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  • Le RER A va être équipé de garnitures de frein moins émettrices de particules 

    Le RER A va être équipé de garnitures de frein moins émettrices de particules 

    Wabtec installera 10 000 garnitures de frein « permettant de réduire jusqu’à 90 % les émissions de particules fines produites par le freinage » sur près de 200 rames MI09 du RER A, indique le 11 juin dans un communiqué l’équipementier ferroviaire.
    L’entreprise a testé ses semelles “Green Friction“ pendant plus d’un an sur trois rames puis dix rames du RER A, en association avec Île-de-France Mobilités et la RATP. « Les garnitures de frein Green Friction ont démontré des performances de freinage avec un niveau de sécurité équivalent tout en réduisant de 70 % en moyenne et jusqu’à 90 % les émissions de particules émises par le freinage des trains, pour un coût contenu », poursuit Wabtec.
    L’installation commencera progressivement d’ici deux ou trois mois sur la ligne RER.
  • La RATP mise sur la maintenance préventive pour ses escaliers mécaniques

    La RATP mise sur la maintenance préventive pour ses escaliers mécaniques

    Les fortes affluences de voyageurs pendant les JO vont mettre à rude épreuve les 992 escaliers mécaniques des stations du réseau RATP. C’est pourquoi le service de la maintenance patrimoniale au sein du département Maintenance des équipements, des systèmes et des espaces (MEE), s’est lancé depuis plusieurs années dans un recensement de l’état des escaliers mécaniques et des tapis roulants des stations d’Île-de-France. « Ils ont, en théorie, une durée de vie de vingt ans, et nous programmons une révision générale dix ans après leur mise en service », explique Christophe Chaillou, délégué à la maintenance et aux travaux au sein du département MEE de la RATP.
    Les équipements sont sollicités plus ou moins intensément en fonction de leur lieu d’implantation. Mais tous bénéficient d’une révision générale de six semaines, jusqu’au 26 juin. « Tous les éléments sont vérifiés et changés si besoin. Ce sont surtout les deux moteurs de l’escalier qui sont remplacés ».
    Lorsque les escaliers débouchent dans une rue, ils sont exposés aux intempéries. Les pluies soumettent certaines pièces à une oxydation prématurée. De fortes pluies peuvent provoquer des inondations dans les armoires électriques situées au bas de l’escalier.
    Avec 60 personnes au total, cadres et agents de maîtrise compris, l’équipe de la maintenance patrimoniale, qui effectue des opérations préventives, a déjà réalisé soixante interventions depuis le début de l’année. Pour des révisions générales, mais aussi des modernisations électriques des systèmes équipant les escaliers. « On les a programmés avant et après les Jeux pour que les escaliers ne soient pas à l’arrêt pendant l’événement. On pourra toujours intervenir si besoin, mais les déplacements seront difficiles pour nos équipes », commente Christophe Chaillou. L’équipe du département MEE, chargée de la maintenance corrective, devra ainsi laisser les camionnettes au garage pendant la période. « Ils circuleront à vélo cargos pour entrer dans les périmètres interdits aux voitures et pouvoir ainsi accéder aux stations  ».
    Yann Goubin

    A chaque entreprise ses spécificités
    « Notre avantage, c’est d’être capable d’intervenir sur tous les modèles d’escaliers quel que soit le fabricant », explique Sébastien Berthe, technicien supérieur de l’équipe maintenance patrimoniale qui égrène la liste des entreprises : « Otis, Schindler, Kone, Thyssen, CNIM… Chacune avec ses spécificités.
    Seul point commun entre les sites : l’exiguïté. Ce qui fait ressembler les agents à des contorsionnistes lors des interventions. Or, un moteur pèse jusqu’à 800 kilos avec ses engrenages. Les agents installent donc un pont équipé de treuils. Et pour déplacer le moteur déposé, ils ont recours à un chariot téléguidé capables de grimper des escaliers, non mécaniques, avec leur charge !
    Heureusement l’utilisation de l’aluminium pour fabriquer les marches a considérablement allégé leur poids. « On est passé d’une trentaine de kilos pour une “palette“ (une marche, ndr) à 17 kg pour celle en alu ». Et pour les marches en bois, le premier matériau utilisé, dont les voyageurs les plus âgés se souviennent sûrement, il fallait compter 48 kg ! Elles ont désormais disparu pour une question de sécurité.
    Y.G
  • La ligne 11 double sa longueur pour mieux desservir la Seine-Saint-Denis

    La ligne 11 double sa longueur pour mieux desservir la Seine-Saint-Denis

    Le prolongement, le 13 juin, de la ligne 11, permet de doubler la ligne avec six nouveaux kilomètres en Seine Saint-Denis au-delà de la station Mairie des Lilas jusqu’à Rosny – Bois-Perrier. Et de relier Châtelet Rosny – Bois-Perrier en 25 minutes.
    Les six nouvelles stations (Serge Gainsbourg, Romainville-Carnot, Montreuil-Hôpital, La Dhuys, Coteaux-Beauclair, Rosny – Bois-Perrier) permettront de desservir six communes dont les habitants et les navetteurs devaient jusque-là se contenter de lignes de bus.  85 000 nouveaux voyageurs habitant et/ou travaillant dans ces communes sont attendus sur cette ligne qui accueillait jusque-là 110 000 voyageurs (chiffres 2019).
    Le matériel a été progressivement renouvelé, délaissant les MP59, âgés de plus de 60 ans, au profit de 32 rames neuves MP14 à cinq voitures (562 voyageurs) complétées par sept rames supplémentaires qui seront livrées jusque courant 2025. Un nouvel atelier de maintenance, beaucoup plus grand que l’ancien atelier des Lilas, a également été construit au-delà du nouveau terminus de Rosny – Bois-Perrier.
    Siemens Mobility a déployé le nouveau système CBTC GoA2 sur la ligne existante (13 stations, 6,3 km) entre les stations Châtelet et Mairie des Lilas, comme sur les six kilomètres de prolongement de la ligne entre les stations Mairie des Lilas et Rosny Bois-Perrier. Il permet une fréquence de 105 secondes entre les rames, renforce la sécurité de la ligne et diminue la consommation d’énergie.
    Yann Goubin
  • La concurrence redessine la grande vitesse espagnole

    La concurrence redessine la grande vitesse espagnole

    Focalisées sur les services de Ouigo España, les récentes critiques du ministre espagnol des Transports ont mis en évidence les performances de l’ensemble des opérateurs sur les réseaux ibériques à grande vitesse. Du moins sur les lignes où trois voire quatre offres coexistent : Renfe AVE, l’hispano-italien Iryo, Ouigo parrainé par le groupe Sncf et Avlo, la filiale low cost de Renfe. Les résultats ont été synthétisés sur la période allant du quatrième trimestre 2022 à la même période de 2023.

