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Catégorie : Transports routiers
Retrouvez toute l’actualité des transports routiers et urbains : Bus, voitures électriques, politiques d’aménagements urbains

Pourquoi il faudra encore lever le pied sur le périphérique parisien
Engagée dans une politique de réduction de la place de la voiture en ville et de baisse des émissions polluantes, la mairie de Paris projette de limiter la vitesse maximale autorisée à 50 km/h sur le périphérique contre 70 km/h actuellement.La Ville souhaite également pérenniser la voie qui sera dédiée au covoiturage et mise en place à l’occasion des JO. Ces deux mesures ont été présentées le 22 novembre dans le cadre du dispositif retenu pour réduire l’empreinte carbone de la ville de 80 % d’ici à 2050.«C’était une promesse de campagne pour l’élection municipale de 2020 : lorsque les voies dédiées pour les JO ont été annoncées, nous avons dit que nous les pérenniserions », rappelle Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris, Anne Hidalgo. L’Hôtel de Ville veut ainsi lutter contre “l’autosolisme“ « Environ 80 % des usagers du périphérique sont seuls dans leur voiture. Nous ne voulons pas chasser l’automobile, nous souhaitons que l’espace disponible soit utilisé de façon plus rationnelle».Située à gauche du périphérique, cette voie serait non seulement accessible aux voitures occupées par au moins deux personnes, mais aussi bien sûr aux transports en commun, aux bus autonomes, aux VTC chargés, aux taxis même sans client (le code de la route les considère comme des transports en commun), et aux voitures d’handicapés même s’ils sont seuls. S’y ajouteraient les véhicules de secours et ceux de police. Mais il n’est pas question d’y inclure les véhicules zéro émission, électriques ou hybrides. « Même les véhicules électriques émettent des particules fines issues du frottement des pneus. Et pour être efficace, la voie dédiée ne peut accepter trop de véhicules », précise Emmanuel Grégoire.Le dispositif pourrait être contrôlé par des caméras capables de vérifier le nombre de personnes à bord des véhicules, souligne de son côté David Belliard, l’adjoint chargé de la mobilité, en rappelant les objectifs de ces mesures en matière de santé publique. Les nuisances en termes d’émission de particules fines et de bruit concernent 500 000 habitants (dans une bande de 500 mètres autour du périphérique), les deux tiers dans Paris, et le tiers restant dans la petite couronne. « C’est une population qui n’est déjà pas la plus favorisée, qui souffre de la pollution, et dont les enfants ont des problèmes d’asthme », souligne l’élu.La Ville va poursuivre ses discussions avec la préfecture de Paris sur la voie dédiée, notamment pour la modification du tronçon sud entre la porte de Bercy et la porte de Sèvres. Pour limiter la vitesse, « la maire peut prendre un arrêté municipal, puisque le périphérique est sur son territoire», indique le premier adjoint. Ce serait un tour de vis supplémentaire alors que la vitesse maximale sur le périphérique parisien a été régulièrement abaissée durant les trois dernières décennies, passant de 90 km/h à 80 km/h en 1993, puis à 70 en 2014.Yann Goubin
Les députés commencent l’examen du report de la date d’ouverture à la concurrence des bus RATP
La proposition de loi (PPL) sur le nouveau calendrier d’ouverture à la concurrence des bus de la RATP à Paris et en petite couronne poursuit son marathon parlementaire. Après avoir été adopté au Sénat le 24 octobre, l’examen du texte démarre le 22 novembre au soir à l’Assemblée nationale.
En jeu, les modalités du transfert des 19 000 salariés concernés de la RATP à de nouveaux opérateurs, dont environ 15 000 conducteurs de bus, sur 308 lignes et 4 500 bus. Notamment le maintien de leurs garanties sociales. Le report du calendrier d’ouverture au 31 décembre 2026 maximum permettrait d’enjamber les Jeux Olympiques et d’éviter le risque de grève pendant l’événement international qui doit accueillir 15 millions de visiteurs.
Dans son texte, le Sénat avait également modifié les conditions de transfert des salariés selon le critère des centre-bus (dépôts) et non des lignes de bus, pour éviter d’éloigner les agents de leur lieu de travail. Mais, pour résoudre le problème de pénurie de conducteurs, ces derniers devront, selon la proposition de loi, renoncer pendant quinze mois à la réduction du temps de travail de 13 heures à 11 heures pour les journées « en double service » . Une demande d’Ile-de-France Mobilités.
Initialement portée par le sénateur communiste Stéphane Peu, la PPL porte aujourd’hui la marque du centriste Vincent Capo-Canellas, et est soutenue par le gouvernement. Elle propose d’étaler jusqu’à fin 2026 l’ouverture à la concurrence des bus de la RATP, à Paris et en petite couronne. Au lieu du 1er janvier 2025.
