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  • Trois nouvelles filiales de la SNCF exploiteront des TER dès la fin de l’année

    Trois nouvelles filiales de la SNCF exploiteront des TER dès la fin de l’année

    Changement d’ère pour la SNCF : depuis le 25 décembre dernier, il n’est plus possible pour les régions de signer une convention d’exploitation des TER, de gré à gré, avec la compagnie publique. L’ouverture à la concurrence devient obligatoire. Jean-Aimé Mougenot, le directeur TER délégué, explique à Ville, Rail & Transports la stratégie suivie par la SNCF et les conséquences à venir.

    Ville, Rail & Transports. Comment vous êtes-vous préparés à cette échéance ? 

    Jean-Aimé Mougenot. Le 25 décembre dernier marque une étape importante, puisque depuis cette date, les régions ne peuvent plus contractualiser directement avec la SNCF pour l’exploitation de leurs TER. C’est la fin d’un chapitre dans l’histoire de la régionalisation, la fin d’une période de transition qui s’est déroulée entre 2019 et 2023, et pendant laquelle l’ouverture à la concurrence était possible sans être obligatoire. Elle a permis d’entrer concrètement dans la concurrence et surtout de se préparer à son accélération.

    Rappelons que cette phase transitoire a été relativement rapide : elle a duré cinq ans en France, alors qu’elle a pris 17 ans en Allemagne puisque la possibilité d’ouvrir les TER à la compétition outre-Rhin été ouverte en 1994 et n’est devenue obligatoire qu’en 2011.

    Un nouveau chapitre s’ouvre donc. Nous nous y préparons depuis longtemps selon plusieurs axes. Dès 2019, quand la région Sud Paca a lancé la procédure pour deux lots, nous avons mis au point notre modèle pour répondre aux appels d’offres. A la fois sur le fond, sur les grands enjeux et les performances, et sur la forme, sur la manière de répondre et les équipes à mettre en place. Nous avons misé sur des équipes mixtes, réunissant des compétences ferroviaires et l’expérience des systèmes concurrentiels au sein de notre groupe (en premier lieu à Keolis) et à l’international. Ce modèle a plutôt bien réussi et nous allons le poursuivre.

    VRT. Vous avez aussi décidé de lancer des sociétés dédiées…

    J-A. M. Nous avons effectivement créé des sociétés dédiées aux lignes que nous avons remportées lors de trois appels d’offres. Ainsi, le 15 décembre prochain, lors du changement du service, trois sociétés dédiées fonctionneront pour exploiter les lots gagnés : la société SNCF Voyageurs Sud Azur pour exploiter l’Etoile de Nice (les lignes Cannes/Grasse – Les Arcs/Vintimille – Cannes /Nice/Monaco/Vintimille et Nice à Azur, ndlr), SNCF Voyageurs Etoile d’Amiens (lignes Amiens-Tergnier-Laon, Amiens-Saint-Quentin, Amiens-Albert, Amiens-Abbeville, Beauvais-Abancourt-le-Tréport, Amiens-Creil, et Amiens-Montdidier-Compiègne) et SNCF Voyageurs Loire Océan pour exploiter dans un premier temps le tram-train, qui dessert les lignes Nantes – Nort-sur-Erdre – Châteaubriant et Nantes – Clisson (puis, dans un second temps, le lot Sud Loire). Ces trois sociétés vont commencer leurs services en même temps, la remise des clés se faisant au changement de service, donc le 15 décembre prochain.

    VRT. Les transferts de salariés sont-ils déjà réalisés ?

    J-A. M. Globalement, ces sociétés ont le nombre de salariés voulu (voir encadré ci-dessous). La localisation territoriale, la continuité avec le cadre social, qui est en grande partie transférée, et l’étanchéité des lots facilitent l’acceptation des agents à travailler pour ces sociétés, même s’il y aura toujours aussi un certain nombre de recrutements.

    Parallèlement, nous préparons toutes les équipes TER (un peu moins de 27 000 agents) à ces profondes évolutions. Et bien sûr nous poursuivons le « business as usual », avec la mise en qualité de nos process pour accompagner les politiques territoriales et économiques des autorités organisatrices.

    Pour beaucoup de régions, la concurrence représente l’occasion d’augmenter l’offre de transport. D’autant que la fréquentation des TER a bondi ces dernières années de 30 % par rapport à la période post-Covid : le trafic a augmenté de 20 % en 2022, puis de 10 % en 2023.