    Madrid-Barcelone est le corridor au plus gros trafic. Renfe AVE y détient 45,3 % de part de marché, Iryo 24,9 %, Ouigo 19,5 % et Avlo 10,2 %. Sur la ligne Madrid-Valence ou le Levant, Renfe AVE n’accapare que 36,7 % du trafic, quand Iryo en a 27 %, Ouigo 22,4 % et Avlo 13,9 %.

    Sur les liaisons entre la capitale et l’Andalousie ne sont présentes, pour le moment, que trois offres : Renfe Ave détient 64,6 % du marché sur Madrid-Séville, Iryo 30,2 % et Avlo 5,2 %.

    Effet général de cette concurrence, les tarifs ont baissé (en moyenne de 20%) et le trafic a cru de 29 % de 2022 à 2023 sur les trajets considérés. Mais ce n’est qu’une étape, d’autres évolutions sont en cours. Ainsi, Renfe depuis le 21 mai met en service ses rames capacitaires Talgo S106 ; Ouigo vient d’ouvrir au nord-ouest Madrid-Valladolid qu’il prolonge ce mois de juin jusqu’à Cuenca et le Levant (Alicante). Ensuite Murcie puis l’Andalousie sont aussi sur son tableau de bord d’ici la fin 2024 ; les uns et les autres regardent également les destinations vers la Galice et les Asturies. A terme, car elles nécessiteraient des rames à écartement variable.

    Michel Garicoix

  • La SNCF annonce son arrivée sur le marché ferroviaire italien à grande vitesse en 2026

    La SNCF annonce son arrivée sur le marché ferroviaire italien à grande vitesse en 2026

    Déjà présente dans neuf pays européens, la SNCF poursuit son développement en dehors des frontières hexagonales pour profiter des marchés ouverts à la concurrence. Ainsi, trois ans après s’être lancée sur le marché ferroviaire à grande vitesse espagnol, la compagnie française annonce sa décision de s’implanter à partir de 2026 en Italie.

    Elle vise les axes Turin-Milan-Rome-Naples avec, à terme, 9 allers-retours et Turin-Venise (4 allers-retours). C’est sa filiale existante italienne SNCF Voyages Italia (SVI) qui assurera ces dessertes, lancées progressivement. Ces axes, explique l’entreprise, correspondent au « plan de transport cible, demandé formellement à RFI (le gestionnaire du réseau ferré italien, ndlr) sous forme d’un accord-cadre, pour une durée de 15 ans ». Plus tard, la compagnie n’exclut pas la possibilité de desservir de l’Italie « dès que les infrastructures le permettront« .

    La filiale de SNCF Voyageurs utilisera 15 rames TGV M commandées en 2022 précisément dans ce but et adaptées à l’Italie. Ces rames de dernière génération à deux niveaux ont été ajoutées à la commande initiale des 100 rames TGVM prévues pour la France.

    SNCF Voyageurs connaît déjà bien le marché italien. Sa filiale SVI dessert chaque jour en TGV Inoui Paris, Turin et Milan. En 1995, la SNCF avait lancé avec Trenitalia une filiale commune Artesia, arrêtée en 2011 suite à des difficultés de gestion et surtout en raison de la décision de la SNCF de prendre une participation à hauteur de 20 % en 2008 dans NTV, concurrent privé de Trenitalia sur son marché national. La SNCF s’est retirée en 2015 de NTV alors très déficitaire, manquant l’occasion d’une belle plus-value quelques années plus tard. Fin 2021, réponse de Trenitalia qui attaquait le marché français en lançant des trains à grande vitesse Frecciarossa entre Paris et Milan avec arrêt à Lyon. Avec l’objectif de grignoter des parts de marché sur la ligne intérieure ferroviaire la plus profitable de la SNCF.

    En repartant à l’assaut du marché transalpin, SNCF Voyageurs se retrouvera en concurrence avec Trenitalia, qui détient environ deux tiers des parts de marché de la grande vitesse, et NTV, qui roule sous la marque Italo, et appartient à hauteur de 50 % à l’armateur italo-suisse MSC. L’objectif est d’atteindre en 2030 une part de marché de 15%, indique dans un communiqué SNCF Voyageurs, en rappelant que « l’Italie représente un marché naturel et pertinent de plus de 56 millions de voyageurs par an en grande vitesse. C’est un marché dynamique, avec un réseau en développement qui offre des perspectives d’extension« …

    MH P

  • Matthieu Chabanel espère le nouveau contrat de performance Etat-SNCF Réseau cet automne

    Matthieu Chabanel espère le nouveau contrat de performance Etat-SNCF Réseau cet automne

    Malgré le contexte politique, la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat a voulu mener jusqu’au bout son cycle d’auditions sur l’avenir du fret ferroviaire, lancé il y a plus d’un an, en recevant le 12 juin  le dernier intervenant, Matthieu Chabanel. Devant les sénateurs, le PDG de SNCF Réseau a fait le bilan des dernières années:  selon lui, le fret ferroviaire a confirmé « son utilité » en 2021 et 2022, après avoir démontré tout son intérêt pendant la crise sanitaire. Avec une reprise forte des trafics, en particulier pour le transport combiné. Mais l’année 2023 a été décevante avec un recul de 13 % du trafic en raison des mouvements sociaux liés à la contestation de la réforme des retraites, de la hausse des coûts de l’énergie, du ralentissement de l’économie mondiale et des difficultés de la chaîne logistique.

