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SNCF : au Sénat, Jean Castex réussit son premier examen de passage
Proposé par Emmanuel Macron pour prendre la tête du groupe SNCF, Jean Castex était auditionné ce matin devant la commission du développement durable du Sénat. Le sens du vote ne sera connu qu’après sa deuxième audition, par les députés le 22 octobre. A la chambre haute, ce devrait être » un vote très favorable « , confie un sénateur tenu au secret du scrutin.
Le candidat Castex, qui l’était déjà en 2019, a souvent été interrogé sur le risque de conflit d’intérêts que son actuelle fonction – PDG de la RATP – représente pour son futur poste de dirigeant de la SNCF, dans le contexte d’ouverture à la concurrence. En effet, la RATP affronte directement la SNCF ou sa filiale Keolis, et Jean Castex devra gérer des appels d’offres où les deux groupes publics seront concurrents.
« Déport absolu »
Il avait affûté ses armes et préparé sa réponse : il y aura un « déport absolu » de sa part sur les dossiers d’appels d’offres en cours (parmi lesquels le contrat TER de l’étoile ferroviaire de Reims, et trois autres contrats à l’international). Autrement dit, il s’engage à ne pas prendre part aux délibérations. Et pour les appels d’offres à venir, à chaque fois que la RATP sera le candidat sortant et se représentera, et que Keolis sera concurrent, il observera la même règle de déport, et ce pendant trois ans. Comme c’est la règle. » Tout risque de conflit d’intérêt est donc écarté « , a voulu rassurer Jean Castex devant les sénateurs. On le sait favorable à jouer la « Maison France » à l’international pour ne pas voir entrer en concurrence les deux groupes français hors de leurs frontières. Après avoir rappelé son attachement au service public, Jean Castex a estimé qu’il « serait curieux » (…) que son premier objectif soit « de canarder la RATP ».
Hier, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) s’est déclaré incompétente pour juger d’un éventuel conflit d’intérêt entre ses fonctions actuelles à la RATP et éventuellement à venir à la SNCF. Pour clarifier le sujet, Jean Castex propose de recourir à la Commission de déontologie de la SNCF. Mais ce déport ne risque-t-il pas de saper son autorité de dirigeant ?
« La bataille du milliard »
Il s’est également engagé à livrer » la mère des batailles « , à savoir la régénération du réseau ferré dont l’âge moyen atteint 30 ans. La récente conférence de financement des transports a confirmé les besoins à un milliard et demi d’euros supplémentaire par an à partir de 2028 pour les travaux de régénération et de modernisation (soit 4,5 milliards par an au total). Un tiers viendrait du fonds de concours de la SNCF qui est alimenté par les bénéfices de SNCF Voyageurs. Il reste à trouver un autre milliard. » L’Etat français est le pays européen qui intervient le moins pour financer ses infrastructures « , a estimé l’ex-Premier ministre de 60 ans. Cette « bataille du milliard » sera la sienne, promet-il aujourd’hui. Jean Castex milite également pour que les nouveaux entrants sur le marché ferroviaire versent eux aussi leur obole à ce fonds de concours, dès lors qu’ils sont rentables. Et participent aussi aux enjeux d’aménagement du territoire en ne se concentrant pas sur les seules lignes TGV rentables.
« Eparpillement »
Quant à la création de filiales dédiées pour gérer les marchés ferroviaires remportés par la SNCF, décriées par les syndicats cheminots, le candidat Castex se dit conscient des enjeux sociaux et du risque d’« éparpillement ». « Faire groupe » » c’est le maître mot de celui qui n’a pas forcément respecté cette démarche à la RATP. Citant Mirabeau, il ne veut pas que la maison SNCF soit « un agrégat de peuples désunis ».
Sur l’autre grand enjeu de la SNCF, le fret, le candidat Castex affirme qu’il faut appliquer le plan de discontinuité (également décrié par les organisations syndicales) « avec intelligence ». Et admet qu’il va falloir une bonne dose d’imagination pour trouver les ressources nécessaires au plan Ulysse du ministère des Transports, destiné à doubler les parts de marché du fret ferroviaire. Le programme dessiné avec SNCF Réseau et l’alliance 4F prévoit quatre milliards d’euros d’investissements sur dix ans, grâce au panier de ressources de l’Agence de financement des infrastructures, l’Afit-France. « Il ne faut pas espérer de crédit budgétaire de l’Etat, les pistes de financement par le produit des péages autoroutiers, ce n’est pas pour demain. En attendant, il va falloir être imaginatifs », admet le candidat pressenti, citant les partenariats publics privés.
Après le Sénat, il devrait tenir le même discours aux députés le 22 octobre, pour se voir enfin confirmé à la présidence du groupe ferroviaire.

Nouveau président à Urgence Ligne POLT
Jean-Marc Vayssouze-Faure, sénateur du Lot, a été élu président de l’association Urgence Ligne POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse). Réunis à Vierzon pour leur assemblée générale, le 11 octobre, les administrateurs l’ont désigné en remplacement de Jean-Claude Sandrier, ancien maire de Bourges et président-fondateur de l’association, depuis sa création en 2010.
Engagé depuis de nombreuses années en faveur de la défense des dessertes lotoises et de l’égalité territoriale, le sénateur interpelle régulièrement le gouvernement sur la dégradation du service ferroviaire observée sur cette ligne. « La ligne POLT connecte cinq millions de Françaises et de Français. Elle fait donc partie de nos vies mais elle est aussi le reflet des fractures qui traversent notre République », estime le nouveau président de l’association. Parmi ses dossiers « prioritaires« , il évoque le renforcement des crédits budgétaires, la régénération et la modernisation des voies, l’entretien des locomotives, la préservation de toutes les dessertes, la réintroduction de trains rapides, les baisses tarifaires, la minimisation de l’impact des travaux futurs sur la circulation, la défense du train de nuit et la livraison des nouvelles rames Oxygène en 2027.

L’arrivée du nouveau métro MF19 transforme la maintenance à la RATP
À nouveau matériel, nouvelle maintenance. L’arrivée du nouveau métro MF19 a conduit la RATP à transformer ses ateliers de maintenance. La Régie a en effet commandé 410 exemplaires de ce métro appelé à remplacer les anciens matériels sur huit lignes sur les seize du métro parisien . « Pour faire simple, le matériel des années 60-70, c’est de la mécanique, de l’électricité et du pneumatique. Celui des années 2020, c’est tout cela, plus de l’électronique, de l’informatique de sécurité pour la gestion des circulations et plus d’informatique de confort pour l’information voyageurs par exemple », explique Côme Berbain, directeur du Matériel roulant ferré à la RATP.
Plus de place
De nombreux éléments techniques comme des compresseurs ont ainsi été retirés de l’intérieur de la rame pour être placés sous caisses ou en toiture. L’objectif est de libérer un maximum de place pour les voyageurs et de permettre une intercirculation entre les voitures. D’autres éléments ont aussi été ajoutés. « Dans les années 60, il n’y avait pas de climatisation à bord. Aujourd’hui, c’est de plus en plus nécessaire. Les appareils de climatisation occupent désormais une grande partie de l’espace disponible sur le toit. Mais pour assurer leur maintenance, il faut pouvoir accéder au toit des trains. Des ateliers hauts de plafonds sont indispensables », poursuit le directeur. Or, dans l’espace urbain de la capitale, il n’est pas toujours possible de surélever les plafonds des ateliers, d’autant plus lorsqu’ils sont en sous-sol. L’entretien des groupes climatisation des trains de la 10, se fera donc dans l’atelier de la 9 (Atelier de maintenance des trains Boulogne).