    VRT. Quel est le calendrier cette année ? 

    J-A. M. Un appel d’offres est en cours dans le Grand Est, huit autres seront ouverts en 2024. C’est l’avis de pré-information qui est le déclencheur, il décrit les lots et fixe les dates pour l’ouverture à la concurrence.

    Les Régions qui ouvrent pour la première fois en 2024 sont la Normandie pour l’Etoile de Caen, la Bourgogne-Franche-Comté pour l’Ouest nivernais, la Nouvelle-Aquitaine pour le lot Poitou-Charente et Auvergne-Rhône-Alpes pour le lot Auvergne. D’autres Régions élargissent l’ouverture à la concurrence comme Grand Est avec le lot Etoile de Reims qui rejoint les lots Transfrontaliers et Bruche-Piémont-Vosges en cours de procédure, ou la région Sud pour son troisième lot (Marseille-Toulon et la ligne des Alpes). Les mises en service sont attendues vers 2027-2028-2029.

    VRT. Quand verra-t-on une accélération des appels d’offres ?

    J-A. M. A partir des années 2026-2027-2028, je pense qu’il y aura annuellement deux fois plus d’appels d’offres qu’aujourd’hui. Ainsi, à l’horizon 2029, la moitié des lots aura été attribuée. Ils représenteront alors 50 % des trains-km effectués par les TER, contre 5 % cette année avec les trois lots déjà attribués.

    Soyons clairs, ces 5 % peuvent paraître modestes mais techniquement, il aurait été très difficile d’aller plus vite. Il y avait un besoin de montée en compétences, d’un lissage de la charge de travail.

    Plusieurs régions prévoient un calendrier d’ouverture partielle et puis finiront par un lot plus important vers 2034. De leur côté, la Bretagne et l’Occitanie, qui n’ont pas prévu de recourir à la concurrence avant la fin de leur convention avec la SNCF en 2033, seront amenées à ouvrir tout, d’un seul coup, à ce moment-là. Mais d’ici là, elles auront le temps de s’y préparer. Quant à nous, nous répondrons à 100 % des appels d’offres qui seront lancés.

    Propos recueillis par Marie-Hélène Poingt 

    Plus de 1300 agents transférés

    Les trois premières sociétés dédiées de SNCF Voyageurs exploiteront à partir du 15 décembre prochain (SA 2024) les trois lots remportés en appels d’offres. SNCF Voyageurs Sud Azur comptera près de 500 équivalents temps plein (ETP), SNCF Voyageurs Etoile Amiens environ 460 et SNCF Voyageurs Loire Océan en emploiera 370, dont un peu moins d’un tiers pour le Tram-train nantais dont l’exploitation démarre donc en décembre prochain (et deux tiers pour l’exploitation des lignes ferroviaires Sud Loire qui démarrera en décembre 2026).

    Rappelons que le nombre d’ETP par société d’exploitation est décidé par les Régions dès le démarrage de la procédure d’appel d’offres.

     

     

     

  • TER : où en est l’ouverture à la concurrence, le point région par région

    TER : où en est l’ouverture à la concurrence, le point région par région

    Depuis le 25 décembre dernier, il n’est plus possible pour les régions de signer une convention d’exploitation des TER, de gré à gré, avec la compagnie publique. Plusieurs régions n’ont pas attendu cette date-butoir pour tester la concurrence. La région Sud Paca s’est lancée la première, choisissant, en octobre 2021, d’une part la SNCF pour exploiter, à partir de la fin 2024, l’étoile de Nice, d’autre part Transdev, à partir de l’été 2025, pour l’axe Marseille-Toulon-Nice. Ont suivi les Hauts-de-France, les Pays de la Loire. Prochainement Grand Est devrait officialiser son choix en faveur de Transdev pour les TER desservant la liaison Nancy-Contrexéville, comme nous l’avions annoncé dans VRT.

    Quels que soient leurs choix, toutes les régions ont signé, entre mars 2022 et décembre 2023, des conventions TER avec la SNCF, les engageant en général sur une dizaine d’années. Sauf les Hauts-de-France qui n’ont signé que pour cinq ans (2024-2028) et la Nouvelle-Aquitaine pour sept ans (2023-2030).

