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Catégorie : Transports routiers
Retrouvez toute l’actualité des transports routiers et urbains : Bus, voitures électriques, politiques d’aménagements urbains

Autocars longue distance : plus de 100 millions passagers en dix ans
Le trafic passagers des autocars longue distance est en hausse depuis dix ans, mais la qualité de service en gare freine leur développement, estime l’Autorité de régulation des transports.
Avec 18 millions de passagers, un nouveau record de fréquentation des autocars en France a été battu l’an dernier malgré une insuffisance de qualité de service des gares routières. « Cette situation pourrait nuire à l’attractivité du secteur », alerte l’Autorité de régulation des transports (ART) qui vient de rendre les conclusions de la dixième édition de son rapport annuel sur le marché du transport par autocar et les gares routières.
Depuis l’ouverture de ce marché en 2015, plus de 100 millions de passagers ont embarqué dans un autocar. En moyenne, les gares de transport routier ont accueilli près de 100 000 passagers pour un trajet longue distance, soit une hausse de 40 % depuis 2019. Cependant, certaines de ces infrastructures affichent encore un niveau d’équipement très en deçà des standards attendus. « Une faible qualité de service en gare conduit à détériorer l’expérience des usagers et peut les inciter à renoncer à emprunter les autocars longue distance», note le rapport de l’Autorité en charge de l’observation et de la régulation du marché. Les gares de Lille-Europe et de Nantes-Haluchère, dont les équipements restent très réduits, sont les seules parmi les dix premières gares routières françaises, à ne pas avoir retrouvé leur niveau de fréquentation de 2019.
830 départs quotidiens
L’offre longue distance a progressé de 10 % par rapport à 2023 avec un nombre record de départs de 830 chaque jour. Côté demande, avec 11 millions de passagers domestiques pour un total de 18 millions, les cars ont fait le plein. La clientèle française progresse même de 14% l’an dernier contre + 6% pour la clientèle internationale.
Le bilan est plus mitigé au chapitre ponctualité des autocars. Leur taux de retard de plus de 15 minutes se dégrade nettement sur un an pour atteindre 24 %. Il est largement supérieur à celui des TGV et des trains Intercités (respectivement +10 % et + 16 %).
Une recette de 6 euros pour 100 km
Pour les transporteurs, principalement FlixBus et BlablaCar Bus suite à la consolidation du marché, la recette moyenne des liaisons domestiques s’établissait en 2024 à 6 euros par passager pour 100 km. Cela représente une baisse de 5 % sur un an. Mais malgré une inflation de 2% en France, grâce à la hausse de la fréquentation, les recettes commerciales réalisées sur les liaisons domestiques atteignent un nouveau record à 181 millions d’euros. Moins cher pour les passagers, le transport par autocar a aussi permis une économie de 15 000 tonnes de CO2 par an par rapport aux voitures individuelles, et ses émissions sont moindres de 20 g de CO2 par passager.km comparé aux trains Intercités thermiques.
Au dernier trimestre 2024, les liaisons domestiques en concurrence, soit opérées par au moins deux opérateurs, représentent 94 % des passagers transportés. Elles sont en hausse par rapport aux années passées, signe d’une intensité concurrentielle plus forte.
Enfin, sur les 2000 nouvelles liaisons librement organisées de moins de 100 km, depuis 2015, seulement 7 % ont donné lieu à des saisines de l’ART par une autorité organisatrice de la mobilité (généralement une région) en vue d’examiner leur effet sur des liaisons ferroviaires conventionnées existantes. Dans la grande majorité des cas, l’ouverture des nouveaux services routiers a été autorisée, avec un impact de moins de 3 % sur l’économie des transports conventionnés.