L’atelier de la ligne 10 ne peut être rehaussé, il ne peut pas non plus être élargi. L’autre contrainte de la maintenance des nouveaux matériels, c’est l’entrevoie. Elle doit être de la même largeur que la voie de maintenance, afin de pouvoir translater les pièces à changer, dont les plus imposantes font la largeur de la rame. Heureusement, sur le nouveau matériel, les pas de maintenance (cycles) entre deux révisions ont été largement allongés : tous les 8500 km pour les MF67 contre 30 000 km pour les MF19 qui les remplaceront.
De multiples nouveautés
De plus, l’ajout des équipements annexes, notamment électroniques et informatiques multiplie les possibles interventions. La RATP a donc cherché à limiter le temps d’immobilisation. Elle a, par exemple, imaginé des heurtoirs escamotables qui réduisent les manœuvres d’accès en permettant d’utiliser les voies dans les deux sens. Autre nouveauté, la création de passerelles ajustables en hauteur, pour accéder aussi bien en toiture qu’au niveau des baies, au choix et en quelques minutes. Une première dans le monde de la maintenance ferroviaire qui utilisait soit des passerelles fixes, limitées dans leur utilisation, ou des passerelles mobiles dont la mise en œuvre reste longue et peu convaincante pour les mainteneurs.
11 ateliers impactés
Au total, onze ateliers sont impactés par l’arrivée du MF19. Cinq vont être transformés et agrandis (l’atelier de maintenance AMT de Saint-Fargeau, de Châtillon, de Créteil, de Vaugirard, et de La Courneuve), deux vont accueillir le matériel d’autres ateliers pendant leurs travaux (l’AMT de Boulogne et celui de Bobigny), trois seront requalifié d’AMT en Centre de dépannage des trains (CDT de Javel, d’Auteuil, et de Pleyel), et l’AMT de Choisy sera fermé d’ici 2035, la maintenance des trains de la ligne sera transférée à l’AMT de La Courneuve.
Le projet de transformation des ateliers entretenant les MF19 a commencé dès la commande en 2019. Il va se poursuivre jusqu’en 2035. Il est financé par Île-de-France Mobilités pour un montant de 800 millions d’euros. Et s’inscrit dans le projet global de modernisation du matériel, qui comprend également la mise à niveau des 8 lignes qui vont accueillir les MF19, pour 7 milliards d’euros, incluant l’achat du matériel (pour 2,9 milliards).

« Il faut tirer les conséquences de l’ouverture à la concurrence des activités de la RATP avant de continuer avec le ferroviaire »
Après « Les secrets du Grand Paris », Pascal Auzannet publie « Le casse-tête des mobilités en Ile-de-France ». L’ancien président de RATP Smart System, qui a travaillé sur la configuration du Grand Paris après avoir été notamment le directeur des RER à la RATP, nous donne des clés pour mieux comprendre le patchwork institutionnel en Ile-de-France. Et propose, à quelques mois des élections municipales, ses solutions pour le rendre plus efficace. Interview.
VRT. Pourquoi ce nouveau livre?
Pascal Auzannet. J’ai un peu d’expérience après mes fonctions passées au sein de la RATP, de ses filiales et de l’Etat. Je me suis intéressé à de nombreux travaux réalisés en économie des transports ainsi qu’aux rapports de la Cour des Comptes qui à défaut d’être suivis constitue une source d’informations. Et maintenant que j’ai une parole complètement libre, je trouve important de livrer un état des lieux sur les mobilités franciliennes et d’esquisser des pistes d’actions opérationnelles. A la veille des élections municipales, il y a une opportunité : il faut lancer le débat pour permettre aux politiques de s’approprier des options.
Après mon livre (Les secrets du Grand Paris), qui s’intéressait aux coulisses, aux prises de décisions politiques, je traite de tous les modes et mets en lumière à chaque fois le rôle des instances. Je décris le patchwork institutionnel où évoluent de nombreux acteurs, l’Etat, la RATP, la SNCF, la région, IDFM, la métropole… Il y a de belles réussites mais chacun reste dans son couloir et il y a un manque de synergies. C’est coûteux pour la collectivité. J’ai pu ainsi identifier d’importantes marges de progrès.
VRT. Par exemple?
P. A. Prenons l’exemple de la vitesse commerciale des bus qui s’est dégradée de 2000 à aujourd’hui : elle est passée de 13,3 km/ h à 9 km/h à Paris et de 18,3 km/h à 13,2 km /h en banlieue. Ce qui représente un gaspillage financier de 400 millions d’euros par an. Or, les différents acteurs ont du mal à s’organiser entre eux : l’Etat a la tutelle sur la RATP et celle-ci contractualise avec IDFM. L’entreprise travaille aussi en lien avec les gestionnaires de la voirie. Les centres de décision sont ainsi dispersées, il y a donc un manque de pilotage.
Je propose de confier ce rôle à la métropole qui n’a pas la compétence mobilité en Ile-de-France. C’est une exception en France. La métropole n’a pas non plus la compétence voirie. Pourquoi ne serait-elle pas une autorité organisatrice de second rang pour les bus, les trams, autrement dit les transports de surface? Cette idée, à débattre, permettrait de rentrer dans le droit commun. La métropole, sous réserve de financements nouveaux pourrait aussi récupérer la voirie. Sans doute faut-il avancer par étapes comme je l’explique dans le livre.
J’ai identifié d’autres pistes, comme par exemple les navettes fluviales, un sujet qui ne mobilise pas IDFM. Pourquoi ne pas les confier également à la métropole? De même elle pourrait organiser les mobilités dans un rayon de 2 à 3 km autour des gares où il n’y a pas de véritable pilote. La métropole pourrait apporter une expertise en ingénierie pour la réalisation de sites propres par exemple et travailler à un plan métropolitain bus.
VRT. Quelles sont les autres pistes d’amélioration possibles?
P. A. Le rythme d’automatisation des métros me paraît beaucoup trop lent. Une douzaine d’années s’est passée entre l’automatisation de la ligne 1 et de la ligne 4. On parle de 3035 pour automatiser la 13. Il y a un gros risque d’avoir demain un métro à deux vitesses, avec d’un côté le métro du Grand Paris, et de l’autre le réseau historique.
VRT. Pourtant, la Fnaut Ile-de-France se dit déçue par l’automatisation de la ligne 4. Et elle estime que les progrès apportés par l’automatisation de la ligne 13, dont les performances ont déjà été nettement améliorées, seront finalement faibles comparée à son coût…
P. A. Les estimations montrent sa pertinence car le taux de rentabilité de l’automatisation de la ligne 13 est élevé : il atteint 16,1 %. Cet intérêt socio-économique est transposable aux autres lignes. Mais la RATP traîne des pieds alors qu’il n’y a pas de problème social. Il est tout à fait possible de reclasser les conducteurs vers des postes à responsabilité.