    En général, les conventions prévoient une ouverture progressive des lignes de TER au cours du contrat. Seules la Bretagne et l’Occitanie ont décidé de rester fidèles à la SNCF jusqu’en 2033.

    Retrouvez ci-dessous les grandes dates de l’ouverture à la concurrence dans chaque région, et les ouvertures de lots programmés.

     

    Durée des conventions par région :

    Pays de la Loire  : signature du contrat le 25/03/2022 pour la période 2022-2031

    Centre-Val de Loire : signature le 08/07/2022 pour la période 2022-2031

    Occitanie : signature le 31/03/2023 pour la période 2023-2032

    Nouvelle-Aquitaine : signature le 17/06/2023 pour la période 2024-2030

    Bourgogne-Franche-Comté : signature le 05/12/2023 pour la période 2023-2032

    Bretagne: signature le 07/12/2023 pour la période 2024-2033

    Hauts-de-France : avenant signé le 10/12/2023 pour la période 2024-2028

    Normandie : signature le 15/12/2023 pour la période 2024-2033

    PACA Sud : signature le 15/12/2023 pour la période 2024-2033

    Auvergne-Rhône-Alpes :  signature le 22/12/2023 pour la période 2024-2033

    Grand Est : signature le 22/12/2023 pour la période 2024-2033

     

    Les programmations d’allotissements de lignes TER

    PACA Sud :  deux lots déjà attribués, deux autres à venir

    Lot 1 Inter Métropoles : attribué à Transdev pour exploitation mi-2025

    Lot 2 Sud Azur : attribué à SNCF Voyageurs pour exploitation au SA 2025

    Lot 3 Toulon Alpes : Avis de pré-information (API)

    Lot 4 Ouest Provence : API

     

    Grand Est : dix lots à attribuer

    Lot 1 Nancy-Contrex : attribution début 2024, Transdev est l’opérateur pressenti

    Lot 2 Bruche-Piémont-Vosges : Dossier de consultation des entreprises (DCE). Attribution attendue en fin d’année

    Lot 3 Transfrontalier Moselle : DCE

    Lot 4 Transfrontalier Rhin : DCE

    Lot 5 Etoile de Reims : API

    Lot 6 Sillon lorrain

    Lot 7 Etoile de Strasbourg / Mulhouse

    Lot 8 RER bâlois (attribution directe)

    Lot 9 Etoile de Metz-Nancy

    Lot 10 Grand Express

     

    Hauts-de-France : un lot déjà attribué, trois autres à venir

    Etoile d’Amiens : attribué à SNCF Voyageurs pour exploitation au SA 2025

    Dessertes parisiennes : API

    Etoile de Lille et littoral

    TERGV

     

    Pays de la Loire : un lot attribué,  trois autres à venir

    Lot 1 Tram-Train & Sud Loire : attribué à SNCF Voyageurs pour exploitation au SA 2025

    Lot 2 Boucle Loire Bretagne

    Lot 3 Etoile Mancelle : API

    Lot 4 Axe Loire

     

    Bourgogne-Franche-Comté : quatre lots

    Lot 1 Bourgogne Ouest : DCE

    Lot 2 Etoile de Dijon et Besançon : API

    Lot 3 Jura – Pied des Vosges : API

    Lot 4 Paris – Dijon – Lyon : API

     

    AURA : cinq lots

    Lot 1 Auvergne : API

    Lot 2 Etoile de Chambéry/Grenoble : API

    Lot 3 Longues distances : API

    Lot 4 Haute Savoie, LEX, EMB : API

    Lot 5 Etoile Ferroviaire Lyonnaise :  API

     

    Nouvelle-Aquitaine : quatre lots

    Lot A Poitou-Charentes : API

    Lot B Périgord-Limousin

    Lot C Etoile de Bordeaux

    Lot D Sud Aquitaine

     

    Normandie : cinq lots 

    Etoile Caen : API

    Etoile Rouen

    Etoile Mancelle

    Paris Granville

    Lot parisien

     

    Centre Val de Loire : deux ou trois lots

    Périmètres non précisés

     

  • Bruxelles approuve les engagements de Renfe sur la distribution de billets

    Bruxelles approuve les engagements de Renfe sur la distribution de billets

    La Commission européenne a jugé a jugé le 17 janvier que les engagements de la compagnie ferroviaire espagnole Renfe à partager des données sur ses offres de billets avec des plateformes de distribution concurrentes suffisaient pour répondre à ses inquiétudes concernant un abus de position dominante en Espagne. « Les engagements répondent aux préoccupations en matière de concurrence exprimées à titre préliminaire par la Commission » et deviendront désormais juridiquement contraignants pour une durée indéterminée, a indiqué l’exécutif européen dans un communiqué.