Disparition de deux figures du transport
Le capitaine d’industrie alsacien Robert Lohr est décédé le 8 mai, à l’âge de 93 ans. Il avait créé l’entreprise familiale éponyme qui fabriquait initialement des bennes agricoles avant d’embrayer sur les porte-voitures, porte-chars, wagons de ferroutage, véhicules tactiques et logistiques, tramways sur pneus, trains légers, et même des navettes autonomes. Lohr possède des usines en France, en Turquie, en Serbie, aux États-Unis, en Inde et au Mexique, et emploie 2 000 collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros en 2023. « Robert Lohr, c’était un destin alsacien : celui d’un homme parti d’une modeste forge, devenu un bâtisseur d’envergure internationale. À travers son entreprise, il a porté haut les couleurs de l’industrie alsacienne, de l’innovation, et du territoire auquel il est toujours resté fidèle », a réagi la maire de Strasbourg, Jeanne Barseghian.
Une autre figure du monde du transport est morte brutalement le 4 mai: Jean-Claude Brunier, Il dirigeait le groupe familial héraultais de transport combiné Open Modal. Un groupe composé de TAB Rail Road, T3M, BTM & Combirail. Il avait repris en 1978 l’entreprise familiale créée par son père en 1943, pour la transformer et en faire un groupe intégré. Jean-Claude Brunier avait présidé à deux reprises le Groupement national des transports combinés (GNTC). Avec un message appuyé à l’attention des gestionnaires d’infrastructures : « Libérez les terminaux [intermodaux] ! », outil stratégique du transport combiné.
Année historique pour BlaBlaCar
Avec six millions de passagers transportés en 2024, soit 20% de plus qu’en 2023, BlaBlaCar signe une année historique avec son activité bus longue distance. Son chiffre d’affaires atteint 115 millions d’euros et a donc été multiplié par deux depuis 2019.
Depuis le rachat de Ouibus il y a cinq ans, le groupe a entrepris une transformation profonde de son activité bus et bénéficie de l’essor du transport longue distance, libéralisé en 2014. Ses résultats s’expliquent par le lancement de 1000 nouvelles liaisons en un an, dans 16 pays européens. L’objectif du transporteur pour 2025 est de continuer à étendre son réseau et d’atteindre 10% de croissance voyageurs. Pour Aurélien Gandois, directeur des activités bus de BlaBlaCar, cette progression illustre l’attrait croissant des Français pour le bus longue distance. « Avec 300 départs par jour en moyenne, nous sommes désormais un acteur de référence du transport interurbain », assure le dirigeant.
BlaBlaCar version bus a construit un modèle saisonnalisé avec plus de 50 autocaristes partenaires, ce qui lui permet une maîtrise des coûts, une flexibilité réseau et une montée en charge rapide en haute saison.
Le prix moyen s’établit à 16 euros par billet, soit 60% moins cher que le train. 70% des axes proposés par l’opérateur sont transversaux, desservant des villes hors des grands hubs ferroviaires.
D’ici 2030, BlaBlaCar ambitionne de doubler son réseau de bus, afin d’élargir encore ses connexions à travers l’Europe. En France, il remarque que si la dynamique est forte côté offre et demande, le développement des infrastructures comme la gare routière de Bercy, celle de Saint-Denis Pleyel ou de Lyon Gerland, pourrait être accélérée.

Approbation des NAO à la RATP : pas de hausse générale des salaires mais de nouvelles gratifications pour les agents
La date butoir est fixée au 31 mars mais la RATP sait déjà que les NAO (négociations annuelles obligatoires) qui ont eu lieu le 12 mars avec les quatre organisations syndicales représentatives de l’entreprise (CGT, FO, Unsa et CFE-CGC) sont approuvées. Il suffisait de la signature d’au moins deux syndicats parmi les trois plus importants, CGT, FO et Unsa. FO, Unsa et CFE-CGC se sont déjà prononcé pour.
Originalité de la démarche, les augmentations proposées passent par des gratifications nouvelles ou déjà en place. Ainsi, la direction a décidé de créer une prime de travail le samedi « pour accompagner le renforcement de l’offre le week-end démandé par Île-de-France Mobilités pour répondre aux attentes des voyageurs « , explique-t-elle. A partir du 1er avril, chaque samedi travaillé rapportera aux agents 10 euros bruts. Une réponse à une demande syndicale face à l’augmentation de la fréquentation sur certaines lignes du métro parisien en fin de semaine. Quelque 30.000 salariés travaillent le samedi ou le dimanche plus de 20 week-ends par an.