VRT. Quelles sont les principales suggestions que vous faites aux candidats aux municipales en Ile-de-France?
P. A. Je ne comprends pas pourquoi IDFM ne permet pas l’open paiement, qui consiste à faire payer les trajets avec une carte bancaire. Une centaine d’agglomérations y seront passés en 2026-2027 selon le Cerema et selon un rapport présenté lors de la conférence de financement. C’est déjà en service à Londres, Bruxelles et d’autres capitales dans le monde. C’est un mode de paiement de nature à faciliter la vie des voyageurs occasionnels et cela permettrait de mieux lutter contre la fraude dite « molle ». Rappelons que la fraude représente un manque à gagner de 700 millions d’euros annuels pour les transports publics.
J’aborde aussi le sujet de l’optimisation de l’existant, qui passe par une meilleure productivité, notamment des conducteurs qui pourraient rouler plus en gagnant plus. Pour y parvenir, il faut que l’Etat reste à sa place : il a vocation à intervenir sur les questions de stratégie mais pas sur la gestion quotidienne. La tutelle de la RATP par l’Etat est ainsi devenue un non sens.
Selon moi, c’est à la région de reprendre cette tutelle. En tant qu’ancien directeur des RER, je peux affirmer que par un bon management, on peut améliorer l’efficacité sans en passer toujours par une hausse des investissements. Evidemment certains sont indispensables (matériel roulant, régénération des infrastructures). Il faut laisser aux entreprises le soin de négocier. Or, l’Etat ne veut surtout pas de grève et ne peut s’empêcher d’intervenir. Il y a aussi la productivité du capital à améliorer.
VRT. L’ouverture à la concurrence peut-elle favoriser cette hausse de la productivité que vous appelez de vos voeux?
P. A. Rappelons d’abord un fait : ce n’est pas l’Europe qui a décidé la mise en concurrence des réseaux. Le règlement de 2007 reconnaît la possibilité aux autorités organisatrices d’attribuer la gestion de ses transports directement à une entité. IDFM n’était donc pas obligée de mettre en concurrence la RATP. Mais la RATP a voulu se développer en France et à l’international via RATP Dev. Bruxelles lui a donc demandé de choisir : soit vous restez chez vous, soit vous allez au delà de l’Île-de-France mais vous acceptez que des concurrents viennent chez vous. C’est le second choix qui a été fait. Pour IDFM, c’était aussi un moyen de prendre la main sur la RATP.
Aujourd’hui, RATP Dev s’est développée mais est déficitaire. De son côté, avec la concurrence, la RATP a perdu 35 % de son réseau bus historique même s’il faudra attendre l’attribution des deux derniers lots pour dresser un bilan complet. Sur le Grand Paris Express, la RATP, avec l’option de la Régie, aurait pu légitimement revendiquer les 200 km de lignes de métro nouvelles. Or, elle a perdu les lignes 16, 17 et 18 et n’a gagné que la 15 Sud. Finalement, selon moi, la RATP a plus perdu que gagné dans cette affaire. Elle est en train de complètement perdre son identité. Avant c’était une entreprise parfois certes un peu insolente, mais créative. Le baromètre interne le montre : seulement 34 % des salariés ont un avis positif sur les orientations stratégiques. Ils ne s’y retrouvent plus.
Alors aujourd’hui, on en tire les conséquences ou on continue avec le ferroviaire ? Je défends l’idée d’une régie ou SPL pour le ferroviaire (métro, RER, train) qui serait sous l’autorité de la région et d’IDFM. C’est d’ailleurs une tendance forte à l’échelle de notre pays où la population desservie par des transports urbains par un opérateur interne est passée de 11,6 % à 27,5 % entre 2005 et 2025.

Comotech, champion discret de l’essuyage industriel
PME nantaise tournée vers l’international, Comotech Industries s’est imposée sur le marché des essuie-glaces pour les trains, métros, tramways, bus et cars. Avec des kits de motorisation à courant faible et des dispositifs de commande. En pleine croissance, le fournisseur de Bombardier et Alstom cherche à structurer une filière industrielle d’excellence.
En rachetant Comotech Industries en 2023, Marc Mezerette savait qu’il tenait entre ses mains une pépite industrielle. Avec trente ans d’expérience dans le secteur des transports, chez des constructeurs automobiles, le dirigeant veut insuffler une nouvelle dynamique à ce « mini-groupe » atypique. « Nous sommes une grosse PME dont le siège se situe au sud de Nantes, mais aussi un vrai groupe avec une cinquantaine de personnes réparties sur plusieurs sites en France, dans le monde et une filiale en Chine », décrit le dirigeant.
Le métier historique de Comotech Industries, c’est l’essuyage industriel
L’entreprise conçoit des solutions complètes pour les trains, métros ou tramways : essuie-glaces, levier de commande, moteur et moto-réducteur, en passant par les réservoirs de liquide de lavage, les faisceaux électriques et les capteurs. « La visibilité est fondamentale dans la conduite de véhicules. Un conducteur de train ne peut pas démarrer si ses essuie-glaces ne fonctionnent pas, même s’il circule exclusivement en souterrain », explique Marc Mezerette. La règle prévaut également pour les métros automatiques, qui doivent être équipés d’essuie-glaces pour permettre une reprise en main manuelle en cas d’incident.
L’entreprise propose des solutions adaptées aux différents types de pare-brise, en personnalisant la longueur des porte-balais et des timoneries, avec des amplitudes de balayage allant de 45 à 180 degrés, à une ou plusieurs vitesses. « Nous proposons une solution globale. Un constructeur vient nous voir avec une demande précise, et nous prenons en charge l’ensemble de la fonction essuyage, depuis le tableau de bord jusqu’au moindre composant technique », assure le dirigeant.
Du train au lave-linge
Son activité dépasse le secteur ferroviaire, car Comotech Industries propose des solutions d’essuyage pour des autobus, autocars, véhicules de chantier, agricoles ou militaires. La société développe et produit ses propres moteurs et moto-réducteurs, utilisés pour les essuie-glaces et d’autres applications industrielles, de la robotique à la domotique. « Un moteur destiné à l’essuyage peut tout à fait équiper une machine à café ou un lave-linge professionnel », glisse Marc Mezerette.
Cette capacité à adapter une technologie de niche à des usages variés s’appuie sur un bureau d’études interne, composé d’experts en conception et qualité, qui réalisent les études de faisabilité et développent des prototypes sur mesure. Des bancs de tests spécifiques permettent de simuler des milliers de cycles d’utilisation, de tester la tenue au couple bloqué, l’étanchéité, ainsi que la résistance à des conditions climatiques extrêmes.
Commodos
Un autre pilier du savoir-faire de Comotech repose sur les besoins de commutation, avec les « commodos », commandes intégrées sous le volant. L’entreprise conçoit des dispositifs de commande — leviers, boutons, interrupteurs, commutateurs — qui déclenchent les fonctions d’essuyage, mais aussi des systèmes d’éclairage, d’ouverture de portes, de signalisation, klaxon ou changement de vitesse. « Nous fournissons l’industrie du bus, des camions, trains, engins de chantier ou agricoles, véhicules de défense… »
Cette — permet à la PME de s’adresser à plus de douze secteurs différents de la mobilité, une rareté dans un univers industriel souvent cloisonné. « Nos concurrents ne couvrent que quelques secteurs et n’ont pas notre souplesse et notre agilité », assure le dirigeant.