    Bruxelles avait ouvert en avril 2023 une enquête sur des soupçons d’abus de position dominante sur le marché ferroviaire espagnol. Gardienne de la concurrence dans l’Union européenne, la Commission soupçonnait la compagnie  de chemin de fer détenue par l’Etat espagnol de ne pas jouer le jeu pour les services de billetterie en ligne, en refusant de fournir aux plateformes tierces des contenus complets sur sa gamme de billets et de réductions, ainsi que des données en temps réel : avant, pendant ou après le voyage.

    Pour dissiper les craintes de la Commission, Renfe s’était engagée en juin 2023 à « mettre à la disposition des plateformes de billetterie tierces l’intégralité du contenu et des données en temps réel affichés sur n’importe lequel de ses propres canaux en ligne« . « L’engagement de Renfe sera donc dynamique et ne se limitera pas au contenu ou aux données en temps réel déjà fournis par Renfe par l’intermédiaire de ses propres canaux« , a commenté mercredi l’exécutif européen.

    Le groupe espagnol garantira par ailleurs un accès aux billets disponibles qui assure « la parité entre les plateformes de billetterie tierces et les propres plateformes de Renfe« , tout en offrant à ces plateformes « des services informatiques de haute qualité » pour concrétiser leurs ventes.

    Enfin, Renfe s’engage à s’abstenir de « toute mesure technique ou commerciale inéquitable, déraisonnable ou discriminatoire qui empêcherait ou entraverait l’accès » à ses données en temps réel, souligne la Commission.

    « Une victoire majeure », selon Trainline

    Trainline et consorts se frottent les mains, elles qui fin 2023, avaient critiqué devant la presse française des pratiques anti-concurrentielles à la SNCF, concernant la billetterie. Trainline qualifie l’annonce de « victoire majeure pour les voyageurs ferroviaires. En établissant un nouveau précédent concernant la parité d’accès pour les distributeurs de billets tiers en Europe, l’engagement de la Commission européenne à créer des conditions de concurrence équitables est clair », lit-on dans un communiqué du 17 janvier. La plateforme d’origine britannique réclame aussi « une rémunération équitable, raisonnable et non discriminatoire de la part de tous les opérateurs ferroviaires ».

    En France, le 5 décembre dernier, Trainline, Omio et Kombo avaient appelé devant la presse à faire évoluer le cadre législatif sur la distribution des billets de train. Estimant que la réglementation française actuelle est  « insuffisante pour corriger les distorsions de concurrence entre les opérateurs ferroviaires et les distributeurs indépendants ».

    Comme pour la Renfe, ils réclament un accès en temps réel aux données de mobilité, aux billets de trains et cartes d’abonnement proposés par les entreprises ferroviaires (la SNCF et ses premiers timides concurrents). Et un barème de commission (celle que leur verse les opérateurs ferroviaires) régulés par l’Autorité de régulation des transports (ART), pour « couvrir leurs coûts de distribution, assurer une rentabilité minimale et lever le potentiel d’innovations par une concurrence loyale sur ce marché de distribution », insistent les trois plateformes indépendantes. Le nouveau patron de l’ART, Thierry Guimbaud va-t-il s’emparer du sujet ?

    N.A

  • Elus et professionnels réclament la nomination d’un ministre des Transports

    Elus et professionnels réclament la nomination d’un ministre des Transports

    Depuis la démission du gouvernement Borne et l’arrivée à Matignon le 9 janvier de Gabriel Attal, c’est l’attente parmi les professionnels du transport public et les élus chargés de ces questions : qui sera le(la) prochain(e) ministre des Transports?