Si l’entourage de Clément Beaune se félicite d’avoir arraché un consensus sur la réforme, estimant que le texte « préserve les salariés avec plus de souplesse et de douceur », la gauche réclame toutefois une date d’ouverture plus lointaine, voire de revenir sur le principe même de libéralisation des lignes de bus parisiennes et de proche banlieue.
N.A

Transdev voit ses contrats renouvelés à Lens, Niort et au Havre
Triple succès pour Transdev au cours de cette première quinzaine de novembre : l’opérateur de transport public, filiale de la Caisse des dépôts et du groupe allemand Rethmann, s’est vu notifier le renouvellement de ses contrats dans les agglomérations de Lens, du Havre et de Niort. Ce qui représente un volume d’affaires global de plus d’un milliard d’euros sur les six années des contrats, indique Transdev.
Plus précisément, dans les agglomérations de Lens-Liévin, Hénin-Carvin, Béthune-Bruay (62), où Artois Mobilités est l’autorité organisatrice de la mobilité, Transdev, l’exploitant depuis 2017, va engranger un volume d’affaires de 522 millions d’euros sur la durée du contrat s’étendant de 2024 à 2029.
Dans la Communauté urbaine du Havre Seine Métropole, Transdev, opérateur historique, se voit confier un volume d’affaires de 448 millions d’euros sur la durée du contrat (2024-2029).
Enfin, à Niort, première agglomération de France pratiquant – depuis 2017 – la gratuité totale des transports en commun, l’objectif est d’arriver à 8 millions de voyages en 2029 (6,7 millions de voyages sur les 40 communes de l’agglomération cette année), Le volume d’affaires que devra réaliser Transdev au terme du nouveau contrat atteindra au total 100 millions d’euros.

L’Ile-de-France revoit son service PAM
« De très nombreux usagers m’ont fait part de critiques sur le service de transport à la demande destiné aux personnes handicapées habitant notre région », a expliqué Valérie Pécresse, la présidente d’Ile-de-France Mobilités, venue le 10 novembre, dans les locaux de la plate-forme d’appels gérée par Kisio, une filiale de Keolis. C’est en effet à cette entreprise qu’IDFM a confié l’exploitation de ce service, après un appel d’offres.Depuis le mois d’avril, la gestion du PAM a été progressivement centralisée depuis une plateforme, alors qu’auparavant, chaque département de la région proposait des trajets en appliquant ses propres tarifs.L’idée d’un service uniformisé remonte à 2021. En centralisant les demandes, la Région voulait offrir un accès à la mobilité, identique à tous les habitants, tant du point de vue des trajets, de leur distance que de leurs tarifs. « On m’a rapporté des Paris – Meaux à 80 euros, alors qu’à Paris, c’était 4 euros », raconte Valérie Pécresse.L’intégration des premiers départements au sein de la nouvelle structure PAM Francilien a commencé en avril dernier, avec la ville de Paris, le Val-de-Marne et l’Essonne. En juillet, c’était au tour des Hauts-de-Seine et des Yvelines.Les usagers réguliers doivent fournir des justificatifs. « Sur 4500 utilisateurs actifs, il y a seulement 2500 dossiers complets», indique Clément Michel, directeur général France, Île-de-France et Territoires chez Keolis. Conséquence, en septembre, au plus fort des dysfonctionnements du service, il y a eu 7 % des courses demandées non réalisées. L’objectif de Keolis est de « descendre à 5 % au plus vite », indique Clément Michel.« C’est un service très subventionné, il est donc normal de justifier de sa situation pour en bénéficier. Mais j’ai proposé des assouplissements à l’opérateur, comme demander un livret de famille à la place d’un acte de naissance, qui est long à obtenir », explique Valérie Pécresse.D’autres améliorations sont attendues avec l’embauche d’une quinzaine de conducteurs et la possibilité d’un plus grand recours aux taxis. « Nous allons garder 55 véhicules adaptés, et prolonger leur durée de vie pour passer de 250 à 300 de ces véhicules en service », détaille encore Valérie Pécresse.Au centre d’appels aussi, les effectifs vont être augmentés pour passer de 20 à 40 téléopérateurs. En espérant pouvoir ainsi mieux intégrer les prochains départements, la Seine-Saint-Denis en novembre et le Val d’Oise courant 2024.Y. G.