    Les cinq premiers mois de l’année se présentent bien avec une hausse de 17 % du trafic du fret ferroviaire comparé à la même période en 2023. « Nous prévoyons de revenir en 2025 au niveau de 2022« , indique Matthieu Chabanel.

    Un nouveau client par mois

    Le contexte n’est pas facile, rappelle-t-il : le réseau accueille tous types de trafic (fret et voyageurs), est plus que sollicité sur certains noeuds ferroviaires et soumis à d’intenses travaux d’entretien, de régénération et de modernisation. Mais, affirme le dirigeant, « la situation s’est considérablement améliorée depuis dix ans » pour les entreprises de fret. Ainsi, en 2013, le gestionnaire des infrastructures répondait positivement dans 70 % des cas à leurs demandes de sillons. Le taux est passé à 88 % l’année dernière.

    Par ailleurs, le taux de ponctualité (à 30 minutes pour le fret) a atteint 82,1 % en 2023, en hausse de deux points par rapport à l’année précédente. « En Allemagne, ce taux s’élève à 60 %« , précise Matthieu Chabanel.

    Le rôle du gestionnaire du réseau est aussi d’être « un tiers apporteur d’affaires« , estime-t-il. SNCF Réseau organise des forums permettant aux chargeurs de rencontrer des entreprises ferroviaires afin d’apporter « un éclairage technique et commercial ». Résultat, selon le dirigeant, « un nouveau client par mois depuis un an, accompagné généralement de nouveaux trafics« .

    Par ailleurs, SNCF Réseau ne privilégie pas systématiquement les trains de voyageurs. Par exemple, il a fait le choix d’interrompre totalement le trafic en pleine journée, de 9h30 à 17h30, pour réaliser un chantier au nord de Dijon, sur la ligne Paris-Lyon-Marseille, une ligne vitale pour le transport de marchandises. « Habituellement, on aurait réalisé les travaux de nuit (pour ne pas impacter les trains de voyageurs, ndlr). Mais dans ce cas, 3000 trains de fret auraient dû être supprimés. On sait que la chaîne logistique ne revient pas au fer quand elle en part. Notre décision n’a donc pas été liée à l’intérêt économique pour SNCF Réseau  mais à l’intérêt général des entreprises de fret« .

    L’importance du contournement de Lyon

    Les trains de fret ont besoin d’installations spécifiques, sur des voies de service, des triages, des chantiers de transport combiné…  Le plan de relance a permis d’augmenter les investissements dans ce domaine, qui sont passés d’une vingtaine de millions d’euros par an à 50 millions annuels.  « Les investissements ont aussi été réalisés sur des lignes capillaires fret (en général dans le cadre de contrats de plan Etat-Région), de manière à les pérenniser car elles sont essentielles notamment pour le transport de céréales (…). Nous faisons ces choix en travaillant étroitement avec l’alliance 4F pour identifier, hiérarchiser les investissements« , poursuit Matthieu Chabanel.

    « Si on croit vraiment au développement du fret ferroviaire, il faudra réaliser le contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise« , prévient-il, en rappelant avoir soumis un dossier à Bruxelles pour obtenir des financements pour les études d’avant-projet.

    Le PDG « espère » le nouveau contrat de performance Etat-SNCF Réseau cet automne. Il donnera une trajectoire financière au groupe. Un enjeu majeur pour assurer de façon pérenne la robustesse du réseau. Cette année, 3,2 milliards d’euros vont être consacrés à la régénération du réseau, après 3 milliards l’an dernier, 2,9 milliards l’année précédente. 1,5 milliard d’euros devraient être programmés en plus à l’horizon 2027-2028…. si tout va bien.

    Marie-Hélène Poingt


    Interrogé par des sénateurs sur le scénario de discontinuité prévue pour Fret SNCF, Matthieu Chabanel a expliqué ne pas avoir accès à ce dossier en tant que gestionnaire des infrastructures. Comme il n’a pas accès, a-t-il souligné, aux documents de DB Cargo ou d’Europorte.

    En revanche, a-t-il poursuivi, « nous sommes attentifs à préparer l’arrivée de la nouvelle société Fret SNCF » pour qu’elle se passe « sans couture« .

  • La ligne 11 prolongée pour mieux desservir l’Est de la Seine-Saint-Denis

    La ligne 11 prolongée pour mieux desservir l’Est de la Seine-Saint-Denis

    Quelques semaines avant les JO, deux extensions de ligne de métro RATP très attendues entrent en service : le 13 juin, la 11 filera vers Rosny-sous-Bois, à l’est de la Seine-Saint-Denis. La ligne 14 suivra le 24 juin vers Saint-Denis Pleyel au Nord, et vers l’aéroport d’Orly au Sud.

    Six nouveaux kilomètres de ligne, dont trois sous un tunnel circulaire, six nouvelles stations, un matériel flambant neuf – les MP14 dans leur version avec conducteur -, un nouvel atelier de maintenance à Rosny-sous-Bois, 80 000 emplois et habitants supplémentaires desservis. Voici en quelques chiffres, le prolongement de la ligne 11 au-delà de Mairie-des-Lilas jusqu’à Rosny-Bois-Perrier, en Seine-Saint-Denis.

    La ligne va desservir les communes des Lilas, Romainville, Noisy-le-Sec, Montreuil et Rosny-sous-Bois. Un prolongement qui complète le maillage de transport dans cette partie est de la petite et moyenne couronne parisienne, en offrant aux voyageurs des correspondances avec plusieurs lignes structurantes du réseau francilien : le RER E, la ligne P, le T1 prolongé fin 2026 et, à l’horizon 2030, la ligne 15 Est du futur Grand Paris Express.

    Initialement, la date d’ouverture du prolongement était prévue au printemps 2023. Les difficultés d’approvisionnements en matières premières et la hausse des prix des matières premières, répercussions de la crise du Covid, ont fortement ralenti le chantier, explique Pierre Florent, directeur du prolongement de la ligne 11. « Nous avons pu résorber trois mois de retard, mais de nouveaux aléas dont la découverte de quatre bombes datant de la guerre de 1870, nous ont encore retardés », poursuit Pierre Florent.