Les gratifications liées à l’ancienneté sont également revues à la hausse: les salariés qui recevront la médaille d’argent recevront 300 euros (+100 euros), la médaille vermeil 450 euros (+120 euros) et la médaille d’or 900 euros (+250 euros). Un argument sonnant et trébuchant de nature à contribuer à la fidélisation des agents.Des primes vont aussi être intégrées à partir du 1er juin aux « salaires statutaires « : par exemple la prime de responsabilité des agents de maitrise/techniciens supérieurs passe à 39,27€ brut mensuel. Et les agents de maitrise et les techniciens supérieurs vont voir leurs salaires statutaires augmenter de 3,76 points.
Selon la RATP, l’ensemble de ces mesures se traduira par une augmentation moyenne des rémunérations de 2,1 % sur 2025. « Ces différentes mesures viennent compléter les mesures 2024 de 8 points pour tous au 1e juin 2024 et 7 points pour tous au 1e décembre 2024« , souligne la Régie.

Ce que dit la grève des bus de Cergy-Pontoise
Le conflit des chauffeurs de bus de Cergy-Pontoise-Conflans, en région parisienne, s’est achevé avec la signature, le 10 mars, d’un accord jugé « satisfaisant » par le syndicat FO. Retour sur les négociations qui ont mis fin à près quatre mois d’un mouvement « emblématique », selon les grévistes, qui confirme les enjeux sociaux autour des nouveaux contrats.
Les salariés s’étaient mis en grève le 7 novembre 2024, pour protester contre la dégradation de leurs conditions d’emploi dans le cadre d’un changement d’employeur. Quelques mois plus tôt, en janvier, le groupe Lacroix-Savac avait remporté l’appel d’offre lancé par Ile de France Mobilités, portant sur les lignes de bus de l’agglomération Cergy-Pontoise. Une société était créée pour les exploiter, Francilité Seine-et-Oise (FSO), en remplacement de la Stivo société historique de transports interurbains, qui gérait le réseau depuis 1974, avec Transdev. A l’époque, Éric Nicollet vice-président de l’agglomération chargé de la mobilité, assurait que « les conditions sociales des salariés seraient conservées. « Nous avons été extrêmement vigilants », expliquait à l’époque l’élu.
A son arrivée, la direction de FSO va souhaiter instaurer pour les 480 salariés, trois grilles différentes, une pour les salariés de Cergy (ex-Stivo), une autre pour ceux de Conflans (ex-Transdev) et une dernière pour les nouveau embauchés. Elle se heurte aux représentants des salariés qui entendent que soient harmonisées les conditions de travail de tous les sites et que la rémunération versée par Stivo soit maintenue.
Les négociations vont rapidement s’enliser. Au fil des ans, les conducteurs avaient obtenu de leur précédent employeur des accords hors convention collective, se traduisant par une série de primes : de non-accident, pour les embauches matinales, lors de journées à coupure, un treizième mois calculé sur la totalité de la rémunération, …
Le calcul de salaire proposé par la direction de FSO, fondé sur la dernière année d’activité, est aussi contesté. Le compte n’y est pas, estiment les syndicats. « Si le conducteur avait été en arrêt maladie, il était perdant, justifie Vincent Vilpasteur, secrétaire général de l’union départementale FO du Val d’Oise. Et la prime métier proposée ne reprenait pas l’intégralité de celles déjà obtenues ».Une série de médiateurs
Fin novembre, puis à nouveau fin décembre, la décision de la direction de retirer de la paie des conducteurs grévistes la totalité des jours non travaillés va encore durcir le conflit. Et la cagnotte Leetchi, montée par les grévistes ne suffit pas à compenser les pertes de rémunération. La nomination d’un premier médiateur tourne au flop. Celle d’un deuxième interlocuteur va permettre une reprise du dialogue. En février, cette médiatrice indépendante désignée par le préfet de région, rend un rapport faisant état de sept propositions, parmi lesquelles une grille unique de rémunération pour tous les conducteurs, une indemnité différentielle « claire », une harmonisation du temps de travail ou encore la mise en place d’une prime de métier.