Clément Beaune annonce un plan sur les cars express au début de l’année prochaine
Un des messages de la Fédération nationale des transports de voyageurs, qui tenait le 15 novembre son congrès annuel, a été entendu : le ministre des Transports a admis que l’objectif de la Commission de rendre 100 % électriques tous les cars neufs à partir de 2030 dans l’Union européenne était probablement trop ambitieux. Le risque, c’est de « casser la dynamique écologique dans une profession essentielle pour la transition énergétique « , a reconnu Clément Beaune.
Auparavant, Jean-Sébastien Barrault, le président de la FNTV avait expliqué que la promotion de la seule électrification « met en péril les efforts réalisés pour faire muter nos flottes« . Et déploré que la Commission européenne « mise tout sur le zéro émission à l’échappement« , négligeant l’impact environnemental d’un véhicule électrique tout au long de son cycle de vie.
Les autocaristes souhaiteraient que soient aussi prises en compte d’autres solutions pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. En particulier le recours au bioGNV. Ou encore la piste du rétrofit.
Le ministre a reconnu l’importance du rôle des cars, rappelant que les cars express seront appelés à jouer un rôle dans les services express régionaux métropolitains. Et il a annoncé un plan de l’Etat sur ces cars express au début de l’année prochaine.

Cityscoot peine à se payer de nouveaux scooters électriques pour honorer son contrat parisien
En recherche d’investisseurs pour déployer sa nouvelle flotte électrique, Cityscoot, opérateur de scooters en libre-service présent à Paris et dans 17 villes de la petite couronne, mais aussi à Milan et Turin en Italie, s’est déclaré le 8 novembre en cessation de paiement auprès du tribunal de commerce.
Créée en 2014, l’entreprise qui revendique à Paris 2 500 véhicules, et 250 000 utilisateurs actifs n’a pas trouvé son point d’équilibre en six ans d’activité en France. Avec une flotte vieillissante « soumise au vandalisme inhérent aux services de mobilité en libre-service » selon un consultant du cabinet Wavestone, l’entreprise aux scooters bleus et blancs a aujourd’hui besoin d’argent frais pour renouveler ses véhicules.
Cityscoot qui emploie 168 salariés en France avait remporté en juillet l’appel d’offres de la ville de Paris avec deux autres sociétés (les Espagnols Yego et Cooltra), pour opérer dans la capitale pendant cinq ans. Cinq mois plus tard, elle explique avoir besoin de nouveaux fonds pour financer sa nouvelle flotte de scooters électriques, qu’elle compte « déployer progressivement » en 2024. Elle avait levé environ 80 millions d’euros au total auprès de ses principaux actionnaires, la RATP et la Banque des Territoires (Caisse des dépôts) et d’Allianz, pour financer sa croissance. Un appel d’offres élargi devrait être conduit par le tribunal de commerce de Paris pour trouver un avenir à l’entreprise.
« Ce projet de renouvellement de la flotte, essentiel pour la rentabilité du modèle et pour atteindre les objectifs de notre business plan 2025, nécessite des financements complémentaires« , indique l’entreprise dans un communiqué. « Afin de conduire dans les meilleures conditions cette recherche d’adossement qui devrait durer plusieurs mois, nous demandons la protection du tribunal de commerce de Paris, ajoute-t-elle.
Pour rappel, la cessation de paiement constitue la première étape vers un redressement judiciaire ou une liquidation, lorsqu’une entreprise est à court d’argent. Elle permet notamment de protéger les salariés, assurés de toucher leurs salaires, et de geler les dettes de l’entreprise, le temps de la procédure. Cityscoot s’était déjà placé sous protection du tribunal de commerce pour restructurer ses dettes.
Sollicitée par VRT, la Ville de Paris n’a pas souhaité réagir à l’annonce de Cityscoot.
N.A

Le défi des Jeux Olympiques
Une deuxième table ronde a été organisée dans le cadre des GPRC, avec pour thème le défi des JO à l’été 2024, à un moment où une quinzaine de millions de visiteurs sont attendus et où le monde entier aura les yeux rivés sur Paris. D’où la nécessité d’une préparation sans faille. Les opérateurs de transport et l’autorité organisatrice IDFM ont fait le point.
Transporter 100 % des spectateurs en transports publics lors des JO 2024, c’est l’un des défis majeurs à relever pour les organisateurs. Laurence Debrincat, directrice chargée des JO pour Ile-de-France Mobilités (IDFM) a travaillé avec le COJO (Comité d’organisation des JO), afin d’élaborer un plan de transport prenant en compte les spécificités de l’événement. Les épreuves se tiendront sur 25 sites pour les JO, 17 pour les paralympiques, aussi bien à Paris qu’en Ile-de-France. Les transports en commun devront assurer les déplacements de 500.000 voyageurs supplémentaires par jour, du 26 juillet au 11 août pour les Jeux olympiques, puis du 28 août au 8 septembre pour les paralympiques.