    Station du nouveau terminus Nord de de la ligne 11, à Rosny-sous-Bois.

    La RATP a profité des travaux pour moderniser 10 des 13 stations existantes (19 stations total) en les équipant de nouveaux accès en prévision de l’augmentation des flux de voyageurs. L’objectif était aussi d’adapter les quais aux nouveaux trains pour plus de confort : l’espace entre les seuils de portes et les nez de quais ont été réduits pour faciliter l’accès aux rames de métro. Des sorties supplémentaires ont été créées dans dix stations afin de fluidifier et sécuriser les flux dans la perspective de l’augmentation du nombre de voyageurs attendus dès la mise en service du prolongement de la ligne 11. La RATP prévoit 31 100 voyageurs à l’heure de pointe du matin dans les deux sens, sur l’ensemble de la ligne.

    Les rames passeront toutes les deux minutes et dix secondes en heure de pointe, avec les 31 nouvelles rames déjà livrées pour le prolongement. Puis toutes les minutes et 45 secondes en 2025, lorsque le parc sera doté de 39 rames.

    Des performances en partie dues au nouveau matériel roulant. Depuis l’été 2023, trente-neuf nouvelles rames MP14 sont progressivement entrées en service pour remplacer les MP59, les métros les plus anciens (ils avaient près de 60 ans) sur le réseau de la RATP.

    Longues de 75,4 mètres et dotées de cinq voitures contre quatre, elles peuvent embarquer plus de 560 voyageurs, quatre voyageurs au mètre carré. Avec 106 places assises fixes dont 30 pour les personnes à mobilité réduite, et 48 strapontins. Chaque rame est composée de trois motrices centrales encadrées par une remorque à chaque extrémité, équipée d’une cabine de conduite. Elles sont moins bruyantes (40 % de nuisances sonores en moins comparée aux ancien métros), et consomment 20 % d’énergie en moins grâce au système de freinage électrique avec récupération d’énergie, à une motorisation plus performante et à l’éclairage Led.

    Financé par Ile-de-France Mobilités, le nouveau matériel a coûté 310 millions d’euros. Le montrant des travaux d’infrastructure représente près de 1,3 milliard d’euros : 1,084 milliard pour le prolongement, 214 millions pour moderniser les stations.

    Yann Goubin

  • Catherine Pila réélue à la tête d’Agir Transport

    Catherine Pila réélue à la tête d’Agir Transport

    Quelques jours avant le lancement des Journées Agir, qui se tiennent à Montpellier du 18 au 20 juin, l’association qui rassemble des collectivités et des opérateurs indépendants a tenu son assemblée générale le 31 mai et procédé à l’élection de son président. C’est Catherine Pila, présidente de la Régie des Transports Métropolitains (RTM) et vice-présidente de la Métropole d’Aix-Marseille Provence Métropole, qui a été réélue à la tête d’Agir Transport.

    L’élue rempile donc pour un nouveau mandat à la tête de l’association qui compte près de 530 adhérents. Soit 84 entreprises, 443 collectivités dont 19 régions, 62 départements et 364 autorités organisatrices de la mobilité.

    La Centrale d’Achat du Transport Public (CATP), mise en place à l’initiative d’Agir, poursuit également son développement en proposant de nouvelles fournitures comme le catalogue logiciels multi-éditeurs et développe son offre de prestations intellectuelles avec de nouvelles AMO comme covoiturage, stationnement, billettique et Maas, etc, indique l’association dans un communiqué.

  • Bientôt un nouveau centre de maintenance SNCF au Mans

    Bientôt un nouveau centre de maintenance SNCF au Mans

    La SNCF renforce sa présence dans la ville du Mans. Alors que l’entreprise a déjà installé son Centre national des Archives historiques mais aussi son Centre d’Ingénierie du Matériel, elle a symboliquement, le 7 juin, donné le premier coup de pelle mécanique pour édifier le futur Technicampus SNCF Voyageurs.
    L’actuel centre de formation dédié à la maintenance des trains est situé dans le Technoparc près du circuit des 24 Heures. Mais il ne répondait plus aux nouvelles normes environnementales désormais en vigueur. De plus, SNCF Voyageurs souhaitait se rapprocher du centre-ville et de la gare. C’est chose faite avec ce nouveau campus dont l’implantation est située à dix minutes de la gare centrale.
    9000 stagiaires par an
    Le futur centre a été conçu pour former 9 000 stagiaires par an. Parmi eux, on trouvera un petit tiers (30 %) d’agents du Matériel. « Cette année, nous avons prévu de recruter 1 500 personnes. Mais ils n’ont pas toujours les connaissances que nous souhaiterions. Le Technicampus leur apportera des formations plus spécifiques à nos besoins », explique Xavier Ouin, directeur Industriel et directeur du Matériel SNCF Voyageurs. Le campus assurera de la formation continue pour former aux nouveaux matériels, comme le RER NG, ou aux nouvelles technologies comme la fibre optique et le train à hydrogène.
    SNCF Voyageurs veut aussi ouvrir progressivement ce centre aux agents des autres entreprises du groupe, comme Keolis ou Fret SNCF. Puis à des entreprises en dehors du groupe.  « Dans ce cas, ce ne sera pas sur des technologies dans lesquelles nous sommes en pointe. Nous les réserverons en priorité à nos agents, c’est une question de concurrence », explique Xavier Ouin. Les formations ouvertes à toutes les entreprises concerneront par exemple le dénudage, le sertissage, le câblage, ou encore la soudure, très demandée.
    Des partenariats avec des écoles
    Il est aussi prévu de développer des partenariats avec des écoles, des universités, et des organismes de recherche comme La Fab Academy de l’UIMM ou Le Mans Innovation.
    Des méthodes et des outils pédagogiques innovants seront mis en place comme la réalité virtuelle, la réalité augmentée, les Serious Games, l’e-learning. « Il y aura même des kits de formations qui seront envoyés aux technicentres SNCF qui le souhaiteraient pour éviter aux agents de se déplacer jusqu’au Mans », indique Xavier Ouin.
    Le site, qui appartenait à Renault, comptera plusieurs bâtiments répartis sur deux hectares (22 430 m2). Un premier donnant sur le boulevard Demorieux servira d’accueil principal ainsi qu’à la formation théorique.
    Un second bâtiment, plus vaste, sera composé de deux espaces, l’un pour la maintenance et l’autre pour la soudure. Doté d’une charpente métallique avec des portiques de 12 mètres, il n’y aura aucun poteau pour offrir une plus grande liberté d’aménagement et d’évolution.
    Les stagiaires pourront être hébergés sur place. « Nous avons pensé que c’était utile, cela crée une cohésion de groupe », souligne Jean-Pierre Farandou. Pour permettre au PDG du groupe SNCF de suivre les travaux  même lorsque son mandat sera terminé, Stéphane Le Foll, le président de Le Mans Métropole, a décidé de le désigner « citoyen d’honneur de la ville « .
    Le permis de construire a été déposé en juin 2023, les travaux vont pouvoir commencer. « Nous aurons fini le gros œuvre à l’automne, le couvert au printemps 2025, et on livrera à la Noël 2025 », détaille Roland Paul, le président de GSE, une entreprise de construction de bâtiments industriel. Le Technicampus devait ouvrir en avril 2026.
    Yann Goubin

