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Gares & Connexions mise sur les panneaux solaires
Après un appel à manifestation d’intérêt lancé en février dernier, qui a recueilli plus de 50 candidatures, Gares & Connexions a choisi son premier partenaire pour produire de l’énergie photovoltaïque sur son domaine foncier : ce sera la société française Tenergie, avec laquelle le gestionnaire des gares a signé un accord le 31 octobre.Cette société indépendante, implantée dans les Bouches-du-Rhône et qui accompagne depuis plus de 15 ans des acteurs du territoire (entreprises, collectivités…) sur le déploiement de solutions d’énergie renouvelable, a notamment été choisie pour sa capacité à s’intégrer dans un espace contraint comme l’est une gare, explique Marlène Dolveck, la directrice générale de SNCF Gares & Connexions, en rappelant que ce projet entre dans le cadre du plan stratégique de l’entreprise lancé en 2020 et vise un mix énergétique pour sortir du fossile. Une concrétisation bienvenue dans le contexte actuel de hausse des prix de l’électricité.Des panneaux sur les parkings de 119 garesTenergie va déployer 180 000 m2 de panneaux photovoltaïques dans les parkings de 119 gares d’ici à la fin 2024. Les parkings sélectionnés sont de taille moyenne (une centaine de places environ) et sont implantées sur tout le territoire.La société, qui vendra à des clients extérieurs l’électricité produite, sera également responsable de l’exploitation des panneaux et de leur maintenance. En contrepartie, elle versera une redevance à Gares & Connexions (dont le montant n’est pas dévoilé) dans le cadre d’une convention d’occupation temporaire d’une durée de 30 ans. Une formule qui évite à Gares & Connexions d’investir les 40 à 50 millions d’euros nécessaires au projet.Les ombrières des 119 parkings permettront de produire 30 MWc, soit l’équivalent de 15 % de la consommation électrique annuelle des 3000 gares françaises. Dans son projet de solarisation de son domaine foncier, Gares & Connexions espère produire 47 MWc (mégawatt-crête) d’ici à 2025.D’autres appels d’offres à venirA l’horizon 2030-2032, le gestionnaire des gares se donne l’objectif d’implanter 1 million de m2 de photovoltaïque sur son foncier des gares pour produire 150 à 200 MWc. D’autres appels à manifestation d’intérêt seront donc lancées. Gares & Connexions affirme savoir où implanter les 820 000 m2 qui restent à lancer. Mais la complexité technique devrait s’accentuer au fur et à mesure du développement du photovoltaïque sur ses installations.La production d’énergies renouvelables sur le périmètre de Gares & Connexions sera alors équivalente à sa consommation d’électricité. Cette production sera injectée d’une part dans le réseau électrique français, d’autre part dans le réseau électrique des gares, indique la filiale de SNCF Réseau.Le gestionnaire des gares n’exclut pas non plus de s’intéresser à d’autres formes de production d’électricité comme l’éolien par exemple. « Nous continuerons à travailler sur tous les sujets liés à l’énergie renouvelable« , affirme Marlène Dolveck.Marie Hélène Poingt
Renvois de balle sur les responsabilités dans la dégradation de l’offre RATP
L’opposition de gauche à la région Ile-de-France, présidée par la LR Valérie Pécresse, a saisi la Défenseure des droits sur la diminution de l’offre des transports publics franciliens et ses conséquences pour les usagers. Les conditions de transport en bus, mais aussi en métro, se sont en effet dégradées ces derniers mois, principalement à cause d’un manque de conducteurs et d’un fort absentéisme.
« Cette situation est le résultat de plusieurs décisions prises par Ile-de-France Mobilités (IDFM, l’autorité organisatrice des transports) et à sa tête, Valérie Pécresse« , affirment les groupes insoumis, écologiste, socialiste et communiste dans une lettre commune envoyée fin octobre à Claire Hédon, et communiquée à l’AFP. A l’origine de cette dégradation, selon eux, la commande d’une « offre de transport au rabais » passée par IDFM pendant la période de crise sanitaire et depuis.