L’international
Le rayonnement international de Comotech Industries s’intensifie : si un peu plus de la moitié de son activité se concentre sur le marché français (Île-de-France, futures lignes du Grand Paris Express, Marseille, Toulouse, et TER), l’entreprise exporte en Europe et en Asie, et depuis peu, en Afrique. Elle équipe le métro de New Delhi, avec trois autres projets en cours en Inde, ainsi que les métros de Sydney et Singapour.
Derrière ces marchés, une ambition plus large : faire émerger une . « Nous sommes l’un des rares au monde à maîtriser l’ensemble de cette fonction, et des grands groupes viennent nous chercher pour notre expertise », affirme Marc Mezerette. L’entreprise est .
En chiffres
Créée en 2003
Chiffre d’affaires : 12 millions d’euros
Effectif : 50 salariés
Croissance annuelle : 10 % depuis 2022
Production : 70 % en France, 30 % en Chine
Siège : Haute-Goulaine (sud de Nantes)
Branche domotique : Mouans-Sartoux (près de Cannes)
Le vélo, levier de transition et outil d’émancipation pour les plus jeunes
Au croisement d’enjeux de durabilité, d’autonomie et de socialisation ainsi que de santé publique ou de sécurité routière, la mobilité des enfants constitue un levier d’action majeur pour les politiques publiques. Il s’agit ainsi de favoriser l’autonomie et la pratique de modes alternatifs par les plus jeunes, en s’appuyant sur une connaissance fine de leurs pratiques de mobilité et des mécanismes sous-jacents, encore trop peu documentés. Une vaste apporte des éclairages inédits sur le sujet.
Camille Krier (6t), Nicolas Louvet (6t), Séverine Boulard (ADEME), Mathieu Chassignet (ADEME)
Des pratiques plus alternatives que celles des adultes mais une place de la voiture toujours centrale dans la mobilité des enfants

Camille Krier, Cheffe de projet. 6T Alors que la voiture est, de loin, le premier mode de déplacement pour les adultes en France (63 % des déplacements effectués en voiture par les Français en 2019, selon la dernière Enquête Mobilité des Personnes), celle-ci est devancée par la marche chez les moins de 18 ans. D’après l’enquête ADEME réalisée par 6t, 45 % des enfants pratiquent quotidiennement la marche pour un déplacement complet dans l’Hexagone, pour 33 % en voiture.
Ils sont également davantage utilisateurs des transports en commun que leurs parents. Le vélo apparaît quant à lui comme un mode à l’usage courant mais rarement intense. Il présente alors un potentiel à développer, d’autant plus que les trois quarts des enfants pratiquant le vélo le font exclusivement pour un usage de loisirs et non de déplacement.
Les déplacements entre le domicile et l’établissement scolaire font apparaître des variations de parts modales à mesure que les enfants grandissent. Si : de 55 % des déplacements vers l’école maternelle et élémentaire, à 47 % des déplacements vers le collège, puis 39 % des déplacements vers le lycée. Cette baisse se fait principalement au profit des transports collectifs.
La voiture conserve une part modale importante tout au long de la scolarité : elle représente environ trois déplacements sur dix vers l’établissement scolaire, avec certes une légère baisse entre enseignement primaire et secondaire. La part du vélo pour motif scolaire demeure marginale (entre 4 et 5 %).
L’inaccès à la voiture, hors accompagnement par un adulte (ou rares cas de voitures sans permis), fait ainsi des moins de 18 ans des usagers alternatifs de la mobilité, bien que les trajets automobiles accompagnés représentent tout de même une part non négligeable de leur mobilité. Signalons à ce titre le : en moyenne, les enfants de l’Hexagone commencent à se déplacer seuls à partir de 11,6 ans contre 10,6 ans pour leurs parents.
L’accompagnement en voiture, un frein à l’autonomie des enfants et à la mobilité durable
Cette place importante de l’accompagnement en voiture par les parents, même sur de faibles distances, représente un enjeu majeur pour la mobilité des enfants. Couplé à la régression de la part de la marche à mesure qu’ils grandissent, cela soulève des enjeux de santé publique. Une , alors que la pratique régulière d’un mode actif, notamment pour des déplacements réguliers comme ceux vers l’établissement scolaire, représente une opportunité d’incorporer de l’activité physique dans leur quotidien.

Source : ADEME (2025) L’accompagnement en voiture par les parents ne permet pas non plus de développer l’autonomie des enfants et de les socialiser à la pratique du territoire et des différentes options de mobilité qu’il propose. La voiture apparaît en effet comme le mode offrant le moins de perméabilité avec son environnement. Passager, l’enfant y est passif alors que les modes alternatifs, accompagnés ou non, lui permettent d’acquérir des compétences de mobilité diversifiées. La pratique des modes alternatifs dès le plus jeune âge permet également d’ancrer des habitudes de mobilité durable chez les enfants, adultes de demain.

Séverine Boulard,
Ingénieure, AdemeEnfin, via l’accompagnement, . L’accompagnement d’enfant(s) vers l’établissement scolaire est souvent effectué au cours d’une boucle de déplacements intégrant également le déplacement domicile-travail des parents et, parfois, des achats. Le choix modal, qui peut être influencé par la réalisation de l’une des activités de la boucle, affecte ensuite l’ensemble de la chaîne de déplacements. Accompagner son enfant à l’école en voiture, c’est aussi souvent conserver ce véhicule pour le reste des déplacements de la journée.
Développer les modes alternatifs et l’autonomie, un cercle vertueux pour la mobilité des enfants
Agir sur la mobilité des enfants, en ancrant dès le plus jeune âge des pratiques bénéfiques pour eux comme pour la société, articule ainsi usage des modes alternatifs et autonomie.
Le processus d’autonomisation des enfants apparaît largement influencé par les craintes des parents, au premier rang desquelles figurent la crainte des accidents de la route et celle de l’agression physique. Lever ces craintes appelle ainsi une amélioration des infrastructures, afin d’offrir des itinéraires — piétons ou cyclables, mais aussi au niveau des arrêts de transports collectifs — plus sécurisés vers les établissements scolaires.
Les initiatives existantes de rues scolaires ou des démarches plus globales à l’échelle de la ville sont à développer, en collaboration entre collectivités locales et établissements scolaires. La sensibilisation aux bonnes pratiques en matière de sécurité routière, ainsi que l’apprentissage de l’usage des modes alternatifs, dispensés dans le cadre de la socialisation auprès des parents, gagne aussi à être renforcée à l’échelle collective.

Mathieu Chassignet,
Ingénieur, Ademe.Des initiatives diffusées en milieu scolaire comme le « Permis piéton » ou « Savoir rouler à vélo » favorisent un socle commun de compétences de mobilité pour les enfants, quel que soit leur milieu social. Au-delà de sécuriser concrètement les déplacements, il s’agit également de faire évoluer le regard que les parents portent sur les différents modes, en levant les craintes et a priori à l’usage de certains modes par leurs enfants.

Nicolas Louvet,
directeur de 6t.L’enquête révèle une différence de perception intéressante entre parents et enfants : alors que . Ce mode présente un potentiel à développer pour la mobilité des enfants : mode actif, peu polluant, permettant de couvrir efficacement des distances de plusieurs kilomètres, peu exposé aux agressions redoutées par les parents.