    42000 journées de formations par an
    Le Technicampus sera le « vaisseau amiral de l’Université du Matériel, qui concentre et pilote toutes les forces vives de la formation des métiers de la maintenance », a expliqué Xavier Ouin, directeur Industriel et directeur du Matériel SNCF Voyageurs. Il comptera 40 formateurs permanents, 40 formateurs occasionnels, 2 concepteurs pédagogiques et 5 ingénieurs pédagogiques. Le site pourra accueillir 120 personnes en même temps et dispensera 42 000 journées de formation par an. Sa capacité d’accueil est de 300 stagiaires par jour.
  • MaaS. Quelles solutions pour aboutir au titre unique ?

    MaaS. Quelles solutions pour aboutir au titre unique ?

    Clément Beaune avait lancé début 2023 l’idée d’un titre unique pour faciliter l’usage (et le paiement) des transports publics partout sur le territoire d’ici à deux ans. VRT a organisé, le 30 avril, une conférence sur le sujet pour faire le point, évaluer les obstacles à lever et les innovations à venir pour esquisser les contours des nouveaux services que pourront proposer
    les opérateurs et les collectivités.

    Gabriel Plouviez

    Simplifier et unifier. Ce sont les maîtres-mots qui guident l’idée de lancer un titre unique pour les transports en France. Clément Beaune, l’ancien ministre des Transports, se donnait deux ans pour y arriver. Patrice Vergriete, son successeur, veut davantage prendre son temps. Cela n’empêche pas les acteurs de la billettique et les autorités organisatrices de la mobilité d’avancer, parfois de façon dispersée.

    C’est le cas en Normandie où, il y a presque un an, le ticket unique Atoutmod était lancé sur le réseau de transport. A l’occasion de la conférence sur le MaaS (Mobility as a service) organisé le 30 avril par VRT, Gabriel Plouviez, chef de produit digital et tarification du syndicat mixte, est revenu sur ce projet lancé en 2011. « Le projet a débuté il y a plus de dix ans avec l’idée de proposer un support unique permettant de voyager sur tous les réseaux de transport du territoire normand. L’arrivée du Covid en 2020 a orienté notre stratégie vers le MaaS sous forme dématérialisée » explique-t-il. Le syndicat mixte Atoumod regroupe 18 autorités organisatrices de mobilités en Normandie (Région, communautés urbaines et métropoles). «L’intermodalité est forte sur les centres urbains denses de Rouen, du Havre et de Caen, mais devient plus compliquée dans les territoires ruraux, où il est difficile de faire connaître le réseau de cars interurbains. Le titre unique doit donc aussi permettre de mieux faire connaître l’offre existante (cars, réseaux urbains, trains)», ajoute-t-il.

    Pour développer des supports, les prestataires comme Fairtiq et Digimobee s’appuient sur les smartphones, même si chacun a une approche bien différente. Le premier développe une logique de suivi de l’utilisateur grâce à la géolocalisation, indépendamment des infrastructures, avec une solution particulièrement adaptée aux réseaux ouverts tandis que le second utilise les infrastructures existantes du réseau.

    Géolocalisation, QR code ou valideurs

    L’application Fairtiq fonctionne selon le principe du « check-in, check-out » : l’utilisateur clique sur l’application (ou « swipe ») pour démarrer son parcours en transport en commun, en empruntant un ou plusieurs moyens de transport. Il clique en fin de parcours (ou bien laisse l’application le faire quand il quitte le dernier moyen de transport). « Cela permet d’afficher une autorisation de voyage valide sur le téléphone, puis l’application reconstitue le voyage grâce à la géolocalisation et attribue le tarif le plus avantageux à l’utilisateur », explique Lorcan Le Pen, directeur France & Belgique. L’entreprise suisse est présente dans six pays et a déjà contribué à la réalisation de 160 millions de trajet.

    Dominique Descolas

    Digimobee s’appuie de son côté sur les infrastructures. « Nous aidons les opérateurs à déployer des projets de MaaS, en travaillant pour les régions et les métropoles qui optent pour une validation volontaire avec un geste dédié. Nous pouvons recourir à différentes solutions comme le QR code ou des valideurs, car il convient de protéger la recette des opérateurs », explique Dominique Descolas, PDG de Digimobee. Selon lui, l’auto-déclaration peut conduire à des dérives en termes de fraude, par exemple lorsqu’un utilisateur attend de voir un contrôleur pour valider. « De plus notre système permet de fonctionner en toutes circonstances : même lorsque la couverture telecom est défaillante, il est possible d’accéder aux titres des voyageurs ». La société propose des briques de solutions qui sont ensuite intégrées sous forme de SDK dans les applications des opérateurs (comme Trafi, Moovit ou Freeway) ou dans celles d’acteurs du secteur automobile ou bancaire.