La situation actuelle prive « les usagers d’un droit à la mobilité dans des conditions digne » et « instaure une inégalité de traitement selon le lieu d’habitation, le type d’activité et la situation sociale« , estiment les élus qui ont joint à leur courrier une lettre d’un collectif de parents d’élèves handicapés du Val-de-Marne, n’ayant pas pu effectuer leur rentrée scolaire faute de transports.
De son côté, Valérie Pécresse rejette la faute sur la RATP, l’accusant d’avoir « sous-estimé les problèmes qu’elle rencontre sur le métro« . La RATP aurait mal anticipé ses besoins en conducteurs. La régie, qui cherche 1500 conducteurs de bus, en avait embauché 820 à la fin septembre. D’où une offre de transport réduite d’un quart par rapport à ce qui lui est demandé par IDFM. Il lui manquerait également une centaine de conducteurs de métro.
Haussant le ton le 6 novembre, dans une interview au Parisien, et déplorant une dégradation du lien de confiance, la présidente d’IDFM a demandé à l’entreprise publique de revenir à « 100 % d’offre d’avant-Covid » (contre 98 % en moyenne en théorie actuellement). Et a demandé à Jean Castex, le futur patron de la RATP, de « rétablir la qualité de service qui s’est très nettement dégradée depuis la rentrée ».
La Fnaut, qui réclame également une hausse de l’offre de transport sur le réseau RATP, voit dans ces renvois de balles beaucoup d’hypocrisie. Moins de transport signifie moins de dépenses pour IDFM qui cherche à réaliser des économies tous azimuts et doit trouver 950 millions d’euros afin de boucler son budget 2023. C’est dans ce contexte que la RATP s’apprête à vivre une nouvelle journée très dure demain, avec un appel à la grève relayée par tous les syndicats…
MH P

Le Parlement approuve la nomination de Jean Castex à la tête de la RATP
Fraîchement accueilli ! Lors de son audition le 8 novembre par les sénateurs, puis le lendemain par les députés, Jean Castex a dû affronter les remarques acerbes d’élus qui avaient déjà approuvé il y a un peu plus de 3 mois sa nomination à la tête de l’Afitf (Agence de financement des infrastructures de France) et ont peu apprécié de le voir revenir pour leur demander cette fois un vote en faveur de sa nomination à la présidence de la RATP.
Lui donnant du « Monsieur le Premier ministre« , ils ont pointé la « longue liste de recasages » (selon les termes du sénateur LR des Alpes-Maritimes, Philippe Tabarot), établie par le président de la République au profit de ses anciens collaborateurs. Ils ont aussi rappelé les réserves importantes de la Haute Autorité à la transparence de la vie publique (HATVP), qui interdisent à l’ancien Premier ministre d’entrer en relation directe avec les ex-membres de son gouvernement ou de ses services. Cela ne les a toutefois pas empêchés de voter en faveur de la nomination de l’ancien locataire de Matignon aux commandes de la Régie, sensibles sans doute aux qualités de « compétence » mises en avant par l’intéressé lui-même et reconnues, lors de leurs interventions, par de nombreux parlementaires.
Jean Castex a répondu point par point et s’en est finalement bien sorti : « Quand je suis venu devant vous, fin juillet, la présidence de la RATP n’était pas vacante », la PDG sortante, Catherine Guillouard, ayant annoncé sa décision le 1er septembre. « De plus, l’enjeu à la RATP n’est pas le même… » A propos des réserves de la HATVP, il rappelle : « elles sont très liées à l’ouverture à la concurrence. Mais l’autorité qui décide des lots à ouvrir, ce n’est pas le gouvernement, c’est Ile-de-France Mobilités ».
Priorité au coeur de métier
Interrogé sur sa stratégie, il explique que sa priorité, « c’est le coeur de métier« . Et il poursuit : « Ce n’est pas un retour sur la diversification. La diversification des activités fait sens mais ne doit pas nous détourner de notre mission première et fondamentale », citant le service aux collectivités et la qualité de service comme la ponctualité, la propreté, la sécurité, la lutte contre la fraude, la qualité de l’information, la modernisation de la billettique… Et il ajoute, se référant aux appels d’offres gagnés à l’international : « Je ne pourrai pas, par exemple, expliquer qu’on exploite très bien un réseau à l’étranger mais pas en Ile-de-France. »
Commentant les défis « extrêmement lourds » auxquels est confrontée la RATP (en particulier le manque de conducteurs qui ne permet pas de tenir l’offre demandée), Jean Castex cite les sujets qu’il faudra traiter à « très court terme : la qualité de continuité de service public, les difficultés de recrutements, l’absentéisme…« , même si la RATP n’est pas la seule à être confrontée à ces difficultés de recrutements, « si c’était la seule, ça se saurait! » Il se donne trois semaines pour établir un « diagnostic partagé » et trouver « des outils supplémentaires » pour accélérer les recrutements.