Pour modéliser les flux, Laurence Debrincat a recensé le nombre de spectateurs attendus sur chaque site, heure par heure. « Nous avons ensuite regardé les capacités de dessertes dont nous disposions et cherché à renforcer notre offre, car le métro ne suffira pas. Les gares n’ont pas été prévues pour absorber un tel surcroit de voyageurs et certains sites olympiques sont éloignés des gares. Nous avons donc prévu de rajouter des dessertes de bus », détaille-t-elle. Plusieurs milliers de navettes à très haute capacité renforceront le service. A dix mois de l’ouverture des jeux, Laurence Debrincat assure que « la quasi-totalité des plans de transports sont terminés », et se dit confiante sur le fait de pouvoir assurer dans de bonnes conditions, l’acheminement des spectateurs et des 200.000 personnes accréditées, ainsi que les déplacements des usagers habituels.
« Il reste à peaufiner les plans de transport des zones de célébration qui n’ont été dévoilées que récemment », reconnaît-elle toutefois. Des fan zones sont prévues dans Paris centre, à la Villette ainsi qu’en Seine-Saint-Denis. Il faut aussi prévoir des plans B en cas d’aléas. « Si une ligne plante, nous devons être à même de réagir en apportant des solutions », souligne la directrice. Heureusement, ajoute-t-elle, rares sont les sites desservis que par une seule ligne. « Nous devrons également nous adapter si des épreuves sont reportées ».
Deux événements par jour au stade de France
Plus précisément, cela fait combien de spectateurs à acheminer pour la SNCF ? Et sur quelles lignes ? La SNCF attend 10 millions de voyageurs par jour, « On a l’habitude mais, cette fois, ça sera en flux continu, avertit Alain Ribat, le nouveau patron de Transilien. « Cela revient à desservir deux événements par jour au stade de France, pendant toute la période des jeux », ajoute-t-il.
Un challenge auquel la SNCF se prépare en prévoyant d’augmenter les dessertes 3 heures avant chaque évènement et 1h30 après, afin d’évacuer les spectateurs.Sur les RER B et D, particulièrement sollicités avec deux compétitions par jour au Stade de France, et dont on connait les limites, « on va mettre 4500 trains supplémentaires par rapport à un été normal, augmenter les fréquences (toutes les 5 minutes) et les moyens humains » , assure l’opérateur qui cherche 5 000 volontaires au sein du groupe, en plein été, et va déployer 20 % de moyens humains supplémentaires parmi les équipes de la Suge, la sûreté ferroviaire. Les travaux sur le réseau ferré seront gelés du 26 juillet au 8 septembre, le temps des olympiades. Et en cas d’avarie, de pénurie, d’imprévus ? « Il y a un plan B, nous avons prévu beaucoup de redondances, à partir de trois gares, au cas où l’une des lignes n’est pas opérationnelle » , rassure-t-il.
Déviation des lignes de bus
La RATP, de son côté, doit mobiliser 19 000 agents pour la période des JO, ainsi que pendant les JOP qui se déroulent au moment de la rentrée. « A part les forces de l’ordre, il n’y aura pas d’entité aussi mobilisé que nous », souligne Edgar Sée, le directeur délégué aux Jeux olympiques et paralympiques à la Régie. « En période estivale normale, nous devons absorber 8 à 9 millions de voyageurs quotidiens, avec les JO, ce sera 1,5 million de plus, et avec une grande disparité selon les jours, les événements et les lignes » , décrit-il.
Outre les dessertes des lieux de compétition comme Roland Garros ou le stade de France, la RATP de son côté, devra assurer les déplacements vers les évènements festifs. Pratiquement toutes les lignes de bus seront déviées, « c’est un peu comme si on gérait une arrivée du Tour de France à Paris, tous les jours ! », compare le responsable du projet. Pour s’assurer la disponibilité du matériel roulant la RATP prévoit de recourir à la maintenance prédictive, afin de n’avoir à faire que « du curatif » durant les jeux. Chez Keolis, le grand sujet, c’est le transport des 15 000 athlètes, puisque la filiale de la SNCF a remporté le marché. « Cela représente l’équivalent de 185 lignes régulières de bus entre les sites et le village olympique, dont dix fonctionneront 24h sur 24, avec jusqu’à 800 départs par jour, toutes les 50 secondes », détaille Youenn Dupuis, le directeur général adjoint, chargé de l’Ile-de-France pour Keolis.