    Pour Gabriel Plouviez, ces solutions sont complémentaires. Avant de déployer la solution Fairtiq sur une partie du réseau normand, le syndicat mixte avait en effet mis en place une solution de type M-ticket en prépaiement, sur le modèle de Digimobee. « Comme Atoumod travaille pour le compte de 18 AOM, nous n’avons pas eu d’autre choix que d’imposer l’auto-validation », indique Gabriel Plouviez. Et il poursuit : « Aujourd’hui, nous sommes fiers et satisfaits d’avoir imposé ce geste, qui a ses limites mais aussi ses qualités. En Normandie le réseau est complètement ouvert, à part à la gare Saint-Lazare où il y a des portiques pour accéder au quai. Fort de cette expérience de prépaiement, nous avons ensuite souhaité adresser le marché du post-paiement en proposant un marché qui a été remporté par Fairtiq. Nous considérons que cette solution s’éloigne assez peu du principe de notre M-ticket, avec une auto-validation réalisée sur le smartphone. Elle permet de s’affranchir des infrastructures du territoire ».

    Interrogé sur le choix du pré ou post paiement, Eric Alix, PDG de RATP Smart Systems, propose également une réponse qu’il qualifie «d’hybride ». «On observe dans un pays comme la Suisse que les deux systèmes coexistent, avec toutefois une majorité de prépaiement. Il est important de proposer un large choix aux utilisateurs avec le post paiement pour ceux qui n’ont pas envie de se préoccuper des différentes gammes tarifaires, et le prépaiement aux voyageurs plus occasionnels. Il vaut mieux que le titre unique soit multi technologie, ce qui n’impose pas de contraintes supplémentaires aux AOM qui ont déjà assez de problèmes avec les enjeux de gouvernance », souligne-t-il. Selon lui, le post paiement est facilement déployable dans les réseaux ouverts en France, largement majoritaires par rapport aux quelques réseaux fermés, à condition toutefois d’avoir un QR code unique. « En revanche, cette solution est plus compliquée pour les réseaux fermés comme le métro où il faut pouvoir ouvrir des portillons. C’est pourquoi je crois à une offre hybride en fonction de la nature du réseau », résume Eric Alix.

    Lorcan Le Pen
    David Brottet

    David Brottet, directeur des offres collectivités et nouveaux marchés, chez SNCF Connect & Tech, se montre également pragmatique. Puisque les systèmes sont multiples, il est quasiment impossible d’imposer très rapidement des changements de normes ou des technologies, explique-t-il. Il faut donc, poursuit-il, « être ambitieux en travaillant à la fois sur le moyen terme (et c’est tout l’enjeu de la plateforme de mise à disposition sur laquelle travaille la DGITM) et sur le court terme où la solution digitale est intéressante car elle peut embarquer l’intelligence capable de parler simplement aux voyageurs, en masquant la complexité du réseau. Il faut que l’application s’adapte à l’utilisateur». L’exemple suisse montre qu’une solution de type Fairtiq en post-paiement peut facilement s’implanter lorsque le contexte s’y prête. Lorcan Le Pen indique que sa société a débuté en 2016 son activité sur le territoire helvète dans trois communautés tarifaires. Deux ans plus tard, sa solution couvrait l’ensemble des transports publics du territoire tous modes confondus (train, bus, bateau, téléphérique). Aujourd’hui, 20 % des titres achetés en Suisse sont effectués via le post-paiement. Le responsable explique cette progression rapide par un écosystème très favorable. « La Suisse jouit d’une gouvernance bien établie, avec une coopération entre tous les acteurs, entre 18 communautés tarifaires et 250 opérateurs indépendants, qui vont des Chemins de fer fédéraux suisses (CFF) aux petits acteurs ». De plus, le déploiement de la solution Fairtiq a été favorisé par l’utilisation préalable d’un QR code interopérable, qui peut être non seulement vendu par tous mais également contrôlé par tous.

    En France, Fairtiq a travaillé avec deux partenaires clés, en démarrant par la région Occitanie ainsi que l’opérateur SNCF Occitanie. « Nous avons débuté les travaux il y a quelques années avec un déploiement sur le ferroviaire, avant d’ajouter les cars régionaux sur l’intégralité de l’Occitanie. La région a voulu favoriser le report modal à travers une gamme tarifaire innovante, permise par notre application. Aujourd’hui, nous avons des résultats probants sur la population jeune, mais également sur les actifs ou seniors grâce à des offres spécifiques de tarifs dégressifs à l’usage ou du cagnottage. »

    En Normandie, le déploiement a démarré par une offre sur des réseaux urbains et sur une offre régionale pour relier ces réseaux. Désormais l’objectif consiste à déployer l’offre sur le TER au 1er juillet 2024.

    Digimobee utilise les infrastructures avec différentes technologies (NFC, QR code, Bluetooth,…) dans différents pays. « C’est le cas en Belgique où nous avons déployé notre solution en nous adaptant à plusieurs régions et à plusieurs opérateurs, dont l’opérateur national SNCB, chacun attaché à son infrastructure et à ses procédures. Toutes les applications des réseaux intègrent notre solution, sous forme de SDK, qui permet d’émettre des titres, de les valider et de les contrôler. Ainsi, en Wallonie, les titres sont scannés grâce au QR code affichés par le valideur, tandis qu’à Bruxelles nous générons un QR code de manière à ce qu’il puisse être lu par les portillons. A bord des trains de la SNCB, les billets doivent aussi intégrer des informations nominatives » détaille Dominique Descolas.

    Selon lui, cette approche séduit plusieurs régions françaises, comme la Nouvelle-Aquitaine qui dispose d’une grande diversité de réseaux, urbains et interurbains. « Notre solution permet de composer avec l’existant sans attendre une hypothétique harmonisation des systèmes d’autant plus qu’elle ne se justifie pas parce que chacun veut garder sa spécificité ».

    Finalement, poursuit-il, seul le mobile permet de proposer une solution rapidement, « soit avec une solution très basique, soit en s’adaptant aux infrastructures quand il y a un système fermé et en recourant aux systèmes NFC ou Calypso. Cela permet d’aller relativement vite parce qu’il faut composer avec tous les acteurs tout en assurant la protection de la recette ».