Ecoute et concertation
Pour y parvenir, sa méthode reposera sur « l’écoute, la concertation, la proximité« . Il vise tout le monde, à commencer par l’autorité organisatrice, IDFM, qui assure la plus grande part du chiffre d’affaires du groupe. « Nous avons l’obligation de travailler ensemble et de bien travailler. Je vais proposer un état des lieux très précis de ce qui marche bien et de ce qui ne marche pas », indique le futur patron de la régie. Il fait aussi une autre suggestion, lancer « une sorte d’observatoire » sur l’ouverture à la concurrence « pour voir ce qui marche, pour voir si la qualité de service ne se trouve pas dégradée, est-ce que les prix baissent…? « , faisant comprendre que l’ouverture à la concurrence n’est pas un dogme pour lui.
Aux collectivités, l’ancien maire promet qu’il ira sur les territoires où « notre entreprise assure son service public ou va se déployer« . Et il affirme vouloir travailler « encore mieux » avec les représentants des usagers.
A l’égard des partenaires sociaux et du personnel, il lance plusieurs messages. « Je vais m’employer à faire aboutir les textes réglementaires qui manquent sur le CST (cadre social territorialisé en vue de la concurrence)« . Il veut aussi lancer très vite les négociations annuelles obligatoire (NAO) pour 2023, comme cela est déjà prévu en décembre 2022.
Présence humaine renforcée
En interne, il prône plus de « déconcentration des responsabilités« . Cela passe par « une ligne hiérarchique responsabilisée » qui dispose « d’une plus large part de manoeuvre pour trouver des solutions rapides« .
Avec l’automatisation des métros, qu’il souhaite pousser et la digitalisation billettique qui va se développer, il compte poursuivre le déploiement du personnel dans les stations pour renforcer la présence humaine et aller au contact du public. Il faut « humaniser au maximum« .
Il cite enfin trois chantiers qu’il affirme vouloir suivre « personnellement » : l’amélioration de la qualité de vie au travail, de la gestion prévisionnelle de l’emploi, et de la formation et l’attractivité des métiers.
« Les défis ne manquent pas et ça me motive beaucoup« , lance-t-il aux sénateurs. A commencer par la grève demain, qui s’annonce dure, signe d’un climat social dégradé. Comme un cadeau de bienvenue adressé au futur dirigeant. En attendant que sa nomination soit confirmée en Conseil des ministres.
Marie-Hélène Poingt

L’Elizabeth Line de bout en bout
La reine Elizabeth II aura eu le temps d’inaugurer « sa » ligne du « RER londonien » en mai dernier. Mais les nouvelles relations dont les usagers ont pu bénéficier une semaine plus tard ne tenaient pas encore toutes les promesses du projet Crossrail, dont l’objectif était de permettre des liaisons sans changement de l’ouest du bassin londonien (Reading, aéroport de Heathrow) et l’est (Shenfield au nord-est et Abbey Wood, au sud de la Tamise).
Dans les faits, durant tout l’été et le début de l’automne, l’Elizabeth Line n’était pas une, mais trois lignes, avec correspondances dans les gares de Paddington et de Liverpool Street pour passer des deux tronçons exploités sur le réseau ferré britannique à la ligne nouvelle sous le centre de Londres. De plus, une gare de cette ligne nouvelle, Bond Street, n’a été ouverte au public que le 24 octobre, alors que la fréquence des trains était réduite et qu’aucun train ne circulait le dimanche.