Pour le transport des spectateurs et d’athlètes handicapés, 300 véhicules aménagés spécialement. « Ce qui en fera la plus grande opération de transport de PMR jamais réalisée», souligne Youenn Dupuis. A la demande d’IDFM, il a aussi prévu de renforcer les lignes T11 pour le Bourget et le T14 pour Versailles. L’opérateur doit recruter une centaine de conducteurs pendant les JO, et 500 pour les JOP. Chez Transdev enfin, qui a remporté le marché du transport des spectateurs du site du Château de Versailles (15 000/jour) et celui de la base nautique de Vayres-sur-Marne (35 000 spectateurs/jour), plus celui des accrédités (100 000 personnes), « il a fallu construire intégralement un réseau, l’équivalent du réseau des transports de Rouen, mais pour deux mois et demi de fonctionnement », décrit Alain Pittavino, directeur adjoint de Transdev Ile-de-France. Et s’assurer de pouvoir mettre 800 conducteurs tous les jours derrière le volant des bus. « Les recrutements sont en cours, depuis nos réseaux de province et d’Ile-de-France », indique le représentant de Transdev.
Tous les acteurs sont formels : la mobilisation des agents sera essentielle pour réussir le défi. Alain Ribat estime que les agents de la SNCF seront prêts à accepter de décaler leurs congés et seront fiers de participer à cette grande fête sportive. Il rappelle que le groupe a su en mobiliser pour la Coupe du monde de rugby. Des contreparties financières sont prévues : la SNCF devait mener des négociations avec les syndicats cet automne. Alain Ribat les aborde sereinement. « Participer aux Jeux est un élément de fierté. Ce n’est pas un évènement approché par les syndicats sous l’angle de la menace. A nous de préciser les conditions financières, à mettre en place des bonus incitatifs, qui donnent envie de participer à la fête. »
Côté Keolis, des appels à volontariat ont été lancés non seulement auprès des filiales en France, mais aussi en Belgique, indique de son côté Youenn Dupuis. « Nous nous attendons à un fort engouement car les jeux sont un événement unique et que tout le monde a envie d’y participer », estime le représentant de Keolis. Pour motiver les candidats, l’opérateur a prévu de leur donner la possibilité de remporter des places ou de rencontrer les athlètes, en plus de majorations financières. « Durant les jeux, avec nos 800 conducteurs mobilisés, nous aurons besoin de moyens comparables au réseau de Rouen », souligne de son Alain Pittavino. Pour les mobiliser, Transdev table sur des chauffeurs venus de régions ayant moins d’activités en été, sur des conducteurs scolaires ou encore sur de jeunes retraités prêts à reprendre le volant. Il faudra aussi mettre la main à la poche, reconnait le directeur de Transdev qui devait organiser à partir du 5 octobre un premier round de négociations avec les syndicats en vue d’un accord de groupe sur les conditions sociales pendant les JO. Sont évoquées des primes qui permettraient de gagner 30 à 40 % de plus que le salaire ordinaire d’un conducteur de province.
La RATP, qui a déjà recruté 400 conducteurs, compte aussi sur le prestige des jeux pour attirer des volontaires. « Participer à des Jeux, cela n’arrive qu’une fois dans une vie professionnelle. C’est une expérience unique et nous comptons sur l’esprit de responsabilité du personnel et des organisations syndicales pour que cela soit une réussite », anticipe Edgar Sée. La RATP va aussi modifier ses grilles de congés pour l’été prochain. « C’est une contrainte dont nous tiendrons compte dans les négociations avec les organisations syndicales», explique Edgar Sée, en précisant avancer de concert avec la SNCF sur ce sujet.
Une billettique simplifiée
Un forfait JO sera mis en vente, il permettra d’accéder à tous les sites. On n’en connait pas encore le prix – il sera défini en fin d’année par les élus d’IDFM et tout dépend des arbitrages de Bercy dans le projet de loi de finances qui est en discussion au Parlement. Le déficit de l’autorité organisatrice des transports franciliens est estimé à 800 millions pour 2024, dont 200 millions liés au JO. Selon nos informations, ce forfait ne sera pas hebdomadaire, mais en jours glissants.