Il faudra l’intervention d’un troisième interlocuteur, spécialisé dans la gestion de crise, pour qu’un compromis soit trouvé autour d’une indemnité différentielle, qui compense l’écart entre les salaires Stivo et FSO. Ils estiment avoir obtenu des garanties concernant le maintien de leurs acquis, de leurs conditions de travail et de leur niveau de rémunération. Une grille unique de salaire sera notamment appliquée à tous les chauffeurs. Le paiement des heures de nuit interviendra dès la première minute et non au bout d’une heure complète. Après quinze mois de négociations et quatre mois de grève, les bus recommencent donc à circuler.
Déjà une grève fin 2021
Le conflit de Cergy-Pontoise n’est pas le premier lié à l’ouverture à la concurrence des réseaux de bus d’Ile de France. Et peut-être pas le dernier.
En novembre 2021, un premier mouvement social à l’appel de FO avait déjà touché plusieurs réseaux de bus franciliens. Les salariés de onze dépôts, dont une majorité située dans le Val-d’Oise, avaient alors arrêté le travail et prévu de manifester devant le siège d’Ile de France Mobilité …A l’époque, ils entendaient obtenir un maintien de la rémunération des salariés en cas de transfert à de nouvelles sociétés, créées dans le cadre d’appel d’offres. Pour les partenaires sociaux, la volonté d’IDF Mobilités avec ces nouveaux contrats est d’obtenir des prix plus compétitifs, ce qui implique pour les opérateurs de revoir les conditions salariales proposées. Inacceptable pour les syndicats, qui demandent a minima une indemnité différentielle pour compenser l’inévitable dégradation.
La grogne va inciter Ile de France Mobilité à ralentir le calendrier de mise en concurrence qu’elle avait imaginé. Le processus d’attribution de deux premiers lots sur la zone Paris-petite couronne, lancé en mars 2022, va même être déclaré sans suite par l’autorité francilienne. Pour désamorcer la colère latente, elle va même commander un audit social sur l’ouverture à la concurrence. Il est confié à deux rapporteurs, dont l’ancien patron de la Ratp, Jean-Paul Bailly. Leurs travaux, publiés en avril 2023, vont aboutir à un changement de la loi sur le transfert des salariés. Le nouveau texte apporte « des garanties robustes conformes aux demandes du corps social pour les agents amenés à changer d’employeur », assure IDF Mobilités. Le conflit de Cergy-Pontoise prouvent que ces garanties n’ont pas été considérées par les syndicats aussi « robustes » que pour le législateur.La tribune de 6t – Pour concurrencer la voiture sur les déplacements interurbains, les correspondances en modes collectifs doivent passer de la coupure à la couture
Pour concurrencer la voiture, les opérateurs doivent jouer sur plusieurs leviers pour faire des correspondances la clef de voûte des voyages réussis.
Camille Krier, Nicolas Louvet, 6t-bureau de recherche
Alors qu’une récente étude de l’association de consommateurs UFC-Que choisir pointe le manque de ponctualité des TER, et que la SNCF a récemment mis en application une limitation de bagages sur les trains INOUI et Intercités, la qualité de service offerte par les modes ferroviaires interurbains soulève une fois de plus des interrogations de la part des Français. La voiture personnelle, quant à elle, semble offrir à ses usagers de nombreux avantages (rappelons le triptyque « ubiquité – instantanéité – immédiateté » offert par ce mode selon Gabriel Dupuy).
Si elle ne garantit pas une fiabilité totale sur la route des vacances ou des week-ends prolongés, avec les risques d’embouteillages que ce choix modal comporte, et qu’elle ne permet pas non plus d’emporter le maximum de deux valises par passager permis par la SNCF (même les plus vastes monospaces ou SUV n’ont pas la capacité de stocker une dizaine de valises, lorsqu’ils transportent cinq passagers), la concurrence entre train et voiture pour les déplacements interurbains demeure rude, et se renforce avec l’effet combiné de la baisse des prix du carburant et de la hausse de celui des billets de train. Selon les chiffres de la dernière enquête mobilité nationale, la voiture est utilisée pour plus de 72,4 % des voyages en 2019, alors que seuls 13,8 % sont effectués en train. Face à l’impératif de réduction des émissions de GES du secteur de la mobilité, il apparait aujourd’hui crucial de renforcer l’attractivité des modes collectifs par rapport à la voiture individuelle. Cela vaut aussi bien pour les trajets du quotidien, avec le levier clef des déplacements domicile-travail, que pour les déplacements longue distance, pour lesquels certains ménages conservent une voiture dont ils pourraient se passer au quotidien.