Depuis le 6 novembre, c’est un service quasi-nominal dont bénéficient les usagers de l’Elizabeth Line, qui peuvent désormais voyager d’est en ouest, sans avoir à prendre les escaliers entre les nouvelles gares souterraines et les gares en cul-de-sac de Paddington ou de Liverpool Street. Toutefois, quelques changements resteront nécessaires, toutes les combinaisons entre les branches ouest et est n’étant attendues qu’avec le service 100 % nominal, en mai prochain. Toujours est-il que jusqu’à 22 trains traversent Londres par heure et par sens sur le tronc commun, contre 12 dans les mois qui suivaient l’inauguration. Et l’Elizabeth Line est maintenant ouverte tous les jours !
P. L.

Suppressions de trains : pourquoi ça coince en Hauts-de-France… et ailleurs
Retards de trains, multiplication des suppressions de circulations au dernier moment et temps d’attente qui s’allongent pour les usagers… la situation de crise entre la SNCF et les Hauts-de-France, déjà en cours en 2021, s’est amplifiée ces derniers mois. Le 4 novembre, Xavier Bertrand, le patron de la région, a adressé une lettre à Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF, pour exprimer sa perte de confiance dans la compagnie et dire l’exaspération des voyageurs. Trois jours plus tard, il recevait Clément Beaune, le ministre des Transports, qui indiquait avoir entendu le message et demandé à la SNCF « un plan de résorption de ces difficultés le plus rapide possible« , en accélérant les formations et les recrutements de conducteurs.
Le manque de conducteurs a en effet contraint la SNCF à supprimer des TER dans plusieurs régions, tout particulièrement en Hauts-de-France, où 136 trains sont annulés quotidiennement depuis le 24 octobre, selon le président du conseil régional Xavier Bertrand.
Pendant les vacances de la Toussaint, la SNCF a mis en place un « plan de transport adapté » (PTA), comme elle a coutume de le faire en période de congés scolaires, ce qui lui a permis de réduire le nombre de circulations de trains. Et donc d’éviter de supprimer au dernier moment un certain nombre de circulations qui auraient été prévus dans son plan de transport. La SNCF explique préférer fiabiliser son plan de transport plutôt que multiplier les suppressions de train au dernier moment et mettre les voyageurs en difficultés. Mais les Hauts-de-France ont constaté que les suppressions ont finalement tout de même « largement » excédé les 136 suppressions de trains prévues dans le PTA (sur les 1255 trains quotidiens proposés en Hauts-de-France).
38 trains supplémentaires vont être réinjectés
Reconnaissant la situation particulièrement tendue en Hauts-de-France, la SNCF a annoncé à la région qu’elle allait encore revoir son plan de transport, mais cette fois à la hausse, en réinjectant, à partir du 14 novembre, 17 trains supplémentaires, puis 21 de plus à compter du 12 décembre. « Les trains remis en circulation ont été définis pour répondre en priorité aux lignes où la fréquentation est la plus forte et les besoins le plus sensibles, comme demandé par l’autorité organisatrice, la Région Hauts-de-France« , indique la SNCF dans un communiqué. Mais Xavier Bertrand s’interroge : « Comment la région des Hauts-de-France peut-elle avoir confiance en la fiabilité et la sincérité d’un nouveau plan de transport adapté (PTA) proposé par la SNCF alors que le dispositif actuel ne respecte déjà pas ses engagements? »
Au manque de personnels (il manque 65 conducteurs de train dans la région selon la SNCF) s’ajoutent aussi des tensions sur le matériel avec des problèmes de maintenance (il n’y a pas non plus assez d’agents dans les ateliers) et des difficultés d’approvisionnement en pièces détachées. La SNCF explique le manque de conducteurs par la période Covid qui lui a fait stopper ses formations, puis par une remontée du trafic qu’elle n’avait pas prévue aussi rapide, ce qui lui a également fait perdre du temps. Or, trouver des candidats est difficile (encore plus, semble-t-elle laisser entendre, dans les Hauts-de-France), puis il faut compter 12 mois pour former un conducteur. SNCF Voyageurs cherche désormais à accélérer son programme de recrutement et espère 440 nouveaux collaborateurs chez TER Hauts-de-France pour 2022.
Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes également très touchées par le manque de conducteurs
La direction TER estime qu’il faudra attendre le début de l’année prochaine pour que les différentes actions mises en place commencent à porter leurs fruits. D’ici là, elle cherche à faire venir des rames et des conducteurs (parfois avec de conséquentes hausses de rémunérations) d’autres régions. Mais avec des limites puisque les autres régions sont également touchées par ces régions, certaines l’étant plus que d’autres (tout particulièrement Grand Est et Auvergne-Rhône-Alpes).
La Fnaut se désole de ces « régressions« , qui aboutissent à une importante diminution de l’offre de transport un peu partout en France. « La SNCF est débordée de tous côtés« , estime Bruno Gazeau, le président de cette fédération, avant de pointer une forme d’hypocrisie où chacun trouve finalement son compte avec, à la clé, des économies bienvenues à l’heure où les prix de l’énergie flambent. Selon lui, « au fond, ces suppressions de trains arrangent tout le monde : elles permettent de réduire les coûts de fonctionnement et de limiter les conséquences du manque de conducteurs« .
Marie-Hélène Poingt

Quel « bouclier tarifaire » pour limiter le prix du train ?
Face à la perspective de voir augmenter le prix des billets du fait de la hausse des coûts de l’énergie, le gouvernement sort le parapluie : le ministre des Transports, Clément Beaune, a demandé le 6 novembre à la SNCF, sur le plateau du grand jury RTL-LCI-Le Monde, « de travailler en matière de prix des billets sur un bouclier tarifaire« . Le ministre a précisé souhaiter d’une part, que « l’augmentation des billets soit en tout cas inférieure à l’inflation », d’autre part que « ceux qui ont le plus besoin du train au quotidien, les plus modestes, les jeunes qui utilisent les Ouigo par exemple, soient protégés« .
Autrement dit, le gouvernement, qui a clairement fait le choix de soutenir prioritairement les automobilistes à la pompe, en dépensant des milliards en quelques mois, n’entend pas aider la SNCF à faire face aux surcoûts de l’énergie et à l’inflation. Clément Beaune l’avait déjà laissé entendre dès le mois de septembre, en affirmant que « l’Etat ne pourra pas tout absorber » . Ce même mois, Jean-Pierre Farandou, le PDG de la SNCF, qui était auditionné devant le Sénat, avait expliqué réfléchir à une éventuelle hausse du prix des billets à partir de 2023, tout en assurant qu’il ne répercuterait pas totalement le montant de l’inflation. Sinon, il faudrait augmenter les tarifs de 10 %, avait-il alors expliqué, s’attendant à voir sa facture d’électricité s’envoler l’année prochaine autour de 1,6 à 1,7 milliard d’euros (contre un surcoût de 300 millions d’euros en 2022). « Nous n’allons bien sûr pas le faire! Nous avons le sens de l’intérêt général. De plus, cela tuerait nos volumes : il y a une élasticité de la demande aux prix », avait indiqué le patron du ferroviaire aux sénateurs.
La réflexion lancée depuis cet automne par la SNCF sur une hausse des tarifs serait donc toujours en cours. La décision dépendra à la fois de ses hypothèses sur 2023 ( taux de croissance prévisible, hausse des prix de l’électricité, inflation…) et bien sûr de la prise en compte de la demande de l’Etat actionnaire. Pour la Fédération nationale des associations d’utilisateurs des transports, le discours de Clément Beaune est « assez incompréhensible« . En effet, le ministre mélange différents types de trains, explique son président, Bruno Gazeau : il parle à la fois du transport du quotidien, autrement dit des TER, dont la tarification ne dépend pas de la SNCF puisque décidée (et subventionnée) par les régions, et du TGV, dont les recettes proviennent exclusivement des voyageurs et sur lesquelles la SNCF a la main, pratiquant à la fois des mesures commerciales (via les cartes Avantages avec des prix plafonnés) et le yield management (les prix augmentent quand la demande s’élève).
La SNCF a face à plusieurs catégories de clients : les voyageurs abonnés, les occasionnels, les porteurs de cartes Avantages…. à qui elle pourrait plus ou moins faire porter les hausses de prix. Pour réduire ses coûts, elle peut aussi réduire son offre de trains, « ce qu’elle ne cesse de faire« , déplore Bruno Gazeau. Reste que l’équation n’est pas facile pour la SNCF face à un gouvernement qui lui demande à la fois de réduire ses coûts, de baisser ses tarifs et de ne pas perdre d’argent.
