre l’Ukraine et le port lituanien de Klaipeda. L’atout de cette ligne est de conserver le même écartement. Seul obstacle et non des moindres : ce trajet passe à travers la Biélorussie. Le régime du dictateur Alexandre Loukachenko a donné son autorisation au passage des convois ukrainiens à condition que les marchandises biélorusses aient elles aussi accès à ce débouché maritime. Or le pays est aujourd’hui visé par des sanctions, suite à l’élection présidentielle de 2020, jugée frauduleuse…

    Une autre voie de sortie des marchandises ukrainiennes est envisagée au sud du pays, afin de permettre le transit sur le Danube. Mais les conditions de sécurité ne semblent pas encore suffisamment garanties pour le personnel des compagnies de fret.

    Face à l’absence de wagons, les marges de manœuvre restent pour l’instant très limitées : « nos wagons sont déjà réservés pour les prochains mois par des clients, notamment français. Il faudrait que les gouvernements des pays européens nous obligent à rompre ces contrats et à mettre le matériel à disposition de l’Ukraine, observe Aleksandra Röhricht. Il y a sinon l’option de transformer des wagons destinés à d’autres types de marchandises, mais cela prend du temps. »

    Or le temps, justement, manque… Le blé est en train de pourrir dans les silos. Et plus que jamais, les céréales deviennent une arme géopolitique. « Beaucoup de pays africains privilégient aujourd’hui une certaine neutralité avec la Russie, afin de pouvoir continuer à importer son blé », note Delphine Acloque. Le président américain Joe Biden a d’ailleurs annoncé mi-juin un plan de construction de silos aux frontières de l’Ukraine.

    La guerre aura en outre impacté un autre axe majeur du fret ferroviaire mondial : les nouvelles Routes de la Soie, lancées en 2013 par le président chinois Xi Jinping. « La connexion entre la Chine et l’Europe est toujours opérationnelle, via Brest-Litovsk. Mais les entreprises chinoises mettent de moins en moins de marchandises sur les rails, de peur qu’elles soient stoppées en Russie. Et en raison des sanctions, nous ne pouvons plus travailler avec un grand nombre d’entreprises russes », nous dit Aleksandra Röhricht, avant de préciser : « au cas où le transfert par Brest-Litovsk serait interrompu, nous regardons déjà attentivement le passage par la Mer Caspienne, la Géorgie, la Turquie ».

    Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les cartes du fret ferroviaire sont rebattues. La guerre aura donc montré tout à la fois l’importance et la complexité de ce mode de transport.

    Antoine Pecqueur

     

     

     

     

  • Geodis mise sur le fluvial et le vélo avec ULS à Strasbourg

    Geodis mise sur le fluvial et le vélo avec ULS à Strasbourg

    Geodis a annoncé le 16 juin la conclusion d’un partenariat commercial avec Urban Logistic Solutions (ULS), spécialiste strasbourgeois de la logistique combinée par voie fluviale et vélo électrique. Les marchandises (colis, messagerie) viendront transiter par la plate-forme de transbordement d’ULS dans le port du Rhin. Elles seront ensuite acheminées par barge vers une seconde plateforme en centre-ville. Les vélos à assistance électrique avec remorque assureront le relais sur le dernier kilomètre, où les commerçants et particuliers des quartiers centraux seront livrés par des salariés d’ULS.

    « Cette nouvelle organisation couvre 15 % des volumes que nous livrons actuellement sur l’agglomération de Strasbourg », a calculé Stéphane Cassagne, directeur général de Geodis Distribution Express. Pour ULS, qui opère à Strasbourg depuis septembre 2020, ce partenariat illustre une montée en puissance qui se poursuivra à la fin du mois de juin avec l’ouverture d’une seconde base d’opérations à Lyon. Le spécialiste de la cyclo-logistique combinée au fluvial entend s’implanter à moyen terme dans 19 villes françaises desservies par la voie d’eau.

    ULS (27 salariés) a réalisé 1,2 million d’euros de chiffre d’affaires à Strasbourg. Thomas Castan, son fondateur, mise sur une croissance très rapide et sur une expansion européenne (Benelux, Allemagne, Royaume-Uni). L’entreprise s’apprête à ouvrir son capital à un partenaire industriel ou financier pour soutenir un programme de recherche et développement estimé à 3 millions d’euros, qui permettra notamment la mise au point de barges spécifiques, de remorques plus capacitaires (200 kg de charge utile actuellement) et d’outils informatiques dédiés à sa spécialité.

    Olivier Mirguet

  • Une nouvelle feuille de route pour la logistique urbaine à Paris

    Une nouvelle feuille de route pour la logistique urbaine à Paris

    Depuis quelques années, le nombre de livraisons bondit à Paris avec son lot de nuisances sonores, de pollution et de congestion. Et le phénomène, qui a pris de l’ampleur avec la crise sanitaire, ne fait que s’accélérer. D’où la nécessité de repenser la stratégie en matière de logistique urbaine, la précédente charte sur le sujet datant de 2013, ont indiqué Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris, chargé notamment de l’urbanisme, et David Belliard, adjoint à la mairie, chargé notamment des transports, qui ont présenté le 16 juin la nouvelle feuille de route de la Ville sur la période 2022-2026.

    « On assiste depuis quelques années à une accélération importante de l’e.commerce et des livraisons individuelles. Ce qui ne va pas sans poser de questions », commente Emmanuel Grégoire, en rappelant que « chaque semaine 4,4 millions de mouvements de marchandises arrivent l’Ile-de-France dont 62 % dans la métropole du Grand Paris. Et 500 000 colis sont livrés chaque jour à Paris« . Plusieurs mesures ont été décidées après une concertation menée avec plus de 300 partenaires publics et privés pour établir un diagnostic et proposer des « pistes d’action des objectifs » car « la tension est très forte sur l’espace public« , a expliqué David Belliard.

    La Ville souhaite réorganiser les flux logistiques en renforçant le maillage d’espaces de logistique urbaine à Paris pour favoriser l’acheminement du dernier kilomètre avec des modes décarbonés, notamment des vélos-cargos. « Il ne faut pas se retrouver piégés avec des quartiers entiers sans bases logistiques et des grands centres touristiques à l’extérieur de la ville. Le tout doit s’insérer harmonieusement« , souligne Emmanuel Grégoire, promettant « d’inventer de nouveaux modèles« .

    1000 zones de livraisons supplémentaires vont être créés (il y en a déjà 9000) et 100 autres places pour des vélos-cargos afin de favoriser le développement de la cyclologistique. Le principe de livraisons silencieuses en horaires décalées, expérimenté, va être étendu quand cela est possible.

    La Ville va aussi, entre autres dispositifs, chercher à mieux organiser l’approvisionnement des grands chantiers en concentrant les flux et en mutualisant les outils de travail. Et en passant par la voie fluviale ou ferrée.

    Côté commerces de proximité, elle va mener une démarche de sensibilisation pour les inciter à recourir à des véhicules moins polluants ou encore à des véhicules utilitaires électriques partagés grâce à Mobilib’ Utilitaire opéré par Clem’. L’installation de bornes électriques fait aussi partie des mesures ainsi que des aides à l’achat de vélos-cargos.

    Citons aussi sa volonté de mieux encadrer les conditions de travail des livreurs, dont l’activité est dérégulée, même si cela ne relève pas de sa compétence. La Ville envisage notamment une Maison des coursiers et la création d’un « maillage d’aménités » permettant l’accès à des sanitaires, à des fontaines d’eau et à de l’électricité.

    MH P