    La déception est perceptible : si le ministre de tutelle, Christophe Béchu, est maintenu au ministère de la Transition écologique (mais sans l’énergie qui passe désormais dans le giron du patron de Bercy, Bruno Lemaire), les transports ne sont pas représentés pour le moment au sein du nouveau gouvernement et ses 14 ministres aux compétences très larges. Et la lutte contre le réchauffement climatique n’apparaît plus en première ligne dans le discours politique. Or, les transports sont responsables de 30 % des émissions de gaz à effet de serre…

    Du côté des associations de défense de l’environnement, on s’inquiète d’un amoindrissement des compétences de l’Hôtel de Roquelaure, tout en notant un « point positif : le maintien de la planification écologique à Matignon« .

    Dans un communiqué du 16 janvier, le Groupement des autorités responsables des transports réclame la nomination d’un « ministre de plein exercice » en rappelant que « la mobilité est un enjeu du quotidien et se déplacer une nécessité pour tous nos concitoyens« . Selon le Gart, « l’absence d’un ministre dédié pour les Transports témoignerait d’une contradiction avec les objectifs affichés, alors même que les défis à relever restent considérables : consolidation du modèle économique des transports publics, accompagnement du verdissement des flottes de bus et de cars, mise en service des réseaux express régionaux métropolitains (SERM), concrétisation du titre unique… »

    Même demande du côté de l’UTP, pour qui le rôle d’un(e) ministre des Transports  « sera déterminant pour mettre en œuvre l’objectif de report modal fixé par le président de la République dans le cadre de la planification écologique et garantir l’accroissement indispensable de l’offre de transport public urbain et de transport ferroviaire de voyageurs et de marchandises sur tout le territoire. A plus court terme, son rôle sera aussi décisif pour contribuer au succès des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024« .

    L’histoire semble se répéter :  la nomination de Clément Beaune au poste de ministre délégué aux Transports (jusqu’ici non reconduit), n’était intervenue que le 4 juillet 2022, soit plus de deux mois après la ré-élection d’Emmanuel Macron à la présidence de la République. Avec, à l’époque, la même consternation face au peu d’intérêt du pouvoir politique pour le transport public…

    MH P

     

     

  • Plus de deux ans de retard pour les Coradia Stream d’Alstom au Danemark

    Plus de deux ans de retard pour les Coradia Stream d’Alstom au Danemark

    C’était un contrat historique pour Alstom, qui avait remporté au printemps 2021 la plus importante commande jamais passée par les Chemins de fer de l’Etat danois (DSB), chiffrée à plus de 20 milliards de couronnes (soit plus 2,7 milliards d’euros). Vingt ans après les déconvenues subies à la suite de la commande à AnsaldoBreda des trains grandes lignes IC4 thermiques, les DSB souhaitaient tourner la page en commandant pour la génération suivante, désignée IC5, un matériel électrique et éprouvé. Pour le programme Fremtidens Tog – Nye Tog (Trains du futur – Nouveaux trains) des DSB, le choix s’était donc porté sur 100 rames automotrices à un niveau de la plate-forme Coradia Stream d’Alstom, alors déjà en service en Italie (trains régionaux Pop) et commandée aux Pays-Bas (rames intercités de nouvelle génération ICNG des NS, entrées en service en 2022), avant d’être commandé en Roumanie.

    Et en 2021, au moment de confirmer la commande, Alstom annonçait que sa livraison était « prévue pour débuter au dernier trimestre 2024 ». En 2022, le calendrier était revu, les premiers trains devant être en service « d’ici la mi-2025 », mais à la fin 2023, Alstom a dû à nouveau revoir l’échéancier, l’année 2027 étant désormais envisagée, et ce, « pour plusieurs raisons », selon les DSB. Comme première raison, les Chemins de fer de l’Etat danois ont constaté qu’Alstom « prend plus de temps que prévu pour finaliser la conception de l’IC5 et garantir que les rames répondent aux exigences élevées de qualité, de confort et de fiabilité fixées pour la version danoise du Coradia Stream ». Deux autres facteurs importants pour le constructeur sont les incertitudes autour des chaînes d’approvisionnement à l’échelle mondiale et l’ajustement des plans de capacités et de production, selon le client. Ce dernier admet toutefois des circonstances atténuantes. « Il est regrettable, mais pas inhabituel, que les calendriers soient modifiés lors d’achats importants de trains. Il n’existe pas de produits sur étagère, et même lorsque l’on achète un produit aussi standard que possible, la mise en place de tous les détails est une tâche vaste et complexe afin que la conception finale des rames réponde à toutes les conditions particulières qui s’appliquent dans chaque pays », déclare ainsi Jürgen Müller, directeur de la stratégie et des matériels roulants aux DSB.