Et pour guider les 25 millions de spectateurs attendus, une appli dédiée sera mise en ligne, en plus de Bonjour RATP, Citymapper, Transilien et de Google Maps. « Nous mettons en place une série de messages, recherchons des itinéraires pour les PMR. Nous installerons aussi une signalétique claire pour faciliter les trajets. »
Pour réussir à acheminer sans accrocs les millions de spectateurs, tous les acteurs insistent sur la nécessité de travailler ensemble. « Nous devons réaliser un travail d’équipe », insiste Edgar Sée. Keolis est allé voir des réseaux étrangers pour s’inspirer de bonnes pratiques. « En 2019 nous sommes allés voir comment Tokyo se préparait. Cela a été une source d’inspiration. Nous avons découvert beaucoup de bonnes pratiques en matière de signalétique, de gestion des flux, de présence humaine, de tarification lisible et de communication en langues étrangères », raconte Youenn Dupuis qui se réfère à de récents événements : le transport de 600 000 supporters durant la coupe du monde de football à Doha, des équipes et des supporters lors de la Ryder cup de Golf dans les Yvelines, des visiteurs de l’exposition universelle de Dubai et plus récemment des équipes et supporters de la coupe de monde de rugby. « Il ne faut pas qu’il y ait de grain de sable et si cela devait arriver, il faut les avoir anticipés pour pouvoir proposer des plans B. Nous devons être agiles le jour J», insiste Alain Pittavino. Pour Alain Ribat, « la gestion des flux, c’est notre quotidien. Avec les jeux, nous passerons à une échelle bien supérieure, mais nous bénéficions, pour réussir, de l’appui du politique et d’un dialogue permanent avec notre donneur d’ordre IDFM». C’est tout l’enjeu, car dans le cas des transporteurs, l’essentiel n’est pas de participer…Valérie Chrzavzez avec Nathalie Arensonas

Les premières Assises du mass transit
Londres en 2012, plus tard Tokyo en 2021, ont chacune à leur tour organisé des Jeux olympiques. De son côté, Milan a été la ville hôte de l’exposition universelle en 2015. Elle recevra les JO d’hiver en 2026. Des représentants des réseaux de transports de ces métropoles ont livré un retour d’expériences lors des premières Assises du Mass Transit organisées le 3 octobre par VRT dans le cadre des Grands Prix de la Région Capitale.
Les chemins de fer East Japan Railway sont considérés comme l’un des réseaux les plus performants du monde. La compagnie, qui exploite des lignes dans Tokyo et ses banlieues, est reconnue pour sa ponctualité. En 2018, avant le Covid l’entreprise transportait plus de 40 millions de personnes. « Nous sommes indépendants et exploitons sans compter sur des subventions du gouvernement. Cela nous permet de nous développer de façon autonome », souligne Hideaki Kuroda, le directeur exécutif (bureau de Paris).
Cette autonomie a contribué à assurer le succès des transports à Tokyo durant les JO de 2021, estime-t-il. En organisant cet événement, la direction de l’entreprise avait comme objectif de continuer à assurer un service irréprochable aux habitants de Tokyo, tout en se donnant les moyens de gérer un afflux important de voyageurs à acheminer vers les stades, explique le dirigeant. « Il a fallu travailler à l’accessibilité des personnes en fauteuil roulant, veiller à ce que les escalators fonctionnent dans toutes les gares », rappelle notamment Hideaki Kuroda. Pour pallier la faiblesse en langues étrangères des Japonais, l’entreprise a mis en place des formations en anglais destinées à améliorer le niveau de ses employés et leur a remis des tablettes sur lesquelles ils disposaient d’outils de traduction pour pouvoir fournir assistance et informations aux visiteurs. En complément, pour aider les voyageurs à se repérer, chaque gare affichait des informations en anglais et en chinois. « Les JO nous ont donné l’opportunité d’encourager notre personnel à apprendre et à pratiquer des langues pour guider les visiteurs étrangers. Nous en bénéficions encore aujourd’hui », se félicite le directeur. Pour faciliter les déplacements des touristes durant les olympiades, l’entreprise a lancé des cartes de transport délivrées en échange d’une caution de 3€ et rechargeables. Elles ont permis de voyager sans être confronté à la complexité de la tarification tokyote. « Après les JO, nous avons maintenu ce système », précise Hideaki Kuroda. Selon lui, il faut auss, pour réussir le mass transit, « une bonne technicité et une très bonne coopération au sein du système pour pouvoir fournir à un nombre conséquent de voyageurs des flux de transport alliant ponctualité et sécurité ».
Investissements
ATM, qui gère les transports publics de la capitale de la Lombardie et d’une centaine de communes alentour, transporte quotidiennement 4,5 millions de passagers et entend capitaliser sur son expérience pour assurer les transports lorsque la ville accueillera les JO d’hiver, en 2026. Son directeur de la stratégie et du développement commercial, Paolo Marchetti, rappelle : « Lors de l’exposition universelle en 2015, nous avons transporté 12 millions de voyageurs et tiré des leçons au jour le jour afin de nous améliorer. Cette expérience a duré six mois. » Il affirme qu’ATM a su tirer les enseignements des difficultés rencontrées. « Nous avons étudié toutes les situations critiques en collectant les données pour éviter qu’elles se reproduisent. Ce qui a permis de mettre en place des outils utiles lorsque nous avons reçu 18.000 voyageurs pour la visite du Pape. » Pour se préparer à accueillir les jeux d’hiver, ATM qui automatisé sa première ligne de métro en 2015, a investi en commandant des tramways, des bus électriques et des rames, tout en rénovant son matériel. Le groupe a aussi recruté 600 employés. « Investir pour améliorer son service et avoir une bonne gouvernance sont les deux points clés pour assurer la réussite de ces événements », assure le représentant d’ATM.