Marie-Hélène Poingt

Parts modales des transports publics dans les villes : le rôle-clé du stationnement
Qu’est-ce qui nous pousse à utiliser les transports publics en ville? Et dans quelle mesure sommes-nous influencés par l’offre mais aussi par la structure des agglomérations desservies ? C’est pour répondre à ces questions que Bruno Cordier, directeur d’Adetec, bureau d’études au service des politiques alternatives de déplacements, a présenté son étude sur les déplacements dans les grandes villes françaises lors de la conférence de presse organisée par la Fnaut le 4 novembre.
Pour sa nouvelle étude, Bruno Cordier s’est basé sur les données fournies en particulier par le Cerema, en différenciant son analyse entre ville-centre et banlieue (qui forment ensemble le pôle urbain) et la couronne périurbaine (le tout formant l’aire urbaine). Ceci a permis de mettre l’accent sur plusieurs facteurs explicatifs des écarts de parts modales dans les 47 villes étudiées, qui représentent 44 pôles urbains, 36 aires urbaines et 13 métropoles, avec une analyse des cas de Rennes et Tours. L’étude de 2022 s’inscrit dans la lignée de deux autres, intitulées Les déplacements dans les villes moyennes : résultats et facteurs de réussite (2019) et Parts modales et partage de l’espace dans les grandes villes françaises (2021).
Plus la ville est peuplée, plus l’usage de la voiture recule
On constate d’emblée que pour l’usage des transports publics, Paris se situe très loin devant les agglomérations suivantes (Lyon, Grenoble, Rennes – qui monte – et Strasbourg), alors que Saint-Nazaire, Dunkerque et Troyes figurent en queue de classement des grandes villes.
Une première analyse démographique corrobore, courbe de corrélation à l’appui, ce que l’on soupçonne aisément : plus la ville est peuplée, plus l’usage de la voiture diminue. Mais quelques villes s’éloignent de la courbe de corrélation : Lyon, Grenoble et Rennes font mieux que la loi générale, alors que Marseille s’en tire moins bien.
Une deuxième analyse confirme un autre fait bien connu : plus on s’éloigne du centre-ville, plus l’usage de la voiture est élevé, l’écart étant très net pour ce qui est de la marche à pied (alors qu’il n’y pas d’écart flagrant pour le vélo, dont on constate que l’usage est très faible, de façon générale).
Troisième facteur assez intuitif : plus l’enveloppe urbaine est dense (au sens donné dans son étude par le géographe et spécialiste des transports Pierre-Henri Emangard), plus l’usage de la voiture est bas.Un léger mieux dans le nord-est de la France
La position géographique des villes expliquerait-elle certains écarts ? On constate effectivement un léger mieux pour l’usage des transports publics dans le nord-est de la France, mais il ne faut pas généraliser : de mauvais résultats sont enregistrés dans le Nord et le Pas-de-Calais, alors que la fréquentation est bonne à Toulouse, Montpellier ou Nice.
Mais il n’y a pas que la structure urbaine. Un centre-ville « fort », avec peu de vacances commerciales, entraîne un fort usage de la marche et des transports publics. Les politiques de mobilité aident aussi, à terme : plus la date du premier PDU est ancienne, moins l’usage de la voiture est élevé – mais ce constat est sans doute un peu faussé par le fait qu’il y avait surtout des grandes villes parmi les premières à adopter un PDU. « L’œuf ou la poule ? corrélation ou causalité ? » Pas évident, mais une vision d’ensemble est toujours favorable à l’usage des transports publics : « un tram sans places de stationnement n’aura pas de bons résultats ».
La corrélation est également très forte entre motorisation des ménages et utilisation de la voiture particulière, sauf à Lyon, Rennes, Annemasse et Annecy, où « les gens ont le moyen d’avoir des voitures mais utilisent les transports publics au quotidien », explique Bruno Cordier. Les explications sont diverses (par exemple, Annemasse tire profit de sa proximité avec le réseau de Genève). Autre corrélation très nette, cette fois pour ce qui est de la voirie en banlieue, moins l’espace est consacré à la voiture, moins l’usage de cette dernière est élevé. Et dans les centres-villes, l’usage de la voiture est moins élevé dans les villes qui limitent la vitesse à 30 km/h.