    « Concevoir un train, c’est comme assembler un puzzle de 120 000 pièces, dans lequel la moindre modification apportée à une pièce affecte le résultat. Maintenant, la conception est verrouillée, la production est en cours et, bien que le calendrier ait été ajusté, nous livrerons de fantastiques trains électriques IC5 qui satisferont – et, espérons-le, dépasseront – les attentes danoises en matière de fiabilité et de confort des voyageurs », a répondu Jörg Nikutta, nommé PDG d’Alstom au Danemark en 2023. Toujours est-il que la production de l’IC5 est en cours dans les usines Alstom de Katowice (Pologne) et de Salzgitter (Allemagne) et que les premières rames intercités seront livrées au Danemark « courant 2025 », selon les DSB. Après livraison, ces rames devront être testées et approuvées par les autorités compétentes avant que le personnel de DSB puisse se former à l’exploitation du nouveau matériel roulant, avant sa mise en service avec des voyageurs.

    Rame ICNG d’Alstom pour les NS

    Malgré un retard de plus de deux ans sur un produit conçu par Alstom « pour tous les pays européens », le client danois se déclare rassuré par la mise en service de l’ICNG des NS (chemins de fer néerlandais). « Aux Pays-Bas, le Coradia Stream est désormais en service et le retour d’expérience des NS en matière d’achat, d’adaptation et de mise en service du Coradia Stream est une référence pour les DSB. Il s’agit d’un projet et d’un processus bien documentés, avec la même plate-forme de produit et le même type de risques », rappelle le directeur de la stratégie et des matériels roulants aux DSB, qui souligne que « c’est un avantage pour le Danemark que DSB puisse tirer profit de l’expérience néerlandaise » sur la nouvelle génération de trains intercités. Reste que l’IC5 pour le Danemark vient rallonger la liste des nouveaux matériels roulants dont la mise en service affiche « deux ans de retard » ou plus, qu’ils soient produits par Alstom (Acela de nouvelle génération, RER NG) ou par d’autres (Siemens avec le métro de Rennes)…

    P. L.

  • Valérie Pécresse demande le rétablissement total de l’offre de transport public pour mars

    Valérie Pécresse demande le rétablissement total de l’offre de transport public pour mars

    « L’urgence absolue, c’est de rétablir la qualité de service demandée par IDFM« , a lancé le 16 janvier, lors des voeux d’IDFM, Valérie Pécresse aux opérateurs de transport. Selon la présidente d’Ile-de-France Mobilités, « le rétablissement promis pour 2023 se fait toujours attendre« . Et l’élue de demander le rétablissement de 100 % de l’offre de transport dès le mois de mars.

    Un objectif irréalisable selon plusieurs représentants de transporteurs réunis pour les voeux. « réaliser 100 % d’offre, ça n’existe pas« , tranche l’un d’eux.

    Valérie Pécresse vise plus précisément cinq lignes de métro (les lignes 3, 6, 8, 12 et 13, sous les 85 % de régularité en novembre) , ainsi que trois lignes de RER (les RER B, C et D, tournant autour de 80 % de régularité). Et pointe le manque de conducteurs comme cause principale côté métro. »Si la question du manque de conducteurs était réglée, nous serions à plus de 90 % de régularité sur toutes les lignes de métro« , commente la présidente de région, critiquant notamment l’absentéisme des agents.

    Elle exige aussi un redressement rapide de l’offre sur le RER B et la mise en oeuvre du rapport Ramette, remis l’automne dernier, et qui prône 14 mesures, dont la mise en place d’un centre de commandement unique pour en finir avec l’engorgement du tunnel reliant Châtelet à la gare du Nord. Si les problèmes ne cessent pas sur cette ligne exploitée conjointement par la RATP et la SNCF, « je n’aurai pas d’autre choix que de demander la création d’une société unique de gestion de la ligne« , menace-t-elle…

    MH P

     

  • Romuald Hugues prend la présidence de TSO

    Romuald Hugues prend la présidence de TSO

    Vice-président de TSO depuis 2020, date à laquelle il a rejoint la filiale ferroviaire de NGE, Romuald Hugues en a pris la présidence en ce début 2024. Il succède à ce poste à Jean Bernadet, directeur général de NGE, et intègre le comité exécutif de la maison-mère.