Mode personnel et souvent premier véhicule possédé, il peut aussi représenter un outil d’émancipation pour les plus jeunes et les guider dans leur prise d’autonomie.
Il s’agit alors de . Cela appelle une mobilisation conjointe de la collectivité, des associations, des établissements d’enseignement et des opérateurs de mobilité afin de mettre en place un écosystème favorable à la mobilité alternative dès le plus jeune âge, en agissant sur les infrastructures et les représentations.
Référence : BOULARD Séverine, CHASSIGNET Mathieu, ADEME, KRIER Camille, LOUVET Nicolas, KABBADJ Nabil, LEFEVRE Claire, 6t-bureau de recherche, Les pratiques de mobilité des enfants de la maternelle au lycée en France, 220 p.
Lien utile : Voir, par exemple, : pontevedra.gal/2016/12/14/camino-escolar/

Pour Lionel Gros, Telt (Lyon-Turin) doit se préparer à passer de maître d’ouvrage à exploitant
Imaginé il y a plus de trente ans, le tunnel ferroviaire Lyon-Turin prend forme. Il doit être achevé à l’horizon 2033. Invité du Club VRT le 11 septembre, Lionel Gros, directeur général adjoint de la société TELT (Tunnel Euralpin Lyon-Turin), également directeur ferroviaire, a fait le point sur l’avancée des travaux et défendu cet ouvrage hors norme.

Lionel Gros, directeur général adjoint de la
société TELT.Le projet Lyon-Turin a mis du temps à émerger, reconnaît Lionel Gros, directeur général adjoint de la société franco-italienne Telt (Tunnel Euralpin Lyon-Turin), qui s’exprimait le 11 septembre lors d’un Club VRT. « Mais ce temps a été mis à profit pour peaufiner les études géologiques et à présent, les choses avancent et se concrétisent », affirme-t-il.
Le maillon manquant du corridor ferroviaire Est-Ouest
Il présente cet ouvrage comme le maillon manquant du corridor ferroviaire européen entre l’Est et l’Ouest de l’Europe, l’un des neuf axes du réseau transeuropéen de transport. La construction de la section transfrontalière de 65 km entre Saint-Jean-de-Maurienne, en France, et Susa, en Italie, a démarré.
Ce tunnel ferroviaire, qui va devenir le plus long du monde, sera composé de deux tubes, mesurera 57,5 km de long et passera sous le Mont-Cenis, à la base de la montagne.
Cette configuration lui permettra d’avoir un dénivelé beaucoup moins fort que la ligne historique du tunnel du Fréjus et de réduire la pente de 32 % actuellement, à moins de 12 %, de manière à abaisser de 40 % la consommation d’énergie nécessaire pour tracter les trains.
Plus de 3000 personnes interviennent sur les chantiers, ce qui fait du Lyon-Turin, le plus grand employeur de Maurienne. « Nous creusons actuellement 600 mètres par mois à l’aide de marteaux-piqueurs et d’explosifs.
Nous venons de réceptionner cinq tunneliers, le premier est entré en action le 22 septembre, ce qui permettra d’avancer bien plus rapidement », annonce le directeur général adjoint de Telt, la société franco-italienne qui rassemble près de 250 collaborateurs, répartis équitablement entre la France et l’Italie.
À ce jour, 113 km de sondages ont été effectués et 44 km de galeries creusées, dont 18 km pour le tunnel de base, soit un quart du linéaire total de l’ouvrage. La livraison de l’ensemble, prévue initialement pour la fin de l’année 2032, est désormais programmée pour la fin 2033.
Encore un chantier de 3 milliards à attribuer
Les travaux nécessaires à la réalisation de ce projet hors norme ont été divisés en 12 chantiers, dont les trois quarts côté français : neuf chantiers de creusement, deux de retraitement des matériaux et un pour l’équipement du tunnel jusqu’à sa mise en exploitation.
Tous les marchés de génie civil ont été attribués, mais le chantier de conception, de construction et de maintenance des équipements est encore en cours de passation.
D’un montant de 3 milliards d’euros, il constitue l’un des plus importants marchés européens de travaux. « Les entreprises sélectionnées pour répondre à l’appel d’offres sont sur le point de rendre leurs propositions pour équiper 65 km de lignes nouvelles et 140 km de lignes principales afin de créer une infrastructure ferroviaire totalement interopérable », précise Lionel Gros, en rappelant que ces voies seront exploitées dans dix ans et pour les 100 prochaines années.
Telt devra donc s’assurer, lors de l’attribution de ce marché, que les propositions « sont modernes » et pensées dans une démarche de performance. « Cela passera par de la maintenance prédictive et l’installation d’équipements conçus pour être facilement remplacés et mis à niveau en fin de vie », souligne Lionel Gros.
Se préparer à la future exploitation
Telt a lancé un appel d’offres de trois lots afin d’avoir un accompagnement jusqu’à la mise en service de la ligne transalpine. L’entreprise veut s’assurer d’une assistance à la conduite d’opération, ainsi qu’une assistance à la maîtrise d’ouvrage technique qui lui apportera un appui en ingénierie.
Elle veut aussi être accompagnée dans sa future mission d’exploitation de la ligne avec l’assistance d’un « shadow operator » ou d’un « gestionnaire d’infrastructure virtuel », terme préféré par Lionel Gros. Ce « GIV » l’aidera à s’organiser, à former les équipes, et dans les tâches de gestion opérationnelle de la circulation, de la sécurité, des biens et de leur maintenance. Il l’assistera aussi dans la définition de la stratégie de commercialisation des sillons et de gestion de ses deux gares internationales.
Pour fournir aux entreprises ferroviaires les informations sur l’infrastructure et les conditions d’exploitation, Telt met dès à présent à disposition, soit dix ans avant la mise en service de l’ouvrage, un document de référence du réseau sur son site internet. « Les entreprises peuvent y trouver les caractéristiques techniques que devront respecter leurs trains », explique Lionel Gros, ajoutant que dans les prochaines années, la politique tarifaire y sera également indiquée.
Dans l’attente des accès français
Si l’Italie a pour objectif de livrer les accès aux tunnels en même temps que le tunnel lui-même, côté français, on en est encore au stade d’études d’avant-projet. « On sait déjà que ces voies ne seront donc pas disponibles lors de la mise en service de l’ouvrage », regrette Lionel Gros.
Or, il faudrait que les travaux soient réalisés le plus tôt possible car la liaison ferroviaire a été conçue dans le but d’augmenter les capacités des trains de voyageurs et de fret afin de réduire la part du trafic routier. « Sans ces accès, destinés à maximiser le trafic, le Lyon-Turin ne pourra pas être utilisé de manière optimale », estime Lionel Gros. En ne livrant les accès aux nouvelles normes qu’en 2038, voire en 2040, la France retardera la montée en puissance de l’ouvrage.
Aujourd’hui, plus de 40 millions de tonnes circulent chaque année entre la France et l’Italie. La très grande majorité passe par la route, la proportion du trafic de fret ferroviaire entre les deux pays étant très faible, de l’ordre de 3 millions de tonnes.