La marche trop souvent oubliée des politiques
Plus généralement, les grandes infrastructures routières encouragent l’usage de la voiture, comme le montre une comparaison entre Nancy et Angers au début de la décennie (traversée par une pénétrante à l’époque où ont été collectées les données de l’étude). Inversement, la congestion routière (mesurée par l’écart de temps de parcours entre pointe et heure creuse) n’encourage pas à prendre la voiture… sauf à Marseille et à Toulon.
Enfin, le stationnement est un déterminant essentiel de la politique de mobilité, ce qui semble surprenant pour les élus, mais pas pour les usagers de la route. Ce que confirme une étude franco-suisse menée par le Cerema et l’EPFL : « On enfonce des portes ouvertes : plus l’offre est élevée, plus l’usage l’est ». Ceci vaut aussi bien pour le stationnement dans le cas de la voiture que pour la fréquence ou l’amplitude des dessertes dans l’usage des transports publics.
« Le métro et le tramway ne suffisent pas, comme le montre Marseille… En revanche, Strasbourg et Dijon ont fait pas mal de choses en plus ! D’ailleurs, Dijon avait déjà de bons résultats avant le tram. Alors que Nice et Valenciennes, avec son urbanisme multipolaire, sont très en-dessous », rappelle Bruno Cordier. Toutefois, « Toulon est la seule ville de son importance sans tram et le paye ».
Côté modes actifs, les corrélations ne sont pas toujours très nettes pour ce qui est de l’usage – parfois très saisonnier – du vélo et de son accidentologie. Et pour la marche à pied, « le schéma piéton est encore une denrée rare ». Et Bruno Cordier de déplorer ce rôle de parent pauvre : « il est assez rare que l’on mentionne la marche à pied dans la communication, alors que c’est le deuxième mode de transports ! ».
Former et diffuser
L’étude comprend une comparaison détaillée entre Rennes et Nantes : deux capitales régionales voisines, l’une ayant choisi le métro automatique, l’autre le tram et le BHNS. Et contre les attentes de beaucoup, c’est Rennes qui affiche de meilleurs résultats dans l’usage des transports publics que sa voisine. Ce qui s’explique en partie par l’urbanisme en archipel de l’agglomération rennaise, qui s’oppose à la tache urbaine autour de Nantes, où beaucoup de populations se retrouvent éloignées… et obligées de prendre la voiture. Et pas facile de changer de telles tendances : « avec l’urbanisme, on en prend pour 100 ans », rappelle Bruno Cordier. Côté offre de transports, « le métro n’est qu’un bout d’explication » : un bon maillage et de bonnes fréquences encouragent l’usage du BHNS. Même si tout n’est pas parfait autour de Rennes, avec l’existence de quartiers « trop spécialisés en périphérie », comme ceux où résident les étudiants…
L’autre étude de détail porte sur Tours, où la grande majorité des équipements (parc expos et même magasins de bricolage) sont restés dans le centre-ville. « Est-ce un héritage de Jean Royer ? Il y a beaucoup de petits commerces ! » Subsistent toutefois des points faibles partagés avec beaucoup de villes, en particulier les aménagements urbains réalisés au coup par coup.
En conclusion, on retrouve dans les grandes villes françaises les mêmes facteurs, plus ou moins, que dans les villes moyennes et l’on constate la nécessité de mener une politique globale. « La formation des techniciens est un point essentiel : le savoir existe, le Cerema et d’autres acteurs font du très bon travail. Mis il y a une question de diffusion de ce savoir », insiste Bruno Cordier, qui rappelle que le stationnement est « l’alpha et l’oméga des choix modaux ».