    SNCF Connect n’est pas en reste sur le sujet, affirme David Brottet, citant deux expérimentations qui s’appuient sur des solutions développées par SNCF Connect & Tech grâce à sa « double casquette » de distributeur et de prestataire technologique. « Nous avons ainsi développé une brique de pay as you go, conçue sous forme de SDK, qui peut être intégrée chez différents distributeurs. Pour l’instant elle est proposée chez SNCF Connect et pour la vente de billets de TER en région nouvelle Aquitaine sur un principe similaire à la solution Fairtiq ».

    Ainsi, le voyageur déclare son voyage au démarrage de son trajet. Une fois le déplacement achevé, il est facturé selon une tarification kilométrique calculée automatiquement. « A la fin de la période, nous proposons une logique d’optimisation financière, avec un plafonnement tarifaire. Nous tenons compte du contexte d’utilisation grâce à des QR codes permettant aux voyageurs d’ouvrir des portiques quand ils se présentent en gare », précise David Brottet.

    SNCF Connect & Tech a également travaillé avec son partenaire Airweb, une entreprise qui aide les réseaux urbains à digitaliser leur réseau de distribution, afin d’intégrer leur agrégateur dans SNCF Connect. Ce qui permet aux utilisateurs de l’application de commander un ticket à l’unité sur plus d’une trentaine d’agglomérations en France, comme Annecy ou Orléans.

    Priorité à l’information

    Au-delà des contraintes techniques, la carte unique doit apporter un surcroît de visibilité aux usagers afin de les inciter au report modal. Pour les promoteurs de la carte Atoumod, il s’agit de renforcer la lisibilité tarifaire et l’information voyageur. « A travers l’offre Atoumod, nous cherchons avant tout à faire connaître l’offre existante sur le territoire, notamment sur les cars régionaux et interurbains. Le MaaS doit servir à accompagner les usagers vers ces offres dans le cadre de liaisons domicile-travail mais aussi lors de déplacements touristiques, comme par exemple sur des navettes pour rejoindre Giverny ou les plages du débarquement en Normandie », indique Gabriel Plouviez. Le syndicat mixte va bientôt lancer des navettes spéciales à l’occasion des 80 ans du Débarquement en Normandie et l’application Atoumod en fera la promotion tout en permettant l’achat de billets afin d’éviter que les usagers «ne s’éparpillent dans la recherche d’information ».

    L’information voyageur est absolument primordiale, ajoute David Brottet. « Les voyageurs réguliers ont besoin d’être rassurés sur les fréquences et d’être réorientés en cas de perturbations, tandis que les occasionnels qui seront vraisemblablement le cœur de cible du titre unique, ont surtout besoin de comprendre l’offre». Il cite en exemple l’application SNCF Connect, où « l’écrasante » majorité des visites est effectuée « pour s’informer, se rassurer sur les horaires ou comprendre les parcours plutôt que pour acheter des billets ». Pour cette raison, la dynamique d’intégration des informations a beaucoup de sens car l’information se pilote non seulement au niveau national mais aussi local. Elle sera aussi une des conditions de la réussite du titre unique.

    De même, le titre unique devrait mettre fin aux superpositions de tarifs pour un même trajet et aux interrogations des utilisateurs, qui ne savent pas toujours s’ils ont le droit de voyager avec le titre qu’ils ont acheté. Dans ce cas, le post paiement permet de s’affranchir de ces difficultés, estime Gabriel Plouviez. « C’est un long travail , compliqué, car les MaaS sont construits en lots par différents prestataires qui doivent coopérer ensemble pour avoir une application tout en un».

    La carte unique est liée aux écosystèmes de transport dans lesquels évoluent les utilisateurs, complète Eric Alix. « Nous disposons avec notre application Bonjour RATP de la plus grosse audience en Ile-de-France et nous serions ravis que tous les Parisiens puissent voyager partout en France avec elle. Nous proposons également Mappy qui compte beaucoup d’automobilistes utilisateurs et à qui nous souhaitons proposer d’autres choix modaux partout en France. »

    Le titre unique devrait bouleverser la façon dont les AOM vont gérer leurs appels d’offres. En effet, elles vont pouvoir comparer les coûts des différentes solutions techniques qui leur seront proposées (entre le pré ou post paiement, le QR code ou l’open paiement), ce qui devrait favoriser une meilleure harmonisation de la tarification et dans la distribution de titres. « Les AOM vont pouvoir faire leur marché, notamment en fonction du coût proposé, en choisissant telle ou telle technologie et il en sera de même pour les voyageurs. Cela va permettre de normaliser un peu nos contrats de distribution, en construisant des solutions moins onéreuses, car le digital permet d’abaisser les coûts par rapport aux modes de distribution traditionnels. De cette manière, les AOM vont pouvoir s’y retrouver financièrement », estime Eric Alix.

    Le financement en question

    Pascal Lemonnier

    Car se pose toujours in fine la question de savoir qui supportera le coût de l’opération. Pour Pascal Lemonnier, directeur commercial d’Egis, la mise en place du titre unique nécessite une subvention publique assez forte. «Il faut que l’État et les régions arrivent à forcer les opérateurs et les AOM à faire les modifications nécessaires sur leur système ». Et il poursuit : « Le consensus actuel va dans le sens d’une solution dématérialisée, jugée moins onéreuse. Mais il faudra la financer. Je doute que les opérateurs puissent le faire sans subventions. Il faudra également couvrir les frais d’exploitation des plateformes, avec la gestion de la clientèle et des call centers. Si on veut que des investisseurs privés viennent autour de la table, il va falloir définir un business model qui leur permettra d’investir sur du moyen et long terme».

    Pascal Lemonnier évoque également la concurrence potentielle du secteur privé, celle des cartes bancaires pour l’open paiement par exemple. De même, les GAFA comme Google et Apple proposent des applications MaaS très efficaces, permettant de proposer des parcours multimodaux complets de A à Z. « Il s’agit d’une concurrence assez forte qui n’est pas encore acceptée par tous les opérateurs de mobilité. Or, il faudra intégrer ces acteurs dans le sujet du titre unique », prévient-il.