Avec le Lyon-Turin, l’objectif de la France et de l’Italie, les deux actionnaires de Telt, est d’augmenter significativement le report modal en faisant monter les camions sur les trains pour emprunter l’autoroute ferroviaire à grand gabarit et les faire franchir les Alpes. « Dès 2034, on pourra faire transiter 12 millions de tonnes de fret. Et lorsque l’ensemble des accès auront été réalisés, 28 millions de tonnes par an pourront emprunter cet ouvrage », souligne Lionel Gros. « Si faute de financement ces accès ne voyaient pas le jour, cela limiterait considérablement le trafic global et l’efficacité du projet », prévient-il.
Favoriser le report modal
Une fois le tunnel terminé, il restera à convaincre les transporteurs de l’utiliser. Telt mise sur une offre adaptée aux besoins des chargeurs, en proposant une fréquence élevée et la mise en place de sillons efficaces, à un tarif compétitif.
Pour accélérer le report modal, Lionel Gros compte également mener des actions de lobbying auprès des États. « Des investissements ont été réalisés, il faudra qu’il y ait des incitations au transfert de la route vers le rail. Pour y pousser, notre rôle sera de promouvoir des propositions en ce sens. » L’augmentation des tarifs autoroutiers pour rendre le transport ferroviaire plus attractif fait partie des pistes possibles.
Côté voyageurs, le tunnel alpin permettra aux trains de circuler à 220 km/h et de réduire les temps de trajet. Chambéry sera relié à Turin en 1 h 45 contre 2 h 30 actuellement. Et lorsque l’ensemble de l’infrastructure aura été réalisé, il sera possible de réduire significativement le temps de trajet entre Paris et Milan, de manière à pouvoir concurrencer efficacement le transport aérien. Telt est déjà en discussion avec la SNCF et Trenitalia, affirme le DGA.
Des opposants toujours mobilisés
Depuis son origine, le projet a fait l’objet de nombreuses contestations des deux côtés des Alpes. En Italie, il y a eu de fortes oppositions politiques qui ont réussi à stopper le projet durant un temps. Puis elles se sont atténuées. Les oppositions ont ressurgi avec le percement du tunnel de base en Maurienne. « Il subsiste côté italien des attaques violentes sur les chantiers, notamment des jets de cocktails Molotov. Les oppositions qui demeurent sont peu nombreuses, mais très actives », commente Lionel Gros.
Côté français, les adversaires au Lyon-Turin restent mobilisés mais de manière plus pacifique, assure le dirigeant. « Ils se manifestent par des tags ou par des critiques relayées dans les médias. » Des voix s’élèvent pour mettre en cause l’utilité de cette nouvelle ligne, estimant que l’amélioration de l’axe existant suffirait.
Selon ces détracteurs, la ligne historique, sous-exploitée pour le fret ferroviaire, devrait être mieux utilisée. Une affirmation réfutée par Lionel Gros. « La ligne historique ne peut pas absorber une hausse importante du trafic, car il y a très peu de sillons disponibles, notamment en raison de lourds besoins de maintenance. Si elle est peu utilisée, c’est parce qu’elle n’est pas pratique et peu adaptée aux exigences modernes du transport ferroviaire », affirme-t-il.
De plus, ajoute-t-il, l’éboulement survenu en août 2023 dans la vallée de la Maurienne, qui a interrompu durant 18 mois la circulation, a fait perdre l’habitude aux chargeurs de l’utiliser. « La ligne historique ne peut pas constituer une solution durable, notamment pour des raisons de sécurité. Il est impossible d’y faire circuler simultanément des trains de voyageurs et des trains de fret », poursuit le DGA.
Pour favoriser un dialogue constructif avec les élus, les associations et les représentants de l’État, Telt a missionné une équipe de cinq collaborateurs, basée à Modane et l’entreprise ouvre ses portes à ceux qui le souhaitent en leur proposant de venir visiter ses chantiers.
L’enjeu environnemental
Le chantier est aussi critiqué pour son caractère écocide en raison des menaces qu’il ferait peser sur les sources de la Maurienne. « Lorsqu’on travaille en souterrain, on peut effectivement affecter les ressources en eau », reconnaît Lionel Gros.
Pour répondre à ces préoccupations, Telt a réalisé une cartographie qui a permis de recenser 130 sources. « Nous nous sommes engagés à en assurer un suivi rigoureux. Si quelques impacts ont pu se produire, les sources affectées ont été systématiquement rétablies », assure-t-il.
La société a mis en place une stratégie d’économie circulaire qui prévoit de réutiliser la moitié des 37 millions de tonnes de matériaux à extraire, 30 millions côté français, 7 millions côté italien. « Nous allons les valoriser pour la production de béton ou la réalisation de remblais », détaille Lionel Gros, qui affirme veiller également à limiter au maximum les nuisances liées aux travaux. « Nous nous efforçons d’être le plus discret possible et de réduire le nombre de camions, en utilisant notamment des bandes transporteuses. »
Il affirme enfin avoir calculé qu’il serait possible d’atteindre l’équilibre du bilan CO2 de ces travaux au bout de 20 ans, le temps d’économiser, via le report modal, l’équivalent de ce qui aura été émis en phase de construction (transports, production de béton notamment).
« La durée de vie de la société étant fixée à 100 ans, elle s’achèvera en 2114, mais d’ici là, nous aurons considérablement décarboné en faisant circuler de nombreux trains », affirme encore le dirigeant. Enfin, alors que trois personnes ont perdu la vie sur les chantiers depuis le début des travaux, il ajoute que son plus grand défi consiste à veiller aux conditions de travail et à s’assurer que des procédures innovantes soient mises en place pour prévenir les accidents.
Des obstacles à lever
Les travaux sont encore loin d’être achevés, mais il faut déjà anticiper les prochaines étapes. « Aujourd’hui, nous sommes un maître d’ouvrage compétent. Notre ambition est de devenir demain un exploitant compétent, en recrutant des personnes clés.
Cette transition demandera un management du changement auquel nous nous préparons activement », explique Lionel Gros. Et pourquoi pas, à plus long terme, devenir un gestionnaire d’infrastructure au-delà du seul tunnel Lyon-Turin, à l’image de ce que cherche à faire aujourd’hui l’ex-Société du Grand Paris qui s’est rebaptisée Société des grands projets pour élargir son terrain de chasse.
Mais il lui faudra aussi auparavant veiller à éviter les dérives budgétaires et à s’assurer du financement des travaux. Un enjeu crucial, selon lui. « Nous constatons un alignement des parties prenantes, ce qui laisse espérer qu’en dépit des sommes considérables en jeu, cela ne sera pas un obstacle insurmontable, même si nous ne sommes pas à l’abri d’éventuels changements politiques … »
Une longue gestation
Les premières réflexions sur le tunnel Lyon-Turin remontent aux années 1980, mais il faudra attendre 1994 pour que soient menées les études de faisabilité. Les études préliminaires démarrent en 2001. Et de nouveau, de longues années passent avant que les premières opérations de construction soient lancées en 2019. Le chantier doit s’achever vers la fin 2033 et la mise en service est attendue en 2034.