P. L.

La SNCF ne fait pas appel après sa condamnation pour la catastrophe de Brétigny
La SNCF a annoncé le 7 novembre ne pas faire appel de la décision du tribunal d’Evry, qui l’avait reconnue seule coupable dans le procès de la catastrophe ferroviaire de Brétigny-sur-Orge, survenue en 2013 et qui avait fait sept morts et des centaines de blessés psychologiques ou physiques. Rappelons que la compagnie a été condamnée à une amende de 300 000 euros, toutefois moins lourde que celle réclamée par le procureur Rodolphe Juy-Birmann, qui avait estimé qu’elle avait « créé le contexte à l’origine de l’accident » par un « échec dans la chaîne de maintenance ».« Nous sommes très soulagés de la décision de la SNCF de ne pas faire appel du verdict », a expliqué à VRT Thierry Gomes, le président de l’association Entraide et défense des victimes de la catastrophe de Brétigny (EDVCB). « Après 9 ans de procédure, c’est une page qui se tourne. Les victimes vont pouvoir faire leur deuil, se reconstruire. ».Toutefois, l’association regrette « que SNCF Réseau n’ait pas été condamnée», tout en ayant conscience qu’« un nouveau procès ne lui aurait probablement pas permis d’obtenir gain de cause ». L’association critique aussi l’argument avancé par la SNCF, selon lequel la compagnie ne fait pas appel « par respect pour les victimes d’abord, pour éviter de leur faire revivre ce drame à travers un second procès ».
Un billet de train franco-allemand spécial jeunes à l’étude
Le ministre des Transports allemand, Volker Wissing et son homologue français Clément Beaune, qui le recevait « pour une visite de travail » le 4 novembre à Paris, ont annoncé qu’ils allaient, ensemble, mettre au point « un billet de train franco-allemand à destination des jeunes afin de favoriser les déplacements » entre les deux pays.
Les détails de ce « billet spécial jeunes à prix réduit« , seront définis d’ici le Conseil des ministres franco-allemand de janvier 2023, ont-ils indiqué dans un communiqué commun, en précisant être « en contact avec les compagnies ferroviaires des deux côtés du Rhin » et vouloir renforcer « à la fois les relations entre nos deux pays et le mode ferroviaire respectueux du climat. »

SNCF Voyageurs lance une campagne contre les comportements violents
5330 actes de violence verbale ou physique (dont 900 donnant lieu à une déclaration d’arrêt de travail) ont été subis par les agents de la SNCF l’année dernière. Soit 14 actes en moyenne par jour, recensés par la SNCF qui s’inquiète d’une montée du phénomène : à la mi-2022, ces comportements violents et incivils étaient en hausse de 9 % par rapport à 2021.
« Les violences verbales ou physiques envers nos agents en relation avec les clients sont un véritable fléau. Elles touchent tout le monde : hommes ou femmes, dans toutes les régions, dans les trains comme dans les espaces de vente ou en ligne. Chaque dérapage, chaque insulte, chaque violence est un outrage de trop que nous ne pouvons pas accepter », indiquent Patrick Auvrèle, Directeur Sécurité de SNCF Voyageurs et Valérie Boismartel, Responsable de la Sûreté, dans un communiqué publié le 4 novembre.
D’où la décision de lancer une campagne diffusée sur les affichages digitaux dans les principales grandes gares et sur les réseaux sociaux afin d’interpeller et sensibiliser chacun sur ce fléau. Selon la SNCF, le message est « simple et « choc », et a un triple objectif : « interpeller sur ce phénomène, dénoncer la gravité de ces violences et prévenir des sanctions encourues« . Cette campagne été élaborée en recueillant les avis et témoignages d’une quarantaine d’agents en relation avec les clients, précise la compagnie.
Par ailleurs, pour lutter contre ce fléau, les agents sont formés aux enjeux de la sûreté et aux comportements à adopter. Chaque agent travaillant en lien avec les clients est muni d’une application d’alerte en cas d’urgence, qu’il peut déclencher discrètement. Des caméras piétons sont également en cours de déploiement auprès de tout agent assermenté et volontaire. Aujourd’hui, plus de 1 800 caméras qui sont déployées. Selon la SNCF, « le déclenchement d’un enregistrement permet d’apaiser la grande majorité des situations et de revenir à des échanges plus sereins et à un voyage apaisé. Par ailleurs, en cas de dépôt de plainte, l’enregistrement permet d’identifier les auteurs du fait et de faciliter l’enquête de police« . Et elle rappelle que les outrages aux agents sont passibles d’une peine de 6 mois d’emprisonnement et de 7 500€ d’amende.