    Dominique Descolas est du même avis. « Quand on ambitionne de réaliser 30 %, 50 % voire 90 % des ventes sur le mobile, il faut éliminer tout ce qui constitue des freins à l’usage. Pour l’instant il reste des progrès à faire en termes de paiement. Il faut saisir son numéro de carte bancaire puis attendre un éventuel SMS, puis aller sur l’application, ce qui génère de potentielles erreurs et surfacturation de la part des PSP (prestataires de service de paiement). Il y a donc une grande marge de progrès du côté des schémas de paiement et des PSP, surtout au regard des solutions Apple Pay et Google Pay. Ce sont de grands facilitateurs, qui permettent d’acheter en un clic, sans avoir besoin de saisir sa carte, avec un paiement sécurisé, qui ne coûte pas plus cher. Donc pourquoi s’en priver ?  ».

    Le dirigeant de Digimobee se dit favorable à des solutions permettant de ventiler immédiatement la recette entre tous les acteurs, comme Stripe. En revanche, il se montre plus réticent sur la solution d’open paiement qu’il juge onéreuse et difficile à déployer de façon globale sur tous les réseaux. Il cite l’exemple de Londres, pionnier dans l’open paiement et qui, 15 ans après, constate que 60 % des voyages sont toujours achetés avec la vieille carte Oyster. « Les utilisateurs préfèrent toujours ce qui est simple. Une solution optimale pourrait consister à porter la carte dans le mobile. »

    De son côté, Pascal Lemonnier évoque la gestion de la garantie du paiement, qui est évidemment plus simple dans le cas du prépaiement, puisque le client paye à l’avance, alors que la question se pose dans le cas du post paiement : « Qui prend le risque d’un éventuel non paiement ? Est-ce l’opérateur de bus dans lequel le voyage s’est effectué ou bien l’opérateur de la plateforme qui « possède » le client ?  », s’interroge-t-il, tout en considérant que ce serait plutôt à l’opérateur de la plateforme, où le client s’est enregistré, de prendre des garanties de paiement. Cela va nécessiter l’instauration de règles « un peu plus compliquées » pour le client, qui devra rentrer ses données bancaires sur une plateforme. Le responsable d’Egis plaide pour une seule inscription sur une plateforme de titre unique, même s’il y a plusieurs fournisseurs, afin que la plateforme assure la relation avec tous les opérateurs et que l’utilisateur n’ait pas à se réinscrire à chaque fois. .

    A quand un véritable titre unique en île de France ?

    Selon Eric Alix, l’application « Bonjour Ratp » permet déjà la dématérialisation sur les portables Android. « Toutes les applications ont signé le contrat de distribution avec Île-de-France Mobilités et cela sera le cas d’ici quelques semaines sur les iPhone, ce qui sera très utile pour les Jeux Olympiques de Paris 2024 car la dématérialisation permettra d’éviter en partie les files d’attente importantes dans nos stations ». La prochaine étape concerne la dématérialisation de la carte de post paiement « Liberté + », qui existe pour l’instant sous forme de carte et ne concerne que Paris intra-muros. « L’enjeu est de dématérialiser ce titre dans les téléphones et cela, pour toute la banlieue. A plus long terme, il faudrait qu’un voyageur francilien puisse utiliser son application RATP lorsqu’il se déplace à Toulouse ou Tourcoing, et inversement. »

    Plateforme nationale et gouvernance

    La fameuse plateforme nationale de mise à disposition du titre unique, sur laquelle travaille la DGITM et que tous les acteurs appellent de leurs vœux, devra donc s’adapter à l’offre existante tout en proposant des solutions pour les collectivités n’ayant pas encore développé leur MaaS. Gabriel Plouvier plaide pour la création de briques techniques fonctionnelles à l’échelon national qui puissent être réutilisables par les AOM pour alimenter les MaaS régionaux et urbains. « Les générateurs de QR codes s’avèrent des logiciels extrêmement complexes et coûteux Peu d’industriels les maîtrisent et le développement d’un générateur à l’échelle nationale serait extrêmement intéressant pour toutes les métropoles. Il en va de même pour la construction d’un module de réservation à l’échelon national qui pourrait également servir à contingenter certains transports, réserver sa place dans des trains ou des cars », estime-t-il.

    La question du moteur tarifaire se pose aussi. « Pratiquement toutes les régions se dotent d’une stratégie MaaS en construisant leur propre moteur tarifaire et en ont même parfois plusieurs pour l’ensemble de leur réseau de transport (un pour le car, un pour le train, un autre pour le réseau urbain, etc.), avec une construction souvent artisanale. Là encore, ce procédé gagnerait à être industrialisé à l’échelle nationale», suggère-t-il. Ces briques, qui manquent parfois cruellement pour les MaaS locaux ou régionaux, faute d’ingénierie ou de financements suffisants, sont jugées essentielles et complémentaires à l’application titre unique. Pascal Lemonnier insiste pour sa part sur le besoin de mettre en place un système d’échange de données entre AOM qui puisse satisfaire aux exigences du RGPD, S’il n’y a qu’une seule inscription chez une AOM avec un contrat unique, cela signifie que de multiples fournisseurs de services dans les régions, du secteur privé ou public, vont essayer d’attirer les clients avec une gamme de services de plus en plus élaborée, poursuit-il. « Ce sera bénéfique puisque la concurrence va permettre de monter en gamme et d’offrir aux clients finaux des services de plus en plus fiables et intéressants. » Pascal Lemonnier plaide aussi pour qu’une instance nationale puisse imposer des standards d’échanges de données, comme l’Asfa a su le faire pour permettre l’interopérabilité entre les différentes autoroutes. « La DGITM lance son projet sur le sujet. C’est une étape préliminaire indispensable », insiste-t-il.

    Tous les intervenants reconnaissent aussi l’importance d’instaurer une gouvernance claire pour la gestion du titre unique. Gabriel Plouviez rappelle que le lancement d’un titre unique au niveau d’un territoire, ne serait-ce qu’à l’échelle régionale, représente un défi de taille « parce que chaque AOM a ses propres projets et ambitions, avec sa manière de fonctionner». Lorcan Le Pen acquiesce : « Il faut un chef de fil pour orchestrer le titre unique et coordonner les initiatives, avec une coopération intelligente et saine entre les acteurs. »

    Grégoire Hamon