Un coût global estimé à 26 milliards
Le coût à terminaison d’ouvrage du tunnel euralpin a été réévalué l’an dernier à 11,1 milliards d’euros par le promoteur public franco-italien (base euro 2012). Soit 2,5 milliards d’euros de plus qu’initialement prévu. Le coût total de la liaison ferroviaire a été estimé à 26 milliards d’euros par la Cour des comptes. Ces travaux seront financés pour moitié par l’Union européenne, le solde se partageant entre la France et l’Italie à parts égales en phase d’étude, et à hauteur de 28,95 % pour l’Italie et 21,05 % pour la France dans la phase de travaux, « afin de compenser le fait qu’il y a davantage d’infrastructures d’accès à financer côté français », justifie Lionel Gros. Selon le dirigeant, le coût de ces travaux pourrait être rentabilisé en une vingtaine d’années. Mais Lionel Gros se fixe l’objectif d’atteindre l’équilibre économique dès la mise en service du tunnel, en couvrant les coûts d’exploitation grâce aux recettes générées. « Nous discuterons des prix des sillons dans cette perspective », anticipe-t-il.

Aux Emirats arabes unis, un projet ferroviaire porté à pleine vitesse par Keolis
Partenaire de la compagnie Ethiad Rail, le Français a relevé le défi de faire rouler dès l’an prochain des trains de passagers entre Abou Dhabi et Dubaï. Le réseau ferré, créé il y a moins de dix ans, n’assure aujourd’hui que du fret ferroviaire.
Les premiers bâtiments apparaissent enfin au bout d’une route construite spécialement pour assurer leur accès. D’un côté, Abou Dhabi est à une cinquantaine de kilomètres, de l’autre, les lumières de Dubaï s’aperçoivent au loin.
Les voitures sont rares à s’aventurer jusqu’à ce dépôt gigantesque, que desservent une route, mais surtout douze lignes de voies ferrées. Ce centre de maintenance est au cœur du réseau ferroviaire des Emirats arabes unis, qui regroupent sept pays. Il est opéré par Ethiad Rail, maitre d’ouvrage et exploitant, qui a choisi Keolis pour l’accompagner dans un projet inédit : lancer des liaisons pour passager en train entre Etats du Golfe.
Jusqu’à ces dernières semaines, le dépôt n’accueillait que des trains de marchandise. Aujourd’hui, il abrite une partie du matériel roulant neuf commandé par la compagnie émiratie. Sous le hangar principal, trois trains fabriqués par l’espagnol Caf et quatre par le chinois CRRC ont été livrés et attendent une mise en service désormais imminente.
L’offre ferroviaire qu’Ethiad Rail s’apprête à lancer est une grande première pour le Golfe. En matière de transport, l’aérien a longtemps été au centre du modèle de croissance régional, tiré par le développement de compagnies aériennes puissantes. Ouvrir des lignes est aussi un défi pour des territoires où vivent 36,5 millions d’habitants, pour qui la voiture occupe une place incontournable, bien au-delà de sa fonction de mobilité. Elle est symbole de statut social, de puissance et les sports automobiles constituent un loisir majeur pour une partie de la population. « Proposer un service ferroviaire va redéfinir la façon dont les habitants se déplacent à travers le pays », explique Shadi Malak, le PDG d’Ethiad Rail.
Impulsé par Abou Dhabi, le projet ferroviaire mobilise des moyens considérables de la part des pays du Golfe. Il nécessite aussi des expertises techniques extérieures pour l’ensemble des activités d’exploitation du réseau. Face à plusieurs concurrents, dont l’allemand DB, le français Keolis a réussi à placer ses pions. C’est lui qui exploitera le nouveau service dans une co-entreprise avec Ethiad Rail : Ethiad Rail Mobility.
Un salon du ferroviaire qui attire le gratin
Fin septembre, la deuxième édition du salon GlobalRail, organisée à Abou Dhabi par Ethiad Rail, a rassemblé tout l’écosystème mondial du transport ferroviaire. Parmi eux, des exposants français comme Systra ou Alstom et leur PDG, des constructeurs chinois ou japonais. Le rendez-vous a aussi été l’occasion d’officialiser la création de la joint-venture.
Pour Keolis, le contrat s’étend de la mise en service du matériel à sa maintenance, en passant par l’ensemble des opérations « commerciales » et d’exploitation.
Les discussions ont été notamment menées par les équipes du français basées au Moyen-Orient. La filiale de la SNCF opère depuis 2021 le tramway et le métro de Dubaï, plus long réseau automatique au monde. Elle a également assuré son prolongement pour l’exposition universelle Dubaï 2020. En 2017, Keolis avait déjà remporté le contrat d’exploitation et de maintenance des métro et tramway de Doha et géré les pics de fréquentation lors de la coupe du monde Fifa en 2022.
« Avoir des équipes locales a facilité notre positionnement comme acteur de référence et nous a permis de démontrer beaucoup de réactivité dans les négociations », décrypte Laurence Broseta, directrice générale internationale de Keolis, venue à Adou Dhabi pour la signature du contrat. La patronne du groupe, Marie-Ange Debon devait à l’origine tenir le stylo. Mais l’annonce de sa probable nomination à la tête du groupe La Poste, trois jours avant le rendez-vous, l’a poussée à renoncer au déplacement.
Le choix de Keolis valide aussi les fortes compétences du groupe français dans le ferroviaire et les ressources qu’il est capable de mobiliser pour respecter l’agenda fixé par son partenaire. La température caniculaire qui écrase encore, en ce début d’automne, la péninsule arabique, n’est pas la seule à provoquer la surchauffe des équipes de Keolis. Elles sont engagées, depuis juillet, dans une véritable course contre la montre.
Ethiad Rail veut ouvrir le service début 2026, malgré le nombre de chantiers à mener. La réussite du lancement commercial sera déterminante pour une population qui s’est jusque-là passée du train, malgré une congestion chronique de son réseau routier, sur certains axes, dont le plus fréquenté, entre Abu Dhabi et Dubaï, 140 kilomètres. L’exploitant du réseau a aussi mis la barre très haut, en visant « un service d’excellence, performant et exemplaire », s’adressant notamment à une clientèle affaire.
Premiers trains en 2016
La circulation de trains dans les Emirats remonte à moins de dix ans à peine. En 2016, Ethiad Rail lance une première ligne pour faire circuler des convois de wagons-citernes contenant le soufre granulé qu’il faut évacuer des sites d’exploitation de pétrole. En parallèle, les Emirats poursuivent l’extension de leur réseau. Les travaux débouchent en 2023 sur 900 km de voies ferrées, toutes clôturées, pour éviter les intrusions de la faune des sables. « Il peut s’agir de gazelles ou encore de singes des montagnes, et quand vous en voyez eux, c’est qu’il y en a dix qui arrivent », raconte l’un des responsables du centre de maintenance. Des bédouins qui parcourent toujours le désert, peuvent aussi être surpris par cette infrastructure nouvelle, qui relie les états entre eux, mais aussi une douzaine de sites industriels, commerciaux ou portuaires. A terme, le réseau émirati prévoit de raccorder l’Arabie saoudite à Oman.
Pour le lancement du service passagers, un premier tronçon de 246 kilomètres a déjà été défini. Quel sera le prix des péages dont devront s’acquitter les trains ? C’est l’une des questions encore en négociations et l’un des points qui permettra de définir la tarification du futur service.