Parking à la gare de Brumath (Bas-Rhin). La correspondance en transports collectifs, le nœud du problème
Face à l’avantage du porte-à-porte offert par la voiture individuelle, combiner plusieurs lignes de transports collectifs au sein d’un même déplacement permet d’augmenter la portée de ces modes alternatifs et d’enrichir l’offre proposée. La forme même du réseau ferré français, en étoile autour de Paris, implique pour nombre de voyageurs de réaliser des correspondances entre deux gares de la capitale. Les correspondances en train et cars régionaux sont aussi incontournables pour rallier certaines destinations. Les correspondances font ainsi partie intégrante de l’expérience des voyageurs en modes collectifs interurbains. 6t-bureau de recherche a accompagné l’Autorité de la Qualité de Service dans les Transports (AQST) dans la compréhension fine de l’expérience et du ressenti des voyageurs en correspondance.
Il en ressort avant tout que la réalisation de voyages en modes collectifs interurbains avec correspondances est un choix par défaut, associé à une perte en qualité de service. Les correspondances constituent en effet une rupture dans l’expérience de voyage et peuvent en entraver la fluidité.
Les voyageurs peuvent être amenés à changer de gare, en empruntant un transport en commun urbain pour relier les deux ou à cheminer avec de lourds bagages dans des espaces de transit bondés aux heures de pointe. De plus, en cas de voyage avec correspondance, les conséquences des retards et perturbations se révèlent encore plus négatives pour les voyageurs, la perturbation d’un des modes empruntés pouvant se répercuter sur l’ensemble de la chaine de déplacement, avec des enjeux en termes d’indemnisation, notamment dans le cas où plusieurs transporteurs différents sont concernés.
Associées à une perte de temps et de confort, les correspondances sont également source d’incertitude et de stress pour les voyageurs, qui déplorent un manque de fiabilité.D’un objectif de fluidification de la rupture de charge au traitement des correspondances comme opportunités
Afin de concurrencer la voiture sur davantage d’origines-destinations interurbaines, il s’agit donc de s’attaquer à l’enjeu des correspondances en transports collectifs. Cela peut notamment passer par deux leviers principaux.
Le premier est celui de la diminution de l’incertitude et des craintes des voyageurs quant au bon déroulement du déplacement dans son ensemble. Au-delà de la réduction des perturbations, il demeure crucial, le cas échéant, de travailler à la diffusion en temps réel d’informations précises et claires sur l’état du trafic, les mesures d’adaptation et d’indemnisation proposées, souvent mal connues des voyageurs. Cela leur permet, d’une part, de s’adapter le moment venu et, d’autre part, d’améliorer le ressenti et l’acceptabilité de ces situations.
Le second levier majeur réside dans la résorption du ressenti négatif associé à la rupture de charge que représentent les correspondances. Cette rupture se traduit à la fois dans le temps, avec des temps d’attente jugés trop longs ou au contraire des temps de correspondances réduits pouvant générer du stress chez les voyageurs, et dans l’espace, avec un enjeu d’orientation, dans les espaces de transit comme dans l’espace public.
Assurer une bonne expérience du temps et de l’espace durant les correspondances permet ainsi aux voyageurs de mieux vivre la rupture de charge qu’elles impliquent. Les déplacements d’un mode à un autre peuvent ainsi être fluidifiés par différentes mesures de guidage et de signalétique, et l’attente peut être rendue plus agréable par un traitement qualitatif des espaces et la mise à disposition de services et d’aménités.