Ne pas séparer l’infrastructure de l’exploitation
Lord Peter Hendy, aujourd’hui président de Network rail, société créée en 2000 pour gérer tous les transports publics de la capitale britannique (bus, métro et système ferroviaire, mais aussi taxis et véhicules privés pour les transports de personnes à mobilité réduite), affirme que la préparation des JO de 2012 dans la capitale britannique a démarré très en amont. « Le plan de préparation a pris sept ans », rappelle celui qui était alors commissaire aux transports de Londres après avoir été directeur général de Transport for London (TfL). Dans un premier temps, raconte-t-il, il a été envisagé de recruter des équipes spécialement dédiées à événement, avant de rejeter cette option, les managers en place étant les plus compétents en la matière.
Peter Hendy ne cache pas les frictions avec les dirigeants du Comité olympique. « Ils voulaient donner la priorité aux athlètes, alors que nous estimions important que nos voyageurs habituels puissent continuer à se déplacer de manière normale tous les jours et que la ville puisse fonctionner comme en temps ordinaire. » Les Londoniens, bien informés des difficultés de circulation, ont pu les anticiper en étant nombreux à changer leurs habitudes de transport et de travail durant les olympiades. Période au cours de laquelle les transports londoniens ont dû s’adapter à des situations différentes chaque jour, en fonction des manifestations. « Il fallait anticiper les endroits où il y aurait de la congestion », se remémore le président de Network rail qui garde en tête les critiques négatives des médias. « Ils doutaient de notre capacité à assurer les JO. Mais lorsque nos sportifs ont commencé à gagner des médailles, ils nous ont oubliés ! »
La coordination, une des clés de réussite selon MTRMTR Corporation UK est une filiale de la compagnie hongkongaise MRT corporation, spécialisée dans le mass transit. A Londres, elle exploite une ligne de type RER, la Elizabeth Line, anciennement Crossrail, qui traverse la capitale londonienne d’ouest en Est et dessert l’aéroport d’Heathrow. C’est la ligne la plus fréquentée de Grande-Bretagne. « Nous sommes responsables des gares et de la gestion des trains », précise Graham Cross, directeur commercial de MTR corporation UK.
Cette ligne a bénéficié d’une extension après les JO, période durant laquelle elle a transporté des millions de voyageurs venus pour cet événement, en plus des utilisateurs habituels. « Il était important que les visiteurs gardent une bonne impression de la gestion des transports publics», commente Graham Cross interrogé dans une vidéo. « Les collaborateurs de MRT ont tout mis en œuvre pour assurer la ponctualité et la sécurité des voyageurs, mais aussi pour les aiguiller, afin qu’emprunter cette ligne soit pour eux une bonne expérience », souligne le dirigeant qui pointe l’importance, « pour assurer le succès d’un tel événement, d’un plan de transport bien pensé et d’une bonne communication avec les autres acteurs impliqués ». V. C.Les JO ont apporté de nouvelles infrastructures : des gares, une ligne à grande vitesse depuis Stratford… Et ils ont permis d’engranger des savoirs. « Grâce aux JO, nous savons mieux gérer les heures de pointe et le succès de cet évènement a rendu nos collaborateurs fiers du service rendu. » Interrogé sur les clés de la réussite, Peter Hendy répond : « Il faut le soutien des politiques, mais aussi un budget, des financements et un plan à long terme pour le développement de la ville. » Il note que la mairie de Londres n’a pas toujours été en phase avec la politique nationale des transports, ce qui a pu poser problème. Autre impératif à ses yeux : « Mettre le client au cœur du projet et faire en sorte de lui permettre de voyager facilement en lui offrant des infrastructures durables et un service fiable sur toutes les lignes. » La séparation des infrastructures et de l’exploitation mise en place en Angleterre ne fonctionne pas, ajoute-t-il, en précisant que le gouvernement le reconnait et cherche désormais à faire marche arrière. « Depuis deux ans, le gouvernement cherche à remettre en place la réunification de l’exploitation et du système, mais il faut trouver les fonds », conclut-il en conseillant de ne pas suivre ce même chemin.