    Ce diplômé de Centrale Paris de 43 ans a commencé sa carrière chez Valérian, filiale du groupe Spie Batignolles, d’abord en tant qu’ingénieur d’études. Il était par la suite devenu directeur général délégué de l’entreprise de BTP.

     

  • En Allemagne, des conducteurs de train inflexibles

    En Allemagne, des conducteurs de train inflexibles

    Après trois jours de grève dure en Allemagne, du 10 au 13 janvier, qui s’est traduit par la suppression de 80 % de circulations de trains selon la Deutsche Bahn, le syndicat des conducteurs (GDL) a refusé toute médiation pour tenter de trouver un compromis avec la compagnie ferroviaire. Selon le patron du GDL, Claus Weselsky, les « revendications de fond » ne nécessitent aucune médiation.

    Malgré l’offre de la DB sur une plus grande flexibilisation du temps de travail, le GDL est resté inflexible sur ses revendications : prime d’inflation non imposable unique de 3000 euros, une augmentation de salaire d’un minimum de 555 € et le passage à semaine de 4 jours sans réduction de salaire. Claus Weselsky a également réclamé une convention collective spécifique pour les agents régulateurs de la DB.

    Les deux parties n’ont pas réussi à établir un nouveau calendrier de négociations. « Nous laissons à la DB le temps de retrouver la raison », s’est contenté de déclarer le syndicat GDL qui promet de « durcir le mouvement si la situation l’exige». Claus Weselsky n’a pas posé de nouvel ultimatum, sans pour autant exclure une grève illimitée envisagée au départ.

    La DB appelle le syndicat minoritaire, plus militant que le syndicat des cheminots (EVG), à réduire ses prétentions pour sortir de l’impasse. « Il est impossible de faire une grève avec comme objectif d’obtenir 100% des revendications, ce n’est pas comme cela que fonctionnent les négociations », a déclaré une porte-parole de la DB.

    Rappelons que le GDL a créé une coopérative d’embauche (Fair Train) pour externaliser le recrutement des conducteurs. Cette société est chargée de « louer » les personnels aux entreprises de transport ferroviaire, privées ou publiques, comme le ferait une agence de travail temporaire. Claus Weselsky estime que cette structure indépendante permettrait d’imposer des salaires sans les négocier sans les conventions collectives et d’entrer ainsi en concurrence directe avec la DB en tant qu’employeur.

    Christophe Bourdoiseau

  • Cristina Crespin remplace Laurent Bouyer à la tête de Siemens Mobility

    Cristina Crespin remplace Laurent Bouyer à la tête de Siemens Mobility

    Cristina Crespin est devenue, depuis le début de l’année, présidente de Siemens Mobility France. Entrée en 2003 dans le groupe en tant que contrôleuse de gestion, elle y a gravi tous les échelons et était juste avant directrice générale chargée des finances.

    Laurent Bouyer
    Laurent Bouyer

    Elle remplace Laurent Bouyer qui avait annoncé en fin d’année dernière son départ au Québec pour devenir vice-président Global Operations chez Pratt & Whitney Canada (groupe aéronautique et de défense américain RTX) et membre de l’équipe de direction.

    Un tournant professionnel pour Laurent Bouyer après 30 années passées dans le secteur ferroviaire, successivement président de Bombardier Transport, puis de Siemens, après le rachat de Bombardier Transport par Alstom.

    Il a notamment participé aux projets de L’AGC, du Francilien, du Régio2N ou encore à l’automatisation des lignes 4 et 14 du métro parisien et au Cityval, métro automatique nouvelle génération lancé à Rennes.

  • Le Portugal lance un appel d’offres pour réaliser la première section de la LGV Porto-Lisbonne

    Le Portugal lance un appel d’offres pour réaliser la première section de la LGV Porto-Lisbonne

    Un appel d’offres pour construire le premier tronçon de la ligne à grande vitesse Lisbonne-Porto a été lancé le 12 janvier au Portugal. Le projet, qui doit permettre de relier  les deux principales villes du pays en 1h15 (contre près de 3 h aujourd’hui), est évalué à 4,5 milliards d’euros. Il devrait être réalisé en trois étapes. La première concernera la réalisation d’une section de 70 km entre Porto et Oia, estimée à environ 2 milliards d’euros.