S’il apparait difficile de maintenir l’illusion d’un déplacement sans couture, les opérateurs peuvent enfin tâcher de faire des correspondances une pause appréciable. Ces dernières pourraient alors être traitées comme des opportunités : opportunité de se ressourcer ou de se restaurer, de se divertir ou pourquoi pas de découvrir une destination supplémentaire en cours de route. Des partenariats seraient ainsi à imaginer entre opérateurs et acteurs locaux du tourisme et de la restauration.
Face à la concurrence de la voiture, les correspondances en modes collectifs interurbains ne constitueraient alors plus le nœud du problème, mais plutôt la clef de voûte d’un voyage réussi.
Iveco Bus remporte un appel d’offres majeur en Allemagne
Iveco Bus a annoncé le 18 décembre avoir remporté, auprès du groupement d’achat « BusGruppe », un accord-cadre portant sur la fourniture de bus allant jusqu’à 580 unités. « Il s’agit à ce jour du plus gros appel d’offres pour des véhicules électriques remporté en Allemagne par Iveco Bus« , indique la société dans un communiqué.
L’accord-cadre comprend jusqu’à 200 Crossway Low Entry ELEC de 12 mètres et 50 autobus articulés électriques E-WAY. Les véhicules seront équipés de batteries NMC haute densité énergétique de 69,3 kWh, délivrant 180 Wh/kg pour optimiser l’équilibre entre la capacité de transport de passagers et l’énergie embarquée. Il inclut également jusqu’à 150 autobus articulés hybrides Urbanway de 18 mètres et 180 Crossway Low Entry de 12 mètres.

Transdev obtient le renouvellement de sa délégation de service public en Hollande-Méridionale
La Province de Hollande-Méridionale a choisi de renouveler, pour 13 ans, la concession de transport confiée à Transdev pour desservir les communes de Hoeksche Waard et Goeree-Overflakkee (HWGO).
Le contrat, qui débutera le 14 décembre 2025, prévoit notamment une augmentation d’ici 2028 de 20 % de l’offre de transport, une plus grande amplitude horaire et des fréquences accrues. Les services seront réalisés avec une flotte composée à 100 % de bus à zéro émission, indique le groupe français dans un communiqué.
La concession actuelle, exploitée par sa filiale néerlandaise Connexxion, représente le transport de 4 millions de passagers par an, avec une flotte de 89 autobus. « Dès le premier jour de la nouvelle concession, l’année prochaine, la marque du réseau passera de Connexxion à Transdev« , précise encore le groupe.

Le réseau de bus Linéo se développe à Toulouse
Tisséo Collectivités a inauguré le 8 novembre son onzième bus à haut niveau de service Linéo, bénéficiant de 60% d’itinéraire en voie réservée avec priorité aux feux. Cette ligne, la L14, longue de 13 km, est connectée à la gare SNCF Matabiau, à deux lignes de métro, au tramway, au TER et à de nombreuses lignes de bus.
Avec 13 000 voyages par jour, en augmentation de 5% depuis 2023, le L14 est désormais la quatrième ligne la plus fréquentée du réseau. Ses aménagements à 2,25 M€ bénéficient aussi à la ligne de bus 18 qui a vu sa fréquentation bondir de 55%, ce secteur au sud-est de Toulouse ayant donc augmenté sa fréquentation globale de 15%.
Avec plus de 25 millions de déplacements en 2023, les Linéo vont poursuivre leur développement avec deux nouvelles lignes en 2025. La transversalité est « un changement fort du réseau » commente le président de Tisséo Collectivités Jean-Michel Lattes.
C.S.

Keolis renouvelé à Besançon pour sept ans de plus
Keolis a annoncé le 15 novembre avoir été reconduit pour exploiter le réseau de transport public « Ginko » de Grand Besançon Métropole. Le contrat débutera le 1er janvier prochain pour une durée de sept ans. Il représente un chiffre d’affaires cumulé de 320 millions.L’offre de transport sera renforcé, grâce à l’acquisition par la collectivité de cinq nouvelles rames de tramway Alstom grande capacité (déployées dès l’automne 2025), et grâce à la modernisation du service de vélos en libre-service avec notamment 100 vélos à assistance électrique (200 vélos au total, 30 stations).Keolis a pour objectif d’atteindre 23,3 millions de voyages annuels en 2031.