Une certification pour chacun des sept pays de l’union
Retour au dépôt, où quelques rares visiteurs de GlobalRail ont pu venir constater l’avancée du projet. Dans une salle de classe, de futurs conducteurs découvrent pour certains, leur nouveau métier et les joies du simulateur. Les ingénieurs mènent les tests du matériel roulant déjà réceptionné, qui suit une procédure de certification et d’homologation complexe, que les Européens connaissent bien : chacun des sept Etats a sa propre réglementation.
Les Emiratis ont d’abord porté leur choix sur le train bidirectionnel de Caf. Il est composé de deux locomotives diesel-électrique et de cinq voitures d’une capacité de 369 passagers. Le contrat avec l’espagnol a été signé en juin 2022. En janvier 2023, l’Emirati a fait appel à un second fournisseur, le chinois CRRC, – qui lui avait déjà livré des trains de fret -, toujours pour un train de type « push-pull ». L’espagnol aurait eu du mal à suivre les cadences de livraison promises à son client. Le contrat total porterait sur plus de 40 trains.
Garés côte à côte, les trains de Caf et de CRRC se distinguent aisément. Le design du chinois a ses fans, celui de l’espagnol les siens.
A bord, les deux trains sont quasiment identiques. La compagnie a opté pour quatre classes : business, famille, famille-standard et standard. Avec ses larges rangées de trois sièges en cuir, aux surpiqûres rouges élégantes, la business sera la vitrine de la compagnie. A priori, aucun contrôleur ne montera à bord, ce qui implique un système de billettique performant. Les prévisions de trafic restent confidentielles. « Nous avons analysé toutes les études de transport modal réalisées par notre partenaire et établi nos propres hypothèses », indique Laurence Broseta.
Le train roulera à une vitesse maximale de 200 kilomètres. Le matériel a été conçu pour un environnement désertique et des températures de plus de 55 degrés. Ces conditions « extrêmes » n’ont pas l’air d’inquiéter les équipes de Keolis. Un sujet les préoccupe : les premiers et derniers kilomètres. Le réseau émirati ne compte pas encore… de gares de passagers. Abou Dhabi comme Dubaï sont des mégacités qui s’étendent sur des dizaines de kilomètres et la voie ferrée n’est proche d’aucun centre urbain. « Où que soit implantée une gare neuve, ce n’est jamais le bon endroit, philosophe Laurence Broseta, on l’a bien vu, en France, avec les gares TGV. L’une de nos missions sera justement de proposer une gamme de solutions de connexion ». L’une d’entre elles passe par la mise en place de raccordements via un réseau de navettes. Keolis sait faire, mais le temps presse et les Emirats ne sont pas décidés à revoir le calendrier. Ils ont même déjà émis un nouveau billet de 100 dirhams sur lequel est imprimé … un train de passagers signé Ethiad Rail.

Laurent Trevisani assure la présidence par interim du groupe SNCF
Après l’annonce de la nomination de Jean-Pierre Farandou en tant que ministre du Travail, Laurent Trevisani a pris la présidence par intérim du groupe SNCF. Il le restera jusqu’à l’arrivée du futur PDG, a priori Jean Castex, qui doit être auditionné mercredi matin par le Sénat si l’instabilité politique ne vient pas tout bousculer.
Jusqu’alors directeur général délégué Stratégie finances, il occupe ce poste depuis novembre 2019. Diplômé de l’INPG et de l’Essec, il a rejoint le groupe en 2012.

Le jour où le cheminot Jean-Pierre Farandou est devenu ministre du Travail
C’est la nomination surprise du gouvernement Lecornu II. Jean-Pierre Farandou devient ministre du Travail et des solidarités. Pdg de la SNCF, il s’était attiré les foudres de Bruno Le Maire. Pour Marylise Léon, patronne de la CFDT, qui se souvient d’un « très bon dialogue avec lui à la SNCF », l’arrivée de ce patron social est « un bon signal ».
« Ce n’est pas donné à tout le monde de créer les conditions du débat, d’écouter, de comprendre les contradictions et les désaccords ». Cette qualité, Thierry Nier, le patron de la CGT cheminots, l’attribuait il y quelques mois à Jean-Pierre Farandou quand il était pdg de la SNCF. Et c’est sans doute cette image d’homme de dialogue et surtout, de démineur qui a su renouer les liens avec les syndicats, qui lui vaut, à 68 ans, sa nomination au ministère du Travail. La marque Farandou, c’est le soin porté aux relations avec les organisations syndicales.
Selon notre confrère Mobilettre, son nom a été soufflé par Philippe Gustin, directeur de cabinet de Sébastien Lecornu pour former un nouveau gouvernement.
Faconde
Avec son sens du contact, son accent du sud-ouest et une certaine faconde, le cheminot pur sucre avait pris les commandes de la SNCF en 2019 avec des comptes dégradés, mis à mal par une grève dure contre la réforme des retraites, le Covid. Une période également compliquée avec a fin du recrutement au statut, et l’arrivée de la concurrence. Il avait pris son bâton de pèlerin pour obtenir des financements en faveur du rail, 100 milliards d’euros. Premier clash avec Bercy. Elisabeth Borne, alors Première ministre lui avait donné raison. « Quand je suis arrivé à la SNCF fin 2019, il y avait une rupture, une glaciation des relations sociales. J’ai rétabli le dialogue, il a été nourri et réussi », nous avait-il affirmé dans une interview publiée par La Vie du Rail en mai 2024. En 2023, il dit avoir rencontré par moins de 70 fois les syndicats et les délégués du personnel, au niveau central et en région.
Concurrence, discontinuité de Fret SNCF – que les syndicats qualifient d’ »éclatement » – les enjeux sociaux étaient énormes. « On ne peut pas embarquer 150 000 cheminots dans un projet de transformation sans les représentants du personnel. Sinon, c’est la porte ouverte aux collectifs et alors là, c’est très compliqué…« , confiait l’ex-patron de la SNCF. Les collectifs ont quand même réussi à mettre le pied dans la porte…
Patron social
Plusieurs accords importants ont été signés sous l’égide de Jean-Pierre Farandou. Parfois par tous les syndicats de la SNCF, comme pour l’accord sur la cessation anticipée d’activités au printemps 2024. L’entreprise venait de traverser une série de grèves d’ampleur, motivées notamment par la réforme des retraites. Le 22 avril, ils renégocient avec la direction un accord qui améliore les conditions de fin de carrière des agents. Il prévoit, entre autres, une amélioration du dispositif de retraite anticipée, en particulier pour les cheminots ayant occupé des postes à la pénibilité avérée. Ce texte qui avait valu à Jean-Pierre Farandou d’être convoqué à Bercy par un Bruno Le Maire ulcéré, a permis d’éloigner la menace d’une nouvelle grève des contrôleurs lors des ponts du mois de mai. Et d’éteindre la colère sociale avant les JO, comme le lui avait demandé le gouvernement.
Tout semble pardonné aujourd’hui. Bruno Le Maire n’est plus au gouvernement, lui, le patron social, l’est. Celui qui se définit comme « un infatigable du dialogue social » va avoir de quoi se mettre sous la dent avec le dossier sensible de la possible suspension de la réforme des retraites. Si le gouvernement Lecornu II n’est pas censuré d’ici là.