Le train à batteries entre en service dans le nord de l’Allemagne
Est-ce une première mondiale pour le train à batteries ? Si on précise « nouvelle génération », « en service régulier » et « alimenté en électricité par îlots », il est certain que le Flirt Akku de Stadler est en train d’écrire une page d’histoire de la traction ferroviaire, avec sa mise en service dans le Schleswig-Holstein, le Land le plus au nord de l’Allemagne. Car si des trains à batteries ont existé ou existent depuis longtemps à travers le monde, alors que les projets d’automotrices de nouvelle génération ne manquent pas, en France ou en Allemagne par exemple, les réalisations concrètes sont à ce jour encore limitées à des démonstrateurs ou prototypes, voire à des navettes sur quelques petites lignes au Japon ou en Australie, pour ce qui est des véhicules plus lourds que des tramways.
Cette fois, dans le Schleswig-Holstein, c’est un service régulier qui débute, et ce, à l’échelle d’une région. Le parc commandé à Stadler comprendra, d’ici au milieu de l’année prochaine, 55 automotrices alimentées par batterie pour circuler sur les onze lignes à « dédieseliser » du « réseau à batteries du Schleswig-Holstein » (Akku-Netz Schleswig-Holstein, ANSH). Le passage au mode électrique de 10,4 millions de trains-km (l’équivalent de 40 % du trafic ferroviaire du Land ou de 6 % du trafic TER français) devrait permettre d’économiser « 10 millions de litres de diesel et environ 26 000 tonnes de CO2 chaque année », estiment les promoteurs du projet. Parmi ces derniers, on retrouve les transports publics du Schleswig-Holstein (NAH.SH) et de Basse-Saxe (LNVG), le Land du Schleswig-Holstein, l’exploitant erixx Holstein et la filiale allemande de Stadler. Ainsi, le Land du nord se félicite-t-il de devenir le deuxième d’Allemagne (derrière la Sarre) pour son taux d’électrification avec « 68 % des itinéraires exploités en mode électrique ».
Pour commencer, le mois d’octobre a vu quatre Flirt Akku entrer en service sur la relation Kiel – Lübeck – Lunebourg (159 km), ainsi que sur la courte branche de 4 km entre Kiel et Kiel-Oppendorf. Les batteries installées en toiture des automotrices leur conférant une autonomie de 80 km, une recharge à la caténaire est effectuée à mi-chemin, lors de la traversée du nœud ferroviaire de Lübeck, sur le premier parcours. Et les horaires ont été adaptés pour disposer de niveaux de recharge suffisants. Mais vu que les caténaires en place ne permettaient pas toujours de tenir 80 km sans recharge, DB Netz a procédé à une électrification « par îlots » de 215 m à 5 km de long, soit un cumul de 11 km.
D’ici le 12 février, les premières relations doivent être entièrement assurées par 26 des 55 automotrices à batteries commandées à Stadler. Le constructeur assurera la maintenance du parc dans un nouvel atelier qui doit ouvrir au début de l’an prochain à Rendsbourg, dans le cadre d’un contrat de 30 ans.
P. L.

« Réseau à batteries » du Schleswig-Holstein, avec répartition des électrifications « par îlots », qui représentent un cumul de 11 km. 
A Reims, le « troisième passager » descend du tramway
C’est la fin d’un ménage à trois, pour reprendre les mots de Catherine Vautrin, présidente de la communauté urbaine du Grand Reims. Les élus locaux ont voté il y a quelques semaines la rupture du contrat qui liait la collectivité locale à Transdev et au groupement d’entreprises Mars choisi au début des années 2010 pour construire et financer le tramway rémois. Il était censé courir jusqu’en 2041 mais le troisième passager, Mars, a été débarqué. La collectivité a en effet décidé de conclure un contrat direct avec l’exploitant, Transdev.
Dans le nouvelle délégation de service public qui démarre le 1er janvier 2024 jusqu’en 2030 l’offre de transport a été recomposée à l’échelle des 143 villes et villages de la communauté urbaine, avec la promesse « d’accéder à une offre de mobilité à moins d’un kilomètre des lieux d’habitation et de travail, indique Transdev dans un communiqué. Deux cents kilomètres de lignes nouvelles – des lignes express pour relier les communes périphériques au centre de la capitale du champagne, et des lignes de bus à haut niveau de service en 2025 – sont prévus sur le nouveau réseau. Lequel va changer de nom pour devenir Grand Reims Mobilités. Ce contrat de six ans représente un volume d’affaires de 360 millions d’euros pour la filiale de la Caisse des dépôts et du groupe allemand Rethmann. Le montant des indemnités dues au groupement Mars devra, quant à lui, être tranché par le tribunal administratif.
N.A